28 Février 2011

Permalink 16:48 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 153 mots  

Claudette, la carpette?

Selon certains commentateurs, les lock-outés du Journal de Montréal n'auraient pas dû accepter les dernières offres de Quebecor.

Ils auraient dû continuer la lutte au nom du prolétariat et de la gauche...

Je ne comprends pas ce discours...

Quoi, vous voudriez revenir au bon vieux temps des luttes idéologiques? À l'époque où les syndicats ne se battaient pas pour améliorer les conditions de travail de leurs membres, mais pour défendre des principes?

Personnellement, je préfère des syndicats plus pragmatiques, plus terre à terre.

Des syndicats qui "dealent" avec la réalité et qui ont les deux pieds sur terre, au lieu d'avoir la tête dans les nuages et de rêver aux lendemains qui chantent...

Enfin, c'est mon point de vue...

Un TIENS (même si ce n'est pas le TIENS qu'on voulait) vaut mille fois mieux que deux TU-L'AURAS qui ne viennent jamais...








Permalink 08:00 am, Richard Martineau / Franc-parler, 575 mots  

Interdit aux enfants

Il y a quelques jours, dans le webzine américain Salon, une journaliste se plaignait du fait que dans les avions, certains enfants pleurent.

Nous nous sommes débarrassés de la cigarette dans l’avion, écrivait-elle. Pourquoi ne faisons-nous pas la même chose avec les enfants qui crient ?

On pourrait créer une section « enfants », à l’arrière de l’avion, là où l’on séquestrait naguère les fumeurs.


MONTÉES DE LAIT

Ce n’est pas la première fois que je lis ce genre de textes. Le webzine Salon a publié de nombreuses montées de lait sur le sujet.

En juillet 2007, une Américaine a même été expulsée d’un avion parce qu’elle refusait de donner du Benadryl à son enfant de 19 mois !

Pendant qu’on y est, pourquoi ne pas interdire l’accès aux guichets automatiques aux vieux ?

Non, c’est vrai, il n’y a rien de pire que d’attendre en ligne pendant 15 minutes pendant qu’une mémé tremblotante qui n’a jamais vu un ordinateur de sa vie tente d’entrer son code sur le clavier de la machine.

On pourrait aussi ouvrir des sections pour « gros » dans les cinémas (tout au fond, en haut) ou des bars interdits aux laids.

Après tout, c’est tellement moche, des laids, non ?


COUCHES ET MANGER MOU

J’ai une autre idée, plus draconienne, encore : pourquoi ne pas construire des villes clôturées pour les couples sans enfant ?

Comme ça, vous aurez la sainte paix.

Mais il y aura un prix à payer, par contre : lorsque les enfants que nous nous efforçons d’élever sous vos regards méprisants auront atteints l’âge de payer des impôts pour subvenir à vos besoins et payer votre belle retraite, vous n’aurez pas une maudite cenne.

Les couches, le manger mou et les chaises hautes de nos enfants vous énervent ?

Pas de problème.

Mais quand ce sera à votre tour de porter des couches et de bouffer du manger mou sur des chaises hautes dans un CHSLD, on ira vous voir avec nos enfants et nos petits-enfants et on poussera de gros soupirs en hochant la tête.

On ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre, les amis.


BÉBÉS ET PÉTASSES

Nous vivons en société, et en société, il y a des enfants qui crient, des vieux qui tremblent et des gros qui prennent beaucoup de place dans les cinémas.

« Live with it », comme disent les anglais. Ou alors, achetez-vous une île et foutez-nous patience.

Entre un enfant qui pleure dans un avion et quinze pétasses complètement paf qui caquètent à tue-tête dans un resto, je préfère le premier : au moins, il a l’excuse de l’âge.

« Ça prend un village pour élever un enfant », dit un proverbe africain.

On ne vous demande pas de nous aider à changer les couches de nos marmots ou de vous réveiller à trois heures du matin quand ils font des cauchemars.

Juste de nous lancer un sourire compatissant lorsqu’on essaie tant bien que mal de les calmer quand ils ont mal aux oreilles dans l’avion.

Après ça, quand ils auront 18 ans, ils enverront la moitié de leur salaire à l’impôt pour payer votre greffe de hanche.

Me semble que c’est un bon deal, non ?



27 Février 2011

Permalink 10:38 am, Richard Martineau / Franc-parler, 585 mots  

La maudite machine

Les aberrations de notre système d’éducation ne cesseront de m’étonner.

Juste comme on pense avoir touché le fond, on découvre qu’il y a un autre plancher en dessous.


RITES FUNÉRAIRES

Lisez cette lettre que j’ai reçue d’un lecteur de la rive Nord de Montréal, il y a quelques jours. On ne sait pas s’il faut rire ou pleurer devant un tel manque de logique…

« Ma copine est mère d'un garçon dysphasique. La dysphasie est caractérisée par un trouble de langage et une difficulté de compréhension. Son fils fréquente donc une école spécialisée en la matière.

« Son enseignante a décidé de donner une série de quatre cours sur les rites funéraires des différentes religions (oui, oui, vous avez bien lu). Je vous fais remarquer qu’on ne s’adresse pas ici à des étudiants de philosophie du collégial, mais bien à des élèves du primaire de 10-11 ans qui ont des difficultés d'apprentissage !

« Le fils de ma copine a un retard à combler sur la moyenne d'environ un an en français et de deux ans en mathématiques. Pourrait-on se concentrer là dessus au lieu de leur montrer comment les musulmans et les bouddhistes enterrent leurs morts ? »


LE PROBLÈME, C’EST L’ENFANT

« Si François Legault veut s'attaquer à l'éducation, continue l’auteur de la lettre, il a tout un travail à faire et je ne crois pas que ça passe par une augmentation de salaire des profs. Il y a d’autres priorités plus pressantes.

« Le garçon de ma copine a beaucoup de difficulté à apprivoiser la mort (je crois que nous ne sommes pas tous égaux devant ce sujet). Résultat : il est sorti des deux premiers cours en pleurant.

« Solution bien caractéristique : on fait intervenir la psycho-éducatrice, parce que le problème n'est pas le choix du cours, mais nooon, c'est la réaction de l’enfant !!! Et si ma copine est en désaccord avec ce cours, elle fait partie du problème (du moins, c'est ce que l'on tente de lui faire croire).

« Bref, pour faire une histoire courte, son garçon ne veut plus aller à l'école le lundi, parce que le lundi, "on parle des morts"… »


LE MONDE À L’ENVERS

C’est pas aberrant, ça ?

On a complètement perdu le sens des priorités. Au lieu de répondre aux besoins réels de l’enfant, on demande à l’enfant de se conformer à un programme concocté par des « lologues » !

C’est le monde à l’envers.

Cette situation est parfaitement représentative du mal qui ronge le Québec.

Ici, la machine n’est pas au service de l’individu, c’est l’individu qui est au service de la machine.

Le système est tellement gros, tellement lourd et tellement bordélique qu’il a complètement perdu le contact avec les citoyens. C’est un monstre qui tourne à vide, et qui ne se souvient plus pour quelle raison il a été construit.


HONTEUX

Apprendre à un enfant dysphasique les rites funéraires des autres religions, c’est comme lancer un livre de philosophie à un gars qui se noie.

Et le pire, c’est que si vous n’êtes pas d’accord, c’est VOUS, le problème !

Et après ça, on se demande pourquoi autant de jeunes décrochent et ne veulent plus rien savoir de l’école…



24 Février 2011

Permalink 09:59 am, Richard Martineau / Franc-parler, 63 mots  

Le paradis

"Il est incontestable que le Québec est parmi ce que l'humanité a de mieux à offrir", a dit le premier ministre Charest, hier.

De kossé?

Notre système de santé est parmi ce que l'humanité a de mieux à offrir?

Notre système d'éducation est parmi ce que l'humanité a de mieux à offrir?

Bien coudonc...

J'aimerais bien avoir le nom de son pusher...










Permalink 07:46 am, Richard Martineau / Franc-parler, 66 mots  

De la grande visite

À Franchement Martineau, de midi trente à 13 h sur les ondes de LCN, nous recevons aujourd'hui Joseph Facal, qui revient d'un séjour d'un an en Europe, à la fois stimulé et... découragé.

Car quand on compare notre système d'éducation avec le système européen, on ne se console pas — on se désole!

Il sera aussi question de François Legault, bien sûr...





Permalink 07:33 am, Richard Martineau / Franc-parler, 576 mots  

Le bal des hypocrites

Avant-hier, j’étais dans un taxi quand j’ai entendu à la radio que le ministre de l’Intérieur de la Libye avait quitté son poste pour se « joindre à la révolution du peuple ».

Je suis instantanément parti à rire.


L’ART DE RETOURNER SA VESTE

« Non, mais fait faut le faire, ai-je dit au chauffeur. Du jour au lendemain, le gars change de chemise et se range du côté des révolutionnaires. Comme si les Libyens ne savaient pas qu’il veut juste sauver sa peau ! Pendant des années, cet homme était un fervent supporter de Kadhafi, et là, il veut se faire passer pour un héros de la révolution ! Pathétique… »

Remarquez, le gars n’est pas seul à « placer son fauteuil dans le sens de l’Histoire », pour reprendre la célèbre formule de Camus. L’Occident au grand complet retourne sa veste.

Car, soyons francs, qui les a appuyés, ces dictateurs qui sont en train de tomber les uns après les autres ? Qui les a encouragés ? Qui les a flattés dans le sens du poil ? Qui les a remerciés d’utiliser la manière forte afin de « stabiliser » cette région du globe ?

Nous.


KADHAFI NOTRE AMI

Il y a quelque chose de profondément inconfortable à voir l’Occident verser des larmes d’espoir devant le vent de liberté qui souffle présentement sur le monde arabe.

Rappelez-vous ce qui s’est passé en France en décembre 2007.

Pendant cinq jours, Kadhafi, le Obi Wan Kenobi de la révolution islamiste, a visité le berceau des Droits de l’homme à la demande de Nicolas Sarkozy.

On l’a accueilli avec les honneurs réservés aux grands de ce monde.

Le Président de la République l’a reçu à dîner, on a monté une tente chauffée dans les jardins de l’Hôtel Matigny « afin qu’il puisse recevoir ses invités conformément à la tradition du désert », il a été reçu à l’Assemblée Nationale, on lui a fait rencontrer des « personnalités culturelles » au Ritz, on a fermé le château de Versailles pour qu’il puisse le visiter en toute quiétude, il a défilé dans les rues de Paris à bord d’une limousine blanche suivie d’un cortège d’une centaine de véhicules officiels — bref, tout le bataclan.

Sa « délégation » (qui voyageait à bord de cinq avions nolisés par le gouvernement français) comptait 400 personnes !


ALZHEIMER HISTORIQUE

Le « leader révolutionnaire de la Libye », à l’époque, était le grand ami de la France. Le site Internet de l’Élysée regorgeait de photos montrant Sarkozy serrant chaleureusement la main à Mouammar Kadhafi.

Or, où sont ces photos, maintenant ? Comme le soulignait l’hebdomadaire L’Express avant-hier, elles ont toutes été retirées !

Comme si la France n’avait JAMAIS reçu ce dictateur aujourd’hui conspué !

« Quoi, nous, des amis de Kadhafi ? Mais non, voyons, vous vous trompez ! »

Quelle hypocrisie. Quelle mascarade, quelle fourberie.

On se croirait en URSS dans les années 50, quand on effaçait les politiciens indésirables sur les photos officielles…


JE NE LE CONNAIS PAS

Pas drôle, la vie de dictateur.

Vous êtes le plus grand ami de l’Occident, jusqu’au jour où le peuple que vous terrorisez depuis des décennies vous renverse.

Après, on ne vous connaît plus…



23 Février 2011

Permalink 19:44 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 81 mots  

Un monstre d'inefficaceté

Autre preuve de l'inefficacité de nos grandes bureaucraties...

Le fameux Pacte de l'emploi, qui devait retourner 50 000 assistés sociaux sur le marché du travail, n'a réussi qu'à en sauver... 3 600.

Tout ça, pour un budget total de 1 ,5 milliard de dollars!!!!!

Ce qui équivaut à 416 000 $ par emploi!

Si ça, c'est pas un échec, je me demande ce que c'est...

Preuve que ce n'est pas le manque de fonds, le problème: c'est la mauvaise organisation!!!!

En santé, en éducation et en aide sociale...










Permalink 07:23 am, Richard Martineau / Franc-parler, 594 mots  

La chèvre et le chou

Finalement, la montagne tant attendue aura accouché d’un fromage.

Le manifeste de la Coalition pour l’avenir du Québec apporte en effet peu de choses qu’on ne retrouve déjà, que ce soit dans le Manifeste des lucides ou dans le programme de l’ADQ.

C’est le même appel au « redressement collectif », à la « lutte contre la morosité », à « l’importance de remettre le Québec sur la voie du succès », etc.

On dirait un monologue de Jean-Marc Chaput.

« C’est toi, le champion ! T’es capable ! Retrousse tes manches et vise les étoiles ! »


PAS DE VAGUES

Comme disait le politologue Christian Dufour à l’émission que j’anime sur les ondes de LCN, le groupe de François Legault s’en est tenu à des généralités.

« Je pense que les Québécois sont prêts pour des éléments plus radicaux, a-t-il lancé. Les gens veulent un coup de barre. »

Malheureusement, ce n’est pas ce qu’offre la Coalition pour l’avenir du Québec. En politiciens avisés, François Legault et Charles Sirois ménagent la chèvre et le chou et évitent de faire des vagues de peur que les remous ne les fassent tomber en bas de leur chaloupe.

Prenez les commissions scolaires, par exemple.

Selon un récent sondage Léger Marketing, une majorité des Québécois sont favorables à l’abolition des commissions.

Que propose la Coalition ? Revoir leur rôle et alléger leur structure.

Bref, rien de draconien.

Des réformes plutôt qu’une révolution.


UN GRAND VERRE D’EAU

Or, ce n’est pas d’une aspirine de plus qu’a besoin le Québec, c’est d’un remède de cheval.

Terminée, l’époque où on pensait guérir le patient en lui appliquant un diachylon. Il faut opérer et recourir à la chimiothérapie.

Malheureusement, ce n’est pas le traitement que préconise le docteur Legault. Il préfère les herbes et les tisanes.

Comme l’écrit Joanne Marcotte, réalisatrice du documentaire L’illusion tranquille, sur son blogue :

« Imaginez ! On nuance le propos en début de course ! Qu’est-ce que ça sera lorsque les membres de la Coalition se retrouveront face aux syndicats, aux groupes de pression ou — pire — à Gaétan Barrette ? »

« L’heure n’est plus à ajouter du chlore dans la piscine. On doit changer l’eau au complet et remettre en questions les assises mêmes du modèle québécois. »


DROIT DE PAROLE

Preuve que François Legault a peur d’avoir peur : il refuse même de dire où il loge idéologiquement, afin de ne pas se fermer de portes.

« Je ne veux avoir aucune étiquette à ce moment-ci, a-t-il dit. Ni lucide, ni gauche ni droite. »

Bref, il n’y a aucun plan d’ensemble. On veut faire avancer le Québec, mais on ne sait pas encore dans quelle direction. Ce qu’on cherche, c’est stimuler la réflexion, brasser des idées…

On voulait un chef, on se retrouve avec deux animateurs de tables rondes…

Désolé, messieurs, mais c’est trop peu, trop tard. La population cherche des gens capables de la guider, pas de la suivre…


BONNE NOUVELLE

C’est Gérard Deltell qui doit être content.

Il craignait de se retrouver avec un parti politique dans les pattes. Il se retrouve avec un groupe de réflexion inodore, incolore et sans saveur idéologique précise, qui publiera des manifestes.

Excellente nouvelle pour l’ADQ.



22 Février 2011

Permalink 14:37 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 58 mots  

Des généralités

Hier, le politologue Christian Dufour commentait à mon émission à LCN le Manifeste de la Coalition pour l'avenir du Québec.

Selon lui, le groupe de François Legault s'en est tenu à des généralités.

"Je crois que les gens sont prêts pour des éléments plus radicaux, a-t-il lancé. On veut un coup de barre."

100 % d'accord...


Permalink 08:39 am, Richard Martineau / Franc-parler, 116 mots  

Question du jour

On a de l'argent pour construire un amphithéâtre ou pour donner 2,9 millions de dollars à un délateur, mais pas pour aider les procureurs qui sont débordés.

À qui profitera l'affaiblissement du système judiciaire, selon vous?

Appuyez-vous les procureurs dans leur lutte?

Actuellement, dans le méga procès des Hell's, par exemple, le salaire des avocats de la défense (payé par le gouvernement, rappelons-le!) est TROIS FOIS plus élevé que celui des procureurs qui travaillent d'arrache-pied pour envoyer ces bandits en prison...

Non seulement ça, mais les procureurs sont mal équipés et en manque de personnel.

On veut lutter efficacement contre le crime? Il faut nous en donner les moyens, non?







Permalink 08:30 am, Richard Martineau / Franc-parler, 516 mots  

Le déclin continue

Il y a 25 ans, Denys Arcand donnait le coup d’envoi de sa fameuse trilogie pessimiste sur le Québec.

Dans Le Déclin de l’empire américain, il brossait le portrait d’une élite rongée par le confort, le cynisme et l’indifférence.

Dans Les Invasions barbares, il filmait la lente agonie d’une société paralysée par la bureaucratie, la technocratie et les groupes d’intérêt.

Et dans L’Ère des ténèbres, il nous conviait aux funérailles d’une société tellement désespérée et désespérante que même l’amour, la famille et l’amitié avaient fini par sombrer, laissant l’individu face à un monde en lambeaux.


TOUJOURS ACTUEL

Vous savez ce qui est le plus déprimant avec le constat proposé par Arcand ?

C’est de voir à quel point Le Déclin reste toujours pertinent un quart de siècle après avoir pris les écrans d’assaut.

C’est bien simple, on a l’impression qu’il a été tourné hier.

Prenez la célèbre tirade de Dominique Michel qui, vers la fin du film, recense les signes du déclin de notre monde :

« Les signes du déclin de l’empire sont partout. La population qui méprise ses propres institutions. La baisse du taux de natalité. Le refus des hommes de servir dans l’armée. La dette nationale devenue incontrôlable. La diminution constante des heures du travail. L’envahissement des fonctionnaires. La dégénérescence des élites... »

Arcand a écrit ça en 1986 !


L’EFFRITEMENT

Le personnage de Dominique continue :

« Avec l’écroulement du rêve marxiste-léniniste, on ne peut plus citer aucun modèle de société dont on pourrait dire : voilà comment bous aimerions vivre.

Comme sur le plan privé, il est presque impossible de modeler sa vie sur aucun exemple autour de nous.

« Ce que vous vivons, c’est un processus général d’effritement de toute l’existence… »

C’est EXACTEMENT ce que nous avons tous l’impression de vivre, depuis quelque temps.

Une désagrégation de la société, une corrosion morale, un effondrement, une implosion.

Tout crisse le camp.

La corruption est partout, on ne croit plus en rien ni personne, les valeurs s’entrechoquent, tout le monde tire la couverture de son bord…


LE RETOUR DE DIEU

Que fait le personnage de Pierre Curzi, dans Le Déclin de l’empire américain, pour calmer l’angoisse qu’il ressent face à un monde qui a de moins en moins de sens ?

Il se bourre de Valiums, de Mogadons, de Libriums, de Sorpax.

Ça aussi, c’est tout à fait actuel.

La pharmacie a remplacé l’idéologie. À défaut de pouvoir se réchauffer l’âme, on se gèle la bine.

En fait, la seule chose qu’Arcand n’a pas prévu, dans son extraordinaire trilogie, c’est le retour fulgurant de la religion.

Qui sait ? Ça sera peut-être l’objet d’un quatrième volet.

Dieu comme médicament ultime.


21 Février 2011

Permalink 21:12 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 71 mots  

Legault, la montagne et la souris...

On s'attendait à ce que François Legault propose un coup de barre...

Il ne propose que des réformettes et se contente de répéter des lieux communs sur "le courage" et "la fierté"...

Tout ça pour ça?

Hé bien...

S'il met déjà de l'eau dans son vin, imaginez ce que ça va être quand il va se mettre à flirter l'électorat...

Sa potion ne goûtera plus rien...




Permalink 09:13 am, Richard Martineau / Franc-parler, 91 mots  

Le PQ traîne de la patte

sondage


Selon un sondage Léger Marketing, s'il y avait des élections aujourd'hui, le PQ et le PLQ seraient nez à nez!

Le PLQ est à terre, et le PQ ne réussit même pas à le devancer!

Comment expliquez-vous cette débandade? Pourquoi le PQ ne réussit pas à décoller?

Est-ce à cause...

— de la personnalité de son chef?

— du fait que le PQ est trop à gauche, trop copain-copain avec les syndicats?

— des positions du parti sur la langue française?

— de son appui toujours persistant à l'option souverainiste?

C'est quoi, le problème????


Permalink 09:04 am, Richard Martineau / Franc-parler, 576 mots  

Prière de ne pas déranger

Voulez-vous m’expliquer pourquoi chaque fois que je parle de religion, je suis abreuvé d’injures par les croyants ?

Ils ne sont pas censés prêcher la tolérance et la compassion ?

Pas étonnant qu’il y a des guerres de religion.

Dès que vous osez critiquer l’ami imaginaire d’un adepte de l’amour éternel, il pogne les nerfs et se met à japper.


PUBLIC ET CIVIQUE

Ma récente chronique sur le crucifix à l’Assemblée Nationale m’a valu une volée de bois verts de la part des grenouilles de bénitier.

« Si on enlève le crucifix de l’Assemblée Nationale, c’est quoi la suite ? Il va falloir scier la Croix du Mont Royal ? »

Mais non, calmez-vous…

Si les laïcs demandent d’enlever le crucifix de l’Assemblée Nationale, c’est parce que l’Assemblée Nationale est une institution de l’État, et qu’en matière de religion, l’État est censé être NEUTRE.

Ça n’a rien à voir avec une montagne ! On ne se mettra pas à enlever tous les noms de saints dans les rues !

Vous me niaisez, ou vous n’êtes vraiment pas capables de faire la différence entre l’espace public et l’espace civique ?

Le Mont Royal appartient à l’espace PUBLIC. Vous pouvez y organiser une marche en l’honneur de Raël ou de Thor, le dieu du marteau, aucun problème, personne ne va vous écœurer.

Le Parlement, les hôtels de Ville et les cours de justice, par contre (bref, toutes les institutions qui représentent l’État) appartiennent à l’espace CIVIQUE. Là, c’est neutre.

Pas dur à comprendre, me semble…


DIEU ET CÉSAR

Et pourquoi l’État se doit d’être NEUTRE en matière de religion ?

Parce qu’ici, contrairement à l’Iran ou à l’Arabie Saoudite (qui sont des théocraties, et non des démocraties), nous séparons l’Église et l’État.

« Rendez à César ce qui appartient à César, et à Dieu ce qui appartient à Dieu… »

Vous vous souvenez ?

Bien, c’est ça : César, c’est César, et Dieu, c’est Dieu. Chacun dans son coin et les vaches ne se transformeront pas en taureaux.

Au Québec, comme dans TOUTES les démocraties du monde, la loi des hommes prévaut sur la loi de Dieu.

Tu veux prier ? Vas à l’Église. Tu veux légiférer ? Vas au Parlement.

Pas besoin d’avoir un post-doctorat en biologie moléculaire pour comprendre…


SAINT MATHIEU CONTRE LE MAIRE

Et pour répondre à J. Jacques Samson, oui, cette neutralité devrait aussi s’appliquer aux Amérindiens.

Le Parlement n’est pas la place pour faire des sparages avec des plumes, des calumets de paix et de la boucane rituelle.

Vous voulez vous payer un trip folklorique ? Allez au village western de La Ronde et appelez-moi, je me costumerai en Lucky Luke et on jouera à « Pow-Pow t’es mort » en-dessous de La Pitoune.

Et pour ce qui est du maire Tremblay et de sa foutue prière, comme m’a écrit Martin, un lecteur, le martyre de Saguenay devrait relire Mathieu 6;5 :

« Lorsque vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites, qui aiment à prier debout dans les synagogues et aux coins des rues, pour être vus des hommes.

« Quand tu pries, entre dans ta chambre, ferme ta porte et prie ton Père qui est là dans le lieu secret… »



20 Février 2011

Permalink 09:52 am, Richard Martineau / Franc-parler, 18 mots  

Dave et ses poupées

poupée


Une des histoires les plus freakantes que j'ai lues depuis fort longtemps...

C'est comme celle-ci.

Vraiment, vraiment bizarre...


Permalink 09:29 am, Richard Martineau / Franc-parler, 63 mots  

Grève du zèle

Voici ce qu’on pouvait lire dans le journal Nord-Est, le 2 février :

« Une cinquantaine de débardeurs sont sortis pour dénoncer l’attitude de Logistec. Ils promettent d’appliquer la convention collective à la lettre durant les prochaines semaines afin de ralentir la productivité. »

C’est ça, le Québec : on signe des conventions qui, lorsqu’appliquées, ralentissent la productivité.

Attaboy.



Permalink 09:29 am, Richard Martineau / Franc-parler, 500 mots  

François Legault et Olivia Newton-John

Après des mois passés à jouer à « J’y vais tu, j’y vais tu pas », François Legault est finalement descendu la montagne pour nous présenter ses tables de loi.

Comme on pouvait s’y attendre, ça ressemble beaucoup au Manifeste des lucides, avec une emphase particulière sur la langue et l’éducation, gracieuseté (fort probablement) du politologue Christian Dufour, qui a participé à la rédaction du document.


PASSER À L’ACTION

Le document est très intéressant. Mais ça reste ça : un document. Une base de réflexion.

Or, le temps n’est plus à la réflexion et à la discussion, au Québec. Le temps est à l’action.

Le diagnostic de l’état de santé du Québec a été fait et refait et re-refait. On connaît tous les causes et les remèdes possibles aux différents maux qui paralysent notre société.

Le temps est maintenant venu de sortir la seringue et d’injecter le médicament.

Si François Legault est vraiment intéressé à sauter dans l’arène politique et à prendre le taureau par les cornes, qu’il le fasse rapidement. Pas de tataouinage.

Comme le chantait Olivia Newton-John dans les années 80 : « Let’s Get Physical », arrête de parler, Jack, et saute dans le lit.

Accouche, qu’on baptise !


LES NOUI

J’ai hâte de voir comment les Québécois vont réagir quand l’ex-ministre péquiste va enlever sa cravate et enfiler son casque protecteur.

Vont-ils l’appuyer ?

On dit que les citoyens sont prêts à faire les sacrifices qui s’imposent pour remettre le train sur les rails. En théorie, oui.

Mais en pratique, c’est une autre paire de manches. Souvent, au Québec, on dit une chose mais on fait le contraire.

On dit que le temps est venu de virer à droite, puis on se tourne de bord et on sacre Amir Khadir politicien de l’année !

Les historiens associent ça à la fameuse « sagesse » bretonne : porter une ceinture et des bretelles pour être sûr que notre pantalon ne tombe pas.

Moi, je dis que c’est tout simplement une incapacité de trancher.

On garde toutes les portes ouvertes, au cas où. Incapables de dire clairement Oui ou clairement Non.

On est pour l’indépendance, en autant qu’on reste dans le Canada. Pour la laïcité, en autant qu’on garde le crucifix à l’Assemblée Nationale. Pour un virage drastique, en autant que ça ne change pas grand-chose.

Un peuple de Noui…


POLITIQUE POLITICIENNE

Résultat : les politiciens sont obligés de mettre de l’eau dans leur Kool-Aid s’ils veulent garder le pouvoir.

La question à 100 000 $ est : que veut François Legault ? Faire de la politique, ou changer le Québec ?

Les politiciens sont prêts à tous les compromis pour garder le pouvoir. Alors que les idéaux préfèrent perdre debout que de gagner à genoux.

L’avenir nous dira à quelle enseigne loge monsieur Legault.



19 Février 2011

Permalink 11:02 am, Richard Martineau / Franc-parler, 143 mots  

Quand les anti-Quebecor s'emballent et voient des complots partout

Samedi de la semaine dernière, dans Le Journal de Québec, on retrouvait un paragraphe entier de la chronique de Michel Hébert dans ma chronique....

De nombreux lecteurs à la recherche d'un nouveau complot anti-Quebecor m'ont écrit pour me faire part de leur indignation devant ce "cas flagrant de convergence", de "plagiat" et patati et patata....

Slackez la parano !

Il ne s'agit pas d'un plagiat, mais d'une simple erreur de montage... Un employé du Journal de Québec a copié par inadvertance un bout du texte de Michel Hébert dans le mien, c'est tout!

Un enfant de huit ans aurait compris!

Vous pouvez lire ma chronique originale sur mon blogue (Les Deux côtés de la médaille), et vous verrez que le passage en question n'y apparaît pas...

Dieu qu'il y a des gens qui n'ont rien à faire...













Permalink 10:39 am, Richard Martineau / Franc-parler, 556 mots  

Voyager au féminin

Cette semaine, je suis allé au Bureau de passeport pour renouveler le passeport de mon fils.

Pour passer le temps (j’ai poireauté là trois heures), j’ai feuilleté un petit livret produit par le gouvernement fédéral : « Voyager au féminin, conseils pour la voyageuse vigilante et accomplie ».

Si vous passez par un Bureau de Passeport, prochainement, mettez la main sur ce manuel, vous n’en reviendrez pas.


CEINTURE NOIRE

Tout d’abord, il y a des conseils de sécurité.

« Évitez de vous promener dans des endroits isolés. N’acceptez pas de boisson offerte par un inconnu. Si vous allez dans un pays en voie de développement, emportez une petite lampe de poche, car les pannes de courant peuvent être fréquentes. »

On encourage aussi les voyageuses à « suivre un cours d’autodéfense s’adressant expressément aux femmes » et à « établir des contacts avec d’autres femmes pendant leur voyage » (car les femmes, c’est bien connu, ne volent jamais).

Mais le chapitre le plus intéressant concerne la tenue vestimentaire et les mœurs en vigueur dans les pays islamistes.


TENUE SOBRE EXIGÉE

« Quel que soit le pays où vous vous trouvez, habillez-vous sobrement, peut-on lire. Vous serez plus en sécurité si vous passez inaperçue… »

(On croirait lire les commentaires de ces zozos qui ont affirmé que la journaliste de CBS s’est fait violer en Égypte car elle portait des vêtements trop sexy…)

« En Arabie Saoudite, les femmes doivent porter l’abbaya, un manteau noir qui couvre le corps des épaules aux pieds. Ayez toujours un fichu avec vous pour vous couvrir la tête en cas de besoin. Les femmes n’ont pas non plus le droit de conduire ou de rouler à bicyclette. »

Aucun jugement de valeur. On dit ça comme si c’était une chose tout à fait normale…


ON SE TEINT LES CHEVEUX ?

Autre passage savoureux :

« Pendant un séjour à Kuala Lumpur, Michelle était agacée par les regards insistants et les remarques parfois grossières d’inconnus à son endroit, malgré ses efforts pour s’habiller modestement et éviter de se faire remarquer.

« Après un certain temps, elle a compris et accepté qu’une grande femme blonde à la peau claire ne pouvait tout simplement pas passer inaperçue. »

Compris ET ACCEPTÉ !!!!

Elle a ACCEPTÉ de se laisser insulter quand elle marchait dans la rue, parce qu’elle était grande et blonde !!!


BAISSEZ LES YEUX

« Dans plusieurs pays, le simple fait d’échanger un regard ou même un sourire avec un homme indique que vous souhaitez sa compagnie. Certaines femmes règlent ce problème en portant des verres fumés ou en adoptant une attitude réservée. »

Bref, rasez les murs et baissez les yeux, sinon, vous n’aurez que ce que vous méritez…

« Faites comme les femmes du pays. En règle générale, elles ne s’assoient pas seules dans les cafés et ne portent pas de robes sans manches, des vêtements ajustés ou une tenue provocante… »


À ROME…

Mon passage préféré est le suivant :

« Adaptez donc votre tenue vestimentaire aux coutumes du pays où vous vous trouvez. »

En d’autres mots : à Rome, on fait comme les Romains…

À quand un tel manuel aux gens qui décident de venir vivre au Canada ?



18 Février 2011

Permalink 23:19 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 190 mots  

Zemmour à l'amende

Le chroniqueur polémique Éric Zemmour (On n'est pas couché) vient d'être condamné à une amende salée pour avoir affirmé sur les ondes que "la plupart des trafiquants de drogues étaient des noirs ou des arabes".

Selon les autorités françaises, cette affirmation est un "appel à la haine raciale"...

Cela dit, personne n'a vérifié si les faits lui donnaient raison...

Si c'était le cas... Si effectivement, Zemmour avait raison sur les faits... A-t-on le droit d'affirmer une vérité, même si celle-ci n'est pas bonne à dire socialement?

Grosse — et grave — question...

Jusqu'où peut-on pousser la liberté d'expression?

Remarquez, Zemmour n'a pas dit qu'il fallait expulser les noirs et les arabes. Juste que la plupart des trafiquants de drogue à Paris sont noirs ou arabes...

On ne l'a pas accusé d'avoir dit une fausseté.

On l'a accusé d'avoir dit une chose qui ne se dit pas, même si cette chose pouvait effectivement être vraie...

Qu'en pensez-vous?

Devrait-on empêcher certains groupes de féministes de dire que la plupart des crimes sont commis par des hommes, sous prétexte que c'est un appel à la haine sexuelle?









17 Février 2011

Permalink 09:32 am, Richard Martineau / Franc-parler, 575 mots  

Péquistes, encore un effort!

En 1795, le marquis de Sade a publié un pamphlet politique et philosophique intitulé « Français, encore un effort si vous voulez être républicains ».

Eh bien, si j’avais le temps, je lui piquerais son titre pour écrire un pamphlet sur le PQ, intitulé « Péquistes, encore un effort si vous voulez être laïcs ».

Car concernant la question de la laïcité, je ne comprends absolument pas la position défendue par les troupes de madame Marois.


UN POINT DE VUE INCOHÉRENT

Pour le PQ, l’État doit être neutre en matière de religion. D’accord à 100 %.

Les élus (qui représentent TOUS les citoyens) ne doivent pas prononcer de prière en Chambre ou avant la tenue des conseils municipaux. J’appuie.

Les « agents de l’État » qui offrent des services à la population ne devraient porter aucun signe religieux ostentatoire. Parfait.

Jusqu’ici tout va bien, je suis en accord avec le PQ sur toute la ligne.

Mais lorsqu’il est question d’enlever le crucifix de l’Assemblée Nationale, soudainement, le PQ se cabre, sous prétexte que le crucifix n’est pas un signe religieux, mais un objet patrimonial qui appartient à notre histoire.

Voyons !

Affirmer que le crucifix n’est pas un signe religieux, c’est comme dire qu’un kirpan n’est pas un couteau.

Ça ne tient pas debout deux secondes.


LAÏCITÉ À DEUX VITESSES

Avez-vous vu la grosseur du crucifix à l’Assemblée Nationale ? Si ce n’est pas un signe ostentatoire, je me demande ce que c’est !

En ce qui concerne la laïcité, j’ai la désagréable impression que le PQ ne va pas au bout de sa réflexion de peur de perdre de précieux votes.

Vous êtes pour la neutralité de l’État en matière de religion, oui ou non ? Si oui, soyez cohérents et enlevez le crucifix de l’Assemblée Nationale !

Après tout, comme une porte, la laïcité ne peut être à la fois ouverte et fermée. On est laïc ou bedon on l’est pas.

On ne peut pas appuyer une laïcité pour « les autres » mais pas pour « nous » !

Ça ne ferait qu’alimenter la paranoïa des mauvaises langues qui affirment que le PQ défend une vision ethnocentrique de la question identitaire…


DEUX CATÉGORIES DE CITOYENS

Il y a quelques jours, sur les ondes de LCN, j’ai interviewé Pauline Marois sur la loi 101.

« Étant donné que le français n’est pas menacé en région, pourquoi on n’aurait pas une loi 101 asymétrique ? lui ai-je demandé. Une pour Montréal, et une pour le reste de la province ? »

« Parce que ça créerait deux catégories de citoyens, m’a répondu la chef du PQ. Une telle loi serait tout de suite déboutée devant les tribunaux. »

Or, ce n’est pas ce que le PQ fait avec la laïcité ?

Interdire le kirpan mais permettre le crucifix ?

Comment peut-on défendre un tel point de vue, politiquement, légalement et moralement ?


NEZ ROUGE

Louise Beaudouin est une femme brillante. L’une des personnes les plus lettrées et les plus cultivées à siéger à l’Assemblée Nationale.

J’ai de la difficulté à croire qu’elle ne voit pas l’incongruité de la position de son parti.

Ça saute aux yeux comme un nez rouge au milieu d’un visage !



16 Février 2011

Permalink 08:41 am, Richard Martineau / Franc-parler, 62 mots  

Le rap à Willie

Vendredi, le rappeur Bad News Brown s’est fait assassiner.

« Ce sont des choses qui arrivent dans le milieu », a dit un de ses amis.

Quoi, ça fait partie de la culture hip hop, de se faire descendre dans un parc ? Ça vient avec les pitounes et les lunettes soleil ?

Et les chanteurs country, ils finissent tous écrasés sous un cheval ?



Permalink 08:40 am, Richard Martineau / Franc-parler, 524 mots  

L'économie bling-bling

Décidément, l’actualité a le sens de l’ironie.

Quelques jours après que le gouvernement québécois ait annoncé qu’il investira 200 millions de dollars dans un amphithéâtre, un bloc de béton s’est détaché d’un viaduc sur la rive Sud de Montréal et des médecins ont pris Internet d’assaut pour dénoncer l’État lamentable de leur hôpital.

« Qu’est-ce qu’on fait à investir dans un amphithéâtre alors que nos routes et nos hôpitaux tombent littéralement en ruines ? », se demandent les citoyens.


AVOIR ET ÊTRE

Bonne question.

C’est comme si je m’endettais pour acheter une piscine creusée alors que je n’avais plus d’eau courante depuis deux mois, que mon frigidaire faisait des flammèches et qu’un bout du plafond venait de s’écraser à côté du lit de mon petit dernier.

« Qu’est-ce que tu fais là ? me demanderiez-vous. Tu ne trouves pas que tu as des choses plus pressantes à faire dans ta maison ? »

Oui, effectivement.

Mais que voulez-vous, on vit à l’ère du bling-bling, et il est plus important de flasher que de vivre selon ses moyens.

Une grosse montre en or et un gros char de l’année, ça se voit, alors qu’un budget équilibré, ça ne se voit pas.


PRIS À LA GORGE

Un de mes amis est conseiller de financier. Il aide les gens à mettre de l’ordre dans leurs finances. Régulièrement, il me raconte des histoires d’horreur.

Des travailleurs pris à la gorge qui se paient trois voyages dans le sud par année, des professionnels qui s’achètent une maison de 1,5 million de dollars mais qui n’ont même pas d’argent pour installer des rideaux dans leurs fenêtres, des couples qui ont trois TV HD mais qui mangent des sandwichs au baloney, etc.

Des gens comme ça, me dit-il, il y en a des tonnes.

Tenez, juste pour le fun : quel est le taux d’intérêt de votre carte de crédit ? Le savez-vous ?

La majorité des gens l’ignorent. Ce qui ne les empêche pas d’en avoir trois, et de passer leur week-end à faire tchick-a-tchick.


LA VIE EN HD 3D

Après ça, on chiale contre le gouvernement parce qu’il ne gère plus « en bon père de famille » et qu’il a perdu le sens des priorités.

Et vous, gérez-vous en bon père de famille ? Faites-vous un budget ?

On a les gouvernements qu’on mérite.

Pourquoi l’État préfère investir dans la construction d’un amphithéâtre plutôt que dans la réfection d’une autoroute ?

Parce qu’une construction, ça se voit, alors qu’une réparation, ça ne se voit pas.

C’est plate, mais c’est ça.

Un viaduc qui ne tombe pas, ça ne fait pas la une des journaux.

Et un gouvernement qui gère avec prudence, ça ne fait bander aucun électeur.

C’est comme une télé mono en noir et blanc, avec des oreilles de lapin.



15 Février 2011

Permalink 07:58 am, Richard Martineau / Franc-parler, 588 mots  

The Gazette est-il un journal raciste?

Décidément, la décision unanime des députés provinciaux d’appuyer l’interdiction du kirpan à l’Assemblée Nationale suscite plusieurs réactions.

Dernière en date : un éditorial particulièrement virulent du quotidien montréalais The Gazette, qui en profite pour traiter (encore) les Québécois de racistes.


L’INTOLÉRANCE : UNE VALEUR QUÉBÉCOISE

Voici ce que l’auguste Gazette affirmait dans son édition du 11 février, sous le titre Has Intolerance Become A Quebec Value ? (L’intolérance est-elle devenue une valeur québécoise ?) :

« La motion de l’Assemblée Nationale a été présentée par le Parti Québécois. Louise Beaudouin a affirmé que le but de cette motion était de forcer les Libéraux à prendre position sur la question et à affirmer que si le multiculturalisme était une valeur canadienne, ce n’était pas une valeur québécoise.

« Si on se fie sur ce qu’elle a dit, il semblerait que l’intolérance soit, elle, une valeur québécoise.

« Il faut dire que jouer sur la xénophobie présente au sein de la société québécoise a toujours été le fond de commerce du Parti Québécois. »


TOUJOURS LE MÊME CLOU

Quand ce n’est pas Maclean’s qui affirme que la société québécoise est culturellement et historiquement corrompue, c’est The Gazette qui écrit que la xénophobie est un élément constitutif du caractère distinct du Québec.

Décidément, nos amis anglos ont de la suite dans les idées…

Enfin, CERTAINS anglos. Car comme me l’a fait remarquer le politologue Christian Dufour, quand on lit les commentaires des Canadiens « ordinaires », on s’aperçoit qu’il existe un énorme fossé entre ce que l’élite anglophone croit, et ce que les simples citoyens pensent.


LE QUÉBEC A DES COUILLES !

Voici les commentaires qu’on pouvait lire sur le site Internet du Globe and Mail au lendemain de l’adoption de la motion « xénophobe » présentée par le PQ :

« Excellente décision ! Quand le reste du Canada aura-t-il autant de couilles ? »

« Enfin, une législature canadienne a fait preuve de santé mentale… »

« Sur ce point, le Québec est à l’avant-garde du reste du pays. »

« Merci Québec ! »

« La décision du Québec est simple, claire et directe. Malheureusement, certaines personnes vont dire qu’elle est raciste… »


AUTRE COMMENTAIRES

« Parfait ! J’appuie la décision du Québec ! Je ne vois pas pourquoi une religion affirmerait que porter un couteau est une obligation. C’est ridicule. Merci Québec ! »

« Je suis tanné de voir que dès que quelqu’un aborde cette question, il se fait traiter de raciste et de xénophobe ! Ne me dites pas que le kirpan n’est pas un couteau ! Ce n’est pas parce qu’on investit cet objet d’une valeur symbolique qu’il cesse d’être un couteau ! »

« Hourrah pour le Québec ! »

« Je trouve ça intéressant de voir que chaque fois que le Québec défend son point de vue sur la culture, on sort la carte du racisme. Vive le Québec ! »

Et c’est comme ça sur des pages et des pages et des pages…


LES VRAIS RACISTES

Question aux grands éditorialistes de la Gazette :

Ces gens sont-ils xénophobes ?

Si tant de Canadiens pensent comme nous, pourquoi réservez-vous vos insultes aux seuls Québécois ?

Seriez-vous racistes et intolérants ?



14 Février 2011

Permalink 21:42 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 295 mots  

Retour sur Cité-des-Prairies

Concernant ma chronique sur ce qui est arrivé à Cité-des-Prairies, j'ai reçu ce courriel:

"Bonjour Monsieur Martineau,

Nous avons pris connaissance de votre chronique de ce matin portant le titre Valentin Valentine.

Nous déplorons le fait que les propos de Mme Kamel, coordonnatrice aux relations de travail chez nous, soient repris de façon à lui prêter des intentions en relevant une phrase qui a servi à illustrer des éléments d'un contexte complexe dans un dossier traité la semaine dernière avec Mme Malboeuf de La Presse.

En effet, Mme Kamel a accordé des entrevues à Marie-Claude Malboeuf afin de commenter de la façon la plus transparente et complète possible un dossier délicat sur des cas d'inconduites sexuelles. Ces situations sont loin d'être banalisées par la direction du CJM-IU, bien au contraire, et la procédure qui prévaut pour y faire face est appliquée avec rigueur et équité et ce, pour l'ensemble du personnel. C'est ce que Mme Kamel a expliqué à Mme Malboeuf la semaine dernière.

Merci de l'attention que vous porterez à cette nuance.

Julie Grenier
Coordonnatrice
Centre jeunesse de Montréal - Institut universitaire
Bureau des communications et des relations avec la communauté..."


_______

Voici ce qu'a dit madame Kamel à la journaliste de La Presse:

« Avec une éducatrice de 20 ans qui parraine des jeunes délinquants ayant pratiquement le même âge qu’elle, ça se peut que, la nature étant ce qu’elle est, elles tombent sous leur charme. Ces gars ne sont pas là pour rien. Ce sont de bons manipulateurs. »

Il me semble que c'est clair: "C'est pas de la faute des filles, c'est de la faute des gars qui les ont manipulées..."

Théorie qui est, en soi, assez ridicule, non?







Permalink 07:39 am, Richard Martineau / Franc-parler, 76 mots  

Kirpan: les deux solitudes

Mercredi dernier, les députés québécois ont unanimement appuyé la décision de la Direction de la sécurité d’interdire le kirpan à l’Assemblée Nationale.

Pendant ce temps, la Cour Suprême canadienne juge que le kirpan est assez sécuritaire pour lui ouvrir les portes de l’école.

Faudrait choisir… Il est dangereux ou pas, le kirpan ?

S’il est dangereux pour les politiciens, pourquoi est-il inoffensif pour les enfants ?



Permalink 07:38 am, Richard Martineau / Franc-parler, 501 mots  

Valentin et Valentine

Parfois, lorsqu’on regarde ce qui se passe, on a l’impression qu’il y a deux sortes de morale sexuelle au Québec.

Une pour les hommes et une pour les femmes.


JEUX INTERDITS

Prenez ce qui s’est passé au pavillon Cité-des-Prairies.

Il y a quelques jours, La Presse affirmait que plusieurs éducatrices travaillant dans ce centre de détention pour délinquants dangereux ont vécu une histoire d’amour torride avec de jeunes contrevenants.

Deux ont eu un bébé avec un pensionnaire qu’elles ont rencontré dans le centre alors que d’autres auraient été surprises en train de caresser des jeunes hommes qu’elles étaient censées surveiller et remettre « dans le droit chemin »…

Bref, méchant party.


DES BEAUX GARÇONS

Selon Géhane Kamel, coordonnatrice au Centre Jeunesse de Montréal, cette situation douteuse est parfaitement compréhensible.

« Avec une éducatrice de 20 ans qui parraine des jeunes délinquants ayant pratiquement le même âge, ça se peut que la nature étant ce qu’elle est, elles tombent sous leur charme, a-t-elle expliqué à la journaliste Marie-Claude Malboeuf. Nos gars ne sont pas là pour rien. Ce sont de bons manipulateurs. »

Madame Kamel n’est pas seule à banaliser ces incidents.

« On parle de beaux garçons avec de beaux corps, qui savent dire ce que les femmes veulent entendre, a dit une employée du centre. Ils les font sentir uniques au monde. »


L’APPEL DE LA NATURE

Vous imaginez l’inverse ? Des intervenants qui jouent à touche-pipi avec des délinquantes ?

Ça serait le branle-bas de combat !

Pensez-vous que les gars pourraient dire : « C’est pas de notre faute, les filles avaient un beau corps et savaient exactement quoi nous dire pour qu’on tombe sous leur charme » ?

Bien sûr que non ! On dirait qu’ils ont abusé de leur position d’autorité !

Mais quand c’est une intervenante d’un centre de détention qui se fait pogner la main dans les culottes d’un pensionnaire, soudainement, il faut faire preuve de compréhension, sous prétexte que « la nature est ce qu’elle est » !


FEMMES EXPLOITÉES

Et attendez, c’est rien…

Franca Cortoni est criminologue à l’Université de Montréal.

« Quand le jeune et l’éducatrice ont presque le même âge, on peut se demander lequel des deux exploite l’autre, a-t-elle dit à la journaliste. Certaines jeunes femmes sont naïves… »

Bref, quand un intervenant couche avec une détenue, c’est un irresponsable qui abuse de son pouvoir.

Mais quand une intervenante couche avec un détenu, c’est une pauvre victime qui a été exploitée et manipulée par un méchant prisonnier…

Quel que soit le bord que vous regardez ça, c’est toujours la faute du gars. Qu’il tienne le gros bout du bâton ou pas.

Et après ça, les femmes nous disent qu’elles en ont assez de se faire traiter comme de pauvres petits êtres sans défense…



13 Février 2011

Permalink 09:29 am, Richard Martineau / Franc-parler, 42 mots  

Un clone

Avez-vous entendu le dernier hit de Lady Gaga, Born this Way ?

J'espère que Madonna va recevoir des sous...

C'est un plagiat d'Express Yourself! En tout cas, ça y ressemble étrangement...

Tout comme Alejandro évoquait La Isla Bonita...

Coudon, qu'a-t-elle d'original, exactement?





Permalink 00:28 am, Richard Martineau / Franc-parler, 208 mots  

Erratum

Samedi le 12 février, dans Le Journal de Québec, on retrouvait un paragraphe entier de la chronique de Michel Hébert dans ma chronique....

De nombreux lecteurs à la recherche d'un nouveau complot anti-Quebecor m'ont écrit pour me faire part de leur indignation devant ce "cas flagrant de convergence", de "plagiat" et patati et patata....

Slackez la parano, les caves *!

Il ne s'agit pas d'un plagiat, mais d'une simple erreur de montage... Un employé du Journal de Québec a copié par inadvertance un bout du texte de Michel Hébert dans le mien, c'est tout!

Un enfant de huit ans aurait compris!

Vous pouvez lire ma chronique originale sur mon blogue (Les Deux côtés de la médaille), et vous verrez que le passage en question n'y apparaît pas...

Dieu qu'il y a des gens qui n'ont rien à faire...


* Certaines personnes m'ont reproché l'utilisation du mot "cave".

Désolé, mais si vous pensez que j'ai plagié (et plagié un chroniqueur qui écrit DANS LE MÊME JOURNAL QUE MOI, en plus!), eh bien, ce mot est tout à fait approprié...

C'est bien beau, critiquer Quebecor, mais un moment donné, c'est de la paranoïa pure et simple.

Comme on dit en anglais: "Get a life..."














12 Février 2011

Permalink 08:42 am, Richard Martineau / Franc-parler, 560 mots  

Les deux côtés de la médaille

Le maire Labeaume n’avait même pas terminé sa conférence de presse que déjà, ma boîte de courriels était en feu.

« On ne cesse de nous dire que le Québec est dans le rouge et qu’il faut se serrer la ceinture. Or, le gouvernement Charest pige dans son chapeau et trouve 200 millions pour investir dans un amphithéâtre.

« C’est quoi l’affaire ? Serions-nous plus riches qu’on le croyait ? »


« ÇA NE FERA PAS MAL »

Effectivement, vu de même, ça fait dur.

On a de l’argent ou pas ? Si on est à sec, pourquoi le gouvernement investit dans un amphithéâtre, sans savoir s’il va pouvoir accueillir une équipe de la LNH ?

Il n’y a pas d’autres priorités, disons, plus prioritaires ? Des orthopédagogues dans les écoles ou des dictionnaires qui datent d’avant la chute du Mur de Berlin, pour ne parler que d’éducation ?

Le maire Labeaume a annoncé en grandes pompes qu’il coupera 200 millions de dollars dans les dépenses de la Ville de Québec pour payer la construction de son stade.

S’il peut effectivement couper dans le gras de l’appareil municipal, pourquoi ne l’a-t-il pas fait avant ? Pourquoi avoir attendu aujourd’hui ?

De plus, il s’engage solennellement à ne pas augmenter les taxes municipales.

Qui nous dit que dans deux ou trois ans, il ne se retournera pas de bord en disant qu’il n’a pas le choix, que la situation a changé, et patati et patata ?

Après tout, on connaît la chanson : les dentistes disent toujours que ça ne fera pas mal et on finit toujours par crier…


AU TOUR DE QUÉBEC

D’un autre côté, Québec a effectivement besoin d’un amphithéâtre.

Le Colisée a été construit à l’époque des courses de chars de Spartacus, il est tellement vétuste que même les fantômes des Nordiques ont décidé de foutre le camp et d’aller hanter un autre lieu…

Si on réussit toujours à trouver de l’argent pour financer toutes sortes d’infrastructures à Montréal (dont une nouvelle salle pour l’OSM, qui attire quand même moins de gens qu’une équipe de hockey), je ne vois pas pourquoi on ferait la sourde oreille à la capitale nationale.

La province au grand complet a casqué pendant des décennies pour un stade qui sert à abriter des pingouins, pourquoi on ne participerait pas au financement d’un amphithéâtre qui pourrait servir à quelque chose ?


LE CLASH DES TITANS

Et il y a les amateurs de hockey…

Je sais qu’il est de bon ton de lever le nez sur le sport professionnel en disant que ce n’est que du divertissement, l’équivalent moderne « du pain et des jeux » de la Rome antique.

Reste qu’au Québec, le hockey est plus que du sport. C’est une religion, un vecteur identitaire aussi important que le foot en Europe.

Un match Canadien-Nordique permettrait au Québec de réduire de moitié sa consommation d’antidépresseurs…

VOS COMMENTAIRES

Bref, la perception qu’on peut avoir de ce dossier change selon l’angle qu’on adopte.

Le projet en soi est intéressant, pas de doute, mais le timing pourrait être meilleur…

Et vous, vous en pensez quoi ?



11 Février 2011

Permalink 18:40 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 93 mots  

Rock the casbah

Le régime de Moubarak a fini par tomber...

Êtes-vous optimiste ou pessimiste pour la suite des choses?

Croyez-vous que Les Frères Musulmans (que le directeur du renseignement américain continue d'associer à... la laïcité!) vont manoeuvrer pour se tailler une place de choix au sein du nouveau gouvernement?

Est-ce un pas vers la démocratie, ou un pas vers l'islamisation du pays?

(PS: je vous conseille de lire ce billet très intéressant de Caroline Fourest, publié dans Le Monde le 5 février, donc avant la chute du régime...)








10 Février 2011

Permalink 07:05 am, Richard Martineau / Franc-parler, 610 mots  

Lettre aux régions

Maxime Bernier persiste et signe.

Non seulement le député conservateur ne regrette pas ses propos sur la loi 101, mais il les a répétés sur les ondes d’une station de radio locale de Beauce.


UNE HISTOIRE RÉGIONALE

Pourquoi a-t-il choisi une radio locale, et pas une station qui diffuse à l’échelle de la province ?

Parce que Maxime Bernier veut parler à ses électeurs, nous a-t-on dit.

Soit. Mais c’est quand même bizarre qu’un élu qui lance un débat impliquant la province au grand complet n’accepte de clarifier ses propos et d’expliquer sa position qu’à une poignée d’électeurs.

La loi 101 ne toucherait-elle que la Beauce ?

Cela dit, la décision de Maxime Bernier n’est pas trop surprenante…

Car la controverse concernant le caractère supposément contraignant de loi 101 est d’abord et avant tout une affaire régionale.

Si ça se trouve, à Montréal, les gens pensent tout le contraire, et trouvent cette loi trop molle…


UNE LOI ASYMÉTRIQUE ?

À lire les commentaires virulents de certains lecteurs vivant en région, la loi 101 est inacceptable car elle applique un remède national à un problème local.

« Pourquoi brimer la liberté de choix de la majorité francophone résidant en région quand le problème est un problème montréalais ? », demande Joanne Marcotte (du Réseau Liberté Québec) sur son blogue.

En d’autres mots : pourquoi empêcher les résidants de Chicoutimi d’envoyer leurs enfants à l’école anglaise alors que le français, là-bas, n’est absolument pas menacé ?

Bonne question.

Cela dit, on fait quoi ? On créée une loi 101 asymétrique qui s’appliquerait différemment selon l’endroit où l’on habite ?

Cela n’aurait aucun sens.

Déjà que la loi est difficile à appliquer comme c’est là, vous imaginez le bordel si on créait des exceptions géographiques ?


LE POUMON DU QUÉBEC

Effectivement, le dossier de la protection de la langue française touche d’abord et avant tout Montréal. Et alors ?

Ça vous arracherait la gueule de nous aider ?

Je comprends la frustration des gens vivant en région, c’est vrai que pendant longtemps, Montréal s’est foutue du reste de la province.

Mais on ne répond pas à l’indifférence par l’indifférence.

N’en déplaisent aux citoyens de Val d’or ou de Québec, qui ont un haut-le-cœur dès qu’ils entendent parler du Plateau Mont-Royal, Montréal n’est pas une ville comme les autres. C’est le poumon du Québec.

Si elle tombe, c’est toute la province qui va tomber.


L’USINE À FABRIQUER DES QUÉBÉCOIS

Ce n’est pas à Thetford Mines, à Tadoussac ou à Alma que les immigrants s’installent. C’est à Montréal.

C’est sur les épaules des Montréalais que repose la responsabilité d’accueillir les nouveaux arrivants et d’en faire des « bons p’tits Québécois » — qui, plus tard, participeront à dynamiser l’économie du reste de la province.

C’est une lourde tâche. Très lourde et très complexe.

Serait-ce trop vous demander de nous aider ? D’enterrer votre hache de guerre, d’oublier vos frustrations, et de nous donner un coup de main ?


VOTRE PROBLÈME AUSSI

Oui, c’est vrai, le français n’est pas menacé, chez vous. Mais il l’est à Montréal.

Ça ne vous tenterait pas d’arrêter de vous regarder le nombril et de nous aider dans cette tâche ?

Il en va du bien-être collectif de tout le Québec.



9 Février 2011

Permalink 20:45 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 88 mots  

Le FBI enquête sur Tom Cruise

Comme disait Jack Nicholson à Tom Cruise dans l'excellent film A Few Good Men:

"You can't handle the truth!"

Et la vérité, selon le réalisateur Paul Haggis (Crash), est que Cruise et son associé dans l'Église de Scientologie obligeaient certains membres de la secte à réparer leurs motos et à rénover leurs bureaux, tout ça pour... 50 $ par semaine!

Bref, une forme d'esclavage...

Tout a pour le bien des adeptes, bien sûr...

Après tout, comme le disait Big Brother dans 1984, "le travail c'est la liberté"!












Permalink 09:40 am, Richard Martineau / Franc-parler, 52 mots  

Non, il ne regrette rien...

Non seulement Maxime Bernier ne regrette pas ses propos sur la loi 101, mais il en a remis sur les ondes d'une radio de Beauce!

Est-il complètement dans le champ, ou dit-il tout haut ce que plusieurs personnes pensent tout bas?

(Ce midi, à Franchement Martineau, nous allons en parler avec Pauline Marois)





Permalink 08:53 am, Richard Martineau / Franc-parler, 69 mots  

Décore ta craque

Une pub de très, très grand goût, gracieuseté du réseau NRJ...

Pourquoi ne pas faire un concours qui s'applique aussi aux gars?

Genre: "Peinture tes schnolles" ou "Décore tes gosses" ?

Autre réflexion: qu'arrive-t-il aux filles qui n'ont pas de "craque"?

Elles n'ont pas le droit de participer?

Un concours qui ne s'adresse qu'aux femmes qui ont des gros seins... C'est pas discriminatoire, ça?











Permalink 08:48 am, Richard Martineau / Franc-parler, 511 mots  

Union nationale 2.0

Régulièrement, quand je parle de politique à Franchement Martineau (l’émission que j’anime sur les ondes de LCN), un nom revient sans cesse, que ce soit dans la bouche des téléspectateurs ou de celle des invités : Union Nationale.

C’est encore arrivé hier à plusieurs reprises.

« Je suis comme à l’époque de l’Union Nationale, m’a lancé un auditeur : nationaliste, mais pas séparatiste. Je crois qu’on peut s’affirmer sans tout casser… »

« Sur le dossier des relations Québec-Canada, François Legault risque de défendre une position qui rappelle celle de l’Union Nationale », m’a dit Robert Bernier, professeur à l’ENAP.


LA MOUSTACHE À PAPA

Sentez-vous ça, vous aussi ?

J’ai l’étrange impression que l’Union Nationale est en train de redevenir hot.

Comme le disco, la couleur orange et la moustache.

Pendant longtemps, l’Union Nationale était considérée comme kétaine. Un résidu honteux de notre passé rural, comme les chansons country chères au coeur de MC Gilles (Fidélité de Fidel Lachance ou Être une infirmière de Marguerite Bilodeau, pour ne nommer que ces deux chefs-d’œuvre qui sentent bon la babiche, le jus de pipe et le bas brun).

Or, aujourd’hui, l’Union Nationale a le vent dans les voiles !

Que s’est-il passé ? Comment expliquer cette résurrection soudaine ?


UNE TARTE AUX POMMES POLITIQUE

Pour Bernard Motulsky, titulaire de la Chaire de relations publiques et communication marketing de l’UQAM, l’Union Nationale est une sorte de comfort food politique.

« La mondialisation, l’accélération générale de nos sociétés et l’explosion de la haute-technologie causent une sorte de vertige, dit-il. Cette fuite en avant pousse certaines personnes à s’accrocher au mythe du bon vieux temps, à trouver refuge dans certaines valeurs sûres du passé… »

Monsieur Motulsky prend pour preuve les pubs qu’on a pu voir lors du Super Bowl. On voyait un petit garçon déguisé en Darth Vader, entendait des classiques d’Elton John et des Who, reconnaissait des extraits de vieilles émissions de télé (Happy Days, The Brady Bunch)…

Bref, l’heure était à la nostalgie.

On regarde en arrière pour mieux sauter.


LE GROS FOND BLEU

Et puis, le branding de l’Union Nationale colle parfaitement à notre époque.

On est écoeuré du débat national, mais on ne veut pas jeter les questions identitaires avec l’eau du bain.

L’option séparatiste ne nous fait plus triper, mais on garde un gros fond bleu.

Et on souhaite une plus grande participation du système privé dans la marche du pays, sans pour autant démanteler l’État-Providence.

Quel parti répond à ces trois demandes ?

L’Union Nationale.

« La nouvelle droite se doit d’intégrer notre vieux fond bleu conservateur, sinon, elle ne passera pas », me répète souvent le politologue Christian Dufour.

J’ai hâte de voir si François Legault réussira à ressusciter les fantômes de Jean-Jacques Bertrand et de Daniel Johnson père…


8 Février 2011

Permalink 08:20 am, Richard Martineau / Franc-parler, 571 mots  

Joe Louis et les Pepsi

Toute idée, même la meilleure, devient farfelue lorsque poussée à l’extrême.

C’est le cas avec le fameux « laisser-faire » si cher à la droite libertarienne.


PRO-CHOIX

Selon certains tenants de cette idéologie, la valeur suprême d’une société est la liberté de choix. Tout ce qui va à l’encontre de la liberté de choix devrait être aboli.

C’est le cas avec la loi 101.

La loi 101 oblige les gens à étudier en français ? Elle restreint la liberté de choix des citoyens du Québec ?

Elle devrait être abolie, c’est aussi simple que ça. C’est en tout cas ce que croit Maxime Bernier.

Bizarre quand même…

Ce n’est pas le Parti Conservateur qui jonglait avec l’idée de recriminaliser l’avortement ?

Pourtant, une telle loi restreindrait la liberté de choix des femmes. Ça leur enlèverait la possibilité de choisir, de faire ce qu’elles veulent avec leur corps…


LES CAUSES ET LES EFFETS

Tant qu’à faire, pourquoi ne pas enlever les feux de circulation aux coins des rues ? Abolir les limites de vitesse ?

Permettre aux gens de conduire après avoir pris trois bières sous prétexte que certaines personnes sont capables de supporter l’alcool ?

On pourrait aussi cesser d’obliger les entreprises et les particuliers à payer de l’impôt. Tout ça serait maintenant fait sur une base volontaire.

On s’en remettrait à l’altruisme des gens, à leur grand sens des responsabilités et du bien commun…

Je ne sais pas si c’est parce qu’il a trop mangé de Joe Louis, mais Maxime Bernier semble mélanger les causes et les effets.

Il croit qu’on n’a plus besoin de la loi 101 car de plus en plus de gens parlent français.

Or, si de plus en plus de gens parlent français, c’est justement parce qu’on a instauré la loi 101, voyons !

Enlevez la loi 101, et la majorité des immigrants vont se remettre à fréquenter l’école anglaise !

Pensez-vous qu’ils se sont mis à la langue de Michel Rivard pour nos beaux yeux ?


LES ANGES

On dit souvent que la go-gauche est naïve, angélique. Or, la droite libertarienne me semble parfois plus naïve que les socialistes du Plateau.

Ils croient que les gens n’ont pas besoin de loi pour agir de façon responsable, que la théorie de la « main invisible » s’applique aussi aux questions linguistiques et culturelles, et que moins l’État intervient dans les dossiers qui touchent l’identité, mieux les choses se passent…

Si c’est pas naïf, je me demande ce que c’est…


FUNKYTOWN

Le pire, dans toute cette question de la langue, est que les francophones n’ont besoin de personne pour se tirer dans le pied.

Allez voir le film Funkytown (le Boogie Nights québécois), vous comprendrez ce que je veux dire.

Comme vous le savez, l’histoire est fortement inspirée de la vie d’Alain Montpetit. Quel anglophone connaît Montpetit ? Une infime minorité.

Pourtant, le film est à 75 % en anglais.

Mais que voulez-vous, c’est plus cool de parler anglais, ça fait plus nord-américain, plus moderne, plus disco…


LE MONOPOLE

On a souvent reproché à la gauche de laisser le monopole des questions identitaires à la droite.

Le contraire est aussi vrai.

Qu’attend la droite pour se réapproprier le dossier de la langue ?



7 Février 2011

Permalink 23:23 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 7 mots  

La bête se pointe le museau...

Voilà, comme je l'avais dit, ça commence...


Permalink 07:58 am, Richard Martineau / Franc-parler, 112 mots  

DG dans le sud

Mercredi dernier, mon confrère Sébastien Ménard nous apprenait que des dirigeants de cégeps se sont promenés aux quatre coins du monde aux frais de la princesse pour « effectuer des missions ».

Le Brésil, le Maroc, la Guadeloupe, l’Inde…

En novembre dernier, le même journaliste dévoilait que des directeurs d’école avaient fait exactement la même chose.

Mais c’était en République Dominicaine, cette fois-là…

Avez-vous remarqué ? C’est toujours dans le sud que ces « missions » se déroulent, jamais en Russie ou en Alaska.

Et c’est presque toujours en hiver.

C’est fou comme le hasard fait bien les choses, non ?




Permalink 07:56 am, Richard Martineau / Franc-parler, 449 mots  

Noir de monde

Je ne sais pas si vous partagez mon questionnement, mais parfois, je me demande comment les Noirs font l’amour…

Font-ils ça comme nous autres ?

Et quand ils mangent, utilisent-ils des ustensiles comme les blancs, ou se mettent-ils en bedaine et s’assoient-ils par terre, comme dans le fameux sketch que Claude Meunier avait écrit pour le Bye Bye ?


THE BLACK EXPERIENCE

Mes propos vous choquent ?

Je l’espère, c’est une farce…

Si je vous pose ces questions idiotes, c’est parce que le week-end dernier, en feuilletant une revue américaine, je suis tombé sur une pub qui m’a renversé :

« Blackatlas.com, Your Passeport to the Black Experience… »

Il s’agit d’un guide de voyages pour les noirs, mis en ligne par la compagnie American Airlines !

« Jetez un regard unique sur le monde du voyage sous un angle afro-américain, dit la pub. Notre expert vous offre des idées, des vidéos et des critiques, tout ça d’un point de vue noir ! »


TOILETTES PUBLIQUES

Un point de vue noir ? Sur le voyage ?

Comment ça, les noirs voyagent différemment des blancs ?

Ils se promènent avec des valises en bambou ? Ils volent dans des avions qui servent du lion et qui ont des sièges plus larges, afin de leur permettre de jouer du tam tam ?

Je suis allé voir le site en question. On dirait une mauvaise blague. Pourtant, c’est sérieux…

Par exemple, on donne des conseils aux noirs qui veulent aller visiter Paris.

On leur donne des adresses de terrains de camping (les noirs ne vont pas à l’hôtel ?), de grossistes de vêtements (ils ne fréquentent pas les boutiques ?), on leur dit qu’on trouve des toilettes publiques partout (ils ont des problèmes d’incontinence, ils sont incapables de se retenir, ils pissent partout ?)…


CHACUN DANS SON COIN

Sous la rubrique « Toronto », on donne l’adresse d’un restaurant de sushi (aliment « afro-américain » très connu) et on souligne le fait qu’on y croise beaucoup de noirs dans les rues (« surtout des Antillais »)…

Imaginez ce qui arriverait si un guide de voyages pour blancs écrirait que c’est plaisant de se promener dans les rues de telle ou telle ville d’Afrique car on y croise beaucoup de blancs !!!!

Le pire est que ce n’est pas une obscure association d’afrocentristes zélés qui dirige ce site, mais l’un des plus gros transporteurs aériens au monde !

N’importe quoi…

Dire qu’il y a 50 ans, des noirs courageux ont risqué leur vie pour lutter contre la ségrégation. Et aujourd’hui, on vante les vertus du ghetto…



Permalink 07:47 am, Richard Martineau / Franc-parler, 575 mots  

Dans leurs souliers


voile


Quand Éric Duhaime m’a montré l’article, j’ai dit : « Voyons, ça n’a aucun sens, c’est inventé, ça ne provient pas d’un journal sérieux ! »

Or, ce n’est pas inventé.

Et ça provient bel et bien d’un journal sérieux : le Daily Mail, en Angleterre.


DÉVELOPPER L’EMPATHIE

À South Yorkshire, dans le cadre de la journée « Dans leurs souliers », trois policières ont reçu l’ordre de s’habiller comme des musulmanes orthodoxes pendant une journée entière pour « mieux comprendre les membres de cette communauté ».

Une a porté un hijab (le voile qui recouvre les cheveux) alors que les deux autres ont revêtu un niqab (le voile intégral qui cache entièrement le visage, sauf les yeux), une robe noire à manches longues et des gants.

On aurait dit les sœurs jumelles de Batman !

« Les victimes d’actes criminels sont sûrement heureuses d’apprendre que nos forces policières ont tellement de temps libre qu’elles peuvent passer une journée à se costumer », a dit un citoyen outré.

« C’est un gaspillage éhonté de l’argent public. Le rôle de la police n’est pas de développer de l’empathie envers les diverses communautés. C’est de prévenir le crime et d’arrêter les bandits ! »


« CÉLÉBRER LA DIVERSITÉ »

La réaction des citoyens a été virulente.

« C’est la rectitude politique portée à un degré extrême », a dit une dame.

Ce n’Est pas tout : non seulement trois policières ont-elles dû se costumer, mais quatre musulmanes ont accompagné une escouade de police pour leur apprendre à se comporter de façon « adéquate » envers les membres de leur communauté quand ils effectuent des enquêtes et des arrestations !

« Cet exercice est l’une des nombreuses activités que nous avons mises sur pied pour célébrer la diversité et développer des relations solides avec les nombreuses communautés qui composent notre société », a expliqué le chef de police.

Pourquoi ne pas ordonner à quatre policiers de participer à des orgies raéliennes, tant qu’à faire ?

Ou de se déguiser en juifs hassidiques, avec des boudins et un grand manteau ?


UN MONDE INSENSÉ

Tout ça est d’une imbécillité à faire pleurer…

Et quelle condescendance ! Comme si TOUTES les musulmanes portaient le voile !

Pourquoi ne pas demander aux policiers de passer toute une journée à genoux pour comprendre la réalité des nains ?

Tiens, j’ai une idée : l’an prochain, les policiers de Yorkshire devraient demander aux musulmanes orthodoxes d’enlever leur voile et de porter un uniforme de flic pendant huit heures, histoire de mieux comprendre la réalité des agents de la paix…

Ah non, c’est vrai : ce n’est pas aux minorités de s’ouvrir à la majorité, c’est à la majorité de s’ouvrir aux minorités !

Pardonnez mon offense, j’avais oublié que nous vivons dans un monde insensé, où le plafond est en bas et le plancher, en haut…


ON SE RÉVEILLE

Heureusement, l’Angleterre commence à se réveiller.

« Avec la doctrine du multiculturalisme d’État, nous avons encouragé les cultures à vivre séparées les unes des autres, a avoué le premier ministre britannique cette semaine. Cette politique est un échec total, qui a conduit de jeunes musulmans à se tourner vers une idéologie extrémiste. »

Mieux vaut tard que jamais…


5 Février 2011

Permalink 11:35 am, Richard Martineau / Franc-parler, 579 mots  

Un pas de plus vers Allah ?

Qui va diriger les destinées de l’Égypte si Moubarak finit par quitter le pays ?

Pour l’instant, personne ne le sait.

Mais une chose est sûre : si ce sont les Frères Musulmans (qui comptent aujourd’hui près de 20 millions de sympathisants), le fameux « printemps égyptien » sera de très courte durée.


UNE MATRICE INFERNALE

En effet, les Frères Musulmans, qui représentent actuellement le premier mouvement d’opposition en Égypte (et qui attendent patiemment que le pouvoir leur tombe dans les mains) se foutent de la liberté et de la démocratie comme de leur premier turban.

Il suffit de lire leur slogan (« L’Islam est la solution ») pour s’en rendre compte.

L’Intellectuelle française Caroline Fourest, dont je vous parlais cette semaine, connaît très bien ce mouvement. Elle l’a étudié pendant de longues années, et y a consacré un livre lumineux, Frère Tariq.

« Ce mouvement est une matrice infernale dont les tentacules diffusent un islamisme archaïque et réactionnaire aux quatre coins du monde, écrit-elle. Même Al-Qaïda ne peut prétendre rivaliser avec l’ampleur de cette force négative. »


UN SCÉNARIO CATASTROPHE

Hassan el-Banna, le fondateur des Frères Musulmans, a déjà dit que « la bannière de l’Islam doit couvrir le genre humain ».

Beau programme…

Vous imaginez ce qui arriverait si ces fanatiques (qui sont appuyés par le quart de la population égyptienne) prenaient le pouvoir en Égypte ?

Quel message cette victoire lancerait aux autres islamistes qui rêvent de soumettre le monde entier aux lois d’Allah ?

Ce que ça voudrait dire pour les femmes de cette région du monde ?

Ça serait catastrophique.

Il ne s’agit pas d’appuyer Moubarak et de lui demander de rester.

Mais choisir entre Moubarak et les Frères Musulmans, c’est comme choisir entre le Shah et l’ayatollah Khomeiny, ou un cancer des poumons et un cancer du pancréas.

C’est ce que les anglais appellent un « lose-lose » situation.

Face, la liberté perd. Pile, la dictature gagne.


BELLE CONSTITUTION

Dans Épitre aux jeunes, l’une de ses œuvres maîtresses, Hassan el-Banna dévoilait le mot d’ordre de son mouvement :

« Dieu est notre but. Le messager de Dieu est notre guide. Le Coran est notre Constitution. L’effort est notre chemin. La mort sur le sentier de Dieu est notre souhait ultime. »

Dans Cinquante demandes, un programme politique qu’il a rédigé en 1936, el-Banna affirmait que les Frères Musulmans veulent imposer la charia.

« Partout il est question de détruire les libertés individuelles au profit d’une dictature de droit divin », écrit Caroline Fourest.

C’est-à-dire : considérer la fornication comme un crime grave qui nécessite une sanction légale, interdire la mixité entre étudiants et étudiantes, fermer les dancings, interdire tout contact gestuel entre un homme et une femme, etc.


DESTINATION MONDE

« Nous voulons que le drapeau de l’Islam flotte de nouveau, au vent et bien haut, dans toutes les contrées qui ont eu la chance d’accueillir l’Islam pendant un certain temps, a écrit el-Banna. Nous voulons exposer notre message islamique au monde entier, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de désordre. »

« First, we take Manhattan, then we take Berlin », chantait Leonard Cohen.

Pour les Frères Musulmans, c’est :

« Premièrement, nous prenons l’Égypte, et ensuite, le monde. »



3 Février 2011

Permalink 09:06 am, Richard Martineau / Franc-parler, 579 mots  

Liberté, je crie ton nom

C’est fou comme notre amour de la démocratie est asymétrique, vous ne trouvez pas ?

Il suffit de faire une comparaison entre ce qui se passe dans le monde arabe à l’heure actuelle et ce qui s’est passé en URSS il y a 20 ans...


DEUX POIDS, DEUX MESURES

Quand les populations des pays de l’Est se sont soulevées contre l’empire soviétique, à la fin des années 80, on les a tout de suite appuyées, en disant qu’il fallait aider ces pauvres gens à combattre le régime de terreur qui les étouffait.

Mais aujourd’hui, alors que les Tunisiens et les Égyptiens se soulèvent contre les dictateurs qui les maintiennent sous leurs bottes depuis des décennies, on attend, on fait preuve de prudence, on appelle à la retenue, on branle dans le manche, on observe…

Bizarre, non ?


DOUCE FRANCE

Le 12 janvier dernier, alors que la population de la Tunisie manifestait pour demander le départ de ben Ali, qu’a fait la France, patrie des droits de l’Homme et des Lumières ?

Elle a envoyé des grenades lacrymogènes au régime de ben Ali pour qu’il puisse mater les rebelles !

Michèle Alliot-Marie, la ministre des Affaires étrangères, a même proposé au dictateur d’utiliser « le savoir-faire de la France en matière de maintien de l’ordre » !

« Dire que la Tunisie est une dictature me semble exagéré », a lancé le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand.

« Ben Ali a été mal jugé et a fait beaucoup de choses », a ajouté le ministre de l’Agriculture Bruno Le Maire.


UN BANDIT

De kessé ?

Le gars s’est accroché au pouvoir pendant 24 ans, il jetait ses opposants en prison, il n’avait pas un sou quand il est arrivé au pouvoir et il a maintenant une fortune personnelle de cinq milliards d’euros !

Le journal Le Monde affirme que ben Ali a quitté son pays en emportant avec lui une tonne et demie de lingots d’or !

Si cet homme n’est pas un dictateur, je me demande ce qu’il est…

Et après ça, les dirigeants français parlent de liberté, des trémolos dans la voix…


UN AMI DE LA FAMILLE

Remarquez, la France n’est pas seule à faire preuve d’hypocrisie.

Il y a quatre jours, la revue Foreign Policy publiait sur son site Internet la liste des alliés les plus embarrassants du gouvernement américain…

Il y a le roi d’Arabie Saoudite (qui dirige l’un des pays les plus répressifs au monde), le leader du Yémen, le roi de Jordanie, le leader d’Éthiopie…

Tous de grands défenseurs de la démocratie, qui sont copain-copain avec l’oncle Sam…

En mars 2009, sur les ondes d’un réseau de télé égyptien, un journaliste a demandé à la Hillary Clinton ce qu’elle pensait de Moubarak.

« Je considère lui et sa femme comme des amis de la famille », a répondu la Secrétaire d’État.

Or, le département d’État américain (qu’elle dirige !) venait tout juste de publier un rapport volumineux affirmant que les droits de la personne étaient bafoués en Égypte ! Les auteurs y dénonçaient l’utilisation courante de la torture, le déclin de la liberté de presse…

Mais bof, qu’importe…

Pourquoi briser une si belle amitié pour des détails du genre ?



2 Février 2011

Permalink 22:05 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 12 mots  

La tolérance à sens unique

Regardez cette vidéo...

Maudit que ça fait du bien d'entendre ça!!!!




Permalink 08:35 am, Richard Martineau / Franc-parler, 582 mots  

L'exception québécoise selon André Pratte

Il y a quelques jours, je vous disais que de plus en plus de Canadiens se posent des questions sur le bien-fondé du multiculturalisme.

Il suffit de lire les commentaires publiés sur les sites Internet des quotidiens anglophones pour s’en apercevoir : un nombre grandissant de Canadiens sont en train de se rendre compte que sur le dossier des accommodements, ce sont les Québécois qui ont raison.


LE QUÉBEC « TROP ÉMOTIF »

Cette tendance a échappé à André Pratte.

Cette semaine, sur Cyberpresse, l’éditorialiste en chef de La Presse signait un texte sur l’augmentation de la population musulmane au Canada. Il terminait son édito de cette façon :

« Les débats sur les accommodements raisonnables et le multiculturalisme, qui portent notamment sur les relations entre les musulmans et les autres Canadiens, sont donc loin d’être terminés.

« Espérons toutefois qu’ils se tiendront avec plus de modération, de réflexion et moins d’émotion brute que ce qu’on a vus au cours des dernières années, en particulier au Québec. »

En d’autres mots : en ce qui concernent les accommodements, les Canadiens « réfléchissent avec modération », alors que les Québécois se contentent de « réagir émotivement ».

Bref, nous sommes hystériques, alors que les Canadiens sont posés, rationnels et modérés.

(Comme l’écrivait Michèle Ouimet la semaine dernière, c’est probablement dû à notre « vieux fond xénophobe »…)


LA FONDATION TRUDEAU

Le plus drôle est que quelques heures avant de lire ce texte, je discutais avec le politologue Christian Dufour.

Le 27 janvier, Christian Dufour a participé à un colloque sur le pluralisme religieux et l’immigration organisé par la très « canadian » Fondation Pierre Elliott Trudeau.

Devant plusieurs membres de l’élite anglophone (dont Paul Wells, chroniqueur au MacLean’s, et Michael J. Bryant, ex-procureur général de l’Ontario), le politologue a défendu avec fougue la « position québécoise », qui est très sceptique et très critique envers le multiculturalisme et la politique des accommodements.

Comment ont réagi la plupart des personnes présentes ? Ont-elles fustigé monsieur Dufour ?

Non : elles ont dit que le Québec pouvait être fier d’avoir été capable de mener de façon aussi civile ces débats difficiles mais nécessaires. Elles ont aussi dit qu’il serait bon que le reste du Canada s’inspire d’une démarche comme celle de la Commission Bouchard-Taylor.

Bref, tout le contraire d’André Pratte…


EN FRANCE AUSSI

Caroline Fourest pense la même chose.

Dans La Dernière utopie, un essai brillant qui a été salué par l’ensemble de la presse européenne, cette intellectuelle française, loin de critiquer le « manque de réflexion » et la « trop grande émotivité » des Québécois sur la question des accommodements, salue au contraire notre courtoisie et notre lucidité.

Oui, il y a eu quelques dérapages pendant la Commission Bouchard-Taylor, dit-elle, mais en gros, le débat, au Québec, a été mené avec beaucoup de civisme et de respect.

Contrairement à ce qui s’est passé en France.


UNE ANALYSE MÉPRISANTE

Je ne sais pas ce qui se passe à La Presse, mais à lire certains journalistes, les Québécois sont xénophobes, frileux et incapables de réfléchir intelligemment aux questions identitaires.

Je suis désolé, mais je ne souscris absolument pas à cette analyse.

Je la trouve méprisante et odieuse.



1er Février 2011

Permalink 16:39 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 92 mots  

Le printemps du monde arabe


arabe


Une photo extraordinaire qui incarne ce qui se passe actuellement dans le monde arabe...

Il est quand même assez ironique de voir des femmes en burqa lutter pour la "liberté"...

Cela dit, suis-je seul à craindre un retour en force des islamistes dans ces pays?

Renverser un dictateur est une chose. Instaurer la démocratie en est une autre...

Espérons qu'on ne fera pas ce que l'Iran a fait en 1979: renverser le Shah pour mettre... l'ayatollah Khomeiny.

Car c'est échanger quatre trente sous pour cinquante cennes...

(crédit photo: TVA Nouvelles)





Permalink 08:09 am, Richard Martineau / Franc-parler, 565 mots  

Questions aux syndicats

Pendant longtemps, au Québec, on ne parlait que du débat national.

La seule question qu’on pouvait se permettre de poser était : « Es-tu pour le Oui ou pour le Non ? »


LE PRINTEMPS DES IDÉES

Or, depuis quelque temps, le Québec vit ce qu’on pourrait appeler « un printemps des idées ».

Nous sommes sortis de l’ère de glace constitutionnelle qui retenait nos esprits captifs et avons retrouvé le goût de débattre de plein de sujets.

Tout est sujet à critique, maintenant : la religion, l’État qui dépense mal notre argent, les entreprises qui ouvrent un compte aux îles Mouc-Mouc pour ne pas payer d’impôt, les corporations professionnelles qui pensent davantage à l’intérêt de leurs membres qu’à celui de l’ensemble des citoyens, les groupes de pression qui se cachent derrière une cause pour mener un combat idéologique, etc.

Bref, il n’y a plus de vache sacrée ou de modèle intouchable.

On peut tout remettre en question.

Non seulement on peut, mais on doit.


UN DOGMATISME ÉTOUFFANT

Idem pour les syndicats.

Terminée, l’époque où les gens ne critiquaient pas les « unions » de peur de passer pour des antisyndicalistes.

Les syndicats (qui ne sont plus des David en chemises à carreaux, mais des Goliath en cravates qui gèrent des millions de dollars) devront eux aussi apprendre à s’autocritiquer, ou ils crouleront sous le poids de leur dogmatisme.

Hier, l’Institut économique de Montréal a publié une étude extrêmement intéressante sur le modèle de syndicalisation québécoise.

Ce rapport pose d’excellentes questions sur certaines pratiques…


LA LIBERTÉ DE CHOISIR

1) Actuellement, un travailleur de la construction doit obligatoirement être membre d’un syndicat pour travailler sur un chantier.

Pourquoi ?

Pourquoi un travailleur devrait-il être obligé d’appartenir à un syndicat pour gagner sa croûte ?

2) Pourquoi la tenue d’un vote SECRET n’est-elle pas obligatoire pour faire entrer un syndicat dans une entreprise ?

De quoi avez-vous peur ?

Le scrutin secret, c’est la base de la démocratie, non ?

3) Pourquoi les syndicats ne sont pas tenus de rendre leurs chiffres publics ?

Qu’avez-vous à cacher ?

4) Pourquoi les syndicats utilisent une partie des cotisations qu’ils reçoivent pour appuyer des causes sociales et politiques ?

Les travailleurs vous donnent de l’argent pour que vous leur négociez de plus gros salaires et de meilleurs avantages, pas pour que vous appuyiez le NPD ou Québec Solidaire !

Si je veux appuyer Khadir et lui permettre de prendre une demi-journée de congé pour harceler et intimider un vendeur de souliers, je vais envoyer un chèque à son parti, pas besoin de passer par mon syndicat !


ON PEUT RÊVER

5) Consultez-vous vos membres avant de décider d’appuyer telle ou telle cause ? Il me semble que c’est la moindre des choses, après tout, c’est leur argent…

6) Pourquoi dans un processus de syndicalisation, le syndicat peut expliquer son point de vue aux employés, mais pas l’employeur ?

7) Pourquoi un employé doit-il obligatoirement payer une cotisation à un syndicat même s’il ne veut pas en devenir membre ?

Avez-vous peur que si les employés étaient libres de payer ou pas, vos coffres se videraient ?

J’attends les réponses de Claudette Carbonneau, Réjean Parent et Michel Arsenault.

Quoi, on peut rêver, non ?