8 Mars 2011Votre argent au travail
Lu dans le Journal cette semaine:
Le gouvernement provincial a investi 100 000 $ dans une entreprise qui fabrique des bijoux pour enfants...
C'est un secteur porteur, ça? Pourquoi investir là-dedans alors qu'on est dans le rouge jusqu'aux trognons? Pourquoi pas le piercing pour chien, tant qu'à faire? Caïn et Abel
« Il faut être fier de nos entrepreneurs comme de nos artistes », a dit le ministre Clément Gignac.
D’accord à 100 %. J’ai toujours trouvé que monter une entreprise est aussi important que monter une pièce de théâtre. Après tout, pas d’entrepreneurs, pas de travail, pas d’argent, pas de spectateurs, pas de théâtre. Que seraient les artistes sans les mécènes ? Que serait le Québec sans Jean Coutu, Bernard Lamarre ou Joseph-Armand Bombardier ? DES CHIFFRES ET DES LETTRES Malheureusement, le ministre Gignac est mieux de se lever de bonne heure s’il veut changer la mentalité des Québécois. Car pour ces « gens de parole », les chiffres ne font pas le poids aux côtés des lettres. Qu’est-ce qu’on fait quand on veut convaincre les Québécois du bien-fondé d’une cause ou d’une option ? On va chercher des artistes. Qu’importe s’ils connaissent le sujet ou pas, ils n’ont pas ouvert la bouche que déjà, on leur donne le bon dieu sans confession. Alors que les gens d’affaires, c’est tout le contraire. Ils n’ont encore rien dit que déjà, on est contre, on croise les bras, on se méfie. On flaire l’arnaque. LES FRÈRES ENNEMIS Voilà pourquoi la droite a autant de difficulté à lever, au Québec. Aucun artiste ne s’y associe. On a l’impression qu’ici, l’art et le développement économique sont deux frères ennemis. T’es soi avec un, soi avec l’autre. Impossible de les réconcilier. D’ailleurs, les artistes qui s’en sortent bien financièrement sont toujours regardés de travers. Un artiste, ça ne peut pas bien gagner sa vie. Ça doit être pauvre, sinon, ce n’est pas un « vrai ». Quant aux entrepreneurs, ce sont tous des incultes. Ils assistent à des concerts pour la galerie, mais dans le fond, ils se font chier, et passent leur temps à compter leurs sous…
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Richard Martineau est chroniqueur au Journal de Montréal.
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