3 Mars 2011Marc Bellemare se dégonfle
Ainsi, après avoir ameuté le Québec au grand complet, après avoir crié à la corruption, au conflit et au complot, après avoir attaqué la réputation du premier ministre et l’avoir poussé à mettre sur pied une commission d’enquête qui nous a coûté six millions de dollars, Marc Bellemare s’est dégonflé et a décidé de mettre un terme à la poursuite qu’il avait déposée contre Jean Charest.
Suis-je seul à avoir la désagréable impression que l’ex-ministre de la Justice a carrément ri de nous ? LE DUEL FINAL Je ne sais ce que vous en pensez, mais il me semble qu’après avoir enclenché tout ce cirque, qui a paralysé le Québec pendant des mois, la moindre des choses est d’aller jusqu’au bout. La majorité des Québécois appuyaient Marc Bellemare ! La majorité des électeurs le défendaient, malgré ses oublis bizarroïdes, sa fâcheuse tendance à ne pas prendre de notes et le carton mystérieux trouvé à la dernière minute ! Et là, l’homme par qui le scandale est arrivé décide de tirer la plogue, de rengainer son flingue et de faire comme si rien ne s’était passé ? Woaw, capitaine ! On a payé six millions de dollars, on veut voir le film jusqu’à la fin ! On est en droit de savoir qui, entre la brute et le truand, va prendre la balle et manger la poussière ! Vous ne pouvez pas allumer les lumières alors qu’il reste une bobine dans le projecteur ! C’est Jean Charest qui doit rire dans sa barbe. « Je vous l’avais dit, il n’y avait rien là, c’était juste une montée de lait de la part d’un homme à l’égo surdimensionné… » Difficile de ne pas lui donner raison après un tel revirement… _____________ POST-SCRIPTUM À MA CHRONIQUE Aujourd'hui, Le Devoir nous apprend que Marc Bellemare a retiré sa poursuite car il n'avait plus d'argent. "Je ne suis pas une banque à pitons, a-t-il dit, j'ai déjà mis 130 000 $ là-dedans..." Marc Bellemare est avocat. Il a été ministre de la Justice! Qu'est-ce qu'il croyait? Que tout ce procès ne lui coûterait pas un sou? Qu'il ne durerait que deux semaines? Voyons! Il devait savoir dans quoi il s'embarquait, on ne se lance pas dans une telle aventure les yeux fermés, sans calculer... La vérité est que Bellemare a une personnalité bouillante, qu'il a fait le coq et qu'il a poursuivi le premier ministre sur un coup de tête... Était-il dans le même état d'esprit lorsqu'il a lancé ses accusations contre Jean Charest? Le chat à sept vies
On a beau penser ce qu’on veut de Jean Charest, on a beau être incapable de le voir même en peinture, reste que cet homme est fascinant.
Plus habile que ça, on étudie ton cadavre lorsque tu passes l’arme à gauche. C’est bien simple, même Messmer est incapable d’hypnotiser autant de gens en même temps ! Hop, le Grand Nord, hop, les écrans tactiles, hop, un p’tit discours inaugural bien ficelé, et tout le monde oublie les histoires de corruption qui, hier encore, mettaient le Québec à feu et à sang. Jean Charest a tellement de talent pour endormir les gens que je ferme les yeux quand il apparaît à la télévision. J’ai peur qu’il dise : « Tu es une poule, tu es une poule », et que je me mette à pondre des œufs dans le salon… Qui est le ministre?
Si j’étais Pierre Arcand, je serais en beau joualvert, ces temps-ci.
En effet, depuis quelques jours, on a l’impression que c’est Lucien Bouchard, le ministre du Développement durable et de l’Environnement ! Monsieur Bouchard ne parle pas comme s’il était un lobbyiste pour l’industrie gazière, mais comme s’il était un ministre ! Il calme le jeu, rassure les gens, rassemble le monde… comme s’il gérait une nouvelle crise du verglas ! C’est plate à dire, mais contre Lucien Bouchard, le Grand Négociateur en Chef, Pierre Arcand ne fait pas le poids. C’est Pierre qui, déjà ?
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Richard Martineau est chroniqueur au Journal de Montréal.
Pour lui écrire, cliquez ici! Pour lire sa biographie, cliquez ici! Pour lire ses chroniques, cliquez ici! 10 derniers articles10 derniers commentaires
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