31 Janvier 2007

Permalink 21:37 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 45 mots  

On écrase

C'est demain qu'entrera en vigueur la loi anti-tabac... en France!

Vous imaginez? Les Français qui ne pourront plus fumer dans leur lieu de travail!!!!

Eux qui fument partout!

Y aura-t-il une révolution? Une deuxième prise de La Bastille? Va-t-on ressortir la guillotine?
Permalink 21:30 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 587 mots  

Eastwood, le méconnu

Aucune vedette hollywoodienne n’est aussi mal connue que Clint Eastwood.

Pour la plupart des cinéphiles, le grand Clint est un macho facho et réactionnaire à la John Wayne. Or, si le comédien a effectivement commencé sa carrière en jouant du revolver dans la série des Dirty Harry et les westerns-spaghetti de Sergio Leone, il n’a pas passé sa vie à rouler des mécaniques et à tirer dans le tas, au contraire.

Il s’est appliqué à détruire les mythes du héros macho.

Regardez les derniers films qu’il a réalisés, par exemple.

En 1992, il a tourné Unforgiven, un western crépusculaire qui a été acclamé par les critiques et qui s’est mérité l’Oscar du Meilleur film et celui du Meilleur réalisateur.

Quel est le message véhiculé par la plupart des westerns? « Les vrais hommes se vengent. » Les héros des westerns passent leur temps à se faire justice eux-mêmes, ils méprisent la loi et considèrent que la seule façon de régler un différend est de loger une balle entre les deux yeux de leurs adversaires.

Or, dans Unforgiven, Eastwood nous montre que la soif de vengeance ne mène à rien. Elle ne règle aucun problème, et n’amène aucune consolation, aucun réconfort, aucune paix. Elle mine les hommes de l’intérieur, c’est tout. Elle les déshumanise.

Dans Mystic River (2003), Clint Eastwood s’attaque à un autre pilier de la culture macho : l’amitié masculine. Les vrais hommes s’aiment pour la vie et sont prêts à tout l’un pour l’autre, vrai?

Faux.

Dans cette adaptation du best-seller de Dennis Lehane, on assiste à la lente et pénible dissolution d’une longue amitié qui unissait trois hommes. Trois copains qui se croyaient unis pour la vie en viennent à se détester lorsque la fille de l’un d’eux meurt assassinée. Loin de se supporter dans la douleur, ils complotent l’un contre l’autre, s’épient, se déchirent… On est loin du trio indestructible et des « boules d’amour » de Minuit le soir.

En 2004, Eastwood remporta de nouveau l’Oscar du Meilleur film et celui du Meilleur réalisateur pour Million Dollar Baby. Habituellement, les films de boxe chantent les vertus du courage physique, la boxe est dépeinte comme un sport noble, qui permet à l’homme de confronter ses peurs. Les pugilistes sont des héros qui savent encaisser les coups tout en gardant la tête haute…

Or, dans ce chef-d’œuvre mélancolique, la boxe est dépeinte comme une boucherie. Monter dans l’arène n’est pas un geste courageux, c’est une tentative de suicide. Million Dollar Baby est l’anti-Rocky. Ce n’est pas l’histoire d’une victoire spectaculaire, mais celle d’une défaite tragique…

Enfin, dans Flags of Our Fathers et Letters From Iwo Jima, son superbe dyptique sur la Deuxième Guerre mondiale, Eastwood vire le film de guerre à l’envers. Le patriotisme n’est pas une vertu, mais une folie, une aberration, et les soldats qui sont prêts à mourir pour un bout de tissu sont dépeints au pire comme des imbéciles, au mieux comme des marionnettes manipulées.

Clint Eastwood, dit-on, prépare un nouveau volet de la série Dirty Harry. Gageons qu’il en profitera pour détruire un autre mythe de la culture macho, et continuer à déboulonner sa propre statue.
Permalink 21:28 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 78 mots  

Un scandale!

Extrait d'une dépêche de l'Agence France-Presse

Miss USA 2006, qui s'était repentie en décembre de sa vie dissolue, admet avoir pris de la cocaïne dans un entretien à la chaîne de télévision NBC, selon des extraits diffusés mercredi.


De la coke!!!!!

Qu'elle fume, qu'elle se fasse vomir, qu'elle pèse 42 livres mouillée, qu'elle ne mange que de la salade, qu'elle souffre d'anorexie, mais de grâce, pas de la coke!!!!!!!!
Permalink 18:33 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 29 mots  

Les nouveaux esclaves

Sommes-nous en train de devenir complètement esclaves de la technologie, avec nos portables, nos ordis, nos bidules Internet, nos Blackberry et nos GPS?

Un reportage du magazine 60 Minutes.
Permalink 18:22 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 100 mots  

Une vedette est née

Ainsi, le conseiller municipal de Hérouxville, André Drouin, va être à Tout le monde en parle dimanche.

Après le maire de Huntingdon, qui est devenue une célébrité nationale après avoir imposé un couvre-feu, voilà qu'un autre élu obscur est projeté sous les projecteurs grâce à un règlement débile.

Va-t-il avoir une émission de radio? De télé?

Restez à l'écoute!

Vous êtes maire d'un village perdu, et vous voulez vous sortir du trou? Passez une loi surréaliste, les médias du Québec dérouleront leur tapis rouge pour remplir leur temps d'antenne!
Permalink 18:17 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 90 mots  

Pas icitte!

Comme c'était écrit dans les journaux cette semaine, Julie Mercier, une citoyenne de Hérouxville, a adopté un jeune Noir.

A-t-elle pensé à ce qu'elle a fait? Et le cannibalisme, hein, le cannibalisme? Elle y a pensé, au cannibalisme, madame Mercier?

J'espère que les élus de ce joli patelin vont ajouter une clause supplémentaire à leur Chartre: "Le cannibalisme est interdit à Hérouxville, sur l'ensemble du territoire."

Les Noirs veulent se manger entre eux? Qu'ils aillent faire ça ailleurs!

Y en aura pas, de cannibalisme, à Hérouxville! Non, monsieur!

30 Janvier 2007

Permalink 21:55 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 22 mots  

Méchant match (2)

Après avoir vu l'extraordinaire performance de Clinton à Fox News, écoutez cet édito qui a été diffusé au réseau MSNBC.

Ouch!
Permalink 21:50 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 39 mots  

Méchant match

Avez-vous vu le passage de Bill Clinton à Fox News, le réseau d'information continue hyper conservateur?

Un grand moment de télé... et de politique!

Clinton était en super forme, et a mis son intervieweur (Chris Wallace) K. O.
Permalink 21:41 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 114 mots  

Les Russes arrivent! Les Russes arrivent!

Selon La Presse Canadienne, Stephen Harper a déjà dit (en 2002) que l'accord de Kyoto était "un complot socialiste".

Oui, vous avez bien lu.

"Kyoto est essentiellement un complot socialiste qui vise à soutirer des fonds aux pays les plus riches, peut-on lire dans la lettre, qui est signée de la main de M. Harper. La mise en application (du traité) nuirait gravement à l'industrie des hydrocarbures, qui est essentielle aux économies de Terre-Neuve-et-Labrador, la Nouvelle-Ecosse, la Saskatchewan, l'Alberta et la Colombie-Britannique. Les travailleurs et les consommateurs de partout au Canada y perdront. L'ACCORD DE KYOTO NE FAIT PAS DE GAGNANTS AU CANADA..."


Plus on apprend de choses sur cet homme, moins on en revient...
Permalink 21:36 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 387 mots  

Ça commence à faire, là

Pour ceux et celles qui n'ont pas lu ma chronique dans Le Journal de Montréal, la revoici:
_____________

Il y a quelques années, Benoît Dutrizac et moi avons participé au Défilé de la fierté gaie habillés en évêques.
On voulait dénoncer à notre façon les propos homophobes que le pape venait de tenir.

Pendant tout le temps que durait le défilé, on multipliait les signes de croix, faisait semblant de bénir les spectateurs, dansait avec des travelos, etc.

Bref, mon confrère et moi avons passé la journée à se moquer du puritanisme de l’Église catholique.

Question quiz : la Fédération Professionnelle des Journalistes du Québec (dont je faisais partie) aurait-elle dû me radier ?
Car, après tout, un journaliste, c’est censé être objectif. Ce n’est pas censé participer à un défilé habillé en évêque, on est supposé faire notre métier avec sérieux et bon goût, et garder nos opinions pour nous.

Si je vous pose la question, c’est que l’histoire du policier qui a écrit une chanson sur les accommodements raisonnables me fait tiquer.

Oui, la chanson est de mauvais goût. Mais à ce que je sache, le mauvais goût n’est pas criminel. (Enfin, pas encore…)

La seule question qu’on devrait se poser est celle-ci : le policier est-il un bon policier ? Fait-il son travail de policier consciencieusement ? En respectant les règles ? A-t-il fait preuve de racisme dans le cadre de ses fonctions ? Des citoyens se sont-ils déjà plaint de son attitude ?

À mon humble avis, tout le reste, c’est de la sodomie de choléoptères (ou de l’enculage de mouches, si vous préférez).

Va-t-on demander aux flics pour qui ils votent ? S’ils sont d’accord avec le gouvernement en place ? S’ils sont contre le mariage gai ? S’ils lisent des livres anarchistes ? S’ils ont déjà ri à un gag raciste ou misogyne? S’ils ont déjà regardé le film Lolita, qui raconte les aventures amoureuses d’un prof vieillissant et d’une jeune nymphette de 14 ans ?

Hey, ça va faire, la chasse aux sorcières !

Va-t-on bientôt nous brancher une machine sur la tête pour savoir à quoi on rêve la nuit ?

29 Janvier 2007

Permalink 22:53 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 84 mots  

Deux solitudes

Je voulais vous parler de l'intronisation de Jean-Pierre Ferland au Panthéon des auteurs-compositeurs canadiens.

Mais ma blonde l'a déjà fait mieux que moi...

Alors je lui laisse la parole.

Au Québec, on a parlé de Joni Mitchell. Au Canada, tout le monde se crissait de Ferland. Vous me direz que l'une a connu une carrière internationale, et pas l'autre... N'empêche. On vit dans le même pays, bordel!

En tout cas, c'est ce qui est indiqué sur mon passeport...
Permalink 22:44 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 270 mots  

Et The Godfather III?

À tous ceux qui m'ont écrit sur The Godfather, merci mille fois.

Comme je vous l'ai dit, ce film me touche beaucoup, et je suis toujours intéressé à échanger sur le sujet avec d'autres cinéphiles...

Tenez, j'ai une question pour vous: que pensez-vous du Parrain 3?

Je me souviens, quand je suis allé à la première, avec mes parents, j'étais tout nerveux, j'avais les mains moites et le cour qui battait très fort. Comme si je revoyais des êtres chers que je n'avais pas vus depuis longtemps!

Or... quelle déception! L'histoire m'a paru inutilement compliquée, l'absence de certains personnages (Tom Hagen et Clemenza, par exemple) se faisait cruellement sentir, je trouvais Sofia Coppola extraordinairement mauvaise, le scénario était rempli de trous (certaines intrigues étaient complètement laissées en plan, comme l'histoire de la journaliste incarnée par Bridget Fonda)...

Avec le temps, j'ai appris à mieux apprécier ce film. Mais je dois avouer qu'il n'arrive pas à la cheville des deux premiers...

C'est un film maladroit, bâclé, mal fait... malgré sa finale très opératique, qui tente désespérément d'évoquer le premier volet.

Qu'en pensez-vous? Croyez-vous que Coppola aurait dû s'arrêter au deuxième?

La scène finale de Godfather Part II (dans laquelle on voyait Michael Corleone seul, abandonné de tous, croulant sous le poids de la culpabilité) disait tout... La boucle était parfaitement bouclée, pourquoi avoir fait une troisième partie inutile et ratée?

Heureusement, on a échappé au pire. En effet, Le Parrain III devait originalement être écrit et réalisé par Sylvester Stallone. Ouch.
Permalink 22:26 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 322 mots  

Snobisme?

Selon certains critiques, le fait que Bon Cop, Bad Cop soit en nomination comme Meilleur film à la cérémonie des Prix Jutra est révoltant, une preuve indéniable que "le cinéma québécois est en pleine dérive".

Les prix, paraît-il, devraient être l'apanage des films d'auteur, qui "ont des choses à dire".

Ah oui? Et moi qui croyais que les Prix récompensaient le travail bien fait... indépendamment du "message".

Ce qui est bizarre, dans cette affirmation, est que les mises en candidature sont choisies par les gens du milieu eux-mêmes! Pas la population ni les critiques, mais ceux et celles qui FONT des films! Ils doivent savoir de quoi ils parlent, non?

Entre un film d'auteur raté (il y en a), et un film commercial réussi (il y en a itou), quel film devrait-on privilégier?

L'important, selon moi, n'est pas qu'un film "dise des choses", mais qu'il soit à la hauteur de ses ambitions, qu'il réussisse ce qu'il voulait faire — que ce soit divertir, faire rire ou faire "réfléchir".

Rocky est un bon film divertissant. All the King's Men, qui mettait en vedette Sean Penn et Anthony Hopkins, est un très mauvais film politique. Entre les deux, je choisis Rocky haut la main...

Certains disent que Bon Cop, Bad Cop est l'équivalent québécois de Lethal Weapon. Or, Lethal Weapon n'a jamais été mis en candidature comme meilleur film...

C'est vrai. Mais les Américains produisent un gonzillion de films par année, ils ont le choix. Alors que nous...

Bon Cop, Bad Cop est-il mon film préféré de l'année 2006? Bien sûr que non. Mais mérite-t-il une mise en candidature? Pourquoi pas...? Il est bien fait, ce n'est pas Les Boys 5 ni Y a Plus de Trou à Percé, c'est un film honorable, le réalisateur n'a pas à avoir honte de son travail...

27 Janvier 2007

Permalink 16:58 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 585 mots  

Ma Bible, mon Coran

Cet après-midi, j'ai regardé The Godfather pour, quoi, la dixième fois, la quinzième fois?

Et comme ça m'arrive à chaque fois, j'ai été extrêmement touché. Pas parce que je trouve ce film triste, mais parce qu'il me jette par terre.

On a tous une oeuvre d'art qui nous bouleverse. L'an dernier, j'ai vu Guernica de Picasso à Madrid, et j'ai passé une demi-heure à regarder cette toile magistrale. J'essayais de l'absorber, d'encaisser le coup...

Eh bien, avec The Godfather, ça me fait ça à chaque fois...

Ce film, pour moi, est la perfection incarnée.

J'ai souvent essayé d'écrire sur The Godfather, mais je n'y arrive pas. C'est trop gros, je ne sais pas par quel bout le prendre, ce film me dépasse, je m'y noie comme dans la mer, c'est ma Bible, mon Coran, une oeuvre absolument géniale sur la famille, les relations père-fils, la transmission de l'héritage famillial, l'Histoire américaine, la perte de l'innocence, l'ambition, le pouvoir, l'équilibre travail-famille, etc.

C'est shakespearien.

Oubliez la mafia. The Godfather est beaucoup plus qu'un simple film de gangsters.

Revoir The Godfather aujourd'hui, c'est se rendre compte de trois choses primordiales.

Primo: le cinéma américain n'est plus ce qu'il était. Comme disaient nos parents à propos de Casablanca: «On n'en fait plus, des films comme ça.» Aujourd'hui, les studios sont dirigés par des v.-p. marketing plus intéressés à vendre des poupées en plastique chez Toys 'R Us qu'à raconter de bonnes histoires. Quant aux réalisateurs, ils sont tellement occupés à dessiner des storyboards sur leur IMAc qu'ils n'ont plus le temps de travailler avec les comédiens. Concept, concept...

Secundo: notre vision de la mafia a bien changé depuis 1972. Comparés aux gangsters vulgaires, survoltés et hyperréalistes de GoodFellas ou de Scarface, les mafiosi polis et cultivés du Parrain semblent tout droit sortis d'une saga feutrée de Merchant-Ivory. Quelque chose comme John Gotti meets Jane Austen...

Tertio: The Godfather est le plus grand film jamais tourné sur le capitalisme. Remplacez le mot «mafia» par le mot «entreprise», vous verrez...

Il y a le président fondateur qui a construit un empire à partir de rien et qui tient à demeurer fidèle aux principes de base de sa compagnie; le fils aux dents longues qui veut faire de l'argent coûte que coûte; les concurrents qu'on élimine; les traîtres qu'on liquide; les entreprises qu'on avale; les politiciens qu'on achète... Une génération d'entrepreneurs qui voulaient s'enrichir pour mieux vivre, versus leurs enfants qui ne vivent que pour s'enrichir.

The Godfather, c'est le passage du capitalisme humain au capitalisme sauvage.

Le patron/père de famille qui prend soin de ses ouailles, versus le patron/requin prêt à limoger son propre frère pour multiplier la valeur de ses actions. Le vieux renard qui dépose les armes le temps de marier sa fille, versus le jeune loup qui profite du baptême de son filleul pour massacrer ses adversaires.

L'histoire d'un homme qui veut tellement réussir qu'il en perd son âme.

Le déclin tragique d'une collectivité tellement obsédée par le succès qu'elle finit par en oublier ses racines, ses principes, ses valeurs.

Êtes-vous des fans du Godfather comme moi? Le (re)visionnez-vous régulièrement? Faites-vous ce pélerinage annuellement, comme les Musulmans à La Mecque ou les cathos au Vatican?

Si oui, écrivez-moi, et dites-moi ce que ce film veut dire pour vous...
Permalink 16:43 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 193 mots  

Deux poids, deux mesures?

J'ai reçu ce courriel extrêmement pertinent de Pierre B., qui pose une question que plusieurs personnes se posent ce week-end.

"J'ai été estomaqué de constater qu'après l'attribution de 10.5 millions + frais d'avocats (1 million) à monsieur Maher Arrar, que personne n'ait pensé à monsieur Michel Dumont, qui, tout comme monsieur Arrar, a été victime d'une grave erreur judiciaire, erreur qui a détruit sa vie, sa famille, son avenir.

À ce que je sache, monsieur Dumont a passé plus de trois ans derrière les barreaux, et a été malmené tout ce temps (c'est le lot des violeurs en prison). J'ose imaginer que sa famille en a également beaucoup souffert. Toutefois, on n'a rien donné à cet homme. Pas une ''cenne'', que des excuses du bout des lèvres du gouvernement.

Je ne connais pas monsieur Dumont personnellement, mais si j'étais lui, je serais révolté aujourd'hui."


Tout à fait d'accord. Et le pire, avec monsieur Dumont, c'est que pendant qu'il croupissait en prison, ses enfants ont été placés dans des familles d'accueil, et agressés...

Ce qui lui est arrivé est un véritable scandale. Or, il n'a reçu aucune compensation financière...
Permalink 13:10 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 408 mots  

Radiation du Doc Mailloux: bien mérité!

J'ai reçu ce courriel de A. Dion concernant la radiation temporaire du docteur Pierre Mailloux

"Je suis totalement solidaire de la décision du Collège des Médecins. Mailloux est un véritable « danger public ».

Je me demande si aucun d’entre vous a écouté deux de ses tribunes radiophoniques au complet !? Moi, je ne suis plus capable de « toffer » 3 heures... mais j’y passe régulièrement.

Ses sorties statistiques sur les Noirs ne sont RIEN, si on les compare à celles qu’il fait maintenant sur les femmes, TOUS LES JOURS. Dernièrement, il affirmait entre autres que la femme manque de jugement « par nature », qu'elle est incapable de résoudre des problèmes, que c’est génétique... Selon lui, 70 % AU MOINS des femmes québécoises sont des mères incompétentes, des « charognardes » — bref, les femmes médecins seraient une plaie dans notre société. Les enseignantes, les travailleuses sociales, les infirmières, pire encore.

Selon le doc Mailloux, tout le Québec va à sa perte, parce qu’il est victime du matriarcat. Et le pire de tout ça, ce sont les auditeurs qui appellent et qui ont maintenant commencé à répéter ses propos.

Or tous ses propos de plus en plus délirants au fil des années, ont le poids qu’ils ont à cause précisément de son statut de MÉDECIN. Dix fois par jour, il le réaffirme... se déclarant bien sûr le meilleur médecin qui existe.

Dix fois par jour, il s’encense en ondes.

Ses patients n'ont pas porté plainte? Mailloux se vante de se spécialiser dans les cas les plus « lourds », il n’a pas de cabinet privé et pratique dans un milieu de misère sociale inouïe. C’est pas de là que viendront les plaintes... pas plus que de ses pauvres auditeurs, qui ne sont pas ceux des Francs-Tireurs, de Bazzo, etc.

Bref, j’espère seulement que le Collège des Médecins réussira à nous protéger collectivement de ce fou furieux."


Qu'on le radie du Collège des médecins pour ses PRATIQUES, je comprendrais. Mais là, on semble le radier pour ses OPINIONS.

C'est ça qui me fatigue dans l'histoire de la radiation du Doc Mailloux. Faudrait-il radier le docteur Jean-François Chicoine parce qu'il culpabilise les mères qui envoient leurs enfants dans des garderies????

On trace la ligne où?
Permalink 12:48 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 537 mots  

Où sont les vrais hommes?

J'ai reçu ce courriel d'Angélique Marchadier

"Je me demande si je vis sur la même planète que tout le monde, parfois. Au bureau, cette semaine, j ai parlé avec des collégues autour de la machine à café, et je remarquais qu'il y avait pas mal de monde qui buvait du thé, et un gars me dit : "Le thé vert, c'est meilleur pour la santé, c est plus sain..."

Un autre un peu plus tard me répète la même chose.

Coup donc, les gars sont-ils plus féminins que moi?

Crime, je bois du café, je bois un peu de bière de temps en temps et une cigarette de temps en temps, je suis une femme pourtant, et je me considère féminine, mais quand j entends des hommes me dire que la bière, ce n'est pas très bon pour la santé, que le vin c'est meilleur, le café c'est pas bon pour l'estomac, etc., j ai envie de hurler: "MAIS OÙ SONT LES HOMMES, LES VRAIS???????????"

J'ai beau n'avoir que 34 ans, je n'ai jamais supporté que mon chum fasse plus de choses à la maison et je ne demandais pas le partage des tâches, juste un coup de main, comme s'occuper du petit le temps que je passe la balayeuse...

J'ai le goût d'avoir un chum un peu macho, qui boit de la bière de temps en temps, qui ne s'occupe pas trop de savoir si c'est santé ou pas, qui dégustera un bon café avec moi sans penser à son estomac, qui y mettra du VRAI sucre, etc.

Oui, c'est le fun, un homme galant qui apporte des roses, qui ouvre la porte, etc., mais un homme avec un côté homme, et qui s'assume, suis-je la seule à vouloir cela??

Quand je suis retournée aux études, l'année passée, à la pause, on a vu arriver un gars sur une Harley, et devinez-quoi, nos regards sont allés vers la moto et vers le motard tout de cuir vêtu. Qu'est-ce qu'il a fait? Il a apporté une bouquet de roses à sa blonde, c est-tu pas cute de voir le contraste entre l'homme viril et l'homme rose.

Bref, je suis tannée des métrosexuels proches de leurs émotions, qui font plus attention à leur peau que moi, tannée des hommes qui pleurent devant un film triste, tannée des hommes qui se demande si sa chemise va bien avec son pantalon, tannée des hommes roses qui sont plus féminins que moi, j ai le goût d un gars, un vrai, viril, macho sur les bords et pas une femme de ménage qui veut absolument partager les tâches de la maison et qui passe la balayeuse tous les samedis!!!

Je suis peut-être suis je trop difficile, c'est peut-être pour ça que je ne trouve pas de chum, je vais sûrement rester mère monoparentale (j'ai divorcé car je ne supportais plus que mon mari soit la reine du foyer à ma place)...

Je vais peut-être finir vieille fille. Ouf! ça va être long, moi qui n'ai que 34 ans!!!!!!!!!"


Vous voulez réagir, les gars????

25 Janvier 2007

Permalink 21:04 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 326 mots  

Catch and Release — critique

Autant Enfermés dehors est agressif, autant Catch and Release est gentil, doux, naïf…

Dans cette comédie romantique écrite et réalisée par la scénariste d’Erin Brockovich, Jennifer Garner (Alias) joue le rôle d’une jeune femme qui se retrouve veuve la veille de son mariage. En fouillant dans les papiers de son défunt chum, elle découvre qu’il menait une double-vie…

Catch and Release se déroule à Boulder, au Colorado, le Royaume des granols. Plus hippie que ça, tu meurs.

Les gens passent leur temps à boire des tisanes, les gars portent des gougounes et récitent de la poésie, les figurants se promènent avec des t-shirts psychadéliques — on se croirait dans un Festival New Age.

En fait, on pourrait dire que Catch and Release est le premier film bio de l’Histoire du cinéma. Il est fade, il manque de goût, il recycle tous les vieux clichés du genre, et il veut tellement nous faire du bien qu’il finit par nous tomber sur les nerfs.

C’est Quatre mariages et un enterrement, mais sans gras trans et avec beaucoup, beaucoup de fibres.

Si vous détestez la pop-psycho, ce film va vous faire l’effet d’un puissant laxatif. On a l’impression que les dialogues ont été écrits par Guy Corneau, c’est rempli de personnages qui sont près de leurs émotions, ils pleurent, ils rient, ils mangent du tofu, ils se touchent quand ils parlent, ils portent des chandails trop grands, des jeans troués… Ils collectionnent les chandelles qui sentent bon…

En fait, je vous conseille de voir Enfermés dehors et Catch and Release la même journée. Un verre de vinaigre, un verre de sucre. Le premier film vous donne la migraine, le deuxième film vous réenligne les chakras.

C’est comme les spas nordiques. Une douche froide, un bain chaud.

Permalink 21:02 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 416 mots  

Enfermés dehors — critique

Enfermé dehors, le quatrième film du comédien-réalisateur Albert Dupontel (Bernie), raconte une histoire hyper simple :

Un sans abri disjoncté qui passe ses journées à sniffer de la colle trouve un uniforme de police. Il décide de le porter. Soudainement, comme par magie, sa vie change. Les gens le respectent, il peut manger gratuitement à la cafétéria… et grâce au revolver qu’il porte à sa ceinture, il peut faire chier les riches et les puissants…

Si vous tripez sur la bande dessinée, vous risquez d’aimer Enfermés dehors. En effet, le film est tourné comme une grosse bédé.

Mais ce n’est pas une bédé propre à la Tintin. Plutôt une bédé trash, comme on en trouve dans les fanzines. L’image est sale, la caméra est hystérique, la musique ferait passer Jimi Hendrix pour un joueur de flûte à bec — bref, c’est complètement dingue.

On dirait un film de Charlie Chaplin réalisé par les Sex Pistols sur le Crystal Meth.

Albert Dupontel est un grand fan de Terry Gilliam, le réalisateur de Brazil et de Twelve Monkeys, et ça paraît : il aime les cadrages bizarres, les lentilles qui déforment, les comédiens qui ont des têtes incroyables…

Malheureusement, comme son idole, Dupontel ne sait pas quand s’arrêter. Son film est trop : trop hystérique, trop criard, trop trash, trop vulgaire… J’ai eu l’impression de me faire taper sur la tête à coups de marteau pendant une heure et demie. Rendu là, ce n’est plus du cinéma, c’est de l’agression!

Amélie Poulain était une bédé rose bonbon sur le bonheur, la générosité, l’amour… Eh bien, Enfermés dehors, c’est l’anti-Amélie Poulain.

Les gens sont méchants, la vie est dégueulasse, la France est laide, et le monde est injuste.

Vous trouvez Les Bougon cyniques? Eh bien, à côté de ce film, les personnages des Bougons ressemblent à l’abbé Pierre. Si vous décidez d’aller voir ce long métrage, un conseil : apportez un flacon d’Aspirines, vous en aurez besoin…

P. S.: Le cinéaste britannique Terry Gilliam fait un bref caméo dans le film de Dupontel. Celui ou celle qui le reconnaîtra (et qui me décrira la scène où l'on peut le voir) pourra m'insulter dans l'un de ses commentaires! Tout un prix, non?

24 Janvier 2007

Permalink 22:33 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 130 mots  

Un mauvais investissement

Dans son discours à la nation, George Bush a dit qu'il veut rendre les États-Unis moins dépendants du pétrole.

La guerre en Irak, selon les experts, coûtera près de trois trillons de dollars. (Je ne sais même pas c'est quoi, un trillon...)

À quoi cette guerre a-t-elle servi? À rien.

Mais si on avait investi cette somme colossale dans la recherche de nouvelles énergies, je suis sûr qu'on aurait obtenu de meilleurs résultats.

Dans les années 40, on a pris tous les grands scientifiques et on les a envoyés à Los Alamos, en Californie, afin qu'ils puissent créer une arme capable de mettre un terme à la guerre. C'était le Manhattan Project, et ça a donné la bombe A.

À quand un Manhattan Project énergétique?

Permalink 11:13 am, Richard Martineau / Franc-parler, 376 mots  

Pan's Labyrinth — critique

Le cinéma mexicain a le vent dans les voiles, depuis quelques années, grâce à deux grands cinéastes : Alejandro Inarritu, qui a fait Amores Perros, 21 grams et Babel, et Alfonso Cuaron, qui a fait Y Tu mama tambien, Children of Men et le meilleur film de la série Harry Potter, Harry Potter and the Prisoner of AZKABAN.

Eh bien le temps est venu d’ajouter un troisième nom au Panthéon du cinéma mexicain : Guillermo del Toro.

Grâce à une poignée de films (Mimic, Blade II et Hellboy), Guillermo Del Toro est devenu la coqueluche des amateurs de cinéma fantastique. Il est considéré comme un génie, le fils spirituel de Fellini et de David Cronenberg.

Or, dans Pan’s Labyrinth, son dernier film, Del Toro prend ses distances avec son univers bédé. Il nous offre un film fantastique pour adultes…

L’histoire se déroule dans les années 40, peu de temps après la guerre civile espagnole. Ofelia, une jeune fille d’une douzaine d’années, vit avec une mère malade et un beau-père complètement dingue, un colonel sadique qui passe ses journées à torturer des résistants communistes…

Afin d’échapper à sa vie terne et étouffante, Ofelia s’invente un monde peuplé de créatures étranges : un faune, des fées qui volent, une grenouille géante, un monstre qui a des yeux dans les mains…

Ces créatures imaginaires l’aideront à donner un sens à la violence qui l’entoure.

Dans La mauvaise éducation, Pedro Almodovar réglait ses comptes avec la période franquiste.

Dans Pan’s Labyrinth, Guillermo Del Toro fait la même chose, il critique cette période sombre de l’Histoire de l’Espagne. Mais il le fait sur un tout autre ton.

Si vous aimez les toiles de Goya et de Vélasquez, les couleurs sombres, l’utilisation particulièrement dramatique du clair-obscur, vous allez triper sur ce long métrage. Les images et les décors sont magnifiques, on dirait un épisode de Fanfreluche écrit et réalisé par Salvador Dali.

Comme a dit Fellini à propos de 2001 l’odyssée de L’espace: "Vous aurez l’impression de rêver les yeux ouverts…"

22 Janvier 2007

Permalink 18:08 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 273 mots  

Casse-tête chinois

Extrait d'un texte de la Presse canadienne:

Le Canada devrait garder une distance entre ses relations politiques et ses liens économiques avec la Chine et encourager une plus grande indépendance économique face aux États-Unis en s'ouvrant davantage face au géant asiatique, a affirmé lundi l'économiste en chef de BMO Marchés des capitaux, Sherry Cooper.

"Nous (les Canadiens) sommes horrifiés par le non-respect des droits de la personne (en Chine). Il s'agit d'un régime politique oppressif sans mentionner son piètre dossier en matière environnementale, ce qui affecte les écosystèmes de toute la planète", a reconnu Mme Cooper au cours d'une conférence intitulée "Le Grand Nord rencontre l'Empire du milieu: pourquoi le Canada doit-il s'éprendre de la Chine".

Mais cela ne doit pas empêcher les Canadiens de reconnaître la puissance économique de la Chine. On doit encourager les relations commerciales entre les deux pays. "Les deux questions — droits de la personne et relations commerciales — doivent être séparées", a-t-elle dit.


Bref, le gouvernement chinois ne respecte pas les droits de la personne, mais ça ne fait rien, il faut se fermer les yeux, car il y a une piastre à faire...

Dire qu'on a envahi l'Irak sous prétexte qu'on ne pouvait supporter la présence d'un dictateur qui ne respecte pas les droits de la personne...

J'suis tout mêlé... On lutte contre les régimes autoritaires, ou pas? On se bat pour les droits de la personne, ou pas? On fait du commerce avec les dictateurs, ou pas? On ferme les yeux, ou pas? On intervient, ou pas?
Permalink 17:54 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 133 mots  

Earth to Mister Boisclair

André Boisclair est parti quatre jours pour aller parler de souveraineté à Paris.

Allo????

Il n'est même pas premier ministre, et déjà, il est en train de préparer la communauté internationale à une éventuelle souveraineté du Québec qui se déroulera après un éventuel référendum qui aura lieu après une éventuelle victoire du PQ aux éventuelles et futures élections provinciales...

C'est ce qu'on appelle mettre la charrue devant les boeufs.

Il n'a vraiment rien de mieux à faire???

Il ne s'est même pas pointé au débat de TVA sur les accommodements raisonnables, débat qui a été vu par un million de personnes!!!!! Mais il avait du temps pour participer à l'émission humoristique des Justiciers masqués, par contre.

Voulez-vous bien me dire qui le conseille???

20 Janvier 2007

Permalink 18:09 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 832 mots  

"Un tsunami de merde"

C’est raide, comme titre? Je vous l’accorde. Mais c’est la jolie tournure de phrase que Pierre Foglia a utilisé pour parler du sondage Léger Marketing que Le Journal vous a présenté cette semaine.

Remarquez, c’était parfaitement à propos.

Car c’est exactement ce que les journalistes de La Presse nous ont envoyé au cours des derniers jours : un tsunami de merde.

«Irresponsable », « sensationnaliste », « nono », « lamentable » — le quotidien de la rue Saint-Jacques, habituellement si poli, est sorti de ses gonds pour attaquer le sondage de la firme Léger Marketing réalisé pour le compte du Journal de Montréal, du réseau TVA et du 98,5 FM.

En bonne compagnie

Selon nos amis de La Presse, on ne peut demander aux gens s’ils se considèrent comme racistes. Ça ne se fait tout simplement pas.

Ah oui?

En mars 2006, la firme parisienne CSA a demandé aux Français s’ils étaient racistes (« Personnellement, diriez-vous que vous êtes fortement ou faiblement racistes? »). Un tiers ont répondu qu’ils étaient racistes…

Le même mois, le journal israélien Haaretz a demandé à ses lecteurs s’ils accepteraient de vivre dans le même bloc-appartement qu’un Arabe (68 % ont dit Non).

Le 21 juin 2004, un quotidien israélien a demandé à ses lecteurs si le gouvernement Sharon devrait « encourager » les Arabes à quitter le pays (64 % ont répondu Oui).

En août 2006, la firme Gallup et le journal USA Today ont demandé aux Américains s’ils entretenaient des préjugés racistes envers les Musulmans (39 % ont répondu par l’affirmative et 24 % ont dit qu’ils ne voudraient pas avoir un Musulman comme voisin).

En décembre 2006, le réseau CNN et la firme Opinion Research Corp ont demandé aux Américains s’ils étaient racistes (13 % des Blancs et 12 % des Noirs ont dit Oui).

Etc., etc.

Des sondages comme celui que Le Journal a publié cette semaine, il y en a eu « un char et une barge » au cours des dernières années. Et pas faits par n’importe qui — des firmes de sondage et des médias réputés.

Même La Presse s’est pincé le nez et a sauté dans le bain!

En effet, le 17 janvier dernier, le site Internet de La Presse posait exactement la même question aux Internautes : « À quel point vous considérez-vous raciste? Fortement, moyennement, faiblement ou pas du tout? »
(Pour votre information, 37 % se sont dit « pas racistes du tout » alors que dans le cas de notre sondage, le pourcentage de gens qui se disaient « pas du tout racistes » était de… 39 %!!!)

Me semble que si c’est bon pour minou, c’est bon pour pitou, non?

Les esprits s’échauffent!

Hier, une columnist de La Presse a dit que c’était complètement irresponsable de publier un tel sondage maintenant, « dans la foulée d’une série d’accommodements raisonnables que la population, non sans raison, considère déraisonnable ».

Bref, le sujet était trop chaud. Il aurait fallu attendre, et laisser la poussière retomber.

Je m’excuse, mais n’est-ce pas le rôle des journalistes de traiter d’un sujet quand ça se passe?
Les gens qui traitent d’un sujet quand le sujet est déjà passé, on appelle ça des historiens.

Selon ces éditorialistes, publier un tel sondage échaufferait inutilement les esprits.

C’est drôle, mais quand je lis les résultats (78 % des membres des communautés culturelles qui estiment que les Québécois sont accueillants, 74 % des membres des communautés culturelles qui croient que les immigrants devraient respecter les lois et les règlements du Québec, même si cela va à l’encontre de certaines croyances religieuses), je ne vois aucun esprit qui s’échauffe, au contraire.

Je vois des gens ouverts, qui marchent dans la même direction malgré leurs différences.

Le seul endroit où les esprits se sont échauffés, c’est dans la salle de rédaction de La Presse.

Une discussion posée

Plus d'un million de personnes ont regardé l’émission spéciale sur les accommodements raisonnables, à TVA, mercredi soir.
J’imagine que c’est parce que le sujet les touchait, les interpellait…

Avez-vous vu des esprits s’échauffer, vous? Pas moi.
Au contraire, j’ai vu des gens qui discutaient calmement, posément, des Noirs, des Juifs, des Musulmans, un rabbin, un imam, Mgr Turcotte…

Le sondage n’affirmait pas que 59 % des Québécois sont racistes! Il disait que 59 % des Québécois se disent racistes! Nuance… Le sondage ne portait pas sur le racisme, mais sur la perception que nous avons de nous et des autres…

Moi, il ne m’a pas énervé, ce sondage, il ne m’a pas excité. Il m’a réconforté.
Je suis comme ça, moi. Ça me réconforte, le dialogue. Ça me fait du bien, ça m’apaise.

C’est le silence qui m’effraie.
Le silence, et la mauvaise foi.

Un tsunami de mauvaise foi.

18 Janvier 2007

Permalink 20:29 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 211 mots  

La guerre froide

Vous n'êtes pas tannés, vous, de la guéguerre imbécile qui sévit entre les médias, depuis quelqjues années?

On dirait la guerre froide. Il faut à tout prix choisir son camp. Tu es avec un bloc ou avec l'autre...

Tout cela est stupide.

La job de bras que La Presse a fait au Journal de Montréal, au réseau TVA et au 98,5 FM suite à la publication de leur sondage sur les accommodements raisonnables et l'intolérance m'a particulièrement déçu... Disons que les couteaux volaient bas et que le jupon dépassait. Ça sentait la guerre économique à plein nez...

Demain, je publie une chronique sur le sujet...

Ce climat malsain fait du tort au journalisme. Ça rend les gens encore plus sceptiques envers les médias. Personne ne peut se sortir gagnant d'une telle guerre. En se criant toujours des noms, en répétant sans cesse "Mon média est meilleur que le tien", les journalistes participent à scier la branche sur laquelle ils sont assis.

Résultat: ils vont tous se retrouver sur le cul.

C'est comme la publicité politique négative. À force d'entendre que tel et tel politiciens sont des criss de menteurs, les gens finissent par ne plus croire en personne...

Permalink 20:18 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 62 mots  

Le crime paie

Comme vous le savez, O.J. Simpson était censé écrire un livre dans lequel il "imaginait comment il s'y serait pris s'il avait effectivement tué sa femme et son amant".

Weird, weird...

Suite aux protestations du public, le livre n'est jamais sorti en librairie. Mais sur la toile, on peut prendre connaissance du contrat qu'il avait signé.

Assez généreux, merci.
Permalink 20:14 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 583 mots  

Plus catholiques que le pape

Il en va des sociétés comme des personnes.

Certaines ont une trop bonne image d’elles-mêmes — la société américaine, par exemple, qui ne cesse de vanter sa capacité à intégrer les immigrants alors que dans les faits, un fossé économique sépare les Blancs et les membres des minorités visibles.

D’autres, en revanche, ont un grave problème d’estime de soi.
C’est le cas du Québec.

Lundi dernier, le sondage Léger Marketing nous apprenait que 59 % des Québécois se disent racistes.
Comme on dit, c’est du monde à la messe.

Or, hier, le même sondage nous apprenait que 78 % des membres des communautés culturelles estiment que les Québécois sont accueillants.

Bref, on se trouve moche, mais les autres nous trouvent beau.
Belle leçon, non?

Le péché originel

Tout ça est la faute de notre vieux fond judéo-chrétien.

Le Québécois moyen a beau avoir déserté l’église, il continue de se comporter comme un bon petit catho. Il se sent coupable. Il a l’impression qu’il a une faute à expier. Il est convaincu qu’il n’est pas digne d’aller au paradis.
Il se sent inculte, petit, raciste.

Que disent les Québécois quand ils voient une belle fille? « Elle est pas laide. » Quand ils mangent un mon repas? « C’est pas mauvais. » Quand ils ont soif? « Tu me donnerais-tu un p’tit café? »
Pas un gros café, non : un p’tit. Moins dérangeant.

Pas étonnant qu’on est prêt à tout pour accommoder les autres. Quand on se sent moche, quand on se sent petit, on a tendance à marcher le dos courbé.

On est gentil. On est doux. On s’excuse. On comprend.

Or, que nous disent les membres des communautés culturelles, dans le sondage publié aujourd’hui?

Cessez de marcher sur la pointe des pieds, cessez de vouloir être aimés à tout prix, redressez-vous, regardez-nous dans les yeux, soyez fiers de ce que vous êtes et des valeurs pour lesquelles vous vous êtes battus.

On ne peut être plus clair : 74 % des membres des communautés culturelles croient que les immigrants devraient respecter les lois et les règlements du Québec, même si cela va à l’encontre de certaines croyances religieuses.

Maintenant que le chat est sorti du sac, maintenant que l’on sait de quel côté le vent souffle, les politiciens (qui ne vont jamais aux toilettes sans d’abord consulter un sondage sur la question) vont peut-être mettre leurs culottes, et se prononcer haut et fort sur la question des accommodements raisonnables.
Ça ne sera pas trop tôt…

Racisme raisonnable?

Lundi dernier, le journal que vous tenez entre les mains a écrit : « 59 % des Québécois se disent racistes ». Or, selon un columnist de La Presse, Le Journal aurait plutôt dû écrire : « 16 % des Québécois se disent moyennement ou fortement racistes ».

Pourquoi? Parce que parmi les 59 % des Québécois qui se disent racistes, 43 % se disent « faiblement racistes ».
Or, paraîtrait que « faiblement raciste », c’est acceptable.Y a rien là. Pas de quoi faire une manchette.

Que pensez-vous de cette analyse? Trouvez-vous que le columnist de La Presse est fortement dans le champ, moyennement dans le champ ou faiblement dans le champ?

Pour moi, « faiblement raciste », c’est comme « faiblement enceinte ». Ce qui compte, c’est de l’être. Le degré n’a pas d’importance.

17 Janvier 2007

Permalink 13:29 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 858 mots  

Pas facile, immigrer

J'ai reçu ces message de Nancy Côté:

"Bonjour Richard

Mon histoire est assez classique. Il y a presque bientôt 5 ans j'ai rencontré un marocain sur le net. Je me suis rendue au Maroc 4 fois.

Bien que ces relations là sont hyper mal vus, j'en suis consciente, je me considère quand même une femme normale avec une tête sur les épaules.

Notre histoire a dabord commencé par de l'amitié et pendant ce temps, moi j'avais la chance de me rendre au Maroc et j'espèrais vraiment que mon copain puisse venir au Québec car moi aussi je voulais sincèrement lui faire connaître mon coin de pays, nos habitudes, notre façon de vivre etc...

Il a demandé 4 fois un visa de touriste pour venir ici. Il a essuyé un refus à toutes les fois. Oui je suis consciente que beaucoup d'hommes viennent et une fois ici, commencent à faire leur demande pour avoir leur statut de résident permanent et éventuellement devenir immigrant. Sauf que nous ce n'était pas le cas. Moi je ne me sentais pas prête à ce qu'il commence des démarches et lui non plus.

Car contrairement à ce que la majorité des canadiens pensent ces gens là n'ont pas tous le American Dream. Là bas, il a son boulot et sa famille, ses racines donc lui non plus n'était pas prêt à faire le grand saut et venir comme ça vivre au Canada. Bon lors de ses rencontres à l'ambassade du Canada à Rabat afin d'obtenir son visa de touriste, l'agente lui a dit des choses tellement stupides et dégradantes pour lui et ils exigent presqu'un compte bancaire avec 10 000$ alors que je ne connais pas beaucoup de Québecois qui vont l'hiver à Cuba avec un gros compte bancaire!!

Elle le harcelait aussi afin de savoir pourquoi il voulait venir au Canada, si c'était de l'amour ou de l'amitié mais là même si tu dis que c'est de l'amitié car au début c'était ça bien ils vont te dire que tu vas là pour te marier.

Bon finalement, après 4 ans notre relation a grandi et puis on a décidé de se marier. Donc, j'ai décidé de le parrainer. Ouff tu devrais voir le nombres stupides de questions dans ces formulaires du genre qui a demandé l'autre en mariage? Merde en 2007 une décision pour un mariage ça se prend à deux! L'époque de l'homme qui se mettait à genou pour faire la grande demande à mon avis est révolue.

Bon par la suite, dans le dossier, tu dois fournir des preuves de la véracité de ta relation. J'avais moi gardé des comptes de téléphone depuis plusieurs années mais lui me parlait par internet ou me téléphonait à partir de cartes prépayées donc ça ne fonctionnait pas pour lui mais eux vont toujours te demander ce que tu as pas. Ah oui! la meilleure! Ils demandent aussi des e-mails que l'on aurait pu s'écrire. Non mais c'est tu assez stupide? Qui garde des e-mails depuis plus de 5 ans? Ou encore on aurait pu en inventer des faux e-mails, n'importe quoi.

Bon maintenant le bout. Il demande de fournir des photos de mariages. Moi je suis pour le mariage mais j'aime pas les cérémonies, mais bon, puisqu'on avait entendu dire qu'on aurait besoin de photos, on a fait un souper et on a invité des amis de la parenté etc, afin de fêter notre union.

Alors avant d'avoir ton visa pour venir au Canada tu dois passer encore à Rabat voir la "Grande Manitou" qui là y va pour un bal des questions imbéciles. Elle lui a demandé pourquoi tu as pas beaucoup de photos? Alors qu'on en avait quand même suffisement et que nous aussi ont mangeait et on parlait aux invités donc on passait pas notre temps à photographier. Si nous on voulait avoir des enfants, si moi au Canada j'étais enceinte bref, ils ne lui ont pas demandé la couleur de sa petite culotte mais je crois simplement c'est parce qu'elle n'y a pas pensé.

Lorsque m'ont copain est sorti de cette rencontre il était démoli car elle lui a fait sentir que notre relation n'était pas vraie. À la sortie de cette rencontre mon copain a discuté avec 2 femmes marocaines qui étaient là elles aussi pour la fameuse rencontre avec la "Grande manitou". Une femme a raconté à mon copain que l'agente à l'ambassade, lui a demandé pourquoi ton mari ne sourit pas sur les photos de mariage? Pourquoi est-il sérieux? Peut-être qu'il avait sourit toute la journée et que pour lui les photos doivent être juste sérieuses enfin, je sais pas mais comment les Canadiens peuvent-t'il affirmer qu'on devrait rendre l'immigration plus difficile???

J'aimerais beaucoup que tu fasses une recherche et que tu parles aux lecteurs des vraies étapes pour devenir résident permanent et ils vont voir qu'ils disent vraiment n'importe quoi quand ils osent affirmer cela.

Je te remercie à l'avance si un jour tu te décides de parler de ça."
Permalink 13:23 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 599 mots  

Repartir à zéro

Immigrer doit être une expérience éprouvante.

Imaginez… Vous quittez tout derrière vous pour aller vous établir dans un pays que vous ne connaissez pas.
Pas évident…

Il faut vraiment en avoir ras le bol pour prendre une telle décision.

Surtout que lorsque vous arrivez dans un nouveau pays, vous ne vous retrouvez pas tout de suite en avant du comptoir, non. Vous êtes au bout du bout de la queue. Tout le monde passe devant vous.
Votre expérience n’est pas reconnue, votre diplôme ne vaut rien.
Vous devez tout recommencer à zéro.

Passer d’ingénieur à chauffeur de taxi, ça vous tenterait, vous?
Travailler dans une usine de textile pour une somme dérisoire sans aucune protection syndicale, ça vous excite?
Faire les boulots de merde que la population locale ne veut pas faire, ça vous met l’eau à la bouche?

Avant de dire que les immigrants sont gras durs, pensez-y deux fois.
Immigrer, ce n’est pas comme passer deux semaines sur la plage avec le dernier John Irving sur les genoux.

Sélection obligatoire

Cela dit, si immigrer est extrêmement dur, accueillir des immigrants n’est pas de la tarte non plus.

On ne peut pas faire entrer tout le monde, le Québec n’est pas un bar open, on n’a pas un nombre infini de bouées de sauvetage, il faut sélectionner les naufragés qui nous demandent de les prendre à bord, sinon notre bateau va prendre l’eau.

Or, on les choisit comment, ces nouveaux immigrants? Quels critères devons-nous prendre en considération : leur langue maternelle, leur niveau d’éducation, leurs finances personnelles, leur facilité à s’intégrer, les dangers qu’ils courent dans leur pays d’origine?

On trace la ligne où?
Pas facile…

Surtout quand la société d’accueil est elle-même minoritaire, et qu’elle doit faire preuve de vigilance pour préserver sa langue et sa culture.

Une autoroute à deux voies

Une lectrice, madame Jeanne d’Arc Turgeon, m’a écrit, l’autre jour.

« Je viens de renouveler mon passeport et avec la livraison de celui-ci, on nous remet un livret de 56 pages, le Guide du voyageur canadien, fourni par le ministère des Affaires étrangères Canada.
À la page 23 du livret, il est écrit ceci :
"Quand vous voyagez ou résidez dans un pays étranger, vous devez vous familiariser avec son mode se vie et respecter ses lois, ses religions, sa culture, ses classes sociales et sa situation économique. Cela, même si vous n'approuvez pas certaines croyances locales…" »

Tout est là.

Le respect n’est pas une rue à sens unique. C’est une autoroute à deux voies. On respecte les immigrants qui choisissent de s’établir chez nous, mais ces nouveaux arrivants doivent aussi respecter les valeurs de la société qui les reçoit.

Oui, c’est dur, immigrer. C’est pénible, c’est épouvantable. Mais la responsabilité d’une intégration réussie ne repose pas seulement sur les épaules de la société d’accueil.

Comme dit l’adage : « Aide-toi, et le gouvernement t’aidera. »

Il y a quatre ans, un couple d’Asiatiques a acheté un dépanneur à côté de chez moi. Au début, ils ne parlaient pas français.
« Je vais leur donner une chance, me suis-je dit, ils viennent d’arriver. »

Deux ans plus tard, ils ne parlaient toujours pas un traître mot de français.

Je suis sûr qu’ils croient que c’est difficile de s’intégrer, au Québec. Mais à qui la faute ?

16 Janvier 2007

Permalink 18:13 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 627 mots  

L'autre

Savez-vous ce qui sépare l’homme de l’animal?
L’homme passe son temps à se mentir à lui-même.

Prenez la question des préjugés, par exemple. Si on m’avait donné un dollar chaque fois que j’ai entendu une personne dire qu’elle n’entretenait aucun préjugé envers aucun groupe de la société, je serais riche.

Car avouons-le : nous entretenons tous des préjugés. Ça fait partie de la nature humaine.

Les Asiatiques sont forts en sciences. Les femmes latino sont chaudes. Les Juifs aiment l’argent. Les Arabes sont bons pour négocier. Les Noirs ont une grosse, euh, un gros, enfin, vous savez quoi.

Ce ne sont pas des préjugés, ça? Des préjugés positifs, dans certains cas, mais des préjugés quand même.

Les Noirs dansent bien, les Blancs dansent mal, les Anglaises sont froides, les Chinois conduisent mal, les Japonaises sont dociles, les Américains sont cons, les Français sont snobs, les Italiens sont machos, les Russes boivent comme des trous, les Allemands mangent comme des porcs, les Amérindiens deviennent fous quand ils boivent…

Regardez-moi dans les yeux, et dites-moi que vous n’avez JAMAIS dit ou pensé de telles choses.
Vraiment? Jamais?

Menteur.
Vous mentez comme un arracheur de dents.

Travailler c’est trop dur

Selon le méga sondage Léger Marketing commandé par Le Journal de Montréal, le réseau TVA et le 98,5 FM, les francophones de souche trouvent que les Noirs et les Arabes sont paresseux.

Preuve que tous les êtres humains se ressemblent : les Noirs et les Arabes pensent la même chose des Québécois francophones.
Nous trouvons tous que l’autre est paresseux.

C’est Lucien Bouchard qui va être content, depuis le temps qu’il nous dit que le Québec se poigne le beigne à deux mains….

Les humanistes à gogo voudraient nous faire croire que c’est facile de vivre ensemble, main dans la main, comme dans un film de Walt Disney, tout le monde s’aime, tout le monde se respecte, personne n’a aucun préjugé envers personne.

Foutaise. C’est difficile de vivre ensemble.

On a de la difficulté à s’entendre avec les membres de notre propre famille, vous imaginez ce que c’est avec des gens qui viennent de l’autre bout du monde?

Demandez aux Noirs de New York s’ils s’entendent bien avec les Coréens, aux Chinois s’ils s’entendent bien avec les Japonais, aux résidents de Québec s’ils s’entendent bien avec les Montréalais…

Mais que voulez-vous, nous sommes tous pris pour vivre ensemble. C’est notre destinée.

Il y a une seule planète habitable dans notre système solaire, et nous sommes tous dessus.
Aussi bien faire contre mauvaise fortune bon cœur, non?

La vérité en face

L’important, je crois, est de regarder la vérité en face. Cesser de nous mentir à nous-mêmes, et arrêter de nous croire meilleurs que ce que nous sommes réellement.

On devrait faire comme dans les réunions des A. A. : « Bonjour, je m’appelle Richard Martineau et j’entretiens des préjugés sur les communautés culturelles… »

La première étape pour réussir un processus de guérison est de reconnaître sa maladie.

Oui, c’était joli, Expo 67, c’était mignon. Mais ce n’était pas la vraie vie. Dans la vraie vie, il n’y a pas le pavillon de l’Iran, puis le pavillon du Japon et le pavillon de la Tchécoslovaquie…

Il y a un seul et unique pavillon, et nous campons tous dedans.

C’est beaucoup plus stimulant. Mais sacrément plus exigeant.

15 Janvier 2007

Permalink 17:50 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 280 mots  

Un sport de riches?

On parle beaucoup de racisme, aujourd'hui, suite à la parution de ce sondage Léger Marketing.

Dans ma chronique publiée dans Le Journal de Montréal, je cite un extrait de la comédie française La Crise, de Coline Serreau, avec Vincent Lindon.

Je me permets de reciter cet extrait, car il me semble très important.

La scène se déroule dans le salon d'une demeure bourgeoise. Un homme très riche demande à un ouvrier s'il est raciste.

Sa réponse:

« Bien sûr que je suis raciste! C’est beaucoup plus facile d’être contre le racisme quand on habite un quartier bourgeois que lorsqu’on habite un quartier ouvrier. Moi, par exemple, j'habite dans un quartier pauvre. Eh bien, je suis raciste. Et vous, vous habitez dans cette belle maison. Et vous n'êtes pas raciste...

Les trois-quarts de la planète sont dans la merde, et ils viennent chez nous pour améliorer leurs conditions. Il faut bien que quelqu’un se pousse pour leur faire de la place. Or, qui est-ce qui se pousse ? Les gens des quartiers riches? Non : les gens des quartiers pauvres… Et il faut qu’on se pousse avec le sourire, parce que sinon, c’est immoral… »

Bonne réplique, non?

Qu'en pensez-vous: la tolérance est-elle un luxe de riches?

Facile d'être tolérant quand on reste à Ville Mont-Royal ou à Saint-Lambert. Tout le monde est blanc! Tout le monde est riche! Tout le monde a la même culture! Mais c'est beaucoup moins facile quand on habite Ville Saint-Laurent ou Côte-des-Neiges. Les communautés culturelles, alors, ne sont pas une belle abstraction, mais une réalité!!!!
Permalink 14:32 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 593 mots  

Racistes, nous?

Jean-Marc Léger a du front tout le tour de la tête.

C'est quoi, l'idée de demander si les Québécois sont racistes? Le président de Léger Marketing ne regarde jamais la télé, il n'écoute jamais la radio? Il n'a jamais entendu parler de Gregory Charles, Normand Brathwaite, Dany Laferrière, Michaëlle Jean?

Si oui, il devrait peut-être ajuster les couleurs de sa télé.

Car le Québec n'est pas raciste, monsieur. On est ouvert, ici! On est tolérant! La preuve: une génération entière a grandi en écoutant Chop Suey, en jouant au téléphone arabe et en faisant de la traîne sauvage... Les Chinetoques, les Wops, les Pakis et les Pollocks, on n'a rien contre ça, nous autres!

On les accueille à bras ouverts. On est même prêt à manger leur manger. Du moment que c'est pas trop épicé...

Des goûts et des couleurs

Je rigole, mais à peine. On est tellement sûr d'être le peuple le plus gentil de la Terre, au Québec, qu'on a de la difficulté à concevoir qu'on peut avoir des réflexes racistes.

Pourtant... Vous vous rappelez du reportage du Journal de Montréal sur le racisme? Un reporter blanc déguisé en Noir tentait de se trouver un logement. On lui mentait en pleine face, on lui disait que le logement était pris alors qu'il était libre. Imaginez ce qui serait arrivé s'il avait porté une barbe et un turban...

Ce n'est pas parce que vous avez acheté l'album de Gregory Charles que vous n'êtes pas raciste.

C'est comme le film Do the Right Thing, de Spike Lee. L'acteur John Turturro incarne un restaurateur italien qui n'aime pas les Noirs. Un jour, un client noir lui demande pourquoi il est raciste alors que ses idoles sont Magic Johnson, Eddie Murphy, Prince... «C'est différent, répond-il. Ces gars-là ne sont pas des Noirs. Ils sont Noirs, mais pas vraiment. Ils sont plus que Noirs... Bref, c'est pas la même chose.» Vous aimez la musique de Gregory Charles? Bien. Mais accepteriez-vous que votre fille épouse son cousin?

Un virus

Cela dit, quand on compare, on se console. Car le racisme n'est pas l'apanage des Québécois blancs de souche.

Les communautés culturelles ont aussi de la misère à se supporter entre elles. Près de 50% des Juifs ont une mauvaise perception de la communauté arabe, plus du quart des répondants arabes ont une mauvaise perception de la communauté noire...

Bref, le virus touche tout le monde. Comme la grippe.

J'aurais aimé que le sondage tienne compte de la classe sociale des répondants. Ça aurait pu être révélateur. Comme dans la comédie française La Crise, avec Vincent Lindon. Vous vous rappelez? Un bourgeois demande à un ouvrier s'il est raciste.

«Bien sûr que je suis raciste, répond-il doucement. C'est beaucoup plus facile d'être contre le racisme quand on habite un quartier bourgeois que lorsqu'on habite un quartier ouvrier. Les trois quarts de la planète sont dans la merde, et ils viennent chez nous pour améliorer leurs conditions. Il faut bien que quelqu'un se pousse pour leur faire de la place. Or, qui est-ce qui se pousse? Les gens des quartiers riches? Non: les gens des quartiers pauvres... Et il faut qu'on se pousse avec le sourire, parce que sinon, c'est immoral...» Facile d'être ouvert quand on ne côtoie que des gens qui nous ressemblent...

14 Janvier 2007

Permalink 15:36 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 523 mots  

Les bienveillants

Après la pub innoffensive de Kia (une policière embrasse un automobiliste qu'elle a arrêté — scandale!!!!), c'est au tour d'une pub de la Banque Laurentienne de faire badtriper les bien-pensants.

On voit une jeune fille qui dit: "Quoi, t'es encore locataire?" et "Quoi, t'as pas encore de maisons?"

Une association de droits des locataires demande que cette pub soit retirée car elle la trouve méprisable envers les locataires.

N'importe quoi...

J'en ai ras le bol des gens qui veulent nous protéger. Comme si on ne pouvait pas penser par nous-mêmes, comme si on était con, mongol, imbécile, incapable de faire la différence entre un gag et la réalité, une farce et la vraie vie!

"On veut votre bien et on l'aura!"

Cessez de vouloir mon bien! Foutez-moi la paix!

Dieu que j'en ai ras le cul de ces donneurs de leçons, de ces gens qui veulent une vie plus blanche que blanche, des films moralement corrects, des émissions éducatives, des poèmes inspirants, de la bouffe nutritive, touchez pas aux milieux humides, cessez de manger des frites, censurez les films d'horreur, jouissez de façon correcte (le samedi soir dans le lit conjugal), faites 2,2 enfants, couchez-vous tôt, faites de l'exercice, recyclez, prenez de l'alcool avec modération, dites non à la drogue, faites du bénévolat, ne buvez pas de café, écrasez, travaillez, priez, performez, impliquez-vous, faites de l'introspection, de la rénovation, de l'absolution, du pardon, de l'inclusion, de l'humour (mais à petite dose et à haute teneur calorifique), pas un mot plus haut que l'autre, rien qui dépasse, tout propre, tout immaculé, poli, pogné, santé, anal jusqu'à l'obsession, des chansons qui plaisent à tout le monde, de belles dents, bien peigné, gentil, bon toutou...

ARGGGGGGGGGGGGGGGGGGHHHHHHHHHHHHHHHHHH!!!!!!!!!!!!!!!!!

J'étouffe, bordel!

Je suis tout le contraire, moi.

Tout dépasse, rien n'est parfait, je suis toujours en train de courir, je mange trop, je bois trop, je travaille trop, je fais trop de choses à la fois, je ne calcule pas, je ne m'économise pas, je ne compte pas, je ne veux pas d'une vie bien repassée, bien rangée, mon bureau est un bordel, j'adore les films qui testent les limites, qui vont trop loin, qui dérangent, qui choquent, je ne dors pas assez car j'ai toujours peur de rater quelque chose, je ris trop fort, j'aime sans compter, je vis sans casque et sans jambière, j'aime sans gilet pare-balle ni camisole de protection, je ne suis pas stratégique, je dis ce que je pense, mes enfants ne sont jamais trop bien habillés, on mange de la pizza en regardant des films jusqu'à trop tard, je refuse d'être cantonné, je pense à gauche et parfois à droite, je ne veux pas être emprisonné, catalogué, étiquetté, je refuse de marcher dans le rang, d'obéir, de japper avec la meute, j'aime le bordel, les têtes dures, les samedis qui ressemblent à des lundis et les lundis qui ressemblent à des samedis, la routine me fait vomir, mon auto est une poubelle, j'oublie toujours mes crayons...

Bref, j'aime les policières qui embrassent.

13 Janvier 2007

Permalink 13:53 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 31 mots  

Big is beautiful

La police a saisi 70 litres de drogue du viol à Laval.

On se croirait chez Costco: "Je voudrais 70 litres de GHB, 575 petites quiches et 45 gallons de sauce tabasco, s'il vous plaît..."
Permalink 13:46 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 200 mots  

Much Ado About Nothing

La pub de KIA vous choque-t-elle?

Pas moi. Je trouve qu'on fait (encore) une tempête dans un verre d'eau.

Une policière arrête un automobiliste, et l'embrasse au lieu de lui donner une contravention. So what? Qu'y a-t-il de si choquant? Où est le drame?

Est-ce que ça dit que TOUTES les policières sont des cochonnes??? Des nymphos??? Des irresponsables???

Come on!!!! C'est une pub, un clin d'oeil, une blague! Dieu, qu'on est puritain en Amérique!!!

Il y a quelques années, au Québec, on avait censuré une pub de yogourt sous prétexte qu'elle encourageait la violence chez les enfants. On voyait un jeune garçon en train de manger du yogourt, et le slogan disait : "Tu vas y goûter..."

Wow! Méchante incitation à la violence, non? Heureusement qu'on a retiré cette pub, sinon, que se passerait-il dans nos écoles!!! Ça serait le Far West! On ne compterait plus les morts!

"Les policières ont dû se battre au cours des années pour obtenir le respect de leurs collègues masculins et de la population, dit le président du syndicat des flics. C'est un peu un retour en arrière.»

Pleeeease!!!!!!

12 Janvier 2007

Permalink 22:58 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 168 mots  

La faute des autres

Lu dans Le Journal à la page 18:

"Un joueur compulsif de Québec a intenté un recours collectif au nom de toute personne qui est devenue joueur pathologique en utilisant des appareils de loterie vidéo de Loto-Québec dans les débits de boissons du Québec depuis 1993..."

Je m'excuse, mais qu'est-il arrivé avec la notion de RESPONSABILITÉ personnelle?

Quelqu'un a-t-il obligé cet homme à jouer dans les appareils de vidéo-poker?

Les alcoolos vont-ils poursuivre la SAQ? Ou les dépanneurs qui vendent de la bière?

Les gros vont-ils poursuivre Macdo?

Faut-il fermer les pâtisseries sous prétexte que des obèse s'empiffrent d'éclairs au chocolat?

Est-ce toujours la faute des autres?

Ça me fait penser aux gars qui disent: "J'ai violé cette femme parce qu'elle portait une jupe courte et qu'elle était provocante..."

Un moment donné, il faut devenir responsable de ses actes. Si je bois trop, si j'ai un problème d'alcool, ce n'est pas la faute de la SAQ, c'est ma faute!

11 Janvier 2007

Permalink 22:24 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 579 mots  

Ma résolution (suite)

Rien de mieux que de cogner sur la table pour avoir l'attention de tout le monde.

Les gens parlent, crient, chantent, gueulent et ne vous écoutent pas lorsque vous leur parlez? Cognez sur la table, vous verrez: ça marche à tous les coups.

C'est ce que j'ai fait hier.

J'ai votre attention, maintenant? Parfait: laissez-moi vous dire quelques mots. Après, vous retournerez à vos affaires...

Quand les blogues ont commencé, j'avais des attentes hautes comme ça. La démocratie de l'information, le dialogue avec le lecteur, la réaction à chaud, etc. Tout ça me semblait extraordinaire. Or, j'ai déchanté assez rapidement.

(Voir la chronique que j'ai écrite sur le sujet dans Le Journal)

Ce qui me déçoit particulièrement, c'est l'impolitesse. Les pleutres qui se cachent sous des pseudonymes pour crier des insultes. Même pas assez courageux pour signer de leur vrai nom. Faut vraiment être petit. Minable. Pathétique.

Pour moi, il n'y a rien de plus méprisable que des attaques anonymes. C'est le fond du fond du baril.

Il m'arrive d'attaquer des gens dans mes chroniques. Mais je les attaque à visage découvert. Vous savez qui je suis, comment me rejoindre... Vous trouvez que je suis un mauvais chroniqueur? Vous pouvez appeler mon boss, faire parvenir une plainte, lancer une pétition, demander mon renvoi, contacter le Conseil de Presse, m'envoyer une lettre d'avocat... J'ai pignon sur rue, moi, j'ai le courage de mes opinions. Je ne me cache pas derrière un nom d'emprunt, je ne signe pas "Patof" ou "Joe 90".

Je suis IMPUTABLE.

Ai-je poigné les nerfs, hier? Oui.

Des zoufs qui m'insultent parce que j'ai pris des vacances, par exemple, ça me blesse. Je ne comprends pas pourquoi je mérite ça.

Vous pensez que j'écris un blogue pour me remplir les poches? Please...

Je blogue car j'aime profondément le contact avec les lecteurs/lectrices. Mais quand je me lève, à 8 h 00 AM, que j'ouvre mon ordi (car c'est la première chose que je fais tous les matins, et la dernière chose que je fais tous les soirs), et que je tombe sur une trâlée d'insultes anonymes, j'ai le goût de tout crisser ça là.

J'ai d'autres choses à faire dans la vie, imaginez-vous. Si je prenais le temps que j'investis dans mon blogue, et que le consacrais à d'autres choses, je gagnerai beaucoup plus d'argent.

Mon plaisir à bloguer, c'est vous. Mais quand vous m'insultez gratuitement (et ANONYMEMENT), vous me découragez.

J'aime les DÉBATS D'IDÉES. Je me fous que vous soyiez d'accord avec moi ou pas (en fait, les gens qui sont toujours d'accord avec moi m'inquiètent...), l'important, c'est de DISCUTER CALMEMENT. D'échanger des points de vues.

Quand vous insultez des blogueurs anonymement, vous participez à scier la branche sur laquelle vous êtes assis. Vous dégradez ce formidable réseau qu'est Internet. Vous le traînez dans la boue, vous minez sa crédibilité.

Vous ne faites pas partie de la solution, vous faites partie du problème...

Je vais continuer à lire vos commentaires, car ils me rendent meilleur. Mais, du même souffle, je vais demander aux gens de Canoë d'être IMPITOYABLES vis-à-vis les voyous du Net, les pleutres des nouveaux médias...

Je suis désolé de vous l'apprendre, mais l'anonymat et l'instantanéité du Net ne vous donnent pas tous les droits. Ça ne vous permet pas d'échapper aux règles élémentaires du civisme...

10 Janvier 2007

Permalink 22:01 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 53 mots  

Buy Nothing Year

Ces citoyens de San Francisco ont cessé d'acheter quoi que ce soit pendant un an.

Pas un jour, comme le veulent les militants du Buy Nothing Day (je n'achèterai pas mon divan le mardi, je vais attendre le mercredi...). Mais un an.

Ça, ce serait une télé-réalité intéressante!



Permalink 21:50 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 143 mots  

Ma résolution

J'ai pris une résolution pour 2007.

Je ne lis plus aucun commentaire posté sur mon blogue. Trop de conneries, trop d'imbéciles, pas assez de temps à perdre.

Alors, vous pouvez écrire tout ce qui vous plaît, des insultes, des blagues cochonnes, vous pouvez vous cruiser, vous envoyer promener, je m'en fous...

J'écris des textes. J'espère que ces textes vont toucher/stimuler/bousculer certaines personnes.

Aux lecteurs qui m'écrivent des textes censés, qu'ils soient positifs ou négatifs, je suis désolé. J'aimerais bien communiquer avec vous. Mais je ne veux plus perdre une seconde à lire des bêtises de "trolls" qui n'ont rien d'autre à faire que de squatter les blogues des autres, au lieu de créer leur propre blogue.

Mon blogue m'appartient. L'espace de commentaires VOUS appartient. Faites-en ce que vous en voulez, franchement, je m'en balance...
Permalink 21:30 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 321 mots  

De retour

Je suis revenu à Montréal il y a quelques heures, à la fin de l'après-midi.

Merci de votre patience.

Je n'avais pas un accès quotidien à Internet, la connexion était mauvaise — bref, pas les conditions idéales pour bloguer. J'ai donc décidé de prendre un break, au lieu de sacrer une heure par jour contre la &*?% de technologie...

Juste comme j'écris un texte sur la réchauffement de la planète (aujourd'hui dans le Journal de Montréal), on se gèle le cul. Parlez d'une coïncidence...

Quand l'avion s'est posé sur la piste de l'aéroport Trudeau (pas Justin, mais l'autre, là, son père, le grand défenseur des droits de la personne qui a voté une loi martiale en 1970 pour combattre trois pelés et deux tondus), les Québécois qui prenaient place à bord de l'appareil ont applaudi. Comme ils le font à chaque fois.

C'est quoi, cette habitude de twit? Quelqu'un peut m'expliquer ça? On est le seul peuple qui applaudit quand un avion atterit!

Est-ce parce que nous sommes pessimistes? On est tellement sûr que tout va aller mal et qu'on va se péter la gueule qu'on n'en revient tout simplement pas lorsque l'avion atterit comme prévu.

Pourtant... Applaudissez-vous quand le métro vous mène à votre station le matin? Applaudissez-vous le chauffeur d'autobus, le chauffeur de taxi?

On agit comme si on venait de découvrir l'avion! Comme si c'était la première fois qu'on voyait un engin ailé traverser le ciel! Comme si on était des contemporains des frères Wright!

Avez-vous une théorie là-dessus? Moi qui ai une théorie sur tout (ou presque...), je n'arrive pas à m'expliquer pourquoi on applaudit comme des tatas chaque fois qu'un avion se pose sur la piste.

Est-ce par gentillesse? Par naïveté? Parce qu'on est content d'être heureux et heureux d'être content?

Mystère...