30 Septembre 2010Les deux Charest
C’est fou comme l’actualité peut être ironique, parfois.
Prenez la lettre que Jean Charest a envoyée au magazine Maclean’s le 26 septembre. UNE RÉPONSE MUSCLÉE D’un côté, la lettre est — je le dis sans aucune arrière-pensée — admirable. Bien tournée, bien envoyée, avec des relents nationalistes qui, ma foi, raviraient même les plus fervents péquistes. « Oui, le Québec est différent du reste du Canada, écrit le premier ministre. Vous dites qu'il en est la bête noire, je dis plutôt que qu'il est la moitié de son âme, de son identité et de son humanité… » « Les Québécois ont toujours reconnu que leur État assume avec ses institutions une mission identitaire unique. Aucun autre gouvernement d’Amérique du Nord ne porte sur ses épaules la responsabilité de protéger la culture d’un peuple qui représente moins de 3 % de la population du continent… » Oui, oui, il a bien utilisé le mot « peuple » ! Et « identité » ! CHAREST LE NATIONALISTE À mots couverts, Jean Charest s’indigne même que le magazine torontois fasse porter la responsabilité de « la corruption endémique qui gangrène depuis des décennies le Québec » sur les épaules du mouvement souverainiste. Bref, une réponse ferme, vive et musclée, qui défend le Québec avec conviction. Contrairement à André Pratte de La Presse, par exemple, qui s’est couché de tout son long devant l’article du Maclean’s, Jean Charest a refusé de se faire gifler sans répliquer. VIERGE OFFENSÉE De l’autre côté, cependant, on ne peut s’empêcher de sourire en lisant la lettre du Premier ministre. Car qui est en partie responsable du climat pourri dans lequel nous baignons, ces temps-ci ? Qui refuse qu’on fasse TOUTE la lumière sur les allégations de corruption qui entachent la crédibilité du gouvernement ? Qui ne voit aucun problème à ce que l’un des plus gros collecteurs de fonds du PLQ aide sa proche conseillère à faire le tri dans les personnes susceptibles d’être nommées par le gouvernement ? Jean Charest ! Celui-là même qui s’indigne du texte du Maclean’s ! AU FEU ! Jean Charest se retrouve en fait dans la position du pyromane qui s’indigne que les gens crient au feu et appellent les pompiers. Cela dit, entre vous et moi, je préfère de loin la réponse cinglante du Premier ministre que les commentaires de certaines personnes qui applaudissent des deux mains le texte « odieux » et « simpliste » du Maclean’s. Car il y a une différence entre dire que les institutions du Québec sont corrompues, et affirmer que les Québécois sont ESSENTIELLEMENT, par leur culture, leur religion (!!!) et leur histoire, portés à tolérer et à encourager la corruption ! Comment peut-on être Québécois et appuyer cette thèse ? Comme m’a dit Normand Lester que j’ai croisé hier matin, enlevez « Québec » dans le texte du Maclean’s, et mettez « Israël » à la place, et on vous accusera — avec raison — d’être antisémite ! BÊÊÊÊÊ… Parfois, les Québécois me découragent. On les traite de pourris, et ils bêlent comme des moutons en disant que leurs accusateurs ont raison… Un peu de fierté, que diable ! Quoiqu’en dise Martin Patriquin, le journaliste du Maclean’s (et, surtout, Andrew Coyne, le rédacteur en chef), ce ne sont pas nos institutions que le magazine torontois attaque. C’est ce que nous sommes… 29 Septembre 2010Jean Charest et Maclean's
Dans une lettre, ma foi, assez bien torchée (et qui contient même de forts relents nationalistes!), Jean Charest exige des excuses publiques de la part du magazine Maclean's.
Avouez que c'est assez ironique... En effet, qui est contre la tenue d'une Commission d'enquête sur la construction, qui pourrait faire la lumière sur la corruption au Québec? Jean Charest! D'un côté, notre PM prend vigoureusement la défense du Québec. De l'autre, il est L'homme par qui le scandale arrive! Que le vrai Jean Charest se lève... Réponse à Joanne Marcotte
Dans ma chronique de lundi, je déplorais le fait que plusieurs tenants de la droite ont tendance à analyser la société uniquement sous l’angle économique, et à considérer tout ce qui touche de près ou de loin à la question nationale (la défense de la langue, les accommodements, les relations fédérales-provinciales) comme une perte de temps.
Dans sa réplique à ma chronique, Joanne Marcotte, porte-parole du Réseau Liberté Québec, m’assure que le RLQ, lors de son colloque du 23 octobre, ne se contentera pas de parler de chiffres et qu’ils aborderont bel et bien la question nationale. Ça me rassure. D’autant plus que la « clique de droite de Québec » (qui gravite autour du RLQ) n’a jamais caché son plus profond mépris pour tout ce qui touche la « question nationale ». C’est d’ailleurs peut-être pour ça que les nationalistes que Joanne Marcotte a approchés pour son événement ont décidé d’attendre et de regarder le RLQ aller avant d’embarquer dans le mouvement… Trafic d'influence
Je ne sais pas si c’est parce que je regarde trop la Commission Bastarache, mais ces temps-ci, mon cynisme est à son plus haut niveau.
Je me demande si on peut vraiment assainir les mœurs politiques. L’ARGENT FAIT LE BONHEUR Organiser une campagne électorale coûte très cher. Très cher. Il faut se promener aux quatre coins de la province, louer des salles, imprimer des affiches, acheter du temps d’antenne à la télé… Bref, ça prend du foin. Qui vous permet de payer tout ça ? Les collecteurs de fonds, qui organisent des tournois de golf à 500 $ la shot. Sans ces machines à rapporter des sous, votre parti parle dans le désert. Comment voulez-vous que les politiciens tiennent les collecteurs de fonds de leur parti à distance une fois qu’ils ont gagné leurs élections ? Ils leur doivent leur job ! C’est grâce à eux s’ils ont été élus ! Sans le travail et les connections de ces wheeler dealers, ils seraient encore députés d’arrière-banc ! Les collecteurs de fonds les tiennent par les bijoux de famille… RETOURS D’ASCENSEURS Idem pour les donateurs. Soyons sérieux, qui donne encore de l’argent à des partis politiques ? Vous avez l’environnement à cœur, il y a Greenpeace. Vous voulez aider les malades, il y a la Fédération canadienne du cancer. Pourquoi quelqu’un donnerait de l’argent à un parti politique, en 2010, si ce n’est pour recevoir un retour d’ascenseur ? En période référendaire, je peux comprendre que Monsieur et Madame Tout-le-monde donnent de l’argent à des organisations politiques : l’enjeu est élevé et les passions sont vives. Mais en temps normal ? Seuls les gens ou les organisations qui ont quelque chose de concret à gagner sont prêts à ouvrir leur portefeuille pour le parti X, Y ou Z. LES AMIS DU PARTI Il n'y a pas que les gros partis qui sont sous influence. Les partis plus marginaux aussi. Imaginez que Québec Solidaire prenait le pouvoir demain matin. Vous pensez vraiment que le premier ministre Amir Khadir nommerait des proches du Conseil du patronat à des postes-clés de l’appareil étatique ? Bien sûr que non : il privilégierait sans doute des compagnons de route… Et il retournerait probablement l’ascenseur aux organisations syndicales qui l’ont soutenu. Je ne banalise pas ce qui se passe dans les coulisses du PLQ. Mais comment se protéger du trafic d’influence, quand la politique n’est qu’un jeu d’influence ? 28 Septembre 2010La faute aux séparatistes
Plusieurs personnes m’ont écrit pour me dire que j’avais tort de critiquer la une du Maclean’s.
« L’auteur a raison, le Québec est corrompu, il faut nommer les choses par leur nom et cesser de crier au racisme chaque fois que quelqu’un nous dit nos quatre vérités », m’ont dit de nombreux lecteurs. LES VIERGES OFFENSÉES Effectivement, nous sommes très mal placés pour jouer les vierges offensées. Après tout, les histoires de corruption font la manchette au Québec depuis plusieurs années. Quand ce n’est pas l’administration de Montréal qui trempe dans des affaires louches, c’est le gouvernement du Québec. Et tout le monde sait ce qui se passe dans le milieu de la construction… Mais pourquoi faire un lien entre ces « affaires » et le débat constitutionnel ? C’est quoi, le rapport ? UN DÉBAT TROP ACCAPARANT « On ne dit pas que les souverainistes sont de méchantes personnes, a expliqué Martin Patriquin, journaliste au Maclean’s. Mais on voit que nos gouvernements poussent soit pour le Canada, soit pour le Québec. Ça reste continuellement comme ça. Nous sommes obsédés par ça, et on ne se concentre pas sur la bonne façon de gouverner. » Bref, si on patauge dans la corruption la plus abjecte, c’est parce qu’on passe trop de temps à parler de la question nationale. Le jour où l’on enterrera cette question, on pourra enfin s’occuper « des vraies affaires » et la province redeviendra propre. LES « VRAIES AFFAIRES » J’ai trois choses à dire à propos de cet argument. Un : quoiqu’en pensent les Martin Patriquin de ce monde, la question nationale fait partie des « vraies affaires ». Et elle continuera de le faire tant que le Canada persistera à nous enfoncer le multiculturalisme dans la gorge et à utiliser les tribunaux pour affaiblir la loi 101 et fragiliser notre langue. Deux : comme je l’écrivais hier, l’État peut marcher et mâcher de la gomme en même temps. Parler des relations fédérales-provinciales ne nous empêche pas de nous atteler à d’autres tâches. Trois : à entendre le journaliste du Maclean’s, les Québécois passent leur temps à parler du débat constitutionnel. Je m’excuse, mais… Où ? Quand ? Même le PQ n’en parle pratiquement plus ! DANS NOS GÈNES En fait, l’idée qui sous-tend le texte du Maclean’s est simple : les Québécois vont cesser de vivre dans une République de bananes le jour où ils vont ENFIN s’affranchir de leur héritage culturel arriéré pour devenir de vrais Canadiens. « Au Québec, les racines de la corruption plongent dans l’histoire politique de la province », a écrit Andrew Coyne, chroniqueur au Maclean’s. « Pourquoi les Québécois sont-ils aussi tolérants face à la corruption ? Est-ce parce qu’ils ont tendance à se soumettre à l’autorité ? Parce que les Catholiques ferment les yeux sur les vices de leurs chefs ? » Tout juste s’il ne dit pas que c’est parce qu’on parle français !!! RACISME Bref, notre « tolérance légendaire » à la corruption serait inscrite dans notre ADN politique, historique et culturel ! Entre ça et dire que les Juifs sont obsédés par l’argent ou que les Italiens sont tous des bandits, il n’y a qu’un pas… Et le pire est qu’il faut accepter cette insulte avec le sourire, car on va dire qu’on est susceptible et incapable de prendre la critique ! 27 Septembre 2010Oui, on peut!
"Washington prépare un projet de loi pour mieux surveiller internet..."
Eh que c'est différent sous Obama, non? Je ne savais pas, je l'ignorais...
Quelques extraits intéressants de la déposition de Chantal Landry, tels que lu sur le site de LCN:
14h09: Chantal Landry n’a jamais pris connaissance du règlement sur la nomination des juges. Maître Bourque lui demande de lire l’article 5. 14h25: Chantal Landry n’a pas cherché à en savoir plus sur le processus de nomination des juges, même après que d’anciens ministres de la Justice péquistes aient dit ne pas consulter le premier ministre dans ce dossier. «Le premier ministre du Québec désire que ça fonctionne comme ça, alors ça fonctionne comme ça», tranche-t-elle. 14h48: À savoir si Charles Rondeau lui a recommandé des personnes pour des postes dans des sociétés d’État: «C’est possible» 14h49: Chantal Landry n’a pas demandé d’autorisation pour faire affaire avec Charles Rondeau pour mettre sur pied des listes de noms. «Je n’ai pas consulté mon chef de cabinet.» Elle n’était pas mal à l’aise de cette situation. 14h54: Chantal Landry commente ses rencontres avec Charles Rondeau. Les deux discutaient des CVs que ce dernier apportait. 14h58: Pour Chantal Landry, l’affiliation politique était comme «d’autres détails», et c’est pourquoi elle la mentionnait au premier ministre lorsqu’elle le savait. Elle n’a pas consulté qui que ce soit à ce sujet. 15h13: Jamais le règlement sur la sélection des juges n’aurait été porté à l’attention de Chantal Landry. Personne ne l’aurait non plus informé de la confidentialité de la shortlist des candidats à la magistrature. «Je n’ai jamais été au fait de ce que vous me dites», commente-t-elle. Assez savoureux, non? Pour qui avez-vous voté aux dernières élections?
Lu sur LCN:
La commission Bastarache a permis d’apprendre que lorsqu’elle savait l’affiliation politique d’un candidat à la magistrature, la responsable des nominations au bureau du premier ministre, Chantal Landry, le notait sur un post-it avant de remettre le dossier à Jean Charest. Elle considère qu’il s’agit d’un détail comme les autres. Un détail comme un autre????? Pourquoi indiquerait-on l'affiliation politiques des candidats susceptibles d'être nommés à un poste, sinon pour orienter le choix et aider à placer les amis???? Et après ça, Jean Charest dit qu'il n'y a auuuuuucun problème.... Maclean's (suite)
Décidément, le texte de Maclean's sur la corruption au Québec fait jaser.
Ça divise même la très fédéraliste Presse! André Pratte trouve que les Québécois s'énervent pour rien, qu'ils sont incapables d'accepter la critique, alors qu'Yves Boisvert trouve que c'est du Québec Bashing à la Trudeau... Même l'économiste Pierre Duhamel s'est jeté dans l'arène en répondant à ma chronique... Vous, qu'en pensez-vous? Sommes-nous trop sensibles à la critique, ou avons-nous raison de pourfendre ce texte? Car entre UNE PROVINCE CORROMPUE et LA PROVINCE LA PLUS CORROMPUE, il y a une marge! Mon problème avec la droite
C’est le 23 octobre prochain que se déroulera, à Sainte-Foy, le premier événement public du Réseau Liberté Québec, un nouveau mouvement qui vise à donner une voix aux tenants de la droite qui souhaitent une réforme en profondeur du modèle québécois.
Si je suis d’accord avec plusieurs propositions mises de l’avant par ce mouvement (dégraissage de l’État, gestion plus responsable des fonds publics, refonte des programmes gouvernementaux pour les rendre moins coûteux et plus efficaces), une me pose problème : « Remplacer l’axe fédéralisme-souverainisme par l’axe gauche-droite. » DES DÉBATS STÉRILES ? À croire les ténors de la droite (surtout ceux qui sont concentrés dans la région de Québec, et qui ont les Péquistes en horreur), tout ce qui touche de près ou de loin la question constitutionnelle et les relations Québec-Ottawa est une vaste perte de temps. La défense du français, la laïcité, les accommodements raisonnables, la question identitaire, le Québec bashing, les écoles-passerelles, le voile — toutes ces questions sont des débats stériles et inutiles alimentés par des nationalistes paranos et vaguement xénophobes. Il n’y a qu’une chose de vraie : l’économie. Le reste, c’est de la bouillie pour les chats. L’OFFRE ET LA DEMANDE Premièrement, je ne vois pas pourquoi on devrait complètement occulter l’axe fédéralisme-souverainisme pour ne privilégier que l’axe gauche-droite. À ce que je sache, un État (pour reprendre une expression à la mode) a un cerveau « multi-tâches » et peut marcher et mâcher de la gomme en même temps. On peut à la fois défendre le français ET réduire la dette. Deuxièmement, c’est bien beau, l’économie, mais on ne peut analyser tous les aspects d’une société sous la seule loupe de la logique comptable. Parfois, quand je lis certains tenants de la droite, j’ai l’impression de relire Marx. Tout est ramené à la question économique. Hors des sous, point de salut. La culture, par exemple, devrait être considérée comme une activité économique comme une autre, obéissant aux lois de l’offre et de la demande. On ne devrait encourager que les artistes qui marchent. Les autres (plus intellos, moins populaires) devraient accrocher leurs crayons et se trouver « une vraie job ». DES CHIFFRES ET DE LETTRES Qu’on se comprenne : je ne banalise pas l’importance de l’économie. Effectivement, le Québec doit remettre de l’ordre dans ses finances. Ça presse ! Mais une nation n’est pas une entreprise. Ça n’a pas seulement que des profits ou des pertes : ça a aussi — je sais que ce mot va faire rire certains lecteurs, mais qu’importe, je l’utilise sans rougir — une âme. Les Québécois le savent d’ailleurs très bien. S’ils ont l’économie à cœur, ils refusent de tout rabaisser à une simple question de chiffres. Prenez l’ADQ. Quand le parti de Mario Dumont a-t-il réussi à décoller ? Quand son chef a commencé à parler d’identité. Quand il a ajouté un peu de bleu à son discours sur le Québec dans le rouge. UN DISCOURS ÉTROIT Personnellement, je me réjouis de l’arrivée du Réseau Liberté Québec sur la scène politique et intellectuelle. Mais j’espère que les membres de ce think tank ne se contenteront pas d’aligner des colonnes de chiffres. Et qu’ils oseront se libérer de temps en temps des ornières trop étroites de la logique comptable. 26 Septembre 2010Tous pareils? Non...
Les gens disent que les partis s'équivalent tous, qu'ils brassent tous la même merde et contournent tous la loi...
Eh bien, il semblerait que ça soit faux. Certains partis sont pires que d'autres... De l'importance d'être bien préparé quand on fait de la politique...La leçon d'éthique du Maclean's
Quand on regarde ce que les médias canadiens anglais pensent de nous, on se demande pourquoi ils veulent nous garder dans la fédération.
Non, c’est vrai : si on est si pire que ça, si vous pensez vraiment qu’on est raciste, braillard, paresseux et corrompu, pourquoi vous nous sacrez pas dehors ? Pourquoi vous prenez le train et venez nous embrasser chaque fois qu’on menace de partir ? LE MACLEAN’S N’A PAS TOUT À FAIT TORT Remarquez, concernant la corruption au Québec, le Maclean’s n’a pas tout à fait tort. Juste comme le magazine sortait dans les kiosques, notre Premier ministre disait haut et fort qu’il ne voyait aucun problème à ce qu’un collecteur de fonds du parti aide une de ses proches collaboratrices à faire le tri dans la liste des nominations !!! Comme symbole de manque d’éthique, on ne peut faire mieux. C’est encore plus parlant que le Bonhomme Carnaval avec une valise bourrée de fric. Comment pouvez-vous dire, après ça : « Non, nous sommes honnêtes, ici, au Québec » ? Notre Premier ministre lui-même hausse les épaules devant des preuves flagrantes de conflit d’intérêt ! SERVIR LA CAUSE Ce qui m’agace, dans l’article du Maclean’s, ce n’est pas qu’on dise que le Québec est une province corrompue — c’est vrai. C’est qu’on dise que le Québec est la province LA PLUS corrompue du pays ! Comment peut-on affirmer une telle chose ? Si je me souviens bien, le scandale des commandites impliquait le gouvernement fédéral, non ? Comme m’a écrit Benoît Saint-Jean, un lecteur : « Le Maclean’s dit que les Québécois sont tellement obsédés par le débat national qu'ils en ont oublié la bonne gouvernance. L’auteur n'a pas tort, mais il se trompe de cible ! « En effet, cette analyse colle d'abord au clan fédéraliste. Les fédéralistes sont tellement obsédés par la lutte contre les méchants souverainistes qu’ils excusent tous les dérapages, en autant qu'ils servent la cause. » PAS DE LEÇON À DONNER Le scandale des commandites ? Pas de problème, c’était pour une bonne cause ! Le « Love Fest » du référendum de 1995, qui contournait la loi sur le financement ? On n’avait pas le choix, c’était pour lutter contre les séparatistes ! La naturalisation accélérée de milliers d’immigrants avant le référendum pour renforcer le clan du Non ? Il faut ce qu’il faut ! Et après ça, VOUS venez nous donner des leçons d’éthique ? Pour qui vous prenez-vous, calvaire ? BLANCS COMME NEIGE Vous pensez vraiment que le milieu de la construction n’est pas corrompu dans le reste du Canada ? Que les partis politiques des autres provinces sont blancs comme neige ? La seule différence entre le Québec et le reste du pays est qu’ici, les histoires de corruption finissent toujours par sortir. Alors que chez vous, c’est caché. Vous préférez enterrer ou manger vos vidanges plutôt que les laisser traîner sur le bord de la rue… EXCUSATUM Petite note concernant les médias canadiens anglais… Il y a quelques jours, je disais que le Globe and Mail avait ridiculisé la sortie de Pierre Curzi sur le Canadien. Erreur : c’était le National Post. Le Globe, lui, avait publié la chronique délirante de Jan Wong sur les liens entre le massacre de Poly et la loi 101. Désolé, mais avec toutes ces insultes qui fusent de partout, on s’y perd… 24 Septembre 2010Pow-wow islamiste
Pendant que la Commission Bastarache siège, la vie continue.
C’est ainsi qu’aujourd’hui, dans l’indifférence quasi-générale, le Palais des congrès de Montréal sera l’hôte de la plus grande conférence islamique de l’histoire du Québec. Organisée par United For Change, une association qui a des liens avec les Frères Musulmans (un organisme extrémiste qui prône l’instauration de gouvernements islamistes), cet événement mettra en vedette Tariq Ramadan, un théologien musulman qui croit que l'homosexualité, l'adultère et la sexualité hors mariage sont des crimes devant Dieu. Comme l’a demandé Céline Plourde, une citoyenne québécoise, dans une lettre qu’elle a envoyée à de nombreux politiciens : « Comment se fait-il que le ministère du Tourisme autorise la tenue, dans un édifice payé par les contribuables québécois, d’une conférence parrainée par les Frères musulmans, un groupe extrémiste dont l’objectif déclaré est l’instauration d’un califat mondial régi par la charia ? « L’Assemblée nationale a adopté à l’unanimité une résolution contre l’instauration de tribunaux islamiques. Comment le gouvernement du Québec peut-il justifier qu’il offre des installations publiques à des groupes dont l’objectif est d’instaurer la charia au Québec et dans le monde ? » CE N’EST QU’UN DÉBUT Pendant qu’on analyse l’encre des stylos de Marc Bellemare, l’extrémisme musulman fait tranquillement son lit au Québec. Bientôt, Montréal ressemblera à Londres. Et qu’est-ce qu’on fait ? Rien. Honte à nous… Des problèmes ? Où ça ?
C’est quand même hallucinant.
Un collecteur de fonds du PLQ (Charles Rondeau) entre régulièrement dans le bureau de Chantal Landry pour l’aider à faire le tri dans la courte liste de personnes susceptibles d’être nommées à des postes importants par le gouvernement, et que dit Jean Charest ? « Je ne suis pas mal à l’aise du tout de ces rencontres-là… » Allo ???? UNE SITUATION INACCEPTABLE Le Premier ministre affirme qu’il est parfaitement à l’aise avec cette situation car « Charles Rondeau et Chantal Landry sont tous deux honnêtes ». Là n’est pas la question. Charles Rondeau aurait beau être un saint, il n’a pas d’affaire à aider Chantal Landry à « placer » des gens dans l’appareil gouvernemental. Voyons ! Il est collecteur de fonds pour le PLQ ! Il connaît les noms des plus gros donateurs du parti ! Il sait qui mérite un retour d’ascenseur ! Voulez-vous me dire qu’est-ce qu’un homme comme ça fait dans le bureau de Chantal Landry ? Comment le Premier ministre, qui incarne l’État et qui est garant de l’indépendance de ses institutions, peut-il affirmer sans rougir que cette situation ne le gêne pas ? L’APPARENCE COMPTE Tout le monde vante « la prestance » de Jean Charest, son allure, la façon dont il a « reviré maître Jean-François Bertrand comme une crêpe ». Désolé, mais je ne partage pas cet enthousiasme. Traitez-moi de « pur et dur », mais quand j’entends le Premier ministre dire que cette situation hautement questionnable sur le plan éthique ne le dérange absolument pas, je ne suis pas impressionné. Je dirais même : je suis atterré. « Il est préférable d’éviter toute situation où il y a apparence de conflit d’intérêt et ce, même si la loi ne sanctionne que l’existence réelle de conflit d’intérêts », affirment les juristes. Jean Charest n’a-t-il pas été avocat ? Ne sait-il pas qu’en matière de conflit d’intérêt, l’image est tout aussi dommageable que la réalité ? La Une du Maclean's
J'ai reçu un courriel extrêmement intéressant sur la Une du Maclean's
__________________ Attention: sur cette UNE dévastatrice de Maclean's, il manque un élément fondamental ( une omission probablement volontaire, considérant la provenance ...) Sur la valise plein de piastres, IL MANQUE UN GROS ‘’STICKER’’: I LOVE CANADA ! Car depuis le début des révélations de toute cette merde, soit depuis la commission sur le scandaleux programme des commandites, rare sont les noms qui ne sont pas clairement ''du même bord'' dans le débat sur l'avenir du Québec en tant que ‘’société distincte’’. Et la fameux titre de ''Palerme du Nord'' ne vient-ils pas grâce à une communauté qui a toujours combattu farouchement au coté du ROC contre toutes aspirations nationalistes des québécois (d'où sont parti les émeutes contre la toute première loi sur la langue, le fameux bill 22 pourtant créé par les libéraux de Robert Bourassa ? ) ??? McClean dit que les québécois sont probablement si obnibulés par le débat national qu'ils en ont oublié la bonne gouvernance. Je crois que McClean n'a pas tort, mais ils se trompent - volontairement - de cible ! Cette analyse colle d'abord au clan fédéraliste, autant du ROC que du Québec. Ils est pour eux si important de tenir les rangs serrés, au nom de la lutte contre les méchants souverainistes, que la plupart des dérapages sont ignorés, quand ce n'est pas carrément excusés, en autant qu'ils servent la cause. L'ignoble programme des commandites, un programme ‘canadian’ -faut-il le rappeler - en a été une belle preuve. La réélection de l'administration Tremblay par les quartiers ouest de Montréal, malgré les puisssantes odeurs de corruption connues avant le scrutin, en est une autre ! Avec la Loi sur le financement des parties politiques, le Québec a fait de gros pas en avant pour se détacher de la triste époque du Duplessisme. Cette Loi est d’ailleurs encore une des meilleures d’Amérique du Nord pour limiter l’influence indue de l’argent et, OUI, elle est due pour être améliorée. Mais l’apathie des citoyens face à la politique en général, et en particulier face aux agissements du ROC pour remettre le Québec à sa place depuis le dernier référendum, est en train de nous faire reculer à vitesse grand V ( à noter quand même que ce qui est dénoncé au Québec serait tout à fait légal à Washington, et considéré comme de la bien petite bière en termes de traffic d’influence). Une chose est certaine, les éditeurs de McCleans ont du salivé de plaisir à préparer cet article ! Tout comme vont le faire leurs lecteurs ‘’canadians’’ en le lisant ... Benoit St-Jean Montréal ___________________ Pas mal, non? Santa Bananas
Il y a un passage du témoignage de Franco Fava qui m’a particulièrement accroché, hier.
Un passage qui ne parlait pas de la nomination des juges, qui ne traitait pas du milieu de la construction et qui concernait ni le financement du PLQ ni l’influence « indue » des collecteurs de fonds. Ça traitait de l’école. DONNEZ GÉNÉREUSEMENT Franco Fava parlait d’un de ses amis qui voulait inscrire son enfant dans une école spécialisée dans l’aide aux élèves en difficulté. Malheureusement, l’homme se butait à une porte close. Qu’a fait Franco Fava pour aider son ami ? Il a fait un don de 5 000 $ à l’école. Et qu’est-ce qui est arrivé ? L’enfant a été accepté. Comme ça, par magie. Chaque fois qu’il est question de corruption, on montre toujours du doigt les pays du Tiers-Monde. « Dans ces pays-là, il faut toujours graisser des pattes pour que les choses débloquent. » Eh bien, devinez quoi : c’est la même chose au Québec. SECRET DE POLICHINELLE Vous le savez, je le sais, tout le monde le sait. Si tu contribues régulièrement et généreusement à la Fondation de l’école privée que ton enfant fréquente, fortes sont les chances que les directeurs de l’école t’écoutent avec attention le jour où tu vas leur parler du fils ou de la fille d’un ami. Si l’enfant en question ne réussit pas les tests d’admission, l’école ne le prendra probablement pas. Mais à compétence égale, bof, pourquoi pas ? Après tout, les bons comptes font les bons amis, non ? LES BONNES RELATIONS C’est aussi comme ça en santé. Les gens qui ont un ami médecin dans leur entourage courent la chance d’être mieux traités que les pauvres malades qui n’on aucun contact. Plus l’économie d’un pays se fissure, plus sa machine se détraque, plus le système prend l’eau, et plus le réseau de contact devient important. Et que faites-vous pour remercier l’ami médecin qui a « accéléré » le dossier de votre vieille mère ? Vous ne lui donnez pas une enveloppe brune, ça serait trop insultant. Vous l’invitez dans un bon resto. Vous lui achetez une bonne bouteille de vin. Vous le gâtez, vous pensez à lui quand vous gagnez un week-end pour quatre personnes dans une auberge de luxe… JURÉ CRACHÉ Je ne veux pas minimiser ce qu’on apprend à la Commission Bastarache. Je ne dis pas qu’il n’y a pas matière à scandale, que c’est ordinaire, banal. Mais il faut être naïf en maudit pour penser qu’un collecteur de fonds qui dépose un million de dollars par année dans les caisses du parti au pouvoir n’a pas ses entrées dans le bureau du Premier ministre ! Qu’on essaie de nous faire avaler ça est pathétique… Nous prenez-vous pour des caves ? Pensez-vous vraiment qu’on vous croit quand vous jurez n’y a AUCUN lien entre le travail « bénévole » (a-hum) effectué par Franco Fava pour le compte du PLQ et les centaines de millions que son entreprise a empochés ? INSULTANT Moi, c’est ça qui m’insulte le plus dans la Commission Bastarache. Pas les histoires de copinage et de réseautage, qu’on devinait tous. Mais le fait qu’on nous prenne pour des cons. Fourre-moi, Chose, mais cesse de me mentir en pleine face… 23 Septembre 2010La fin du club vidéo
Netflix est arrivé au Canada hier!
Ce club vidéo électronique, qui fait un malheur chez nos voisins du Sud, vous permet de télécharger et de visionner des centaines de films, documentaires, émissions de télé, etc. Si vous avez un IPad, téléchargez l'application NETFLIX, cliquez sur l'icône, inscrivez-vous et visionnez des films! Ce qui est intéressant, avec Netflix, est son très grand choix de films étrangers et de documentaires. Hier, par exemple, j'ai regardé Katyn, l'un des derniers films du cinéaste polonais Andrzej Wajda, sur le massacre des haut gradés de l'armée polonaise par les Russes... La qualité de l'image était parfaite, presque HD. Bref, bye bye clubs vidéo! D'ailleurs, est-ce une coïncidence? L'action de Blockbuster a chuté hier, et on croit que l'entreprise va déclarer faillite... Avec Illico sur demande, Zip.ca et Movie ITunes, c'est probablement la fin du club vidéo traditionnel... PS: le premier mois, Netflix est gratuit. Ensuite, ça coûte 8 dollars par mois... Pas cher, pas cher... Le nez dans le chaudron
On dit souvent que si on pouvait voir ce qui se passe dans les abattoirs et dans les cuisines, on arrêterait de manger tellement on trouverait ça dégueulasse.
Eh bien, je pense que c’est la même chose avec la politique. Plus on sait comment ça marche, plus on voit ce qui se passe dans les coulisses, moins on a envie de voter… SAVOIR ET VOIR Soyons francs : jusqu’à maintenant, il n’y a pas de grandes surprises à la Commission Bastarache. Les renvois d’ascenseurs, le copinage, les réseaux d’amis, « gratte mon dos, je vais gratter le tiens », on soupçonnait tous que ça se passait comme ça. Mais comme disait Yvon Deschamps, il y a une différence entre savoir et voir. Soupçonner que les collecteurs de fonds en mènent large est une chose. Entendre de la bouche même de certains hauts fonctionnaires que les collecteurs de fonds entrent et sortent dans le bureau du Premier ministre comme dans un moulin en est une autre. Disons que ça enlève de la patine à la chose politique. C’est comme voir ta mère faire le trottoir à deux heures du matin. LES AMIS DE MES AMIS Prenez le témoignage qu’a livré le ministre des Transports Norm MacMillan mardi matin. Si on se base sur le témoignage de monsieur MacMillan, si vous ne jouez pas au golf avec votre député, si vous ne contribuez pas à sa caisse électorale et si vous n’allez pas souper régulièrement avec lui dans des restos chic, ne lui demandez pas de vous accorder une faveur, ça ne donnera strictement rien. LA FAMILLE Vous rappelez-vous Le Parrain 2 ? Dans une scène-clé, Michael Corleone (joué par Al Pacino) rencontre un sénateur corrompu. « J’accepte d’être en affaires avec vous, mais je méprise toutes vos mascarades, l’indécence avec laquelle vous vous mettez en avant, vous et les membres de votre foutue famille », lui dit le politicien. Michael Corleone le fixe dans les yeux et lui répond froidement : « Sénateur, nous participons à la même hypocrisie… » Eh bien, plus je regarde la commission Bastarache, plus je pense à cette scène. 22 Septembre 2010Surprise sur prise
Franco Fava nie tout en bloc.
Dieu que je suis surpris!!!! La farce du CHUM (2)
Avez-vous lu la réponse de Philippe Couillard aux allégations des auteurs du livre Le CHUM : une tragédie québécoise, dont je vous parlais, hier ?
Très, très bizarre… « Le visage français du centre-ville de Montréal, c'est aussi la science et la technologie qui se montrent et s'expriment dans notre langue au centre de la cité, écrit-il. Quant au CHUM, les gens d'ici et d'ailleurs y trouveront la médecine et la science du XXIe siècle, en français, au centre-ville de Montréal. Voilà la meilleure réponse à l'amertume… » Bref, si le ministre Couillard a préféré le 1000 Saint-Denis au deux autres sites, qui répondaient mieux aux besoins du CHUM, c’est parce qu’il voulait construire un hôpital français au centre-ville ! Coudonc… Philippe Couillard était-il ministre de la Santé ou ministre de la langue ? Si tout ce que le ministre Couillard a à dire pour se défendre, c’est probablement parce que les auteurs du livre disent vrai… Chacun son prix
Une autre question me turlupine dans la Commission Bastarache...
Si Jean Charest avait effectivement accepté de réformer la fameuse loi du No-Fault, comme le demandait Marc Bellemare, l’ex-ministre de la Justice aurait-il déclaré la guerre à son patron ? Aurait-il dénoncé l’influence indue des collecteurs de fonds du parti ? Aurait-il déchiré sa chemise en public ? Poser la question, c’est y répondre. Il aurait probablement gardé le silence car il aurait eu ce qu’il voulait. Comme quoi tout le monde a son prix. Même les ministres de la Justice… Inquiétant
La semaine dernière, au magazine culturel Ici et là que ma blonde Sophie Durocher anime au Canal Vox, Jean-Michel Dufaux a émis une réflexion intéressante concernant la Commission Bastarache :
« Imaginez, a-t-il dit : d’un côté, on a l’ex-ministre de la Justice, de l’autre, le Premier Ministre, et il y en a un des deux qui ment… Assez inquiétant, non ? » Effectivement. D’un côté comme de l’autre, ce n’est pas très reluisant. De quoi rendre cynique la personne la plus naïve… Commission ou procès?
Hier, mon confrère Mathieu Turbide affirmait qu’on a la fâcheuse impression, en regardant les audiences de la commission Bastarache, que les procureurs de la commission semblent plus intéressés à miner la crédibilité des témoins qui tendent à confirmer la version de Marc Bellemare qu’à découvrir la vérité concernant l’influence des collecteurs de fonds du PLQ.
Je suis d’accord avec lui. En fait, il faudrait être sourd et aveugle pour ne pas se poser la même question ! On n’a pas l’impression d’assister à une Commission d’enquête NEUTRE et OBJECTIVE, mais à un procès destiné à défendre la réputation du Premier ministre. Comme si Jean Charest avait intenté un procès à Marc Bellemare pour diffamation ! Des témoins pro-Bellemare présentent des notes ? On se pose des questions sur leur véracité et se demande avec quelle encre et quel crayon elles ont été écrites. Des témoins pro-Charest font la même chose ? Ça passe comme une lettre à la poste. Comme s’il était inconcevable d’émettre le moindre petit doute sur les affirmations des gens qui tendent à confirmer la version du Premier ministre. Comme si seuls les témoins pro-Bellemare avaient un agenda caché. Vraiment, vraiment étrange… 21 Septembre 2010Une contradiction savoureuse
Contradiction rigolote dans le témoignage du ministre des Transports Norm MacMillan, ce matin, à la commission Bastarache.
Monsieur MacMillan a dit qu'il a effectivement recommandé le nom de Marc Bisson à Marc Bellemare. Pas parce que Marc Bisson était le fils de son organisateur en chef et ami Guy Bisson, non: parce que c'était un citoyen de son comté. J'agirais de la même façon avec toute personne de mon comté qui viendrait me voir et me demanderait de la recommander, a expliqué le ministre. O.K., d'accord... Mais cinq minutes plus tard, monsieur MacMillan a dit que les téléphones de son bureau n'arrêtaient pas de sonner pendant cette période... Pourquoi? Parce que plusieurs avocats, sachant que des postes de juges étaient disponibles, voulaient eux aussi une recommandation de sa part. Les avez-vous aussi recommandés à Marc Bellemare? Non. Pourquoi? Réponse de Norm MacMillan: "Parce que je ne les connaissais pas..." !!! D'un côté, le ministre des Transports (et ex président du caucus) affirme qu'il n'a pas accordé de traitement de faveur à Marc Bisson. De l'autre, il avoue candidement avoir refusé de recommander d'autres avocats car "il ne les connaissait pas"! Assez savoureux, non? Et le pire est que l'avocat de Marc Bellemare n'a pas sauté sur cette contradiction flagrante pour cuisiner MacMillan et remettre en doute son témoignage... Bizarre... La farce du CHUM
« Un chameau est un cheval dessiné par un comité », dit l’adage.
La meilleure illustration est ce qui est arrivé au CHUM. Alors que l’hôpital universitaire francophone avait besoin d’un site d’une superficie de deux à trois millions de pieds carrés pour remplir convenablement sa mission, il se retrouve maintenant sur un site exigu (le 1000 Saint-Denis) qui empêche tout agrandissement majeur. Le projet situé au 6000 Saint-Denis était quatre fois plus grand que le site actuel. Celui de la gare de triage d’Outremont, 12 fois plus grand ! Or, lequel a remporté la mise ? Le plus petit ! Cherchez l’erreur… UNE CATASTROPHE Dans Le CHUM : une tragédie québécoise, un livre-choc publié aux éditions Boréal, l’économiste Robert Lacroix (ex-recteur de l’Université de Montréal) et le sociologue Louis Maheu (représentant de l’UDM au conseil d’administration du CHUM) retracent avec beaucoup de détails la triste histoire de ce méga projet. À côté de ça, la construction du stade olympique est un conte de fée… « On aboutit à un hôpital moins fonctionnel, construit sur un terrain trop petit et qui coûtera au moins 1,2 milliard de dollars de plus que les projets du 6000 Saint-Denis ou d’Outremont, écrivent les auteurs. « Si la commission Mulroney-Johnson avait recommandé le maintien du projet au 6000 Saint-Denis, cet hôpital aurait pu ouvrir ses portes en 2008. Sur le site Outremont, une ouverture en 2010 était tout à fait plausible. « Au 1000 Saint-Denis, au rythme où vont les choses, nous pensons que le projet ne sera complètement terminé qu’en 2020. » UN PREMIER MINISTRE FAIBLE À ce stade-là, on ne parle plus d’un cheval qui se transforme en chameau, mais d’un cheval qui ressemble à une scie à chaîne ! On a l’impression que toutes les mauvaises décisions qui auraient pu être prises ont été prises. Le plus désolant, dans toute cette histoire, est de voir à quel point Jean Charest (qui appuyait le projet Outremont) a été incapable de tenir tête à son ministre de la Santé, Philippe Couillard (qui, lui, penchait en faveur du 1000 Saint-Denis). C’est à se demander qui dirigeait le gouvernement ! En février 2005, au plus fort de la tempête, Jean Charest annonce un remaniement ministériel. En profitera-t-il pour tasser Couillard ? Non : il le reconfirme dans son poste de ministre de la Santé ! Vraiment, c’est à n’y rien comprendre… LA FACTURE GONFLE Pas étonnant que certains croient que Jean Charest laisse les collecteurs de fond de son parti nommer les juges : il ne pouvait même pas tenir tête à l’un de ses ministres ! « Nous écrivons ces lignes en 2010, et personne ne peut dire avec certitude quand le nouveau CHUM accueillera ses premiers patients, disent les auteurs. On ne sait même pas encore ce que sera cet hôpital, quand sa construction débutera, sous quel régime il sera réalisé (PPP ou autre) et quel en sera le coût définitif. » On avait prévu un projet de 1,6 milliard de dollars, prêt pour 2008. On est rendu à une facture de 2,6 milliard de dollars, et la première pierre n’a pas encore été posée… QUI CONDUIT ? « Je veux avoir les deux mains sur le volant », disait Jean Charest. À quoi bon, monsieur le Premier ministre, si ce n’est pas vous qui conduisez ? 20 Septembre 2010Un témoignage dévastateur
Après avoir perdu notre temps à comparer les encres et les crayons de Marc Bellemare, la commission Bastarache est enfin entré dans le vif du sujet, ce matin, avec le témoignage-choc de Georges Lalande, ex-sous ministre de monsieur Bellemare.
Si l'on en croit monsieur Lalande (un haut fonctionnaire de carrière qui jouit d'une réputation sans tache), le collecteur de fonds Franco Fava se serait plaint du fait que Marc Bellemare " joue les purs " en refusant de nommer des amis du parti à des postes de juge. « On veut bien te supporter sur le projet de loi 35 sur la justice administrative. En revanche, il va falloir que le ministre collabore par des nominations », aurait dit Franco Fava au sous-ministre. « Marc Bellemare ne comprend pas qu'on a besoin de nommer notre monde à la Justice comme ailleurs. Ça foule aux portes. Ça fait neuf ans qu'on est dans l'opposition. » Bref, au gouvernement libéral, on fonctionne par "Give And Take"! Plus tu rapportes de l'argent au parti (Franco Fava se vantait d'amasser un million de dollars par année), plus tu as accès au Premier ministre et plus tu en mènes large au gouvernement. "On va lui laisser quelques nominations ", disait Fava en parlant de Marc Bellemare. "On va lui laisser...."!!!! Comme si c'était les solliciteurs de fonds qui menaient la barque et disaient au ministre de la Justice quoi faire et qui nommer! Bref, un témoignage dévastateur pour Jean Charest, qui laisse à penser que le parti dirige le gouvernement! Bastarache: semaine cruciale
Semaine cruciale à la Commission Bastarache avec — entre autres — les témoignages de Franco Fava et du premier ministre Jean Charest.
Croyez-vous que Jean Charest joue son avenir politique, et que les témoignages qu'on entendra cette semaine pencheront en faveur de Marc Bellemare? Le combat de l'Europe est NOTRE combat
J’ai une question quiz pour vous.
Je vous présente des extraits d’un texte qui a été publié dans un journal en juillet dernier, et vous essayez de trouver dans QUEL pays ce journal est publié. DES RAISONS DE S’INQUIÉTER « Quand l’Europe défend son identité et sa façon de vivre, nous n’avons pas le droit de nous en offusquer. Elle ne fait que défendre la démocratie et les libertés individuelles contre une pensée religieuse, celle de l’islamisme. « Il faut être objectif pour comprendre les réactions de colère des Européens face à “ l’assaut ” musulman. Au bout d’une ou deux générations, le monde entier regrettera l’Europe telle qu’elle avait été jusque-là. Celle-ci aura été transformée sous l’effet de l’immigration musulmane. Les Européens ont raison de s’inquiéter. « Les ghettos musulmans prolifèrent autour des grandes villes européennes, le voile s’y est banalisé, le niqab y progresse jour après jour et les mosquées y attirent plus de monde que les églises. Il y aurait 45 millions de musulmans en Europe, ce qui ne serait pas si grave s’ils voulaient vraiment s’intégrer. « Or, beaucoup soutiennent le principe des attentats, les crimes d’honneur sont courants et les femmes se voient souvent traitées par leurs familles comme si elles étaient encore dans leur pays d’origine…. » UNE ANALYSE LUCIDE Alors, où ce texte a été publié ? En France, en Suisse, en Autriche ? Non : au Koweït, dans le quotidien Al-Qabas. Et l’auteur s’appelle Ahmed Al-Sarraf. Ce journaliste laïc milite depuis des années pour que les pays arabes adoptent un mode de vie séculier, qui sépare l’État et la religion. Bref, la prochaine fois qu’on vous dit que ce n’est pas beau de critiquer l’Islam, que c’est raciste de vouloir protéger son identité nationale et sa culture, que c’est parano d’affirmer que l’Europe est en train de se transformer sous l’immigration musulmane et que c’est xénophobe de dire que beaucoup d’immigrants musulmans ne veulent pas s’intégrer, brandissez ce texte et dites haut et fort que ce n’est pas un Occidental d’extrême droite qui l’a écrit, mais un ARABE PROGRESSISTE DU KOWEÏT! On aimerait que notre petite gogauche gnan-gnan soit aussi lucide et courageuse que ce journaliste… LARRONS EN FOIRE Parlant d’extrémisme religieux… Selon le pape Benoît XVI, qui a prononcé un discours devant la Reine d’Angleterre la semaine dernière, l’athéisme, la sécularisation et la laïcité ont été la cause des pires catastrophes de l’histoire. Si les nazis ont tué six millions de Juifs, c’est parce qu’ils ont voulu éradiquer Dieu. Idem pour les communistes. Bref, plus la religion est présente dans l’espace public, plus le mur séparant la religion et l’État est mince, et mieux le monde se porte… Dommage que les barbus islamistes et le pape ne prient pas le même Dieu, car ils s’entendraient comme larrons en foire… Ils partagent le même agenda et visent le même but : en finir avec la laïcité, et remettre Dieu au centre de la vie publique et politique. LES FRÈRES JUMEAUX Contrairement à ce qu’on pourrait croire, l’intégrisme musulman et l’intégrisme catholique ne sont pas des ennemis, mais des frères jumeaux. Qui menacent chacun de son côté nos droits et libertés… 19 Septembre 2010Bizarre, bizarre...
Je ne remets pas en question l’honnêteté de Marc Bellemare, mais peut-on se poser des questions sur son témoignage sans se faire traiter de suppôt du Parti Libéral ?
Voilà un homme qui, selon ses confrères de travail, prenait toujours des notes lors des réunions. Or, Marc Bellemare aurait subi des pressions de la part de son Premier ministre alors qu’il était ministre de la Justice, et il n’aurait pas noté ça dans son calepin ? Il n’aurait fait part de cette conversation à AUCUN de ses confrères, ni son chef de cabinet ni son attaché de presse ? Il aurait seulement scribouillé quelques notes éparses sur l’envers d’une tablette, quelques mois après les faits, en regardant distraitement un match de hockey ? Désolé, mais j’ai de la difficulté à avaler ça… D’autant plus que, vous le savez comme moi, les avocats notent toujours tout, le moindre appel téléphonique, la rencontre la plus banale… Il me semble que si j’étais ministre de la Justice et que le chef du gouvernement m’ordonnait de nommer telle et telle personnes juges, la première chose que je ferais en rentrant dans mon bureau serait d’en parler à mes proches collaborateurs et de tout noter dans un cahier. Je n’attendrais pas des mois et des mois avant de jeter mes souvenirs sur papier… Vous ne trouvez pas ça bizarre, vous ? Hockey Night in Montreal
Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais chaque fois que j’entends des amateurs de hockey se plaindre du trop petit nombre de joueurs francophones au sein du Canadien de Montréal, j’ai un petit sourire en coin.
J’ai le goût de leur dire : « Tant pis pour vous. » ANYTHING BUT QUEBECOR Je me souviens des réactions qu’on pouvait lire et entendre quand Pierre-Karl Péladeau a annoncé qu’il était intéressé à acheter le club, en partenariat avec le Fonds de solidarité de la FTQ et Les Productions Feeling de René Angélil. « Ah non, tout sauf l’Empire !!!! Anything but Quebecor ! » À croire certains commentateurs, c’était le pire scénario-catastrophe qui pouvait arriver au Québec. Imaginez, l’Empire et le mari de Céline qui mettent la main sur le Canadien ! Marie-Élaine Thibert, capitaine de l’équipe ! Garou, entraîneur-chef ! C’était un signe de l’Apocalypse ! Il fallait à tout prix empêcher cette transaction maléfique, diabolique ! Il valait mieux saborder l’équipe plutôt que de la voir tomber dans les mains de Darth Vader ! PAS SURPRENANT Aujourd’hui, le Canadien est la propriété de la famille Molson, en partenariat avec The Woodbrige Company Limited, une société d’investissement basée à Toronto, et Michael Andlauer, un entrepreneur qui vit à Burlington, Ontario. Vous êtes contents, messieurs ? Je ne dis pas qu’on aurait dû empêcher des entrepreneurs anglophones d’acheter le Canadien. Je suis un ardent défenseur du libre marché, et la famille Molson (qui connaît le hockey comme le fond de sa poche) est à 100 % québécoise. On met l’équipe en vente, et au plus fort la poche ! Mais qu’on ne se surprenne pas du fait que la question de la représentation francophone au sein de l’équipe ne soit pas la « priorité numéro un » des propriétaires du Canadien ! Ça leur passe probablement 25 000 pieds au-dessus de la tête... 18 Septembre 2010Dégueulasse (suite)
Cette semaine, je disais qu'un forum de discussion géré par le journal en ligne LE QUÉBÉCOIS postait des commentaires dégueulasses sur la mort de Claude Béchard.
Patrick Bourgeois, du journal Le Québécois, m'a répondu, disant qu'il n'y avait plus AUCUN lien entre ce forum et son organisation. Or, l'adresse du forum est http://lequebecois.actifforum.com/actualite-f1/un-de-moins-t13251.htm Et l'adresse du site Le Québécois est http://www.lequebecois.org/ De plus, sur le site du Québécois, on retrouve un lien menant DIRECTEMENT au forum en question!!!! (Allez sur l'onglet LIENS DU QUÉBÉCOIS, et en bas de la page, un lien vous mènera directement au Forum de discussion mis en cause par ma chronique...) Et Patrick Bourgeois dit qu'il n'y a AUCUN lien? Si Canoë se débarrassait d'un forum de discussion, soyez assurés qu'ils n'accepteraient pas que les nouveaux "managers" de ce forum utilisent la même adresse, et ils ne feraient pas de lien avec celui-ci!!!! À la défense de Pierre Curzi
Je vais probablement me faire traiter de tous les noms par les « post-nationalistes » qui crient au fascisme dès qu’un Péquiste dit du bout des lèvres qu’il faudrait défendre plus ardemment la langue française, mais je m’en fous, je tiens aujourd’hui à prendre la défense de Pierre Curzi.
RIEN DE CHOQUANT Depuis une semaine, le député de Borduas est l’objet de railleries suite aux propos qu’il a tenus sur la faible présence de francophones au sein du Canadien de Montréal à l’émission Les Francs-Tireurs (que je co-anime avec Patrick Lagacé sur les ondes de Télé-Québec). Qu’est-ce qui vous a tant choqué dans les propos de monsieur Curzi ? Ce qu’il a dit n’a pourtant rien de scandaleux : il n’y a pas beaucoup de francophones au sein du Canadien pour la simple et bonne raison que les propriétaires actuels de l’équipe n’ont pas le fait français particulièrement à cœur et ne perçoivent pas le Canadien comme un « symbole identitaire ». Si c’était un nationaliste francophone qui dirigerait l’équipe, on y compterait certainement plus de joueurs qui parlent la langue de Michel Tremblay. « DU FÉDÉRALISME ÉTROIT » C’est quoi, le problème ? Même Alain Dubuc (qu’on ne peut mettre dans le même lit idéologique que Pierre Curzi) a écrit hier que « l'insensibilité des dirigeants du Canadien ressemble à du fédéralisme étroit des années 60 » ! Et avant de grimper dans les rideaux, réécoutez les propos de Curzi : le député péquiste n’a pas parlé d’un « complot fédéraliste », il n’a pas dit que les fanatiques de la feuille d’érable se réunissaient chaque dimanche soir dans un sous-sol de Westmount pour savoir quel autre « véhicule identitaire québécois » ils allaient acheter ! Il a seulement dit que la faible présence de joueurs francophones au sein du Canadien faisait probablement l’affaire des fédéralistes. Quand on voit avec quelle insistance les bonzes du fédéralisme tentent de nous enfoncer le credo multiculturel dans la gorge, il faut vraiment être naïf pour croire le contraire. Vous pensez vraiment que ça ne fait pas l’affaire des défenseurs du multiculturalisme à la canadienne de voir que les francophones constituent un groupe parmi tant d’autres au sein du Canadien ? Voyons ! SANS ODEUR NI COULEUR Vraiment, je ne vous comprends pas. Vous ne cessez de pourfendre la langue de bois, mais dès qu’un politicien ose dire franchement et honnêtement le fond de sa pensée, vous cognez dessus à coups de bâton de baseball. Qu’est-ce que vous voulez ? Des politiciens passionnés qui n’ont pas peur de brasser la cage, comme le faisaient Claude Charron, Lise Payette, Guy Chevrette, Jean Cournoyer et Jean Garon, ou des avocats cravatés sans odeur, sans saveur et sans couleur ? Vous dites que la politique est plate. C’est de votre faute, bordel ! Si vous arrêtiez de vous comporter comme des p’tites Sœurs du Bon Pasteur dès qu’un politicien dit QUELQUE CHOSE (au lieu de ne rien dire), on n’en serait pas là. PAS DE LEÇON À DONNER Pour ce qui est du Globe and Mail, qui a ridiculisé Curzi, le journal de Toronto n’a de leçon à donner à personne. Après tout, c’est une de leurs chroniqueuses qui a dit que les tueries de Dawson et de Polytechnique avaient été causées par la loi 101 !!! 16 Septembre 2010Bellemare attaque la Commission
Marc Bellemare a fait une déclaration choc, ce matin, à la Commission Bastarache:
Qu'en pensez-vous? Dégueulasse
Tout le Québec a été secoué par la mort fulgurante de Claude Béchard.
Tout ? Non. Une poignée d’indépendantistes hystériques se sont empressés de cracher sur sa dépouille dans un forum de discussion souverainiste. Sur le site Le Québécois, tenu par le militant séparatiste très connu Patrick Bourgeois (site qui compte 1846 membres enregistrés), on retrouve en effet un forum de discussion appelé UN DE MOINS, consacré au décès du ministre libéral. On peut y lire des messages haineux qui dégoûteraient les séparatistes les plus convaincus. (Mes excuses aux proches de monsieur Béchard, mais je crois que la publication de ces messages est d’intérêt public, vu la notoriété de monsieur Bourgeois et de son site…) Tirtan Durbois : « Derrière les belles façades déclamées par les hypocrites qui pleurent le mort, je ne ferai que remarquer qu'il est normal un jour ou l'autre que de la charogne ça finisse par pourrir. Je paraphraserai un de nos poètes : "À la fête du mort, y avait juste moi de pas triste. J'savais que le mort c'était rien qu'un vieux criss"… » Louis Hébert : « Depuis quand on ne doit pas se réjouir d'un ennemi qui disparaît, tant qu'à moi ils peuvent tous crever ces charognards… » Roger Audet : « C'était un ami très personnel de John James Charest charogne. Aujourd'hui, le Québec est mieux qu'hier car il s'est délesté d'un ennemi, d'un traître, d'un bulldozer libéral fédéraliste contre le PEUPLE QUÉBÉCOIS. Ne pleurons pas celui qui vous charcutait. » Mac12 : « Pierre Falardeau, qui a accompli beaucoup plus pour le Québec, n'a pas eu droit à des funérailles nationales. Il semble que pour Charogne et sa gang de rats, seuls ceux de leur camp ont le droit à ce genre d'honneur… » Vous me direz que les élucubrations de cette très petite poignée d’extrémistes ne représentent absolument pas le mouvement souverainiste, et que tout forum de discussion compte (malheureusement) sa part de timbrés. Vous avez parfaitement raison. Mais ce qui me dérange, là-dedans, est que Patrick Bourgeois, qui n’est quand même pas le dernier venu, publie ce genre de propos sur son site. Espérons qu'il n'était pas au courant de l'existence de ces commentaires... _________ DERNIÈRE HEURE: Voici un courriel de Bernard Desgagné, du Réseau de Résistance Québécois, que je viens tout juste de recevoir (vendredi, 14 hres): Monsieur Martineau, À titre de membre du Réseau de résistance du Québécois, permettez-moi d'éclairer un peu votre lanterne au sujet des propos de «Tirtan Durbois», qui ont fait l'objet de votre article de blogue intitulé «Dégueulasse», publié le 16 septembre 2010. Nous n'avons aucune idée de l'identité réelle des participants du forum du Québécois, dont nous n'approuvons, ni ne censurons les propos et qui ne représentent pas le point de vue de notre organisme. Le point de vue du RRQ et du journal Le Québécois est clairement exprimé dans le site du RRQ et dans le journal, auquel vous pouvez vous abonner. Nous serions heureux de lire de temps à autre ce que vous pensez du contenu de notre journal et de notre site. Nous ne nous sommes pas prononcés à l'occasion du décès de Claude Béchard. En revanche, nous nous sommes prononcés récemment sur d'autres sujets, comme l'infâme projet de loi 103, la défense du français et les manipulations sordides de la Gazette et de Radio-Canada. En ce qui nous concerne, les gens qui écrivent dans le forum du Québécois, sans aucun contrôle de notre part, pourraient très bien être des saboteurs oeuvrant pour le camp fédéral. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle nous songeons à fermer prochainement ce forum, puisque nous n’avons pas les ressources pour en contrôler le contenu. Nous nous servons depuis quelques mois d'un autre forum, qui est réservé à nos membres et qui n'est pas public. Dans ce forum, nous savons exactement qui dit quoi. Il s'écrit tous les jours des millions de messages plus ou moins intelligents dans divers forums Internet, et les propriétaires de ces forums les mettent à la disposition des gens pour qu'ils s'expriment et échangent leurs idées. L'importance d'un message noyé dans un océan cybernétique devrait normalement être minime, surtout s’il n'a été ni sollicité, ni avalisé par personne et s'il est le fruit d'une initiative individuelle, anonyme et aucunement représentative. Quelques dizaines de personnes, tout au plus, auraient normalement eu connaissance de ce message. Mais, lorsque des grands médias décident d'en faire une nouvelle et, par exemple, de le lire en ondes, devant leur auditoire de plusieurs dizaines de milliers de personnes, ce sont ces médias qui se servent du malheur des gens pour véhiculer des idées répugnantes, au grand plaisir de leurs actionnaires voraces et peu scrupuleux. Salut et fraternité. Bernard Desgagné Membre du bureau politique Réseau de résistance du Québécois __________ Autre réponse, de Patrick Bourgeois, cette fois-là: M. Martineau, Je suis présentement en Europe. Quelqu'un vient de m'envoyer un lien vers votre texte où vous commentez le contenu du forum qui était anciennement géré par notre organisation et concernant la mort de Claude Béchard. Vous associez le tout à ma personne et à l'organisation que je dirige. Grosse erreur de votre part. Ce forum ne nous appartient plus et nous l'avons clairement indiqué sur le forum. Nous avons transféré nos activités "forum" sur notre site internet: www.resistancequebecoise.org D'ailleurs, tous nos logos ont été retirés de ce forum et il s'appelle désormais "forum souverainiste" et non plus "forum du Québécois". Nous l'avons fait pour justement éviter que des abrutis écrivent toutes sortes de conneries et que cela nous éclabousse par la suite. Je ne partage d'aucune façon les commentaires des idiots qui ont parlé de la mort de Claude Béchard. Et j'apprécierais que vous le précisiez sur votre blogue. Je ne gère plus ce forum et notre organisation non plus. Donc, il s'y écrit tout et n'importe quoi sans aucune modération, et d'aucune façon cela peut être associé à moi. J'ai claqué la porte de ce forum en annonçant que notre organisation s'en dissociait et cela, depuis des mois maintenant. Il aurait été pertinent que vous communiquiez avec moi avant d'écrire votre texte. Les accusations que vous dirigez contre moi dans le cas présent sont très, très, très injustes. J'espère que vous prendrez les moyens pour corriger la situation sur votre blogue. ____________________ MA RÉPONSE À CES DEUX INTERVENTIONS L'adresse du forum est http://lequebecois.actifforum.com/actualite-f1/un-de-moins-t13251.htm Et l'adresse du site Le Québécois est http://www.lequebecois.org/ De plus, sur le site du Québécois, on retrouve un lien menant DIRECTEMENT au forum en question!!!! (Allez sur LIENS DU QUÉBÉCOIS, et en bas de la page, un lien vous mène directement au Forum de discussion mis en cause par ma chronique...) Hello? Et vous dites qu'il n'y a AUCUN lien? Si Canoë se débarrassait d'un forum de discussion, soyez assurés qu'ils n'accepteraient pas que les nouveaux "managers" de ce forum utilisent la même adresse, et ils ne feraient pas de lien avec celui-ci!!!! La clé et le lampadaire
Connaissez-vous Lucien Boyer ?
Ce stand-up comic grassouillet qui a fait les belles heures des cabarets dans les années 50-60 n’a jamais atteint le statut de Gilles Pellerin ou de Ti-Gus et Ti-Mousse. Mais il a connu un certain succès sur disque. GAGS DE MONONCLE À la maison, quand j’étais petit, on avait les trois « microsillons » de Lucien Boyer : celui avec la pochette rouge, celui avec la pochette jaune et celui avec la pochette bleue. Je les faisais jouer du matin au soir afin d’apprendre ses gags par cœur et les répéter à mes chums, le lendemain, à l’école. « C’est l’histoire d’un gars qui rentre dans un restaurant et qui demande à la serveuse : Madame, avez-vous des cuisses de grenouilles ? — Non, c’est mon marcher naturel… » Ba-doum, ba-doum. Ou alors : « C’est l’histoire d’un gars qui rentre dans une épicerie et qui demande au commis : Monsieur, avez-vous des oignons à la poche ? — Non, rien que des cors aux pieds… » Ba-doum, ba-doum. Pas très subtil mais, comme dit l’autre, ça fait la job. MÉTAPHORE DU QUÉBEC Bref, sur un de ses disques, Lucien Boyer racontait l’histoire d’un gars qui voit un homme à quatre pattes en dessous d’un lampadaire, au beau milieu de la nuit. « Qu’est-ce que vous faites là ?, lui demande-t-il. — Je cherche mes clés… — Vous les avez perdues ici ? — Non, plus loin, à un kilomètre. — Pourquoi vous les cherchez ici, alors ? — Parce qu’ici, il y a de la lumière… » Eh bien, ce gag représente parfaitement ce qui se passe actuellement au Québec. Pendant que Québec Solidaire révèle que quatre firmes de génie-conseil aurait versé illégalement 400 000 $ au Parti Libéral du Québec, on fait venir des spécialistes en calligraphie pour analyser les notes de Marc Bellemare !!! Au lieu de parler du vrai scandale (le rôle des firmes de génie-conseil dans le financement des partis politiques), on perd notre temps à tergiverser sur la nomination des juges, un sujet dont la plupart des gens se foutent éperdument ! Tout ça, parce que Jean Charest a décidé de créer une commission pour faire la lumière là-dessus ! Pour reprendre le gag de Lucien Boyer : on cherche nos clés sous un lampadaire alors qu’elles se trouvent à un kilomètre plus loin !!! LA CHASSE AUX FOURMIS Et pourquoi Jean Charest a créée une commission sur le processus de nomination des juges, alors que le sujet qui interpellait les gens était le financement des partis politiques ? Parce que le Premier ministre savait que cette commission-là allait lui donner raison. Je le sais, vous le savez, tout le monde le sait. On dirait un mauvais drame policier : tout le monde sait qu’à la fin du dernier acte, c’est Marc Bellemare qui va être montré du doigt, mais ça ne fait rien, on joue la pièce quand même… Pendant ce temps-là, aucune commission, aucun juge ni aucun avocat se penche sur le vrai scandale. Un éléphant de 600 tonnes est en train de démolir la maison, et on part à la chasse aux fourmis… DES BIDOUS Et combien va coûter cette jolie commission ? Autour de six millions de dollars. Qui seront payés par chèques. Pas en liquide, dans des enveloppes brunes… 15 Septembre 2010Bastarache: gossage de poils de grenouille
Selon l'expert en "encre" qui a témoigné à la Commission Bastarache aujourd'hui, la fameuse note de Marc Bellemare aurait été écrite par trois crayons différents.
Imaginez: Maître Bellemare a TROIS crayons différents chez lui!!!! De plus, l'expert en question ne peut pas déterminer l'origine du carton sur lequel l'ex-ministre de la Justice a pris ses notes. Oouhhhhhhhhhh!!!! Méchante preuve! Vous ne trouvez pas qu'on perd notre temps à gosser des poils de grenouille, pour paraphraser l'ex-ministre Chevrette? Et tout ça a coûté des dizaines de milliers de dollars de l'heure! N'importe quoi... Chantage
Selon Feisal Abdul Rauf, l’imam derrière ce projet controversé, changer l’emplacement de cette mosquée pourrait être dangereux pour les Américains.
« Ça serait interprété dans le monde musulman comme une preuve que l'islam est attaqué en Amérique, a-t-il lancé sur la chaîne de télé ABC. Cela renforcera les extrémistes dans le monde musulman, ça les aidera à recruter et ça mettra en danger nos soldats, nos ambassades, nos citoyens… » En d’autres mots : « Si vous n’acceptez pas mes demandes, vous risquez d’en prendre plein la gueule. » Il y a un mot pour qualifier ces propos : chantage. « Manière d’obtenir quelque chose de quelqu’un en exerçant sur lui une pression psychologique. » RACKET DE PROTECTION C’est exactement ce que disent les spécialistes du racket de la protection à leurs victimes : « Si tu n’acceptes pas l’offre que je te fais, tu risques d’avoir de gros ennuis. Pas de ma part, non, je ne ferai jamais de mal à une mouche, tu me connais, je suis ton ami, je ne te veux que du bien. Mais tu peux avoir des problèmes de la part de quelques excités… « Heureusement, je peux te protéger contre ces têtes brûlées. Si j’étais toi, je dirais Oui. Après tout, un incendie est si vite arrivé… » Mon amie la police
Marc Parent, le nouveau directeur du Service de police de la Ville de Montréal, a dit qu’il voulait rapprocher le corps policier des communautés culturelles.
Pourquoi ? Elles sont loin ? Si oui, ce sont elles qu’il faut rapprocher, pas le contraire ! UNE ATTITUDE CONDESCENDANTE Pourquoi « se rapprocher des communautés culturelles » ? Pourquoi ne pas « se rapprocher du citoyen tout court », que celui-ci soit noir, blanc ou rouge ? Les « communautés culturelles » ne sont pas stupides, on n’a pas besoin de se mettre à genoux et d’articuler lentement pour leur parler, elles connaissent les lois, elles savent que lorsqu’on les brise, on a affaire à la police… Les Québécois d’origine haïtienne, salvadorienne ou algérienne sont des citoyens à part entière, avec les mêmes droits et les mêmes devoirs que tout le monde, on n’a pas besoin d’agir de façon spéciale avec eux, ou de mettre des gants blancs quand on leur adresse la parole… C’est quoi, cette attitude condescendante ? J’ai l’impression de lire Tintin au Congo quand j’entends des trucs du genre ! CHACUN SON BOULOT Personnellement, je ne veux pas que la police « se rapproche de moi ». Je n’en ai rien à foutre. Ce que je veux, c’est qu’elle me protège et qu’elle protège ma famille en attrapant les bandits. Et ce n’est pas en transformant les policiers en chefs scouts ou en travailleurs sociaux qu’on va faire ça. C’est en leur donnant les moyens de répondre plus rapidement aux appels d’urgence. Vous voulez prévenir la délinquance dans les milieux à risques ? Donnez davantage d’argent aux VRAIS travailleurs sociaux qui ont étudié le TRAVAIL SOCIAL, et laissez la police faire son boulot — c’est-à-dire : arrêter les gens qui ont enfreint la loi ! Bientôt, si ça continue, on va demander à Passe-Partout de diriger les services de police de la province… « Tu as volé une banque ? Ah la la, viens, prends ma main, on va aller voir ta mère… » 14 Septembre 2010CSI Québec
Demain, la Commission Bastarache va se transformer en épisode de CSI.
On va faire venir un spécialiste en calligraphie qui a analyser les notes de Marc Bellemare pour savoir si elles ont vraiment été écrites en avril 2004, et pas la semaine dernière! Québec Solidaire a remis à la SQ des documents tendant à prouver que quatre firmes de génie-conseil ont fait des dons illégaux au PLQ (400 000 $), et pendant ce temps, on va passer au microscope l'encre utilisée par Marc Bellemare!!!! Hello?!? Un éléphant de 600 tonnes démolit les meubles de la maison, et on chasse des fourmis! Comprenne qui pourra... La cause est entendue
Dure journée pour Marc Bellemare hier.
S’il s’agissait d’un combat de boxe, on pourrait dire que l’ex-ministre de la Justice est dans les cordes et que ses genoux ont, pour la première fois, touché le sol. UPEER CUT AU MENTON En effet, alors que Marc Bellemare a juré dans son contre-interrogatoire du 31 août avoir fait part à son attaché de presse Jacques Tétrault des pressions effectuées par Franco Fava dans le dossier de la nomination des juges, monsieur Tétrault a affirmé n’avoir JAMAIS entendu parler de ça ! Pire : il a dit avoir été « renversé » par les allégations de Marc Bellemare, qu’il a apprises à la télévision le printemps dernier. « Je ne comprends pas qu’il ne nous en ait pas parlé », a-t-il déclaré. Ouch ! Alors qui ment ? Qui a des « trous de mémoire » ? Bellemare ou Tétrault ? UN LOOSE CANON Une chose est sûre : le ministre Marc Bellemare ne semblait pas particulièrement apprécié de son entourage. Impulsif, cachottier, incapable de travailler en équipe, paranoïaque, fielleux, mal organisé — le portrait que Jacques Tétrault et l’ex-chef de cabinet Michel Gagnon ont brossé de leur ancien patron était dévastateur. « À titre d’employeur, cet homme était une catastrophe », a lancé l’ancien attaché de presse. Ça me rappelle cet homme qui m’a abordé dans la rue, il y a quelques jours. « Ma femme a travaillé avec une douzaine de ministres et de sous-ministres, m’a-t-il dit. Elle a adoré son boulot. Dans toutes ces années, elle n’a eu qu’une seule mauvaise expérience : quand elle travaillait pour Marc Bellemare. C’était l’enfer… » LA THÉORIE DU COMPLOT De là à dire que Marc Bellemare ment lorsqu’il affirme avoir subi des pressions, il y a bien sûr une marge. Après tout, on peut être honnête ET ne pas être apprécié de ses subalternes. Mais disons que son image a été sérieusement entachée… Cela dit, les témoignages de Jacques Tétrault et Michel Gagnon ne semblent pas avoir ébranlé Monsieur et Madame Tout-le-monde. Si je me fie aux courriels et aux appels que j’ai reçus hier, la population est toujours derrière Marc Bellemare. « Je ne crois pas les témoignages des deux anciens collaborateurs de Marc Bellemare, de me dire un lecteur. Pour moi, ils ont tout intérêt à salir la réputation de leur ancien patron pour conserver leur lien avec le gouvernement. Tout ça, c’est un gros complot destiné à protéger le Premier ministre… » PRÉSOMPTION DE CULPABILITÉ Bref, quoique disent les témoins au cours des prochains jours, le jury populaire a tranché et la cause est (déjà) entendue. Marc Bellemare aurait beau se retrouver face contre le matelas, on le déclarerait vainqueur. Le lien de confiance entre Jean Charest et la population semble être définitivement rompu. « Quand on veut tuer son chien, on dit qu’il a la rage », dit le dicton. Idem pour les Premiers ministres. Les deux principaux collaborateurs de Marc Bellemare ont beau avoir contredit sous serment le témoignage de leur ancien patron et remis en question son jugement, les électeurs ne croient pas le Premier ministre et vont continuer à douter de lui, quoiqu’il dise, quoiqu’il fasse et quoique les témoins de la Commission Bastarache déclarent au cours des prochains jours. Ne reste plus qu’à attendre les élections… 13 Septembre 2010Commission Bastarache: ouch!
Regardez-vous les audiences de la commission Bastarache?
Je n'ai qu'un mot à dire: ouch!!!! Marc Bellemare a toujours dit qu'il avait mis son attaché de presse au courant des pressions exercées par Franco Fava alors qu'il était ministre de la Justice. Or, ce matin, l'attaché de presse en question (Jacques Tétrault) affirme que Marc Bellemare ne lui avait JAMAIS fait part de ces allégations. Il dit ne jamais avoir été témoin d’influence ou de pressions envers le ministre de la Justice. Jacques Tétrault dit avoir été «renversé» par les allégations de Marc Bellemare, qu’il a apprises à la télévision le printemps dernier. «Je ne comprends pas qu’il ne nous en ait pas parlé», déclare-t-il. Qui ment? Jacques Tétrault ou Marc Bellemare? Une chose est sûre: l'ex ministre est dans les cordes, et ses genoux ont touché le sol... ____________ Tiré du résumé des audiences de la Commission, publié sur le site de LCN: 10h34: André Ryan cite Marc Bellemare, qui a affirmé lors de son contre-interrogatoire du 31 août qu’il avait parlé à Jacques Tétrault des pressions dans le dossier de la nomination des juges. Ce dernier répète que ce sujet n’a jamais été abordé, et qu’il est impossible qu’il ait pu oublier une telle discussion. «Si on en avait été informés, on l’aurait protégé, on l’aurait aidé, on l’aurait soutenu, comme pour les autres dossiers.» Re-ouch!!! Cela remet-il en question votre perception de Marc Bellemare? Dedans ou dehors?
C’est hier que s’est ouvert, au Palais des Congrès de Montréal, le Congrès mondial sur l’énergie.
Pour l’occasion, des milliers de délégués provenant de plus d’une centaine de pays se sont donnés rendez-vous pour discuter des défis auxquels le secteur de l'énergie sera confronté dans les années futures. Comme c’est le cas chaque fois que des représentants de la politique ou de l’industrie se réunissent, des manifestants de tout acabit se sont massés autour du Palais des Congrès pour brandir des pancartes, faire leur show et critiquer les « dérives du capitalisme néo-libéral ». « VRAIS » ET « FAUX » ÉCOLOS Pour certains écolos purs et durs, le fait qu’une personne comme Steven Guilbeault, d’Équiterre, ait choisi de participer de plein gré au Congrès mondial sur l’énergie plutôt que de manifester à l’extérieur avec « les vrais militants » est inacceptable. « Ces soi-disant environnementalistes ne font que donner une fausse caution écologiste aux discussions, derrière des portes closes, des grands pollueurs de la planète », a déploré Cameron Fenton, du Campement climatique, un organisme « résistant » qui lutte pour que « les citoyens reprennent le pouvoir ». C’est l’éternel débat auquel finissent toujours par se confronter les gens qui veulent changer le monde : faut-il être dedans ou dehors ? Vaut-il mieux essayer de faire avancer les choses de l’intérieur, ou prêcher la révolution à l’extérieur ? GAGNER OU AVOIR RAISON C’est, bien sûr, un faux débat. Car la solution se retrouve, comme c’est le souvent le cas, entre les deux. Il faut à la fois exercer une pression sur le système de l’extérieur et essayer de le transformer de l’intérieur. Au lieu de percevoir Steven Guilbeault comme un « traître », les écolos vert foncé devraient au contraire le voir comme un allié. Car c’est bien beau, prêcher la révolution avec un grand R, mais plus souvent qu’autrement, les cris de guerre sur fond d’affiches noires et rouges ne plaisent qu’aux convertis. Voulez-vous gagner ou avoir raison ? Si vous voulez avoir raison, continuez de jouer les anarchistes et de vous prendre pour les héritiers de Che Guevara. Si vous voulez VRAIMENT changer les choses (et pas seulement soigner votre image), achetez-vous une cravate comme l’a fait Guilbeault, assoyez-vous avec les décideurs, et tentez de les convaincre que le changement peut leur être profitable. LA COULEUR DE L’ARGENT C’est plate, mais c’est la réalité : ce ne sont pas les bonnes intentions qui font tourner le monde. C’est l’argent. Les grosses compagnies vont prendre le virage vert le jour où on leur prouvera noir sur blanc que ça va leur permettre de faire du fric. D’ici là, les bonzes de l’énergie vont continuer de pomper, de creuser et de forer. Ultimement, ce ne sont pas les défenseurs de la grenouille zébrée qui vont améliorer le sort de la planète : ce sont les constructeurs automobiles qui vont faire un fric fou en vendant des autos électriques. Quoiqu’en pensent Fenton et ses amis anars, la planète ne sera pas sauvée par les « forces anti-capitalistes » : elle va être sauvée par les capitalistes ! Plus le consommateur exigera des produits verts, plus les fabricants lui vendront des produits verts ! LES PIEDS SUR TERRE Je ne sais pas vous, mais personnellement, je préfère les transformations aux révolutions. Et la réalité aux rêves. 12 Septembre 2010Aucune dignité
Il est beaucoup question, dans l’éternel débat sur le suicide assisté, du fameux organisme suisse Dignitas, un « mouroir » légal qui permet aux gens qui en ont le moyen de mettre fin à leurs jours en avalant une potion mortelle.
Or, saviez-vous que les bureaux de Dignitas sont situés dans une zone industrielle glauque, à une centaine de mètres du plus gros bordel de Suisse ? DES USINES EN BÉTON Pas de farce. Même le fondateur de Dignitas trouve cette coïncidence cocasse. À un bout de la rue, vous payez pour vous envoyer en l’air. À l’autre bout, vous payez pour vous envoyer au ciel. Remarquez, ce rapprochement n’est pas aussi incongru qu’il en a l’air à prime abord. Car comme le bordel Le Globe (qui loge lui aussi dans un bâtiment en béton), Dignitas est une usine à fantasmes qui permet à ses clients de se soulager en réalisant leur désir le plus secret. Dans son livre-témoignage J’ai accompagné ma sœur, le comédien français Daniel Gall raconte le double suicide assisté de sa sœur aînée et de son mari qui l'ont choisi comme témoin. On est loin de l’image romantique qu’on peint généralement de Dignitas ! On a plutôt l’impression de se retrouver dans un chenil où l’on gaze les animaux… UNE EXPÉRIENCE SORDIDE « C’était un cauchemar, a raconté Daniel Gall à un journaliste. Le contexte faisait penser à un avortement dans les années 50. On se retrouve au beau milieu d’une zone industrielle, pris en charge par des manœuvres de service dans un local vraiment glauque où il n’y a même pas de toilettes. Il règne une atmosphère de clandestinité sordide. « À une heure de la mort, on nous demande de signer un tas de papiers. On poireaute. Et après avoir été filmés en train d’assister à la mort de nos proches, nous sommes totalement livrés à nous-mêmes, abandonnés sans aucun suivi. On n’a même plus le droit d’aller voir les défunts dans la chambre. » L’activité de Dignitas vous paraît-elle motivée par l’appât du gain ? lui demande le journaliste. « Une chose est sûre, ils font du chiffre, répond le comédien. Tout ça est assez monstrueux. Ainsi, faute de place, deux jeunes qui voulaient se suicider ont pris la boisson létale dans leur auto dans le parc de stationnement. Il n’y a aucune dignité là-dedans. » UNE FORTUNE Dans son tout dernier livre, La Carte et le territoire, le romancier français Michel Houellebecq parle aussi de Dignitas. « Une euthanasie est facturée en moyenne cinq mille euros, alors que la dose létale de pentobarbital de sodium revient à vingt euros, et une incinération bas de gamme sans doute pas bien davantage, écrit-il. Sur un marché en pleine expansion, où la Suisse est en situation de monopole, ils doivent se faire des couilles en or. » Le 25 juin dernier, le Daily Mail de Londres annonçait que le fondateur de Dignitas est maintenant multimillionnaire. Une infirmière qui y travaillait (et qui a « aidé » trente patients à se suicider) était tellement perturbée qu’elle a quitté son poste. Selon elle, Dignitas est une machine à imprimer de l’argent. C’est ça, qu’on veut ? Des usines de la mort qui se font un fric fou en tuant des malades chroniques ? _____ Notes supplémentaires: 1) Dignitas planifie de mettre sur pied un service permettant aux gens de se suicider dans le confort de leur propre foyer! Un "mouroir" sur roue, en somme! 2) Dans ce texte, on accuse Dignitas de jeter des restes humains dans le fond d'un lac! 3) Que diriez-vous d'un magnifique "hôtel-mouroir"? On n'arrête pas le progrès! 4) Dignitas aurait aidé des personnes en excellente forme physique à mettre fin à leurs jours... Leur seul problème: ces gens étaient dépressifs, ce qui n'est pas une maladie mortelle... 11 Septembre 2010Pauvres chrétiens!
C’est aujourd’hui que Terry Jones (pas le membre des Monthy Python — l’autre comique, le pasteur fêlé de Floride) devrait — ou non — brûler des exemplaires du Coran pour protester contre la construction d’une mosquée à côté de Ground Zero.
Qui a dit que l’Occident n’acceptait pas la diversité ? Le sosie du Capitaine Higliner n’avait même pas encore acheté ses allumettes que déjà, la communauté internationale le pointait du doigt. Barack Obama, le général des forces armées de l’ONU, le pape, Stephen Harper — tout le monde s’est empressé de dénoncer son geste. Ne manquait plus que Stéphane de Normétal. DES ENFANTS CRUCIFIÉS Pendant ce temps, les chrétiens vivant en Arabie saoudite ne peuvent pratiquer publiquement leur religion sous peine d’emprisonnement. Les chrétiens sont persécutés en Corée du Nord, en Iran, en Somalie, en Inde, en Irak, en Afghanistan, au Nigéria. En 2004, un prêtre catholique a été assassiné en Inde par des extrémistes hindous qui l’accusaient de prosélytisme. Le pays de Gandhi n’est pas tendre envers les chrétiens. On y a agressé des pèlerins, saccagé des couvents, incendies des églises, forcé des catholiques à se convertir à l’hindouïsme… En Irak, il y a deux ans, des militants musulmans ont crucifié des enfants catholiques pour terroriser leurs parents et les inciter à fuir le pays. Certains, âgés d’à peine 10 ans, ont été enlevés et tués, puis cloués sur des croix de fortune près de chez eux pour terrifier et tourmenter leurs parents. Un enfant a été décapité, brûlé et laissé sur le pas de la porte de sa mère, juste parce que ses parents étaient chrétiens. TENDRE L’AUTRE JOUE C’est pire que de brûler des livres, ça ! Or, qui parle pour les Chrétiens persécutés ? Qui prend leur défense ? Il faut dire que les chrétiens ne sont pas intimidants. Ils ne se font pas sauter dans des marchés publics quand on se moque de leur dieu. Ils ne menacent pas le monde entier de représailles dès qu’un caricaturiste ridiculise leur prophète. Ils n’égorgent pas des enfants, ne promettent pas de mettre le feu à des hôtels, ne dansent pas dans les rues en chantant à tue-tête quand des innocents se jettent du haut d’un gratte-ciel de 110 étages pour échapper aux flammes… Les chrétiens se contentent de présenter l’autre joue… C’est ça, leur faiblesse. S’ils prenaient les nerfs et faisaient couler le sang dès que quelqu’un les attaque, Barak Obama et ses copains les défendraient peut-être avec autant d’empressement qu’ils ont défendu les musulmans cette semaine… UN PARALLÈLE BOÎTEUX Je sais ce que certains vont me dire : ce n’est pas vrai que les chrétiens ne sont pas menaçants, certains ont tué des médecins qui pratiquaient des avortements… Comment peut-on faire ce parallèle ? Ces assassinats étaient des gestes isolés commis par des crack-pots. Pas des persécutions systématiques commises — ou cautionnées — par des États ! Vous en voyez beaucoup, vous, des chrétiens qui dansent dans les rues quand un médecin avorteur se fait tirer dans son salon ? RESPECT Si l’Occident a fait pression sur le pasteur Jones, cette semaine, c’est parce que l’Occident avait peur des représailles. Conclusion : le terrorisme fonctionne. Rien de mieux que la menace d’une bombe pour se faire respecter... Note culturelle
Viens de voir Deux de la vague, un documentaire sur les relations amour-haine entre François Truffaut et Jean-Luc Godard.
Rarement vu un film sur le cinéma aussi mal réalisé... Sans ligne directrice, part dans tous les sens, ne met jamais les extraits de film en contexte, se perd dans les dédales de la chronologie, oublie de nombreuses anecdotes pourtant significatives... Bref, du travail d'amateur pour célébrer la mémoire de deux professionnels. C'est dommage, car il y avait là un beau sujet à explorer, soit la lutte entre les dogmatiques, qui ne croient qu'aux idées (le maoïste Godard, qui a passé sa vie à excommunier les artistes qu'il jugeait indignes de sa chapelle), et les humanistes, pour qui l'homme et l'amitié sont plus importants (Truffaut)... 9 Septembre 2010Enfin, une bonne nouvelle!
Une jolie perle tirée du magazine Elle-Québec.
Dans son dernier numéro, le magazine féminin nous présente « 101 raisons d’être optimiste ». « Eh non, il n’y a pas que le réchauffement climatique, les files d’attente aux urgences et la guerre en Afghanistan, lit-on : il y a aussi plein de bonnes nouvelles ! » Troisième (pas centième, non: troisième !) raison de se réjouir, selon le magazine : « Aux défilés automne-hiver, on a vu des mannequins en petits talons. » Vous avez bien lu : oui, il y a la guerre, oui, des malades attendent dans les couloirs, oui, des millions de personnes risquent d’être déplacées par le réchauffement de la planète, mais on a quand même des raisons de se réjouir, car les talons vont être petits cette année ! On devrait annoncer la bonne nouvelle aux rescapés du tremblement de terre d’Haïti. Je suis sûr qu’ils apprécieraient… Elle est partie prendre son Bovril
J’ai passé les derniers jours à l’étranger.
Grâce à Internet, j’ai pu suivre quelques dossiers de près (la commission Bastarache, par exemple), mais certaines nouvelles m’ont échappé. C’est en lisant mon confrère Éric Duhaime avant-hier que j’ai appris que le député péquiste Bernard Drainville était passé de critique en matière de Santé à critique des Affaires intergouvernementales. Ça n’a aucun bon sens. DÉCISION DE PEE-WEE Quand on a un joueur de la trempe de Drainville dans son équipe (loyal, informé, toujours prêt à aller au bâton pour le groupe), on ne l’assoit pas sur le banc pépère des Affaires intergouvernementales (zzzzzzzzz). On le fait jouer sur le premier trio : Santé, Économie, Éducation. C’est quoi, cette décision de Pee-Wee ? Comment madame Marois peut-elle prétendre pouvoir diriger le gouvernement si elle n’est même pas capable de monter un bon cabinet fantôme ? De reconnaître les bons joueurs au sein de sa propre équipe ? Bernard Drainville connaissait le dossier de la santé comme le fond de sa poche. Il était pugnace mais respectueux, savait tirer à boulets rouges sur le gouvernement sans jamais aller trop loin. De plus, c’est un père de famille impliqué, qui a le sort des enfants à cœur. Comment diantre peut-on se passer d’un tel homme dans un dossier aussi important que celui de la santé ? Il n’y a qu’une seule solution possible : Pauline Marois trouvait qu’il prenait trop de place et avait peur qu’il veuille devenir calife à la place du calife. PAS DE VAGUES Parlant de madame Marois : pouvez-vous me dire où elle est, ces temps-ci ? La commission Bastarache bat son plein, la popularité du premier ministre est en chute libre, les citoyens lui donnent le diable sans confession et on n’entend presque pas madame Marois. On a l’impression que c’est Gérard Deltell qui est la chef de l’opposition officielle. Pour reprendre les mots d’Éric Duhaime, la chef du PQ se comporte comme si elle attendait que la couronne de Premier ministre lui tombe sur la tête par défaut. « Pas besoin de faire de vagues et de monter sur une échelle pour secouer l’arbre du gouvernement, on a juste à attendre que le fruit soit mûr et que le Premier ministre, brisé par les scandales qui s’accumulent, tombe par lui-même, comme une pomme rongée par les vers… » Pas fort, comme stratégie. Je dirais même : plutôt faible… 8 Septembre 2010Un geste dangereux
Aux États-Unis, un pasteur hystérique affirme qu'il brûlera des Corans ce samedi, afin de commémorer les attentats du 11 septembre...
Avec des "amis" comme celui-là, les gens qui combattent l'islamisme radical n'ont décidément pas besoin d'ennemis... Non seulement le geste de ce pasteur est-il extrêmement dangereux (il y aura certainement des répercussions s'il passe aux actes), mais il risque, par la bande, de faire énormément de mal aux gens qui luttent de façon INTELLIGENTE contre l'islamisme. Dorénavant, les amis des Islamo-fascistes pourront mettre tout le monde dans le même sac: le pasteur fou comme les intellos anti-fondamentalistes tels Caroline Fourest ou Salman Rushdie... Bravo, monsieur! Belle façon de saper le travail des gens qui tentent de sensibiliser, AVEC RAISON, la population au danger représenté par les fous d'Allah... Suicide assisté: pour ou contre?
C'est hier que la Commission spéciale sur la question de mourir dans la dignité a commencé à tenir ses audiences.
Pendant plusieurs jours, des défenseurs et des opposants du suicide assisté croiseront le fer... Vous, qu'en pensez-vous? D'un côté, je comprends qu'une personne en fin de vie, atteinte d'une maladie incurable particulièrement souffrante, souhaite mettre fin à ses jours dans la dignité, entourée des siens. Cela dit, il faudra s'assurer que les personnes qui veulent avoir recours à cette solution ultime souffrent vraiment d'une maladie incurable et dégénérative... Il ne faudrait pas faire comme le docteur Jack Kevorkian, et "tuer" des gens en bonne santé qui ne font que traverser une période dépressive... Ma crainte principale, dans ce dossier, est que la décriminalisation du suicide assisté fasse l'affaire de l'État. "Pourquoi investir de l'argent dans les soins longue durée, alors qu'on n'a qu'à injecter un poison mortel dans les veines de grand-papa et de grand-maman? Ça coûte beaucoup moins cher! Et ça nous permettra de couper dans le budget de la santé..." Autre point: si ces gens gravement malades recevaient de la visite plus souvent, s'ils étaient mieux pris en charge, peut-être seraient-ils moins tentés d'en finir? Trop tôt
En octobre 2009, le ministre Claude Béchard a accordé une entrevue très touchante et très lucide à Josélito Michaud.
« Si ça revient, je sais que c'est fini », a-t-il dit. C’est revenu. Et il s’est éteint à 41 ans, quelques heures après qu’on ait bizarrement annoncé sa démission. AUCUNE JUSTICE On répète toujours les mêmes phrases à propos de la mort. « La mort est la seule justice ici-bas », et « Il faut vivre chaque jour comme si c’était le dernier ». Ces deux affirmations sont probablement les phrases les plus stupides jamais prononcées. En effet, comment la mort peut-elle être considérée comme une forme de justice ? Des salauds meurent à 92 ans dans leur sommeil alors que des citoyens exemplaires sont emportés par de terribles maladies dans la fleur de l’âge. Elle est où, la justice, là-dedans ? Le dictateur espagnol Franco est mort à 83 ans. Maurice Papon, le criminel de guerre français qui a aidé les nazis à déporter des centaines de juifs, a crevé à 97 ans. Henry Kissinger, qui a formenté le coup d’État au Chili et autorisé le bombardement de civils cambodgiens, a 87 ans et prononce toujours des discours aux quatre coins de la planète. Claude Béchard, lui, est mort du cancer du pancréas à 41 ans, laissant dans le deuil quatre enfants… Pas étonnant que l’homme ait inventé Dieu. Comment pourrait-on supporter pareille injustice, sinon ? LE DERNIER JOUR La seconde phrase est tout aussi bête. Car soyons francs : si on vivait chaque jour comme si c’était le dernier, personne ne travaillerait, on serait tous aux îles Mouc-Mouc, un cocktail dans chaque main… À la fin de sa vie, alors qu’il sentait le souffle de la Grande Faucheuse sur sa nuque, Claude Béchard a dit que s’il avait su, il n’aurait pas autant travaillé, il aurait passé plus de temps avec sa femme et ses enfants… « Pendant la nuit, tu penses aux enfants, à ce que tu n'as pas eu le temps de faire », a-t-il confié à Denis Lessard. Cette année, il a pu assister au spectacle de fin d’année de ses deux filles biologiques. « C'était la première fois... et tu ne peux pas t'empêcher de penser que c'est peut-être la dernière », a-t-il dit, étranglé par l’émotion. SOUS LE TAPIS On travaille, on travaille… Pourquoi ? Qu’est-ce que ça donne, à la fin ? Plus d’argent ? Quelques honneurs ? Pensez-vous vraiment qu’à la fin de vos jours, lorsque vous sentirez la vie vous quitter, vous vous direz : « J’aurais dû travailler encore un peu plus ? Passer quelques week-ends supplémentaires devant mon ordi ? » Nous nous comportons tous comme si nous étions immortels. Remarquez, c’est peut-être la seule façon de vivre. Balayer ce gros monstre sous le tapis, et foncer… LA MORT EN FACE Comme mon idole le journaliste Christopher Hitchens, qui se meurt d’un cancer de l’œsophage, Claude Béchard a affronté la mort avec une dignité et un courage exemplaires. « Il ne faut pas toujours remettre ses projets à plus tard, a-t-il lancé à Josélito. Il faut les faire tout de suite… » Le jeune ministre avait déjà un pied « l’autre côté » quand il a dit ça. Mais nous, qui habitons toujours le pays des vivants, sommes-nous capables d’entendre ce message ? 7 Septembre 2010Claude Béchard s'éteint
Le ministre Claude Béchard est mort à 41 ans.
Quelle tristesse... Il avait accordé une entrevue très touchante il y a quelques mois, où il parlait de la mort avec lucidité, sérénité et colère... « Si ça revient, je sais que c'est fini », avait-il dit à Josélito Michaud. C'est revenu... Maudit cancer... Questions sur Bastarache
Que pensez-vous de la commission Bastarache?
Croyez-vous les allégations de Marc Bellemare? Dans son témoignage, monsieur Bellemare a reconnu avoir rencontré Franco Fava à quelques reprises APRÈS que celui-ci aurait tenté de l'influencer dans le choix des juges. Il a entre autres joué au golf avec lui... Vous ne trouvez pas ça bizarre? Commission Bastarache: la bibitte
La commission Bastarache est quand même une drôle de bibitte, vous ne trouvez pas ?
Car, enfin, la commission Gomery était basé sur des faits. Il y avait eu une enquête de la vérificatrice générale, des informations, des preuves, des reportages dans les journaux montrant par exemple que le gouvernement avait payé 550 000 $ à une firme de marketing pour un rapport que personne ne pouvait retrouver, etc. Bref, cette commission reposait sur du solide. On avait toutes les raisons du monde de la mettre sur pied. SUR DU SABLE Or, la commission Bastarache repose sur des allégations non prouvées et non prouvables. Bellemare affirme que le premier ministre a dit telle affaire. Charest dit que c’est faux. Aucun fait, aucune preuve. Que des assertions. Comme disent les anglos : « He says, he says. » Ou vous croyez le premier ministre, ou vous croyez l’ex-ministre de la Justice. À moins d’une surprise de dernière minute (un témoin caché dans le placard qui a tout entendu), cette commission ne réussira jamais à révéler ce qui s’est vraiment passé entre ces deux hommes. Les doutes continueront de flotter. Ceux qui détestent Charest feront fi du principe de présomption d’innocence et le déclareront coupable. Ceux qui l’aiment le défendront bec et ongle, en disant qu’il a été l’objet d’un règlement de compte. Aucun sceptique ne sera confondu, aucun croyant ne sera converti. LE DUEL En fait, Bastarache n’est pas une commission. C’est un duel. Marc Bellemare a lancé des affirmations remettant en question l’honnêteté et la respectabilité de Jean Charest. Charest l’a poursuivi et a créé une commission d’enquête pour rétablir sa réputation. Dans d’autre temps (à l’époque des mousquets et des chapeaux haut-de-forme), Charest aurait giflé son ancien ministre en public et l’aurait sommé de se présenter à l’orée d’une forêt, aux petites heures du matin, avec un témoin et un pistolet. Contrairement à la commission Gomery, la commission Bastarache n’a pas tant été mise sur pied pour éclairer la population que pour laver l’honneur d’un politicien. VIENS VOIR LES COMÉDIENS Le réseau LCN a cartonné en diffusant les audiences de la commission Bastarache. Normal : c’est la meilleure pièce de théâtre en ville. Vu qu’aucune allégation ne pourra être prouvée, tout repose sur le jeu et la crédibilité des belligérants. L’enjeu n’est pas « Qui va dire la vérité ? » (on ne la connaîtra probablement jamais), mais « Qui SEMBLE le plus dire la vérité ? » Alors on scrute attentivement le visage des deux adversaires. Le moindre clignement d’œil, la moindre goutte de sueur, le moindre tremblement de la joue est analysé, disséqué, décortiqué. C’est comme lorsque le juge américain Clarence Thomas avait été accusé de harcèlement sexuel par Anita Hill. Les républicains prenaient pour lui. Les démocrates prenaient pour elle. Mais que s’est-il passé vraiment entre ces deux personnes ? Personne ne peut le dire avec certitude. Notre vision des faits varie en fonction de notre allégeance politique. UNE EXPÉRIENCE TROUBLANTE Au XIIe siècle, le prince syrien Ibn Mounqidh a assisté à un duel entre un forgeron et un vieil homme. L’expérience l’a profondément choqué. « Où était la justice dans tout cela ?, s’est-il écrié. Où était le criminel ? Où était l'innocent ? » Maudite bonne question. Que je me pose chaque jour en regardant la Commission. 6 Septembre 2010La loi du désir
C’est fou comme nous pouvons être bouchés, niveau sexe.
Prenez l’histoire de la juge manitobaine Lori Douglas. Parce qu’elle a une vie sexuelle olé-olé (elle participait à des séances sado-masos et faisait des trips à trois avec son mari), madame Douglas pourrait être destituée par le Conseil canadien de la magistrature. LE JOUR ET LA NUIT « Elle n’a plus la crédibilité d'être juge », a lancé un vénérable professeur de droit à un journaliste de la CBC. Pourquoi ? Parce qu’elle organise des trips à trois avec son époux ? Parce qu’elle s’est fait photographier alors qu’elle participait à des séances de bondage ? En quoi cela entache-t-il son jugement ? À ce que je sache, Lori Douglas n’a rien fait d’illégal. Elle n’a forcé personne à coucher avec elle et ne s’envoyait pas en l’air avec des mineurs. Toutes ses activités sexuelles impliquaient des adultes majeurs et vaccinés. Qu’est-ce que ça peut nous foutre qu’elle aime s’envoyer en l’air avec des Noirs sous le regard intéressé de son mari ou qu’elle adore se faire attacher ? Ce qu’on fait dans notre lit et ce qu’on fait dans la vie sont deux choses fort différentes. Vous pouvez diriger une association féministe et avoir des fantasmes de soumission. Lutter pour l’égalité des sexes le jour et vous faire menotter à votre lit la nuit. UN LIEU SOMBRE On voudrait que l’inconscient sexuel des individus soit propre et aseptisé comme un cabinet de dentiste. Ce n’est pas le cas. Le désir est un lieu sombre rempli de créatures mystérieuses, un sous-sol suintant et humide. On y descend pour faire des choses qu’on ne ferait jamais au grand jour. En fait, moi, ce sont les gens qui n’ont pas de fantasmes troubles qui m’effraient et m’inquiètent. Ceux qui pensent à des champs de tulipes en faisant l’amour. Ou qui ne sont jamais allés voir des photos cochonnes sur Internet. Eux me font freaker. L’inconscient sexuel a des raisons que la raison ne connaît pas et ne devrait pas connaître. Déjà que certains patrons commencent à faire passer des tests de dépistage de drogue à leurs employés, faudra-t-il aussi avouer nos fantasmes sous hypnose ? UNE IMAGE PROPRE On dit que madame Douglas aurait dû dévoiler ses pratiques olé-olé lorsqu’elle a été approchée pour siéger à la Cour du Manitoba, histoire « de ne pas nuire à l’image du système judiciaire ». Elle est bonne, celle-là ! Vous savez ce qui nuit à l’image du système judiciaire ? Le fait que des juges peuvent être nommés par des collecteurs de fonds de partis politiques. Ça, ça nuit à l’image du système ! Pas le fait qu’une juge aime s’habiller en Catwoman. Ou qu’un président aime se faire faire des pipes par une stagiaire en fumant des cigares… On est tellement occupé à passer l’aspirateur sous l’armoire du salon qu’on ne voit pas le gros tas de vidanges qui trône dans la cuisine… AMOUR LIBRE On croit que notre société est sexuellement libre parce qu’on permet aux vendeurs de parfum de placarder les murs de la ville d’images sexy. Rien de plus faux. Rayon sexe, nous sommes aussi pognés et aussi hypocrites que l’étaient nos parents. Il suffit de voir ce qu’on a fait avec le cours d’éducation sexuelle… _______ Dernière heure: Certaines personnes m'ont écrit pour me souligner qu'on avait raison de se poser des questions sur la crédibilité de madame Douglas car elle a harcelé un homme pour qu'il couche avec elle. Primo: ce n'est pas elle qui a harcelé cet homme, mais son mari. C'est aussi son mari qui a posté ses photos sur le Net. Pourquoi la juge Douglas devrait-elle payer pour des gestes posés par son mari alors qu'elle était ignorante de tout cela? Deuxio: leur "supposée" victime avait empoché 25 000 $ pour garder le silence. Drôle de victime! Tertio: selon l'ex-épouse de la "supposée" victime de harcèlement, cet homme est un maître-chanteur, un spécialiste des poursuites.... Ce qui me pousse à répéter ce que j'ai écrit: ce qu'on n'aime pas, chez madame Douglas, est qu'elle ait une sexualité "hors norme"... 5 Septembre 2010Sport idiot
Après le car surfing, les jeunes écervelés ont inventé un nouveau sport : le balconing. Il s’agit de plonger dans une piscine depuis le balcon de votre chambre d’hôtel.
Depuis le début de l'année, neuf touristes sont morts aux Baléares, suite à la pratique de cette activité.... On n’arrête pas le progrès… L'école des femmes
L’école québécoise est-elle mal adaptée aux besoins des garçons ? Est-elle trop féminine ?
C’est la question que pose Égide Royer dans Leçons d’éléphants : pour la réussite des garçons à l’école, un essai éclairant qui vient tout juste de sortir sous presse. Pour ce spécialiste en adaptation scolaire, la réponse est un retentissant Oui. Notre système d’éducation, dit-il, manque singulièrement de testostérone. L’EFFET HYGRADE Les garçons ont besoin de modèles positifs à émuler, tant à la maison qu’à l’école. Or, comme le souligne Égide Royer, de 2006-2007 à 2008-2009, le pourcentage des hommes enseignant dans les écoles québécoises (préscolaire, primaire et secondaire) est passé globalement de 29,4 % à 22,5 %. Et si on se fie au nombre d’hommes étudiant en Sciences de l’éducation pour devenir profs, la tendance va s’amplifier. Comment expliquer ce phénomène ? Probablement l’effet Hygrade. L’école se féminise car les hommes la fuient, les hommes la fuient car l’école se féminise. Bref, moins il y a de profs masculins, moins il y aura de profs masculins. L’ÉCOLE PASSE-PARTOUT C’est quoi, une école « féminine » ? C’est une école où les garçons ne peuvent se tirailler à la récré, où il est interdit de grimper sur les collines de neige, où le moindre chamaillage est perçu comme une marque de violence et d’agressivité, où la compétition est honnie, où on distribue du Ritalin comme des Smarties et où les livres d’aventure, les magazines de sport et les épopées héroïques sont absents des bibliothèques. Une école où vous devez rester sagement assis, les deux fesses collées sur la chaise, même si vous avez les hormones dans le plafond. Une école où l’on permet aux jeunes sikhs de porter fièrement leur kirpan pendant que les garçons qui montrent le canif que leur grand-père leur a acheté sont envoyés illico chez le psychologue. OÙ SONT LES GARS ? Égide Royer a raison de dire que l’école québécoise est mal adaptée aux besoins des garçons. Mais avant de pointer le système d’éducation du doigt et de rendre (encore une fois) l’État responsable de nos problèmes, il faudrait peut-être aussi nous regarder dans le miroir et nous demander quels genres de modèles nous sommes pour nos enfants. Par exemple, combien de garçons voient leur père lire ? (Et quand je dis lire, je parle d’autre chose que le TV-Hebdo.) Mon ami Benoît Dutrizac, qui a écrit quelques polars sanglants, ne cessait de me le répéter quand on travaillait ensemble : « Richard, les gars ne lisent pas ! Je reviens du Salon du livre, et il n’y avait que des femmes. Si ce n’était des filles, qui achètent des livrent, vont au théâtre et fréquentent les musées, la culture tomberait… » UN PEU D’EFFORT Cela dit, le monde du travail (où la compétition est féroce et les heures peu flexibles) n’est pas particulièrement adapté aux « valeurs » qu’on associe — à tort ou à raison — aux femmes, et celles-ci ont pourtant réussi à s’y tailler une place enviable. Elles n’ont pas passé leur temps à se plaindre : elles se sont relevées les manches et ont foncé. C’est bien beau, « adapter » l’école aux gars. Mais il faudrait aussi que les gars s’inspirent des filles, et qu’ils apprennent la culture de l’effort et de la persévérance.
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Richard Martineau est chroniqueur au Journal de Montréal.
Pour lui écrire, cliquez ici! Pour lire sa biographie, cliquez ici! Pour lire ses chroniques, cliquez ici! 10 derniers articles10 derniers commentaires
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