18 Mai 2010

Permalink 08:18 am, Richard Martineau / Franc-parler, 580 mots  

Avortement : une proposition sensée

Hier, à l’émission que j’anime sur les ondes de LCN, j’ai reçu Georges Buscemi, le président de Campagne Québec-Vie, un groupe anti-avortement qui appuie le cardinal Ouellet.

L’homme me disait que pour lui, toute forme d’avortement est condamnable.

« Même si la femme vient juste de tomber enceinte et qu’il n’y a pas à proprement parler de bébé dans son corps ? », lui ai-je demandé.

« Oui. Selon nous, la vie commence dès la première seconde de la conception, quand le spermatozoïde rencontre l’ovule. »


D’UN EXTRÊME À L’AUTRE

Bref, un curetage, pour lui, est un avortement. Idem pour la pilule du lendemain.

Comme je l’ai écrit l’autre jour, le débat sur l’avortement m’exaspère. Car j’ai toujours l’impression qu’il confronte deux positions extrémistes : ceux qui se foutent complètement du droit de la mère et ceux qui se foutent complètement du droit du fœtus.

Les premiers considèrent qu’un amas de cellules est un être humain. Et les seconds considèrent qu’un fœtus de cinq mois est un amas de cellules.

J’ai de la misère avec les deux positions.

Pour moi, un amas de cellules est un amas de cellules. Et un fœtus avec une tête, des bras, des jambes, un cœur et un cerveau est un être humain.

Si on protège les bébés phoques, je ne vois pas pourquoi on ne protègerais pas un fœtus de cinq mois !


LE SEUIL DE VIABILITÉ

En effectuant des recherches, je suis tombé sur un texte fort intéressant publié dans La Gazette des femmes en 1998. La journaliste, Carole-Line Nadeau, interviewait Margaret A. Somervile, prof au Centre de médecine, d'éthique et de droit de l'Université McGill.

La position de madame Somervile m’apparaît remplie de bon sens.

« Nous abordons toujours ce débat en présentant deux visions diamétralement opposées, dit-elle. D'un côté, seule la mère a des droits avant la naissance et, de l'autre, les droits du foetus devraient primer sur toute considération. Mais il y a un large spectre entre les deux tendances, et le législateur peut et doit les délimiter.

« J'estime qu'il faut revoir le principe voulant que la mère et l'enfant ne font qu'un jusqu'à la naissance. Cette analyse nie une réalité biologique, scientifiquement reconnue : le foetus est viable, en dehors du ventre de sa mère, bien avant qu'il naisse. C'est le seuil de viabilité qui devrait nous guider pour fixer certaines limites. »


BONNE QUESTION

En d’autres mots, si le fœtus atteint un stade de développement où il peut vivre à l’extérieur du ventre de sa mère, il est considéré comme un être humain à part entière, et on ne peut attenter à sa vie.

« À mon avis, continue madame Somervile, c'est un non-sens que la loi canadienne permette l'avortement jusqu'à la toute fin de la grossesse. Pourquoi une injection mortelle dans l'utérus est-elle approuvée, tandis que, administrée au moment de la naissance, elle est considérée comme un acte criminel ?

« Limiter l'arrêt de la grossesse au seuil de viabilité du foetus ne signifie aucunement l'interdire. Plusieurs pays ont choisi cette solution. »

Qu’est-ce qu’on attend pour légiférer dans ce sens et interdire les avortements tardifs ?


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