19 Février 2007La dérive de Françoise David
Le débat entourant les accommodements raisonnables est rempli de surprises.
Quand ce n’est pas un conseiller municipal qui demande au Premier ministre de déclarer l’état d’urgence, c’est la féministe Françoise David qui appuie la ségrégation des sexes. Oui, oui, je vous jure. Le 12 février, la porte-parole de Québec Solidaire a signé une lettre ouverte afin de nous dire que les Québécois de souche et les immigrants récents devraient « vivre en frères et sœurs ». Jusque là, pas de problème. Nous sommes tous contre le racisme et contre la faim dans le monde. Mais dans son appel au calme et à la fraternité, madame David a écrit ces mots ahurissants : « Si, à côté de plusieurs cours prénatals mixtes dans un CLSC, on trouve un cours non mixte, pourquoi pas, si cela peut permettre à des femmes de franchir un premier pas pour briser leur isolement? » Vous avez bien lu. La dame qui, pendant des années, nous a répété que l’éducation des enfants devrait AUSSI être l’affaire des hommes se dit maintenant en faveur des cours prénataux pour femmes seulement ! Imaginez si c’était des Québécois de souche qui avaient demandé de séparer les hommes et les femmes ! Madame David aurait demandé l’intervention des Casques bleus. Mais voilà, cette demande provient d’une communauté culturelle. Alors elle ferme les yeux et chante « Kumbaya ». Féminisme 101 Madame David devrait repasser son cours de féminisme 101, et relire les textes de Taslima Rasneen, une auteure bangladaise qui est menacée de mort par une fatwa parce qu'elle a osé critiquer les fondamentalistes musulmans. Voici ce qu’elle dit au sujet des Occidentaux de gauche qui, comme Françoise David, tolèrent l'intolérable sous le couvert de la liberté de religion et de l'ouverture aux autres cultures: « Ces intellectuels disent : Nous sommes pour l'égalité des sexes, mais nous allons quand même permettre aux musulmanes vivant chez nous de porter le voile car c'est dans leur culture. Mais a-t-on pris la peine de demander aux femmes musulmanes pourquoi elles se voilaient? Le voile est un signe d’oppression. Permettre le port du voile dans les pays occidentaux, c'est donner le feu vert aux fondamentalistes, c'est prendre le parti de la foi aveugle contre celui de la logique, et choisir l'oppression plutôt que la liberté. » Taslima Nasreen parlait du voile. Mais elle aurait aussi bien pu parler des cours prénataux non mixtes. Ça participe à la même oppression, à la même ségrégation. Une ségrégation qu’il faut CONDAMNER et REFUSER. Libre choix ? Françoise David devrait aussi lire l’Iranienne Chadortt Djavann, auteure du pamphlet Bas les voiles. Un journaliste lui a déjà demandé de ce qu’elle pensait des intellectuels occidentaux qui affirment qu’il ne faut pas critiquer l’apartheid des sexes qui sévit dans certaines communautés, sous prétexte que c’est « une question de libre choix ». « Si, aujourd’hui, des jeunes juifs commençaient à porter l’étoile jaune, en clamant " C’est ma liberté " ; si des jeunes Noirs décidaient de porter des chaînes au cou et aux pieds, en disant " C’est ma liberté ", la société ne réagirait-elle pas ? » Bonne question. Madame David accepterait-elle qu’il y ait des toilettes pour Noirs seulement ? Bien sûr que non. Alors pourquoi accepte-t-elle qu’il y ait des cours prénataux pour femmes seulement ? Commentaires:Commentaire de: Charity Bernhard
C'est vrai qu'elle a changé depuis qu'elle est politicienne.L'entrevue qu'elle a accordé à Bazzo en 2004 prouve cela(voir les archives de radio-canada).Peut-être que Amir K l'a brainwashé...
En fait, c'est tout l'occident qui est devenu tolérent parce qu'il relativise tout et indifférent parce notre l'individualisme nous pousse à cela. Il est frappant de constater que notre regard sur l'islam a suivi cette même tangente;la preuve se trouve dans les vieux reportages télé de r-c (voir leur site si vous me croyez pas)où les dérives de l'islam sont dénoncés par des femmes musulmanes oppressés ici au canada et bien d'autres choses totalement différents de ce qui se fait actuellement.C'est-à-dire tourner les coins ronds afin de faire la promotion de n'importe quelle coutume via des témoignages non représentatifs.Dans le débat actuel sur les accomodements peu de journalistes posent les VRAIES questions. Commentaire de: Arthur Laroche
Elle dérive, et bien mettons-la sur le fleuve, qu'elle puisse dériver loin, loin d'ici.
Chu plus capable d'entendre ces intellectuels de gauche qui n'arrêtent pas de vouloir notre bien, mais qui sournoisement se font un petit nid bien douillet, sur notre dos. Réal Caouette était bien meilleur Commentaire de: Mario Goyette
Bonne journée. M.Martineau. Le 27/01/2007, la question du jours était celle-ci: Où sont les vrais hommes! A bas la féminisation des hommes, ect...Les vrais mâles peuvent retournés à la taverne, cherchez pas ailleurs! Finit les cours prénataux plates. C'est la meuilleure promesse électorale de la semaine. La revanche des berçaux!
Commentaire de: Michel Nelson
Quelqu'un a-t-il déjà pris cette femme au sérieux? A part avoir dit un jour, dans chaque homme québécois sommeille un marc Lépine, a-t-elle réussie a faire quelque chose d'intéressant?
Commentaire de: Danny Chamberland
Elle dérive depuis longtemps...
Dans les années 1970, elle et ses amis communistes présentaient l'Albanie comme le modèle idéal... Pour ce qui est des femmes, mieux vaut les laisser aux mains des Talibans, bien sûr ! Elles étaient tellement bien qu'elles ne se plaignaient même pas ! Commentaire de: erik guindon
Reste à observer la situation du multiculturalisme en Angleterre pour constater que tolèrer l'intolérable sous le couvert de la liberté de religion et de l'ouverture aux autres cultures c'est exactement donner le feu vert aux guettos culturelles et libre voie aux fondamentalistes.
Nous devons cesser d'avoir peur de dire non par crainte de se faire libellé d'intolérant et de société raciste. Ce serait franchement ironique de se faire traiter d'intolérant par des gens qui fuient des endroits ou'ils auraient peut-être été limogé pour avoir tenu de tels propos. Comme disent les anglais ¨enough is enough¨. Commentaire de: christophe colomb
Les meilleurs coiffeurs, les meilleurs cuisiniers, les meilleurs designers, ce sont tous des hommes. La preuve, on aime bien faire de la compétition aux femmes. Pour qu'un homme ne suive pas des cours de prénataux, sincérement je m'en fou... le plus important que les femme aillent les même droit que les hommes dans les salaires, dans les taches quotidiennes ou l'éducation des enfants. Mais l'homme Québécois fait dur, il a encore dans ses gênes la chemise carrottés et la scie, il faut assisster à des 5 à 7 pour comprendre ce phénoméne : sexisme et non respect pour les femmes, ils les appellent une (plote) waw quel respect pour Eve.
Commentaire de: Jean-Patrick Villeneuve
Comme le disais hier Pascal Bruckner dans Le Monde: « S'il est un multiculturalisme légitime tant qu'il reste modéré, sa version anglo-saxonne n'est peut-être rien d'autre qu'un apartheid légal où l'on retrouve les accents attendris des riches expliquant aux pauvres que l'argent ne fait pas le bonheur : à nous les fardeaux de la liberté, de l'invention de soi, de l'égalité entre les sexes, à vous les joies de l'archaïsme, des abus reconvertis sous le beau nom de coutumes ancestrales, le mariage forcé, le voile, la polygamie. »
La réalité est loin d'être aussi simple et le pas entre discours et actions relativement grand, mais ces commentaires ne sont pas sans fondement. Jean-Patrick Commentaire de: Mohamed Tremblay
Elle parle de briser l’isolement ce qui est un premier pas vers la liberté. Je ne vois pas c’est ou le scandale.
Pensez vous que humilier ces gens, comme qu’on fait actuellement NOUS le québécois, donne meilleur résultat. Eduquer l’autre ne passe pas par l’insulte, l’humiliation et la confrontation sauvage. J’ai vraiment hâte qu’on parle d’autre choses que de ces pauvres gens directement ou indirectement… Commentaire de: Denis Philosophe
Bien ''tanné'' d'entendre parler de ces accommodements raisonnables. En fait ce qu'on accommode semble toujours relié à des croyances religieuses. Le Québec s'est laïcisé depuis les années 60 et je ne vois pas trop de monde s'en plaindre. La religion a repris sa place qui est du domaine du privé et je crois que ça fait consensus. Je ne voudrais pas que l'on retourne en arrière. Plus souvent qu'autrement les religions divisent au lieu de relier(évidemment parce que chacune d'elle prétend détenir ''La vérité''); rien de tel pour foutre le bordel. SVP ne laissons plus les croyances religieuses investir l'espace publique à moins qu'on aime créer des clivages, raviver des tensions, des oppositions, du chaos. J'aime beaucoup mieux me soumettre à des
lois humaines, mêmes imparfaites qu'à des coutumes, diktats etc. d'un autre siècle ou d'un autre millénaire. Je sais que je parle pour une majorité. Si votre religion interfère avec nos lois c'est votre problème il me semble pas le problème de nos gouvernements ou de nos institutions. Vous avez à vous adapter, pas nous ! Commentaire de: Jacques Montcalm
À force de crier sur tous les toits que les hommes et femmes devaient être égaux, on a dérivé comme société en s'attendant à ce que les hommes et les femmes soient pareils.
On est pas pareils. Pourquoi vouloir toujours mettre tous les oeufs dans le même maudit panier et faire des hommes-lettes alors que c'est si bon des oeufs tout seuls une fois de temps en temps. Si des femmes veulent des cours prénataux sans la présence de leur homme pourquoi pas? Si l'homme ne veut pas être dans la salle quand sa femme accouche, alors pourquoi pas? Préservons donc la magie de la naiveté et de gardons-nous des secrets entre hommes et entre femmes. Société égalitaire veut aussi dire que les hommes et les femmes ont un droit égal de choisir ce qu'ils veulent. Francois David ne dérape pas, du moins pas toute seule, c'est toute une société féministe quie st en train d'être dépassée par des siècles de ségrégation naturelle où les hommes et les femmes avaient leurs chasses gardées et leur secrets. Aujourd'hui, à une époque où il n'y a plus de secrets, les gens tentent de se refaire un jardin privé. C'est correct aussi. Mais le jardin des hommes et des femmes ne sera pas habité des mêmes choses... acceptons-le. Commentaire de: xxxxxxxxx yyyyyyyyyyyyy
1-Lorsque ma femme a suivi des cours prénataux à Québec, je n'avais jamais vu un homme assister à ces cours.
2- des cours de natation sont offerts aux femmes et aux hommes séparément. Pensez-vous que l'égalité des sexes existe chez-nous? Pensez seulement aux emplois réservés presque exclusiement aux femmes et qui sont des plus précaires : serveuses, femmes de ménage, caissières, garde malade, danseuse, receptionnistes, secrétaires...... Occupons-nous de nos probèmes avant de nous occuper de ceux d'ailleurs. Commentaire de: David Lemieux
Moi je suis d'accord avec ce qu'elle dit, du moment que ça ne pénalise pas les hommes qui veulent assister aux cours prénataux avec leur conjointe.
Si plusieurs locaux sont disponibles, alors pourquoi pas? Si d'autres femmes, musulmanes ou pas, souhaitent également qu'il n'y ait pas d'hommes (pour toutes sortes de raison, pas nécessairement à caractère religieux), pourquoi pas? Non non... à la place, on va juste leur dire de rester chez elles, de s'enfermer dans l'isolement, de s'empêcher de socialiser avec d'autres femmes - encore une fois musulmanes ou pas! - jusqu'à ce qu'on arrive à oublier qu'elles existent. Je regrette, je ne suis pas d'accord. Il se peut que pour plusieurs, ce genre d'accomodement (très) raisonnable représente une étape peu significative dans l'intégration des communautés minoritaires dans la société. C'est vrai. Mais ce n'en est pas moins une étape. L'enlever, c'est reculer. Reculer, c'est devoir recommencer. En quoi est-ce une démarche plus intelligente? Commentaire de: lawrence Grondin
Wow Brillant,
Un autre sujet connexe qui fait vibrer les émotions des québécois contre les femmes des autres ethnies. Vous ne trouver pas que nous avons assez versé de venin sur ces gens vulnérables. Changer de sujet SVP!!!!…. La planète commence à rire de nous.. Commentaire de: Charles Magne
Définitivement une autre que je ne voudrais pas voir au pouvoir, de près ou de loin...
Commentaire de:
Primo, s'il y a effectivement suffisamment de femmes enceintes dans une localité pour définir plusieurs groupes de cours prénataux, et que suffisamment de femmes se regroupent pour fonder un groupe réservé aux femmes, je n'y vois pas le problème.
Secundo, je crois qu'il serait bon de vérifier l'aspect légal de la question. Dans ce cas-ci, le droit de quel individu prime? Est-ce que le droit accès à des cours prénataux d'une femme prime sur le droit d'un père d'assister au cours prénatal de sa femme? Ce serait bon à savoir… _______________________________ guillaume-lamy.blogspot.com Commentaire de:
Primo, s'il y a effectivement suffisamment de femmes enceintes dans une localité pour définir plusieurs groupes de cours prénataux, et que suffisamment de femmes se regroupent pour fonder un groupe réservé aux femmes, je n'y vois pas le problème.
Secundo, je crois qu'il serait bon de vérifier l'aspect légal de la question. Dans ce cas-ci, le droit de quel individu prime? Est-ce que le droit accès à des cours prénataux d'une femme prime sur le droit d'un père d'assister au cours prénatal de sa femme? Ce serait bon à savoir… Commentaire de: Francine Laurier
La Charte des droits affirme l'égalité entre les hommes et les femmes et du même souffle la liberté de religion. Alors, qu'est-ce qui doit primer dans une situation conflictuelle? Je crois que nos conjoints ont le droit d'être présent dans les cours prénataux au Québec parce que cela réflète nos valeurs. Les immigrantes doivent comprendre qu'elles ne sont plus dans une société islamique quand elles arrivent au Québec et qu'elles ont le droit d'avoir leur conjoint à leur côté pour cette grande aventure. Je suis contre l'établissement de groupes différents parce que cela ghettoïse les nouveaux arrivés. Les hommes et les femmes doivent s'adapter à ces nouvelles règles comme nous nous adapterions si nous vivions à l'étranger. D'ailleurs, la majorité des immigrés partage cette opinion.
Commentaire de: Laurence Deschamps-Laporte
M. Martineau, suite à la lecture de cet éditorial ainsi qu’à celle de votre article dans le Elle soulignant la contribution de ces trois même auteures à la cause de la femme, je me désole de l’étroitesse de votre argumentation.
Effectivement, la question du voile ne se résout pas par une réponse telle que le voile est un symbole d’oppression ou ne l’est pas. Il faut éviter les généralisations. Chaque femme qui fait le choix de porter le voile, donne sa propre définition. Je m’insurge, comme vous, et comme ces féministes, lorsqu’un gouvernement dicte à ces citoyens ce qu’ils doivent porter au nom d’une religion, comme c’est le cas en Iran. Mais je m’insurge également lorsque d’autres gouvernements, qu’on croyait à tort progressistes, dictent à leurs citoyens ce qu’il leur est interdit de porter, au nom de la sécularité. Je fais ici référence à la loi implantée en 2004 en France interdisant le port de symboles religieux ostentatoires dans les institutions d’enseignement primaire et secondaires publiques. Cette loi est toute aussi discriminatoire M. Martineau. Vous pensez que le voile est un symbole d’oppression. Même chose du côté de Chahdortt Djavann, que vous aimez bien citer, qui écrit que «le voile est un symbole qui ôte toute capacité à la femme d’être un être pensant.» Que diriez-vous de notre société qui fait pression sur nos toutes jeunes filles pour qu’elles se maquillent et les plongent dans l’hypersexualisation? Est-ce pour vous une façon de représenter les femmes en être pensant? Ces filles de 11 ans hypersexualisées, encouragées par leurs amis(es) à faire des strip-teases ou des danses sandwich (voir l’article de Louise Leduc dans la Presse d’aujourd’hui ) ou toutes ces jeunes filles qui sombrent dans l’anorexie sont pour moi également le symbole d’une pernicieuse forme «d’oppression». Toutefois, cette oppression n’est ni politique ni religieuse. Nombreuses sont les musulmanes, qui décident de porter le voile par choix et commencent cette transition à 14, 18, 25 ans. Plusieurs femmes que je connais on fait cette transition malgré le désaccord de leurs parents, ou même de leur mari. Oppression M. Martineau? La question du voile a plusieurs teintes et voyager, vivre et étudier en Afrique du Nord, au Moyen-Orient et en Asie du Sud-est vous fait voir les différentes facettes de la question. Malheureusement, au Canada, tant que nous débattons de la question du hijab et fournissons des réponses aussi simplistes qu’«il s’agit d’oppression», les féministes musulmanes qui font le choix de porter le voile se voient obligées d’en parler encore encore et pendant ce temps les vraies questions ne sont pas posées. En Amérique du Nord, la question du voile est un handicap à la considération de débats féministes musulmans plus profonds et plus criants. Oui je suis québécoise, oui je suis féministe. Laurence Deschamps-Laporte Étudiante en relations internationales-Moyen-Orient à UNC-CH Laisser un commentaire:
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Richard Martineau est chroniqueur au Journal de Montréal.
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