30 Avril 2011

Permalink 11:09 am, Richard Martineau / Franc-parler, 567 mots  

A-t-on besoin d'un gouvernement?

Stephen Harper l’a répété à maintes reprises : s’il se retrouve de nouveau à la tête d’un gouvernement minoritaire, il va présenter le même budget qui l’a fait tomber la dernière fois.

Et on va se retrouver exactement au même point, devant la menace d’une autre élection…


ET POURTANT, ELLE TOURNE

Qui sait ? On devrait peut-être faire comme les Belges et se passer carrément de gouvernement.

« Vous n’arrivez pas à vous entendre ? On tire la plogue, jusqu’à ce que vous arriviez à un accord… »

La Belgique n’a plus de gouvernement depuis le 22 avril 2010 (un record du monde), et le pays n’est pas tombé dans l’anarchie.

Si ce n’était pas des médias qui ne cessent de revenir sur le sujet, les Belges ne s’apercevraient même pas que le pays se gouverne tout seul depuis un an !

Le premier ministre démissionnaire se charge des affaires courantes, et le pays continue de rouler comme avant.


PAS DE DÉPENSES SUPERFLUES

Pour certains dossiers, ça roule encore mieux !

Comme l’a expliqué le quotidien bruxellois De Standaard : étant donné que personne ne peut passer de nouvelles lois ou voter une augmentation de budget, les gens qui siègent sur ce « gouvernement provisoire des affaires courantes » sont obligés de gérer leur enveloppe de façon responsable !

« Le grand avantage d’un gouvernement dont les attributions sont limitées est la rigueur de la politique budgétaire. Tant qu’un budget annuel n’a pas été arrêté, les ministres ne reçoivent chaque mois qu’un douzième de l’enveloppe accordée l’année précédente.

« Dans la pratique, cela peut permettre de réaliser des économies, car les ministres ne sont pas autorisés à prendre de " nouvelles initiatives ". L’interdiction d’agir en des temps de précarité budgétaire est ce qu’il peut arriver de mieux à ce pays.

.. »


VIVE LES FONCTIONNAIRES !

La crise est aussi bonne pour les travailleurs de l’État.

« Les administrations profitent elles aussi de la situation, continue De Standaard. Sur le plan de leur image par exemple. Car qui d’autre a maintenu le pays en état de marche ? Qui est resté fidèle au poste, garante du bon fonctionnement du système et de la continuité dans la prestation des services ? Justement, les fonctionnaires !

« Les travailleurs de l’État sont des personnes poussiéreuses et ennuyeuses ? Bien au contraire : ce sont les gardiens du pays et de la prospérité ! 

Les administrations sont même allées plus loin. Ces derniers mois, elles ont saisi l’occasion de faire d’urgence ce qu’il y avait à faire, mais qui avait dû attendre en raison de la priorité accordée à de petits projets politiques… »


UNE ENTITÉ INUTILE ?

Ma voisine est d’origine belge. Il y a quelques jours, sa mère l’a appelée de Belgique, et lui a dit que depuis qu’il n’y a plus de gouvernement, le pays ne s’est jamais aussi bien porté !

« Le gouvernement belge démontre par son absence qu'il ne sert à rien, a déclaré un économiste français dans le quotidien La Tribune. Il n'y a ni projet, ni programme en cours d'application, et l'économie belge n'en subit aucune conséquence dans ses chiffres. »

C’est un pensez-y bien, non ?



29 Avril 2011

Permalink 13:56 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 30 mots  

Le moment de télé du jour

Jack Layton qui chante sur l'air de King of the Road...





Et Gilles, lui, il ne chante pas, ne joue pas de guitare ou de piano?

Why so serious? :-(


Permalink 13:54 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 218 mots  

Le coffre en cèdre

William a enfin épousé Kate...

On va pouvoir passer à autre chose...

Je me demande souvent à quoi sert la royauté. Car, enfin, un pouvoir qui se transmet PAR LE SANG! En 2011!

Ce n'est pas très démocratique...

Et en plus, selon la loi archaïque qui régit la famille royale, un membre de la monarchie britannique a le droit d'épouser une femme protestante, hindoue, juive, bouddhiste... Mais PAS catholique!

À cause des vieilles guerres de religions qui opposaient l'Angleterre aux cathos...

Comme l'a écrit un journaliste anglais: "Il y a un mot pour ça: bigoterie..."

C'est peut-être ce qui charme tant de gens : cet archaïsme, cette volonté de s'accrocher à des valeurs surannées, dépassées, vieillottes, ce désir de tenir tête à tout prix à la modernité, cette promesse de permanence, de pérennité et de "stabilité" dans un monde où tout va de plus en plus vite, où tout est jetable, remplaçable...

Quitte à paraître complètement dépassé, déconnecté...

Le monde change, les gouvernements se succèdent, mais la "culture" anglaise et l'âme de l'Angleterre continuent de traverser les âges et les modes grâce à la famille royale qui vit sous un bulle de verre, à l'abri du "vrai monde"...

Comme un vieux manteau dans un coffre en cèdre...







28 Avril 2011

Permalink 14:17 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 20 mots  

Le moment de télé du jour

Stephen Harper chantant I Get High With A Little Help From My Friends, avec Yo Yo Ma...

Quels amis, Stephen?





Permalink 14:11 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 26 mots  

Une nouvelle forme d'art?

Sur un blogue spécial, le journal The Gazette met en ligne les pancartes électorales qui ont été le plus "massacrées" et "trafiquées"...

Hilarant.




Permalink 09:22 am, Richard Martineau / Franc-parler, 647 mots  

L'enfer est bleu

Vous souvenez-vous de l’époque où les curés montaient en chaire pour dire à leurs ouailles comment voter ?

Eh bien, les choses n’ont pas beaucoup changé.

Sauf qu’aujourd’hui, ce ne sont pas les curés qui promettent le paradis à ceux qui votent du « bon côté », mais les leaders syndicaux.

Et ils financent leur campagne à même les contributions de leurs membres.


« VOTEZ CONTRE LE PC »

En effet, un lecteur m’a envoyé une publication de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) que sa mère, infirmière, a reçue l’autre jour.

Titre de cette brochure couleurs de huit pages : Retour vers le passé : Stephen Harper et son bilan dévastateur.

Voici ce qu’on peut y lire :

« Dans ce Dossier spécial sur les élections de 2011, la FIQ propose un regard critique sur les années au pouvoir des conservateurs. Elle souhaite ainsi que les 60 000 professionnelles en soins membres de la Fédération réalisent que les reculs imposés par le gouvernement de Stephen Harper sont inacceptables en tant que femmes, travailleuses et citoyennes. »


UN TROUPEAU DE 60 000 BREBIS

Je continue :

« Que ce soit le Bloc Québécois, le Nouveau Parti démo¬cratique, le Parti libéral ou bien le Parti vert, l’important est d’octroyer votre vote à celui qui peut battre le candidat du Parti conservateur dans votre circonscription. Cet exercice nécessitera probablement de devoir marcher sur vos propres convictions, mais aux grands maux, les grands remèdes.

« Le 2 mai prochain, n’oubliez pas d’exercer votre droit de vote. De plus, rappelez-vous que nous ne pouvons plus nous permettre d’être dirigées par un parti qui met en péril nos acquis et prônent des valeurs dia¬métralement opposées à celles por¬tées par la Fédération et les 60 000 professionnelles en soins qui la com¬posent.

« Le 2 mai prochain, débarras¬sons-nous des conservateurs ! »


DANS LE MÊME MOULE

Suis-je seul à trouver que cela n’a aucun sens ?

La mission première (en fait, la seule mission) des syndicats est de négocier de meilleures conditions de travail pour leurs membres, point. Pas d’utiliser l’argent que leurs membres leur envoient pour appuyer toutes sortes de causes !

N’en déplaise aux dirigeantes de la FIQ, les infirmières (comme les catholiques à l’époque) n’ont pas toutes été coulées dans le même moule, ce sont des INDIVIDUS à part entière, avec leurs OPINIONS et leur LIBRE ARBITRE, pas des moutons ou des produits usinés qui pensent tous pareils et penchent tous du même bord.

Je suis membre de l’UDA. Le but de l’UDA est d’améliorer mes conditions salariales.

Le reste, je m’en charge, merci, bonsoir.


DOUBLE STANDARD

Comment réagiraient les camarades de la FIQ si elles apprenaient que les dirigeants d’une grosse entreprise avaient distribué une note de service à ses 60 000 employés pour leur dire comment voter le 2 mai prochain ?

Et qu’est-ce qu’elles diraient si on leur apprenait que la fabrication de cette note avait été payée à même le fond de pension des employés de l’entreprises ?

Elles déchireraient leur chemise rouge !

Mais quand c’est une centrale syndicale qui agit de la sorte, c’est acceptable.

Pourquoi ?

On se croirait revenu au temps de Duplessis !


DU DÉLIRE

« Le Parti conservateur suit la pensée de la droite religieuse où les solutions à tous les maux sociaux se trouvent dans un retour aux valeurs traditionnelles, conclut la FIQ.

Dans le domaine familial, cela veut dire que l’homme est le chef de famille et que la femme veille à la bonne marche du foyer. »

Où ont-ils pris ça ?

Pour des spécialistes de la santé, les dirigeantes de la FIQ calibrent mal leur médication !



27 Avril 2011

Permalink 21:22 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 18 mots  

Le moment de télé du jour

Jean-François Mercier se défend de s'être lancé en politique pour faire un coup de pub...











Permalink 21:01 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 40 mots  

Le sens des priorités

Question quiz: combien de gens le réseau CNN a-t-il envoyé à Londres pour couvrir le mariage princier ?

400.

Combien de personnes le réseau CNN avait-il envoyé au Japon pour couvrir le désastre causé par le tsunami ?

50.

Signe des temps...


Permalink 08:02 am, Richard Martineau / Franc-parler, 567 mots  

Des poules pas de tête

Puis-je vous parler dans le blanc des yeux sans que ça crée un froid entre nous ?

Je ne vous comprends plus.

Plus je regarde les sondages, plus les bras m’en tombent et moins je vous suis.


AUCUNE COHÉRENCE

Vous dites que vous allez voter NPD car vous voulez du changement.

C’est bien beau, mais encore faut-il faire preuve d’un minimum de cohérence.

Quand François Legault a laissé entendre qu’il ferait peut-être un saut en politique provinciale, vous avez dit : « Oui, super, le temps est venu d’avoir un gouvernement qui gère les finances publiques de façon lucide et responsable ! Terminée, la carte de crédit, nous devons regarder la réalité en face ! »

Et quelques mois plus tard, que faites-vous ?

Vous vous apprêtez à voter pour un parti qui multiplie les dépenses, les bonbons et les cadeaux !


DES PROMESSES IRRÉALISTES

Vous dites que vous appuyez Layton car vous l’aimez bien, il a l’air sympathique, près du peuple, un bon Jack, le genre de gars avec qui on aimerait prendre une bière, une belle moustache, un beau sourire, blablabla…

Mais avez-vous lu son programme ? Savez-vous dans quoi vous vous embarquez ?

Le coût de ses promesses est astronomique ! Même le Père Noël est plus réaliste !

Augmenter les prestations pour les congés parentaux, augmenter le supplément de revenu garanti, développer le système de garderies, réduire les frais de scolarité, bonifier les subventions aux étudiants, augmenter le crédit d’impôt pour l’éducation, augmenter les subventions accordées aux logements sociaux, instaurer un programme de « rénovation de domicile intergénérationnel », augmenter les prestations aux enfants, indexer le système de santé public de 6 %, instaurer un programme pour les aînés, un programme pour les logements adaptés, un programme pour la nutrition des enfants, un programmes pour les maisons éco-énergétiques, un crédit d’impôt à la création d’emplois, un fonds d’investissement pour les autoroutes du Nord, et j’en passe…

Savez-vous quel est le montant de la dette nationale ? Le 17 mars dernier, elle était de 563 milliards !!!!


LES POTEAUX

Vous dites que Jack vous plaît. Mais avez-vous vu la bande de « nobodies » qui risquent de vous représenter à Ottawa ?

On a l’impression que Layton est allé les chercher à la sortie des écoles. Aucune expérience en politique, expérience de travail minimal — à côté de ça, la première équipe de l’ADQ a l’air du Dream Team !

« Bac en sciences infirmières en 2010 », « Juge au concours Campagnes fleuries pendant 15 ans », « Conseillère en orientation pour un organisme communautaire spécialisé en recherche d’emploi », « Diplôme d’études collégiales en sciences humaines », « Comédienne amateur », « Étudiante en journalisme qui travaille dans le domaine de l’imprimerie »…

C’est ça, votre équipe du tonnerre ?

Vous comptez scorer combien de points avec un tel alignement ?


MAL DE TÊTE

Vous trouvez que le Bloc vous prend trop pour acquis ? Vous voulez brasser Duceppe en ayant une aventure avec Jack ?

Parfait, mais n’oubliez pas une chose : après votre brève nuit d’amour, vous allez vous retrouver avec une bague au doigt, comme le gars dans le film The Hangover.

Le lendemain de veille risque d’être pénible…



26 Avril 2011

Permalink 21:30 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 34 mots  

Le moment de télé du jour

Une discussion passionnante sur le 11 septembre et tous ceux qui, comme Thierry Meyssan, croient que les Américains avaient arrangé tout ça (genre: aucun avion ne s'est écrasé sur le Pentagone)... Avec Alain Finkielkraut...











Permalink 07:25 am, Richard Martineau / Franc-parler, 568 mots  

Les clowns

Layton

(Photo Agence QMI)


S’il y a une image de cette campagne, une seule, dont je vais me rappeler pendant des années, c’est celle montrant Michael Ignatieff et Jack Layton avec un turban sikh sur la tête.

Pour moi, cette image grotesque incarne parfaitement le vide intersidéral qui est en train d’engouffrer le paysage politique canadien…


À QUAND LES BOUDINS ?

Question quiz : Ignatieff et Layton sont-ils membre de la communauté sikhe ?

Pourquoi ont-ils accepté de porter un turban religieux sur la tête, alors ?

Vont-ils porter des boudins lorsqu’ils vont faire campagne auprès des juifs hassidiques ? Un kesa orange quand ils vont flirter les bouddhistes ? Une casque à plumes quand ils vont faire du porte à porte dans les réserves ?

Et quand ils vont quémander leurs votes auprès des Haïtiens, vont-ils porter un masque rituel vaudou et danser en rond autour d’un feu de camp ?

Les candidates libérales et néo-démocrates devront-elles se voiler le visage lorsqu’elles iront faire des beaux yeux à la communauté musulmane ?


AU CANADA, ON EST OUVERT

On a fait grand cas du petit bonnet hygiénique qu’a porté Gilles Duceppe lorsqu’il a visité une fromagerie en 1997.

Mais le chef du Bloc ne faisait que respecter des règlements protégeant la santé et la sécurité au travail.

C’est quoi, la justification de Layton et Ignatieff ? Ils voulaient montrer qu’au Canada, on est accueillant ? Ils voulaient prendre leurs distances avec les méchants Québécois qui ont — scandale ! — interdit que des Sikhs se pointent avec des couteaux (pardon : des symboles religieux formés d’une lame et d’un manche) au parlement ?

Ou ils sont juste profondément épais et dénués de tout jugement ?

Prêts à jouer au Twister ou à danser le Limbo devant les caméras si on leur demandait ?


EXPO 67

Voilà pourquoi je ne pourrais JAMAIS me résoudre à voter NPD ou PLC : à cause de ce multiculturalisme gnan-gnan, ce scoutisme naïf à la Trudeau qui conçoit le Canada comme une sorte d’île artificielle construite au nord des États-Unis afin de permettre aux nations du monde entier d’organiser une exposition internationale permanente.

Pour ces gens-là, le Canada n’est pas un pays avec une culture et une histoire propres, mais un territoire vierge, une sorte de grosse auberge espagnole où se côtoient, dans le désordre le plus total, tipis, yourtes, tentes, igloos, cases, minkas et cabanes à sucre.


DES ZÉLIG

Avez-vous vu Zélig, le film en noir et blanc de Woody Allen racontant les aventures extraordinaires d’un homme qui prend littéralement l’identité des gens qui l’entourent, tel un caméléon dénué de personnalité propre ?

Eh bien, Layton et Ignatieff sont des Zélig.

Quand ils rencontrent des leaders de la communauté sikhe, ils ne font pas que les écouter, leur présenter les grandes lignes de leur programme et discuter avec eux, non : ils s’habillent pareils !

Au lieu de dire « je respecte qui vous êtes, respectez qui je suis » (seule base possible d’un véritable DIALOGUE entre les cultures), ils se dissolvent dans la culture de leurs interlocuteurs.

Pathétique…


UN CADEAU POUR LE BLOC

Le Bloc veut rebondir dans les sondages et se démarquer du parti de mononcle Jack ?

Il n’a qu’à condamner fermement cette mollesse identitaire.


25 Avril 2011

Permalink 09:42 am, Richard Martineau / Franc-parler, 13 mots  

Le moment de télé du jour

Quand Thierry Ardisson défendait le royalisme...

(Va-t-il être invité au mariage royal?)





Permalink 09:36 am, Richard Martineau / Franc-parler, 558 mots  

Les frères jumeaux

Jeudi dernier, dans ma chronique, je citais une jeune militante péquiste qui affirmait que le problème, avec le Bloc, est que le parti de Gilles Duceppe penche trop à gauche.

Avec le résultat que les électeurs ne voyaient plus la différence entre le NPD et le Bloc.


UN CLONE ?

Cette militante n’est pas seule à penser de la sorte.

En 2008, l’ex-ministre Jacques Brassard avait publié une lettre ouverte affirmant la même chose.

« Le Bloc devient principalement un parti de gauche et accessoirement un parti souverainiste, écrivait-il. Il est devenu le jumeau du NPD, cet archaïque parti socialiste canadien… »

Dans une entrevue accordée à La Presse, l’ancien ministre en remettait.

« Le Bloc est devenu le clone du NPD. La souveraineté a été plus ou moins mise en veilleuse. On n'en parle plus. Les circonstances ne s'y prêtent pas. Mais il reste que c'était cela la raison d'être du Bloc.

« Malheureusement, cela ne fait plus partie de leur discours. Ils ont adopté carrément un discours de gauche avec tous les thèmes habituels de la gauche. Je regrette, mais moi ça ne me convient pas. Je ne me reconnais pas dans ce parti », avait-il lancé.


LE HAUT-PARLEUR DES SYNDICATS ?

Quelques jours plus tard, cinq anciens députés bloquistes sortaient eux aussi du placard pour tirer à boulets rouges sur les idées défendues par Gilles Duceppe.

« Il y a tellement d’anciens syndicalistes de la CSN qui se sont recyclés comme militants ou députés du Bloc que je me demande parfois si le Bloc n’est pas en fait le Sénat de la CSN à Ottawa », déplorait Richard Belisle, député bloquiste de 1993 à 1997, à La Presse.

« Le Bloc est inutile. Ceux qui n’étaient pas de l’extrême gauche ou du milieu syndical ont vécu l’enfer dans ce parti. Je regarde cela et je trouve cela épouvantable. Le Bloc québécois est devenu le bras politique de la CSN », renchérissait Ghyslain LeBel, député bloquiste de 1993 à 2002.

« Regardez les hauts dirigeants du Bloc, Gilles Duceppe, Pierre Paquette, Francine Lalonde, Claude Bachand, Yves Lessard : ils sont tous issus du milieu syndical… »


LE CHEMINEMENT DU CHEF

Vous voulez comprendre pourquoi le Bloc a pris un tel virage ?

Vous n’avez qu’à regarder le cheminement de son chef.

En 1980, Gilles Duceppe n’a pas voté au référendum car il était membre du Parti Communiste du Québec, et que pour les cocos, le débat constitutionnel était d’abord et avant tout une chicane entre deux clans capitalistes.

Gilles Duceppe est né en juillet 1947.

Faites le calcul : lors du référendum de mai 1980, l’actuel chef du Bloc avait presque 33 ans.

Être membre du Parti communiste à 20 ans est romantique.

Être membre du Parti communiste à 33 ans (et ce, neuf ans avant la chute du Mur) est, disons… spécial. Il faut vraiment être convaincu.


CHOISIR L’ORIGINAL

Actuellement, le Parti conservateur ne passe pas au Québec. Et la réputation du PLC est encore entachée par le souvenir du scandale des commandites.

Restent donc le NPD et le Bloc.

Or, si vous aviez le choix entre voir un spectacle d’Élvis, et voir le spectacle d’un imitateur d’Elvis, lequel choisiriez-vous ?

Poser la question, c’est y répondre…



24 Avril 2011

Permalink 22:08 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 8 mots  

Le moment de télé du jour

Une fille qui a une phobie des... cornichons.






Permalink 20:34 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 586 mots  

Adieu, monsieur le professeur

Moore


« Un bon professeur peut captiver les classes rétives et rendre vivants les enseignements les plus mal conçus. Il peut tout sauver. »

— François de Closets, Le bonheur d’apprendre et comment on l’assassine


Avant-hier, j’ai appris une mauvaise nouvelle : Norman Moore, mon extraordinaire prof de philosophie au cégep André-Laurendeau, est décédé des suites de la maladie d’Alzheimer.

Avec ma prof de sociologie Nadine Pirotte, mon prof de cinéma Michel Larouche et mon prof d’économie Jacques Trudel (qui débutait toujours ses cours par une décapante revue de presse, et qui est disparu lui aussi il y a trois ans), Norman a littéralement changé ma vie, en ouvrant devant moi un territoire que je n’avait jamais soupçonné.

Celui des livres, des idées, de la rhétorique.


LE TOURBILLON DE LA VIE

J’avais continué de voir Norman et son épouse Angélique après mes études, mais vous savez comment ça se passe, le tourbillon de la vie nous happe, les rencontres se font de plus en plus espacées, et un jour, on finit par se perdre de vue.

Régulièrement, je me disais qu’il fallait que je reprenne contact avec lui, mais je n’ai jamais passé à l’acte, par paresse, pudeur et timidité.

Résultat : mon prof est mort et je ne lui reparlerai plus jamais.


TROP TARD

Je vous raconte cette histoire pour trois raisons.

Premièrement, il ne faut jamais reporter à plus tard le temps des retrouvailles avec les vieux amis qu’on a perdus de vue.

Car un jour, « plus tard » devient « trop tard », et on se retrouve les bras ballants devant des souvenirs flous.

Deuxièmement, ces quatre excellents profs qui, chacun à leur façon, ont marqué ma vie enseignaient tous au cégep André-Laurendeau, à Lasalle, une institution qui était considérée dans les années 70-80 comme mineure, secondaire, à ne fréquenter qu’en dernier recours.

Comme quoi les fameux palmarès des écoles (que les parents passe au crible, angoissés à l’idée d’inscrire leurs enfants à une « mauvaise » école) ne veulent rien dire.


L’HUMAIN AVANT TOUT

Et troisièmement, on parle beaucoup de réforme, d’écrans électroniques, de technologie, de structures, de commissions scolaires et de bureaucraties, ces temps-ci…

Mais on oublie que l’éducation est d’abord et avant tout une expérience humaine.

C’est bien beau, la quincaillerie et les organigrammes, mais rien ne vaut un bon prof, dévoué, allumé, passionné.

Dans le dernier numéro de L’Actualité, Diane Boudreau, prof de français au secondaire, signe une charge à fond de train contre la réforme et les préjugés qui ont cours à l’égard de sa profession. Elle termine son réquisitoire comme suit :

« Malgré le salaire dérisoire des premières années, malgré les critiques nombreuses, je crois que les enseignants exercent la plus belle profession du monde.

« Qui peut se targuer d'avoir marqué un être humain au point qu'il se souvienne de vous pendant des décennies, voire pendant toute sa vie ? »


CHANGER LA VIE

Norman Moore faisait partie de ces profs.

Il vous arrive sûrement, enseignants, de vous demander à quoi vous servez lorsque vous parlez de littérature ou de philosophie devant trente paires d’yeux éteints ou mal réveillés.

Dites-vous que vous êtes peut-être tout simplement en train de changer la vie d’un être humain.

Merci, Norman.


Permalink 09:49 am, Richard Martineau / Franc-parler, 576 mots  

Les petits anges

Je ne suis plus capable de voir des parents tuer leurs enfants.

Quand ce n’est pas un médecin qui poignarde ses bambins, c’est une mère qui plonge dans une rivière avec sa progéniture.

Comment protéger ces êtres innocents du mal qui ronge leurs parents ?


UNE MENACE À TEMPS PLEIN

Il y a un mois, Nathalie Villeneuve, présidente du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale, publiait une lettre ouverte suite au meurtre crapuleux d’une femme de 28 ans par son ancien conjoint, devant les yeux de ses fillettes de 2 et 4 ans.

Le 24 février, l’assassin avait reçu une sentence de probation de deux ans pour voies de fait ayant causé des lésions corporelles contre son ex. Il n’avait plus le droit de la voir ou de l’approcher… sauf quand il allait chercher ses enfants.

Le 12 mars, le bonhomme est allé rejoindre son ex dans un stationnement de Drummondville pour faire l’échange des enfants, et il en a profité pour la poignarder à mort.

Question de madame Villeneuve : pourquoi, dans des cas pareils, ne pas procéder à « l’échange » des enfants dans un endroit sécurisé et supervisé ?

Après tout, si l’homme constitue une menace pour la femme, c’est 24 heures sur 24, pas à temps partiel !

« Le risque ne disparaît pas par magie au moment d’aller chercher ses enfants », de faire remarquer fort justement Nathalie Villeneuve.


UN SYSTÈME INCOHÉRENT

Personnellement, j’irais plus loin.

Pourquoi permettre à un homme qui constitue une menace pour la mère de ses enfants de continuer à voir ceux-ci ?

S’il est dangereux, il est dangereux ! Pour la mère ET pour ses enfants !

Qui nous dit qu’il ne fera pas du mal à ses enfants pour faire souffrir leur mère ?

Honnêtement, ça me dépasse.

La justice considère que tu représentes un danger pour ton ex, mais tu peux continuer à voir les enfants que tu as eus avec elle sans aucun problème ?

Voyons, c’est complètement incohérent !

Idem pour les femmes qui ont frappé le père de leurs bambins…


UN DÉBUT

Bien sûr, cette mesure ne règlera pas le problème des enfants tués par leur père ou par leur mère. Après tout, plusieurs de ces homicides sont commis par des parents « au-dessus de tout soupçon ».

Mais ça serait un pas dans la bonne direction.

La cour juge que tu es une personne violente ? Tu n’as pas le droit de voir tes enfants, point.

Et pendant qu’on y est, pourquoi ne pas faire de suivi psychologique des deux parents dans le cas de divorces particulièrement houleux ?


L’AMOUR QUI TUE

Parlant de violence conjugale…

Pouvez-vous m’expliquer pourquoi autant de gens se sentent si démolis après un divorce, qu’ils en viennent à tuer leurs propres enfants, sous prétexte de leur épargner la douleur de la séparation ?

C’est bien beau, l’amour. Mais il ne faut pas complètement dissoudre sa personnalité dans celle de l’autre.

Comme disait Saint-Exupéry : « Aimer, ce n’est pas se regarder l’un l’autre, c’est regarder ensemble dans la même direction… »

On vante tellement les vertus de l’amour et du couple, dans nos sociétés, qu’on a fini par créer des hordes de dépendants affectifs…



21 Avril 2011

Permalink 09:23 am, Richard Martineau / Franc-parler, 100 mots  

Une succursale du NPD

La popularité soudaine du NPD au Québec fait couler beaucoup d’encre.

Comme l’a écrit Tania Longpré, militante péquiste, sur sa page Facebook hier :

« Le Bloc aura sa leçon de se comporter en filière québécoise du NPD… »

À force de pencher à gauche et de se coller contre le parti de Jack Layton, le Bloc a fini par se dénaturer.

Les gens ne font plus la différence entre le parti de Gilles Duceppe et le NPD. Pour eux, c’est la même chose.

Les Bloquistes récoltent ce qu’ils ont semé…



Permalink 09:22 am, Richard Martineau / Franc-parler, 466 mots  

Les barbus rient dans leur barbe

Dieu que les gens sont naïfs quand il est question de l’Islam !

Regardez ce qui se passe en Égypte.

Quand ça a commencé à barder, ça ne prenait pas la tête à Papineau pour deviner que les Islamistes allaient profiter de la situation pour prendre le pouvoir et remettre les femmes et les chrétiens à leur place — c’est-à-dire quelque part en dessous du chameau.

C’était écrit dans le ciel en lettres de feu.


LES ISLAMISTES ? OÙ ÇA ?

Or, qu’est-ce que les « spécialistes » ont dit ?

Mais nooooon, voyons, cessez d’être paranos, les Islamistes sont minoritaires et ne veulent pas prendre le pouvoir !

« Les Islamistes égyptiens n’ont plus le pouvoir qu’ils avaient », affirmait The Guardian.

« Il n’y aura pas de révolution islamiste en Égypte », assurait Tunisie Presse.

« Nous assistons à une révolution post-islamiste », clamait Le Monde.

« Les cache-ta-joie de la révolution égyptienne qui craignent une montée de l’islamisme ne connaissent rien à ce pays », lançait Libération.

« Répétons-le : ceci n’est pas une révolution islamique, islamiste ou islamisante. Pas du tout, c’est même le contraire », déclarait François Brousseau dans Le Devoir.


QUELLE SURPRISE !

Or, que pouvait-on lire dans La Presse hier ?

« Les radicaux gagnent du terrain en Égypte. Le phénomène inquiète les chrétiens et les musulmans modérés, qui se demandent comment freiner la vague. »

Je m’excuse, chers amis spécialistes du monde arabe et de l’actualité internationale, mais ça vous surprend vraiment ? Vous ne l’avez pas venu venir ?

Eh bien.

Trop occupés à lire Le Monde Diplomatique, j’imagine…

Pourtant, les barbus n’ont jamais caché leurs intentions.

Kamal Helbawi, un des responsables de Frères musulmans égyptiens, a déclaré noir sur blanc en février dernier que la « révolution égyptienne est guidée par la volonté d'un retour à l'Islam, plutôt que par un idéal de démocratie à l'occidentale ».

On ne peut être plus clair, me semble !


ON ACCEPTE VOS EXCUSES

J’espère que tous les « lologues », tous les spécialistes et tous les chroniqueurs qui ont ridiculisé avec mépris et condescendance les gens qui, comme moi, craignaient une montée de l’Islam en Égypte vont avoir l’humilité de présenter leurs excuses et de faire leur mea culpa.

« L’Islam politique n’est pas une menace mais une source de libération », pouvait-on lire sur le site Web Islam en France, le 17 février dernier.

Bien tiens.

Répétez ça aux Égyptiennes et aux chrétiens qui craignent maintenant pour leur sécurité.

Regardez-les dans les yeux et dites-leur qu’ils n’ont aucune raison de s’inquiéter, qu’Allah va les traiter aux p’tits oignons…



20 Avril 2011

Permalink 08:49 am, Richard Martineau / Franc-parler, 586 mots  

Et la décence, elle?

Dans ses sorties publiques pour expliquer sa décision de demander à son ami Bertrand Cantat de monter sur les planches du TNM et du CNA, le metteur en scène Wajdi Mouawad a utilisé plusieurs beaux mots.

Liberté, justice, pardon, morale, art…

Mais il y a un mot qu’il n’a pas employé, un mot magnifique, sublime qu’on a tendance de plus en plus à oublier.

Décence…


UN ÉTALAGE DE MAUVAIS ALOI

Décence : respect de ce qui est convenable. Synonymes : acceptable, approprié, pudeur, bienséance, savoir-vivre, dignité, discrétion, éducation, tenue.

« La morale est une convention privée ; la décence est affaire publique, écrivait Marguerite Yourcenar dans Mémoires d’Hadrien. Toute licence trop visible m’a toujours fait l’effet d’un étalage de mauvais aloi. »

Wajdi Mouawad a-t-il le droit de faire monter Cantat sur scène ?

Bien sûr.

Véronique Cloutier a-t-elle le droit de ridiculiser la fille que son père a agressée devant un million de personnes sur les ondes de la télé publique ?

Certes.

Mike Ward a-t-il le droit de faire une blague sur Cédrika Provencher ?

Oui.

Andres Serrano a-t-il le droit de plonger un crucifix dans un bain d’urine ?

Aucun doute. La liberté d’expression est à ce prix. Idem pour les caricatures de Mahomet.

Mais ce n’est pas parce qu’on a le droit de faire une chose qu’on doit nécessairement la faire.


LA DICTATURE DES DROITS

Nous vivons dans une société de droits.

Tout le monde a des droits, tout le monde défend ses droits, tout le monde veut davantage de droits.

On dirait un enfant de trois ans : « Je veux, j’exige, je demande, je revendique, j’ai le droit ! »

Mais la décence, elle ? La pudeur ? Le respect ?

Qui se bat pour ces notions ?

Bizarre de société qui protège le droit des artistes de s’exprimer mais ne protège pas le droit des citoyens de se faire respecter.


L’OMBRE D’UN REMORD

Il y a le droit, monsieur Mouawad. Il y a la morale, l’art, le pardon, tous les beaux concepts que vous avez utilisés pour justifier et défendre votre décision artistique.

Mais il y a aussi la décence.

Faire monter Cantat sur scène, c’est manquer de décence la plus élémentaire envers les proches des victimes de violence conjugale.

Et le fait que Cantat ait accepté votre offre sans hésiter prouve de façon assez lumineuse merci qu’il ne mérite pas (encore) qu’on lui pardonne tout à fait le crime ignoble qu’il a commis.

Car si votre ami éprouvait ne fut-ce que l’ombre d’un remord, il aurait fait preuve, lui aussi (et encore plus que vous), de pudeur.

C’est bien beau, la provoc. Mais il y a — et je vais utiliser un mot que les artistes ont particulièrement en horreur — des limites.


PARLANT DE DÉCENCE…

Au lendemain de la catastrophe nucléaire au Japon, des écolos français ont demandé au Parti Socialiste d’inscrire dans son programme la tenue d’un référendum sur le nucléaire.

« Je pense qu’il y a un délai de décence et de respect, a répondu Ségolène Royal. L’heure est aujourd’hui à la solidarité avec les Japonais et au respect de ce qu’ils sont en train de subir… »

On appelle ça « avoir de la classe »…




19 Avril 2011

Permalink 00:14 am, Richard Martineau / Franc-parler, 57 mots  

L'absence

Hier, Wajdi Mouawad a dit qu’il allait présenter son spectacle Des Femmes au Canada, mais qu’il allait « faire clairement sentir l’absence de Bertrand Cantat ».

Et l’absence de Marie Trintignant, qui n’est plus aux cotés de ses quatre enfants, monsieur le metteur en scène, vous allez la faire sentir aussi ?



Permalink 00:14 am, Richard Martineau / Franc-parler, 526 mots  

Donnez-moi des roses

Ainsi, selon le sondage Léger Marketing/Agence QMI publié hier, les Québécois font plus confiance à Jack Layton qu’à Gilles Duceppe, et préfère Stephen Harper (qu’ils prennent pourtant plaisir à diaboliser) à Michael Ignatieff.

Qui a dit que la campagne était dénuée de surprise ?


GRAND-PÈRE CAILLOUX

Pour Layton, ça s’explique.

À une ère où on ne peut pas ouvrir un journal sans apprendre que le système de santé craque de partout, que nos écoles forment des cancres, que nos fonds de pension fondent comme neige au soleil et que le système au complet s’en va chez le diable, Layton rassure, apaise.

C’est comme une p’tite balade de Fernand Gignac après une nuit à écouter du speed métal norvégien.

Sa moustache et son sourire de fumeur de pipe rassurent.

Savez-vous à quoi je pense quand je le vois ? À ces pubs d’assurance-vie pour gens âgés.

Vous avez 102 ans, de l’arthrite et pas un sou à la banque ?

Pas de problème, achetez nos assurances, et tout va aller bien. Même pas besoin de passer un examen médical.

Vous pourrez passer le restant de vos jours à faire des tartes ou à jouer au parchési avec vos petits-enfants, vous êtes entre bonnes mains.

Même si on sait que ça ne se peut pas et qu’il y a sûrement une « pogne » quelque part, ce genre de discours nous tranquillise.


LES BISCUITS FEUILLE D’ÉRABLE

C’est ça, Layton.

Les lunettes roses permanentes.

Des biscuits feuille d’érable, une p’tite tasse de thé Lipton et l’horloge grand-père qui fait toc-toc dans le salon.

Un refuge contre la tempête qui rugit dehors.

Samedi dernier, le Réseau Liberté-Québec organisait un pow-wow à Montréal pour dire aux Québécois que s’ils ne changeaient pas leurs habitudes tout de suite, ils se retrouveront tout-nus dans la rue.

C’est peut-être vrai. Mais ce n’est pas ce que veulent entendre les Québécois.

Trop agressif, trop apocalyptique. Toutes ces histoires de haches et de combat à finir entre la droite et la gauche nous effraient.

Non, au Québec, ce qu’on veut entendre, c’est le ronron de la fournaise, le sifflement de la bouilloire et les belles histoires de mononcle Jack.


JACK ET LE HARICOT MAGIQUE

Ce qui est génial, avec les histoires de mononcle Jack, c’est que non seulement elles se terminent toujours bien, mais le héros n’a pas besoin de faire des gros sacrifices ou de mener de longs combats pour venir à bout des forces du mal.

Pas de ceintures à serrer, de programmes à couper ou de structures à démolir.

Jack plante un haricot magique, grimpe jusqu’au ciel, voit un ogre, attend que l’ogre s’endort, prend son trésor et retourne chez sa pauvre maman.

Il y a même des poules qui pondent des œufs d’or !

Les doigts dans le nez, je vous dis.

À côté de ça, l’odyssée séparatiste de Gilles Duceppe avec ses batailles fédérales-provinciales ressemble à Apocalypse Now.





18 Avril 2011

Permalink 08:53 am, Richard Martineau / Franc-parler, 614 mots  

Au nom de qui?

J’aimerais revenir sur la fin de non recevoir que des groupes d’intérêts ont adressé à François Legault lorsque le cofondateur de la Coalition pour l’avenir du Québec a présenté son programme de réforme du système scolaire, la semaine dernière.

Comme je l’ai écrit jeudi dernier, l’ex-ministre de l’éducation venait tout juste de présenter ses propositions que déjà, la Fédération des comités de parents (FCPQ) criait au scandale et rejetait ses idées du revers de la main.


JUGE ET PARTIE

Comment Lyne Deschamps, directrice générale de la FCPQ, pouvait prétendre parler au nom des parents du Québec alors que les parents du Québec n’avaient même pas encore eu le temps de lire le programme de monsieur Legault ?

Elle fait de la télépathie ? Elle possède un pouvoir extra-sensoriel lui permettant de savoir ce que les parents pensent d’un programme qui vient tout juste d’être présenté au public ?

Non. La réponse est beaucoup moins ésotérique.

Comme l’a dévoilé mon confrère Sébastien Ménard, Lyne Deschamps a été commissaire scolaire pendant 20 ans.

Voilà pourquoi elle s’arrogeait le droit de rejeter les propositions de François Legault « au nom des parents du Québec ».

Parce que celles-ci ne faisaient pas son affaire, point.

Plus en conflit d’intérêt que ça, tu t’appelles Yvan Delorme.


CHACUN SON ASSOCIATION

Des organismes comme la Fédération des comités de parents, il y en a des tonnes, au Québec.

La Fédération des femmes, la Ligue des Noirs, l’Association des Chinois, l’Association des consommateurs, la Ligue des contribuables, l’Association des parents adoptants…

Pensez-vous qu’avant de se prononcer sur un dossier, le président de la Ligue des Noirs du Québec consulte tous les noirs de la province pour savoir ce qu’ils pensent ?

Bien sûr que non.

Mais ça ne l’empêche pas deux secondes de dire qu’il parle en leur nom.


DRÔLE DE DÉMOCRATIE

Pendant le conflit de travail au Journal de Montréal, le président de l’Union des artistes a annoncé que le syndicat qu’il dirigeait boycottait Le Journal.

Or, je suis membre en règle de l’UDA. Et je n’ai jamais été consulté par qui que soit pour savoir si oui ou non, je permettais à l’UDA de mener une campagne de boycott en mon nom.

Une poignée de membres ont écrit à la direction du syndicat pour leur dire que ça serait une bonne idée de boycotter Le Journal, et l’UDA l’a fait.

Sans consultation ni vote.

Belle conception de la démocratie !

Combien d’organismes et d’associations agissent de la sorte ? Combien de syndicats prennent toutes sortes de positions et appuient toutes sortes de causes sans jamais demander la permission à leurs membres ?


DÉTOURNEMENT MAJEUR

Comme l’ont écrit les députés indépendants Marc Simard et Éric Caire :

« Il est douteux que la Fédération des commissions scolaires ait consulté ses 73 membres en moins d'une heure avant de se prononcer sur les propositions de François Legault. De même en est-il pour la CSQ et ses cent cinquante mille membres et pour ceux de la Fédération des comités de parents. Donc, s'ils n'ont consulté personne, c'est qu'ils ne parlent qu'en leur seul nom… »

Combien de temps va-t-on accepter que des lobbyistes professionnels détournent les débats publics en prétendant parler au nom des citoyens ?



Permalink 08:48 am, Richard Martineau / Franc-parler, 602 mots  

Au-delà du rire

Il y a trois semaines, j’ai publié une chronique sur l’humoriste français Coluche, qui s’était présenté aux élections présidentielles en 1981, afin de parler au nom des gens qui en avaient marre que rien ne change, quel que soit le parti au pouvoir.

Plusieurs lecteurs m’ont écrit pour me dire que le temps était venu qu’un Coluche québécois se pointe et fasse le même coup.


LE GROS CAVE

Jean-François Mercier (alias « le gros cave »), qui se présente comme candidat indépendant dans Chambly-Borduas, sera-t-il l’agitateur attendu ?

Plusieurs l’espèrent. Il en a l’audace et le mordant. Et les 870 000 internautes qui se sont régalés de son spectaculaire pétage de plomb contre Bell Mobilité sur YouTube savent qu’il a un talent particulier pour dénoncer l’inefficacité et la mauvaise foi.

Mais il faudrait, pour devenir le Coluche québécois, que Mercier soit moins absurde et plus subversif.


LE RETOUR DU RHINOCÉROS

Lorsqu’il a lancé sa campagne, le king de V a promis que s’il était élu, il allait prolonger l’été indien d’une semaine, installer des flotteurs sur le pont Champlain et interdire la vente de drogues aux nains et aux sourds.

C’est rigolo. Mais c’est le genre de blagues incongrues, loufoques (et, disons-le, assez inoffensives) que les candidats Rhinocéros lançaient, dans le temps.

Ce que j’aimerais, c’est un peu plus de Bill Maher et un peu moins de Paul et Paul.

En tant que « vrai » candidat dans une « vraie » élection, Jean-François Mercier jouit d’une formidable tribune (même s’il n’est qu’un petit candidat indépendant dans un petit comté).

Ça serait bien qu’il s’en serve pas juste pour faire des blagues, mais pour — comme Coluche l’a fait il y a 30 ans — brasser la cage et débusquer la bêtise, la fourberie et l’hypocrisie.


LE MARTEAU-PIQUEUR

« Aux grands maux, les grands moyens », dit l’adage.

Dans les années 60-70, l’humour absurde du Parti Rhinocéros (qui a été fondé par le docteur Jacques Ferron afin de se moquer du régime fédéral) faisait peut-être « la job ».

Mais nous sommes en 2011. À la suite d’une série de scandales et de révélations toutes plus fracassantes les unes que les autres, le cynisme et l’écoeurement des électeurs ont atteint un sommet inégalé dans l’histoire du Québec.

L’heure n’est plus à l’humour gentillet mais à la satire décapante.

Chatouiller le système avec une plume était peut-être drôle il y a trente ans. Aujourd’hui, il faut le pilonner avec un marteau-piqueur.


TOUS LES CLOUS

Mercier ne manquera pas de cibles, car l’imbécilité ne connaît aucune frontière idéologique. Elle se tapit autant à gauche qu’à droite, et autant chez les tenants du fédéralisme que chez les adeptes de la souveraineté.

Même si Coluche avait le cœur à gauche, il tapait partout, autant sur les grosses entreprises que sur les syndicats corporatistes. Sa colère et son ras-le-bol ne logeaient à aucune adresse et ne connaissaient aucune limite.


PARTI D’EN RIRE

« Sans parti-pris, nous avons pris le parti de prendre la tête d’un parti jusqu’à ce qu’une bonne partie des partis soient partis », chantaient Pierre Dac et Francis Blanche dans les années 60.

C’était amusant.

Mais l’heure, maintenant, n’est plus à rire. Il est à rugir.

Go, le gros cave, go !



16 Avril 2011

Permalink 16:41 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 104 mots  

La réponse de Wajdi

Voici la lettre que Wajdi a publiée dans Le Devoir pour répondre à toute la controverse entourant l'affaire Cantat.

Qu'en pensez-vous?

J'aime particulièrement ce passage:

"Ai-je bien fait?

Il n'existe pas de réponse universelle à cette question. Il n'existe que des jugements moraux. L'un dira oui, l'autre dira non. Il ne s'agit pas d'avoir raison, mais de choisir."

Wajdi Mouawad a tout à fait raison.

Il n'y a pas de réponse universelle à cette question. À chacun son choix.

Le metteur en scène a choisi de demander à Cantat de monter sur scène.

J'aurais choisi le contraire.

Chacun ses choix, chacun sa morale...


Permalink 16:36 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 579 mots  

Le grand perdant

Après le Star Wars Kid et Susan Boyle, c’est au tour de Muguette Paillé de goûter aux joies de la célébrité instantanée.

En posant une question, une seule, aux chefs, la chômeuse de Mauricie est devenu aussi célèbre que le militant qui a été pris à la gorge par Jean Chrétien et la p’tite madame qui a traité Brian Mulroney de Charlie Brown…

Comme quoi le débat était plate en maudit !


DUCEPPE GAGNANT ?

Selon la plupart des analystes, Gilles Duceppe était le grand gagnant de la soirée.

Ah oui ? Même si le chef du Bloc a dit (trois fois plutôt qu’une) que sa formation était le seul parti capable de barrer le chemin à Stephen Harper — qui, rappelons-le, est toujours premier ministre du Canada et s’achemine calmement vers une autre victoire ?

Hé bien. On n’a plus les gagnants qu’on avait.

À ce compte-là, déclarons le Canadien champion des séries…

Une chose est sûre : le grand perdant de ce débat a été l’environnement.

Pas un mot sur la question.

Il y avait autant de vert pendant ce débat que de jeunes ou de membres des communautés culturelles dans le groupe de « citoyens ordinaires » qu’on avait choisis pour représenter les francophones du pays…


UN DOSSIER INCONTOURNABLE

Je sais, je sais : nombre d’entre vous roulez des yeux et baillez à vous en décrocher la mâchoire quand vous entendez parler d’environnement et d’écologie.

Mais nous sommes en 2011 pas en 1950 !

On ne peut plus parler de développement économique et d’exploitation des richesses naturelles sans prendre en compte l’environnement !

Il ne s’agit pas d’obliger tout le monde à brouter de la luzerne ou de stopper toute construction susceptible de déranger les habitudes de vie de la moindre quenouille, mais de faire en sorte que l’eau que nous buvons et que la terre sur laquelle nous vivons ne ressemblent pas à une soue à cochons.

C’est bien beau, l’économie, le développement, la croissance…

Mais il y a une façon propre de faire de l’argent et une façon sale.

Voulons-nous des billets verts ou des billets bruns ?


L’AVENIR, NON LE PASSÉ

Terminée, l’époque où l’on opposait le respect de l’environnement et le développement économique.

Les énergies vertes créent de l’emploi !

On est rendu qu’on est obligé de pomper en haute mer pour pouvoir avoir l’insigne privilège de prendre notre 4 X 4 pour aller se chercher une Coffee Crisp au dépanneur. C’est ça qu’on veut continuer à faire ?

Risquer une autre marée noire à la BP ?

L’environnement, ce n’est pas le retour au passé, la babiche et la poule sur la galerie : c’est l’avenir.

C’est les hautes technologies, la science, le génie.

C’est le pétrole qui est dépassé !


UN SILENCE INQUIÉTANT

« Les énergies dites propres deviendront l’industrie en pleine expansion au XXIe siècle, affirme le chroniqueur du New York Times Thomas Friedman. Ce sera LA SEULE industrie en pleine expansion.

« Parents, dites-le à vos enfants si vous voulez qu’ils s’assurent un bon boulot de classe moyenne supérieure : il faut qu’ils fassent du design, de la production, du conseil et des services écologiques… »

Et nos chefs n’en ont pas parlé ?

Honte à eux…



15 Avril 2011

Permalink 00:25 am, Richard Martineau / Franc-parler, 14 mots  

Le moment de télé du jour

Pourquoi il y a 10 commandements et pas 9 ou 11?

L'explication géniale de George Carlin...


14 Avril 2011

Permalink 08:24 am, Richard Martineau / Franc-parler, 84 mots  

On n'a pas vu le même débat

Duceppe gagnant? Vraiment?

Toujours en train de chialer contre Ottawa, s'embourbant dans une discussion sur la loi 101, discutant des bienfaits de la souveraineté (dans un débat portant sur des élections fédérales!), disant que le seul parti pouvant barrer la route à Harper est le Bloc (alors que Harper est toujours là), agressif, sortant la disquette des "bonnes valeurs québécoises" qui seraient différentes des "mauvaises valeurs canadiennes"...

Gagnant, vraiment?

Eh bien, on n'a pas vu le même débat...





Permalink 08:18 am, Richard Martineau / Franc-parler, 624 mots  

La messe noire

Amis d’Amir Khadir et de Gilles Duceppe, accrochez votre capine avec de la broche, car après-demain, la droite arrive en ville !

Le Réseau Liberté-Québec, un think tank de centre-droite qui a vu le jour à Québec, va en effet organiser une journée de débat et de conférences à l’hôtel Hilton Bonaventure à Montréal.


ÇA VA BRASSER

Au programme de cette messe noire : Michel Kelly-Gagnon, de l’Institut économique de Montréal, le politologue Christian Dufour, les chroniqueurs Nathalie Elgrably-Lévy et Éric Duhaime, le blogueur Martin Masse (Le Québécois Libre) — bref, les croque-mitaines favoris du prof Lauzon et de Claudette Carbonneau.

Afin d’empêcher ces suppôts de Satan de contaminer l’air de la métropole avec leurs appels éhontés à la responsabilité individuelle (scandale !), au dégraissage de l’appareil étatique (blasphème !) et à la fin de l’endettement (infamie !), les camarades du Réseau de Résistance du Québécois et d’Alternative Socialiste (« Debout, les damnés de la terre ! Debout, les forçats de la faim ! ») sortiront leur plus belles affiches du Che et serreront fièrement le poing devant l’hôtel.

Preuve que ça va barder : habituellement, les autorités policières demandent aux organisateurs d’événements pouvant susciter la controverse d’embaucher un gardien de sécurité pour chaque tranche de cent personnes. Cette fois-ci, la SQ a demandé au RLQ de doubler la mise et d’embaucher DEUX gardiens de sécurité pour chaque tranche de cent personnes.

Bref, apportez votre casque.


COURAGEUX OU NAÏFS

Je trouve les participants de cette réunion bien courageux. En effet, il en faut une sacrée dose d’audace (ou beaucoup de naïveté) pour proposer aux Québécois de rénover leur sacro-saint modèle.

Regardez ce qui est arrivé à François Legault, cette semaine.

Le cofondateur de la Coalition pour l’avenir du Québec n’avait même pas fini de présenter ses idées pour réformer le système d’éducation que déjà, tous les groupes de pression et d’intérêt resserraient les rangs pour le torpiller.

Que voulez-vous, c’est comme ça, au Québec. Ce ne sont pas les citoyens qui mènent, c’est la Fédération Chose, la Centrale Bidule, l’Association Machin, le Comité Patente, la Corporation Truc…

Non seulement ces organismes (qui disent parler en notre nom) n’acceptent aucune autre idée que celles qu’ils défendent, mais ils ne veulent même pas discuter !

Comment voulez-vous que le Québec bouge avec tous ces sabots de Denver qui nous paralysent ?


UN DÉBAT, PAS DES INSULTES

Mardi dernier, le quotidien Le Monde brossait un portrait des polémistes pro-droite les plus en vue en France. Parmi eux, Élizabeth Lévy, fondatrice de la revue conservatrice Causeur.

« On me dit que je suis devenue réac, confiait cette ancienne gauchiste. J’ai plutôt l’impression que c’est la réalité qui a changé, et que la gauche s’obstine à le nier.

« La seule chose que je demande est qu’on réponde à mes arguments au lieu de les évacuer en m’affublant de noms d’oiseaux et en traquant la supposée fasciste qui sommeille en moi… »


ICI AUSSI

Madame Lévy devrait venir au Québec.

Elle découvrirait qu’il n’y a pas qu’en France où les débats idéologiques ont cédé la place aux échanges d’insultes, où les gens qui parlent au peuple sont traités de démagogues.

Et où les tenants de la droite fiscale sont dépeints comme de dangereux nazis…



13 Avril 2011

Permalink 15:38 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 46 mots  

Le moment de télé du jour

Il y a quelques années, le journaliste Christopher Hitchens a accepté de subir le traitement de "waterboarding" (une méthode de torture particulièrement brutale utilisée par l'armée américaine) à la demande du magazine Vanity Fair.

Il n'a pas aimé son expérience...





Permalink 15:36 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 567 mots  

Le jeu de l'ennemi

Ça y est : le voile intégral est interdit dans l’espace public en France sous peine d’une amende de 207 $.

Je comprends l’idée derrière cette loi. Après tout, le voile — surtout le voile intégral, qui enferme les femmes dans une prison — est un signe de soumission et d’exclusion qui va à l’encontre des valeurs fondamentales de la République.

Cela dit…

Cette loi ne risque-t-elle pas de faire le jeu des intégristes ?


DISCUTER PENDANT QUATRE HEURES

Imaginez que vous êtes policier et que vous vous retrouvez devant une femme voilée qui refuse de dévoiler son identité et de vous donner ses papiers.

Vous faites quoi ?

Le ministre de l’Immigration français a été clair sur la procédure à suivre : les policiers ne doivent en aucun cas utiliser la force contre les femmes récalcitrantes.

Ils doivent « discuter » avec elles et tenter de les convaincre.

Si une femme qui porte un voile intégral refuse de dévoiler son identité, le policier peut l’emmener au commissariat, en autant que l’opération ne dure pas plus de… quatre heures !

Question 1 : comment vous pouvez amener au commissariat une femme qui ne veut pas y aller sans utiliser la force ?

Question 2 : les policiers n’ont-ils pas des choses plus importantes et plus urgentes à faire — comme poursuivre des bandits ?


PAS SIMPLE

Bref, c’est loin d’être simple. La loi est claire sur papier, mais extrêmement compliquée à appliquer.

En fait, tout cela pose une question existentielle : peut-on utiliser la loi pour protéger les gens contre eux-mêmes ?

Obliger une femme qui ne veut pas se voiler à porter une burqa est une chose.

Mais on fait quoi face aux femmes qui désirent en porter ?

On se comporte comment face à une femme qui se considère elle-même comme inférieure aux hommes ?

Comment obliger quelqu’un qui ne veut rien savoir de nos valeurs à s’intégrer à notre société ?


UNE AUBAINE POUR LES INTÉGRISTES

Et puis, il y a l’image…

Imaginez l’aubaine pour les extrémistes musulmans du monde entier : des femme voilées trainées devant des commissariats ! Des policiers abordant des femmes qui portent la burqa !

Ces images vont faire le tour du monde, et exciter encore plus les barbus…

Et si demain, 100 femmes voilées décident de manifester dans un parc de Paris, l’État fera quoi ?

On les embarquera toutes dans des fourgons devant l’œil des caméras ?

C’est ça le problème avec les intégristes religieux de tous poils : pour les combattre, il faut descendre à leur niveau et tourner le dos à nos droits et nos libertés…

Ils le savent. Et ils en profitent.

C’est ça, leur jeu : nous amener à renier nos propres lois, pour ensuite dénoncer notre manque de cohérence…

« Regardez, ils disent être POUR la liberté, mais on n’est même pas libre de s’habiller comme on veut ! »


ON VA LES IMITER ?

Vous me direz qu’en Arabie Saoudite, les femmes n’ont pas le droit de s’habiller comme elles le désirent.

Mais c’est comme ça qu’on veut vivre, chez nous ? C’est ce genre d’attitude fermée qu’on veut imiter ?

On va baser NOS valeurs sur ces pays rétrogrades et arriérés ?

Vraiment, c’est pas simple…





12 Avril 2011

Permalink 15:38 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 286 mots  

Appel aux musulmans

Communiqué d'un groupe islamiste qui appelle les musulmans de France à protester contre la loi anti-burqa:




Allah nous dit « N’obéissez pas à l’ordre des outranciers qui sèment le désordre sur la terre et n’améliorent rien ». [Ar-Room:41]. Ce que nous voyons avec l’interdiction du niqab c’est simplement une continuation de guerre contre l’Islam. Le sang de la haine circule toujours dans les veines du croisade.

Même après que ces mécréants interdiront le niqab dans les jours à venir, ils ne seront pas satisfait et voudraient que les musulmans deviennent comme eux. Allah dit « Ni les Juifs, ni les Chrétiens ne seront jamais satisfaits de toi, jusqu’à ce que tu suives leur religion… » [Baqara:120].

Ô les Muslumans en France, reveillez vous de cette oppression. Combien de temps vous allez vous soumettre sous cette domination mécréants. Alors que Sarkosy veut que nos soeurs musulmanes soient tout nues comme sa femme qui se prostitue ouvertement sur le magazine Playboy.

Le Niqab c’est le symbol de la soumission et de l’obeissance à Allah. Votre allegeance n’est pas vers la loi de l’homme mais plutôt vers Allah. Si vous choissez de garder la bouche bée, eh bien attendez-vous au diable.

Chère frères et soeurs Musulmans soyez brave et ferme pour defier l’interdiction du Niqab le 9 Avril.

L’islam et venue pour dominer le monde y compris La France. N’oublier pas que nous apartenons à l’ummah du Prophet Mohammad.

Notre guidance c’est le Shariah et non pas la constitution de La France.

Alors nos soeurs Muslumanes venez en foule et portez votre Niqab le 9 avril Insha Allah.





Joli groupe, non?





Permalink 07:59 am, Richard Martineau / Franc-parler, 12 mots  

Le moment de télé du jour

Comment un médecin peut-il examiner une femme qui porte une burqa?




Permalink 07:54 am, Richard Martineau / Franc-parler, 501 mots  

La mauvaise volonté

Question quiz du jour : voulez-vous bien me dire pourquoi chaque fois qu’une femme tue ses enfants, il faut pleurer sur son sort et s’apitoyer sur son malheur, alors que quand c’est un homme, il faut le traiter comme un simple criminel ?

À ce que je sache, les femmes n’ont pas plus le droit de tuer leurs enfants que les hommes. Dans un cas comme dans l’autre, il s’agit d’un crime odieux.

La justice est censée être aveugle, quel que soit le sexe de l’accusé…


ON TRACE LA LIGNE OÙ ?

Autre réflexion sur la violence familiale et conjugale…

Ce week-end, Michel David du Devoir a écrit, à propos de l’affaire Cantat, qu’on avait « diabolisé un homme qui a purgé sa peine après avoir involontairement tué sa femme ».

Moi, c’est le mot « involontaire » qui me fait tiquer.

Je sais que Cantat a été condamné pour homicide involontaire. Mais il faut lire le rapport du médecin légiste pour se rendre compte que nous ne sommes pas devant l’histoire d’une femme qui a été poussée par son conjoint et qui est malencontreusement tombée sur un pic à glace qui traînait sur le comptoir de la cuisine.

Marie Trintignant a reçu 17 coups d’une « extrême violence » à la tête.

À partir de combiens de coups peut-on parler d’un homicide volontaire ? À partir de 18 ? 19 ? 20 ? 21 ?

Peut-on aller jusqu’à 32 coups ? 40 ? 56 ?


C’ÉTAIT QUOI, SON INTENTION ?

Si je tire une balle dans la tête d’un homme dans l’intention de le tuer, c’est un homicide volontaire.

Mais si je pogne les nerfs parce que je viens de surprendre un homme en train de jouer au docteur avec ma blonde, que je sors une arme à feu et que je lui fous 17 balles dans le corps, je peux m’en sortir avec une condamnation pour homicide involontaire, même si le résultat est pareil : c’est-à-dire que le gars est raide mort, que sa femme est veuve et ses enfants, orphelins.

Tout est dans l’intention.

C’était quoi, l’intention de Cantat quand il a asséné 17 coups d’une extrême violence à la tête de sa blonde ?

Il voulait lui rafraîchir les idées ? La remettre dans le droit chemin ? Lui faire entendre raison ? La convaincre de voir les choses selon son point de vue ?


PASSER SUR LE CORPS

Il me semble que frapper violemment ta blonde 17 fois sur la tête, puis la laisser sept heures sans aide médicale alors qu’elle a le visage couvert d’ecchymoses, ce n’est pas comme la pousser…

Comme m’a écrit mon ami Stéphane Lessard : si je te passe sur le corps avec mon char, que je recule, que je te repasse dessus, tout ça à répétition à cinq ou six reprises, puis que je sors de mon véhicule pour aller tranquillement manger un hot dog, mon geste est-il volontaire ou pas ?


11 Avril 2011

Permalink 14:47 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 29 mots  

Le moment de télé du jour

Bill Maher à la défense de la France...

"Les Français ont une drôle de conception de la vie privée: ils pensent qu'elle devrait rester privée!"







Permalink 08:03 am, Richard Martineau / Franc-parler, 570 mots  

Le retour du refoulé

On s’inquiète beaucoup, en France, de la montée du Front National.

(Quand je dis « on », je parle surtout de l’élite. Car le peuple, lui, ne s’inquiète pas tant que ça, puisque si Marine Le Pen a le vent dans les voiles, c’est parce qu’une bonne partie des citoyens français votent pour elle…)

Se pourrait-il que si autant de Français appuient le Front National, c’est parce que ce parti ose parler de sujets que les autres partis balaient sous le tapis ?


LA COLÈRE DES CITOYENS ABANDONNÉS

C’est ce que croit le philosophe Alain Finkielkraut.

« Marine Le Pen a dit qu'elle assumait la totalité de l'héritage du Front National, a-t-il dit récemment à la télé française. Voilà pourquoi elle doit être combattue.

« Cela dit, il ne faut pas se fermer les yeux. Si Marine Le Pen monte dans les sondages, c’est que les autres partis lui abandonnent une partie du peuple.

« Il y a toute une frange de la population qui se sentent abandonnés par la majorité des journalistes et des politiciens, qui agissent comme si la France était composée simplement de bobos (Yuppies de gauche) et de jeunes de banlieue. Or, il y a aussi ces gens qui souffrent et qui ne brûlent rien.

« Et tout d'un coup, Marine Le Pen prend en compte leurs souffrances… »


L’AUBERGE ESPAGNOLE

Finkielkraut n’appuie pas le Front National, il n’encourage pas les gens à voter pour l’extrême droite.

Mais il comprend pourquoi une partie importante de l’électorat français penche du côté de l’ancienne formation de Jean-Marie Le Pen.

« Il y a en France une véritable crise identitaire, dit le philosophe. On ne cesse de répéter aux Français que l'identité nationale est un concept dépassé, d’extrême droite, que l'identité française doit consister simplement à s'ouvrir à d'autres identités… Résultat : les gens qui ont l’identité à cœur votent FN. On les pousse littéralement vers Marine Le Pen.

« Il y a un problème quand l'origine n'a droit de cité que lorsqu'elle est étrangère, que toutes les marques identitaires sont les bienvenues, sauf quand il s'agit de l'identité nationale. La France n'est pas une auberge espagnole, et ne doit l'être pour personne… »


LA MISÈRE DU MONDE

Autre sujet occulté par les partis traditionnels et repris par le FN, selon Finkielkraut : l’immigration.

« Nous n'arrivons même pas à donner à nos propres enfants une éducation digne de ce nom dans des écoles dignes de ce nom, lance le philosophe. Nous n'arrivons même pas à soigner correctement nos propres compatriotes. Nous n'arrivons même pas à les loger…

« Et on va continuer à admettre l'idée que nous allons accueillir toute la misère du monde ?

« Ce n'est pas possible, et je crois que le courage, c'est de le dire. Il faut mettre en place un processus visant à préserver les intérêts de la France face à ces flux migratoires dont nous ne connaissons pas encore l'importance… »


UN CADEAU POUR LE FN

Il ne s’agit pas de fermer les frontières. Mais de ne pas accueillir plus de gens que le pays est capable d’intégrer.

Bref, tant que la gauche n’abordera pas ces sujets, l’extrême droite continuera malheureusement de gagner des votes en Europe…



10 Avril 2011

Permalink 15:39 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 550 mots  

La jungle

Comme je l’ai écrit il y a quelques jours, j’ai reçu plusieurs courriels émouvants concernant l’intimidation à l’école.

J’aimerais partager certains de ces messages avec vous.

Tant de vies détruites, tant d’enfants démolis, écrasés…


RECOMMENCER SA VIE

Louise : « Notre fille a été victime d'intimidation toutes ses années au secondaire. Résultat ? Son estime de soi et sa confiance en elle sont à zéro. Au début de la vingtaine, elle a fait une dépression sévère. Que ça fait mal de voir son enfant si malheureuse !

« Ma fille ma lancé une phrase qui est restée gravée dans ma mémoire. Un soir où son moral était à son plus bas, en me touchant le ventre, elle m'a dit : " J'aimerais tant pouvoir repartir ma vie… de là. "

« Ouffff ! J'en ai pleuré un coup et même aujourd'hui, lorsque j'y repense, mes yeux se remplissent de larmes. »


DES SÉQUELLES ÉPOUVANTABLES

Sophie : « J'ai été victime d'intimidation au primaire et au secondaire. J'ai dénoncé mes agresseurs, mais rien n'a changé.

« Les séquelles de ces années d’humiliation sont nombreuses. Maintenant âgée de 28 ans, je souffre d'anxiété sociale sévère et je suis dans l'impossibilité d'avoir un emploi car j'ai terriblement peur d'être en contact avec d’autres personnes. Je suis très seule, isolée et dépressive… »


COMMENT DÉTRUIRE UN ENFANT

Nathalie : « Mon fils était un bambin joyeux, jusqu'à ce qu'il entre à l'école.

« En première année, il est devenu le souffre douleur d'un garçon violent. Il revenait à la maison avec des ecchymoses sur les bras et les jambes et quand on lui demandait comment il s'était fait ça, il nous répondait qu'il était tombé.

« Un jour, un enfant lui a planté un crayon dans le bras ! Savez-vous ce que cet agresseur a eu comme punition ? Il a dû faire un p’tit dessin pour se faire pardonner!

« Ce calvaire a duré deux ans. Deux ans pendant lesquels je suis allé reconduire et chercher mon fils à l'école parce qu'il avait peur. Deux ans à tenter d'intervenir avec la direction de l'école pour que ça cesse, en vain. Deux ans où il a été suivi en pédopsychiatrie pour un trouble anxieux qu'il a développé à cause du laxisme des autorités.

« On l’a changé d’école, mais ça a recommencé.

Bleus, égratignures, lunettes cassées... J'ai vu mon fils de neuf ans revenir à la maison en bermudas et en t-shirt en plein mois de mars parce que ses vêtements avaient été jetés dans un bol de toilettes !


AUCUN SOUTIEN

« On a battu, harcelé et humilié mon fils pendant six ans et le seul soutien qu'on nous a offert, c'est de l’inscrire à un atelier de socialisation pour lui apprendre à se défaire de son attitude de victime !

« À 10 ans, il a commencé à parler de mettre fin à ses jours pour soulager sa souffrance. Aujourd’hui, il a 13 ans, il est beau et intelligent, mais c'est un enfant brisé qui n'a aucune confiance en lui, aucun amour-propre.

« Nous travaillons très fort pour lui apprendre à s'aimer mais c'est un combat de chaque instant car tout le démolit. »

Comment expliquer cette cruauté, cette méchanceté ?



9 Avril 2011

Permalink 16:52 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 140 mots  

Nuance

Je lis Céline avec beaucoup de bonheur.

Mais s'il était vivant, je n'irais pas l'entendre prononcer une conférence.

L'oeuvre, oui. L'homme, non.

Pas difficile à comprendre, me semble...

Idem pour Cantat.

J'écoute les CD de Noir Désir sans problème... Mais aller voir Cantat sur scène?

S'il vous plaît, un peu de décence...

Mouawad aurait pu lui demander de faire la musique de son spectacle, pas besoin de l'inviter à monter sur les planches.

En faisant ça, le metteur en scène ne nous propose pas son oeuvre, il nous impose L'HOMME... Et ça, c'est trop vite, trop tôt.

Trop nous demander...

La réhabilitation prend du temps, on ne peut nous l'enfoncer dans la gorge de force...

Wajdi Mouawad et Lorraine Pintal sont complètement déconnectés s'ils ne comprennent pas ça...





Permalink 16:47 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 581 mots  

L'orage

J’ai reçu un drôle de courriel, l’autre jour.

Un lecteur qui fait partie d’un groupe d’hommes m’écrivait pour me dire que dans son groupe, ils aiment mes chroniques et discutent souvent des questions que je soulève dans mes textes.

« Mais on voudrait que vous nous expliquiez une chose, me demandait-il. Pourquoi prenez-vous la défense des femmes ? »

Euh…

Parce qu’aux dernières nouvelles, c’était encore des êtres humains ?

Et que j’ai une mère, une sœur, une femme et deux filles ?


« ELLE L’A CHERCHÉ… »

Un autre lecteur m’a écrit pour me dire que si Bertrand Cantat a frappé sa blonde, Marie Trintignant, c’est probablement parce qu’elle l’avait provoqué…

Oui, oui, je vous jure : en 2011, on reçoit encore de genre de messages.

Et on dira ensuite que le combat pour sensibiliser les gens à la violence conjugale est gagné…

Remarquez, il n’y a pas que les hommes de cavernes qui pensent comme ça. Certains membres de l’élite aussi.

Avez-vous lu le texte de Lysiane Gagnon, avant-hier ?

Pour la chroniqueuse de La Presse, Cantat n’était pas un batteur de femme, non. Lui et sa blonde avaient une « relation orageuse et passionnée ».

Les plombiers, les mécaniciens et les facteurs qui battent leur femme sont des agresseurs. Les artistes, eux, sont des êtres « passionnés » qui ont des « relations orageuses ».

Bel euphémisme.

Quand je parle du pardon à deux vitesses, c’est en plein ça…


EXTRÊME VIOLENCE

« J’ai besoin de faire sortir de la violence, parce que c’est ce que je ressens à chaque seconde. Moi-même, je suis très violent, dans mes sentiments en particulier », confiait Cantat au magazine Les Inroks plusieurs années avant le drame.

Selon les médecins légistes qui ont examiné le corps de Marie Trintignant, la comédienne (qui avait déjà envoyé à sa mère une lettre signée « Ta fifille battue ») avaient des « lésions cérébrales de même nature que celles qui sont observées chez des conducteurs de moto non protégés par des casques lors de collisions. Les ecchymoses observées sur le visage de la victime plaident en faveur d’un scénario d’une violence extrême… »

Méchante passion, en effet…

Si Cantat était boulanger au lieu de chanteur, on parlerait plutôt de « sauvagerie ».


CONTRE LE LYNCHAGE

Lorsqu’on a demandé à Christine Saint-Pierre ce qu’elle pensait de la venue de Cantat, la ministre libérale n’a pas voulu se prononcer en disant que l’affaire ne la regardait pas et qu’elle n’avait pas à faire de commentaires sur les choix artistiques de Wajdi Mouawad.

Bizarre, quand ce fut le temps de demander aux professionnels de la mode de s’engager par écrit à ne plus embaucher des mannequins trop minces, madame la ministre n’a pas eu les mêmes scrupules…

Et entre vous et moi, si un événement culturel qui traite de la condition des femmes ne regarde pas la ministre de la Culture et de la Condition féminine, qui ça regarde ?

Le ministre de l’agriculture ?

Quant au député de Québec Solidaire Amir Khadir, il a dit qu’il est contre le lynchage public.

Venant d’un chef de parti qui a participé et qui appuie activement une ignoble campagne de salissage contre un honnête commerçant, c’est assez savoureux, merci…



8 Avril 2011

Permalink 15:32 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 66 mots  

La leçon de Lorraine Pintal

"Je travaille dans un milieu très ouvert", a dit Lorraine Pintal, la directrice du TNM, lors de son point de presse, il y a cinq minutes...

Car le bon peuple est fermé, c'est ça?

Accepter de faire monter un assassin sur les planches d'un théâtre pour créer une controverse facile, c'est être ouvert?

Et refuser ce sensationnalisme cheap, c'est être fermé?

Eh bien...





Permalink 15:22 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 121 mots  

Serge Denoncourt sur Wajdi Mouawad

Voici ce que Serge Denoncourt a dit sur Wajdi Mouawad à TLMEP:

« Ben c'est qui, Wajdi Mouawad? Est-ce que c'est le pape? En quoi il pardonne à Bertand Cantat et qu'il va nous imposer son pardon? Fais de l'art. De quoi tu te mêles? (...)

« Je trouve que Wajdi Mouawad, ça fait 10 ans qu'il nous fait la leçon au Québec, puis tout le monde me dit que c'est un génie. Il nous dit que nous, on comprend pas la guerre, que nous, on comprend pas ceci, on comprend pas cela. Mais des batteurs de femmes, mon petit gars, on comprend ça, on en a nous autres aussi. Puis on a une réaction face à ça ».

Et paf! dans les dents...





Permalink 12:33 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 14 mots  

Le moment de télé du jour

Fous rires entre Jean-Louis Trintignant et sa fille Marie, pendant une répétition...






Permalink 11:21 am, Richard Martineau / Franc-parler, 72 mots  

La vraie obscènité

Samantha Ardente a été congédiée...

Pourtant, la porno, à ce que je sache, est une industrie légale...

Cette fille ne fait pas du trafic de coke! Elle n'est pas prostituée!

Et elle a promis de ne plus jouer dans un film pour adultes, alors... C'est quoi, le problème?

Si les commissaires scolaires veulent faire la chasse à l'obscénité, qu'ils commencent pas faire le ménage dans leurs finances...





Permalink 11:10 am, Richard Martineau / Franc-parler, 107 mots  

La nausée

Lettre à Wajdi Mouawad, de ma blonde Sophie Durocher...




En 1999, tu étais monté sur tes grands chevaux parce que le Théâtre du Nouveau Monde avait placé des affiches de commanditaires sur la scène le soir de la première de ton Don Quichotte. Dans une lettre ouverte haineuse, tu traitais les commanditaires « de connards assurés, de pétasses argentées et de gros tas cellularisés ».

Tu injuries ceux qui te donnent du fric pour monter tes pièces, mais tu n’es que compassion et pardon face à un gars qui a attendu sept heures avant d’appeler les secours pour sauver sa blonde agonisante?







7 Avril 2011

Permalink 14:44 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 43 mots  

Le moment de télé du jour

Des Arabes françaises expliquent pourquoi elles vont voter... LePen!

"Il n'est pas raciste", disent-elles...

Et elles critiquent les "étrangers" qui trahissent les valeurs françaises...!

Si des Français de souche s'exprimaient de cette façon, ils se feraient traiter de racistes...














Permalink 07:23 am, Richard Martineau / Franc-parler, 585 mots  

Le pardon asymétrique

Comme je le mentionnais dans mon blogue avant-hier, le ministre de l’Immigration pourrait interdire l’entrée au pays de Bertrand Cantat sur la base de l’article 36 de la loi sur l’immigration.

Mais même si le meurtrier de Marie Trintignant ne pouvait pas faire partie de la distribution du nouveau projet de Wajdi Mouawad, la question demeurerait entière : le TNM et sa directrice, Lorraine Pintal, avaient-ils raison de l’inviter à monter sur ses planches en mai 2012 ?


UNE « GRANDE » CAUSE, VRAIMENT ?

« Malgré l'horreur de son crime, ou peut-être à cause de cela, il n'empêche qu'il y a aussi une grandeur dans l'idée de pardon que défendent Wajdi Mouawad et Lorraine Pintal », écrivait le chroniqueur de La Presse Yves Boisvert, hier.

Mais est-ce l’idée du pardon avec un grand P que défendent Pintal et Mouawad, ou seulement l’idée plus humble (et beaucoup moins « grande ») du pardon de Bertrand Cantat — qui, on le sait, est un ami personnel de l’auteur ?

On est en droit de se poser la question.

Car, corrigez-moi si je fais erreur, mais ni Lorraine Pintal, ni Wajdi Mouawad, ni la réalisatrice Micheline Lanctôt (qui a pris la défense de Cantat dans une lettre ouverte publiée hier) ne sont montés aux barricades pour défendre le droit de travailler de Guy Cloutier — qui a pourtant, lui aussi, purgé sa peine et payé sa dette à la société.

Pourquoi ?

Tuer une femme à coups de poings serait-il moins grave qu’abuser d’une mineure ?

Existerait-il une échelle de l’indignation dans le merveilleux monde du showbiz ?

Ce qui est bon pour pitou ne serait pas bon pour minou ?


LA « BONNE GANG »

Où étaient-ils, ces artistes généreux et humanistes, quand VrakTV a retiré tous les épisodes de la série Une grenade avec ça montrant Jean-François Harrison, alors que l’artiste n’avait pas encore été déclaré coupable ???

On ne les a pas entendus parler — un trémolo dans la voix — de censure, de justice, de dignité…

Vous savez ce que je pense ?

Les artistes ont le pardon asymétrique. Ils défendent Cantat et non Cloutier, car Cantat fait partie de la bonne « gang », alors que Cloutier était un producteur de quiz et un gérant d’artistes considérés comme quétaines par les grands noms du théâtre.

C’est ça, le fond du problème.

Comme l’a déjà écrit ma blonde dans le journal 24H, personne n’aurait défendu Roman Polanski s’il avait été un réalisateur mineur qui tournait des films de série Z.

On l’aurait laissé macérer dans sa médiocrité.


UNE INDIGNATION HYPOCRITE

Les artistes qui défendent Cantat me semblent profondément hypocrites.

Ils disent défendre de grandes valeurs abstraites, alors qu’ils défendent seulement « un des leurs ».

Lorraine Pintal, Wajdi Mouawad et Micheline Lanctôt me surprendront le jour où ils défendront AUSSI le droit à travailler d’artistes qui auront commis l’odieux crime de ne pas évoluer dans les mêmes sphères esthétiques qu’eux.

Là, monsieur Boisvert, on pourra parler d’une « grande » cause.

D’ici là, ça ressemble plus à un réflexe de caste.


QU’EN PENSENT-ILS ?

En passant, j’aimerais entendre les réflexions de Claude Corbo, recteur de l’UQAM, et de Pierre Alary, vice-président de Bombardier, qui siègent sur le conseil d’administration du TNM…



Permalink 07:20 am, Richard Martineau / Franc-parler, 88 mots  

Une relation "orageuse"...

Pour Lysiane Gagnon de La Presse, le couple Cantat-Trintignant avait une "relation orageuse et passionnée"...

Une autre façon de dire qu'il battait sa blonde...

La chroniqueuse aurait-elle écrit ça si Cantat avait été plombier plutôt que chanteur?

Cantat n'était pas un amant "orageux et passionné": c'était un BATTEUR DE FEMME, qui a fini par tuer sa conjointe à COUPS DE POINGS !

Peut-on appeler les choses par leur nom?

Pourquoi on marche sur des oeufs dans cette affaire? Parce que ce drame implique un artiste????




6 Avril 2011

Permalink 10:24 am, Richard Martineau / Franc-parler, 38 mots  

Le moment de télé du jour

Caroline Fourest contre Tarik Ramadan, sur l'intégrisme musulman et le double-discours des extrémistes qui se font passer pour des modérés...

C'est long, mais c'est essentiel pour connaître le véritable discours de Ramadan...

















































Permalink 08:53 am, Richard Martineau / Franc-parler, 577 mots  

Le noir désir de Wajdi Mouawad

Avant de discuter de l’affaire Cantat, les faits.

Le chanteur de Noir Désir n’a pas « été mêlé à une sombre histoire de violence conjugale » : il a battu sa conjointe, Marie Trintignant, à plusieurs reprises, et alors qu’elle agonisait sur le plancher dans son sang, comme une bête, comme un déchet, au lieu d’appeler l’ambulance, monsieur est allé tranquillement cuver son vin sur un sofa pendant plusieurs heures.

Résultat : la comédienne est morte des suites de ses blessures.


UN MEURTRE ABOMINABLE

Pour le jury qui a condamné Cantat, le chanteur jaloux et possessif a commis un « homicide involontaire ».

Pour moi, il a tué une femme, point. Frapper violemment une femme à la tête et ne rien faire pendant DES HEURES alors qu’elle gémit dans son sang, c’est un meurtre crapuleux qui mérite beaucoup plus que quatre années de prison.

Imaginez maintenant ce qui aurait pu arriver si c’était un animateur de radio (de Québec…), un politicien (conservateur…) ou un banquier qui aurait agi de la sorte.
Wajdi Mouawad et Lorraine Pintal se seraient-ils empressés de prendre sa défense ? Auraient-ils demandé à la population de faire des efforts pour réinsérer ce pauvre homme dans la société ?

Poser la question, c’est y répondre.

Regardez comment le milieu artistique a réagi dans l’affaire Jeff Fillion, et le gars n’avait tué personne, il me semble !


RÉHABILITONS GUY CLOUTIER !

Madame Pintal dit que Bertrand Cantat a purgé sa peine et qu’il a le droit de pratiquer à nouveau son métier, qui est de chanter.

D’accord.

Est-ce à dire que vous n’hésiteriez pas une seconde à donner un rôle à un comédien qui a fait de la prison pour possession de porno juvénile, alors ?

Ou à travailler avec Guy Cloutier ?

Croyez-vous que La Presse, Le Journal de Montréal, TVA ou Radio-Canada réembaucherait un journaliste qui a fait de la prison pour homicide ?

Jamais de la vie.

Savez-vous pourquoi ? Parce qu’un journal, une station de télé (et un théâtre) ne sont pas des lieux de travail anodins. Ce ne sont pas des usines, des établis ou des bureaux comme les autres.


UN STATUT PARTICULIER

Monter sur les planches du TNM, ce n’est pas comme fabriquer anonymement des meubles dans un entrepôt situé au beau milieu d’un parc industriel.

D’ailleurs, ce n’est pas ce que les artistes disent : « Nous avons un statut particulier au sein de la société » ?

Eh bien, ce statut ne vient pas qu’avec des privilèges, mais aussi avec des responsabilités.

Et l’une de ces responsabilités est qu’on ne banalise pas la violence conjugale.

« Ce n’est pas Bertrand Cantat le meurtrier qu’on a invité, mais Bertrand Cantat l’artiste », m’a lancé Lorraine Pintal hier.

Désolé, mais dans la tête de la plupart des gens, les deux sont indissociables.

Un vient avec l’autre.

Chaque fois que les gens applaudissent Cantat, ils participent à effacer encore un peu plus le crime qu’il a commis — et avec lui, la mémoire de sa victime.


DOUBLE STANDARD

Bizarres, les artistes, quand même…

Ils crient au meurtre lorsqu’un politicien coupe dans leurs subventions.

Mais ouvrent grands leurs bras à de vrais meurtriers, sous prétexte qu’il ne faut pas juger les gens.

Comprenne qui pourra…



5 Avril 2011

Permalink 15:55 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 25 mots  

Le moment de télé du jour

Luchini sur la transparence à la télé, la libido des gais, la psychanalyse et la sodomie des chèvres...

Savoureux et délirant, comme toujours...







Permalink 15:37 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 132 mots  

Cantat interdit de séjour au Canada?

Cela empêchera-t-il Cantat d'entrer au pays?

Loi sur l'immigration, article 36...




36. (1) Emportent interdiction de territoire pour grande criminalité les faits suivants :


a) être déclaré coupable au Canada d’une infraction à une loi fédérale punissable d’un emprisonnement maximal d’au moins dix ans ou d’une infraction à une loi fédérale pour laquelle un emprisonnement de plus de six mois est infligé;

b) être déclaré coupable, à l’extérieur du Canada, d’une infraction qui, commise au Canada, constituerait une infraction à une loi fédérale punissable d’un emprisonnement maximal d’au moins dix ans;

c) commettre, à l’extérieur du Canada, une infraction qui, commise au Canada, constituerait une infraction à une loi fédérale punissable d’un emprisonnement maximal d’au moins dix ans.

Permalink 08:39 am, Richard Martineau / Franc-parler, 588 mots  

L'homme que vous aimez haïr

Dans le dictionnaire en ligne Wikipédia, voici comment on définit le mot « diabolisation » :

« Procédé consistant à donner une forte connotation négative à une idée, un groupe ou un individu, de sorte que sa seule évocation suscite une réaction de rejet. »

C’est exactement le procédé qu’on applique à Stephen Harper.


UN ANALPHABÈTE

Comment on diabolise quelqu’un ?

Premièrement, nous apprend Wikipédia, on utilise la règle de trois.

« Hitler était végétarien, tu es végétarien, donc tu est un puriste dangereux. »

C’est ce qu’on fait avec Harper. « Bush a menti pour aller faire la guerre en Irak, Harper a appuyé Bush, donc Harper est un menteur. »

Deuxièmement, on le dévalorise.

C’est ce qu’a fait l’écrivain Yann Martel en faisant passer Harper pour un ignare indigne de diriger le pays car n’ayant jamais lu, ô scandale, l’œuvre du poète russe Yevgeny Yevtushenko, le texte sacré hindou Bhagavad Gita et À la recherche du temps perdu de Marcel Proust (livres de chevet, comme tout le monde le sait, de la majorité des citoyens canadiens).


À BOULETS ROUGES

Troisièmement, on ne cesse de dépeindre cette personne sous un jour négatif.

C’est ce que s’empressent de faire certains journalistes « objectifs » (a-hum).

Hier, l’animateur Sylvain Bouchard, du FM 93 à Québec, a diffusé un montage particulièrement révélateur de l’ouverture des six dernières éditions du Téléjournal de Radio-Canada. Elles étaient toutes négatives envers les Conservateurs.

On disait que l’opposition tirait à boulets rouges sur Harper, on entendait Ignatieff ou Duceppe critiquer le Premier Ministre, on mettait l’accent sur les gaffes ou les difficultés du chef conservateur…

Comme s’il n’y savait que lui qui pataugeait !

Je ne dis pas que Harper est un saint. Mais entre le ciel et l’enfer, il me semble qu’il y a un juste milieu.

Or, à entendre la majorité des Québécois, Harper est le diable, point.


ON NOIE LE DÉBAT

En France, le journaliste Benoît Rayski vient de publier un livre-choc sur Sarkozy, L’Homme que vous aimez haïr.

« Partout où il va, Sarkozy est houspillé, hué, injurié, écrit-il. Jamais dans l’histoire récente, un homme politique n’a autant été insulté que lui. Et cette fièvre haineuse s’étend à toute sa famille, son père, sa femme, son fils… »

Rayski n’est pas un adepte de Sarko. Il a voté contre le Président en 2007 et il votera contre lui en 2012. Mais il est révolté par cette haine anti-Sarko qui balaie la France et noie toute tentative de débat.

« Les gens ont la bave aux lèvres lorsqu’ils entendent le nom de Sarkozy, déplore Rayski. Or, quand l’argumentation politique disparaît et laisse la place à l’insulte, cela s’appelle le fascisme. Cette situation est insupportable et nauséabonde. »


UNE ODEUR D’ÉGOÛTS

« Le mécontentement, c’est normal, mais la haine, c’est autre chose, a confié Benoît Rayski à un journaliste. C’est pour moi la lèpre de l’esprit, une paranoïa qui s’entoure de rationalité…

« On peut critiquer la politique de Nicolas Sarkozy, mais l’insulte continuelle — nabot, petit, dictateur nain — a pour moi des relents d’égoûts… Le Président se ferait tuer que ça ne me surprendrait pas. »

Vous ne trouvez pas que ça commence sérieusement à sentir mauvais ici aussi ?



4 Avril 2011

Permalink 20:39 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 62 mots  

Félicitations au TNM

Bertrand Cantat, le meurtrier de Marie Trintignant (qu'il a battue à mort, et qu'il a laissée agoniser sur le plancher pendant qu'il est allé cuver son vin dans son lit) sera sur la scène du TNM en mai 2012 à l'invitation du grand humaniste Wajdi Mouawad.

Question: Mouawad et Lorraine Pintal vont-ils inviter Jean-Louis Trintignant pour qu'il puisse applaudir l'assassin de sa fille????


Permalink 09:16 am, Richard Martineau / Franc-parler, 585 mots  

Chapeau bas

Permettez-moi aujourd’hui de faire quelque chose que je fais trop peu souvent dans mes chroniques : mettre mon cynisme en veilleuse et lever mon chapeau à quelqu’un que j’admire, Jasmin Roy.


UN EXEMPLE INSPIRANT

La croisade que Jasmin mène contre l’intimidation, le harcèlement et l’ostracisme à l’école me touche au plus haut point.

En tant que parent, j’aimerais le remercier chaleureusement pour son courage et sa ténacité.

On dit que notre société est en manque d’exemples positifs pour les jeunes, surtout pour les garçons.

Eh bien en voici un : un gars qui s’est fait écœurer toute son enfance, et qui (comme le pianiste Alain Lefèvre) a transformé la douleur qui l’écrasait en cran, en détermination et en fierté.

Un homme qui nous rappelle l’importance vitale — dans un monde de plus en plus impoli, cruel et grossier — de la courtoisie, du respect et du savoir-vivre.


POMMES POURRIES

Le combat de Jasmin est d’autant plus important que l’intimidation semble prendre des proportions endémiques à l’école.

Quand on est rendu qu’un garçon de 12 ans doit grimper dans un arbre pour échapper à une meute d’agresseurs, et que des jeunes organisent une collecte pour faire casser la gueule à leur souffre-douleur préféré AU VU ET AU SU DE TOUS LEURS CAMARADES DE CLASSE, SANS QUE PERSONNE NE LÈVE LE PETIT DOIGT, c’est que quelque chose a sérieusement dérapé.

Que se passe-t-il, bordel ? Pourquoi l’école est-elle devenue une telle jungle ?

Qu’arrive-t-il à nos enfants ?

« La pomme ne tombe jamais très loin de l’arbre », dit le proverbe.

Si c’est vrai, l’arbre que nous représentons doit être sérieusement pourri pour donner de tels fruits…


LA FAUTE DE LA VICTIME

C’est ça, l’exemple que l’on donne à nos enfants ?

Au plus fort la poche, tous contre un et les gros mangent les faibles ?

Si oui, honte à nous.

Le plus déplorable dans tout ça est la surdité, le mutisme et l’aveuglement des institutions scolaires.

Jeudi dernier, à LCN, je recevais une dame dont la fille a été victime de harcèlement pendant toute son enfance. Cette fille, maintenant âgée de 20 ans, est brisée, détruite. Elle est dépressive, suicidaire, n’a plus aucune estime d’elle-même…

La dame me disait qu’elle est allée voir les profs et la direction de l’école à plusieurs reprises pour qu’on aide sa fille. Rien.

Non seulement personne n’a bougé, mais on blâmait la victime !

Et quand la pauvre fille, à bout de nerfs, a décidé de ne plus aller à l’école, la DPJ est débarquée et a menacé la mère de lui retirer son enfant…


DES HISTOIRES TRAGIQUES

Des témoignages comme ça, j’en reçois à la tonne. J’ai de la difficulté à lire les courriels au complet tellement les histoires qu’on me raconte sont pénibles, douloureuses.

Des enfants qui pleurent chaque nuit tout seul dans leur chambre, sans ami, le ventre pétri de violentes crampes à l’idée de retourner à l’abattoir le lendemain…

Des enfants de 12, 13 ans qui songent au suicide, qui passent à l’acte !

Au cours des prochains jours, je publierai des extraits de lettres que j’ai reçues.

« Il faut briser le silence », répète Jasmin Roy.

C’est ce que nous devons tous faire.

Encore et encore et encore.



3 Avril 2011

Permalink 10:21 am, Richard Martineau / Franc-parler, 43 mots  

Les résistants québécois

D'ailleurs, parlant de Luchini, voici une autre affirmation qu'Il a lancée à l'Express:

"C'est au Québec que j'ai pris le plus de plaisir avec Le Point sur Robert, parce que le français signifie encore quelque chose là-bas : la résistance..."


Permalink 10:16 am, Richard Martineau / Franc-parler, 574 mots  

Êtes-vous flex?

Le comédien Vincent Gratton, le chef Jérôme Ferrer et la nutritionniste Isabelle Huot viennent de publier un recueil alléchant intitulé Végétarien : parfois, souvent ou passionnément.

Ce livre de recettes s’adresse aux « flexitariens », des végétariens à temps partiel qui mangent parfois de la viande (ou des carnivores à mi-temps qui bouffent parfois végé, selon votre point de vue).


SAUTER LA CLÔTURE

Le phénomène « Flex » (pour flexible) ne concerne pas que le monde de la bouffe.

On retrouve des « flexisexuels » (des hétéros qui sautent parfois la clôture et se tapent des aventures homosexuelles — une tendance surtout répandue chez les filles) et ce qu’on pourrait appeler des « flexitoyens », c’est-à-dire des électeurs qui se promènent en toute liberté entre la gauche, la droite et le centre.

Comme l’a confié le comédien Fabrice Luchini au magazine L’Express l’an dernier :

« Je peux me lever réactionnaire, avoir un élan de générosité vers 13 heures, aller jusqu’à Besancenot (extrême gauche) sur le coup de 15 heures, revenir à un réformisme à la Strauss-Khan pour le thé et, le soir, finir par penser que la droite a la vision la moins irréelle du réel.

« Bref, je suis un vagabond idéologique. »


ON BUTINE

Je ne sais ce qu’en pense mon estimé confrère Joseph Facal, mais il me semble que c’est l’une des difficultés majeures des partis politiques actuels : amener les « flexitoyens » — qui, tels des abeilles, butinent d’une option à l’autre — à se « poser » sur leur programme.

Tout comme les citoyens s’abreuvent maintenant à plusieurs sources d’information, les électeurs ont de la difficulté à mettre tous leurs œufs idéologiques dans le même panier politique.

Sans tomber dans le portrait caricatural que dépeint Luchini (droite le matin, socialiste le midi, communiste l’après-midi, centriste en fin de journée et de nouveau à droite le soir), reste que de moins en moins de citoyens se reconnaissent à 100 % dans un parti.


LE BUFFET

C’est ce qui m’arrive actuellement avec la campagne fédérale.

Le programme économique de Harper m’intéresse, mais je crains son conservatisme moral, n’aime pas son côté va-t-en-guerre et suis totalement contre sa volonté de créer une commission canadienne des valeurs mobilières.

J’appuie les mesures écolos proposées par Ignatieff, mais suis contre sa défense aveugle du multiculturalisme et trouve que son parti est trop centralisateur et trop dépensier.

J’aime que Duceppe défende le français et la culture avec acharnement, mais trouve que sa formation ressemble de plus en plus à une succursale francophone du NPD.

Bref, aucun parti ne me fait triper.

J’aimerais piger des idées ici et là, comme dans un buffet.

« Apportez votre bulletin de vote et composez votre propre programme… »


MON CHOIX

Je crois que cette tendance s’accentuera avec les années. Les citoyens seront de plus en plus « flex », et se reconnaîtront de moins en moins dans les partis traditionnels.

Regardez les médias : l’heure est au choix. « VOUS montez votre propre journal en choisissant les textes qui VOUS intéressent, et VOUS faites votre propre programmation en téléchargeant les émissions qui VOUS plaisent. »

Comment rassembler les gens autour d’un programme commun dans une société qui se fragmente de plus en plus ?



2 Avril 2011

Permalink 18:56 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 47 mots  

Stop the press

Clément, le chien de Michel Houellebecq, est mort...

Allez-vous vous en remettre?

(PS: cela dit, pour Houellebecq, qui ne cessait de parler de son chien dans ses livres et ses entrevues, Clément était sa vie, ses parents, son frère, son meilleur ami, son fils...)