30 Novembre 2006

Permalink 21:45 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 615 mots  

Tout sur eux

Avez-vous remarqué? Depuis quelque temps, le monde du showbiz passe son temps à se regarder dans le miroir.

De Tout sur moi à Les hauts et les bas de Sophie Paquin (qui se déroule dans une agence d’artistes) en passant par La Vie rêvée de Mario Jean, 3 X Rien, Les Morrissette et États humains, on ne compte plus le nombre de séries télé nous racontant les fantastiques aventures du merveilleux monde des artistes.

Jusqu’à Denis Bouchard qui, dans son prochain one man show intitulé Bang!, nous racontera les mésaventures d’un concepteur de spectacles qui, un jour, manque d’inspiration et « frappe un mur ».

Je n’ai rien contre ces productions. Certaines sont très bien faites, bien écrites, bien interprétées.

Mais voilà : au risque de paraître vachement nostalgique, je m’ennuie du temps où les artistes s’intéressaient à autre chose qu’à leur petit monde.

J’éprouve beaucoup de sympathie pour les artistes, mais il me semble qu’il existe de problèmes beaucoup plus graves, en ce bas monde, que les angoisses d’un finissant de l’École Nationale de Théâtre qui se demande si oui ou non il pourra décrocher un rôle dans la prochaine production d’Irma Vep.

STARS D'UN SOIR

Quand on regarde la télé, on a l’impression que tout le monde vit dans un lof, que tout le monde travaille dans le joli monde des médias et que tout le monde habite le Plateau Mont-Royal. (Sans oublier l’ami gai obligatoire.)

Or, désolé, mais ce n’est pas le cas.

Remarquez, la télé n’est pas seule à triper sur les vedettes. C’est un phénomène général.

Visitez une école et demandez aux jeunes ce qu’ils veulent faire plus tard. Vont-ils répondre « médecin », « pompier », « vétérinaire »? Non. Ils vont vous dire « acteur », « chanteur », « vedette de cinéma ».

Le monde est devenu un gros show de télé-réalité. Chacun son micro, chacun sa caméra. Chacun son agent.
Et si vous pouvez jouer votre propre rôle dans une série de fiction, alors là, c’est le pied.

Même les causes sociales ont besoin de vedettes. Quand ce n’est pas Brigitte Bardot qui lutte pour les droits des animaux, c’est Paul McCartney qui pleure sur le sort des phoques, Roy Dupuis qui adopte une rivière ou Bono qui part en guerre contre la dette des pays du Tiers-Monde.

Avant, on trouvait les vedettes dans les journaux de vedettes. Maintenant, elles sont partout. Dans les cahiers économiques comme dans les pages consacrées à l’actualité internationale.

Ce n’est pas suffisant, pour la vedette, de divertir. Non, elle doit éduquer, sensibiliser, informer.

La vedette a un rôle, une mission.

COMME VOUS ET MOI

Plus la vedette est adulée et omniprésente, plus elle ressent de besoin de montrer qu’elle est une personne comme les autres.
D’où les séries de fiction et de télé-réalité montrant des vedettes sortir leurs vidanges, laver leur vaisselle ou se chicaner avec leurs chums (ou leurs blondes).

Les vedettes, voyez-vous, ne sont pas des aristocrates. Ce sont des citoyens ordinaires. Elles ont juste les meilleures places dans les restaurants, c’est tout.

Mais ne désespérons pas : tout cela n’est qu’une phase. Un jour, les vedettes en auront assez d’admirer leur reflet, et elles remplaceront leur miroir par une fenêtre.

Les comédiens recommenceront alors à faire ce qu’ils font le mieux : parler de leur société.

Et pas seulement de leur petit village.

Commentaires:

Commentaire de: Johanne Brodeur
Je dois être de celles qui leurs fait avoir un problème de côte d'écoute, enfin si ça ce trouve. J'aime les émissions qui n'ont pas d'effet de verre reflétant leur petite personne.
C'est un fait, il y a tellement de sujets importants dans le monde avec lesquels ils seraient possible de conscientisés et de faire valoir notre humanité.

C'est en fait la principale raison de mon décrochage.
Permalien 2006-12-05 12:31:00

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