29 Janvier 2010

Permalink 18:52 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 74 mots  

Belle éducation

L'autre jour, dans La Presse, un enseignant a dit:

"Les jeunes n'ont plus besoin d'apprendre quelle est la capitale du Chili, car ils peuvent trouver la réponse sur Internet..."

Drôle de conception de l'éducation...

Donc, ils n'ont plus besoin d'apprendre à compter car on trouve des calculatrices à 3,99 $, c'est ça?

Ils n'ont plus besoin de connaître les règles de l'orthographe car il y a des correcteurs sur les ordis?

Eh bien...


Permalink 00:31 am, Richard Martineau / Franc-parler, 142 mots  

Salinger

La première phrase de Catcher in the Rye:

“If you really want to hear about it, the first thing you’ll probably want to know is where I was born and what my lousy childhood was like, and how my parents were occupied and all before they had me, and all that David Copperfield kind of crap, but I don’t feel like going into it, if you want to know the truth.”

Ça, c'est de la phrase!!!!

Ça, c'est un début de roman!!!!

Tu lis ça, et tu es accroché jusqu'à la dernière ligne...

Salinger nous aura démontré qu'à une époque de surmédiatisation, où tout le monde a son 15 minutes de gloire, la meilleure façon d'être une superstar est de fuir les caméras...

L'anonymat comme coquetterie ultime...

Le secret comme exhibitionnisme extrême...


28 Janvier 2010

Permalink 08:16 am, Richard Martineau / Franc-parler, 578 mots  

Un cinéma de colonisés

Pourquoi le Québec cherche-t-il autant à se fuir ? Pourquoi méprisons-nous autant qui nous sommes ?

Pourquoi voulons-nous à tout prix plaire aux autres ?

C’est la question que je me posais hier en lisant les propos étonnants de Claire Samson.

VIANDE À CHIEN

Madame Samson est présidente de l'Association des producteurs de films et de télévision du Québec (APFTQ). Hier, dans un texte publié dans La Presse, madame Samson disait, et je cite :

« Le film Séraphin, on y tient, mais on ne le refera pas six fois ! On ne peut pas penser avoir un cinéma aussi fort dans les prochaines années si on fait seulement des histoires locales. Sinon, on risque de désintéresser notre public et ça deviendrait un cinéma de folklore. Il faut par exemple qu'on soit capable de faire des films sur Haïti ou encore sur les femmes en Arabie Saoudite… »

Je n’ai qu’une question à poser à madame Samson : pourquoi ?

Pourquoi faudrait-il que nos réalisateurs et nos producteurs visent à tout prix le marché international ?

MADE IN QUEBEC

Les producteurs, je vous le rappelle, sont subventionnés avec NOTRE argent. Et si on les subventionne avec NOTRE argent, ce n’est pas pour qu’ils racontent des histoires qui vont plaire aux Américains, aux Français ou aux Sud-Africains, mais des histoires qui vont nous plaire À NOUS et dans lesquelles NOUS allons nous reconnaître.

Vous voulez faire du cinéma américain pour les Américains ? Allez vivre aux États-Unis.

Ah non, c’est vrai : là-bas, vous ne serez pas subventionnés. Vous devrez faire vos films avec VOTRE argent.

Beaucoup moins drôle…

Bien mieux faire des films financés au Québec, mais destinés au marché étranger. Comme ça, vous avez le beurre, l’argent du beurre et le cul de la fermière.

Sans prendre de risque.

L’INDUSTRIE DE LA CULTURE

Y a quand même un boutte à rechercher l’approbation des autres !

Quel est le film québécois le plus respecté au monde ? De père en flic ? Non : Mon oncle Antoine, un film « local » et « folklorique », comme le dit hautainement madame Samson.

À entendre ces bonzes du showbizz, pour qui la culture est d’abord et avant tout une industrie (comme la confection de saucisses au porc ou la fabrication de cure-dents à la menthe), Pagnol n’aurait pas dû situer ses histoires dans des petits villages de Provence, mais à New York ou en Arabie Saoudite !

Au lieu d’écrire Marius, il aurait dû écrire Mohamed ou Johnny !

C’est quoi, la suite ? On ne fait pas la bio de Maurice Richard parce que personne ne connaît le Rocket à Paris ?

Quel mépris… Quelle haine de soi…

« Je pense que les cinéastes québécois et canadiens ont le droit d'avoir des ambitions de réaliser des films planétaires », dit Claire Samson.

Personnellement, je crois qu’ils ont surtout le devoir de parler de NOUS.

Si on ne raconte pas qui nous sommes, madame la productrice intergalactique, qui le fera ? Les cinéastes danois, norvégiens, iraniens ?

DU SOUS-HOLLYWOOD

Le cinéma de Denys Arcand est profondément québécois, il parle de NOTRE histoire, de NOS questionnements, il est ancré dans NOTRE culture.

Pourtant, il a connu un rayonnement planétaire.

À l’ère de la mondialisation, c’est ça, être international, madame Samson.

C’est être local, authentique.

Pas faire du sous-Hollywood.



27 Janvier 2010

Permalink 18:32 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 589 mots  

Vive les téléthons!

J’aime les intellectuels.

Quand je dis « intellectuels », je ne parle pas des « écriveux » qui, comme moi, publient des chroniques dans les journaux et réagissent à chaud à l’actualité, non : les vrais intellectuels, les gens dont le principal travail est de prendre leur distance pour lire, penser et réfléchir.

Chaque fois qu’on les traite de « pelleteux de nuages », je monte à leur défense. La vie va vite, et on a besoin de gens qui acceptent de descendre du manège pour approfondir un sujet…

Mais Dieu, que certains sont déconnectés de la réalité ! Ça fait tellement longtemps qu’ils sont enfermés dans leur tour d’ivoire qu’ils ont complètement perdu le contact avec la vraie vie…

UN SPECTACLE OPPORTUNISTE ?

C’est le cas de Fabien Loszach, étudiant à l’UQAM. Hier, ce grand savant (qui brandit son titre — « doctorant en sociologie » — avec autant d’empressement qu’un rappeur met à exhiber ses pitounes, ses bijoux en or et son portefeuille) a publié un texte sur "le scandale" des téléthons dans l’auguste Devoir.

Sa thèse : les téléthons participent à « la mise en scène de la charité et de la solidarité » et à « la mise en spectacle du Bien par des artistes vertueux, pleins de bons sentiments et de compassion ».

Pour monsieur le doctorant, on a tous les droits de « remettre en doute la bonne foi des vedettes du show-business » et de questionner « l’opportunisme » des médias qui profitent des tragédies pour se faire du capital de sympathie.

UN PETIT DÉTAIL

Tout cela est bien beau. Mais monsieur Loszach était tellement occupé à relire le philosophe Philippe Murray pour trouver une citation pouvant donner un peu de poids à son texte qu’il a oublié un petit détail : le téléthon Ensemble pour Haïti, un « spectacle de la charité » organisé par des « artistes en mal de publicité », pour utiliser sa prose méprisante, a ramassé six millions de dollars en deux heures et demie.

Six millions de dollars, monsieur.

Vous, combien avez-vous amassé d’argent pour Haïti ?

Les étudiants en sociologie de l’UQAM ont fait quoi pour venir en aide aux sinistrés qui souffrent sous les décombres ?

UN TEMPS POUR CHAQUE CHOSE

Monsieur Loszach dit qu’on perd tellement d’énergie à monter des spectacles bénéfices qu’on ne prend pas le temps de s’interroger sur les véritables raisons de la pauvreté endémique d’Haïti.

Faux.

Je ne compte pas le nombre de reportages, de dossiers et d’entrevues qui se sont penchés sur cette importante question.

Et puis, si notre doctorant s’aventurait hors de sa cabane, il se rendrait compte qu’il y a un temps pour chaque chose.

Un temps pour agir. Puis un temps pour réfléchir.

Quand des milliers de gens pleurent et souffrent, on ne leur lit pas les plus belles pages de notre rapport de maîtrise.

On amasse de l’argent et on leur envoie des vivres et des médicaments.

Et s’il faut danser à claquettes et chanter Quand les hommes vivront d’amour avec la moitié du bottin de l’Union des artistes pour amasser cet argent, eh bien, soit.

DES PROPOS MINABLES

Pendant que vous pensiez au texte savant que vous alliez écrire pour Le Devoir, monsieur, des « artistes en mal de publicité » se démenaient pour CONCRÈTEMENT venir en aide au peuple haïtien.

Honte à vous de les pointer du doigt.



26 Janvier 2010

Permalink 16:58 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 138 mots  

Le peuple est-il souverain, ou pas?

Selon un récent sondage, 62 % des Canadiens (et 69 % des Québécois, bonjour le mythe de la province progressiste!) seraient POUR la peine de mort...

Quand on parle de "sagesse populaire"...

On dit que le peuple devrait être souverain, que les élus (qui ont été nommés PAR LE PEUPLE) devraient l'écouter...

Jusqu'à quel point?

D'un autre côté, si on juge que le peuple est assez intelligent pour voter et pour se prononcer sur son avenir, pourquoi on ne l'écouterait plus lorsqu'il défend une idée qui se situe aux antipodes de celles défendues par l'élite?

Faudrait-il SEULEMENT écouter l'élite?

Quand le peuple va dans le même sens que l'élite, on vante son intelligence.

Quand il va en sens contraire, on déplore son ignorance et son manque d'information...


25 Janvier 2010

Permalink 20:21 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 120 mots  

Hugo Chavez, ami du peuple et de la liberté

Au Venezuela, une chaîne de télé qui a osé critiquer le gouvernement a été suspendue...

Raison: elle a refusé de diffuser un discours-fleuve du président... (Qui, en passant, vient de dire que les USA ont provoqué le tremblement de terre en Haïti, et qui a déjà reçu un Prix des droits de l'Homme remis par... Khadafi!!! )

Et pendant ce temps, la petite go-gauche socialisante salue l'Intelligence et l'humanisme de Hugo Chavez.

Après avoir tripé sur Che Guevara, Mao, Fidel Castro et Staline...

Pas génial, comme bilan, non?

Et ça donne des leçons.

Et ça se dit démocratique.

Lisez ceci, et ceci et essayez de ne pas pisser dans votre pantalon...


Permalink 09:23 am, Richard Martineau / Franc-parler, 616 mots  

La soumission féminine

La Domination masculine, le documentaire du réalisateur belge Patric Jean sur les relations hommes-femmes, a pris l’affiche la semaine dernière dans certaines salles du Québec.

Comme vous le savez probablement, ce film féministe (qui ferait passer Simone de Beauvoir pour Serge Gainsbourg) brosse un portrait extrêmement dur du mâle contemporain.

On entend des masculinistes dire que le féminisme est un crime contre l’humanité, on voit Léo Ferré affirmer que les femmes ne sont pas intelligentes, un jeune homme nous dit qu’il s’est fait allonger le pénis pour pouvoir enfin « marcher la tête haute », etc.

Bref, l’homme y est dépeint comme un grand singe qui ne pense qu’avec sa queue, un monstre qui n’a qu’une idée en tête : dominer et asservir la femme.

MÂLES ALPHA RECHERCHÉS

Les entrevues que le cinéaste a réalisées avec des masculinistes québécois ont beaucoup fait jaser, et avec raison : ces machos nostalgiques de « la belle époque » où les femmes restaient à la maison et torchaient leurs petits disent des énormités hallucinantes (genre : les féministes sont des nazies, des talibans)…

Mais ce qui m’a particulièrement marqué, ce sont les déclarations des filles.

Patric Jean profite d’une séance de speed dating pour demander à des femmes quels types d’hommes elles recherchent.

« Des hommes ambitieux, répondent-elles, protecteurs, dominants, riches… »

Pas des hommes aimants, gentils, courtois, non : des mâles alpha, qui roulent des mécaniques et qui ont un portefeuille gros comme ça.

LA LOI DU MARCHÉ

Remarquez, ce n’est pas la révélation du siècle.

Tous les hommes savent que les femmes recherchent des mâles protecteurs, c’est un secret de polichinelle vieux de plusieurs milliers d’années, il suffit de voir le nombre de belles filles qui sortent avec des monstres bourrés de fric pour se rendre compte qu’il n’y a rien comme le pouvoir pour faire craquer les femmes.

Mais c’est la première fois que je vois des filles l’avouer haut et fort.

« Nous, on ne veut pas des hommes roses. On veut des mâles qui sont situés tout en haut de l’échelle sociale… »

L’écrivain Michel Houellebecq (Extension du domaine de la lutte, Les particules élémentaires) a raison : l’idéologie néo-libérale déteint sur tout, même sur les relations hommes-femmes.

Dans le sexe, comme dans l’économie, ce sont les puissants, les riches et les forts en gueule qui remportent la mise.

Les autres (les timides, les faibles, les pauvres) sont condamnés à la solitude ou à la masturbation…

Il n’y a pas de place pour les Ovide Plouffe du monde entier dans le lit de Claudia Schiffer…

LES FEMMES PRÉFÈRENT LES GINOS

Oui, les gars veulent montrer à tout le monde qu’ils sont puissants, dit Patric Jean. Ils jouent toujours à qui est le plus fort, qui pisse le plus loin…

Mais s’ils sont autant obsédés par leurs couilles, c’est peut-être parce qu’ils savent que les femmes fuient les hommes qui n’en ont pas.

« Nous avons les politiciens que nous méritons », dit l’adage.

Idem pour les relations hommes-femmes.

S’il y a autant d’hommes dominateurs, c’est peut-être parce qu’il y a beaucoup de femmes qui aiment se faire dominer…

Si les femmes ne préféraient pas les Ginos, les machos, les Camaro, pour citer le groupe Zébulon, les hommes changeraient peut-être de disque et rouleraient moins des mécaniques…


24 Janvier 2010

Permalink 14:58 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 583 mots  

Écrasés par la dette

On parle beaucoup de la dette, ces temps-ci. À quel point elle hypothèque l’avenir des Québécois, à quel point elle nous empêche d’avancer, de progresser…

Selon le service économique de Desjardins, chaque Québécois, du bébé au vieillard, supporte présentement une dette gouvernementale de 32 341$ (16 635$ du provincial et 15 706$ du fédéral).

C’est énorme.

Pour certains, ce fardeau est un véritable scandale, le problème numéro Un du Québec à l’heure actuelle.

On ne pourra pas passer en quatrième vitesse tant qu’on n’aura pas fait fondre considérablement ce boulet, ce sabot de Denver…

UNE DETTE ASTRONOMIQUE

Oublions le Québec deux minutes, et transportons-nous à Haïti, maintenant.

Haïti a été créé le 1er janvier 1804, après un dur combat contre les troupes de Napoléon.

C’était la première fois dans l’Histoire que des esclaves noirs prenaient les armes, se révoltaient contre leurs oppresseurs et fondaient leur propre pays.

La France avait beau être le berceau des Droits de l’homme, de la liberté, de l’égalité et de la fraternité, elle n’a pas digéré cette révolte. En 1825, elle a donc mis Haïti devant un ultimatum : ou vous nous payez un lourd montant pour qu’on vous laisse tranquille, ou on vous écrase et vous raye de la carte.

Haïti a décidé d’acheter la paix.

Prix de la transaction : 150 millions de francs-or (une somme qui sera ramenée à 90 millions en 1838), soit CINQ FOIS la valeur des exportations annuelles de l’île.

Autant dire une fortune.

(À titre de comparaison, quand la France a cédé la Louisianne aux États-Unis en 1803, elle a reçu 60 millions de francs-or, même si le territoire en question était 74 fois plus grand qu’Haïti !).

LE DOS COURBÉ

Imaginez : votre pays commence à faire ses premiers pas, et il croule déjà sous une dette colossale.

Comment voulez-vous vous redresser le dos, dans ces conditions ?

Certaines personnes se demandent pourquoi ce pays ne réussit pas à se sortir du marasme. Oui, Haïti souffre de graves problèmes internes (le racisme des Haïtiens pâles envers les Haïtiens foncés, entre autres, un résidu grotesque du colonialisme). Et oui, les Haïtiens ont trop souvent remis leur destin dans les mains de dictateurs impitoyables…

Mais quand vous commencez dans la vie avec une telle hypothèque, un tel fardeau, comment voulez-vous prospérer ?

UN PAYS SAIGNÉ À BLANC

Pour payer sa dette à la France, Haïti a dû contracter des prêts à des banques américaines, allemandes et françaises.

Résultat : en 1900, 80 % du budget du pays allait au paiement de la dette.

Pensez-y : 80 % ! C’est pas mal plus que le Québec, ça !

Haïti a fini de payer sa dette à la France en… 1947. Mais il était trop tard : l’économie du pays était déjà à terre.

En 2003, Haïti a demandé une compensation de 22 milliards de dollars à la France, pour l’avoir saigné à blanc et l’avoir obligé à payer une telle somme à la pointe du fusil.

Réponse du gouvernement de Jacques Chirac : « Absolument pas. Votre demande est jugée non pertinente. »

SÉISME ÉCONOMIQUE

Si la dette du Québec nous empêche de progresser comme on le voudrait, imaginez la dette qu’Haïti a eu à payer !

Pas étonnant que le pays soit en ruine…

Il a été victime d’un séisme économique sans précédent.


22 Janvier 2010

Permalink 22:19 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 82 mots  

Charité monomaniaque

Ça ne sera pas drôle cette année pour les organisme de charité qui travaillent auprès des jeunes, des femmes battues, des sans abri...

Leur caisse va être à sec, tout le monde a donné de l'argent à Haïti!

On a la charité monomaniaque...

Cela dit, je comprends cet élan de générosité, il est nécessaire, mais je m'inquiète pour la santé financière des organismes qui amassent des sous pour d'autres causes...

Ils vont manger leur bas...




Permalink 10:51 am, Richard Martineau / Franc-parler, 127 mots  

Le monde est stoned

Va-t-on permettre aux Québécois originaires d'Égypte de fumer du hasch sous prétexte que ça fait partie de leurs habitudes culturelles?

Après tout, on a bien abrogé la loi sur le tabac pour permettre de fumer le "chicha" dans les cafés arabes de la province...

Et en Italie, la vente et la consommation de pot sont interdites… sauf si vous êtes un rasta.

En effet, selon le verdict n° 28720 de la 6e section de la Cour de cassation, si vous portez une tuque en été et que vous écoutez du Bob Marley à plein volume, vous pouvez fumer du pot où et quand ça vous plaît car, dans la religion rasta, la mari est considérée comme une « herbe méditative ».




Permalink 10:44 am, Richard Martineau / Franc-parler, 96 mots  

Le boutte du boutte

Lu dans Courrier International:


TV cherche futur cadavre

Les momies vous fascinent ? Vous rêvez d’être embaumé ?

La chaîne Channel 4 recherche un malade en phase terminale disposé à se faire momifier devant les caméras.

La chaîne britannique et la maison de production Fulcrum TV ont publié une annonce dans divers magazines, dans l’espoir de trouver un candidat “au processus de momification utilisé dans l’Egypte ancienne”.

Le scientifique chargé de l’opération a déjà fait ses armes sur “un grand nombre de porcs”, a assuré Fulcrum TV au Daily Telegraph.


Permalink 10:39 am, Richard Martineau / Franc-parler, 209 mots  

Vroum Vroum

Le ministre Raymond Bachand devrait être furieux...

Après avoir passé des mois à parler de l'état des finances publiques et de l'endettement endémique du Québec, après avoir fait de ces dossiers ses principaux chevaux de bataille, voilà que le Premier ministre le tasse et lui dit qu'on ne traitera pas de ces sujets lors de sa rencontre sur l'avenir économique du Québec.

Si ce n'est pas un désaveu, je ne sais pas c'est quoi...

On va parler de l'avenir économique du Québec SANS jamais mentionner la dette ou l'état de nos finances publiques.

Vous imaginez, vous, planifier un tour du monde en bateau sans avoir auparavant analysé l'état de votre embarcation????

Jean Charest parle d'effectuer un périple de 20, 30 ans alors que la coque de son bateau pisse l'eau de partout!

"J'ai les deux mains sur le volant", dit Charest.

Le hic, c'est que c'est tout ce qui lui reste, un volant!

Les pneus du char sont percés, le moteur a été volé, la carrosserie est rouillée, les sièges sont défoncés, la transmission est pétée...

Il est là, à faire VROUM VROUM, sur un bazou sans roue monté sur des blocs de béton...




21 Janvier 2010

Permalink 21:10 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 294 mots  

Mauvaise idée

Parmi les dix solutions proposées par la population québécoise pour assainir les finances publiques, il y a celle-ci:

Réduire significativement les subventions aux festivals et événements culturels...

Êtes-vous sérieux?

Toutes les études le prouvent: les festivals ne GASPILLENT pas de l'argent, ils en RAPPORTENT !

Demandez-le aux propriétaires d'hôtels, de restaurants, de bars, de commerces...

Qu’est-ce qui attire les touristes au Québec, selon vous ? La sloche ? L’architecture moche ? Le Château Frontenac? La place Ville-Marie?

Non : notre vie culturelle.

Faites disparaître les festivals qui vont groover Montréal, et la métropole aura autant de charme que Pittsburgh au mois de novembre.

Coupez les vivres au Festival d’été qui fait vibrer les Plaines, et Québec ressemblera au décor du film Nouvelle-France.

Couper les subventions aux événements culturels, c’est scier la branche sur laquelle nous sommes assis.

Si les habitants de Saint-Glin-Glin n’ont plus les moyens de se payer un festival de la gibelotte ou de la poutine BBQ, tout ce qu’il va leur rester, c’est des mouches noires…

C'est toujours la même chose: chaque fois que l'on demande à la population où on devrait couper, on répond toujours: LA CULTURE!

Comme si les artistes étaient tous des multimillionnaires...

Effectivement, il y a peut-être un ménage à effectuer dans les subventions accordées aux artistes.

Certains artistes ont une carrière artificielle. Personne n'achète leur disque, personne n'achète des billets de spectacle pour aller les voir, mais ils continuent malgré tout de surfer...

Mais réduire SIGNIFICATIVEMENT les subventions aux festivals est une très, très mauvaise idée.

Pas seulement sous un angle culturel. Mais aussi sous un angle économique.



20 Janvier 2010

Permalink 23:55 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 78 mots  

L'amour est aveugle

André Pratte de La Presse vante la vision de Jean Charest.

N'importe quoi...

L'homme organise un Sommet (pardon: une rencontre) sur l'avenir économique du Québec, refuse de parler des finances publiques, et il aurait une vision??????

Eh bien...

Il faut vraiment que La Presse aime Charest d'un amour aveugle pour affirmer ça...

Parfois, j'ai l'impression que même si Charest avait des lunettes noires, un cane blanche et un chien Mira, André Pratte dirait qu'il voit loin!










Permalink 23:36 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 43 mots  

Twit

Hugo Chavez dit que ce sont les Américains qui ont causé le séisme en Haïti...

Pendant ce temps, des zozos comme Oliver Stone (qui lui a consacré un DOCUMENTAIRE!) et Sean Penn lui donnent de la crédibilité...

Pa-thé-thi-que.


Permalink 09:17 am, Richard Martineau / Franc-parler, 159 mots  

Pelleter par en avant

Des jeunes sont écoeurés de voir leurs aînés pelleter la dette du Québec par en avant...

"La stratégie budgétaire du gouvernement du Québec viole le principe de l'équité entre les générations, disent-ils.

Ce sont 9 milliards $ de fonds publics qui partiront l'an prochain au service de la dette. Qu'aurions-nous pu bâtir l'an prochain avec 9 milliards $ n'eût été notre laxisme des dernières années sur le plan budgétaire ?"

Selon eux, en creusant sans cesse la dette pour payer leur "party", les Québécois plus âgés ne pensent pas à la génération qui suit.

C'est comme mourir, en laissant une tonne de dettes à tes descendants...

Ce n'est pas responsable, disent-ils. C'est égoïste. Après moi, le déluge...

Je creuse la dette, vous vous débrouillerez avec le beau gros trou que je vais vous laisser au beau milieu de la maison...

Qu'en pensez-vous?





Permalink 09:09 am, Richard Martineau / Franc-parler, 50 mots  

Fourest à Télé-Québec

Petite plogue, chers amis: si le débat sur les accommodements et le multiculturalisme vous intéresse, ne ratez pas l'entrevue que j'ai faite à Paris avec l'Intellectuelle française Caroline Fourest, qui sera présentée ce soir aux Francs-Tireurs à 20 h à Télé-Québec.

Ses propos sont hyper percutants...


19 Janvier 2010

Permalink 20:37 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 619 mots  

Les barbares

Plusieurs lecteurs m’ont écrit pour me faire part de leur indignation devant les images de pillage et de violence qui nous proviennent d’Haïti.

« Comment des gens peuvent agir de telle façon alors qu’ils viennent tout juste d’être victimes d’une catastrophe ? », me demandent-ils.

« N’est-on pas censé être solidaire quand on traverse une telle crise ? Pourquoi on les aiderait s’ils ne s’aident même pas eux-mêmes ? »

LA LOI ET L’ORDRE

Effectivement, ces images ont de quoi choquer.

Alors que la communauté internationale se donne la main pour porter secours aux Haïtiens, certains d’entre eux profitent de la situation pour voler leurs prochains et défoncer des commerces.

Cela dit, il faut mettre ces actes déplorables dans leur contexte. Haïti est l’un des pays le plus pauvre de la planète.

Quand on passe sa vie à regarder le monde étaler ses joyaux derrière une grande vitre blindée alors qu’on ne gagne même pas de quoi nourrir convenablement sa famille, pas étonnant qu’on ait envie de se servir quand le système d’alarme se brise.

Et puis, regardons-nous dans le miroir, deux minutes.

Pensez-vous qu’on agirait plus décemment si le système policier tombait, s’il n’y avait plus personne pour faire régner l’ordre et nous obliger à respecter la loi ?

Pas sûr.

Rappelez-vous ce qui s’est passé en 1977 à New York. Plongée dans l’obscurité après une panne d’électricité majeure, la mégapole a été la proie d’émeutes et de pillages entraînant l’arrestation de 4000 personnes.

Et souvenez-vous des imbéciles qui volaient le bois de chauffage ou la génératrice de leurs voisins lors de la crise du verglas de 1998.

Ce n’était guère plus reluisant…

LA JUNGLE

On se pète les bretelles en se disant que contrairement aux « sauvages » qui habitent « dans la jungle », on est civilisé, poli, courtois.

Tout ça, c’est de la frime.

Nous sommes comme n’importe quel autre être humain : la seule chose qui nous protège de la barbarie et de la sauvagerie, c’est l’État.

Enlevez l’État, éradiquez le système de police et l’armée, et notre belle « civilisation » va sombrer dans la chaos en 48 heures.

Et puis, entre vous et moi, à part la cravate et le veston lustré, il n’y a pas beaucoup de différence entre nos Vincent Lacroix qui arnaquent des retraités et les Haïtiens qui profitent d’un tremblement de terre pour se remplir les poches…

UN LOUP POUR L’HOMME

L’homme est fondamentalement bon et la société le corrompt, disait Rousseau.

Traitez-moi de sale pessimiste, mais je penche plutôt du côté de Sade : l’homme est fondamentalement mauvais, et heureusement qu’il y a la société pour l’obliger à respecter certaines règles, sinon il passerait ses journées à piller et à voler.

Oui, c’est choquant de voir des hommes profiter d’une catastrophe pour défoncer des vitrines. Mais voir des têtes brûlées profiter d’un match de hockey pour faire la même chose n’est pas plus génial.

Comme le disait fort justement le pamphlétaire royaliste Antoine de Rivarol (1753-1801) :

« Les peuples les plus civilisés sont aussi voisins de la barbarie que le fer le plus poli l'est de la rouille. Les peuples, comme les métaux, n'ont de brillant que les surfaces… »

10-4

Les croqueurs de flics ne m’aimeront pas, mais c’est la vérité : le seul rempart contre le chaos et le bordel, c’est la police.



Permalink 20:34 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 348 mots  

Un texte qui sème la controverse

Grosse controverse aux États-Unis à propos d'Haïti...

David Brooks, commentateur au New York Times, a écrit une chronique sur Haïti dans laquelle il dit que les Haïtiens doivent à tout prix changer leur mentalité s'ils veulent se sortir de la misère.

Arrêter de remettre leur destin dans les mains de dictateurs, cesser de croire au vaudou, se prendre en main, arrêter de raser leurs forêts, prendre soin de leurs enfants, etc.



Why is Haiti so poor? Well, it has a history of oppression, slavery and colonialism. But so does Barbados, and Barbados is doing pretty well.

Haiti has endured ruthless dictators, corruption and foreign invasions. But so has the Dominican Republic, and the D.R. is in much better shape.

Haiti and the Dominican Republic share the same island and the same basic environment, yet the border between the two societies offers one of the starkest contrasts on earth — with trees and progress on one side, and deforestation and poverty and early death on the other.

(...)

As Lawrence E. Harrison explained in his book “The Central Liberal Truth,” Haiti, like most of the world’s poorest nations, suffers from a complex web of progress-resistant cultural influences. There is the influence of the voodoo religion, which spreads the message that life is capricious and planning futile. There are high levels of social mistrust. Responsibility is often not internalized. Child-rearing practices often involve neglect in the early years and harsh retribution when kids hit 9 or 10.

We’re all supposed to politely respect each other’s cultures. But some cultures are more progress-resistant than others, and a horrible tragedy was just exacerbated by one of them.



Ce texte d'opinion a mis le feu aux poudres.

Certains disent qu'il est carrément raciste.

D'autres, que Brooks a simplement eu le courage de dire tout haut ce que plusieurs intellectuels haïtiens pensent tout bas...

Selon ce chroniqueur du magazine Rolling Stone, Brooks aurait dû attendre que les corps des milliers de victimes du tremblement de terre se refroidissent avant de cracher son mépris sur Haïti...


Permalink 17:36 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 459 mots  

Haïti: le moment d'être lucide

J'ai reçu ce courriel de NADINE MAGLOIRE, Québécoise d'origine haïtienne:

"Il faut que ceux qui veulent vraiment aider les Haïtiens comprennent bien que le pays croulait depuis longtemps. Je ne peux considérer ce tremblement de terre comme un très grand malheur. Bien sûr il y beaucoup de morts, mais il fallait que quelque chose se passe pour sortir Haïti et les Haïtiens du trou. Les révolutions provoquent de nombreux morts inutiles parce que les choses ne changent pas vraiment. Il est IMPÉRATIF que ce tremblement de terre soit l'occasion d'une renaissance pour Haîti.

Venir en aide aux victimes est urgent. Mais il faut voir bien au-delà du présent et du moyen terme; c'est parce qu'il n'en a jamais été ainsi que toutes les aides financières données à Haïti n'ont jamais rien changé pour ce pays. C'est le moment d'être LUCIDE.

Le grand problème d'Haïti,c'est la CORRUPTION. La clique au pouvoir (sous tous les gouvernements) n'a qu'un seul but : S'ENRICHIR.

L'état du pays a toujours été le dernier de ses soucis. Inutile de parler de solidarité concernant les Haïtiens. Elle n'a jamais existé. Peut-être que cette grande catastrophe qui accable le pays leur fera prendre conscience que cette solidarité est INDISPENSABLE.Il faudrait une instance au-dessus de toutes les ONG, de tous les groupes qui prétendent aider Haïti, au-dessus du Gouvernement haïtien. Et cela, parce que l'énorme masse d'argent qui va converger vers le pays, sera une très grande tentation pour ceux qui y auront accès.

Donc, il faudra un CONTRÔLE TRÈS STRICT de l'argent attribué à Haïti.

Sachez que tout est à faire en Haïti, dans tous les domaines. J'ai 77 ans. J'ai toujours connu des problèmes d'eau, d'électricité, de téléphone. J'étais, pourtant, parmi les privilégés. Imaginez la siuation de ceux qui ne le sont pas.

Non, ici au Québec, on ne peut pas imaginer ce que vivent les pauvres en Haïti. Et les pauvres, c'est la majorité. J'ai quitté mon pays d'origine depuis 30 ans. Je n'y suis jamais retournée, parce que je n'aurais jamais pu aller en Haïti en «touriste», les plaies haïtiennes étaient trop visibles.

Je détestais vivre en Haïti, mais si je n'avais pas une santé déclinante (3 cancers), même en fauteuil roulant électrique, je serais retournée offrir mon aide, si elle était necessaire.

Une de mes grandes douleurs dans mon pays d'origine, c'était mon impuissance, mon inutilité.

Ici, tout ce que je peux faire c'est écrire pour dire les vérités que certains Haïtiens veulent cacher..."



18 Janvier 2010

Permalink 20:38 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 612 mots  

L'école québécoise selon Joseph Facal

Joseph Facal, dont je regrette le retrait — momentané, j’espère — de la politique active, vient de sortit un important ouvrage sur le Québec.

Quelque chose comme un grand peuple, publié chez Boréal, jette un regard lucide et sans compromis sur les forces et les faiblesses du Québec.

Tout y passe : l’école, la famille, l’immigration, le système de santé, la confusion identitaire, les accommodements…

LA CULTURE DU QUOTIDIEN

Faire le tour d’un tel livre en une entrée est impossible. Je vais donc me concentrer sur un thème qui me touche particulièrement à cœur et dont j’ai souvent traité dans ma chronique : l’école.

La mission première de l’école, dit Facal, est d’instruire, c’est-à-dire d’arracher l’enfant à son petit monde pour « l’élever au-dessus du quotidien », « le faire accéder à une culture qui n’est pas sa culture coutumière », lui faire découvrir les auteurs classiques, l’histoire — bref, montrer à l’élève « en quoi le présent est issu de la trajectoire d’une civilisation ».

Or, qu’affirme le ministère de l’Éducation dans son magnifique Programme de formation de l’école québécoise ? Que « l’école doit d’abord considérer la culture immédiate ».
Pour Facal, c’est une dérive majeure.

« On comprend ce que cela signifie, écrit-il : tout doit désormais partir du vécu du jeune, de sa réalité, de ses goûts télévisuels, musicaux, de ses amis, etc. »

LE PETIT CATÉCHISME

Autre faiblesse importante de notre système d’éducation, selon Joseph Facal : on n’utilise pas l’école pour instruire les jeunes, mais pour faire d’eux « des bons petits enfants ouverts, inclusifs, tolérants et pluralistes… »

Comme il dit : « (Nos enfants) ne comprendront jamais bien la différence entre la guerre de Sécession et la guerre de Sept Ans, mais l’essentiel est qu’ils ne se chamaillent pas dans la cour avec Kevin-Alexis, qu’ils ne manquent jamais de respect à Sarah-Andréanne et qu’ils trouvent full cool le kirpan du petit Guptar. »

Comprenez bien : Facal n’est pas contre l’ouverture et le respect ! Qui pourrait être contre cela ?

Mais, comme la sociologue Joëlle Quérin (qui a publié une étude affirmant que le cours d’éthique et de culture religieuse est un outil de propagande destiné à vendre les vertus du multiculturalisme à la Trudeau), il souhaite que les jeunes québécois accèdent « à l’universalité véritable, celle de l’humanisme et de la raison, et non à cet universalisme de pacotille qu’est le citoyen-du-monde dans le version qu’en propose le catéchisme contemporain de la rectitude politique : gentil et généreux, mains inculte, apatride, enchaîné au quotidien et historiquement autiste. »

Bref, il est contre l’école gnan-gnan !

ENCORE UN EFFORT !

« Je ne vois pas de chantier plus urgent, plus important, plus impérieux pour l’avenir de notre peuple que le redressement de l’école publique québécoise », écrit Joseph Facal.

Mais pour remettre notre école sur les rails, affirme le chroniqueur, il faudra cesser d’ériger la médiocrité en système, retirer l’école des mains des apprentis-sorciers qui accouchent de réformes bidon et, surtout, cesser de tolérer l’ignorance et de protéger nos pôvres petits bout de choux des affres de l’échec.

« Le progrès authentique de l’esprit est dans la capacité intellectuelle de voir loin parce qu’on aura réussi à se hisser sur les épaules de nos plus grands esprits », dit Facal.

Et non seulement sur celles de Bono.



Permalink 20:30 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 335 mots  

En attendant le Messie

Désolé d'avoir si peu écrit ces derniers temps, mais j'étais à l'extérieur du pays, et avais un accès très, très limité à Internet...

Plusieurs textes ont été écrits sur la pauvreté endémique qui sévit à Haïti.

On dit que si ce pays connaît un destin aussi tragique, c'est qu'il a été vampirisé par la France, occupé par les États-Unis, saigné par l'Occident, etc.

Cette attitude colonialiste expliquerait pourquoi Haïti ne réussit jamais à se sortir de la misère, et pourquoi ce pays passe sans cesse d'un drame à l'autre...

Ok, parfait, je comprends...

Mais on oublie toujours de parler d'un facteur (INTERNE et non externe) qui me semble déterminant : le mysticisme des Haïtiens.

On a toujours l'impression que les Haïtiens attendent un SAUVEUR qui pourrait les sortir de la misère.

Si ce n'est pas Duvalier père ou fils, c'est Aristide...

Ils attendent toujours LE Messie avec un grand M.

Cela n'expliquerait pas pourquoi ils ont toujours tendance à remettre leur destin dans les mains d'un dictateur?

Quand Barack Obama a accepté l'investiture du parti démocrate, j'étais dans le sous-sol d'une église de Little Haiti, à Miami.

On aurait dit une messe de BORN-AGAIN CHRISTIANS.

Les Haïtiens priaient, chantaient, criaient, pleuraient, imploraient et remerciaient le ciel à genoux...

Pour eux, Obama n'était pas un politicien: c'était le Messie, le Sauveur, celui qui les mènera vers la Terre Promise...

Ce mysticisme aveugle m'a toujours paru contre-productif et anti-démocratique...

Un peuple qui s'en remet toujours à un Sauveur Omniscient et Omnipotent est un peuple qui ne se prend pas en main...

Je ne suis pas le seul à dire ça: plusieurs intellectuels haïtiens dénoncent cette attitude chez leur peuple.

Oui, Haïti a été exploité par des puissances étrangères. Mais il y a aussi des facteurs INTERNES qui ont participé à paralyser le pays.

Fermer les yeux sur ce fait n'est pas le meilleur service à rendre aux Haïtiens, au contraire...







14 Janvier 2010

Permalink 13:11 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 295 mots  

Haïti: un pays qui tire le diable par la queue

Tité du Figaro:

À l'heure actuelle, Haïti est ainsi considéré comme le pays le plys pauvre des Amériques. Le taux de chômage atteint plus de 65 % de la population active.

78 % de la population vit sous le seuil de pauvreté de deux dollars par jour et 54 % dans un état de pauvreté extrême (moins d'un dollar par jour).

***

Tiré du site Internet Crise alimentaire:

"Une bonne tranche de la population d'Haïti vit dans une situation d'insécurité alimentaire "chronique élevée", estime le Programme alimentaire mondiale, PAM, un organisme des Nations-unies.

"La situation en Haïti est caractérisée par des carences alimentaires sévères, beaucoup de gens ne mangeant que des céréales", évalue Benoît Thiry directeur adjoint du Programme alimentaire mondial (PAM) en Haïti.

Selon un rapport publié fin novembre par le Conseil national de la sécurité alimentaire (CSNA) haïtien, plus d'un Haïtien sur quatre est sous-alimenté, soit 1,8 million de personnes.

***

Tiré du site de l'UNICEF :

Le Fonds des Nations Unies pour l'Enfance (UNICEF) et l'Université de Bristol (Angleterre) ont réalisé une étude sur la pauvreté absolue des enfants en Haïti.

Selon cette étude 70% d'enfants vivant en Haïti n'ont pas accès à au moins un des sept services sociaux de base, qui sont l'alimentation, l'accès à l'eau potable et aux facilités d'hygiène et d'assainissement, à l'éducation, à la santé, à l'habitat et à l'information. 54% d'entre eux vivaient dans un habitat indécent et dans des conditions de promiscuité et 11% n'avaient jamais été scolarisés.

Il n'est dans l'intérêt de personne que 7 enfants haïtiens sur 10 souffrent de maux causés par la privation grave et que plus de 4 enfants sur 10 grandissent dans les terribles conditions de la pauvreté absolue.







13 Janvier 2010

Permalink 14:38 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 256 mots  

Encore Haïti

Vous connaissez probablement la mauvaise blague...

Après avoir accouché sous anesthésie générale, une femme reçoit la visite d'un médecin.

"Madame, j'ai une mauvaise nouvelle pour vous: votre enfant n'a pas de bras..."

"Je vais l'aimer quand même", dit la dame.

"Il n'a pas de jambes..."

"Je vais l'aimer quand même..."

"Il n'a pas de torse..."

"Je vais l'aimer quand même..."

"Hum... Il n'a pas de tête, en fait, c'est juste une oreille..."

"Je vais l'aimer quand même, répond la dame. Pourrais-je le voir?"

Une infirmière entre dans la chambre de la dame et lui donne délicatement une grosse oreille.

La dame se penche et murmure: "Je t'aime..."

Le médecin dit: "Criez plus fort, elle est sourde!"

Eh bien, cet enfant, j'ai parfois l'impression que c'est Haïti.

Le sort s'acharne sur ce pays. Maladies, pauvreté, dictatures, famine, épidémies, catastrophes...

Chaque fois qu'on croit que le pays a touché le fond, il s'enfonce davantage...

C'est à se demander pourquoi les Haïtiens sont si croyants...

Quoique... Quand vous vivez de tels drames à répétition, la seule façon de passer à travers est de se dire que justice sera faite un jour et que vous finirez par goûter vous aussi au bonheur...

Vous imaginez la colère que les Haïtiens ressentiraient s'ils n'étaient aussi croyants?

Le sentiment de révolte qui les tenaillerait?

Il faut vraiment qu'ils aiment leur pays et qu'ils aient foi en l'avenir pour endurer ça...






12 Janvier 2010

Permalink 13:25 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 596 mots  

Un beau tour de machine

« Les deux mains sur le volant. »

C’est ce que demandait Jean Charest aux dernières élections. Qu’on tasse l’ADQ et qu’on lui laisse la direction du Québec pour qu’il puisse amorcer le virage économique qui s’impose.

Or, que se passe-t-il ?

Rien. Le premier ministre roule tranquillement sur la 20.

Pout-pout-pout, les deux mains sur le volant, la vitre baissée, le coude sorti, une p’tite toune de Johnny Mattis à la radio…

Un beau p’tit tour de machine avec mononcle Johnny.

Le Québec a beau être dans le rouge, le premier ministre ne panique pas.

Pas de virage à droite, pas de virage à gauche.

Une belle balade en ligne droite comme si de rien n’était…

QU’ATTEND JEAN CHAREST ?

Le Premier ministre est dans une position exceptionnelle pour réaliser la réingénérie de l’État qu’il avait promise. L’opposition n’est pas menaçante, il a du temps devant lui, les Québécois veulent du changement, il a les deux mains sur le volant…

Qu’attend-t-il ?

On dirait un pépère qui brette à un carrefour alors que le feu est vert depuis longtemps.

Au lieu d’appuyer sur l’accélérateur, monsieur Charest a choisi d’organiser un Forum économique à Lévis les 20 et 21 janvier.

Maudit que c’est québécois, ça. Le feu est pris dans la maison, et on tient une assemblée de cuisine pour savoir quel meuble on va sortir en premier.

UNE VASTE PERTE DE TEMPS

Tout le monde sait ce qu’il faut faire. Tous les économistes se sont prononcés, toutes les études ont été faites, tous les chiffres ont été rendus publics, on a vu tous les tableaux, toutes les analyses…

Pensez-vous vraiment qu’on va apprendre quelque chose de nouveau dans ce Forum ? Ça va être comme la Commission Bouchard-Taylor : une vaste perte de temps.

Les syndicats vont dire qu’il faut augmenter les impôts. Les patrons, qu’il faut réduire les charges fiscales. Les lucides, qu’il faut hausser les tarifs. Les solidaires, qu’il faut faire payer les riches.

Blablablablabla…

On sait tout ça, merde ! Ça fait dix ans qu’on voit la vague arriver, et qu’on reste là, sur la plage, à s’enfouir la tête dans le sable, en espérant qu’un miracle nous sauve in extremis de la noyade…

Peut-on arrêter de parler et agir ???

OSONS !

« Si le politicien échoue, qu'au moins il échoue en osant de grandes choses, de sorte que sa place ne soit jamais celle de ces âmes froides et timides qui ne connaissent ni la victoire, ni la défaite », disait Theodore Roosevelt.

On devrait inscrire cette citation sur une banderole et l’accrocher sur le toit du Parlement de Québec pour que Jean Charest puisse la lire chaque fois qu’il se pointe à l’Assemblée nationale.

Oser de grandes choses, ce n’est pas gouverner sans faire de vague, comme le fait le Premier ministre actuellement. C’est prendre les virages qui s’imposent, arrêter de viser le consensus à tout prix et cesser de croire que la seule solution au marasme économique actuel est de creuser encore plus la dette du Québec.

PARLER POUR PARLER

Le Québec n’a pas besoin d’un autre forum, d’une autre table ronde, d’un autre symposium ou d’une autre commission.

Il a besoin d’un leader.

Le poste est libre, monsieur Charest. Ça ne vous tente pas de soumettre votre candidature ?



11 Janvier 2010

Permalink 14:15 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 153 mots  

Mort d'un moraliste

Ouch!

Éric Rohmer est mort...

Après Bergman et Antonioni, c'était l'un des derniers grands...

Mes idoles cinématographiques s'envolent un à un...

Je sais que certaines personnes trouvaient ses films insupportables, que ses comédiens jouaient mal, qu'ils récitaient des dialogues qui sonnaient faux...

Mais pour moi, c'est EXACTEMENT ce qui faisait son charme!

Rohmer était un homme d'une autre époque, et c'est paradoxalement ce qui le rendait si moderne...

Il était un moraliste comme Voltaire ou Marivaux...

Pas un moralisateur, mais un moraliste, ce qui n'est pas du tout la même chose!

Le film le plus accessible pour ceux qui veulent aborder son (immense) oeuvre?

Probablement L'Ami de mon amie, ou Les Nuits de la pleine lune...

Il ne reste maintenant plus que Chabrol et Godard, les deux pôles opposés de la Nouvelle Vague, l'un, très populaire, l'autre, de plus en plus isolé et hermétique...





10 Janvier 2010

Permalink 13:58 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 648 mots  

Les 18 trous de Tiger Woods

Un ex de Tiger Woods vient d'annoncer qu'elle va sortir un livre dans lequel elle dévoilera les détails de la vie sexuelle de son ancien amant: partouzes, trips à trois, aventures homosexuelles...

Ça va dans le sens de ma chronique de samedi...

_________


Au lit avec John Lennon

Ainsi, Yoko Ono a annoncé qu’elle allait écrire un livre dans lequel elle révèlerait tous les détails croustillants de la vie sexuelle de John Lennon.

Elle aurait, dit-on, reçu une alléchante avance d’une importante maison d’édition pour violer la mémoire de son défunt mari.

Que voulez-vous, il faut bien vivre, non ?

Surtout quand on est la veuve éplorée d’un obscur musicien rock…

ACHETER LE SILENCE

Si ça continue, les grosses vedettes devront faire signer des contrats de 20 pages aux filles avec qui ils veulent coucher avant de passer à l’acte…

« Moi, Sandra, actrice porno de troisième ordre qui est prête à tout pour avoir son quinze minutes de gloire, m’engage solennellement à ne dévoiler AUCUN détail de la nuit que je m’apprête à passer avec… (John Lennon, Tiger Woods, David Letterman, etc.) »

Si j’étais avocat et que j’habitais L.A., je sauterais sur l’occasion et fabriquerais un contrat-type que je vendrais à toutes les vedettes libidineuses de Californie.

J’en enverrais même quelques copies à certains acteurs québécois, au cas où.

Après tout, un scandale est si vite arrivé…

LA NOUVELLE MTS

Chaque époque a eu sa MTS : il y a eu la syphilis, la chlamydia, l’herpès, le sida…

Maintenant, la nouvelle maladie vénérienne qui menace les coureurs de jupon imprudents est la BNA.

La biographie non autorisée.

Vous couchez avec une fille sans protection légale, et vous vous retrouvez avec un mauvais livre sur le dos.

Des rougeurs apparaissent sur votre égo, les journaux jaunes vous harcèlent, votre mariage prend l’eau.

Et une fois que vous êtes infecté, il n’y a plus rien à faire, Twitter entre dans votre système et contamine votre réputation.

Même feu Nelly Arcan, dont on a (à raison) vanté les talents littéraires, a participé à répandre le virus. Dans un de ses livres, elle s’est amusée à dévoiler les menus détails de la vie sexuelle d’un de ses ex, qu’elle dépeignait comme un masturbateur chronique.

C’était, dit-on, de « l’auto-fiction ».

Quand une pétasse raconte ses histoires de cul, c’est dégueulasse.

Quand une écrivaine le fait, c’est audacieux.

C’est comme les animatrices qui posent nue dans un calendrier. Elles sont jugées différemment selon le réseau qu’elles représentent…

UN PUBLIC DE VOYEURS

Cela dit, les vrais coupables ne sont pas ceux qui écrivent ce genre de livres, mais ceux qui les achètent.

Qu’est-ce que ça me donne, moi, que John Lennon était un bisexuel qui organisait des orgies ? Est-ce que ça me permet de mieux apprécier son œuvre ?

Absolument pas.

C’est rendu que même les éditeurs font pression auprès des auteurs de biographies pour qu’ils incluent des passages « olé olé » dans leurs livres.

« Dévoile une histoire croustillante sur la vie privée de ton sujet, comme ça, les médias vont parler de ton livre lorsqu’il va sortir… Ils vont pouvoir dire qu’il battait sa femme ou qu’il prenait de la coke, ça va être bon pour les ventes… »

Et le pire est que ça marche…

SOUS LES DRAPS

« Les Américains se désintéressent de plus en plus de la chose publique pour se replier sur leur vie privée », disait Alexis de Tocqueville.

C’était il y a 175 ans.

Aujourd’hui, ils ne s’aventurent même pas hors de leur chambre à coucher…




8 Janvier 2010

Permalink 14:37 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 153 mots  

Pas de temps à perdre

L'actrice Halle Berry est passée devant tout le monde dans une file à l'aéroport Pierre-Trudeau.

Ce qui a fait dire à Philippe Boucher, un ami Facebook:

"S'il n'y avait pas eu de Grand Prix cette année à Montréal, on aurait pu organiser une course entre Halle Berry et Claude Dubois..."

Elle est bonne!

C'est fou tous les passe-droits qu'on accorde aux artistes.

Ils sont notre nouvelle royauté.

On accepte qu'ils aient des comportements qu'on n'accepterait jamais de la part d'autres individus...

Un plombier saoûl au travail, c'est un drame, mais un artiste saoûl sur scène, c'est cool, c'est garant de son "intégrité"...

Nous sommes OBSÉDÉS par la notoriété.

Il suffit que tu passes à la télé pour que les gens te regardent différemment et que des filles qui ne t'auraient jamais demandé l'heure auparavant te donnent soudainement leur numéro de téléphone...


5 Janvier 2010

Permalink 17:22 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 87 mots  

Les journalistes ont-ils manqué de discrétion?

Les journalistes qui ont "annoncé" la mort de Lhasa sur Internet et Twitter auraient-ils dû attendre d'avoir la bénédiction de la famille pour annoncer la nouvelle?

Cela dit, quand une vedette meurt, c'est une nouvelle d'intérêt public...

Je ne pense pas que les journalistes ont attendu d'avoir le OK de la famille de Nick Rizutto Jr pour annoncer son décès...

C'est plate et ça manque de politesse, peut-être, mais comme disent les anglais, c'est la "nature de la bête"...





Permalink 17:18 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 84 mots  

Question philosophique du jour

Selon Robert Downey Junior, Sherlock Holmes (qu'il interprète dans un film de Guy Ritchie) serait homosexuel...

Chaque fois qu'un personnage masculin n'a pas de bonde connue (ou chaque fois qu'il a un copain un peu trop omniprésent), on dit qu'il est gai...

C'était le cas avec Tintin et Haddock, avec Astérix et Obélix puis avec Batman et Robin...

Se pourrait-il que Sherlock est juste trop occupé à courir après Moriarty pour chanter fleurette à des dames?

Une question, comme ça...


4 Janvier 2010

Permalink 13:30 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 42 mots  

Dieu n'a pas le sens de l'humour

Afin de lutter contre la nouvelle loi anti-diffamation entrée en vigueur en Irlande le 1er janvier, des athées irlandais ont publié une liste de 25 citations blasphématoires attribuées entre autres à Jésus, à Mohamed et au pape Benoit XVI.

À lire.






1er Janvier 2010

Permalink 12:00 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 10 mots  

Les justicières masquées

Mon cadeau de Noël et de Bonne année.