9 Décembre 2010

Permalink 08:18 am, Richard Martineau / Franc-parler, 459 mots  

Le nouveau clergé

Ma chronique sur la réélection (par acclamation et sans opposition) de Michel Arsenault à la tête de la FTQ m’a valu un abondant courrier.

J’ai retenu cette lettre d’un lecteur, André Michaud.


COMME À L’ÉGLISE

« Pour avoir été syndiqué pendant 35 ans, je sais qu'il n’existe pas de VÉRITRABLE démocratie dans les syndicats, écrit monsieur Michaud.

« Ces gens fonctionnent comme l'église catholique. Ce sont les évêques syndicaux (présidents de section) qui élisent LEUR pape (président de centrale) sans jamais consulter les membres.

« En 35 ans, je n’ai jamais assisté à un véritable débat. Tout est décidé d’en haut par des gens imbus d'eux-mêmes qui, très souvent, méprisent les cotisants qui les font vivre.

« Comme délégué syndical, j'invitais mes confrères et consoeurs de travail à venir aux assemblées pour s'exprimer. Mais chaque fois qu'ils étaient en désaccord avec les boss syndicaux, ils étaient jugés hors sujet.

« On n’avait pas le temps de discuter de ça, on en avait déjà parlé au congrès dix ans auparavant, etc. Bref, toutes les raisons étaient bonnes pour éviter le débat.


SUIVEZ LE PASTEUR !

« Je me suis rendu compte que les boss syndicaux veulent des moutons qui suivent aveuglément le pasteur.

« La vérité est qu’on se fait niaiser dans les assemblées syndicales, elles sont arrangées d’avance, voilà pourquoi de moins en moins de membres sont intéressés à aller y perdre leur temps…

« Les boss syndicaux me disaient qu'il vaut mieux ne pas avoir trop de membres pendant les votes de grève, car plus la participation est élevée, moins il y a de votes pour la grève.

« Pour les boss syndicaux, quand 20 % des membres vont voter et que 51 % d’entre eux sont pour la grève (ce qui veut dire environ 10 % des membres), c'est un grand soutien démocratique !!!

« Je mets au défi les papes syndicaux de se faire élire PAR LES MEMBRES ! Pour que ce soit vraiment démocratique, il faudrait que plusieurs candidats se présentent, chacun défendant une vision du syndicalisme, et que LES TRAVAILLEURS puissent leur poser des questions.


MANQUE DE COURAGE

« En 35 ans comme employé dans la fonction publique, je pouvais voter pour mon boss (le premier ministre du Québec) mais jamais pour mon boss syndical (le président de centrale) !

« Au moins, monsieur Charest a le courage de se faire élire par les citoyens, pas seulement par les sbires du Parti Libéral.

« Il me semble évident que les boss syndicaux sont anti démocratiques à l'os. Ils croient en l'élitisme syndical et se prennent pour le nouveau clergé… »

Qu’en pensez-vous ?