18 Avril 2010

Permalink 07:54 am, Richard Martineau / Franc-parler, 609 mots  

Le cas Bellemare

Marc Bellemare a tout à perdre, dit-on. Si un jour, on finit par prouver qu’il a menti et que ses accusations n’avaient aucun fondement, il va se retrouver tout nu dans la rue, sa réputation en ruines.

C’est vrai.

Mais ce jeu se joue dans les deux sens.

Si la suite des choses montre que l’ex-ministre de la Justice avait bel et bien raison, ce sont les chroniqueurs et les éditorialistes qui le traitent présentement de menteur et d’affabulateur qui auront des comptes à rendre à leurs lecteurs.

On leur demandera pourquoi ils tenaient tant à mettre sa réputation en doute.


« JE ME SUIS FAIT FOURRER »

Il y a quelques mois, j’ai interviewé Marc Bellemare pour l’émission Les Francs-Tireurs, à Télé-Québec.

(Vous pouvez revoir cette entrevue ici)

On a parlé de son passage-éclair en politique et de son combat pour réformer le régime du no-fault de la SAAQ.

L’homme ne mâchait pas ses mots à l’égard de son ancien patron, Jean Charest.

« Je croyais sincèrement que Jean Charest était venu me chercher parce qu’il voulait lui aussi réformer cette loi, m’a-t-il lancé.

« Quand il m’a appelé pour me demander de faire le saut en politique, il m’a dit : Marc, emmène des associations de victimes d’accidents automobiles, on veut un show, on veut du monde pour dire que le Parti Libéral, c’est le parti des victimes. Ça nous prend un porteur de ballon !

« C’était sexy pour Jean Charest d’avoir le Robin des Bois des accidentés dans son équipe. Or, tout ce qui l’intéressait, c’était d’aller chercher des votes. Bref, je me suis fait fourrer dans cette affaire-là.

« Écoutez, mon projet (qu’on avait pourtant présenté en grandes pompes à la presse nationale un mois avant l’élection de 2003) n’est même pas monté au Conseil des ministres ! On n’en a jamais discuté !

« Après un an, quand j’ai vu que le premier ministre ne bougerait pas, j’ai décidé de sacrer mon camp… »


« IL M’A JURÉ PAR ÉCRIT »

Finalement, vous avez été naïf, ai-je lancé à Marc Bellemare, non ?

« Écoutez, je suis avocat, m’a-t-il répondu, piqué au vif. Je ne me suis pas lancé en politique sans garantie. Avant de faire le saut, j’ai demandé à Jean Charest de me jurer par écrit qu’il allait bel et bien réformer le régime de la SAAQ. Regardez, j’ai la lettre avec moi ! »

Et Marc Bellemare de me montrer une lettre dans laquelle le premier ministre s’engageait auprès de son futur ministre de la Justice de réformer le régime du no-fault.

« Les gens pensent que le ministre fait ce qu’il veut, de continuer Marc Bellemare. Ça ne marche pas de même ! Je n’ai JAMAIS été aussi dépendant de ma vie que lorsque j’étais ministre de la Justice. T’es dépendant d’un premier ministre, c’est pire que ton père, ça ! Il peut te flusher à une heure d’avis en te disant : Regarde, je ne t’aime pas la face, débarrasse ! »


UN HOMME PRÉPARÉ

Marc Bellemare ne s’est pas présenté à l’entrevue les mains vides. Il a apporté toutes sortes de documents avec lui, des lettres du Premier Ministre, des dossiers, des chemises remplies de papiers…

Et vous me direz qu’il a lancé ses récentes accusations contre le Premier Ministre sur un coup de tête, sans être blindé ?

J’ai du mal à le croire…



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