23 Septembre 2009

Permalink 08:26 am, Richard Martineau / Franc-parler, 639 mots  

Le vrai scandale

Pour certains commentateurs, le fait que l’ex-ministre Louise Harel ne parle pas anglais est un scandale. Comment peut-on briguer le poste de mairesse de Montréal si on ne sait pas se débrouiller dans la langue de Shakespeare ?

Après tout, Montréal est une métropole bilingue, non ?

TRENTE-DEUX ANS PLUS TARD

Eh bien, non, n’en déplaise aux anciens membres du Parti Égalité, Montréal n’est pas une ville bilingue.

Lisez la charte de la Ville qui a est entrée en vigueur le 1er janvier 2002. L’article premier est très clair là-dessus :
« Montréal est une ville de langue française. »

Pas une ville bilingue comme Ottawa ou Fredericton : une ville DE LANGUE FRANÇAISE.

Au lieu de se demander pourquoi la chef de Vision Montréal ne parle pas anglais, on devrait plutôt se demander pourquoi, TRENTE-DEUX ANS après l’adoption de la loi 101, il y a encore des anglophones unilingues à Montréal.

C’est ça, la vraie question. C’est ça, le vrai scandale.

Le vrai scandale n’est pas que Louise Harel ne maîtrise pas la langue de Mordecai Richler. C’est qu’il faut organiser des débats en anglais afin que les anglophones unilingues sachent pour qui voter lors des prochaines élections municipales !

Tu habites Montréal et ta méconnaissance du français t’empêche de participer aux affaires de la cité ?

C’est TON problème, Johnny, pas le problème du chef de Vision Montréal !

SPEAK WHITE

C’est toujours la même histoire. Six francophones prennent une bière avec un anglo et l’anglo ne parle pas français ? Les six francophones vont se mettre à parler anglais pour qu’il se sente moins seul.

Je ne dis pas qu’il ne faut pas parler anglais au Québec, ni que la connaissance de l’anglais n’ouvre pas de portes.

Je dis qu’il n’est pas OBLIGATOIRE de parler anglais pour devenir maire de Montréal.

Le maire de Montréal n’est pas Secrétaire d’État ou ministre des Affaires étrangères. Il ne patrouille pas la planète et n’essaie pas de trouver des solutions au conflit qui déchire la Palestine : il gère la collecte des vidanges et le déneigement des rues.

Ce n’est pas les élus ni les candidats à la mairie qui doivent faire un effort pour se faire comprendre des anglophones : ce sont les anglophones qui doivent faire un effort pour s’intégrer à la majorité !

C’est à eux de se grouiller ! C’est sur LEURS ÉPAULES que repose le fardeau de l’intégration !

LES DESCENTES DE LIT

Organiser des débats en anglais pour expliquer les différents enjeux de la campagne électorale municipale aux anglophones de Montréal, c’est comme donner des cours de français en joual pour faciliter la tâche des étudiants.

C’est contre-productif.

Pourquoi les anglophones feraient un effort pour se rapprocher de nous si on leur donne tout cuit dans le bec ?

Cela dit, ce réflexe ne me surprend pas une miette. On est comme ça, au Québec : on passe notre temps à baisser la barre.

Tu coules ton examen de maths ? Pas de problème, on va le réécrire pour le rendre plus facile. Tu es musulmane et tu refuses de te baigner avec les hommes ? Pas de problème, on va organiser des baignades pour femmes seulement.

Tu es anglophone unilingue et tu éprouves de la difficulté à comprendre ce que je dis ? No problem, I’m gonna talk in english so you can follow the conversation.

Plus accommodant que ça, tu te transformes en tapis de bain.

« Les Québécois sont accueillants », disent les étrangers.

Non, on est tarte.



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