30 Mars 2011Keep your day job
Luck Mervil ne savait pas que le compte de banque de sa fondation était au nom de son cousin, qui pigeait dedans à qui mieux-mieux.
Méchant organisateur ! Le politicien qui rétrécit
Un dicton américain affirme que « less is more ».
Maxime Bernier (qui ne recule devant rien pour se faire remarquer) a décidé de pousser le concept à son extrême limite. ALLÔ, J’ÉCOUTE Non seulement le candidat conservateur ne posera aucune pancarte dans son comté lors de la présente campagne « afin de respecter l’environnement » (c’est fou comme la Terre a le dos large), mais il ne présentera aucun programme ! « Les Beaucerons me dicteront les idées qu’ils veulent que j’aille défendre à Ottawa, a-t-il lancé. Sur la scène locale, je ne fais aucune promesse… « Je vais écouter les électeur, c’est tout… » SIMPLICITÉ VOLONTAIRE Quand un journaliste du Journal de Québec lui a demandé ce qu’il pensait du projet de TGV dans l’axe Québec-Windsor, le candidat beauceron a répondu qu’il n’avait « aucune opinion ». Décidément… Pas de pancarte, pas de programme, pas d’opinion — Maxime Bernier est un adepte de la simplicité volontaire ! Pourquoi ne pas fermer le bureau de comté, tant qu’à faire, et juste installer une boîte vocale destinée à recueillir les idées des électeurs ? « On n’écoute plus ce que les gens disent, a déjà lancé l’écrivain français Bernard Werber. On se contente de regarder comment ils le disent, quel regard ils ont en le disant, et si leur cravate est assortie à leur pochette. » C’est probablement ce que s’est dit Maxime Bernier. Pourquoi se casser la tête à rédiger un programme (et risquer de passer pour un idiot en le défendant sur toutes les tribunes) quand tout ce qui compte, c’est la cravate que tu portes ? LÉGER MARKETING AUX COMMANDES Qui sait ? Maxime Bernier est peut-être en avant de son temps. Plus tard, dans quelques années, l’État sera peut-être géré par des technocrates dépourvus d’idées et d’opinions, qui se contenteront de « répondre » aux demandes des citoyens. Tout se décidera par sondages : les lois, les budgets, la politique internationale… Ça sera le triomphe de la démocratie directe. Les citoyens n’auront plus besoin de passer par l’entremise des politiciens, ils gèreront les affaires de l’État directement, via les téléphonistes de Léger Marketing. « Bonjour. Le temps sera bientôt venu de pondre un nouveau budget. Si vous voulez qu’on augmente les impôts, faites le 1. Si vous voulez qu’on les diminue, faites le 2. « Utilisez les boutons de votre clavier pour indiquer le pourcentage de hausse ou de baisse que vous souhaitez. » Après ça, on compile les chiffres et on applique la mesure la plus populaire. AVEC UN GROS C Imaginez… Plus de campagne, plus de partis, plus de gouvernement, plus de députés, plus de programmes… Que les citoyens avec un gros C. N’est-ce pas ce que disait Ségolène Royal ? « Les citoyens sont les meilleurs experts de ce qu’ils vivent, le meilleur moyen de gérer un État est de demander aux citoyens ce qu’ils pensent, la démocratie doit être proche des préoccupations de chacun », blablabla. Il est vrai que la diva socialiste a lancé ça en 2007. Aujourd’hui, quand elle regarde la hausse spectaculaire de l’extrême droite dans les sondages, pas sûr qu’elle tripe tant que ça sur « l’expertise citoyenne » et l’intelligence du « vrai » monde...
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Richard Martineau est chroniqueur au Journal de Montréal.
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