11 Décembre 2010

Permalink 07:39 am, Richard Martineau / Franc-parler, 571 mots  

Deux villes, deux mondes

Je compare souvent Québec et Montréal dans mes chroniques. À quel point la ville du maire Labeaume a le vent dans les voiles alors que celle du maire Tremblay ne cesse de s’enfoncer.

Aujourd’hui, je vais vous raconter une anecdote qui, à mes yeux, symbolise parfaitement cet état de fait.


UN SPA FLOTTANT

Mercredi, je suis allé à l’ouverture de Bota Bota, un spa flottant amarré au Vieux Port de Montréal.

On a transformé un bateau en spa. Le résultat est magnifique : il y a un resto, des salles de massage, des jacuzzi avec une vue superbe sur Habitat 67, les écluses et le Vieux Montréal, des terrasses avec un plancher chauffant — bref, un endroit magique, qui vous permet de vivre une expérience urbaine unique, et de redécouvrir Montréal sous un autre angle.

Le Bota Bota est le genre d’endroits qui font le bonheur des amateurs de design du monde entier. On verrait ça en Norvège, et on tomberait sur le cul. Or, c’est ici, chez nous.

« La Ville de Montréal doit être super excitée par votre projet, dis-je au propriétaire, Daniel Émond. Ça insuffle de la vie au Vieux-Port, ça fait bouger la ville, ça la fait vibrer… »

L’homme me lance un regard amusé.


MONTRÉAL NE RÉPOND PAS

Le Ministère du tourisme du Québec a différents programmes d’aide destinés à soutenir les entrepreneurs qui, comme Daniel Émond, travaillent sur des projets susceptibles de « développer l’offre touristique du Québec » et de « démarquer le Québec sur la scène internationale ».

Monsieur Émond a demandé à la Ville si elle ne pouvait pas lui donner un petit coup de pouce.

« Je ne demandais pas d’argent à la Ville de Montréal, me dit le propriétaire de Bota Bota. Je voulais juste que la Ville appuie mon projet auprès du Ministère du tourisme, c’est tout. Une petite lettre d’intention affirmant que mon projet participait à revitaliser le Vieux-Port et à attirer des touristes… »

Il a donc appelé la Ville à plusieurs reprises.

Rien. Aucun retour d’appel. Aucun accusé de réception.

Le vide intersidéral.


LABEAUME À L’ÉCOUTE

Pendant ce temps, qui a vent du projet et contacte personnellement monsieur Émond ?

Régis Labeaume, maire de Québec.

« Il était prêt à m’ouvrir toutes les portes pour que j’installe mon spa flottant dans le port de Québec, rappelle l’entrepreneur. Je lui ai répondu que mon projet à Montréal était déjà très avancé et que je ne pouvais pas reculer, mais que j’étais prêt à discuter avec lui pour en ouvrir un second à Québec.

« Il m’a répondu qu’il ne voulait pas passer en deuxième. Il était le premier ou rien… »


UN MAIRE ALLUMÉ

Ça, c’est un maire !

Ça, c’est un gars allumé qui fait bouger sa ville !

Il a beau être maire de Québec, la « deuxième ville » de la province, Régis Labeaume ne veut pas jouer les seconds violons.

Il dirige sa ville comme si c’était New York, Paris ou Londes.

Actuellement, au Québec, il y a des curés qui dirigent deux, trois paroisses en même temps.

Monsieur Labeaume ne pourrait-il pas être maire de Québec ET de Montréal ?

Allez, monsieur Labeaume, dites Oui !



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