13 Décembre 2007Sur les pinottes
C'est officiel: une enquête sur l'utilisation d'anabolisants dans la Ligue Nationale de baseball affirme qu'Éric Gagné, le célèbre lanceur originaire de Montréal, prend de la dope pour améliorer ses performances.
Ça vous vous choque? Cela dit, entre vous et moi, quand on regarde la grosseur des bras du bonhomme, ce n'est pas très surprenant... Tout le monde sait que plusieurs gros noms du sport professionnel sont "sur les pinottes", comme on dit. Selon vous, devrait-on permettre l'utilisation SUPERVISÉE de drogues? Ou devrait-on continuer à les interdire? Car soyons francs: les grandes manifestations sportives (qui coûtent des millions et des millions de dollars) ont autant besoin du dopage que les superproductions hollywoodiennes, des effets spéciaux. Pourquoi les gens regardent-ils les Jeux olympiques, les finales du baseball ou le Tour de France? Pour se défriser le toupet. Pour vivre des moments intenses et voir l'être humain reculer les frontières du possible. «L'important est de participer», nous répète-t-on sans cesse. Foutaise: l'important est de faire mordre la poussière à l'histoire, de sauter plus haut et plus loin que n'importe quel athlète auparavant. Or, pour y arriver, il faut donner un coup de pouce à la nature et contourner la loi. Il n'existe pas d'autres moyens. Passé un certain stade, l'entraînement et les régimes spéciaux ne suffisent plus. Le corps a besoin d'un boost chimique. Vous le savez, je le sais, et les organisateurs des événements sportifs le savent aussi. Mais nous continuons à nous raconter des histoires et à entretenir le mythe du sport pur.
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Richard Martineau est chroniqueur au Journal de Montréal.
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