13 Décembre 2010

Permalink 08:32 am, Richard Martineau / Franc-parler, 568 mots  

1-800-saoûlons

Je sais qu’on ne peut pas critiquer Nez Rouge.

Après tout, cet organisme (qui diminue le nombre de saoulons sur les routes) a certainement sauvé des vies.

Mais il y a quand même une question que je me pose…


APPELLE UN TAXI !

Pourquoi les gens qui sa saoulent la gueulent à leur party de Noël appellent-ils des bénévoles pour aller les reconduire chez eux au lieu de prendre un taxi ?

Il me semble que si tu as assez d’argent pour faire la rumba dans un bar jusqu’aux petites heures du matin, tu as assez d’argent pour prendre un taxi, non ?

Pourquoi déranger trois bénévoles — un bénévole qui va aller te conduire chez toi, un second bénévole qui va ramener ton char et un troisième bénévole qui va amener les deux autres à ton lieu de rendez-vous ?

Prends les Pages Jaunes et appelle un taxi, maudit !


ET MON AUTO ?

Comprenez-moi bien : je ne critique pas Nez Rouge.

Je critique les gens qui ont besoin d’avoir recours à une équipe de bénévoles parce qu’ils sont incapables de prendre leurs responsabilités.

Vous me direz que Nez Rouge est un service incontournable car le chauffeur de taxi ne peut pas ramener ton auto.

Hey, Chose : quand tu vas à un party de Noël, tu sais que tu vas boire plus que deux consommations. Veux-tu bien me dire pourquoi tu y vas en auto, alors ?

Vas-y en taxi !

Coudonc, faut-il prendre les gens par le bras et leur baisser les culottes quand ils ont envie de pisser ?


SAUVER 52 $

Il y a quelques semaines, j’ai bu plus d’alcool que prévu dans un resto.

Savez-vous ce que j’ai fait ?

Je suis rentré chez moi en taxi, et le lendemain, une fois dégrisé, j’ai pris un taxi pour retourner chercher mon char où je l’avais laissé la vieille.

Incroyable, non ?

Oui, j’avais une contravention. Et alors ?

Je n’étais toujours bien pas pour déranger trois bénévoles juste parce que je ne voulais pas payer 52 $ !

Ce n’est pas à ça que ça sert, les bénévoles !

Ça sert à aider les gens démunis, les pauvres, les malades, les handicapés… pas les gars qui ne veulent pas payer une contravention parce qu’ils se sont saoûlés la gueule !

Va-t-on créer une escouade de bénévoles pour sonner aux portes et avertir les gens qu’ils ont stationné leur auto du mauvais côté de la rue ?


PLANIFIE TA SOIRÉE

Si tu vis à Saint-Glin-Glin, je comprends : il n’y a pas beaucoup de taxis. Mais en ville ?

Come on !

Fais un homme de toi ! Planifie ta soirée, appelle un taxi, vas coucher chez un chum, ou modère ta consommation d’alcool !

Ça ne vous décourage pas, vous ?

On a créé une escouades de bénévoles pour venir en aide à des saoulons qui sont trop cheap pour prendre un taxi !

Et le pire est que si Nez Rouge n’existait pas, ces zozos monteraient dans leur bagnole pour ne pas payer de contravention le lendemain !

On a créé une société d’irresponsables…

Plus besoin de nous prendre en main : l’État (ou une équipe de généreux bénévoles) va le faire pour nous.



Permalink 00:20 am, Richard Martineau / Franc-parler, 554 mots  

Full vides

L’autre jour, à LCN, je parlais de l’importance de sensibiliser les jeunes aux dangers de la vitesse au volant.

Cette émission m’a valu plusieurs courriels, dont celui-ci.


N’AJUSTEZ PAS VOTRE APPAREIL

« Mon nom est Sophie G. Je suis une fille âgé de 19 ans et j’ai mon permis de conduire depuis l’âge de 18 ans.

« J’adore conduire mais j’adore aussi les courses automobile mais a des place approprier comme dans un rond de courses. J’écoute souvent les nouvelle et j’entend souvent que des adultes on bruler des feu rouges et que l’alcool est en cause. Mais j’entend beaucoup moins souvent que les jeunes de 18-19 ans font des accident on en entend mais pas plus que les vieux.

« Moi je trouve sa pas mal décevant d’entendre sa que vous porter toute la fautes sur les jeunes lacher nous dont un peut tout le monde font leurs vie de jeunesses je suis sur que vous aussi vous laver fait sais pas toute les jeunes qui sont comme sa mais vous nous penaliser toute par exemple! Sais sa que je trouve decevant!

« Merci de votre compréension… »


UN PRODUIT DU SYSTÈME

Avez-vous vu le nombre de fautes ?

Hallucinant.

« Sa » au lieu de « ça », « laver fait » au lieu de « l’avez fait », « sais pas » au lieu de « c’est pas », les verbes conjugués tout croche, les adjectifs mal accordés…

Si j’étais un prof et que je devais corriger ce texte, je ne saurais pas par où commencer.

Et cette fille a 19 ans !

Voulez-vous me dire comment elle est passée à travers le système scolaire sans savoir écrire ? Sans connaissance minimale de sa langue ?

Une faute de temps en temps, o.k. Mais ça ?


PARLER COMME ON S’HABILLE

Je reçois beaucoup de lettres et de courriels dans une journée. Savez-vous ce que je remarque ?

Ce sont les gens âgés et les immigrants qui écrivent le mieux. Ils soignent leur langue, la respectent, la chouchoutent.

Ils mettent de jolies robes à leurs mots, des cravates, des nœuds papillons, et ils soulèvent poliment leur chapeau avant de vous adresser la parole.

Alors que les jeunes de souche écrivent souvent à la va-comme-je-te-pousse.

Ils écrivent comme ils s’habillent, tout croche, la casquette à l’envers, le fond de pantalon qui traîne par terre, la gomme dans la bouche, les pieds sur la table.

Démontrant autant de respect envers leur langue qu’envers leurs parents, leurs profs, leur histoire et leur culture, full genre, tsé, full vides, full creux, full d’eux-mêmes et de leur ignorance crasse, confondant insolence et confiance en soi, arrogance et assurance, toisant le monde du haut de leur trou…


FIERS D’ÊTRE QUÉBÉCOIS

Et le pire est que souvent, les lettres les plus mal écrites traitent justement de l’importance de préserver la culture québécoise, sti, contre l’invasion des « importés » !

Plus les gens écrivent mal, plus ils se disent fiers d’être québécois !

Or, savez-vous quoi ? Si vous maîtrisiez aussi bien le français que les immigrants haïtiens, chiliens, vietnamiens ou roumains, le Québec se porterait beaucoup mieux !

Mais ça vous demanderait de faire un effort.

Et ça, c’est full plate.