28 Novembre 2007Une poursuite de 200 000 $ contre moi
Avez-vous lu ce texte de mon ami Pat?
Et celui-ci? Et aussi celui-ci, publié dans la section Techno de La Presse? Selon vous, les blogueurs devraient-ils être tenus responsables des conneries que certains zoufs without any fucking life écrivent sur leur blogue???? Ça me fait penser à ce texte que j'ai écrit pour le magazine InfoPresse (édition août 2007), et que je dédie à tous les lâches qui se cachent sous des pseudonymes... _______ Confession d’un blogueur Le 2 juin dernier, je suis allé consulter le blogue de Richard Hétu, correspondant à New York pour La Presse. Le journaliste n’était pas content. Voici le message qu’il avait laissé à ses lecteurs : « Je mets des gants blancs pour exprimer ma déception concernant le caractère infantile et répétitif de certains commentaires qui accompagnent les billets de ce blogue. Je crains que des lecteurs soient découragés de participer à des échanges intelligents, vigoureux ou amusants en parcourant les insultes gratuites qu’on y trouve. Je sais qu’il est possible de tenir un blogue sans section réservée aux commentaires. (…) Mais je n’ai pas l’intention de le faire… » Je comprends parfaitement comment Richard Hétu se sent. Cinq mois plus tôt, j’avais fait la même montée de lait dans mon blogue que je tiens sur Canoë. « J’ai pris une résolution. Je ne lis plus aucun commentaire posté sur mon blogue. Trop de conneries, trop d’imbéciles, pas assez de temps à perdre. Alors, vous pouvez écrire tout ce qui vous plaît, des insultes, des blagues cochonnes, vous pouvez vous cruiser, vous envoyer promener, je m’en fous… Aux lecteurs qui m’écrivent des textes censés, je suis désolé. J’aimerais bien dialoguer avec vous. Mais je ne veux plus perdre une seconde à lire des bêtises de « trolls » qui n’ont rien d’autres à faire que de squatter les blogues des autres, au lieu de créer le leur… » Je suis revenu sur ma décision, par respect pour les Internautes intelligents qui visitent mon blogue et qui m’envoient leurs commentaires. Mais je l’avoue, régulièrement, je pète un fusible et j’ai le goût de tout sacrer là. Il fut un temps où je croyais dur comme fer à la révolution des nouveaux médias. La communication en temps réel, le contact direct avec les lecteurs, le brassage d’idées qui échappe aux canaux traditionnels, la démocratie avec un grand D, l’information libre, la pensée buissonnière, toutes ces belles et grandes idées m’excitaient terriblement. Plus maintenant. Pourquoi ? Parce que pour chaque Internaute tripant et stimulant, il y a trois imbéciles qui écrivent n’importe quoi. J’en ai ras le cul d’ouvrir mon blogue et de découvrir des messages d’insultes écrits à trois heures du matin. J’en ai ras le bol de voir mon blogue pris d’assaut par des militants qui profitent de MON espace pour véhiculer LEUR propagande. Ce qui me déçoit particulièrement, c’est l’impolitesse. Les pleutres qui se cachent sous des pseudonymes pour hurler des insultes. Les sans-couille qui pourfendent le manque d’imputabilité des gens de pouvoir, mais qui signent leurs merdes « Patof » ou « Joe 90 ». Internet est une sorte de potion qui accentue vos qualités et vos défauts. À cause d’Internet, les cons sont deux fois plus cons et deux fois plus impolis. Ils vous écrivent des choses qu’ils n’oseraient jamais vous dire au téléphone, et encore moins en pleine face. Internet est devenu une sorte de déversoir de bile, un dépotoir intellectuel où les idées les plus puantes et les opinions les plus malodorantes macèrent au grand jour et polluent l’air ambiant. Je me souviens, à mes débuts, j’étais tout excité, tout énervé. Je pouvais rester assis devant mon ordinateur pendant des heures, à alimenter mon blogue et à lire les commentaires des Internautes. J’ai changé. Ou plutôt : ILS m’ont changé. Les « trolls » et autres caves ont eu raison de ma patience, de mes illusions et de ma générosité. C’est ça, la Grande Révolution médiatique tant annoncée? Un cirque d’insultes, d’approximations, de faussetés et de dénonciations anonymes? Eh bien, désolé, les amis, mais moi, je décroche. Je continue de bloguer, mais sans la passion et l’enthousiasme d’autrefois. Je me sens comme un amoureux trahi. Pour moi, c’est clair : Internet ne nous rendra pas meilleurs, plus intelligents, plus informés, plus solidaires. La Révolution n’arrivera pas. Vous le saviez probablement depuis longtemps, mais moi, je viens tout juste de l’apprendre. À ma grande tristesse…
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Richard Martineau est chroniqueur au Journal de Montréal.
Pour lui écrire, cliquez ici! Pour lire sa biographie, cliquez ici! Pour lire ses chroniques, cliquez ici! 10 derniers articles10 derniers commentaires
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