31 Juillet 2010RéactionJugement important pour la blogosphère
Un jugement important (qui me concerne par la bande...) vient d'être rendu.
Ce jugement aura des répercussions importantes dans TOUTE LA BLOGOSPHÈRE... En effet, les gestionnaires de blogues sont maintenant tenus RESPONSABLES des commentaires des internautes apparaissant sur les blogues qu'ils éditent... Bref, chers amis, ne vous plaignez plus si vos commentaires sont censurés... C'est tout simplement parce qu'on veut se protéger! Tout le monde va maintenant avoir peur des poursuites... Et vu que gérer les commentaires est une job à temps plein, 24 hres par jour, 7 jours par semaine, le plus facile sera tout simplement de ne plus inclure de commentaires après les textes publiés sur les blogues... Assistons-nous à la fin d'une époque? L'hypocrisie des artistes (suite)
Mercredi, j’ai critiqué les artistes qui boycottent Israël tout en fermant les yeux devant les exactions commises par les autres pays.
« Avez-vous déjà entendu ces défenseurs de la liberté critiquer l’Arabie saoudite, le Soudan, l’Algérie, Cuba ? demandais-je. Jamais. « Mais quand c’est le temps de pointer Israël ou les États-Unis du doigt, pas de problème, nos artistes sont là ! » COMMENTAIRES ENFLAMMÉS Comme chaque fois que je parle d’Israël, cette chronique m’a valu plusieurs commentaires enflammés. On m’accuse d’être trop mou envers le traitement inhumain que le gouvernement israélien fait subir au peuple palestinien… Écoutez, les amis : je ne dis pas qu’Israël est sans tache, ni qu’on n’a pas le droit de critiquer le gouvernement de Benyamin Netanyahou. Je me demande seulement pourquoi vous pointez toujours les mêmes cibles du doigt. Avez-vous lu la chronique que Khaled Abu Toameh a publié dans le National Post le 24 juillet dernier ? Vous devriez. Ce reporter basé à Gaza pose d’excellentes questions, que peu de militants pro-palestiniens (et trop peu de journalistes) osent soulever. « MAUDITS JUIFS… » Pourquoi, demande Toameh, les militants pro-palestiniens sont restés silencieux quand la Jordanie a décidé de retirer la citoyenneté à des milliers de Palestiniens ? Pourquoi ne dénoncent-ils jamais les restrictions que l’Égypte, la Syrie, le Liban, la Jordanie et plusieurs autres pays arabes imposent à leurs ressortissants palestiniens ? Actuellement, au Liban, les Palestiniens sont traités comme des citoyens de seconde zone. On leur interdit l’accès à 50 professions (journaliste, pharmacien, avocat, physicien…), on limite leur accès aux soins de santé, ils n’ont pas le droit d’être propriétaires, etc. Qui en parle ? Qui dénonce cette situation ? Personne. ON REGARDE AILLEURS Quand Israël fait subir des mauvais traitements aux Palestiniens, le monde entier déchire sa chemise. Mais quand les pays arabes traitent les Palestiniens comme de la merde (et Dieu sait qu’ils ne se gênent pas), les preux chevaliers de l’Union des artistes et les militants de la gogauche tournent la tête et regardent ailleurs. Pourquoi ? La job de Jean Charest
Il y a quelques jours, Joseph Facal déplorait le fait qu’au Québec, les citoyens veulent des politiciens qui ressemblent à des « beaux-frères ».
Des bons gars, ordinaires, qui flippent des boulettes de viande sur leur BBQ. « La grandeur nous met mal à l’aise, écrivait Facal. Tout doit être rabaissé au niveau moyen. » Mon confrère a raison. Mais il faut ajouter que parfois, ce sont les politiciens eux-mêmes qui manquent d’envergure… UN GÉRANT Récemment, Jean Charest accordait une longue entrevue à la CBC. Le journaliste lui a demandé s’il aimerait être premier ministre du Canada… « Non, a-t-il répondu sans hésiter. J’ai une job que j’adore, ça m’a pris beaucoup de temps pour être là où je suis, et je suis très content d’être rendu là… » « J’aime ma job… » My God ! On dirait le gérant d’un magasin de chaussures ! Vous imaginez Churchill ou De Gaulle parler de leur poste de Premier Ministre en ces termes ? Ils parleraient de devoir, de mission, d’Histoire, de l’importance de se dépasser, de servir le peuple, d’aider la nation… Charest, lui, parle de « sa job ». Zzzzzzzzzzzzz… C’est pour ça qu’il veut être réélu ? Pour garder la « job » qu’il aime ? 29 Juillet 2010Loi anti-burqa: pas évident...
Selon un sondage Léger Marketing, les trois quarts des Québécois seraient pour l’interdiction du port de la burqa.
Vous connaissez mes opinions, vous savez que j’ai ce voile en horreur. Cela dit, c’est bien beau, une loi anti-burqa, mais on l’appliquerait comment ? On ne peut pas interdire la burqa et permettre la cagoule ou les masques. On passe une loi interdisant TOUTE personne à se cacher le visage, alors ? MASQUER LE PROBLÈME Si ces femmes qui tiennent absolument à se cacher le visage troquent leur voile intégral pour une cagoule ou un masque antibactérien comme Michael Jackson, on fait quoi ? Et si on permet à ces femmes de porter la burqa chez elles, ça ne règle pas le problème. On fait juste (sans jeu de mots) le masquer… Ces femmes vont arrêter de sortir de chez elles, elles vont être encore plus cloitrées, plus isolées… On va commencer à envoyer des policiers chez les musulmans extrémistes pour savoir si leurs femmes se voilent ou pas ? Vous voyez, ce n’est pas aussi facile que ça a l’air… Les mononcles saoûls
Un (autre) récidiviste de l’alcool au volant a été arrêté avant-hier par la police de Saguenay.
Ça fait 10 fois que le bonhomme se faisait prendre à conduire qu’il était complètement paf. Avait-il 18 ans ? 20 ans ? 21 ? Non : 59. C’ÉTAIT LE BON TEMPS Remarquez, ce n’est guère surprenant. La grande majorité des récidivistes de l’alcool au volant sont des vieux mononcles saoûls nostalgiques de la « belle époque » où ils pouvaient conduire leur Lincoln Continental avec un 40 onces de gros gin entre les deux jambes et un paquet de Mark-Ten dans la manche de leur t-shirt. Et pendant ce temps, on veut interdire toute consommation d’alcool pour les jeunes automobilistes de 21 ans et moins… Je ne dis pas que les jeunes sont sans tache. Mais pourquoi viser cette tranche d’âge en particulier ? Il y a des jeunes automobilistes responsables comme il y a des vieux automobilistes tapons. Pourquoi faire payer tout un groupe pour les frasques commises par une minorité ? BIEN MEILLEUR GOÛT La Table québécoise sur la sécurité routière préconise la tolérance zéro pour les conducteurs de 21 ans et moins en disant qu’à taux d'alcoolémie égal, les jeunes sont quatre fois plus à risque d'avoir un accident qu'un adulte. D’accord. Mais selon la plupart des études effectuées à travers le monde, les hommes causent plus d’accidents de la route que les femmes et sont deux fois plus nombreux à boire de l’alcool tous les jours. Est-ce à dire qu’on devrait se montrer plus sévères envers les jeunes hommes qu’envers les jeunes femmes ? Après tout, si on peut tenir compte de l’âge quand on légifère, pourquoi on ne pourrait pas tenir compte du sexe ? C’est ça, le problème avec les législations qui ne visent qu’une partie de la population. On arrête où ? Si on trouve que la consommation d’alcool, même minime, est dangereuse, alors resserrons les règles pour tout le monde. Autant pour les jeunes que pour les vieux mononcles qui ont grandi à une époque où on l’intoxication avait bien meilleur goût. 28 Juillet 2010Un État éléphantesque
Un texte à lire absolument sur la fonction publique en France...
Les fonctionnaires se pognent le beigne à quatre mains. Par exemple: une fonctionnaire a été sermonnée par son patron parce qu'elle a remis un rapport écrit... dans la mauvaise fonte!!!! On lui a donné UNE SEMAINE pour imprimer son rapport dans la bonne fonte. Ça lui a pris... 25 secondes. Pas étonnant que la France croule sous les dettes... Gag du jour
Un lecteur m'a envoyé cette blague savoureuse et ô combien vraie...
En plein Paris, un pitbull enragé s’attaque à une fillette sous les yeux horrifiés d’une foule qui se garde bien d’intervenir. …. À l’exception d’un passant, qui se précipite au secours de la petite fille et qui, après une lutte féroce, maîtrise le chien et le tue. Un policier, arrivé sur les lieux, félicite le courageux passant. - Demain, je vois déjà les manchettes des nouvelles : « Un courageux parisien sauve une fillette d’une mort certaine sous les crocs d’un pitbull enragé ». - Je ne suis pas parisien, répond l'homme. - Alors : « Un Français courageux … » - Non, je ne suis pas Français. - On écrira alors : « Un Européen téméraire... » - Je ne suis pas Européen non plus - Mais alors, qu'est-ce que vous êtes ? - Je suis Israélien. Et, le lendemain, la presse française titre : « En plein Paris, un Israélien enragé massacre sauvagement un inoffensif petit chien». L'hypocrisie des artistes
Après Carlos Santana, les Pixies et Brian Eno, c’est maintenant au tour d’Elvis Costello de boycotter Israël en annulant une série de spectacles qu’il devait présenter à Tel-Aviv.
« C’est une question de conscience », a dit le musicien pour justifier sa décision. SILENCE RADIO Au Québec, 500 artistes québécois (dont Richard Desjardins, Yann Perreau et Gilles Vigneault) ont donné leur appui à la campagne Boycottage, désinvestissement et sanctions contre l'apartheid israélien, afin protester contre « le traitement inhumain que le gouvernement israélien fait subir au peuple palestinien »… Tout ça est bien joli. Mais ils sont où, nos valeureux artistes, quand le gouvernement iranien pend les homosexuels en public ? Avez-vous déjà entendu ces défenseurs de la liberté critiquer l’Arabie saoudite, le Soudan, la Corée du Nord, le Pakistan, l’Algérie, la Chine, la Russie, Cuba ? Jamais. Mais quand c’est le temps de pointer Israël ou les États-Unis du doigt, pas de problème, les artistes sont là ! Pourquoi cette indignation à deux vitesse ? Un juif qui se fout des droits de l’homme serait-il plus répréhensible qu’un arabe ou un asiatique qui agit de même ? LA FAUTE AUX YANKEES Ils étaient où, nos artistes, quand les terroristes du Hezbollah lançaient des roquettes sur la population civile israélienne ? Quand la Chine emprisonnait ses étudiants ? Quand Cuba internait ses homosexuels ? Quand la Syrie enfermait ses militants kurdes ? Nulle part. Trop occupés à traîner les Yankees dans la boue, j’imagine… À entendre les artistes, on croirait que seuls les Américains et les Israéliens commettent des injustices sur cette planète… En Algérie, la loi interdit les réunions publiques pour la pratique d'une religion autre que l'islam. Au Koweït et au Yémen, le gouvernement ne permet pas la construction de lieux de culte non musulmans. Au Soudan, au Pakistan et en Arabie saoudite, la conversion d’un musulman à une autre religion est passible de la peine de mort. Pourtant, aucun artiste ne dénonce ces pays ou ne prend la défense des chrétiens opprimés dans les pays musulmans… Pourquoi ? Certaines religions seraient-elles moins défendables que d’autres ? LA HONTE DES OCCIDENTAUX Dans The Flight of Intellectuals, un essai percutant dénonçant l’anti-américanisme et l’antisémitisme « bon chic bon genre » qui règnent dans certains milieux intellectuels occidentaux, le journaliste Paul Berman affirme que si les Occidentaux sont aussi rapides à dénoncer les sociétés occidentales (et aussi lents à critiquer les sociétés orientales), c’est qu’ils ont honte de ce qu’ils sont. « On dit que les Occidentaux souffrent d’un complexe de supériorité, dit-il. Or, c’est faux : nous souffrons d’un complexe d’infériorité ! Nous croyons que si nous sommes riches, c’est parce que nous avons pillé les autres pays. Si nous sommes puissants, c’est parce que nous exploitons les autres peuples. « Nous croulons sous la culpabilité, le remords… Nous sommes convaincus que si nous avons réussi, c’est parce que nous sommes racistes, impérialistes… Afin de nous excuser d’être riches, nous passons notre temps à répéter que nous sommes pauvres moralement et que LES AUTRES cultures sont riches spirituellement… » COUPABLES D’ÊTRE LIBRES ? C’est exactement ce que font nos artistes. Toujours prêts à dénoncer l’Occident. Jamais disponibles quand vient le temps de critiquer l’Afrique ou le Moyen-Orient. Comme s’ils se sentaient coupables de pourvoir gratter leur guitare sans problème… 27 Juillet 2010La balloune
Comme vous l’avez lu hier, une entreprise québécoise a mis au point un test de dépistage permettant aux patrons de savoir si leurs employés consomment de la drogue.
Six semaines après sa sortie, ce test a déjà trouvé preneur auprès d'une cinquantaine d’entreprises québécoises. « C’EST MA VIE ! » Pour certains, l’utilisation de tels tests en milieu de travail est une intrusion dans la vie privée des gens. Comme m’a écrit une auditrice de TVA en direct hier midi : « La marijuana reste dans le système très longtemps. Un lundi après-midi, on peut détecter des traces de cette drogue dans mon corps alors que j’en ai fumé le week-end. Or, ce que je fais hors des heures de travail ne regarde que moi, pas mon patron. » La dame a un point. Qu’est-ce que ça peut faire, à l’employeur X, si l’un de ses employés a fumé un joint deux jours avant de se présenter au boulot ? Ce n’est pas de ses affaires. L’important est que l’employé en question puisse accomplir ses tâches correctement. Personnellement, il y a une autre chose qui me chicote dans l’utilisation de ces tests en milieu de travail : ils sont « à sens unique ». Seuls les employés sont visés. UN LUNCH BIEN ARROSÉ Vous voulez me tester quand je reviens de mon heure de lunch pour savoir si j’ai fumé du pot ? O.K. Mais permettez-moi de tester mon boss pour savoir s’il n’a pas pris trois scotchs pendant son lunch. Non, mais c’est vrai : pourquoi les patrons auraient le droit de se paqueter la fraise sur les heures de travail, mais pas les employés ? Un employé qui se gèle la bine sur l’heure du lunch est irresponsable. Un employeur qui cale un apéro, une bouteille de vin et un digestif avec des « clients » sur l’heure du midi « fait de la représentation » et « brasse de grosses affaires ». Pourquoi ? Êtes-vous en train de me dire que fabriquer des clous est plus exigeant que diriger une fabrique de clous ? Si John the Third a le droit d’être « feeling » au boulot, pourquoi on refuserait la même chose à Ti-Jean ? Si t’es saoûl, t’es saoûl, que tu gagnes 20 000 $ ou 200 000 $... MINOU ET PITOU Je suis sûr qu’on en apprendrait des belles si on obligeait les patrons à souffler dans la balloune chaque fois qu’ils reviennent de leurs lunchs d’affaires… Les syndicats devraient exiger la réciprocité. « Vous testez nos membres pour savoir s’ils sont sobres ? Nous sommes entièrement d’accord : il est important d’avoir toute sa tête pour faire son travail. « D’ailleurs, on trouve tellement que c’est une bonne idée qu’on voudrait que vous fassiez la même chose… » Je suis convaincu que certains patrons y penseraient à deux fois avant de tester leurs employés ! UN P’TIT VERRE DE VINO ! Chaque fois qu’on apprend que des hauts fonctionnaires ou des cadres supérieurs ont fait le party aux frais de la princesse, l’alcool se retrouve toujours en tête de liste des dépenses. Et pas de la piquette, non : que des grands vins. Il n’y a rien de trop beau pour la classe dirigeante ! Et après ça, ça revient au bureau pompette, les joues rouges et le regard clair. Pourquoi on ne les testerait pas ? 26 Juillet 2010À voirHe shoots, he scores
Hier, je vous parlais du chroniqueur sportif Ted Bird qui, sur le site du réseau CTV, a pourfendu un journaliste qui avait osé demander à Andrei Markov s’il allait apprendre le français maintenant qu’il est citoyen canadien.
« Markov n’a pas à apprendre le français, a-t-il écrit. Il va évoluer dans des cercles anglophones et a des choses plus importantes à faire… » « UNE LANGUE STUPIDE » Ces propos vous choquent ? Vous devriez lire certains commentaires qui suivent la chronique de Bird, c’est encore plus méprisant. Brian : « Bravo pour Markov. De toute façon, le français est une langue stupide, compliquée, qui assigne un sexe à des objets. J’ai hâte de quitter cette province, et j’espère que Markov n’apprendra JAMAIS le français. » Joe : « Deviendra-t-il un meilleur joueur de hockey s’il patine en disant câlisse et tabarnac ? Idiots ! » CrackerJackLee : « Ça illustre comment sont les Québécois. Vous êtes les dernières personnes à parler français en Amérique. Les immigrants qui vont venir s’installer au Canada ne parleront pas français et vont tout faire pour envoyer leurs enfants dans des écoles anglaises. » Rich : « Markov connaît déjà des mots français, comme hot dog et shooter. Signé : un anglo fier. » NOUS SOMMES INTOLÉRANTS C’est quand même incroyable… Un Québécois francophone évolue au sein d’une équipe canadienne anglaise ? Il se fait traiter de « fucking frog », même s’il est parfaitement bilingue. Un joueur allophone ou anglophone qui joue pour les Canadiens de Montréal ne parle pas un maudit mot de français ? Pas de problème, il faut le laisser tranquille, il est dans son droit, on n’a aucune raison de le critiquer… On ne demande quand même pas à Markov de réciter par cœur l’œuvre complète de Molière ! Juste de pouvoir se débrouiller en français… Mais non, rien que demander ça est intolérant… C’est rendu qu’on doit avoir honte de demander aux gens qui viennent vivre et travailler au Québec de parler français !!!! Il y a quand même une maudite limite, non ? LES MOLLUSQUES Mais il y a pire : des francophones qui font la carpette… Il y a quelques jours, je vous ai fait part de mon aventure à bord d’un avion Air Transat. Deux agents de bord ont refusé de me parler en français. L’un d’eux m’a même dit que le français n’est pas plus important que le grec, au Canada… Eh bien, croyez-le ou non, mais trois lecteurs FRANCOPHONES m’ont écrit pour me crier des bêtises ! Selon eux, c’était moi, le problème, je n’avais pas à exiger d’être servi dans ma langue, je ne faisais qu’attirer le trouble… Pauvres mollusques. Pauvres moutons. Je n’ai pas fait une scène. J’ai juste demandé poliment d’être servi dans ma langue à bord d’un avion appartenant à une compagnie québécoise… C’est intolérant, ça ? J’aurais dû me la fermer et dire : « Yes, sir », « No, sir » ? DES EXCUSES Parlant d’Air Transat : le porte-parole de la compagnie m’a écrit le lendemain de la publication de mon texte pour me dire que le traitement que j’avais subi était inacceptable, et qu’Air Transat allait ouvrir « une enquête interne immédiatement ». Parfait. Mais, dites-moi, monsieur : votre entreprise aurait-elle agi aussi prestement si j’avais été un « simple citoyen » et si je n’avais pas écrit ma chronique ? Permettez-moi d’en douter… 25 Juillet 2010Un anglo bouché
Sur le site Internet du réseau CTV, on peut lire la chronique du commentateur sportif Ted Bird.
Le 19 juillet, Bird s’indignait du fait qu’un journaliste ait demandé à Andrei Markov s’il allait apprendre le français maintenant qu’il a obtenu sa citoyenneté canadienne. Pour lui, cette question était mesquine. « Markov n’a pas à apprendre le français, écrit Bird. Il va évoluer dans des cercles anglophones. Apprendre une langue est une lourde tâche, et Markov a des choses plus importantes à faire pendant la saison de hockey et des choses plus intéressantes à faire hors-saison que de s’asseoir dans une classe et de conjuguer des verbes… « Il faut vraiment être un journaliste sans talent pour poser ce genre de questions… » Ah oui, monsieur Bird ? C’est bizarre, mais moi, je trouve que c’est une maudite bonne question à poser à un hockeyeur qui gagne sa vie grâce à des MILLIONS de francophones… Prévenir les crimes d'honneur
Si vous êtes déjà allés à New York, vous savez que les taxis jaunes transportent des petits panneaux publicitaires sur leur toiture.
La plupart du temps, ce sont des pubs pour des films, des comédies musicales ou des bars de danseuses. Mais avant-hier, alors que j’étais de passage dans La Grande Pomme, j’ai vu une pub qui m’a jeté par terre. IMPOSSIBLE AU QUÉBEC On voit la photo d’une jolie jeune fille, avec ce petit texte : « Cette fille a été victime d’un crime d’honneur. Votre famille vous harcèle-t-elle ? Si oui, contactez LeaveIslamsafely.com » (traduction : Quittez l’Islam en toute sécurité) Vous imaginez une telle pub au Québec ? Ça serait impossible. Toute la petite gogauche se mobiliserait pour interdire cet « affront » à la liberté de religion. On dirait que c’est raciste, intolérant… Or, à New York, ville multiculturelle par excellence, pas de problème. Les chauffeurs de taxis peuvent se promener avec cette pub sur leur auto. Et pourquoi pas ? Si on peut sensibiliser les gens à la violence conjugale, je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas les sensibiliser aux dangers du fondamentalisme religieux… Après tout, tuer une femme par dévotion, c’est aussi grave que de tuer une femme par jalousie, non ? DES VICTIMES INNOCENTES Sur le site Leave Islam Safely, on retrouve les photos de dizaines de femmes qui ont été victimes de « crimes d’honneur ». Une ado de 15 ans qui a reçu 68 coups de couteau car « elle ne respectait pas les règles de l’Islam », une fille de 20 ans qui a été écrasée par son père, une adolescente qui a été enterrée vivante pour avoir parlé à des garçons, une immigrante britannique qui a été brûlée vive avec ses quatre filles… De même que les quatre victimes de la famille Shafia, à Kingston, Ontario. Toutes massacrées par des fous d’Allah. « Si vous songez à quitter l’Islam, prenez garde, disent les auteurs du site. N’en parlez ni à vos amis musulmans ni à votre famille. « Et si vous croyez être en sécurité parce que vous vivez en Amérique, détrompez-vous : la loi de l’Islam ne connaît aucune frontière. « Si vous craignez pour votre vie, contactez-nous à info@avoiceforthepersecuted.com. Nous ferons tout ce qui est possible pour vous aider… » À quand une campagne du genre chez nous ? 24 Juillet 2010La fin d'une époque?
L’état de notre système d’éducation vous désespère ? Vous trouvez qu’on n’encourage pas suffisamment l’effort et qu’on nivelle par le bas ?
Eh bien, j’ai de mauvaises nouvelles pour vous. YO, JULIETTE ! Selon un texte publié récemment dans le magazine MacLean’s, de plus en plus de professeurs ont recours au cinéma pour éduquer leurs élèves. On ne leur fait plus lire Shakespeare (trop dur, trop long et trop « déconnecté » de la réalité des jeunes d’aujourd’hui). On leur projette Romeo + Juliet, une adaptation hip-hop avec Leonardo DiCaprio. « Hey, Yo, Juliette, tu viens chiller avec moi ? » Dans le cadre d’un cours sur les différents systèmes de transport, un prof a même projeté la comédie Planes, Trains and Automobiles, avec Steve Martin et John Candy ! C’est comme si on montrait De père en flic pour parler du système de justice et de la lutte contre le crime… DU PABLUM INTELLECTUEL Jeudi dernier, Barbara Kay, chroniqueuse au très conservateur National Post, a suggéré qu’on devrait utiliser la bédé comme outil d’éducation pour les jeunes garçons. Au lieu de les obliger à lire d’ennuyants manuels sur l’Holocauste, par exemple, on devrait leur distribuer des bédés sur le sujet. « Tout le monde le sait : les garçons aiment bouger et leur imaginaire est plus orienté vers l’action, écrit-elle. Ils sont attirés par des livres qui contiennent des images excitantes, ça les stimule davantage… » Pourquoi ne pas leur présenter la comédie La vie est belle de Roberto Benigni, alors ? Comme ça, ils pourront rigoler… Au lieu d’encourager les jeunes à sortir de leur torpeur, on leur donne du fast-food intellectuel mâché d’avance. Du « manger mou » pour le cerveau… Comme ça, ils n’ont pas besoin de faire le moindre effort. Juste d’ouvrir paresseusement la bouche… LA SAUCE SUR LES PATATES Vous me direz qu’on n’a pas le choix, qu’il vaut mieux leur offrir des bédés qu’ils vont lire de la première à la dernière page que des manuels « savants » qu’ils n’ouvriront jamais. Peut-être. Mais vous ne trouvez pas ça triste, vous ? C’est comme les gens qui ne lisent que les chroniques dans les journaux. Parce que c’est plus drôle, plus vivant… Je le répète chaque fois que je rencontre des étudiants : un journal est constitué de textes et de chroniques. Les textes, les reportages, les entrevues, c’est la viande et les patates. Les chroniques, c’est la sauce qui accompagne le mets, le sel qu’on saupoudre sur les légumes, pour leur donner un peu plus de goût… Quelqu’un qui ouvre un journal pour ne lire que les chroniques a un régime « médiatique » déficient. Il se nourrit de sel et de sauce... LE TEMPS DES BARBARES ? Il y a quelques mois, j’ai croisé Denys Arcand dans une soirée. Je lui ai dit à quel point j’avais de la difficulté à intéresser mes enfants aux vieux films, à la « grande » littérature… « Oubliez ça, m’a-t-il dit, vous perdez votre temps. Cette bataille est terminée. Les jeunes vivent dans un autre monde, leur culture n’a plus rien à voir avec la nôtre. « Je ne dis pas qu’elle est moins valable. Je dis seulement qu’ils vivent dans un autre univers. Essayer de leur faire lire Shakespeare est absurde, c’est un exercice est voué à l’échec… » Déprimant… 22 Juillet 2010Un contrat échange?
Pierre Brillon, de Pierrefonds, a réagi à ma chronique d’hier sur l’Arabie Saoudite :
« Je me demande si le Canada n’a pas assoupli ses règles envers les Saoudiens qui veulent venir au pays en échange de l’annulation de la peine de mort contre Mohamed Kohail, ce jeune Canadien de 23 ans qui avait été condamné à être décapité ? » Maudite bonne question… Stars d'un soir
Suis-je le seul à me sacrer du fait que Lindsay Lohan aille en prison ?
S’il vous plaît, rassurez-moi, dites-moi que vous aussi, ça vous passe dix mille pieds par-dessus la tête… CONNUS POUR ÊTRE CONNUS Comment en sommes-nous arrivés là ? Avant, pour devenir célèbre, il fallait avoir fait quelque chose : traverser la Manche en solitaire, mettre au point un vaccin contre la polio, remporter un Oscar. Mais maintenant, plus besoin d’avoir de talent particulier. Vous pouvez être la dernière des pétasses, jouer comme un pied et chanter comme une casserole, il suffit que vous pétiez une crise sur un tournage et que vous fassiez deux overdoses pour devenir une célébrité mondiale. La gloire est maintenant une machine qui tourne à vide : vous êtes connu parce que vous êtes connu. Plus on vous voit, plus on veut vous voir. C’est la loi de la saucisse hot-dog. UNE EXPÉRIENCE UNIQUE Prenez les vedettes des émissions de télé réalité. Qu’est-ce qu’ils ont fait dans la vie à part se frencher dans un jacuzzi ? Rien. Pourtant, on les connaît par leur p’tit nom, on s’intéresse à leurs amours… Il y en a même qui ont publié leur autobiographie ! Avez-vous déjà feuilleté l’autobiographie de l’ex-lofteuse Elisabetta ? Je vous le recommande fortement, c’est une expérience existentielle unique, une plongée vertigineuse dans le vide, un tête-à-tête bouleversant avec le néant. On se dit : « Des millions et des millions d’années d’évolution, le bing bang, l’atome, le photon, les dinosaures, l’australopithèque, la Renaissance, les galaxies qui s’éloignent, les étoiles qui meurent, tout ça pour arriver à ça, l’autobiographie d’Élisabetta, comment elle s’est laissé conquérir par Maxime, comment elle a craqué pour Benoît, pourquoi elle aimait bien Mathieu mais un peu moins Jean-François, tout ça pour la modique somme de 24, 95 $... » DES HÉROS ANONYMES Il y a quelques mois, je suis allé à un souper bénéfice destiné à amasser des fonds pour le Centre de recherche du CHUM. La salle était remplie de chercheurs qui travaillent d’arrache-pied pour guérir le cancer, l’Alzheimer, le Parkinson… Je ne connaissais AUCUNE de ces personnes. Mais je sais que les productions Disney ont retouché électroniquement les seins de Lindsay Lohan dans Herbie Fully Loaded car ils les trouvaient trop gros pour un film pour enfants… Au milieu de la soirée, Jean-René Dufort, qui animait le gala, a demandé à ces chercheurs de se lever pour qu’on les applaudisse. Vous auriez dû voir leur visage… Pour la première fois, on reconnaissait leur travail, on saluait leur expertise ! « La recherche scientifique est un métier ingrat, a dit Dufort, qui connaît bien le sujet. Les chercheurs passent le plus clair de leur temps dans des sous-sols mal éclairés à remplir des demandes de subvention… » Ils devraient se frencher dans un bain-tourbillon. On leur courrait après avec un carnet de chèques… 21 Juillet 2010De si bons amis
C’est fou comme le temps arrange les choses.
Prenez les relations entre le Canada et l’Arabie Saoudite, par exemple. Au lendemain du 11 septembre, les relations entre les deux pays étaient au plus bas. Normal : on venait d’apprendre que 15 des 19 terroristes qui avaient participé aux attentats avaient un passeport saoudien. Veut, veut pas, ce genre de nouvelle jette un froid. UNE NOUVELLE ENTENTE Le Canada avait donc décidé de serrer la vis aux Saoudiens qui voulaient venir au Canada. Ils devaient obtenir un visa qui n’était valide que pendant 18 mois. Or, qu’ont nous ont appris deux reporters de l’Agence QMI, il y a quelques jours ? Que l’Arabie saoudite a réussi à convaincre le Canada d'assouplir les règles d'attribution de visas pour ses citoyens ! « Avec la nouvelle entente, la durée des visas a été portée à cinq ans, sans limites sur l'entrée et la sortie du pays, dans le but de faciliter le séjour des étudiants saoudiens. « Ces nouvelles dispositions ont été obtenues après une discrète campagne de lobbying à Ottawa… » UN RÉGIME ARRIÈRÉ Bref, sans que notre gouvernement n’en discute publiquement, l’Arabie Saoudite est redevenue un pays ami ! C’est-y pas beau, ça ? J’avais presque le goût d’aller acheter un gâteau pour fêter. Sauf que je suis tombé sur un texte publié le 8 mars dernier, qui a un peu refroidi mes ardeurs… L’Arabie Saoudite a beau être un pays ami, le régime, là-bas, est toujours aussi horrible. Les femmes ne peuvent pas sortir en public sans être accompagnées d'un homme de leur proche entourage. Elles ne peuvent pas travailler, voyager, se marier ou avoir accès à des services médicaux sans l’autorisation d'un père, d'un mari ou même d'un fils. SANS TAMBOUR NI TROMPETTE En février 2010, une Saoudienne a été condamnée à 18 mois de prison et à 300 coups de fouet pour être sortie de chez elle sans chaperon ! « Au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, les femmes sont soumises à toutes sortes de discriminations, déclare Nadia Khalifeh, une spécialiste des droits de la femme pour l’organisme Human Rights Watch. Mais l'Arabie Saoudite reste un cas exceptionnel puisque c'est le seul pays dans la région qui applique un système aussi strict et qui prive les femmes d'un minimum de droits… » Imaginez… En Arabie Saoudite, les femmes n'ont pas le droit de conduire un véhicule et elles sont obligées de se voiler pour déambuler dans la rue ! Et c’est avec ce pays qu’on est redevenu copain-copain ? Pas étonnant que le gouvernement canadien est resté discret sur le sujet et qu’il n’a pas annoncé cette nouvelle avec tambours et trompettes… UNE LOI RACISTE ? Parlant de voile… En France, il y a quelques jours, des fidèles d’Allah ont protesté contre la loi anti-burqa, disant qu’elle était discriminatoire et raciste… Or, au même moment, on apprenait que la Syrie avait décidé d’interdire le voile intégral à l’université ! « Toute étudiante ne respectant pas cette règle sera exclue », a affirmé le ministre de l’enseignement supérieur. Vous savez pourquoi le ministre a pris cette décision ? Parce qu’il a reçu plusieurs plaintes de parents ne souhaitant pas que leurs enfants étudient dans un environnement où règne l'extrémisme religieux ! Est-ce raciste, les amis ? Est-ce discriminatoire ? 20 Juillet 2010Inception: déception
Il n’y a rien de pire que d’entendre trop parler d’un film avant de l’avoir vu. Dans 90 % des cas, nos attentes sont tellement élevées qu’on ne peut qu’être déçu.
C’est ce qui m’est arrivé avec Inception, le dernier « blockbuster intelligent » de Christopher Nolan, le réalisateur des deux derniers Batman. POMPEUX ET CONFUS Si on en croit le « buzz » qui circule depuis des mois sur Internet, Inception (qui raconte les aventures d’un espion industriel qui entre dans les rêves de ses victimes pour dérober leurs idées) est le nouveau 2001 : l’Odyssée de l’espace, un chef-d’œuvre incontournable du cinéma de science-fiction. Ah oui ? J’ai trouvé personnellement que c’était une mauvaise copie de The Matrix, une œuvre pompeuse et confuse, qui veut tellement montrer qu’elle est « intelligente » qu’elle croule littéralement sous le poids de ses idées et de ses références (Total Recall, The Matrix, Solaris, Mission Impossible, James Bond). Ce n’est pas un film : c’est une équation mathématique, une illusion optique de M. C. Escher, un cube de Rubik créé par un nerd dans l’intention d’épater ses amis Facebook. UN GROS JEU MÉCANO Nolan a dépensé tellement de temps à emboîter les différents niveaux de son scénario les uns dans les autres (un rêve dans un rêve dans un rêve) qu’il a oublié de créer des personnages en chair et en os. Quant aux dialogues, ils sont aussi passionnants qu’un manuel d’algorithmes pour futurs programmateurs d’applications web en langage Java. Bref, j’ai eu autant de plaisir à regarder Inception qu’à tenter de monter un lit jumeau IKEA. LA VÉRITÉ EST UN MENSONGE Mais, bon, le film va quand même avoir un méga succès international. Car il dit EXACTEMENT ce que les gens veulent entendre en 2010 : « Ce qu’on vous présente comme la réalité n’est en fait qu’un gros mensonge créé de toutes pièces pour vous manipuler. » Bref, c’est un gros film porno pour amateurs de théories du complot. Tout ce que vous croyez vrai est faux, pour connaître la « vérité vraie », il faut aller au-delà des apparences, se déprogrammer, sortir du coma artificiel dans lequel le pouvoir nous maintient, ce que vous croyez être VOS opinions ne sont en fait que des IDÉES qui ont été implantées dans votre cerveau, blablabla… Guy Debord adorerait. DE BELLES CONSTRUCTIONS J’ai l’impression, depuis quelques années, que le cinéma n’est intéressé qu’à une chose : déconstruire la façon dont on peut raconter une histoire. C’est comme si les réalisateurs avaient décidé de se lancer des défis : voir combien de flashbacks ils peuvent accumuler dans un seul film, combien de séquences de rêves, d’histoires qui s’enchevêtrent, de personnages qui se croisent, d’univers parallèles qui s’interpellent. Babel, The Matrix, Adaptation, Being John Malkovich, Eternal Sunshine of the Spotless Mind, mêmes les séries Lost et Grande Ourse, c’est la nouvelle fièvre, le nouveau courant : jouer avec les différents niveaux de conscience, jongler avec les époques, brouiller les cartes entre la réalité et la fiction. Pour les uns, ça, c’est du cinéma. Pour moi, c’est du bricolage. Tout dans la construction, rien dans l’émotion. Mais, bon, je peux me tromper… INTERMINABLE En passant, c’est quoi, le trip avec les films qui durent deux heures et demie ? Comme disait Woody Allen : « Si tu ne peux pas dire tout ce que tu avais à dire en 90 minutes, c’est que tu es un mauvais cinéaste. » 19 Juillet 2010Les Noirs savent-ils nager?
Selon une étude d’Ipsos Reid rendue publique il y a quelques jours, les immigrants seraient plus à risques de se noyer.
En effet, près de 19 % des immigrants ne savent pas nager contre 4 % pour les Canadiens d’origine, et 31 % des immigrants sont nerveux autour de l’eau. Suis-je seul à trouver cette étude bizarroïde ? VISONS TOUS LES CITOYENS ! Je suis sûr que si on comptabilisait tous les accidents possibles qui se sont déroulés au cours de la dernière année (incendies, collisions, chutes, empoisonnements), et qu’on découpait ça par catégories de citoyens (âge, sexe, orientation sexuelle, origine, langue maternelle), on arriverait à des chiffres tout aussi « parlants ». Genre : les homosexuels francophones ont plus de risques de tomber en bas d’un dixième étage, ou les obèses rousses de 50 ans et plus sont plus susceptibles de mourir dans un incendie. Faudrait-il lancer des études pour savoir quelles tranches de la population ont le plus peur des hauteurs, ne savent pas comment éteindre un feu, connaissent les manœuvres pour éviter l’aquaplanage, maîtrisent les techniques de réanimation cardio-pulmonaire, causent le plus d’accidents sur les routes, sont plus susceptibles d’être allergiques à la moutarde ou de perdre la vie au cours d’une fusillade, etc. ? Il y a plus de noyades que l’an dernier ? Alors qu’on sensibilise TOUS LES CANADIENS à l’importance d’apprendre à nager ! Pourquoi viser des sous-groupes ? DÉCOUPER EN TRANCHES Étrange, quand même, cette manie de toujours découper la population en petites tranches. « 65 % des enfants abusés sexuellement sont (blancs, noirs, jaunes, rouges), on va donc diffuser une campagne de sensibilisation disant aux enfants (blancs, noirs, jaunes, rouges) de faire particulièrement attention quand ils se retrouvent seuls en présences d’adultes… » Voyons ! Verriez-vous une campagne de sensibilisation contre la violence conjugale qui viserait un groupe ethnique en particulier ? Tout le monde crierait au racisme, en disant : « Il n’y a pas plus de batteurs de femmes dans cette communauté que dans le reste de la population ! » LE CRIME A-T-IL UNE COULEUR ? On dit que les immigrants sont plus à risques de périr noyés que les autres Canadiens. Je ne trouve pas ça assez spécifique… Pourquoi ne pas y aller par régions ? Genre : « Les immigrants d’Afrique sont plus à risques que les immigrants d’Europe. » Ou « Les immigrants d’Afrique du Nord sont plus à risques que les immigrants d’Afrique du Sud »… Comme ça, on pourrait être encore plus efficace ! On pourrait y aller aussi par sexe et religion : « Les immigrantes musulmanes d’Asie du Sud-Est sont plus à risques que les immigrantes catholiques d’Asie du Sud-Est… » Non, mais tant qu’à cibler, ciblons ! Ne nous perdons pas dans des généralités ! Apposons aussi une couleur ou une religion à la criminalité et à la déliquance, tant qu’à faire, histoire de mieux cibler nos interventions ! DANS LE MÊME BATEAU Quand va-t-on enfin le comprendre : nous sommes TOUS ENSEMBLE dans le même bateau, nous sommes TOUS des Québécois, avec les mêmes droits et les mêmes devoirs. On veut dire aux gens qu’il faut porter un condom ? On envoie le message à TOUTE la population ! On veut dire aux gens qu’il faut qu’ils surveillent leurs enfants aux abords des piscines ? On le dit à tout le monde ! Pas à un sous-groupe spécifique… 18 Juillet 2010Meunier, l'ovni
Vous rappelez-vous la première fois que vous avez vu Claude Meunier à l’œuvre ?
J’étais au cégep, et à la fin du spectacle, j’avais l’air de Richard Dreyfuss quand il voit sa première soucoupe volante dans Close Encounters : les yeux exorbités, la mâchoire inférieure frôlant le plancher, pensant : « Kessé ça, cibole ? » MÉCHANT CHOC Je me souviens, je me suis retourné vers mon chum, et je lui ai demandé : « Pis, as-tu aimé ça ? » « J’sais pas, j’ai rien compris », m’a-t-il dit. « J’pense qu’il y avait rien à comprendre », que je lui ai répondu, tout aussi perplexe. Il faut dire que Paul et Paul (de même que Les Frères Brosse et la gang de La Quenouille bleue, quelques années auparavant) détonnait complètement de tout ce qui se faisait à l’époque. Passer d’Yvon Deschamps à ça, c’était comme passer de Félix Leclerc à Lucien Francoeur. Un jour, un guitariste avec une grosse voix chante L’île d’Orléans. Le lendemain, un freak avec des bas résille gueule : « Embarque avec moé, dans mon char de mongol, t’es mon parc Belmont sexuel »… Méchant choc. TROP DE RÉALITÉ Annie Le Brun est une essayiste que j’aime beaucoup. Elle a entre autres écrit un magnifique bouquin sur Sade : Soudain un bloc d’abîme, Sade. En 2000, cette adepte du mouvement surréaliste a publié un essai intitulé Du trop de réalité. Le monde moderne, disait-elle, est envahi par une réalité débordante, qui vient nous assiéger au plus profond de nous-mêmes. Plus moyen d’échapper à l’information, aux nouvelles, à la politique, aux faits divers. Le rêve a purement et simplement disparu de notre horizon, il n’y a plus aucune place pour la poésie, l’imaginaire. Je pense que Claude Meunier, c’est ça. Un gros fuck you à la réalité qui nous étouffe. Sol sur l’acide. L’INDIGESTION Quand Ding et Dong est apparu sur le radar, on venait tout juste de sortir de la première campagne référendaire. Des mois et des mois à parler de politique, de pays, d’économie. La réalité nous sortait par les oreilles. On voyait le drapeau du Québec, et on avait des haut-le-cœur. C’était aussi grave que ça… On avait beau adorer Deschamps, on avait besoin de prendre une pause de ses « messages ». Films à message, humour à message, chansons à message — on avait donné. Et pour quoi ? Pour rien… Est arrivé Meunier. Des phrases qui ne veulent rien dire, de l’humour sans punch, des dialogues qui créent une distance entre les gens au lieu de les rapprocher. C’était EXACTEMENT ce qu’il nous fallait. Meunier était comme deux Tylenol au lendemain d’une grosse brosse. FULL VIDE Il y a trois mois, Annie Le Brun a publié un livre intitulé Si rien avait une forme, ce serait cela. Le titre colle parfaitement à l’univers de Claude Meunier. Meunier, c’est le poète du vide. Vide post-référendaire, post-utopies. Ses personnages ont des rêves, mais ne savent plus comment les exprimer. Ils ont des désirs, mais ne savent plus comment les communiquer. Ils parlent, mais leurs mots ne veulent plus rien dire. Leur vide est tellement plein, tellement lourd, tellement dense qu’il les paralyse. Demain, le Québec lui rendra hommage. Espérons qu’on trouvera les mots justes pour lui dire tout le bien qu’on pense de lui. 17 Juillet 2010Une poitrine, deux cuisses
Les blondes aux gros seins, on le sait, sont des nunuches.
(Enfin, selon les brunes aux petits seins. Personnellement, je ne suis pas aussi tranché. J’attends toujours de voir — pardon : d’entendre — avant de juger…) Mais ça n’a pas empêché Pamela Anderson d’avoir une bonne idée. TROP COCHON POUR MONTRÉAL Afin de promouvoir le végétarisme, et de sensibiliser les gens aux traitements cruels qu’on inflige aux animaux, l’ex star de Baywatch a posé pour une affiche la montrant en bikini, le corps découpé de pointillé comme si c’était une pièce de viande, avec les différentes coupes bien identifiées : côtes, poitrine, épaules, etc. « All the animals have the same parts », clame l’affiche (« Tous les animaux sont faits des mêmes morceaux »). C’est drôle, original. Et sexy. Mais les fonctionnaires de la Ville de Montréal ont trouvé, eux, que c’était cochon et sexiste. Alors ils ont interdit cette campagne sur le territoire de la Ville. DANSES À DIX C’est quoi, le problème ? Le fait que la star soit en bikini ? Voyons, la ville de Montréal est remplie d’affiches de bars de danseuses invitant les passants à venir peloter de jolies demoiselles pour dix dollars la danse ! Le fait que l’affiche compare Pamela Anderson à un animal ? Mais c’est justement le but de cette campagne astucieuse : montrer que les animaux et les êtres humains partagent la même anatomie ! Le fait que le corps de la pin-up soit découpé comme un morceau de viande ? C’est justement la question que pose cette affiche : on ne découperait pas un être humain, pourquoi on découperait un animal ? On peut être d’accord ou pas avec les idées exprimées par cette campagne, mais dire qu’elle est sexiste est profondément ridicule ! CACHEZ CE (GROS) SEIN Si c’était un homme qui était montré de la sorte, en Speedo hyper moulant avec des pointillés partout sur le corps, l’affiche aurait-elle été acceptée par les fonctionnaires de la ville ? Bien sûr que oui ! On l’aurait placardée partout. Mais vu que c’est une femme (et une femme sexy, avec — ô scandale ! ô crime ! — de gros nichons), c’est considéré comme allant à l’encontre des « valeurs » de la ville. Les valeurs de la ville ? Faites-moi rire ! Depuis quand Montréal a des valeurs ? Les prostituées font le trottoir sans problème, certains parcs sont jonchés de condoms et de seringues, les bars de danseuses annoncent leurs couleurs avec des néons qui flashent et des bonimenteurs qui invitent les passants à venir voir « la jolie Manon dans la deuxième partie de son spectacle », et vous jouez les vierges offensées ? Maudits hypocrites… LA CONFUSION RÈGNE « Les publicités stigmatisent la femme dans un rôle qui n'est pas égalitaire à l'homme. C'est une publicité qu'on considère sexiste, c'est une pose éminemment sexuelle et ça réduit la femme à une offre permanente sexuelle », clame la directrice du Réseau québécois d'action pour la santé des femmes. Mon Dieu… Et pendant ce temps-là, il ne faut pas critiquer les femmes qui portent le voile et se cachent le visage sous prétexte que c’est « leur choix »… C’est fou comme le mouvement féministe nage en pleine confusion. On pointe du doigt Pamela Anderson, et on défend le droit des femmes de porter la burka… 16 Juillet 2010Bravo!
Wow!
Ça a pris SEULEMENT 87 jours à BP pour venir à bout de son problème! Félicitations! Ça, c'est une entreprise efficace et responsable!!!! 15 Juillet 2010Une Église ouverte et moderne
Selon le Vatican, qui vient de publier un document dévoilant les nouvelles règles à adopter face aux prêtres pédophiles, l'ordination des femmes est un "crime grave", au même titre que le viol d'enfants.
Oui, monsieur! Parlez-moi d'une Église à gogo! What's the problem?
Il y a deux semaines, j’ai pris l’avion avec ma femme et mes enfants.
Un vol Air Transat en direction de l’Europe. DIALOGUE DE SOURD Pendant le vol, ma femme demande à une agente de bord si elle peut avoir un jus d’orange pour le petit. « What ? » « Un jus d’orange, s’il vous plaît… » « What ? » « Vous ne comprenez pas le français ? », de demander ma femme. « No, no… », répond l’agente de bord, excédée. « Comment ça se fait ? lui demande ma femme en anglais. À ce que je sache, Air Transat est une compagnie québécoise. C’est la moindre des choses d’être servie en français à bord d’un transporteur aérien basé à Montréal, non ? » L’agente de bord hausse les épaules. « Je viens de Toronto, répond-elle en anglais, et quand j’ai été embauchée, on ne m’a pas demandé si je parlais français, ce n’était pas important… » PARLEZ-VOUS GREC ? Sur ce, l’agente de bord tourne les talons et va se plaindre à l’un de ses confrères à l’autre bout de l’allée. Elle lui parle en nous pointant du doigt. « Tu aurais dû lui dire qu’elle descende de ses grands chevaux », lui dit l’autre agent de bord en anglais, assez fort pour qu’on l’entende. Puis il se dirige dans notre direction d’un pas ferme. « Quel est le problème ? nous demande-t-il dans la langue de Stephen Harper. Ma consoeur m’a dit que vous étiez rude avec elle… » « Nous n’avons pas été rude, dis-je en anglais. Nous lui avons juste demandé pourquoi elle ne parle pas un mot de français alors qu’elle travaille comme agent de bord pour Air Transat… » Le gars nous jette un regard haineux et se met à nous parler en grec d’un ton tranchant. « Désolé, lui dis-je, je ne parle pas grec. » « Oh no ? You don’t speak greek ? Well, I don’t speak french. What’s the problem ? » TOUTES LES LANGUES S’ÉQUIVALENT Voici le multiculturalisme dans toute sa splendeur. Le français n’est pas plus important que le grec au Canada. C’est l’une des nombreuses langues qui sont parlées au pays. Comme le cantonnais, l’arabe et l’italien. Ne pas parler français à bord d’un avion d’Air Transat n’est pas plus grave que ne pas parler grec ou hindi. Toutes les langues s’équivalent, aucune n’est plus importante que l’autre. Deux jours plus tard, je prenais un avion reliant Athènes et Santorin. Tous les agents de bord présents dans l’avion parlaient grec. Pourquoi ? Parce que c’était un transporteur aérien grec, et qu’en Grèce, les gens qui travaillent avec le public parlent grec. Et ça ne viendrait jamais à l’idée d’un Grec de contester ce fait, ou de mettre le français ou l’allemand sur le même pied que sa langue… Les Grecs, voyez-vous, respectent leur culture et leur identité. NOTRE FAUTE C’est quand même hallucinant. Deux agents de bord d’Air Transat ne parlent pas un maudit mot de français, et c’est MOI qui devrais me sentir mal ? C’est EUX qui me font la leçon ? Pincez-moi, je rêve… Remarquez, je suis sûr que c’est la première fois que ces employés entendaient des passagers se plaindre. Après tout, nous sommes au Québec. Le seul endroit au monde où les gens qui se font marcher sur les pieds se confondent en excuses… 13 Juillet 2010Pour la suite du monde
J’aimerais revenir sur les propos du réalisateur Jacob Tierney, qui a affirmé que le cinéma québécois était refermé sur lui-même, car montrant exclusivement des francophones…
UNE MINORITÉ INVISIBLE Si j’avais Tierney devant moi, je lui poserais une question, une seule : « Nommez-moi un film canadien où l’on voit des francophones… » Je serais curieux d’entendre sa réponse… Où sont les Canadiens français dans les films de David Cronenberg ? D’Atom Egoyan ? De Guy Maddin ? De Don McKellar ? De Bruce McDonald ? De Deepa Mehta ? Nulle part. Un étranger qui regarderait les films de ces cinéastes aurait l’impression que personne ne parle français au Canada. Or, est-ce qu’un réalisateur québécois a déjà dit que le cinéma canadien anglais était refermé sur lui-même et qu’il ne représentait pas la diversité du pays ? Non. Si c’est correct pour les cinéastes canadiens anglais d’occulter complètement la communauté francophone dans leurs films, je ne vois pas pourquoi ça serait honteux de ne pas voir d’anglophone dans les films québécois… What’s good for Minou is good for Pitou, non ? DEUX POIDS, DEUX MESURES C’est toujours la même histoire… Les Canadiens anglais se foutent des francophones ? Pas de problème. La culture québécoise s’intéresse plus aux francophones qu’aux anglophones ? C’est parce que les artistes québécois sont frileux et refermés sur eux-mêmes. Voulez-vous me dire pourquoi on juge toujours plus sévèrement les Québécois francophones que les Canadiens Anglais ? Pourquoi sommes-nous toujours tenus de respecter des standards plus élevés que le reste du pays ? Jamais Jacob Tierney ne se serait adressé aux Canadiens anglais pour leur dire que leurs films ne reflètent pas suffisamment la culture francophone. Pourquoi se permet-il de nous faire la leçon, alors ? ARCAND EST-IL FRILEUX ? Tierney dit qu’il y a trop de blancs dans les films québécois, que ça manque de diversité. Elle est où, la diversité ethnique dans le cinéma japonais, danois, italien, suédois, coréen, sénégalais ? Quand Ingmar Bergman fait un film suédois montrant des Suédois blonds aux yeux bleus vivant des problèmes suédois propres à la Suède, on crie au génie. Quand Denys Arcand prend quatre intellectuels blancs francophones pour parler du Québec, on dit qu’il manque d’ouverture… Elle est où, la « diversité ethnique » dans les films de Lars von Trier, de Tsai Ming-liang, de Woody Allen ou de Kiyoshi Kurosawa ? Le Thaïlandais Apichatpong Weerasethakul, qui a gagné la Palme d’or à Cannes pour Oncle Boonmee, est-il un cinéaste « ouvert sur le monde » ? Non. À ce que je sache, ça n’a empêché aucun critique de le porter aux nues. PAS À AVOIR HONTE Comprenez-moi bien : je ne dis pas que le cinéma québécois ne devrait s’intéresser qu’aux problèmes des Québécois de souche. Je dis seulement que ce n’est pas parce qu’on n’y voit aucun immigrant que le cinéma de Pierre Perrault est méprisable et arriéré… Comme le disait Stéphane Laporte dans son blogue : « Le seul cinéma qui décrit la réalité des Québécois de souche, c’est le cinéma québécois. Ce n’est pas le cinéma américain ou le cinéma canadien qui va s’en charger. « Nous sommes une minorité. Vivement des films qui nous racontent pour nous permettre de se voir un peu entre un Avatar et un Twilight. On n’a pas à se sentir mal de ça. » 12 Juillet 2010Lettre à la police du tabac
Messieurs, mesdames les fonctionnaires de la police du tabac.
Je suis présentement à l’étranger, mais grâce à la magie d’Internet, j’ai pu prendre connaissance de l’action courageuse que vous avez menée contre les directeurs du Musée Gilles-Villeneuve, qui ont osé (les bandits ! les criminels !) exhiber des photos du coureur automobile arborant fièrement le logo Malboro sur son casque et sur sa combinaison. DE VRAIS HÉROS Vous ne savez pas à quel point je suis fier de vous. Quelle force de caractère ! Quelle bravoure ! Quelle belle utilisation des deniers publics ! Vous êtes un véritable modèle pour les jeunes. J’ai juste un petit reproche à vous faire : pourquoi cibler uniquement Gilles Villeneuve ? Pourquoi ne pas également arrêter Mégot, le chef d’orchestre de Céline Dion ? Ou demander au Conseil de Presse de blâmer publiquement tous les reporters judiciaires qui utilisent l’expression « passer à tabac » ? PAS DE FUMÉE SANS FEU Voici quelques tâches que vous pourriez accomplir au cours des prochains mois afin de mieux protéger la santé de nos chers enfants : 1) Bloquer aux douanes les livres d’histoire comprenant une photo de Winston Churchill en train de fumer un cigare. 2) Demander aux producteurs de cinéma d’effacer digitalement les cigarillos que fume Clint Eastwood dans les films de Sergio Leone. 3) Demander à Rufus Wainwgright de changer le titre de sa chanson Cigarettes and Chocolate Milk pour Carrots and Chocolate Milk ou Brocolli and Soy Milk. 4) Obliger Télé-Québec à diffuser un documentaire sur le cancer après chaque épisode de la série Mad Men. 5) Publier des photos de poumons carbonisés, de pénis flasques et de gencives purulentes sur les pochettes des CD de Serge Gainsbourg. 6) Permettre à la police d’utiliser le Teaser Gun contre les fonctionnaires qui fument devant les édifices gouvernementaux. 7) Et, finalement, brûler les livres de Pierre Falardeau (ou obliger l’éditeur à changer le titre La liberté n’est pas une marque de yogourt par Fumer c’est dangereux pour la santé tabarnac). SUBVENTIONS SPÉCIALES Cela dit, j’accorderais quand même un passe-droit aux autochtones. En effet, nos frères des Premières nations n’entretiennent pas le même rapport que nous avec le tabac. Pour eux, la nicotine n’est pas une substance nocive qui cause le cancer, mais un élément sacré qui leur permet d’entrer en contact avec les dieux. Je leur accorderais donc des subventions spéciales pour qu’ils puissent construire des cabanes à cigarettes partout sur leurs réserves, et ainsi contribuer à mieux faire connaître leur culture en vendant du tabac aux mineurs. Pourquoi ne pas leur permettre d’installer directement des comptoirs dans les écoles de la province ? Ça permettrait ainsi de lutter contre la discrimination et de jeter un pont entre nos communautés… UNE FARCE Sérieusement… Quand j’ai lu cette nouvelle sur Internet, je ne le croyais pas, je pensais que c’était une blague… Faut le faire ! Gilles Villeneuve était un coureur automobile, il a passé sa vie à brûler du carburant, à piloter des bolides hyper polluants qui tournent en rond en faisant un bruit d’enfer et en crachant du CO2 à pleins tubes, et on voudrait censurer quelques-unes de ses photos parce qu’il portait un logo de cigarettes sur son casque ? La stupidité de l’État est sans fond… 11 Juillet 2010Cachez-vous, Sun TV arrive!
Il y a quelques jours, je vous faisais part de la réaction de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) à l’annonce de l’arrivée prochaine de Sun TV News, un réseau d’information « de droite » financé par Quebecor.
Selon ces gardiens du bon goût journalistique, l’existence d’une telle station serait une menace à la démocratie, rien de moins. Comme si les citoyens canadiens n’étaient pas capables de penser par eux-mêmes. Comme s’il fallait les protéger des « mauvaises idées », comme si seuls les journalistes « de gauche » étaient rigoureux… VIVE L’ÉQUILIBRE Heureusement, les spécialistes des médias ne sont pas tous aussi condescendants et aussi frileux. Dans un texte récemment publié dans les pages du Vancouver Sun, David M. Haskell, qui enseigne le journalisme à l’université Wilfrid-Laurier, affirme que le Canada a besoin d’un tel réseau. Pourquoi ? Pour contre-balancer le discours de gauche, qui est omniprésent dans nos médias. « En 2005, deux professeurs de l’université Ryerson ont analysé les parti-pris idéologiques des directeurs de l’information des principaux réseaux de télé du pays, écrit-il. Le résultat de leur recherche a été publié dans le Canadian Journal of Communication. « Leur étude démontrait que les directeurs de l’information sont plus à gauche que la population canadienne. « David Pritchard et Florian Sauvageau étaient arrivés au même résultat quelques années plus tôt. Ils ont découvert que la majorité des journalistes télé avaient le sentiment que l’organisation pour laquelle ils travaillaient penchait vers la gauche… » UNE CALAMITÉ ? David M. Haskell rappelle aussi que dans leur livre Hidden Agendas : How Journalists Influence the News, Lydia Miljan de l’université de Windsor et Barry Cooper de l’université de Calgary démontraient eux aussi que les journalistes des médias nationaux privilégiaient les points de vue de gauche dans leurs reportages… N’est-ce pas ce que les journalistes défendent — la diversité d’information ? Pourquoi l’apparition dans le paysage télévisuel canadien d’une station de télé offrant un autre point de vue serait-il une calamité ? DES « FAUX » JOURNALISTES C’est bizarre, mais quand j’ai appris qu’un conglomérat créait un réseau d’information en pleine crise économique, alors que la plupart des médias coupent des postes et réduisent leurs effectifs, je me suis dit : « Wow, les journalistes vont être contents, ça va créer des jobs ! » Après tout, un journaliste de droite est quand même un journaliste, non ? Eh bien, il semble que non. Pour la FPJQ, seuls les travailleurs de l’information de gauche peuvent mériter le titre de « journaliste ». Les autres sont de vulgaires idéologues qui utilisent le noble titre de « journaliste » pour véhiculer des idées répugnantes et dangereuses… D’ailleurs, avez-vous remarqué ? Chaque fois qu’on utilise le terme « démagogue », c’est pour dénigrer un journaliste de droite. Comme s’il n’y avait pas de démagogue de gauche !!! Pourtant… LA FPJGQ La FPJQ devrait peut-être s’appeler la FPJGQ : la Fédération professionnelle des journalistes de gauche du Québec. Comme ça, ça serait plus clair. On saurait tout de suite qui ils défendent et de quel côté ils penchent. C’est quand même hallucinant. On applaudit à deux mains le fait qu’on peut capter les ondes d’Al Jazeera au Canada. Mais on panique à l’idée qu’un réseau tel que Sun TV News puisse voir le jour ! Le monde est un cartoon, je vous dis… De kossé?
Un lecteur, Maxime Durand, m’a suggéré de consulter le site de Transport Canada.
On y trouve un texte intitulé « Méthode possible de calcul des coûts financiers du transport routier au Canada ». Voici ce qu’on peut y lire : « Cet exposé technique propose avance une méthode approche possible pour le calcul de l'estimation d'estimation préliminaire des coûts financiers du liés au transport routier au Canada. « Tel qu'énoncée dans le comme précisé dans le Plan de document de travail, les différentes phases du projet se envisagées se rapportant aux routes seraient dans le cadre du projet pourraient être les suivantes… » C’est comme ça sur une page… Le Canada est un pays bilingue, dit-on. Bien tiens… Air connu
Selon le cinéaste Jacob Tierney, le cinéma québécois ne présente que des blancs francophones.
Dites-le donc, monsieur, ça vous brûle les lèvres : « Le Québec est raciste », c’est ça ? Pourquoi vous n’exprimez pas clairement votre point de vue, au lieu de tourner hypocritement autour du pot ? Bizarre, moi, je regarde le cinéma italien, le cinéma suisse, le cinéma danois, le cinéma japonais, et ils sont assez homogènes eux aussi... Pourquoi on ne traite pas ces réalisateurs de racistes? Pourquoi viser seulement les québécois? UNE FAUSSE BONNE NOUVELLE
Beaucoup de gens m’ont écrit pour me dire qu’ils étaient heureux d’apprendre qu’aucune mosquée ne sera finalement construite sur le site du couvent des Sœurs grises.
« Je suis content de voir que le gouvernement du Québec a mis ses culottes et a acheté le bâtiment que convoitait la communauté musulmane », m’a écrit un lecteur. À cette nouvelle, je réponds deux choses. 1) Le problème n’est pas que des musulmans construisent une mosquée, ils en ont parfaitement le droit, on ne vit quand même pas sous une dictature ! Le problème est que cette grande mosquée aurait été dirigée par des adeptes des Frères Musulmans, un groupe qui défend une vision particulièrement rigide — pour ne pas dire fasciste — de l’Islam. C’est ça qui m’inquiète. 2) Le fait que cette mosquée aurait été construite sur le site d’un ancien couvent catholique me passe dix mille pieds par-dessus la tête. On transforme bien des églises en condos ou en discothèques, pourquoi pas en mosquées ? LA VRAIE QUESTION Oui, cette grande mosquée ne sera finalement pas construite sur le site des Sœurs Grises. Et alors ? Ça ne règle absolument pas le problème. Ils vont juste la construire ailleurs. Sur le site d’un ancien Dairy Queen, à côté de la Croix du Mont Royal ou dans le Stade olympique… Le problème n’est pas OÙ cette mosquée sera construite. C’est QUI la dirigera une fois qu’elle sera construite, et quels genres de propos on pourra y entendre… Un faux scandale
J’ai beau appuyer l’indépendance du Québec, les souverainistes m’épuisent.
Enfin, CERTAINS souverainistes. ILS ONT NOMMÉ UN FÉDÉRALISTE ! Prenez les réactions suscitées par la nomination de David Johnston au poste de gouverneur général. Selon Mario Beaulieu, président de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, cette nomination est scandaleuse car l’homme a déjà écrit un livre contre l’indépendance du Québec. Il a aussi été coprésident du comité du Non lors du référendum de 1995. Et alors ? J’espère que le gars est contre l’indépendance du Québec : il est gouverneur général du CANADA ! Qui auriez-vous aimé qu’on nomme à ce poste ? Biz ? UNE NOMINATION LOGIQUE « C’est un fédéraliste extrémiste », lance Mario Beaulieu, en parlant de David Johnston. C’est quoi, un fédéraliste extrémiste ? Quelqu’un qui veut tatouer une feuille d’érable sur les fesses de tous les citoyens canadiens ? Un homme qui traîne une photo de Rita MacNeil dans son portefeuille ? Personnellement, je trouve la nomination de David Johnston beaucoup plus logique que celle de Michaëlle Jean. Au moins, Johnston ne s’est jamais fait filmer en train de porter un toast à « l’indépendance de la Martinique et à toutes les indépendances », comme l’a fait l’ex-lectrice de Radio-Canada dans le film La Manière nègre ou Aimé Césaire, réalisé par son mari Jean-Daniel Lafond. On ne l’a jamais entendu dire : « L’indépendance, ça ne se demande pas, ça se prend ! » Il ne s’est pas découvert une passion pour le Canada le jour où on lui a remis les clés de Rideau Hall… 6 Juillet 2010Défense du cinéma québécois
Un EXCELLENT texte de Stéphane Laporte.
Je suis jaloux, j'aurais aimé l'écrire! Il a parfaitement raison... La chute
Comme le commandant Piché il y a quelques années, le bijoutier 'héroïque" a un côté sombre...
Pas facile de se retrouver sous les projecteurs... 5 Juillet 2010Les brutes
Certaines personnes m’ont écrit pour me demander ce que je pensais de la marche contre la brutalité policière.
Franchement, pas grand-chose. DANSE DU BACON Le jour où la gauche sera aussi rapide à pourfendre les casseurs qu’elle ne l’est à critiquer la police, le sujet m’interpellera. D’ici là, il ne m’inspire strictement rien. J’ai déjà assez d’un p’tit de deux ans qui fait la danse du bacon pour attirer l’attention à la maison, pas besoin en plus d’une bande de pseudo-anars qui provoquent la police afin de passer pour de pôvres victimes du système… Des gens ordinaires qui n’avaient rien à se reprocher ont été arrêtés et malmenés à Toronto ? C’est désolant, oui. Mais avant de crier au fascisme et à la dictature, qu’ils condamnent les casseurs professionnels qui font tout ce qu’ils peuvent pour mettre le feu aux poudres et transformer chaque manif altermondialiste en émeute… Ce sont eux, les brutes. Chaque fois que ces sauvages pètent une vitrine, chaque fois qu’ils se masquent le visage pour foutre le feu à une auto, ils poussent un peu plus la population du côté des forces de l’ordre. Ils croient détruire le système ? Pauvres imbéciles : ils le renforcent. VIVE LA VIOLENCE ! Vous voulez savoir comment ces « militants anticapitalistes » pensent ? Lisez les appels aux armes qu’ils publient sur Internet, vous allez voir, c’est édifiant. Pour ne pas dire lénifiant. « Rien n’est plus violent que le système capitaliste, affirme un regroupement d’activistes sur un site anti-G20. La réaction du peuple, fut-elle violente, est un acte de légitime défense contre la tyrannie. « Notre violence est l’explosion d’une rage qui bouillonne perpétuellement en nous. Notre violence est le refus catégorique de la politesse. Pour l’heure, notre violence reste symbolique. Mais nous voulons dépasser le symbolique. « Le silence et la passivité sont synonymes de consentement et de complicité. La non violence est un dérèglement mental. Nous rejetons la civilité. « Les bureaucrates communautaires, les chefs syndicaux, les porte-parole de l’altermondialisme bon chic bon genre, bref, tous les apôtres dociles de la non violence, sont les capos du système. Nous dénonçons leur complicité. « Nous aspirons à l’effondrement de l’État et du système capitaliste, et nous sommes déterminés à miner ses fondements par tous les moyens nécessaires… » LE FANTÔME DU CHE Brillant, n'est-ce pas ? Rappelons que la Coalition des luttes anticapitalistes, qui a organisé la marche destinée à dénoncer la répression policière, n’a pas hésité une seconde à justifier les actes de vandalisme commis à Toronto. Avant de dénoncer la brutalité de la police et le « fascisme » des forces de l’ordre, pourrait-on s’il vous plaît condamner la stupidité de ces casseurs qui se cachent derrière le fantôme de Che Guevara pour justifier leur goût de la violence ? Ça prie en titi
Montréal serait-il le nouveau paradis des lieux de culte?
Un texte de Pierre Lacerte, à lire absolument... 4 Juillet 2010Avec pas de casque
Vous avez eu connaissance du cas d’accommodement raisonnable qui s’est déroulé en Ontario ?
En décembre 2005, le gérant d’une succursale de Home Depot située à Milton, près de Toronto, a ordonné à Deepinder Loomba, un employé d’obédience sikhe, d’enlever son turban et de porter un casque protecteur, à cause des travaux de construction qui se déroulaient à l’intérieur du magasin. « La loi sur la santé et la sécurité au travail exige qu'un casque protecteur soit porté en tout temps sur les chantiers », lui a expliqué le gérant. VICTIME DE DISCRIMINATION L’homme a refusé d’enlever son turban en disant que c’était contre sa religion. Le gérant lui a signifié que s’il refusait, il pourrait être renvoyé. Piqué au vif, monsieur Loomba a déposé une plainte au Tribunal des droits de la personne de l'Ontario (TDPO) pour discrimination. Or, il y a quelques jours, le Tribunal lui a donné raison. Selon la vice-présidente du TDPO, monsieur Loomba a été victime d’un traitement discriminatoire qui va à l’encontre de la Charte des droits. Son patron n’aurait jamais dû lui demander d’enlever son turban et de porter un casque protecteur, même si la loi l’exigeait. LE MONDE À L’ENVERS « Le plaignant a été traité différemment à cause de son turban et ce traitement inégal était négatif », a expliqué la vice-présidente du TDPO dans son jugement. Pardon ??? Comment ça, « traité différemment » ? Monsieur Loomba n’a pas été traité différemment, au contraire, il a été traité comme tous les autres employés du magasin ! La succursale est en construction ? Tu portes un casque protecteur, que tu pries Jésus, Allah ou Francis Martin. C’est clair, non ? En fait, c’est en lui permettant de NE PAS porter de casque qu’on le traite différemment des autres ! Ce sont LES AUTRES employés qui devraient porter plainte pour discrimination ! « Pourquoi sommes-nous obligés de porter un casque, et pas lui ? Vous nous traitez différemment à cause de notre non-appartenance à la religion sikhe, et ce traitement inégal est négatif ! » DES CITOYENS DIFFÉRENTS C’est quand même absurde. Le propriétaire de Home Depot doit porter un casque quand il visite la succursale de Milton. Le premier ministre de l’Ontario doit porter un casque quand il visite la succursale de Milton. Le premier ministre du Canada doit porter un casque quand il visite la succursale de Milton. Mais Deepinder Loomba, lui, n’a pas besoin d’en porter un, même s’il travaille à temps plein dans la succursale de Milton ! Après ça, on nous dira qu’il ne faut pas créer de distinction entre les gens. Ce sont les accommodements qui créent différentes catégories de citoyens, avec différents droits et différentes obligations ! UN SUPER POUVOIR Les gens de religion sikhe sont-ils protégés d’un accident de travail par une bulle invisible ? Les blocs de béton et les poutres en acier rebondissent-ils sur leur tête ? Le dieu des sikhs aurait-il un super pouvoir que les autres dieux n’ont pas ? Si oui, je vais porter plainte au Tribunal des droits des croyants. Je ne vois pas pourquoi mon Dieu serait incapable de me protéger le crâne, alors qu’un autre Dieu n’aurait aucune difficulté à protéger celui de mon voisin. C’est discriminatoire ! Où est maître Julius Grey quand on a besoin de lui ? 3 Juillet 2010Happy Canada Day!
Vous ne le savez peut-être pas, mais dimanche dernier, on célébrait la Journée canadienne du multiculturalisme.
« Cette journée, peut-on lire sur le site Web du gouvernement canadien, nous donne l'occasion de célébrer notre diversité et notre engagement envers la démocratie, l'égalité et le respect mutuel… » Bref, si vous êtes contre le multiculturalisme, vous êtes contre la démocratie, contre l’égalité et contre le respect des différences. On croirait entendre Gérard Bouchard et Charles Taylor… LE TEMPS DES CATHÉDRALES C’est en novembre 2002 que le gouvernement a proclamé officiellement le 27 juin « Journée canadienne du multiculturalisme ». Il faut lire le texte officiel de cette proclamation. Plus pompeux que ça, tu meurs. « Élizabeth Deux, par la Grâce de Dieu, Reine du Royaume-Uni, du Canada et de ses autres royaumes et territoires, Chef du Commonwealth, Défenseur de la Foi. « Attendu que le multiculturalisme est un élément fondamental du patrimoine canadien, sachez que Nous, par Notre présente proclamation, désignons le 27 juin de chaque année comme Journée canadienne du multiculturalisme. « Nos féaux sujets et tous ceux que les présentes peuvent concerner sont par les présentes requis de prendre connaissance et d’agir en conséquence… » Par la grâce de Dieu, gardienne de la foi, nos féaux sujets… On se croirait dans un épisode des Tudors ! Tout ce qui manque est un joueur de pipeau et un gros bonhomme barbu qui grimpe sur un baril en criant : « Oyez ! Oyez ! » UN BEAU PAYS C’est chouette, le Canada, c’est mignon, il y a de beaux forts à visiter et de superbes paysages à contempler, mais c’est autant mon pays que la Suisse ou le Luxembourg. Ce n’est pas méchant, ce que je dis. C’est un état de fait. Le Canada est un pays étranger. Ses traditions ne sont pas les miennes, sa culture n’est pas la mienne et sa conception de la nation n’a rien à voir avec celle que nous défendons au Québec. « Le multiculturalisme est un élément fondamental du patrimoine canadien », affirme haut et fort le gouvernement canadien. Juste ça est une raison suffisante de nous séparer, selon moi. LES CRAZY CANUCKS Savez-vous quel est mon rêve, en ce jour du Canada ? Que Don Cherry remplace Michaëlle Jean au poste de gouverneur général. Là, ça swinguerait ! Le Canada montrerait une autre facette de sa personnalité, plus rustre, moins gnan-gnan. « Vous avez vu la Minute du Patrimoine sur Terry Fox ? Voici maintenant Slap Shot ! » Harper premier ministre, Cherry gouverneur général… Ne manqueraient plus que les frères Hanson comme ministres, et ça serait tiguidou ! Avec ces Crazy Canucks aux commandes du pays, le Canada ferait passer les États-Unis pour la Suède… Contrairement à Michaëlle Jean et à son mari, qui sont passés en 24 heures de sympathisants felquistes à défenseurs de la monarchie britannique, Don Cherry ne ménagerait pas la chèvre et le chou, il n’aurait pas peur de dire vraiment ce qu’il pense : « Vous n’êtes pas heureux de vivre au Canada ? Arrêtez de chialer et crissez votre camp ! » COMME EN BELGIQUE ? Il va peut-être se passer ce qui se passe en Belgique. On croyait que c’était les Wallons qui allaient partir les premiers. Or, ce sont les Flamands qui risquent se de séparer ! À quand un parti séparatiste canadien ? La deuxième mort d'André Mathieu
Le pianiste Alain Lefèvre est un volcan. Les demi-mesures, il ne connaît pas.
Il se donne à plein dans tout ce qu’il fait, que ce soit la musique, la bouffe ou l’humour (c’est l’un des gars les plus drôles que je connaisse). Devant lui, on est comme l’empereur Joseph II devant Mozart, on a envie de crier : « Trop de notes ! Trop de notes ! » UN HOMME BRISÉ Mais il y a deux semaines, quand je l’ai rencontré chez des amis communs, Alain avait l’air abattu. « Ils m’ont eu, m’a-t-il lancé, la voix éteinte. J’arrête de parler d’André Mathieu, je tourne la page, ils ont gagné… » Quelques jours plus tard, il répétait la même chose à Michelle Coudé-Lord : « C’est fini, je ne suis plus capable… » Après des années à porter l’œuvre d’André Mathieu à bout de bras, des années à travailler d’arrache-pied pour tirer ce compositeur de l’oubli et lui redonner la place qu’il mérite, nous le redonner À NOUS, Lefèvre déclare forfait. Il est écoeuré de se faire dire qu’il se fait du capital sur le dos de Mathieu, qu’il radote, qu’il nage en plein délire, qu’il tente de faire passer un pianiste mineur (pour ne pas dire minable) pour un génie incompris… DES COUPS BAS Je comprends son dégoût, sa lassitude. Car ce qu’on lui fait vivre est dégueulasse. Se faire du capital sur le dos de Mathieu ? Allons donc ! Alain Lefèvre est un pianiste de réputation internationale, il pourrait passer son temps à jouer Schubert et Rachmaninov sur les plus grandes scènes du monde… Qu’est-ce qu’il a à gagner à parler d’André Mathieu ? Rien. Le 8 octobre prochain, Lefèvre ouvrira la prestigieuse saison de Berlin, un de ses rêves. Que jouera-t-il ? Liszt, Gershwin, Moussorgski ? Non : Mathieu. Et ce n’est pas le gouvernement du Canada qui est allé voir les organisateurs de la saison de Berlin en disant : « Tenez, on vous donne une jolie cagnotte, mettez Mathieu au programme, ça va être bon pour la réputation du pays… » Ce n’est pas un hommage bidon organisé par des fonctionnaires. Ce sont les organisateurs eux-mêmes (et les musiciens de l’orchestre de l’Opéra de Berlin) qui ont décidé d’ouvrir leur saison avec Mathieu ! Parce qu’ils trouvent son œuvre remarquable ! Et qu’est-ce qu’on fait pour remercier Lefèvre pour son travail ? On le raille… LE P’TIT QUÉBEC Le Québec obscur et renfermé dans lequel Mathieu a sombré n’est pas encore mort. Il existe toujours. Il n’attend qu’une occasion pour nous prendre à la gorge. Le Québec jaloux, le Québec mesquin, le Québec étroit, petit, sordide, le Québec qui ne croit pas au succès, qui se méfie de l’argent, le Québec qui remet à leur place tous ceux qui osent sortir du rang, qui parlent trop bien, qui visent trop haut, qui ont trop de talent. Regardez notre système d’éducation : on ne tente pas de tirer les cancres vers le haut, on pousse les premiers de classe vers le bas. Alain Lefèvre a tenté de nous dire que la musique classique AUSSI appartient à notre héritage. Mal lui en prit. Ici, on n’a que faire du champagne. On boit du Kik Cola. Et si jamais on écoute de la « grande musique », faut que ça vienne d’Europe… Sous mon toit
Au Canada, on l’a, l’affaire.
On organise des Jeux Olympiques à Montréal ? Ce sont les Jeux les plus chers de l’histoire ! On reçoit le G8 et le G20 ? On flambe 1,2 milliard de dollars ! Au diable les dépenses, nous, on sait recevoir. On fouille dans nos poches, on sort notre carte de crédit, et tchik-a-tchik, bonsoir la visite ! FULL VIDE Le stade olympique de Montréal a coûté 1,4 milliard de dollars. Voici les événements qui vont s’y dérouler au cours des prochains mois… Le 2 octobre : le Supermotocross de Montréal. Le 23 octobre : le Monster Spectacular, une course de Monster Trucks. Le 30 octobre : la célébration de la canonisation du Frère André. Et du 26 novembre au 28 décembre : le Salon national des festivités de Noël. C’est tout. De l’essence, de l’encens et des bonbons. Depuis quatre ans, la RIO a investi 3,5 millions de dollars pour savoir quel genre de toit on devrait construire à cette abomination : un toit fixe, dur, mou, rétractable, mangeable ? Avant de dépenser encore plus d’argent, pourrait-on se demander si on a vraiment besoin de ce foutu stade ? UNE SALLE MINABLE Parce que soyons sérieux : comme salle de concert, c’est nul. Pink Floyd y a joué le 6 juillet 1977, et je suis sûr qu’il y a encore des mesures d’Animals qui tournent en rond dans les structures de béton. C’est bien simple, les tunnels du métro à l’heure de pointe offrent une meilleure sonorisation que le stade ! Pour ce qui est du sport : on n’a plus d’équipe de baseball, l’Impact a son propre stade et les Alouettes sont parfaitement à l’aise à McGill. Quant à l’athlétisme, c’est bien joli, mais combien de tournois de lancer du marteau ou de saut à la perche peut-on présenter en un an ? « Build it and they will come », disaient les fantômes dans Dreams of Field. Ça, c’est au cinéma. Dans la réalité, c’est une autre paire de manches. Ce n’est pas parce que tu ajoutes un magnifique couvercle à un bol de toilette géant que les gens vont faire la queue pour s’y rendre. Bref, on risque d’injecter des millions supplémentaires, pour se retrouver avec la même programmation qu’aujourd’hui. Des camions qui font de la boucane et des compétitions de chiens. LA SOLUTION ARCAND Certains disent qu’on pourrait y construire des boutiques. Comme si on n’avait pas suffisamment de centres commerciaux ! En fait, la seule solution envisageable, selon moi, est de s’inspirer de L’Âge des ténèbres de Denys Arcand et d’y loger les bureaux du Ministère de la Santé et des Services Sociaux. Après tout, ça a fonctionné pour la campagne de vaccination, non ? Pourquoi ne pas le faire à l’année ? On pourrait transformer le stade en Musée de la fonction publique. Les gens viendraient des quatre coins de la planète pour voir ça. On exposerait les plus beaux organigrammes (« Regarde, maman, les milliers de petites cases ! »), des bureaucrates à la retraite donneraient des ateliers sur l’art de passer à travers un budget, les enfants pourraient se filmer en train de faire une manif, on organiserait des défilés de cardigans… Ça serait un succès assuré ! Après tout, les gens vont bien visiter les anciens locaux du KGB… Comment se réinventer
Ainsi, selon Jean Daniel Lafond, le nationalisme québécois serait une "aberration géopolitique"....
De la part d'un homme qui a appuyé publiquement les felquistes, c'est un retournement de veste majeur! C'est une chose de changer d'idée. C'en est une autre de nier totalement son passé... Passer de sympathisant felquiste à représentant de la monarchie britannique, faut le faire!
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Richard Martineau est chroniqueur au Journal de Montréal.
Pour lui écrire, cliquez ici! Pour lire sa biographie, cliquez ici! Pour lire ses chroniques, cliquez ici! 10 derniers articles10 derniers commentaires
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