31 Mars 2011Qu'arrive-t-il à nos enfants?
Aujourd'hui, à l'émission que j'anime à LCN (à midi trente), le témoignage émouvant d'une mère dont la fille est devenue suicidaire à force de se faire écoeurer et harceler à l'école...
Qu'arrive-t-il à nos enfants, que diable? C'est rendu que les jeunes paient un de leurs camarades pour qu'il casse la gueule à leur souffre-douleur! Pourquoi l'école est devenue une jungle? Comment expliquer cette agressivité, cette violence, cet esprit de meute? Récoltons-nous ce que nous avons semé? Moi, ça m'inquiète... Tout recommencer
Je ne sais si vous êtes comme moi, mais ce qui se passe au Japon me bouleverse.
Afin de porter secours aux victimes de cette horrible catastrophe, j’ai mis sur pied une fondation, Origami Secours. Si vous voulez faire votre part pour atténuer les souffrances du peuple nippon, vous n’avez qu’à m’envoyer un chèque de plusieurs centaines de dollars au nom de Richard Martineau. Je le déposerai dans mon compte personnel, le temps de mettre mes affaires en ordre et de trouver ce que je pourrais bien faire avec l’argent amassé. Au nom des Chinois — euh, pardon, des Japonais — je vous remercie pour votre grande générosité. PAR ICI LES DOLLARS Hier, on apprenait que le chanteur Luck Mervil, qui a mis sa carrière entre parenthèses pour aller construire des maisons modèles à Haïti, aurait perdu la trace des 50 000 $ qu’il a amassés lors de trois événements bénéfices qu’il a organisés avec l’OSM à la fin de l’an dernier. La raison ? L’argent amassé n’a pas été versé dans un compte au nom de sa fondation… mais dans le compte personnel du directeur général de facto de l’organisme, un parent éloigné du chanteur ! BROCHE À FOIN Question quiz : voulez-vous me dire pourquoi des dons amassés pour porter secours à un peuple dans le besoin ont été versés dans le compte personnel d’un individu que personne ne connaît, et non dans un compte en fidéicommis établi au nom de la fondation de Luck Mervil ? Il me semble que ça ne prend pas un post-doctorat en micro-économie pour se rendre compte que ce genre de pratique n’a aucune allure ! « Ça a été de la mauvaise gestion de ma part, a concédé Parnell Pierre, l’homme de confiance de Mervil. On dépensait à gauche et à droite, j’ai fait des paiements avec ma carte de crédit, avec l’argent de la fondation… » C’est quoi, cette façon de gérer ? On dirait Les Charlots font de l’humanitaire… ! ENTRAIDE IMPROVISÉE C’est ce qui arrive quand des personnalités publiques qui n’ont aucune expérience dans la gestion de gros projets s’improvisent Kings de l’humanitaire. Voilà pourquoi de plus en plus de gens éprouvent de la méfiance envers les artistes qui se prennent pour Mère Teresa. Ça prend plus qu’un nom et un certain talent pour gratter la guitare pour mener à bien ce genre d’opération ! Tout comme je ne comprends pas pourquoi d’honnêtes travailleurs sont prêts à confier toutes leurs économies au premier venu qui porte une belle cravate, je ne comprends pas pourquoi des personnes bourrées de bonnes intentions versent des dons à des organismes de charité qui n’ont pas fait leur preuve. La Croix Rouge, ça ne vous tente pas ? Médecins sans frontière, l’UNICEF, les oeuvres du Cardinal Léger ? UN POINT COMMUN Ce n’est pas la première fois que ce genre de choses arrive. Le chanteur Wyclef Jean a lui aussi été accusé d’avoir mal géré les dons recueillis par sa fondation, et une radio communautaire de Montréal a mystérieusement « perdu » des sommes qu’elle avait amassées. D’ailleurs, toutes ces histoires concernent… Haïti. Pas étonnant que ce pays éprouve tant de difficulté à se remettre sur pied et à sortir de la misère… 30 Mars 2011Keep your day job
Luck Mervil ne savait pas que le compte de banque de sa fondation était au nom de son cousin, qui pigeait dedans à qui mieux-mieux.
Méchant organisateur ! Le politicien qui rétrécit
Un dicton américain affirme que « less is more ».
Maxime Bernier (qui ne recule devant rien pour se faire remarquer) a décidé de pousser le concept à son extrême limite. ALLÔ, J’ÉCOUTE Non seulement le candidat conservateur ne posera aucune pancarte dans son comté lors de la présente campagne « afin de respecter l’environnement » (c’est fou comme la Terre a le dos large), mais il ne présentera aucun programme ! « Les Beaucerons me dicteront les idées qu’ils veulent que j’aille défendre à Ottawa, a-t-il lancé. Sur la scène locale, je ne fais aucune promesse… « Je vais écouter les électeur, c’est tout… » SIMPLICITÉ VOLONTAIRE Quand un journaliste du Journal de Québec lui a demandé ce qu’il pensait du projet de TGV dans l’axe Québec-Windsor, le candidat beauceron a répondu qu’il n’avait « aucune opinion ». Décidément… Pas de pancarte, pas de programme, pas d’opinion — Maxime Bernier est un adepte de la simplicité volontaire ! Pourquoi ne pas fermer le bureau de comté, tant qu’à faire, et juste installer une boîte vocale destinée à recueillir les idées des électeurs ? « On n’écoute plus ce que les gens disent, a déjà lancé l’écrivain français Bernard Werber. On se contente de regarder comment ils le disent, quel regard ils ont en le disant, et si leur cravate est assortie à leur pochette. » C’est probablement ce que s’est dit Maxime Bernier. Pourquoi se casser la tête à rédiger un programme (et risquer de passer pour un idiot en le défendant sur toutes les tribunes) quand tout ce qui compte, c’est la cravate que tu portes ? LÉGER MARKETING AUX COMMANDES Qui sait ? Maxime Bernier est peut-être en avant de son temps. Plus tard, dans quelques années, l’État sera peut-être géré par des technocrates dépourvus d’idées et d’opinions, qui se contenteront de « répondre » aux demandes des citoyens. Tout se décidera par sondages : les lois, les budgets, la politique internationale… Ça sera le triomphe de la démocratie directe. Les citoyens n’auront plus besoin de passer par l’entremise des politiciens, ils gèreront les affaires de l’État directement, via les téléphonistes de Léger Marketing. « Bonjour. Le temps sera bientôt venu de pondre un nouveau budget. Si vous voulez qu’on augmente les impôts, faites le 1. Si vous voulez qu’on les diminue, faites le 2. « Utilisez les boutons de votre clavier pour indiquer le pourcentage de hausse ou de baisse que vous souhaitez. » Après ça, on compile les chiffres et on applique la mesure la plus populaire. AVEC UN GROS C Imaginez… Plus de campagne, plus de partis, plus de gouvernement, plus de députés, plus de programmes… Que les citoyens avec un gros C. N’est-ce pas ce que disait Ségolène Royal ? « Les citoyens sont les meilleurs experts de ce qu’ils vivent, le meilleur moyen de gérer un État est de demander aux citoyens ce qu’ils pensent, la démocratie doit être proche des préoccupations de chacun », blablabla. Il est vrai que la diva socialiste a lancé ça en 2007. Aujourd’hui, quand elle regarde la hausse spectaculaire de l’extrême droite dans les sondages, pas sûr qu’elle tripe tant que ça sur « l’expertise citoyenne » et l’intelligence du « vrai » monde... 29 Mars 2011Après, on s'étonne du nombre de catastrophes naturelles
Des scientifiques veulent creuser un tunnel de 5 miles de long en direction du centre de la Terre...
Quelle EXCELLENTE idée! La tête sur le billot
Il y a trois choses de sûres, dans la vie : la mort, les taxes et les débats sur la pertinence du Bloc Québécois.
Ça revient chaque année. Normal : le parti devait être là « en attendant », et en juin, il fêtera son vingtième anniversaire ! Il y a de quoi se poser des questions, non ? LE PRINCIPE DE RÉALITÉ D’un côté, le Bloc dit qu’il « protège les intérêts du Québec » contre « les méchants Conservateurs ». De l’autre, il facilite l’élection des Conservateurs en attirant des votes qui pourraient aller au PLC ou au NPD, et participe à faire tomber Harper en sachant fort bien qu’on risque de se retrouver avec un gouvernement conservateur majoritaire ! C’est ça, protéger les intérêts du Québec ? À LCN, hier, Daniel Paillé, député bloquiste dans Hochelaga, m’a dit qu’on ne pouvait tout de même pas tenir le Bloc responsable des faiblesses de Michael Ignatieff. Vrai. Reste que les chiffres sont là : Ignatieff a autant de chances de devenir premier ministre que Susan Boyle de gagner le concours Miss Monde. Les pronostics sont pires pour Jack Clayton. Résultat : ou l’on se retrouve au point de départ (Harper minoritaire), ou les Conservateurs prennent les commandes d’un gouvernement majoritaire… Ça ne dérange pas Gilles Duceppe de voir que le Bloc pourrait participer à une victoire de son pire ennemi ? LA GUILLOTINE C’est bien beau, dire : « On n’est pas responsable de la faiblesse du PLC », reste que la politique, c’est d’abord et avant tout de la stratégie. Il faut prévoir deux ou trois coups à l’avance, anticiper les réactions de ses adversaires et agir en fonction de ce qui risque d’arriver, pas seulement en fonction de ce qui se passe maintenant. Or, en participant à déclencher des élections fédérales, le Bloc met la tête du Québec sur un billot, en sachant pertinemment qu’Ignatieff n’aura pas le temps de se rendre à la guillotine à temps pour empêcher la lame de tomber… Décidément, avec des amis comme ça, pas besoin d’ennemis. LE TOUT POUR LE TOUT Vous imaginez ce qui arriverait au Québec si Harper se retrouvait majoritaire, sans l’aide des habitants de la Belle Province ? Tous les politiciens canadiens se diraient : « Plus besoin de flirter les %$@&* de Québécois pour gagner une élection. Fuck them ! » On se retrouverait tout nu dans la rue et Gros Jean comme devant. En précipitant la tenue d’élections, le Bloc joue gros. Très gros. Il joue en fait le tout pour le tout. Car si Harper rentre fort, les Québécois risquent de se dire : « Finalement, le Bloc ne sert strictement à rien, merci, bonsoir, on tire la plogue… » LE MOINS PIRE Vous me direz que le Bloc n’avait pas le choix, qu’il ne pouvait quand même pas appuyer un gouvernement qui venait de se faire condamner pour outrage au Parlement et qui, dans son dernier budget, ne donnait que des grenailles au Québec. Faux. En politique, on a toujours le choix. Selon le Bloc, Harper est une plaie, un démon, un cancer. Si c’est vrai, vaut mieux avoir un cancer de la prostate qu’un cancer généralisé, non ? 28 Mars 2011Cinquième, étage des vaches!![]() Lu dans Courrier international: Demain, prédisent certains spécialistes, la planète n’aura plus assez de sols disponibles et sûrs pour produire notre nourriture. Une alternative : construire des fermes verticales, de véritables tours entièrement consacrées à l’agriculture... Le Jour du Seigneur
Vous avez certainement lu cette histoire (Jean-Luc Mongrain a consacré une partie de son émission à ce sujet, jeudi dernier)…
Un col bleu de Montréal de confession catholique a eu toutes les misères du monde à faire accepter le fait qu’il ne voulait pas travailler le dimanche car c’est le Jour du Seigneur. ACCOMMODEMENTS ASYMÉTRIQUES « Au début, a-t-il dit, on a ri de moi, mais après quelques discussions et une lettre au contentieux, les avocats de la Ville ont émis un avis juridique qui me donnait raison. » Question quiz : pensez-vous que le gars aurait eu besoin de discuter longuement avec ses patrons et d’envoyer une lettre au contentieux de la Ville de Montréal s’il avait été juif et qu’il ne voulait pas travailler le jour du sabbat ? Poser la question, c’est y répondre. Drôle de société, quand même, qui s’empresse d’accorder des accommodements à des gens appartenant à de groupes minoritaires mais qui hésite à faire la même chose avec sa majorité. SIGNE ET SIGNE Ça me rappelle un courriel que j’ai reçu d’une lectrice, Chantal Dupuis : « Le lendemain de la décision de la cour suprême autorisant le kirpan à l’école, j’ai demandé à ma fille de se pointer à l’école avec un chapelet autour du cou, histoire d’alimenter le débat… « Lorsque le directeur a vu le chapelet, il a ordonné à ma fille qu'elle l'enlève pour pouvoir entrer dans l'école ! « De plus, on a dit à ma fille qu’elle n'avait pas le droit de mettre un petit bandeau bleu ou rouge dans ses cheveux car ça pouvait être perçu comme un signe d'appartenance à un gang de rue ! » MINOU ET PITOU Toujours le même débat… On nous encourage à nous ouvrir sur le monde, mais dès qu’on veut protéger nos valeurs et notre culture, on se fait traiter de raciste… Pourtant, comme le disait Paul Piché à Ici et là, l’émission culturelle que ma blonde anime à Vox le jeudi soir : « La diversité passe par la protection de notre spécificité… » S’il faut protéger les autres cultures, je ne vois pas pourquoi on n’aurait pas le droit de protéger la nôtre. Ce qui est bon pour pitou est bon pour minou, non ? Pour que l’autre puisse entrer en relation avec moi, la moindre des choses est qu’il y ait un moi ! Sinon il n’y a pas de relation possible… CE QUE NOUS SOMMES Comme disait la philosophe allemande Hannah Arendt (Les origines du totalitarisme), qui a passé sa vie à condamner le racisme et l’intolérance : « Tout comme l’homme et la femme ne peuvent être mêmes, à savoir humains, qu’en étant absolument différents l’un de l’autre, ainsi le national de chaque pays ne peut entrer dans cette histoire universelle de l’humanité qu’en restant ce qu’il est et en s’y tenant obstinément. « Un citoyen du monde qui vivrait sous la tyrannie d’un empire universel, parlant et pensant dans une sorte de super-espéranto, ne serait pas moins un monstre qu’un hermaphrodite. » Bref, il n’y a pas de honte à protéger notre culture, nos valeurs et notre style de vie. C’est seulement en agissant de la sorte qu’on défend la diversité. 27 Mars 2011Les zoos humains
Vendredi prochain, Vénus Noire, d’Abdellatif Kechiche, prendra l’affiche dans nos salles.
Ce film bouleversant raconte l’histoire vraie (mais incroyable) de Saartjie Baartman, une jeune Africaine qui a été exhibée comme un animal sauvage dans les cabarets parisiens au XIXe siècle. Les gens payaient pour aller « voir la bête », la toucher et observer ses organes génitaux. À sa mort, son cerveau et ses lèvres vaginales ont été conservés dans le formol et un moulage de son cadavre a été exposé au Musée de l’Homme de Paris jusqu’en… 1974 ! VENEZ VOIR LES SAUVAGES En regardant ce drame terrible et à extrêmement dérangeant, on a du mal à croire qu’on a déjà traité les Noirs de cette façon. On les exposait comme s’ils étaient des monstres, les représentants d’une espèce animale rare. Cette pauvre femme n’est pas la seule à avoir subi de telles humiliations. À Paris, il y a quelques années, j’ai acheté un livre intitulé Zoos Humains, publié aux Éditions La Découverte. On y fait le recensement de toutes les exhibitions du genre. Par exemple, en 1899, on a « exposé » 174 Africains dans une sorte de zoo en Angleterre. Les spectateurs pouvaient assister à de nombreuses activités car, disait le programme, « à la différence de l’Indien, l’indigène sud-africain est un sauvage très actif, et on peut le voir s’affairer sans relâche pour moudre le grain ou, ce qui intéressera particulièrement les personnes du beau sexe, confectionner des bracelets… » MONSIEUR CANNIBALE En 1889, l’Exposition universelle de Paris permit aux badauds ébahis de contempler une famille de « sauvages cannibales » (en fait, des Carnaques de Nouvelle-Calédonie). Le programme affirmait qu’ils avaient « une figure de cauchemar, avec une énorme mâchoire et un front bas et têtu ». En 1893, un groupe de 150 Amazones resta à l’affiche pendant quatre mois dans la Ville-Lumière. Ce spectacle attira 2,7 millions de curieux qui se bousculèrent pour voir « ces drôles de spécimens » entre deux numéros d’éléphants dressés. En juillet 1901, à Zurich, un impresario exposa « 27 diablesses noires ». « Elles se laissent toucher et caresser par un public ouvertement émoustillé qui leur distribue cigares et bonbons », dira un journaliste. En 1920, des cirques et des cabarets organiseront des « combats de nègres », et quatre ans plus tard, sur les Champs-Élysées, un metteur en scène audacieux présentera un « sorcier noir » qui, comme le notera un chroniqueur, « sautera, rampera et hurlera tel un singe qui parle ». PITOU LABOTTE Pas besoin de remonter au XIXe siècle pour voir ce genre de choses. Quand j’étais jeune, on pouvait visiter le Palais des nains avec ses petites tables et ses petites chaises, contempler le squelette du géant Beaupré, voir le nain Pitou Labotte danser nu aux côtés de Bébé Papillon (« la plus grosse danseuse nue au monde ») et aller voir les « sauvages » à Caughnawaga. Aujourd’hui, tout ça a été remplacé par les shows de téléréalité. Des zoos télévisuels où l’on peut voir des douchebags tatoués de la Côte Nord frencher en direct des bleachées siliconées qui parlent un dialecte obscur en gloussant comme des bécasses, pour le plus grand plaisir des spectateurs avides d’exotisme cheap. Métro, porno, boulot
Dieu que nous sommes hypocrites face au sexe…
Nous avons 339 établissements érotiques dans la région de Montréal, la porno fleurit sur Internet, les journaux sont remplis de petites annonces à caractère sexuel, les agences d’escortes annoncent à pleine page dans le bottin téléphonique, les murs de nos villes sont placardés d’affiches sexy, les autobiographies de vedettes pornos se vendent comme des petits pains chauds, le milieu de la mode flirte avec la pédophilie, les chaines d’hôtels et les câblodistributeurs fournissent des films de partouze à leurs clients… Et on s’énerve parce que l’adjointe administrative d’une école secondaire joue dans des films de fesses ! DÉCHARGES PUBLIQUES En fait, on se comporte avec le cul comme avec les décharges publiques : c’est parfait, mais pas dans ma cour. On consomme de la porno et on fréquente les bars de danseuses, mais on n’aimerait pas que notre fille se déshabille pour gagner sa vie. Et surtout, pas d’actrice porno dans les bureaux administratifs de mon école, ça donne le mauvais exemple ! Comme si la fille allait soudainement se déshabiller dans le corridor et sauter sur des étudiants… LES VIERGES OFFENSÉES Faudrait se brancher : la porno est légale, ou pas ? Si oui, faut vivre avec. On ne peut pas, d’un côté, dépenser des gonzilliards de dollars dans l’industrie du cul, et de l’autre, jouer les vierges offensées. C’est comme les gens qui dénoncent l’évasion fiscale… tout en fumant des cigarettes à plumes ! Un peu de cohérence, s’il vous plaît. On est là, à péter plus haut que le trou et à boire notre tasse de thé vert avec le petit doigt en l’air, alors que nous sommes dans la boue jusqu’au mention. CHACUN SA PLACE Ce qui choque les gens, dans l’histoire de Samantha Ardente, est que le cul se retrouve soudainement « chez nous ». Alors qu’il devrait rester « là bas », dans les chambres de motel sordides qui bordent les autoroutes de banlieue. « Restez dans votre ghetto, jolies pitounes, et on ira vous voir lorsque le bas ventre nous démangera, mais de grâce, ne venez pas salir notre beau portique. Don’t call us, we’ll call you. » La porno au grand complet se fend en quatre pour nous vendre l’idée que la professionnelle qu’on voit s’ébattre dans les films que nous louons est « la fille d’à côté ». Or, si on découvrait effectivement que notre voisine est une actrice porno, on ferait circuler une pétition pour qu’elle déménage. Cherchez l’erreur. CACHEZ CE SEIN On mange de la viande mais on ne veut pas voir ce qui se passe dans les abattoirs. On vend des armes mais on ne veut pas savoir à quoi elles servent. On achète de la drogue mais on ne veut pas savoir ce que les organisations criminelles font avec l’argent que nous leur donnons. On place nos vieux dans des foyers mais on ne veut pas savoir comment ils sont traités. On sort nos vidanges deux fois par semaine mais on ne veut pas savoir où on les enterre. On consomme de la porno en masse mais on ne veut pas que la fille qui travaille à côté de nous fasse partie de l’industrie que nous enrichissons. 24 Mars 2011Dégonflé à Bloc
Le Bloc dit qu’il est à Ottawa pour protéger les intérêts du Québec.
Or, le parti de Gilles Duceppe n’arrive même pas à soutirer quelques bonbons à un gouvernement… minoritaire ! À quoi il sert, alors ? Vivement qu’on tire la plogue et qu’on saute sur la patinoire, au lieu de rester assis dans les gradins à regarder les autres jouer… Attention, cette chronique contient un juron
Quand j’ai lu Dany Bouchard hier, j’ai dû demander à ma blonde de me pincer pour être sûr que je ne rêvais pas.
À la demande de la ministre Christine Saint-Pierre, la Régie du cinéma étudie la possibilité de signaler les scènes de suicide dans les films projetés au Québec. On pourra donc voir les avertissements « Attention, ce film contient des scènes à caractère sexuelle », « Attention, ce film contient des scènes violentes » et… « Attention, ce film contient une scène de suicide » ! PRINCIPE DE PRÉCAUTION Pourquoi s’arrêter là ? Tant qu’à « avertir » les gens, allons-y jusqu’au bout ! « Attention, ce film montre un homme qui mange de la viande » « Attention, ce film montre des gens en train de fumer » « Attention, ce film montre une automobile roulant à une vitesse excessive » « Attention, ce film montre un homme qui vole dans les airs grâce à une cape magique. N’essayez pas ça à la maison : cette scène ne reflète pas la réalité, elle a été rendue possible grâce à des effets spéciaux. » Cibole ! Jusqu’où va-t-on pousser cette logique maternante ? UN MONDE IMMACULÉ On interdit une toune de Dire Straits parce qu’elle contient le mot « faggot ». On retire un album de Tintin des rayons car le texte reflète un esprit colonialiste. On réécrit un classique de Mark Twain pour y faire disparaître le mot « nigger ». On efface une pipe sur des affiches de Jacques Tati. On milite pour que le cinéma ne montre plus des gens en train de fumer. Et après ça, on se demande pourquoi nos enfants sont fascinés par la violence, la porno hard, le gangster rap et les sports extrêmes. Duh ! Le monde est rendu tellement aseptisé qu’on a envie de se rouler dans la boue et de manger de l’engrais. LES CITOYENS BÉBÉS On parle beaucoup du principe de précaution, ces temps-ci. Mais le principe de précaution ne s’applique pas seulement qu’aux projets risquant de menacer l’environnement. Il s’applique à chaque aspect de notre vie. Bientôt, si ça continue, on va nous dire de ne pas faire d’enfant car la vie est une maladie mortelle ! Comme l’écrit fort justement l’avocat français Mathieu Laine dans son livre jubilatoire La Grande Nurserie : « Nos pays ressemblent à de grandes nurseries, doucement bercés par le culte de l’assistance et le refus du risque. « Ce système conduit la majorité des hommes politiques à poursuivre le projet fou de nous réunir dans un immense parc à enfants, un petit monde douillet à l’abri des dangers, doté de gros barreaux afin que les bébés-citoyens évoluent dans leur despace de liberté sans échapper au contrôle bienveillant de leur Big babysitters. » 23 Mars 2011Où est Stéphane?
Je ne pensais jamais écrire ça, mais quand on regarde Ignatieff, on s’ennuie de Stéphane Dion.
Dion, au moins, avait une cause qui lui tenait à cœur : l’environnement. C’est quoi, la cause d’Ignatieff ? C’est quoi, son message ? Quand l'économie va, tout va
Un lecteur, Jimmy Côté, m’a fait part d’un commentaire intéressant sur la politique canadienne et québécoise, hier.
« La situation canadienne est semblable à celle du Québec, fait-il remarquer. On a un parti au pouvoir qui n’en fait qu'à sa tête et qui est soupçonné d’avoir agi de façon antidémocratique, mais aucun parti de l'opposition n'est capable de faire une percée et de prendre sa place… » LES ARISTOCRATES Tout à fait juste. Les tuiles ont beau s’abattre sur le PC et le PLC, leurs adversaires n’arrivent pas à décoller dans les sondages et à profiter de la situation. Non seulement ça, mais Michael Ignatieff et Pauline Marois sont tous deux perçus, à tort ou à raison, comme des aristocrates déconnectés du « vrai monde ». Résultat : malgré la grogne, Harper et Charest risquent de se retrouver de nouveau au pouvoir aux prochaines élections ! Ça en dit long sur le marasme politique dans lequel on patauge… CONFORT À CRÉDIT Comment expliquer cela ? Probablement par l’état de l’économie. Comme m’a écrit un autre lecteur, Daniel Paquet : « Le principal enjeu, partout sur la planète, c'est l'économie. Et personne ne niera qu'on s'en tire pas si mal, au Canada. Je ne vois pas la nécessité de repartir à zéro sous une nouvelle administration. Comme disent les Anglais : If it ain't broke, don't fix it. » Bref, pour paraphraser Obélix : « Quand l’économie va, tout va. » Vous me direz que si la maison ne s’écroule pas, c’est parce qu’on retapé les murs et refait le solage à crédit. Vrai. Mais qui s’en soucie ? LE FOND DU BARIL Regardez le niveau d’endettement des ménages. Est-ce que cela nous empêche de dépenser et de faire le party ? Absolument pas. Joanne Marcotte, du Réseau Liberté Québec, a raison : on n’est pas encore descendu assez bas. La réalité va nous frapper de plein front seulement quand on va toucher le fond du baril. D’ici là, c’est tchick-a-tchick. On sort la Visa et on envoie la facture aux enfants. Ajoutez à cela deux partis d’opposition (le PQ et le PLC) qui sont aussi excitants qu’un long dimanche de carême, et vous vous retrouvez avec un beau statu quo. Pourquoi dépenserait-on 300 millions de dollars pour aller en élections, au fédéral, si c’est pour se retrouver avec les mêmes cartes dans notre jeu ? 22 Mars 2011Le retour de W
Guerre au Moyen-Orient, militaire enfermé parce qu'il a coulé des informations à WikiLeaks, conseillers économiques qui ont été mêlés au crash des subprimes, refus de fermer Guantanamo...
Est-ce moi ou Obama commence sérieusement à ressembler à W ? Peut-on réincarner l'esprit de George W. Bush? YES, WE CAN!!!!! Orgue de barbarie
C’est quand même bizarre, tout ce débat autour du mot « barbare », non ?
Dans son nouveau guide Découvrir le Canada, qui est remis aux nouveaux arrivants, le gouvernement dit que « l'ouverture du Canada ne s'étend pas aux pratiques culturelles barbares qui tolèrent la violence conjugale, les crimes d’honneur, les mutilations génitales féminines et le mariage forcé ». Or, certains adeptes de la rectitude politique affirment qu’on ne devrait pas utiliser le mot « barbare », sous prétexte qu’il émet un jugement de valeur ! TOUT SE VAUT Si l’ablation du clitoris n’est pas une pratique barbare, c’est quoi ? Une tradition folklorique ? C’est fou comme l’Occident a peur de son ombre. Sous prétexte de ne pas « juger » les autres cultures, on en vient à tout mettre sur le même pied d’égalité : les crimes d’honneur, l’excision, les femmes qui décident de se faire augmenter la taille des seins, le voile, le g-string… Comme si tout ça se valait ! Comme si en Occident, les grands-mères immobilisaient les fillettes et leur injectaient du silicone de force dans les seins ! Comme si la police arrêtait les femmes qui refusaient de porter un g-string ! UN CRIME COMME UN AUTRE Pour Michael Ignatieff, un crime d’honneur, c’est un crime, point. Un homicide parmi tant d’autres. Faux. Il y a une différence entre un déséquilibré qui tue sa femme, et une communauté qui affirme froidement que TOUTE femme qui refuse d’obéir aux lois du clan ou aux commandements d’Allah mérite la mort ! Le premier est l’acte ISOLÉ d’un fou. Le second est une règle sociale, qui vise un sexe en particulier, et qui est décidée et appliquée par un groupe. Ça ne prend pas un doctorat pour voir que ce sont deux choses complètement différentes ! Et après ça, on se demande pourquoi les Libéraux sont perçus comme une bande de pédants déconnectés de la population… AFFINITÉS ÉLECTIVES Je vais aller plus loin : qu’y a-t-il de mal à dire que certains groupes s’intègrent moins bien que d’autres ? L’ethnologue Claude Lévis-Strauss est l’un des plus grands intellectuels du XXe siècle. Voici ce qu’il disait en 1988, dans le livre De Près et de loin : « Que des cultures puissent se sentir plus ou moins d’affinité les unes pour les autres, c’est une situation qui a existé de tout temps. Elle est dans la normale des conduites humaines. « J’appartiens à une culture qui a un style de vie, un système de valeurs distinctives. Donc, des cultures très différentes ne me séduisent pas automatiquement. « Je fais mon travail d’ethnologue avec objectivité et empathie. Il n’empêche que certaines cultures s’accordent moins que d’autres avec la mienne. Il y aura toujours des communautés portées à sympathiser avec celles dont les valeurs ne heurtent pas les leurs, moins avec d’autres. Ce qui n’empêche que même avec celles-ci, les rapports peuvent et doivent rester sereins. « Si mon travail requiert le silence, et qu’une communauté ethnique s’accommode du bruit et même s’y complaît, je ne la blâmerai pas et n’incriminerai pas son patrimoine génétique. Je préférerai toutefois ne pas vivre trop près, et apprécierai peu que sous ce méchant prétexte, on cherche à me culpabiliser ». 21 Mars 2011Aristide: le retour
Après Duvalier, c’est au tour de Jean-Bertrand Aristide de revenir à Haïti.
Mais contrairement à son prédécesseur, l’ex-Président jouit d’un fort appui populaire… Pauvre Haïti. Tellement dans la merde qu’elle est prête à s’accrocher au premier sauveur venu… À moins que ça ne soit le contraire : elle est dans la merde PARCE QU’ELLE est prête à s’accrocher au premier sauveur venu. LE PÈRE LEBRUN Car soyons francs : Aristide n’est pas tellement mieux que Duvalier. C’est la même graine de bandit, la même folie. Ma femme a couvert le coup d’État qui a forcé Aristide à s’exiler en 1991. C’est elle qui a rendu public le discours d’Aristide qui exhortait ses supporters à tuer ses adversaires en passant un pneu autour de leur cou et en y mettant le feu (supplice appelé « Le Père Lebrun », d’après le nom d’un vendeur de pneus de Port-au-Prince). Le gars est un crack-pot, un illuminé. Et voilà qu’il retourne sur les lieux de son crime avec Danny Glover, un has-been hollywoodien, à ses côtés... Pauvre, pauvre Haïti… Made in Japan
Le PQ et Québec Solidaire demandent la fermeture de la centrale nucléaire Gentilly...
Ça fait des années que cette centrale existe, et PERSONNE n'en parlait, ni Pauline Marois, ni Amir Khadir, Il y a un tremblement de terre au Japon, et soudainement, c'est une priorité nationale! Il faut ABSOLUMENT la fermer, c'est urgent! Ça sent l'opportunisme à plein nez, non? Les vrais coupables
Jeudi dernier, les policiers de Montréal, avec la collaboration de la SQ, de la Gendarmerie du Canada et d’agents de Revenu Québec, ont démantelé un réseau de trafiquants de cigarettes dans la région de Lanaudière.
Seize personnes ont été arrêtées au cours de cette opération. ON FERME LES YEUX Ce vaste réseau criminel avait établi 50 points de vente sur l’île de Montréal, et écoulait entre 50 et 100 caisses de cigarettes par semaine. Ça fait deux opérations du genre en très peu de temps. En effet, il y a deux semaines, un autre réseau a été démantelé dans la région de Valleyfield. Cette fois-là, on a trouvé 600 caisses contenant 30 000 sacs de plastique — l’une des plus grandes quantités de cigarettes illégales jamais saisies dans un seul endroit. Question quiz, qui m’a été posée par un lecteur, François Lacoste : « On sait que ces contrebandiers s’approvisionnent dans les réserves amérindiennes. Pourquoi on ne remonte jamais à la source et on n’arrête jamais les GRANDS RESPONSABLES de ce trafic ? « Pourquoi la police se contente d’épingler les camionneurs, les distributeurs, les revendeurs ? Serait-ce parce que c’est plus facile d’arrêter un blanc qu’un autochtone ? » UNE JUSTICE RACISTE Maudite bonne question. Tout le monde sait où se trouve la source de ce trafic. Tout le monde sait où se situent les cabanes à tabac. Mais le gouvernement ne fait rien. On préfère attendre tranquillement à la sortie des réserves, et arrêter les non autochtones qui bourrent leurs camions de cigarettes à plumes. Comme m’a dit François Lacoste : « Essayez, vous, d’ouvrir une cabane à tabac à côté de chez vous. La police débarquerait après deux minutes… » Et après ça, on nous parle de justice. Bien tiens. La police va m’impressionner le jour où elle va débarquer dans les réserves et menotter les premiers responsables de ce trafic. D’ici là, ces opérations ne sont que des shows de relations publiques, de la poudre aux yeux… On arrête le gars qui ramasse les flaques de pétrole qui flottent sur la rivière, pas celui qui pollue le cours d’eau. 19 Mars 2011Toutoune et Gros Jambon
Les étudiants devront payer davantage pour aller à l’université car on n’a plus d’argent.
Et 1 300 employés du réseau universitaire ont eu droit à des indemnités de départ totalisant 62 millions de dollars. Cherchez l’erreur. LA FACE DANS LE GÂTEAU L’État se conduit comme un couple d’obèses qui forcent leurs enfants à passer les journaux pour pouvoir se bourrer la face. Ce n’est plus obscène. C’est carrément scandaleux. Comme l’écrivait Pascal Cyr, un prof de Sherbrooke, dans une lettre ouverte jeudi, comment peut-on dire que le système universitaire n’a plus d’argent quand l’UQAM a flambé 300 millions de dollars dans un COMPLEXE IMMOBILIER ? Gardez-vous une p’tite gêne, bordel ! RIEN DE TROP BEAU Avez-vous vu le salaire des recteurs, vous ? Le recteur de l’Université Laval vient de recevoir une augmentation de salaire de 100 000 $. Le recteur de l’Université de Montréal gagne deux fois plus que le Premier ministre du Québec. Les recteurs de McGill et Concordia gagnent respectivement 358 000 $ et 350 000 $. On a donné 700 000 $ à l’ancienne rectrice de l’Université Concordia (qui a démissionné dans des circonstances nébuleuses) et versé un million de dollars à son successeur pour acheter son condo, tout en lui offrant une allocation de logement de 3 000 $ par mois ! Comment peut-on se tourner ensuite vers les étudiants et leur dire, un trémolo dans la voix : « Les enfants, vous devrez casquer un peu plus, car pôpa et môman n’ont plus une cenne » ? LE PARTY EST FINI Chaque fois que les jeunes manifestent, on les traite d’enfants gâtés. Mais mettez-vous à leur place : on leur demande de payer pour un repas qu’ils ne pourront même pas manger. Payez la retraite de vos grands-parents, les médicaments des aînés, les parachutes dorés des cadres, les pensions capitonnées des fonctionnaires… Et surtout, faites-le avec le sourire, car on va vous traiter de paresseux ! C’est comme si vous arriviez à un party en retard et qu’on vous demandait de payer quand même le prix d’admission, même si le DJ avait sacré le camp et que les serveurs étaient en train de mettre les chaises sur les tables. Dans le fond, ce qui est étonnant, c’est que les jeunes ne descendent pas plus souvent dans la rue… PROMESSE D’IVROGNE On nous dit que les coffres de l’État sont à sec… mais on projette de créer trois nouveaux comtés ! Trois comtés supplémentaires, trois députés, trois bureaux, trois autos, trois équipes, trois secrétaires, trois fax, trois stocks de pancartes, trois attachés de presse… « Oui, on va maigrir, les enfants, on vous le promet », disent Toutoune et Gros Jambon. En vidant un deuxième baril de poulet Kentucky… À GENOUX Vous connaissez le vieux gag de Lucien Boyer. Un gars avec une jambe de bois entre dans une église et dit : « Mon Dieu, rendez ma jambe semblable à l’autre… » Il ressort avec deux jambes de bois. Eh bien, c’est ce qui arrive aux contribuables québécois. Chaque budget, on espère qu’on n’aura plus de jambe de bois. Et chaque budget, on se retrouve avec deux jambes de bois, un bras dans le plâtre. Et le cul en feu. 18 Mars 2011Et moi et moi et moi
Il fut un temps où la société était un TOUT.
C'est maintenant une courtepointe de petits groupes d'intérêt qui, chacun, tire la couverture de son bord... Regardez les réactions au budget. Toujours la même chose. Chaque groupe y va de son analyse: les artistes, les patrons, les syndicats, les corporations, les étudiants, les retraités, les militants pour les logements sociaux... Et chaque fois, c'est le même point de vue: "On a eu notre part du gâteau? C'est un bon budget, on est satisfait!" "On n'a pas eu notre part du gâteau? C'est un mauvais budget, on est scandalisé!" Personne ne regarde l'ensemble, chaque catégorie de citoyens est penchée sur son nombril, ses intérêts, et fuck la collectivité. Des enfants qui se tiraillent pour savoir qui aura le téton de maman... 17 Mars 2011Les villes en folie
Vous trouvez le maire Jean Tremblay inquiétant ?
Vous n’avez encore rien vu. Cette semaine, Stéphane Gendron (qui s’est vanté à plusieurs reprises de violer la loi 101 en tenant ses conseils municipaux dans la langue de Mordecai Richler) a dit qu’il voulait demander au gouvernement de soustraire la ville de Huntington à la loi 101 pendant cinq ans. La loi 101 s’appliquerait partout au Québec… sauf dans sa municipalité ! Finalement, quand on regarde ce qui se passe à Québec, à Saguenay, à Huntington et à Mascouche, ce ne sont pas les périodes de questions de l’Assemblée Nationale qu’il faudrait télédiffuser, mais les conseils municipaux. Et à Télétoon, en plus. Un bon Jack (2)
Le rapport du BAPE semble faire l’unanimité.
Sauf un point : le fameux cinq milliards de dollars que le gouvernement aurait pu se mettre dans les poches s’il avait vendu ses permis d’exploitation au même prix que ceux de l’Alberta. « DES POMMES ET DES ORANGES » Selon Jean Charest, cette conclusion du BAPE ne tient pas la route. « C’est une fabulation, a-t-il lancé. Comment pourrait-on vendre nos permis aux prix en vigueur en Alberta ? Là-bas, on sait qu’on va trouver du gaz de schiste. Alors qu’ici, on en est encore au stade de l’exploration... » Bref, on ne peut pas prendre les chiffres de l’Alberta et les appliquer chez nous. Ce n’est pas la même réalité. UNE LOI VÉTUSTE Qui dit vrai ? Les spécialistes passeront certainement cette question au peigne fin au cours des prochains jours. Reste la réalité : le coût des permis miniers au Québec est de dix sous l’hectare. Une vraie farce. Qui prouve encore une fois le besoin de revoir de fond en comble la Loi sur les mines. La Coalition « Pour que le Québec ait meilleure mine » milite en ce sens depuis des années. Selon les membres de cet organisme, notre Loi sur les mines est vétuste et injuste. TASSE-TOI MONONCLE ! Par exemple, actuellement, toute personne peut acquérir un claim au Québec. Le claim confère un droit d’accès au territoire, de même qu’un droit exclusif d’exploration des ressources minérales se trouvant dans le sous-sol. En vertu de l’article 8 de la Loi sur les mines, le claim est un droit immobilier. Il confère un droit de PROPRIÉTÉ sur les ressources minérales du sous-sol, QUEL QUE SOIT le propriétaire des droits de surface. En d’autres mots : une entreprise n’a pas besoin de votre permission pour creuser un puits sur votre terrain. Elle achète un permis, et se pointe avec son équipement. Vous, vous fermez votre gueule et vous vous achetez des boules Quiès. À QUATRE PATTES Non seulement la loi n’oblige pas l’entreprise à vous avertir ni à vous informer sur les travaux qu’elle compte entreprendre sur VOTRE terrain, mais si vous refusez, l’entreprise peut recourir à une procédure d’expropriation ! Méchant deal, non ? C’est ce qu’on appelle se mettre à quatre pattes devant l’industrie… Ça me rappelle l’affaire Hertel-des-Cantons, quand Lucien Bouchard avait voté une loi RÉTROACTIVE rendant légale la construction illégale d’une ligne de haute tension ! Au Québec, c’est comme ça : quand vient le temps d’exploiter nos ressources, le citoyen ne vaut plus grand chose… 16 Mars 2011Ça regarde mal
Le New York Times vient d'annoncer que quatre de leurs journalistes envoyés en Libye manquent à l'appel et sont portés disparus...
Le pire est qu'un des reporters disparus a déjà été enlevé par les Talibans! Les USA vont tout faire pour les retrouver... Ça risque de se corser... Trop, c'est comme pas assez
Juste comme l’opposition au gaz de schiste prend de l’ampleur, juste comme le BAPE donne raison aux tenants du moratoire, juste comme cette cause extrêmement complexe sort de la marginalité pour toucher monsieur et madame Tout-le-monde, que fait le PQ ?
Il veut « renforcer l’action citoyenne » et « ouvrir un front avec la France » en s’associant avec José Bové, un extrémiste altermondialiste qui a été accusé à maintes reprises de saccage et de sabotage ! SE TIRER DANS LE PIED Décidément, on peut toujours compter sur le PQ pour se tirer dans le pied. C’est comme si ce parti prenait un malin plaisir à se mettre la population à dos en appuyant des positions hyper radicales… L’association avec Bové, un militant d’extrême gauche reconnu pour ses commentaires à l’emporte-pièce et ses actions illégales, n’est pas seulement une mauvaise idée. C’est une très, très, très mauvaise idée. Et ce, pour trois raisons. C’EST NOTRE COMBAT 1) On n’a besoin d’aucune organisation étrangère pour nous « aider » à combattre l’exploitation du gaz de schiste sur NOTRE territoire. On peut très bien se débrouiller tout seul. Regardez Dominic Champagne et ses amis : ils ne sont pas allés chercher Peter Gabriel ou Renaud pour faire leurs capsules, ils se sont contentés de piger des noms dans le répertoire de l’UDA. Ce qui ne les a pas empêchés de remporter un franc succès et de sensibiliser la population à leur cause. Nous ne sommes plus en 1967, nous n’avons plus besoin de la bénédiction du général De Gaulle ou de Johnny Hallyday pour savoir si nous sommes dans le droit chemin ! Les Français demandent-ils l’aide de Roy Dupuis pour lutter contre les pollueurs qui menacent LEURS rivières ? « Maîtres chez nous », ça inclut aussi nos actions citoyennes ! SE PEINTURER DANS LE COIN 2) Je ne suis pas un militant anti gaz de schiste (je suis pour une pause, mais pas nécessairement pour l’arrêt pur et simple des opérations). Mais si je l’étais, je me dirais que l’important est de toucher le plus de gens possibles. Pas de se peinturer dans le coin en s’associant à un militant radical qui a arraché des plants d’OGM, saccagé une sandwicherie de MacDo, entré par effraction dans un laboratoire, entamé une grève de la faim, séquestré des fonctionnaires, volé des documents, détruit des stocks de semences, fait de la prison et collectionné les arrestations et les procès ! Les Péquistes se targuent d’être à l’écoute de la population. Ils devraient donc savoir que les Québécois DÉTESTENT les extrémistes. UN LOOSE CANON 3) Contrairement à ce qu’il tente de faire croire, José Bové n’est pas un franc-tireur : c’est un loose canon. Au lendemain d’une vague d’attentats contre des synagogues françaises, par exemple, Bové (qui n’a jamais caché ses sympathies palestiniennes) a banalisé ces crimes en affirmant que « le gouvernement israélien et ses services secrets ont intérêt à créer une certaine psychose, à faire croire qu'un climat antisémite s'est installé en France pour mieux détourner les regards ». C’est avec un gars comme ça que le PQ veut s’associer ? Vraiment ? Vous n’avez pas suffisamment de problèmes comme c’est là, chers amis péquistes ? 15 Mars 2011Les sauvages (air connu)
La manif contre le brutalité policière a dégénéré et s'est terminé dans le bordel le plus total.
Quelle surprise! Les deux pieds dans le purin
Il y a quelques semaines, je me demandais pourquoi le gouvernement ne mettait pas un terme au monopole exercé par l’Union des producteurs agricoles. Eh bien, j’ai eu ma réponse.
Au début du mois, dans l’indifférence générale, on apprenait que Bernard Verret a été nommé sous-ministre adjoint au ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation. Or, monsieur Verret est actuellement… directeur général de la Fédération des producteurs de porcs du Québec ! Quand on vous dit que l’UPA et le ministère de l’Agriculture sont copains comme cochons… Bref, l’Union paysanne a beau brasser la cage, et les Québécois ont beau manger de plus en plus bio, c’est pas demain le veille que l’État va remettre en question les dogmes de l’agriculture industrielle. On n’a pas fini de patauger dans le purin ! Avertissement parental
Un lecteur, Pierre Halleux, m’a envoyé une sacrée bonne suggestion cette semaine.
« Suite aux incidents répétés dans le domaine du sport et particulièrement au hockey, écrit-il, ne serait-il pas utile de mettre un message au début de la transmission télévisée prévenant les parents que cette émission peut contenir des scènes de violence ne pouvant pas convenir à une jeune public ? » C’est une excellente idée, surtout qu’on affiche ce genre d’avertissement avant des émissions beaucoup plus inoffensives — comme les dessins animés de fin de soirée à Vrak, par exemple. D'un nerd à l'autre
Selon un récent sondage Léger Marketing-Le Devoir, le gouvernement conservateur a le vent dans les voiles et se dirige tranquillement vers un gouvernement majoritaire, malgré toutes les critiques qui fusent à son endroit.
C’est dire à quel point Michael Ignatieff ne passe pas dans la population… LE PARTI DES IDÉES ? Il faut dire que le parti de Pierre Trudeau ne s’est pas aidé. Après avoir élu Stéphane Dion, un intellectuel sans charisme, à la tête de leur formation en décembre 2006, les militants libéraux ont élu… un autre intellectuel sans charisme ! Que disait Einstein, déjà ? Ah oui : « La folie est de toujours se comporter de la même manière et de s’attendre à un résultat différent. » J’imagine que les Libéraux se sont dit : « Stephen Harper est un gros colon inculte. La meilleure façon de lui faire mordre la poussière est d’élire un intello à la tête de nos troupes et de s’imposer comme le parti des idées. » LA MAIN À LA PÂTE Au lieu de se prendre pour Yann Martel et de regarder Harper de haut en agitant tout fièrement le doctorat de Harvard de leur chef, les Libéraux devraient lancer un coup d’oeil dans le rétroviseur. Qui fut le dernier grand chef Libéral ? Jean Chrétien. Et à ce que je sache, ce n’est pas lui qui a inventé l’eau chaude. Mais c’était une formidable machine politique, capable de vendre des frigos à des Esquimaux. Le temps est venu pour le Parti Libéral de descendre de son piédestal et de commencer à se mêler au vrai monde. C’est bien beau, écrire des beaux livres de recette, mais un moment donné, faut enfiler un tablier et casser des œufs si on veut manger… 14 Mars 2011Par ici, les ghettos!
Afin de remettre sa ville sur pied, Stéphane Gendron, le maire de Huntingdon, a décidé de courtiser la communauté maghrébine.
Afin de les convaincre à s’installer dans son patelin, il est prêt à construire une mosquée, un centre culturel islamique et un abattoir halal. Bref, un ghetto. LE PAVILLON DU MAROC Je n’ai rien contre les maghrébins ou les musulmans. Mais courtiser une communauté ethnique ou une religion en particulier, au lieu de courtiser des citoyens, point, qu’ils soient musulmans, chrétiens ou juifs, est-ce vraiment la bonne façon de favoriser l’intégration ? C’est ce qu’on veut, au Québec : des enclaves construites autour d’une communauté ou d’une religion particulière ? Des ghettos, des pavillons de l’expo, qu’on pourra aller visiter avec les enfants quand on aura envie d’exotisme ? LES CHOSES À L’ENVERS Que les membres d’une communauté décident par eux-mêmes de se regrouper sur un territoire particulier (comme les Chinois à Brossard, les Juifs hassidiques à Outremont et ou les Italiens dans la Petite Italie) est une chose. On ne peut empêcher les nouveaux arrivants de vouloir se rassembler… Mais que le maire d’une ville se mette à flirter les membres d’une communauté en leur promettant un lieu de culte, un abattoir et un centre culturel « juste à eux » me semble bizarre. C’est comme si on faisait les choses à l’envers. Il y a beaucoup de Chinois dans ta ville ? Tu leurs permets de se construire un temple en forme de pagode. Mais tu ne construits pas un temple en forme de pagode pour attirer les Chinois ! Pour reprendre la célèbre expression du film Field of Dreams, ça devrait être « Let Them Come and Build It », pas « Build It and They Will Come ». LES « ETHNOBURBS » Remarquez, Stéphane Gendron est en plein dans l’air du temps. L’Occident a beau tirer à boulets rouges sur le multiculturalisme, l’époque n’est pas au melting pot mais à la courtepointe. Ce week-end, le New York Times publiait justement un texte d’opinion sur la montée des « ethoburbs » aux États-Unis, des banlieues à fortes concentration ethniques — comme le Peace Village, une enclave pakistanaise (et islamique) de 3 000 habitants située à 50 kilomètres de Toronto, où toutes les maisons sont équipées de portes coulissantes afin de séparer les hommes des femmes. Et où toutes les rues portent le nom d’un disciple de l’Ahmadisme, une branche particulière de l’Islam. C’est ce que veut faire Gendron avec Huntingdon ? CHACUN SON DRAPEAU Il y a quelques semaines, je suis allé tourner un reportage dans une école élémentaire du nord de Montréal. Sur chaque case, on avait inscrit le nom de l’étudiant et dessiné le drapeau de son pays d’origine. Il y avait des drapeaux haïtiens, des drapeaux grecs, des drapeaux algériens… Cette initiative partait certainement d’une bonne intention. Mais elle est imbécile. Ce qu’on aurait dû voir, sur les cases, c’est un seul et unique drapeau : celui du Québec. Ces citoyens ne sont pas des immigrants qui vivent au Québec. Ce sont des Québécois à part entière ! Cessons de toujours vouloir les attacher à leur pays d’origine. Ce n’est pas un service à leur rendre. Ni à nous rendre. 13 Mars 2011Pacioretty: le point de vue de Don Cherry
Selon l'ineffable Don Cherry, le problème, avec la rude mise en échec subie par Pacioretty, n'est pas Chara mais la patinoire du Centre Bell, qui est un véritable danger public...
Faire sortir le méchant
J’ai reçu un excellent commentaire d’un lecteur concernant la violence au hockey, qui résume parfaitement la situation.
LES HYPOCRITES « L’industrie du hockey offre au public le spectacle que celui-ci demande, écrit Michel Edoin. Prenez le site Web de la LNH, on y voit de très rudes mises en échec, et ça se termine par une voix qui dit ``That’s hockey !`` « Les spectateurs veulent des bagarres et beaucoup de rudesse. Au hockey amateur, des parents se lèvent dans les gradins et encouragent les joueurs à se taper dessus. Je suis sûr que si c’était Chara qui s’était fait planté au lieu de Pacioretty, les Québécois trouveraient ça très drôle ! « Les gens sont hypocrites. Je vous parie que si on ramenait le roller derby, le vrai, avec des coups réels, les amphithéatres seraient pleins à craquer et les promoteurs feraient des millions de dollars. Les combats ultimes en cage attirent les foules et on fait semblant d’être scandalisés pour une mise en échec un peu sauvage. Voyons ! » QUESTION QUIZ On présente du hockey brutal parce que les spectateurs veulent voir du hockey brutal. Si les gens détestaient cela, ça se saurait et les scalpers qui font des affaires d’or devant le Centre Bell se retrouveraient gros Jean comme devant. La question à 100 000 $ est : « Pourquoi sommes-nous si fascinés par violence ? » Probablement parce qu’on l’a évacuée de notre vie quotidienne. C’est quand, la dernière fois où vous avez été témoin d’une bagarre, dans la rue, un bar ou un resto ? C’est de plus en plus rare. Or, l’homme avec un grand H est un grand curieux. Il est attiré par ce qu’on lui cache. Tous les parents le savent, la meilleure façon de transformer un enfant en Cookie Monster est de l’empêcher de manger des biscuits. COMME DES BÊTES Quand j’étais jeune (dans les années 70 à Verdun), la violence faisait partie de la vie. On n’allait pas traîner sur la rue De L’Église car c’était le territoire des gangs de rue, et régulièrement, les Anglais nous attendaient à la sortie des classes avec un batte de baseball dans les mains. Pas de farce : ça s’est même retrouvé au bulletin d’information. L’école nous permettait de partir 15 minutes avant la fin des cours pour qu’on puisse échapper aux hordes d’Anglais. De plus, une fois par semaine, on voyait des « enterrements de vie de garçon ». Des gars recouverts de ketchup qu’on attachait à une croix, qu’on insultait à qui mieux-mieux et qu’on traînait dans les rues comme des bêtes. Un genre de Passion du Christ pour saoûlons. Sans compter les feux à la Fête de la Reine et les bagarres de cabanes à sucre. LES JEUNES BOUCS Aujourd’hui, on ne cesse de parler de crime dans les médias, mais dans la vie de tous les jours, la violence est beaucoup moins présente. On est plus policé, moins rustre. Les enfants ne peuvent même plus se bousculer dans la cour d’école. Alors, où les jeunes boucs remplis de testostérone vont pour « faire sortir le méchant » ? À l’aréna. Pensez-vous que les guerriers vont voir des films de guerre à la fin de leur journée ? Non. C’est la même chose pour nous. Mais à l’envers. 12 Mars 2011Un bon Jack
Ainsi, selon le BAPE, le Québec aurait pu mettre cinq milliards de dollars dans ses coffres s’il avait vendu ses permis d’exploitation du gaz de schiste au même prix que ceux de l’Alberta.
Cinq milliards ! Mais non : on préfère donner des cadeaux aux entreprises gazières et étrangler encore un peu plus la classe moyenne… DE LA BELLE VISITE Concernant ses ressources naturelles, le Québec se comporte comme un « reject ». Prêt à faire n’importe quoi pour avoir des amis… « Vous voulez venir vous installer ici pour pomper notre sous-sol ? C’est vrai ? Chez nous ? Vous nous avez choisi entre tous les pays, toutes les provinces ? Wow, merci, installez-vous, faites comme chez vous ! « Qu’est-ce qu’on peut faire pour vous rendre la vie plus facile ? Voulez-vous une subvention ? Des rabais ? Surtout, creusez où vous voulez, ne vous gênez pas, on est tellement contents d’avoir de la visite ! « Aye, Ginette, viens voir, il y a des entrepreneurs américains qui vont dynamiter dans la cour ! Appelle les enfants ! Pis apportes l’appareil photo ! » TINTIN AU CONGO Tout heureux de voir que des multinationales étrangères s’intéressent à nous. Plus colonisés, tu meurs… On dirait les Noirs dans Tintin au Congo. « Oui, missieu, non, missieu, voulez-vous du thé glacé ? » On se croit très modernes, au Québec, mais sur certaines questions, on a encore des réflexes dignes de la Grande Noirceur. On a peut-être sorti le gars du duplessisme, mais on n’a pas encore tout à fait sorti le duplessisme du gars. Les anglais ont une expression pour désigner ce genre de comportement : « Selling Yourself Short ». Se vendre en dessous de sa véritable valeur. C’est ce qu’on fait avec nos ressources. On est prêt à donner nos richesses à la première multinationale qui nous fait de beaux yeux… DES REDEVANCES RISIBLES On a accordé des permis d’exploitation pour un territoire équivalent à dix millions d’hectares. Et qu’est-ce que ça nous rapporte ? Un million de dollars par année. Un pitoyable, pathétique et minable million. Et pendant ce temps, on harcèle des petits entrepreneurs québécois pour leur soutirer une poignée de dollars… Avant de percer deux trous supplémentaires dans la ceinture qui étouffe la classe moyenne, pourrait-on cesser de dilapider nos ressources ? Pourrait-on arrêter de nous comporter comme un pays du Tiers Monde ? PREMIER ARRIVÉ, PREMIER SERVI Au lieu d’organiser une enchère entre les entreprises intéressées à pomper notre gaz et ainsi, faire monter les prix (comme ça se fait un peu partout), on accorde nos permis d’exploitation de nos ressources naturelles au premier arrivé. On charge dix sous l’hectare, alors qu’en Alberta, c’est 575 $ l’hectare !!! Et après ça, le gouvernement déplore le fait que les citoyens sont analphabètes économiquement et qu’ils s’occupent mal de leurs finances... Un miroir, peut-être ? UN PEUPLE DISTINCT Et que dit la ministre Normandeau pour justifier cette situation aberrante ? « C’est toujours comme ça que ça a fonctionné… » On agit en twit parce que ça fait des décennies que le Québec agit en twit. Ça fait partie de notre différence culturelle, j’imagine. On est niaiseux, mais maudit qu’on est recevant… 10 Mars 2011Bonnet blanc, blanc bonnet
Un texte à lire, pour les naïfs qui croyaient qu'Obama ferait les choses différemment...
À bas le blanc
Maudite hiver de merde !!!!!!! Ça ne finit jamais, cette saison débile ?
Vivement les terrasses, les filles en jupes, les repas à l'extérieur, les parcs, le vert ! Vivement la vie ! Je comprends les retraités qui foutent le camp en Floride jouer au Shuffleboard en bas trois-quarts... Un moratoire déguisé
Avez-vous vu comment le ministre Arcand a joué avec les mots ?
Il ne propose pas un moratoire. Il propose une période d’attente de quelques années, histoire de s’assurer que tout est sécuritaire… Si c’est pas un moratoire, c’est quoi ? « Un moratoire (du latin morari : retarder) est un terme de droit qui désigne une décision d’accorder un délai ou une suspension volontaire d’une action », dit le dictionnaire. C’est ce qu’a fait le gouvernement, non ? Alors qu’on utilise le mot, et qu’on parle de moratoire ! JOUER SUR LES MOTS Ma théorie est que le ministre Arcand ne veut pas utiliser le mot « moratoire » car il ne veut pas donner l’Impression d’avoir plié devant les groupes de pression qui exigeaient, justement, un moratoire. Alors il dit qu’il y aura une période d’attente. Ça passe mieux et ça protège son indépendance… C’est comme François Legault ou Jean-François Lisée qui utilisent le terme « gauche efficace » pour donner un certain « vernis d’acceptabilité sociale » à ce qui reste dans le fond des mesures de droite. Ou les hockeyeurs agressifs qui utilisent le terme « corsé » pour nous faire accepter des comportements sauvages, totalement inacceptables socialement. C’est fou comme le langage peut déformer la réalité, parfois… Un autre accommodement
Si je vous croisais dans la rue et que je vous sautais dessus en vous rouant de coups, je serais immédiatement arrêté, menotté et accusé d’agression grave.
Mais si je faisais exactement la même chose sur une patinoire, on me laisserait vous taper dessus et aucune accusation ne serait portée contre moi. Pourquoi ? DEUX POIDS, DEUX MESURES On dit souvent que le hockey est une religion, au Québec. Si c’est vrai, cette tolérance envers la violence gratuite est un accommodement complètement déraisonnable. Au lieu de dire : « Si vous êtes sikh, vous pouvez entrer dans une école avec une arme blanche », on dit : « Si vous portez un chandail de hockey et des patins, vous pouvez frapper qui bon vous semble sans aucun problème ». Pourquoi ? Pourquoi ce double standard ? Pourquoi le fait de porter les couleurs d’une équipe de hockey me donnerait le droit d’échapper à la loi ? Pourquoi accepte-t-on sur la glace un comportement qu’on jugerait complètement déplacé (pour ne pas dire carrément sauvage) dans un bar ou un resto ? VOUS VOUS TROMPEZ DE SPORT ! On essaie tant bien que mal d’apprendre à nos enfants à bien se conduire, à respecter les gens et à ne pas avoir recours à la violence pour régler leurs problèmes. Puis on ouvre la télé, et qu’est-ce qu’on voit ? Des images d’un match Canadiens-Boston, où des hockeyeurs pompés à bloc laissent tomber leur bâton pour transformer la patinoire en ring de boxe. Hey, les boys : vous vous êtes trompés de sport ! Envoyer votre adversaire au tapis est le but de la boxe. Celui du hockey, c’est de pousser une rondelle dans le filet du camp adverse. Vous voulez vous casser la gueule ? Enlevez vos patins et appelez Yvon Michel ! Nous, ce qu’on veut voir, c’est du hockey. 9 Mars 2011Hitch
Un court portrait de Christopher Hitchens à 60 Minutes...
La santé de mon pamphlétaire préféré n'a vraiment pas l'air d'aller en s'améliorant, malheureusement... Méchante mise en échec
Hier, le gouvernement québécois a subi une rude mise en échec qui l'a complètement sonné.
Pompé au max et gonflé à bloc, le BAPE l'a plaqué violemment contre la bande et l'a renvoyé faire ses devoirs... Dire qu'il y a quelques jours encore, Nathalie Normandeau affirmait qu'il n'y avait aucun danger à exploiter les gaz de schiste... D'ailleurs, où est-elle, depuis deux jours? On ne le voit plus, soudainement... Les grands oubliés
Tout le monde a sa journée.
Il y a la Journée mondiale des femmes (8 mars), la Journée mondiale des infirmières (12 mai), la Journée mondiale des enfants (1er juin), la Journée mondiale des personnes âgées (1er octobre)… Il y a même la Journée mondiale des lépreux (dernier dimanche de février) et la Journée mondiale des gauchers (13 août). ET NOUS ? Mais il n’a a pas de Journée mondiale des hommes. Pourquoi ? On ne mérite pas d’être entendus, nous aussi ? On n’a pas le droit de se plaindre comme tout le monde pendant 24 heures ? D’agiter notre petit drapeau, de gratter nos petits bobos ? De pleurer devant les gouvernements en demandant plus de subventions ? Si l’humanité a le temps de célébrer la Journée mondiale du sommeil (18 mars), la Journée mondiale du lupus (10 mai) et la Journée mondiale des toilettes (19 novembre), je ne vois pas pourquoi on ne célèbrera pas l’homme avec un petit h. UNE INJUSTICE FLAGRANTE Et ne me dites pas que le calendrier est plein ! Les femmes ont trois journées rien qu’à elles : la Journée mondiale des femmes, la Journée mondiale d’action pour la santé des femmes (28 mai) et la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes (25 novembre). Les animaux en ont deux : la Journée mondiale des animaux (4 octobre) et la Journée internationale pour les droits des animaux (10 décembre) ! Et rien pour les hommes ? Pas même un avant-midi ou un 5 à 7 ? C’est franchement insultant… Si ça continue, on va brûler nos bobettes en public… LES POUMONS D’ABORD Le troisième mercredi de novembre, on célèbre la Journée mondiale contre les broncho-pneumopathies chroniques obstructives. Les broncho-pneumopathies chroniques obstructives, bordel ! Il y a quelqu’un, à l’ONU, qui a levé le bras lors d’une réunion, qui a dit : « Je crois que le temps est venu de créer une Journée mondiale contre les broncho-pneumopathies chroniques obstructives », tout le monde s’est exclamé : « Maudite bonne idée ! », et personne, PERSONNE autour de la table n’a dit : « Euh, je m’excuse, mais on devrait peut-être donner une journée aux hommes avant de célébrer les maladies du poumons » ? Ben coudon. On est bien peu de choses. LES CHIFFRES PARLENT Le plus frustrant est que nous remplissons tous les critères pour avoir notre Journée. Regardez les chiffres… Qui se suicide ? Les hommes. Qui décroche ? Les hommes. Qui est le plus susceptible de perdre son emploi ? Les hommes. Qui a l’espérance de vie la plus courte ? Les hommes. Selon les spécialistes, les femmes sont 14 % plus susceptibles que les hommes de survivre à une blessure grave, elles se remettent plus rapidement d’une séparation, résistent plus à la douleur, gèrent mieux leur stress… Qu’est-ce que ça prend d’autres pour vous convaincre ? SANS NOUS Il y a déjà la Journée mondiale sans téléphone portable (6 février), la Journée mondiale sans diète (6 mai), la Journée mondiale sans tabac (31 mai), la Journée mondiale sans voitures (22 septembre) et la Journée mondiale sans achat (dernier week-end de novembre). Ils créeraient la Journée mondiale sans hommes que ça ne me surprendrait pas… 8 Mars 2011Votre argent au travail
Lu dans le Journal cette semaine:
Le gouvernement provincial a investi 100 000 $ dans une entreprise qui fabrique des bijoux pour enfants...
C'est un secteur porteur, ça? Pourquoi investir là-dedans alors qu'on est dans le rouge jusqu'aux trognons? Pourquoi pas le piercing pour chien, tant qu'à faire? Caïn et Abel
« Il faut être fier de nos entrepreneurs comme de nos artistes », a dit le ministre Clément Gignac.
D’accord à 100 %. J’ai toujours trouvé que monter une entreprise est aussi important que monter une pièce de théâtre. Après tout, pas d’entrepreneurs, pas de travail, pas d’argent, pas de spectateurs, pas de théâtre. Que seraient les artistes sans les mécènes ? Que serait le Québec sans Jean Coutu, Bernard Lamarre ou Joseph-Armand Bombardier ? DES CHIFFRES ET DES LETTRES Malheureusement, le ministre Gignac est mieux de se lever de bonne heure s’il veut changer la mentalité des Québécois. Car pour ces « gens de parole », les chiffres ne font pas le poids aux côtés des lettres. Qu’est-ce qu’on fait quand on veut convaincre les Québécois du bien-fondé d’une cause ou d’une option ? On va chercher des artistes. Qu’importe s’ils connaissent le sujet ou pas, ils n’ont pas ouvert la bouche que déjà, on leur donne le bon dieu sans confession. Alors que les gens d’affaires, c’est tout le contraire. Ils n’ont encore rien dit que déjà, on est contre, on croise les bras, on se méfie. On flaire l’arnaque. LES FRÈRES ENNEMIS Voilà pourquoi la droite a autant de difficulté à lever, au Québec. Aucun artiste ne s’y associe. On a l’impression qu’ici, l’art et le développement économique sont deux frères ennemis. T’es soi avec un, soi avec l’autre. Impossible de les réconcilier. D’ailleurs, les artistes qui s’en sortent bien financièrement sont toujours regardés de travers. Un artiste, ça ne peut pas bien gagner sa vie. Ça doit être pauvre, sinon, ce n’est pas un « vrai ». Quant aux entrepreneurs, ce sont tous des incultes. Ils assistent à des concerts pour la galerie, mais dans le fond, ils se font chier, et passent leur temps à compter leurs sous… 7 Mars 2011La prochaine bataille
Il y a quelques jours, mon confrère Mathieu Turbide a publié un dossier passionnant sur l’État du Wisconsin, qui a adopté des mesures drastiques afin d’équilibrer ses finances publiques.
Eh bien, il n’y a pas qu’au Québec ou au Wisconsin où l’on se pose de sérieuses questions sur les coûts grandissants de la fonction publique. Le débat fait rage dans la plupart des pays industrialisés. DES SYNDICATS PUISSANTS Dans son édition du 8 janvier, le magazine The Economist consacrait un dossier à cette question : « The Battle Ahead : Confronting the Public sector. » (« La prochaine bataille : confronter le secteur public. ») « Les 30 dernières années ont été difficiles pour le mouvement ouvrier, dit The Economist. Dans le secteur privé, la proportion de travailleurs affiliés à un syndicat a chuté dramatiquement. « Mais il y a un secteur qui fait exception : la fonction publique. Au Canada, la proportion de fonctionnaires syndiqués est passée de 12 % en 1960 à 70 % aujourd’hui. Aux États-Unis, ce chiffre est passé de 11 % à 36 %. » Résultat : à l’heure où les gouvernements sont de plus en plus appelés à mettre de l’ordre dans leurs finances, il est de plus en plus difficile d’exiger des sacrifices de la part du secteur public. UN FARDEAU ÉTOUFFANT « Les syndicats de la fonction publique sont parmi les groupes d’intérêt les plus puissants au monde, affirme The Economist. Les fonctionnaires ont des avantages qui font rêver les employés du secteur privé. » De plus, en période de négociation, s’ils n’aiment pas les offres qu’on leur présente, ils peuvent paralyser des villes entières. Les gouvernements et les administrations municipales ne pouvant « accoter » les salaires du secteur privé, ils attirent les travailleurs en leur promettant des conditions de travail exceptionnelles et des pensions hyper généreuses. Or, qui paie pour ça ? L’ensemble des contribuables. Ajoutez à cela une sécurité d’emploi béton, qui rend les congédiements quasi impossibles, et vous vous retrouvez dans un véritable cul-de-sac. Vous étouffez sur le poids d’une structure obèse, mais vous ne pouvez rien faire. DES SYNDICATS GOURMANDS Selon la revue The Economist, l’un des problèmes est que les syndicats de la fonction publique sont moins réalistes que les syndicats du secteur privé. « Les syndicats des secteurs privés font preuve de retenue lorsque vient le temps de demander une augmentation du nombre d’employés. Ils craignent que ça entraine une baisse des salaires et que ça pousse leur employeur à la faillite. Mais les syndicats de la fonction publique, eux, n’hésitent jamais à demander plus de ressources et plus de personnel, car ça leur apporte plus de membres, donc plus de cotisations. » Le plus ironique est que les fonctionnaires SONT des citoyens ! Ne voient-ils pas qu’en refusant d’alléger le fardeau qui pèse sur les épaules de l’État, ils menacent l’existence même des services qu’ils paient chèrement et dont ils profitent ? UNE SOLUTION EXTRÊME En mettant les syndicats de la fonction publique à genoux, le gouverneur du Wisconsin a adopté une solution extrême, c’est vrai. Mais c’est ce qui arrive quand le système refuse de bouger et de changer. La pression monte, monte, et la population finit par exploser. 6 Mars 2011Les nerds autour du monde
Si vous me le permettez, je voudrais revenir sur cette histoire de directeurs d’école qui, n’écoutant que leur courage, ont bravé les chaudes températures d’Honolulu pour assister à une « conférence internationale sur l’éducation » à Hawaï, au début janvier.
DE L’INUTILITÉ DE CETTE CONFÉRENCE POUR L’AVENIR DE L’ÉDUCATION AU QUÉBEC Avez-vous lu le programme de cette conférence ? Ça fait 176 pages ! On y trouvait des dizaines d’ateliers tous plus passionnants les uns que les autres… « Comment enseigner aux Amish » « Enseigner et apprendre au Rwanda » « Les stratégies d’utilisation de la politesse dans les vidéoconférences entre universitaires taïwanais et japonais » « Foi, Espoir et Chocolat : une approche holistique du bien-être » « De Bambi à King Kong : utiliser la culture populaire pour discuter de nos rapports avec les animaux » « Les aspects sociolinguistiques qui ont influencé l’utilisation de programmes bilingues dans les écoles des Indiens Miskitos au Nicaragua » Etc, etc. Si c’était une conférence internationale sur la lutte au décrochage, on pourrait dire : « Bon, ok, ça peut effectivement être utile… » Mais ça ? En quoi ça peut aider les profs de la Commission scolaire English-Montréal ? UN UNIVERS MÉCONNU Il y aurait une thèse de doctorat à rédiger sur la culture des conférences internationales. Ou, encore mieux, une téléréalité à produire ! Ça serait hilarant. On pourrait suivre un universitaire qui a réussi à mettre le pied dans le réseau des conférences (chanceux !), et qui passe son temps à se promener d’un centre de congrès à l’autre, croisant toujours les mêmes faces, écoutant toujours les mêmes discours, discutant avec émotion du manque scandaleux de ressources dans les écoles autochtones de Nouvelle-Zélande en dégustant des petits fours sur le bord de la piscine d’un complexe touristique de luxe… Ça serait comme Occupation double, mais avec des gros à lunettes qui savent lire. Les textes sacrés
Il y a quelques semaines, l’hebdomadaire américain The New Yorker publiait un texte extrêmement intéressant sur la fascination qu’éprouvent certains Américains pour la Constitution.
Les Républicains et les militants du Tea Party vouent un véritable culte à ce parchemin de quatre pages, affirme l'historienne Jill Lepore. Pour eux, il s’agit ni plus ni moins d’un texte sacré que tout citoyen digne de ce nom doit encadrer dans son salon et prendre au pied de la lettre. VIEUX DE 224 ANS Selon Jill Lepore, ce culte aveugle est absurde. D’abord, parce que même les auteurs de la Constitution trouvaient leur manifeste imparfait (« Ce texte contient plusieurs passages que je n’approuve pas et que je n’approuverai jamais », a dit Benjamin Franklin, lors de son adoption). Ensuite, parce que plusieurs juristes du XVIIIe siècle trouvaient ce texte illisible, abscons et incompréhensible. Et surtout, comment peut-on baser les faits et gestes de 310 millions de personnes sur un texte de 4400 mots écrit il y a 224 ans ? À l’époque où les Pères fondateurs rédigèrent le fameux deuxième amendement protégeant « le droit pour le peuple de détenir et de porter des armes », par exemple, on se tirait dessus à coups de mousquets et les armes automatiques capables de cracher une dizaine de balles par seconde n’existaient pas. (En passant, le mot « Dieu » n’apparaît jamais dans la Constitution américaine, quoiqu’en disent les tenants de l’extrême droite religieuse…) LES DIX COMMANDEMENTS Lorsqu’on regarde ce qui se passe au Canada, on a l’impression que la fièvre constitutionnelle américaine a traversé le 49e parallèle. À la différence qu’ici, ce n’est pas la Constitution qui fait l’objet d’un culte, mais la Charte des droits et libertés de Pierre Elliot Trudeau. On a l’impression que pour certains Canadiens, la Charte des droits et libertés (qui établit le multiculturalisme comme un élément fondamental du pays) est un document aussi important et aussi vénérable que les Dix Commandements. La critiquer est un blasphème et tenter se soustraire à sa portée en utilisant la clause dérogatoire est ni plus ni moins qu’une hérésie, la preuve que vous êtes mal intentionné et que votre boussole morale est totalement déréglée. DESCENDUS DU CIEL Nous accordons tellement d’importance à ces documents (la Constitution américaine chez nos voisins du sud et la Charte des droits et libertés ici) que nous finissons par oublier que ce ne sont pas des décrets divins ou des édits royaux, mais des contrats qui ont été écrits par des êtres de chair et de sang (donc, faillibles) qui vivaient dans un contexte historique particulier. « Loin d’être la substance permettant de souder la démocratie, la Constitution des États-Unis s’apparente à une foi qui la menace, écrivait Daniel Lazare dans The Velvet Coup : The Constitution, the Supreme Court and the Decline of American Democracy (2001). Plus elle est suspendue au-dessus de la politique et des choix démocratiques, plus elle abaisse la portée de ces derniers. » UN CARCAN On pourrait dire la même chose pour notre Chartes des droits et libertés. C’était censé être un guide, un cadre. C’est devenu un corset, pour ne pas dire un carcan. Un texte sacré, que nous devons révérer sous peine d’excommunication… 3 Mars 2011Marc Bellemare se dégonfle
Ainsi, après avoir ameuté le Québec au grand complet, après avoir crié à la corruption, au conflit et au complot, après avoir attaqué la réputation du premier ministre et l’avoir poussé à mettre sur pied une commission d’enquête qui nous a coûté six millions de dollars, Marc Bellemare s’est dégonflé et a décidé de mettre un terme à la poursuite qu’il avait déposée contre Jean Charest.
Suis-je seul à avoir la désagréable impression que l’ex-ministre de la Justice a carrément ri de nous ? LE DUEL FINAL Je ne sais ce que vous en pensez, mais il me semble qu’après avoir enclenché tout ce cirque, qui a paralysé le Québec pendant des mois, la moindre des choses est d’aller jusqu’au bout. La majorité des Québécois appuyaient Marc Bellemare ! La majorité des électeurs le défendaient, malgré ses oublis bizarroïdes, sa fâcheuse tendance à ne pas prendre de notes et le carton mystérieux trouvé à la dernière minute ! Et là, l’homme par qui le scandale est arrivé décide de tirer la plogue, de rengainer son flingue et de faire comme si rien ne s’était passé ? Woaw, capitaine ! On a payé six millions de dollars, on veut voir le film jusqu’à la fin ! On est en droit de savoir qui, entre la brute et le truand, va prendre la balle et manger la poussière ! Vous ne pouvez pas allumer les lumières alors qu’il reste une bobine dans le projecteur ! C’est Jean Charest qui doit rire dans sa barbe. « Je vous l’avais dit, il n’y avait rien là, c’était juste une montée de lait de la part d’un homme à l’égo surdimensionné… » Difficile de ne pas lui donner raison après un tel revirement… _____________ POST-SCRIPTUM À MA CHRONIQUE Aujourd'hui, Le Devoir nous apprend que Marc Bellemare a retiré sa poursuite car il n'avait plus d'argent. "Je ne suis pas une banque à pitons, a-t-il dit, j'ai déjà mis 130 000 $ là-dedans..." Marc Bellemare est avocat. Il a été ministre de la Justice! Qu'est-ce qu'il croyait? Que tout ce procès ne lui coûterait pas un sou? Qu'il ne durerait que deux semaines? Voyons! Il devait savoir dans quoi il s'embarquait, on ne se lance pas dans une telle aventure les yeux fermés, sans calculer... La vérité est que Bellemare a une personnalité bouillante, qu'il a fait le coq et qu'il a poursuivi le premier ministre sur un coup de tête... Était-il dans le même état d'esprit lorsqu'il a lancé ses accusations contre Jean Charest? Le chat à sept vies
On a beau penser ce qu’on veut de Jean Charest, on a beau être incapable de le voir même en peinture, reste que cet homme est fascinant.
Plus habile que ça, on étudie ton cadavre lorsque tu passes l’arme à gauche. C’est bien simple, même Messmer est incapable d’hypnotiser autant de gens en même temps ! Hop, le Grand Nord, hop, les écrans tactiles, hop, un p’tit discours inaugural bien ficelé, et tout le monde oublie les histoires de corruption qui, hier encore, mettaient le Québec à feu et à sang. Jean Charest a tellement de talent pour endormir les gens que je ferme les yeux quand il apparaît à la télévision. J’ai peur qu’il dise : « Tu es une poule, tu es une poule », et que je me mette à pondre des œufs dans le salon… Qui est le ministre?
Si j’étais Pierre Arcand, je serais en beau joualvert, ces temps-ci.
En effet, depuis quelques jours, on a l’impression que c’est Lucien Bouchard, le ministre du Développement durable et de l’Environnement ! Monsieur Bouchard ne parle pas comme s’il était un lobbyiste pour l’industrie gazière, mais comme s’il était un ministre ! Il calme le jeu, rassure les gens, rassemble le monde… comme s’il gérait une nouvelle crise du verglas ! C’est plate à dire, mais contre Lucien Bouchard, le Grand Négociateur en Chef, Pierre Arcand ne fait pas le poids. C’est Pierre qui, déjà ? 2 Mars 2011Pas dans ma cour
Mon texte de lundi sur les enfants qui pleurent dans les avions m’a valu un abondant courrier.
Plusieurs personnes partagent mon exaspération devant les gens qui s’énervent dès qu’un enfant se montre trop turbulent. Mais quelques lecteurs m’ont écrit pour me dire qu’ils étaient d’accord avec la journaliste américaine qui rêve du jour où les transporteurs proposeront des vols sans enfant. LES P’TITS MORVEUX C’est le cas de Raymonde. « Gardez-les chez vous, vos morveux braillards et mal élevés, et cessez de nous les imposer en public, m’a-t-elle écrit. Lorsque je paie pour aller dîner au restaurant, ce n'est pas pour me faire écoeurer par des enfants braillards qui bavent dans leur assiette. « Il fut un temps où les enfants n'étaient pas exposés comme des spécimens en public. Ils étaient élevés à domicile jusqu'à ce qu'ils soient en mesure de bien se comporter en public, sans déranger personne… » C’est ce qu’on appelle une citoyenne solidaire ! Ayez des enfants, mais de grâce, gardez-les chez vous ! Tiens, on pourrait dire la même chose avec les vieux : ne les sortez pas des hospices, ça nous écoeure de les voir baver au restaurant et de les entendre claquer des dents… JAMAIS AVEC MES ENFANTS Yvon Audette penche du même bord. « Le problème est le désir des parents de voyager avec leurs jeunes enfants. Vous me direz qu’ils ont le droit. Vrai, mais ce n’est pas une raison d’imposer votre choix à l’ensemble des passagers ! « Personnellement, j’ai eu deux enfants et je ne les ai jamais emmenés avec moi en avion… » Bref, t’as des enfants ? Super, mais reste au parc, ne fréquente pas d’autres restaurants que le MacDo et passe tes vacances au Zoo de Granby. Après ça, on se demande pourquoi le taux de natalité chute plus rapidement que la cote d’amour de Jean Charest… Au Québec, l’enfant est perçu comme une tare, un boulet. LA PLUSSE MEILLEURE GÉNÉRATION Troisième lecteur excédé : Jacques Nalis. Selon ce monsieur, les parents d’aujourd’hui se plaignent la bouche pleine. Au lieu de toujours demander qu’on les accommode dans les avions et dans les transports en commun, et pleurer parce qu’on ne leur fait pas assez de place, ils devraient mieux s’occuper de « leurs p’tit criss ». « Je suis un baby-boomer et c'est notre génération qui avons fait évoluer les sciences, la technologie, les autos, le téléphone, la radio, la télé, les avions et j'en passe, écrit-il. « Les jeunes d'aujourd'hui braillent pour tout et pour rien, c’est une génération de "beubés" gâtés. C'est nous, leurs parents et leurs grands-parents, qui devons les aider à s'acheter une maison, une deuxième auto, et à leur prêter des sous pour qu'ils puissent se payer un voyage en amoureux, car ils en ont tellement besoin, ils sont tellement fatigués ! » LA COURTEPOINTE Vous vous demandez pourquoi le Québec est bloqué ? Pour ça : on a perdu la notion de « vivre-ensemble ». Le Québec n’est plus une société, mais une courtepointe. Les vieux contre les jeunes, les gens sans enfant contre les parents, les pure laine contre les immigrants… Notre devise n’est plus « Je me souviens », mais « Écoeure-moi pas »… 1er Mars 2011Les Belles Lettres
Avez-vous lu le portrait d’Amir Khadir dans L’Actualité ?
Très instructif. On y apprend entre autres que son père, Jafar Khadir, possède, dans sa bibliothèque, outre quatre tomes des Œuvres choisies de Lénine (monsieur Khadir est communiste, rappelons-le), deux épais volumes des écrits de Kim-Il sung, l’ex-dictateur de la Corée du Nord ! On ne parle pas ici des essais de Marx et Engels, mais des délires paranoïaques d’un des pires tyrans de la planète. Un homme qui a fermé les frontières de son pays, qui a fait construire une douzaine de camps de « rééducation », qui a emprisonné plus de 200 000 adversaires politiques, dont les décisions économiques catastrophiques ont causé une famine qui a tué deux millions de personnes… Méchant livre de chevet, non ? Espérons que son fils ne s'abreuve pas aux mêmes sources... (Certains dirons qu'on peut lire MEIN KAMPFT d'Adolf Hitler sans être nazi... Bien sûr! Mais vous mettriez ce bouquin dans votre bibliothèque, à la vue de tous, à côté des écrits d'un penseur que vous admirez?) Les sorcières![]() Dans le livre Les femmes en politique changent-elles le monde ?, de la journaliste Pascale Navarro, la députée péquiste Agnès Maltais disait que les femmes avaient insufflé plus de compassion et d’empathie dans la vie publique. « Elles sont plus intransigeantes sur l’honnêteté, l’intégrité et plus pointilleuses sur les questions de conflits d’intérêt », lançait-elle. CHERCHEZ LA FEMME Je conseille fortement à madame Maltais d’acheter Femmes de dictateur, de Diane Ducret, qui vient tout juste de sortir sur les rayons. La lecture de cet ouvrage risque en effet de changer légèrement son point de vue. L’auteure (qui est historienne et philosophe) brosse le portrait des femmes qui ont partagé la vie des pires dictateurs de la planète : Lénine, Mussolini, Hitler, Staline, Salazar, Mao, Ceausescu, Bokassa… Loin d’être des symboles de moralité et de pureté, comme se plaît à le croire Agnès Maltais, ces femmes étaient au contraire de véritables monstres, ne reculant devant aucune cruauté pour satisfaire leur soif de pouvoir et de richesse… Si derrière chaque grand homme on trouve effectivement une grande femme, on peut dire que derrière chaque tyran se cache une sorcière qui n’hésiterait pas une seconde à trancher deux ou trois têtes pour augmenter sa collection de chaussures. LE PLUS GRAND APHRODISIAQUE Preuve que les femmes ne sont pas moralement supérieures aux hommes : selon Diane Ducret, lors de sa courte « carrière », Hitler a reçu plus de lettres d’admiratrices que les Beatles et Mick Jagger réunis. Mussolini n’était pas en reste, recevant entre 30 à 40 000 lettres chaque mois. Des demandes en mariage, des femmes qui cherchaient un géniteur pour leur enfant, etc. En fait, Diane Ducret lève courageusement le voile sur le plus grand secret de polichinelle de l’histoire, à savoir que plus un homme a de pouvoir, plus il séduit les femmes. Cela vaut autant pour Bill Clinton que pour Jacques Mesrine, Charles Manson ou Mouammar Kadhafi. CHIENNES DE GARDE Je vous entends dire : « Ces femmes de dictateur n’étaient pas à proprement parler des politiciennes, mais des maîtresses… » Détrompez-vous. Selon l’auteure de cet ouvrage, ces clones de Lady Macbeth n’étaient pas des compagnes passives, mais de véritables chiennes de garde, qui suivaient les affaires de l’État de très près, possédaient des milices personnelles, avaient mis sur pied leurs propres réseaux d’information, etc. « Elles ont mis le pied à l’étrier et légitimé le pouvoir de ces tyrans », dit Diane Ducret. Bref, on est loin de la figure de la sainte vierge, gardienne de toutes les valeurs morales… CERVEAU DU GÉNOCIDE Prenez ce qui se passe dans le monde arabe. On parle beaucoup de ces tyrans sanguinaires qui sont en train de tomber les uns après les autres. Mais qu’en est-il de leur femme ? Selon des proches collaborateurs de Ben Ali, le dictateur déchu de la Tunisie, ce n’est pas lui qui dirigeait le pays ces dernières années, mais sa femme, et avec une main de fer, en plus. Même chose en Afrique. L’épouse de Juvénal Habyarimana, le président rwandais assassiné en 1994, est considérée par plusieurs chercheurs comme étant l’un des « cerveaux » de l’extermination des Tutsis. Les femmes sont plus honnêtes et moins corrompues ? Dans les contes, peut-être…
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Richard Martineau est chroniqueur au Journal de Montréal.
Pour lui écrire, cliquez ici! Pour lire sa biographie, cliquez ici! Pour lire ses chroniques, cliquez ici! 10 derniers articles10 derniers commentaires
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