8 Septembre 2010

Permalink 10:51 am, Richard Martineau / Franc-parler, 140 mots  

Un geste dangereux

Aux États-Unis, un pasteur hystérique affirme qu'il brûlera des Corans ce samedi, afin de commémorer les attentats du 11 septembre...

Avec des "amis" comme celui-là, les gens qui combattent l'islamisme radical n'ont décidément pas besoin d'ennemis...

Non seulement le geste de ce pasteur est-il extrêmement dangereux (il y aura certainement des répercussions s'il passe aux actes), mais il risque, par la bande, de faire énormément de mal aux gens qui luttent de façon INTELLIGENTE contre l'islamisme.

Dorénavant, les amis des Islamo-fascistes pourront mettre tout le monde dans le même sac: le pasteur fou comme les intellos anti-fondamentalistes tels Caroline Fourest ou Salman Rushdie...

Bravo, monsieur!

Belle façon de saper le travail des gens qui tentent de sensibiliser, AVEC RAISON, la population au danger représenté par les fous d'Allah...


Permalink 09:55 am, Richard Martineau / Franc-parler, 210 mots  

Suicide assisté: pour ou contre?

C'est hier que la Commission spéciale sur la question de mourir dans la dignité a commencé à tenir ses audiences.

Pendant plusieurs jours, des défenseurs et des opposants du suicide assisté croiseront le fer...

Vous, qu'en pensez-vous?

D'un côté, je comprends qu'une personne en fin de vie, atteinte d'une maladie incurable particulièrement souffrante, souhaite mettre fin à ses jours dans la dignité, entourée des siens.

Cela dit, il faudra s'assurer que les personnes qui veulent avoir recours à cette solution ultime souffrent vraiment d'une maladie incurable et dégénérative...

Il ne faudrait pas faire comme le docteur Jack Kevorkian, et "tuer" des gens en bonne santé qui ne font que traverser une période dépressive...

Ma crainte principale, dans ce dossier, est que la décriminalisation du suicide assisté fasse l'affaire de l'État.

"Pourquoi investir de l'argent dans les soins longue durée, alors qu'on n'a qu'à injecter un poison mortel dans les veines de grand-papa et de grand-maman? Ça coûte beaucoup moins cher! Et ça nous permettra de couper dans le budget de la santé..."

Autre point: si ces gens gravement malades recevaient de la visite plus souvent, s'ils étaient mieux pris en charge, peut-être seraient-ils moins tentés d'en finir?



Permalink 07:37 am, Richard Martineau / Franc-parler, 562 mots  

Trop tôt

En octobre 2009, le ministre Claude Béchard a accordé une entrevue très touchante et très lucide à Josélito Michaud.

« Si ça revient, je sais que c'est fini », a-t-il dit.

C’est revenu. Et il s’est éteint à 41 ans, quelques heures après qu’on ait bizarrement annoncé sa démission.


AUCUNE JUSTICE

On répète toujours les mêmes phrases à propos de la mort.

« La mort est la seule justice ici-bas », et « Il faut vivre chaque jour comme si c’était le dernier ».

Ces deux affirmations sont probablement les phrases les plus stupides jamais prononcées.

En effet, comment la mort peut-elle être considérée comme une forme de justice ?

Des salauds meurent à 92 ans dans leur sommeil alors que des citoyens exemplaires sont emportés par de terribles maladies dans la fleur de l’âge.

Elle est où, la justice, là-dedans ?

Le dictateur espagnol Franco est mort à 83 ans. Maurice Papon, le criminel de guerre français qui a aidé les nazis à déporter des centaines de juifs, a crevé à 97 ans. Henry Kissinger, qui a formenté le coup d’État au Chili et autorisé le bombardement de civils cambodgiens, a 87 ans et prononce toujours des discours aux quatre coins de la planète.

Claude Béchard, lui, est mort du cancer du pancréas à 41 ans, laissant dans le deuil quatre enfants…

Pas étonnant que l’homme ait inventé Dieu. Comment pourrait-on supporter pareille injustice, sinon ?


LE DERNIER JOUR

La seconde phrase est tout aussi bête.

Car soyons francs : si on vivait chaque jour comme si c’était le dernier, personne ne travaillerait, on serait tous aux îles Mouc-Mouc, un cocktail dans chaque main…
À la fin de sa vie, alors qu’il sentait le souffle de la Grande Faucheuse sur sa nuque, Claude Béchard a dit que s’il avait su, il n’aurait pas autant travaillé, il aurait passé plus de temps avec sa femme et ses enfants…

« Pendant la nuit, tu penses aux enfants, à ce que tu n'as pas eu le temps de faire », a-t-il confié à Denis Lessard.

Cette année, il a pu assister au spectacle de fin d’année de ses deux filles biologiques.

« C'était la première fois... et tu ne peux pas t'empêcher de penser que c'est peut-être la dernière », a-t-il dit, étranglé par l’émotion.


SOUS LE TAPIS

On travaille, on travaille…

Pourquoi ? Qu’est-ce que ça donne, à la fin ? Plus d’argent ? Quelques honneurs ?

Pensez-vous vraiment qu’à la fin de vos jours, lorsque vous sentirez la vie vous quitter, vous vous direz : « J’aurais dû travailler encore un peu plus ? Passer quelques week-ends supplémentaires devant mon ordi ? »

Nous nous comportons tous comme si nous étions immortels. Remarquez, c’est peut-être la seule façon de vivre. Balayer ce gros monstre sous le tapis, et foncer…


LA MORT EN FACE

Comme mon idole le journaliste Christopher Hitchens, qui se meurt d’un cancer de l’œsophage, Claude Béchard a affronté la mort avec une dignité et un courage exemplaires.
« Il ne faut pas toujours remettre ses projets à plus tard, a-t-il lancé à Josélito. Il faut les faire tout de suite… »

Le jeune ministre avait déjà un pied « l’autre côté » quand il a dit ça.

Mais nous, qui habitons toujours le pays des vivants, sommes-nous capables d’entendre ce message ?