31 Mai 2011Le cauchemar des propriétaires
L’autre jour, j’ai eu une longue conversation avec un ami qui connaît bien le milieu de l’immobilier.
« Puis-je te poser une question ? m’a-t-il demandé. Pourquoi les médias nous présentent toujours des reportages sur les mauvais propriétaires qui ne prennent pas soin de leurs immeubles, et jamais sur les mauvais locataires qui ne savent pas vivre et qui détruisent les logements qu’ils louent ? » ENTRE LES MURS Bonne question. Probablement parce que c’est plus payant de frapper sur les « gros » que sur les « petits ». Et que les journalistes ne veulent pas avoir l’air d’être contre les pauvres… « Pourtant, m’a dit mon ami, c’est une réalité. Il suffit de parler à quelques propriétaires pour s’en rendre compte : il y a beaucoup de locataires qui se conduisent comme des porcs. Ils urinent et défèquent dans le corridor, ne sortent jamais leurs poubelles, empilent leurs déchets dans la cuisine, lancent leurs sacs de vidange du quatrième étage… « Certains font un trou dans le gyprock pour pouvoir entreposer leurs poubelles entre les murs ! » PAR LES FENÊTRES « Un propriétaire m’a raconté qu’un de ses locataires avait scié toutes les portes des chambres en deux pour pouvoir surveiller ce que font ses enfants quand il est aux toilettes ou dans son lit. « D’autres louent un logement pour deux personnes, mais se retrouvent 10 ou 12 à l’occuper ! Au lieu de faire des copies de clés pour tout le monde, les occupants entrent dans le logement en passant par les fenêtres ! « Il y a même une famille d’immigrants qui habitait dans un demi sous-sol en terre… C’est fou, tout ce qu’on peut voir dans certains quartiers ! » « Des logements neufs transformés en piqueries et en bordels, avec des enfants qui se promènent en couche entre les junkies et les putes… » DES NIDS À FEU « Certains locataires viennent de pays où il n’y a pas de services de collecte de déchets. Alors ils ne savent pas quoi faire avec leurs poubelles… « D’autres font cuire des poulets entiers sur un poêle Hibachi, il y a de l’humidité partout, de la boucane, des champignons sur les murs… De vrais nids à feu ! » Vous êtes propriétaire et vous avez déjà vécu de telles aventures avec des locataires irresponsables ? Écrivez-moi. C’est bien beau, dénoncer les mauvais propriétaires, mais quoiqu’en disent certains militants pro-locataires, les porcs ne logent pas tous du même bord de la clôture… 30 Mai 2011Le pays de l'Apartheid
Le 17 juin, en Arabie Saoudite, royaume musulman où les femmes sont moins bien traitées que les chameaux, des femmes courageuses braveront une loi débile leur interdisant de conduire.
Afin de remettre ces rebelles « à leur place », les barbus ont lancé une campagne nationale encourageant les Saoudiens à battre TOUTE FEMME qui sera surprise en train de conduire une auto. AU NOM D’ALLAH En Arabie Saoudite, non seulement les femmes n’ont pas le droit de conduire, mais elles n’ont pas le droit de voter ni d’entrer dans un poste de police. De plus, elles ont le droit de pratiquer seulement certaines professions, comme l’enseignement. Mais si leur mari, leur père ou leur fils leur recommande de ne plus travailler, elles doivent obéir. Bref, c’est un pays ridicule et arriéré. Si c’était des Noirs qu’on traitait de la sorte, l’Occident déchirerait sa chemise et mettrait ce pays au ban des nations, comme on l’a fait avec l’Afrique du Sud. Mais ce sont des femmes qui sont visées. Au nom d’Allah le miséricordieux, en plus. Alors on prend notre trou et on ne dit rien. De peur de passer pour de méchants islamophobes. AMIR CŒUR DE LION Pendant ce temps-là, que font nos petits gauchistes, Amir Khadir en tête ? Ils manifestent devant la boutique d’un humble marchand de souliers qui a le malheur de vendre des chaussures made in Israël ! Ça, c’est du courage, les amis ! Les manifestations organisées depuis plus de six mois par les supporters de Québec Solidaire et les amis d’Amir Khadir devant la boutique Le Marcheur, sur la rue Saint-Denis, sont rendues tellement agressives que son propriétaire, Yves Archambault, craint maintenant pour sa sécurité. « C’est devenu réellement harcelant pour nous, a-t-il déclaré la semaine dernière. Je n’aurais jamais pensé subir dans ma vie une chose semblable au Québec. C’est inquiétant qu’un homme politique soit en train de nourrir un climat aussi contraire à nos traditions nationales de convivialité et de paix. « Amir Khadir et les organisations qu’il soutient essaient réellement de monter le public contre mon commerce… » QUÉBECKISTAN Et pendant ce temps, qui est le politicien le plus populaire au Québec ? Amir Khadir !!!! Et pour quel parti les Québécois ont-ils voté en masse lors des dernières élections fédérales ? Le NPD, une formation qui a présenté une candidate islamiste en 2008 et qui, en octobre 2010, il y a SEPT MOIS, a rendu un vibrant hommage (et ce, en pleine chambre des Communes s’il vous plaît) à l’imam Zijad Delic, le vice-président du Congrès islamique canadien, un organisme extrémiste qui prône entre autres la séparation des hommes et des femmes dans les hôpitaux et qui milite pour que les femmes musulmanes soient soignées par des médecins musulmans. Attaboy, les Québécois ! Encore un effort, et Montréal ressemblera bientôt à Londres… UN BEAU PARTENAIRE Mais revenons à l’Arabie Saoudite et à ses barbus batteurs de femmes… Devinez quelle entreprise fait affaire avec ce pays ? Bombardier, le fleuron de l’économique québécoise qui, il y a une semaine, a décroché un contrat d’une valeur de 96 millions de dollars US. Le grand patron Pierre Beaudouin sait-il que ce pays traite les femmes de cette façon ? Les boulets
Bébés maltraités. Vieillards battus.
Poupons abandonnés. Grands-mères laissées seules dans leur chambre avec leurs plaies de lit. Dieu, que l’aube et le crépuscule de la vie sont durs, au Québec ! UN FARDEAU Pas une journée ne se passe sans qu’on apprenne qu’un bébé ou un vieillard ait été victime de maltraitance. Faut-il être lâche pour s’en prendre à des êtres aussi dépendants, aussi dépourvus ? Comme si le seul âge de la vie qui comptât était celui où l’on était productif. Tu travailles, tu étudies ? Tu es digne de respect. Tu es trop petit ou trop vieux pour apporter quoi que ce soit à la société ? Tu es un fardeau, une chose, et on a le droit de te traiter comme on veut. Viens que je te foute à la garderie de 7 le matin à 6 le soir. Et viens que je te place dans un hospice où on te plantera devant une télé 16 heures par jour. Restez dans votre marde et crissez-nous patience, on a une vie à vivre, nous autres ! L’INDICE DU BONHEUR C’est comme si nous avions complètement perdus la capacité de prendre soin des autres, des êtres démunis qui dépendent de nous, nos enfants qui continuent notre vie, nos parents qui nous ont donné la nôtre. On parque les petits jusqu’à ce qu’ils atteignent l’âge de raison, et les vieux jusqu’à ce qu’ils crèvent. Pourquoi prendre soin d’eux nous-mêmes quand on peut embaucher des professionnels syndiqués qui vont le faire à leur place ? On a développé toutes sortes d’outils pour comparer les sociétés entre elles. Le produit intérieur brut. L’indice du bonheur. Le taux de chômage. La balance commerciale (les exportations versus les importations). Tout ça est de la foutaise. Vous voulez évaluer une société donnée ? Regardez comment ses membres traitent les bébés et les vieillards. C’est la seule chose qui compte. LA NOUVELLE FAMILLE Avant, on travaillait pour gagner sa vie. Maintenant, notre milieu de travail est notre famille. On ne va plus au bureau pour bosser, mais pour « s’épanouir ». On y flirte, on y noue des idylles, on y entretient des relations, on grimpe les échelons, on s’affirme, on se développe, on grandit, on se réalise… Le commis est comme notre petit frère. La secrétaire, notre cousine… Regardez les séries télé. Avant, elles se passaient toutes dans la maison, avec le père, la mère, les enfants. Papa a raison, Mes trois fils, La famille Stone, Cher oncle Bill, The Brady Bunch… Maintenant, elles se déroulent toutes au bureau. Il y a une table, comme avant, mais c’est une table de réunion, avec des avocats autour. L’associé aux cheveux gris a remplacé le père, la secrétaire administrative est la mère, la jeune avocate ambitieuse est la fille cadette… UN TRAVAIL ARDU C’est comme si le bureau était devenu notre maison, et notre maison, un bureau où l’on fait du temps en attendant de retourner voir notre famille, le lendemain. Vous comprenez ce que je veux dire ? Pas étonnant qu’on se fout des enfants et des vieux. Ils ne font plus partie de notre vie, de notre « famille ». Ils sont des boulets, qui nous empêchent de nous « épanouir » au travail. 28 Mai 2011Les pieds dans l'eau
Les mauvaises langues disent que les Conservateurs n’ont pas démontré assez de compassion pour les sinistrés du Haut-Richelieu.
Faux ! NUT ISLAND La preuve : ça a pris seulement un mois pour que le ministre MacKay se pointe dans la région. Alors qu’il y a 249 kilomètres entre Ottawa et Saint-Paul-de-l’île-aux-Noix ! Si ce n’est pas une preuve que Stephen Harper a les régions à coeur, je me demande ce que c’est. Les inondés se sont-ils pointés au Parlement pour aider les députés conservateurs qui ont perdu leurs élections à faire leurs boîtes et à nettoyer leur bureau ? Non. Alors, si j’étais eux, je me garderais une petite gêne avant de donner une leçon de compassion à quiconque… D’AUTRES PRIORITÉS Deuxièmement : c’est bien beau, les inondations, mais les Conservateurs n’ont pas que ça à faire. Après tout, ils sont majoritaires ! Ils doivent établir la liste de tous les programmes qu’ils souhaitent couper d’ici les prochaines élections fédérales. Ça ne paraît pas, mais c’est de la job, ça, monsieur ! Et puis le ministre MacKay a d’autres chats à fouetter. Son gouvernement s’apprête à dépenser neuf milliards de dollars dans l’achat de 65 avions F-35, même si les porte-paroles du Pentagone affirment que le prix demandé pour ces appareils est obscène. Il devra justifier son choix, rassurer les patrons de Lockheed Martin qui ont peur de perdre cette manne… C’est pas mal plus important que d’aller aider des riverains qui ont de l’eau dans la cave ! SUPER PETER Vous avez vu Peter MacKay à l’œuvre, mercredi ? Le ministre de la Défense nationale n’a pas attendu ni une ni deux. Il venait à peine de débarquer à Saint-Jean-sur-le-Richelieu que déjà, hop, il se faisait prendre en photo avec une salopette imperméable ! Parlez-moi d’un politicien efficace ! Non seulement ça, mais le ministre MacKay a discuté avec les maires de la région pendant… huit minutes ! Huit LONGUES minutes, alors que son armée venait tout juste de larguer 240 bombes sur la Libye ! Patauger dans l’eau alors avec des paysans québécois qui n’ont pas voté pour son parti alors que le Canada lutte pour la démocratie et la liberté à l’autre bout du monde, ça s’appelle « avoir la main sur le cœur » et « être proche du p’tit monde », ça, monsieur ! COMPÉTITION AU PRIVÉ Les gens s’énervent parce que le ministre Vic Toews a osé écrire que l’armée ne peut aider les sinistrés à nettoyer leurs terrains car « ça ferait de la compétition déloyale à l’entreprise privée ». C’est quoi, le problème ? Monsieur Toews a raison ! Si j’étais lui, j’irais même plus loin. Je fermerais les hôpitaux publics car ils font compétition aux cliniques privées, je remplacerais l’armée par la firme de sécurité Blackwater et je remplacerais le Parlement par un bureau d’experts comptables ! Car entre vous et moi, qu’est-ce que les politiciens font qu’une bonne firme privée ne pourrait pas faire ? YOUPPI À LA DÉFENSE On pourrait aussi en profiter pour remplacer Peter MacKay par une mascotte. Ça ferait des plus belles photos, et les enfants seraient contents de se promener en canot à ses côtés. Et puis, tant qu’à avoir un clown… AVERTISSEMENT AUX PERSONNES QUI N'ONT MALHEUREUSEMENT PAS LE SENS DE L'HUMOUR: ce texte est à prendre au DEUXIÈME degré, il est IRONIQUE! 26 Mai 2011Pour une droite sentimentale
Hier, je racontais le virage à 180 degrés du Parti socialiste français qui, après avoir affirmé qu’il allait « changer la vie » en 1981, s’est mis à gouverner à droite pour échapper aux écueils de la crise économique.
Preuve qu’on a beau avoir les plus belles idées du monde, si elles ne tiennent pas compte de la réalité, elles vous font couler tête première. DROIT AU COEUR Pourquoi les gens croient encore aux grandes révolutions économiques de gauche, alors ? Parce que la gauche vend du rêve. Et que, comme le chantait Michel Rivard, le monde a besoin de magie. Dimanche dernier, David Descôteaux du Canal Argent écrivait d’ailleurs une chronique brillante et capitale sur la question. Il y affirmait que la force de la gauche est de savoir comment toucher le cœur des gens. « Le plus grand succès de la gauche est d’avoir fait passer les gens de droite pour des sans-cœur, écrivait-il. Des gens qui ne pensent qu’à l’argent, et qui rêvent d’un monde où règne la loi de la jungle, la loi du plus fort. Et disons-le franchement, beaucoup de gens à droite ne s’aident pas beaucoup, et leur donnent raison… » GENS DE PAROLES Pour Descôteaux si la droite veut réussir à convaincre la population du bien-fondé des réformes qu’elle propose, elle doit lâcher les théories abstraites et les discours dogmatiques pour montrer qu’elle a le sort de TOUS les Québécois à cœur. Si la droite ne prend pas ce virage, si elle ne réussit pas mettre un peu de sucre dans son vinaigre et à prouver qu’elle est, toute autant que la gauche, généreuse et compatissante, elle se condamne à rester dans la marge. Car les Québécois, comme le disait Gilles Vigneault, sont d’abord et avant tout des gens de PAROLES, et non de chiffres. Que ça nous plaise ou non. LISÉE À L’ENVERS Jean-François Lisée plaide depuis longtemps pour que la gauche soit moins « rêveuse », moins « naïve » et plus « pragmatique ». Il appelle cela la « gauche efficace ». Eh bien, la droite, si elle veut survivre, doit suivre le chemin inverse. Elle doit être moins « froide », moins « rigide » et plus « humaine ». Appelons ça la « droite sentimentale ». À la gauche efficace de Lisée, le Réseau Liberté Québec, la Coalition pour l’avenir du Québec, l’ADQ et l’Institut économique de Montréal doivent proposer une droite sentimentale. Un peu moins de dogme, un peu plus d’émotion. Un peu moins de « Je », un peu plus de « Nous ». AVOIR RAISON OU GAGNER ? « Nous sommes au Québec, écrivait Descôteaux dimanche. Pour faire accepter des idées de réforme, la droite doit démontrer que son but premier est d’aider la veuve et l’orphelin. Montrer de la compassion. Et aussi, se rappeler que nous vivons dans une collectivité. Que le nous existe bel et bien – même s’il n’a pas à être incarné par l’État et ses bureaucrates. « Mais ça, la droite l’oublie trop souvent. Et sans ça, même les meilleures idées économiques meurent rapidement. » Que veut la droite ? Avoir raison en boudant dans son coin, le nez enfoncé dans les ouvrages d’Ayn Rand, ou gagner ? 25 Mai 2011Le moment de télé du jour
Il y a un musulman pour ça...
(Merci à Sierra Charlie...) Iran: du front tout le tour de la têteLa rose fanée
Le 10 mai dernier, les Français qui ont le cœur à gauche (c’est-à-dire, si l’on se fie au nombre d’éditoriaux anti-sarko qui sont publiés depuis trois ans, 90 % des Français qui travaillent dans les médias) ont célébré avec tambours et trompettes le trentième anniversaire de l’accession au pouvoir du Parti socialiste, sous la houlette du plus pétainiste des résistants, François Mitterrand.
CAP À GAUCHE ! À entendre certains nostalgiques, l’élection de Mitterrand n’était rien de moins qu’une révolution. Enfin, la gauche prenait le pouvoir ! Enfin, elle allait tout changer ! Il faut dire que sur papier, tout était beau. Mitterrand allait prendre le contrôle du gouvernail économique du pays, naviguer à contre-courant et mettre le cap à gauche. Le hic, est que les socialistes français avaient tout prévu, tout calculé, sauf un petit détail : la réalité, qui s’est immiscée dans leur beau rêve et les a obligés à suivre un tout autre itinéraire. Dans les faits, la révolution « rose » du PS n’a duré que quelques mois. Après, les Révoltés du Bounty qui souhaitaient finir leur jour sur une île paradisiaque où l’argent poussait dans les arbres ont dû faire comme tout le monde, et sillonner les mers économiques dans le sens du vent. On a beau avoir de belles idées, on ne peut pas changer l’heure ni la direction des marées. CHANGER LA VIE ? Le 10 mai dernier, dans le journal Le Monde, le ministre André Henry est revenu sur cette période rose bonbon où les mitterrandistes clamaient à qui voulait l’entendre qu’ils allaient — bonjour la modestie — « changer la vie ». Quelques jours après la victoire « historique » de mai 1981, André Henry fut nommé par un Président qui l’accueillit en robe de chambre, « ministre du Temps libre ». Oui, oui, pas de farce ! Le gouvernement socialiste a bel et bien élu un ministre du Temps libre ! Même les anciens combattants de mai 68 n’en demandaient pas tant… Son rôle : sillonner la France et discuter de la société des loisirs avec les travailleurs, alors que le pays comptait… deux millions de chômeurs ! Vous avez dit « déconnectés » ? LE TOURNANT DE LA RIGUEUR En 1983, deux mois après son élection et l’échec spectaculaire de son beau et bon « Programme commun », qui était censé transformer de fond en comble le paysage économique de la France, qu’annonce Mitterrand ? Le « Tournant de la rigueur », un changement radical vers… la droite. Primo, il freine la hausse des salaires qu’il avait annoncée en grandes pompes lors de son couronnement afin (tiens, tiens) de « rendre la France plus compétitive ». Secundo, il privatise plusieurs sociétés qui appartenaient à l’État. Et tertio, il dérégularise une bonne partie des marchés financiers. Bref, le Roi du socialisme fait comme tous ses prédécesseurs et gouverne à droite du centre ! LA RÉALITÉ DÉPASSE LA FICTION Est-ce à dire qu’il ne faut pas rêver ? Bien sûr que non. Mais il faut garder les deux pieds sur terre et ne pas prendre ses rêves pour la réalité. Comme le disait l’écrivait français Chamfort : « Le plaisir peut s’appuyer sur l’illusion, mais le bonheur, lui, repose sur la réalité. » 24 Mai 2011Lucien Francoeur se vide le coeur
Dans une entrevue qu'il a accordée au Journal de Montréal, Lucien Francoeur, qui est prof depuis 30 ans, tire à boulets rouges sur le Ministère de l'éducation et affirme que le niveau ne cesse de baisser.
Vous en pensez quoi? La génération Fun
On aurait beau me donner un million de dollars en petites coupures, je ne deviendrais jamais prof.
LA TÊTE EN BAS Vous avez lu la série de textes sur « Les Meilleurs profs du Québec » ? Vous avez vu tout ce qu’ils doivent faire pour capter l’attention de leurs élèves ? Un apporte son grille-pain et fait tirer des toasts. L’autre enseigne le français en rappant ou transforme sa classe en patinoire de hockey ou en terrain de basketball. Tout juste s’ils ne jonglent pas en enseignant... « C'est fini le prof qui parle devant des élèves qui prennent des notes, a déclaré Lucien Francoeur (qui est prof depuis 30 ans) au Journal, hier. Le seuil de tolérance est maintenant de 12 minutes. » Où est passée la belle époque où pour apprendre, il fallait se coller les fesses sur une chaise, fermer sa gueule et ÉCOUTER ? AUCUNE CONCENTRATION Je vous ai parlé de Luc Ferry, l’autre jour. Ce philosophe français a aussi été ministre de l’Éducation. Dans L’Anticonformiste, son autobiographie, Ferry consacre quelques pages à l’éducation. « Apprendre requiert une certaine discipline du corps et de l’esprit, une rigueur intellectuelle, un effort de réflexion, de concentration et de pensée, écrit-il. Sinon, l’univers de la haute culture ne peut dévoiler toute sa richesse. » Une chance que cet intellectuel n’a pas lu le reportage sur le prof qui transforme sa classe en gym. Il s’étoufferait dans sa tisane. Remarquez, je ne blâme pas ces enseignants, au contraire : ils se fendent en quatre et font l’impossible pour rendre leur matière « séduisante ». Mais comment en sommes-nous rendus là ? Qu’avons-nous fait pour que nos enfants aient la capacité de concentration d’un écureuil sur un double espresso ? APPRENDRE EN S’AMUSANT Pour Ferry, la plus grosse erreur du système d’éducation est d’avoir promis aux enfants qu’apprendre est « l’fun ». C’est faux, dit-il. Apprendre n’est pas plaisant. C’est même violent. On t’extirpe de ton confort pour t’amener ailleurs, te déraciner, te transformer. Malheureusement, aujourd’hui, le système d’éducation ne veut plus dépayser l’enfant. Il veut le conforter dans ce qu’il est. Ce n’est plus l’enfant qui doit s’élever au niveau de l’école. C’est l’école qui doit s’abaisser à celui de l’enfant. « Ne fais pas d’effort pour t’intéresser à ce qu’on te présente, c’est nous qui allons te chercher. Ton intérêt baisse après 12 minutes ? Pas de problème, on va faire en sorte qu’à chaque quart d’heure, quelque chose de tripant se passe… » TOUT VA BIEN Résultat : les profs doivent faire les guignols pour intéresser leurs élèves. Le lien entre le prof et l’enfant a été complètement renversé. C’est le prof qui doit maintenant se mettre au diapason de l’élève. « On est passé d’une pédagogie du travail à une pédagogie du jeu et de l’épanouissement », dit Ferry. Idem pour la politique. Les politiciens ne disent plus « Ça va être dur, il va falloir faire un effort », mais « Ne craignez rien, il suffit de voter pour nous et tout va se régler tout seul… » Et bientôt, on n’aura même plus besoin de se rendre au bureau de vote. On pourra mettre notre X chez nous, à partir de notre ordi. Ça va être le fun ! 23 Mai 2011L'ADN de DSK
Ça se corse pour DSK...
Secrets d'alcôve
Chaque fois qu’un scandale sexuel éclabousse la réputation d’un politicien, il y a toujours des commentateurs pour dire que ce qui se passe dans la chambre à coucher d’un élu ne regarde personne et ne devrait jamais être utilisé pour juger l’homme.
Vraiment ? TRAIT DE CARACTÈRE Oublions l’agression sexuelle dont est accusée DSK. Un agression est un crime, et un crime, ça regarde tout le monde, surtout lorsque la personne accusée de l'avoir commis occupe une poste d’autorité et rêve de devenir président de la République. Mais tenons-nous en aux histoires d’infidélité. Un politicien qui trompe sa femme une ou deux fois est une chose. Mais un politicien qui flirte tout ce qui bouge, qui pogne le cul des agentes de bord et des serveuses et qui passe son temps à coucher à droite et à gauche, vous trouvez vraiment que ça ne dit rien d’essentiel sur sa personnalité ? Hmmmm, pas sûr… Si le gars est prêt à mentir à la personne qui est le plus proche de lui, je me demande pourquoi il ne mentirait pas à de purs inconnus. Et s’il est incapable de respecter un serment qui le lie à sa femme, je ne vois pas pourquoi il respecterait un serment qui le lie à des étrangers qu’il n’a jamais vus. MANQUE DE JUGEMENT Je ne suis pas puritain, et je ne veux pas passer pour un collet monté ou un cul béni, mais dans mon livre à moi, un Président qui est prêt à risquer sa carrière en se faisant faire une pipe dans son bureau par une stagiaire manque singulièrement de jugement. Et s’il y a quelque chose que l’homme le plus puissant de la planète doit avoir, selon moi, c’est justement du jugement… Tout le monde peut tromper sa douce moitié. Mais il y a une marge entre avoir une aventure, et être incapable de garder sa bizoune dans son pantalon. Le chroniqueur du Devoir Christian Rioux écrivait récemment qu’il ne voyait aucun problème à ce que DSK ait fréquenté des bars à partouzes. Ça faisait partie de sa vie privée et ça ne nous regardait pas. Que le directeur du FMI participe à des partys privés avec des amis, à la limite, je m’en fous. Mais qu’il se foute à poil dans un bar, où n’importe quel quidam peut le photographier, le filmer et publier ça sur Internet avant même qu’il ait le temps de refermer sa braguette, désolé, mais ça prouve que le bonhomme n’a AUCUN jugement. « HOMME À FEMMES » Il y a une différence entre être « un homme à femmes » et un homme qui se fait mener par son zizi. Tout comme il y a une différence entre un homme qui trompe sa femme un soir, lors d’un voyage d’affaires à l’étranger, et un menteur compulsif qui passe son temps à cruiser des pitounes sur Internet. C’est une question de degré. Clinton savait que s’il se faisait prendre à se faire tailler une pipe par sa stagiaire à la Maison-Blanche, il causerait une crise qui paralyserait les affaires de l’État. Or, il l’a fait malgré tout. Si ça ne dit pas quelque chose d’essentiel sur sa personnalité, je me demande ce que ça vous prend… 22 Mai 2011Ô Canada
Le 10 mai dernier, l’ex-députée libérale Alexandra Mendès (qui a subi la défaite aux mains d’un candidat NPD) a publié une lettre ouverte dans La Presse pour dire que contrairement à ce que certains commentateurs pensent, les députés font un travail extraordinaire.
« Mon équipe et moi avons animé une vie communautaire très fédéraliste au moyen d’activités centrées sur les mérites de notre fédération », a-t-elle écrit. Une vie communautaire fédéraliste ? Kessé ça ? Tu t’habilles en rouge et tu manges des biscuits en forme de feuille d’érable ? Le mors aux dents![]() Les récentes nominations de Stephen Harper vous mettent en rogne ? Vous trouvez que le Premier ministre aurait pu se garder une petite gêne et attendre deux, trois mois avant de récompenser ses amis ? Dites-vous que ça aurait pu être pire. TÊTE DE COCHON En effet, la légende veut que pendant son règne, qui s’est déroulé de 37 à 41 après Jésus-Christ, l’empereur romain Caligula a envoyé son cheval au Sénat ! L’animal, un étalon blanc appelé Incitatus, portait des pierres précieuses autour du cou, logeait dans une étable en marbre et buvait dans une mangeoire en ivoire. Une équipe de 18 serviteurs veillaient à répondre à chacun de ses besoins. La légende veut que l’empereur lui servait un mélange d’avoine et de paillettes d’or au petit-déjeuner. Lorsque le cheval passa l’arme à gauche, après une courte mais remarquable carrière au Sénat (où il a probablement passé son temps à dormir comme la plupart de ses confrères à deux pattes), Caligula organisa des funérailles d’État. Le cadavre de l’animal fut exposé, et Caligula ordonna à ses sujets de vénérer son fidèle ami comme s’il était « une combinaison de tous les dieux ». UN FRONT DE BOEUF Les historiens se divisent quant aux raisons qui auraient poussé Caligula à nommer son cheval au Sénat. Certains pensent que l’Empereur (qui a fait l’objet d’un hallucinant nanar pornographique en 1979, produit par le magazine Penthouse) était tout simplement fou. D’autres croient qu’il a nommé son cheval sénateur pour se moquer de cette institution qu’il trouvait inutile et ridicule. Certains, enfin, affirment que cet épisode a été inventé de toutes pièces par ses adversaires afin de le discréditer. BIEN EN SELLE Loin de moi l’idée d’établir un parallèle douteux entre les premiers ministres canadiens et Caligula. Mais entre nommer un cheval au Sénat et y envoyer Andrew Thompson, un sénateur libéral qui, entre 1990 et 1998, ne s’est présenté que 14 fois à la Chambre rouge (pour un taux de présence de 3,9 %), il n’y a pas beaucoup de différence. Et que dire de Georges Casimir Dessaulles, qui a été nommé sénateur à 80 ans, a siégé pendant 23 ans et n’a pris la parole que… deux fois ? Sans oublier l’ineffable sénateur Philippe Gigantès qui, lors d’une obstruction parlementaire libérale, a profité de l’occasion pour lire à voix haute un de ses livres en Chambre ! Grâce au service de traduction du Sénat, ce grand serviteur de l’État a pu ainsi se procurer GRATUITEMENT une traduction française de son ouvrage, qu’il a par la suite publiée ! Tant qu’à envoyer ce genre de personnages au Sénat, aussi bien nommer un cheval, non ? 20 Mai 2011Comment Lars Von Trier s'est pendu avec la corde qu'un journaliste lui a tendue
Voici les commentaires qui ont valu au cinéaste danois Lars Von Trier d'être banni à vie du Festival de Cannes...
19 Mai 2011Plus agresseur qu'homme à femmes
Un texte qui en dit long sur les rapports assez tordus merci que DSK entretient avec les femmes...
Drague "appuyée" frôlant le harcèlement, approches "lourdes", etc. On est loin du Playboy et de l'homme à femmes, et plus près de l'agresseur en série... _____ Pour vous dilater la rate: un survol des "tweets" les plus truculents sur l'affaire... Pas du meilleur goût, j'en conviens, vu la gravité de l'affaire, mais, bon, ça vous montre ce qui circule dans la blogosphère... La révolution n'est pas pour demain
Je suis en train de lire un bouquin passionnant : L’anticonformiste, l’autobiographie de Luc Ferry.
Ferry est un philosophe superstar comme seule la France sait en fabriquer. Mais contrairement à plusieurs de ses pairs, il ne fait pas qu’accoucher de concepts abstraits : il met aussi la main à la pâte. C’est ainsi qu’en 2002, il s’est retrouvé ministre de l’Éducation nationale, poste qu’il a occupé pendant deux ans. UN EXPLOIT Dans son livre, Ferry pose un regard critique sur le monde politique. Particulièrement sur l’Impact que peuvent avoir les médias sur les élus. « Un ministre surexposé, photographié en permanence et obligé de rendre des comptes à chaque seconde n’a pas les mains libres, écrit-il. « J’ai calculé avoir fait en moyenne, pendant toute la durée de mon ministère, six interventions publiques par jour : discours, remises de médailles, émissions de radio ou de télé, points de presse, etc. « À ce rythme, parvenir à ne pas lâcher une bêtise, serait-ce qu’une seule fois dans la semaine, relève de l’exploit. Aussi n’y a-t-il rien d’étonnant, dans ces conditions, à ce que certains ministères fonctionnent comme des agences de publicité et que la vie politique tend à basculer dans la communication… » PAS DE VAGUE « Tout le monde perd à ce jeu, continue Ferry. La plupart des hommes politiques s’entourent d’une horde de conseillers de presse et préfèrent parler la langue de bois plutôt que d’être sincères ou de s’exprimer sans notes comme je le faisais, au risque de faire des bourdes qui enthousiasment la presse et vous plongent dans la tourmente. » Pour Ferry, le rôle des élus est de servir les citoyens. Mais parce qu’ils sont constamment surveillés par une presse qui guette chacun de leur faux pas (quand elle ne les provoque pas), les politiciens ont développé une obsession de l’image. Résultat : l’État gère de plus en plus par sondages. Les discours sont formatés au max, et tout ce qui risque de dépasser et de faire des vagues est gommé. Les politiciens ont appris à marcher sur des œufs, à faire preuve de prudence et à donner aux électeurs ce qu’ils veulent, au lieu de les bousculer dans leurs habitudes, de les sortir de leur zone de confort et de les amener à voir les choses « autrement ». LEGAULT A RAISON ? Hier, je déplorais le fait que François Legault est trop prudent, pas assez audacieux. J’aurais aimé qu’il propose une révolution, alors qu’il ne présente que des réformes, qui « réparent » le modèle québécois plutôt que de le transformer de fond en comble. Mais c’est peut-être lui qui a raison. Le passé le démontre amplement : pour être élu, au Québec, il ne faut pas trop faire de vagues. Ils ont beau péter de la broue et répéter aux sondeurs qu’ils sont prêts à « prendre un gros virage », les Québécois n’aiment pas beaucoup les changements. Ils veulent troquer leurs vieilles pantoufles, oui, mais pour d’autres vieilles pantoufles, toutes aussi confortables. MÉCHANT CHANGEMENT Pour les idéologues, un changement, c’est passer de gauche à droite, ou de droite à gauche. Pour la majorité des électeurs, c’est arrêter d’aller à Old Orchard pour aller à Ogunquit. 18 Mai 2011Qui vote pour le camarade Louis?
Louis Roy élu par acclamation grand patron de la CSN.
La démocratie se porte décidément très bien dans le milieu syndical. Haro sur le puritanisme US
Christopher Hitchens sur l'affaire DSK.
Brillant, comme toujours... Pourquoi, chaque fois que les Américains arrêtent un agresseur sexuel ou un pédophile (Polanski), les Français dénoncent le "puritanisme" américain? C'est quoi, l'affaire? C'est être puritain que d'arrêter des violeurs et des agresseurs? (En passant, gardons en tête que DSK est INNOCENT jusqu'à preuve du contraire... Cela dit, entre vous et moi, les flics de New York ont dû se "padder" bien comme il faut avant de passer les menottes au patron du FMI... Leur cas est certainement très solide... Tu n'arrêtes pas un tel personnage sans être sûr de ton coup... Sinon, bonjour la crise diplomatique!) "Vive les nouveaux candidats du NPD!"
Mon ami Michel Beaudry sur les "poteaux" du NPD...
Vous en pensez quoi? Attaque of the Killer Pastèques!Monsieur Audace
Quand vient le temps de sauter dans une piscine, le monde se divise en deux.
Il y a ceux qui plongent tête première en se disant : « Quelle soit chaude ou froide, je m’en fous ! » Et il y a ceux qui trempent leur gros orteil pour prendre la température de l’eau. LA DIRECTION DU VENT François Legault, lui, a inventé une troisième catégorie. Il s’assoit au bord de la piscine, ouvre une grosse valise, en sort un paquet d’instruments, prend la température de l’eau, vérifie le PH, analyse la teneur en chlore, mesure la profondeur de la piscine, calcule la direction du vent, demande aux gens qui se baignent comment ils trouvent l’eau sur une échelle de 1 à 10, plonge un orteil, effectue une analyse détaillée de son orteil pour voir comment il a régi à l’eau, sort dix maillots différents et demande à son entourage lequel il devrait porter, mesure la distance qui sépare le tremplin et la surface de l’eau, calcule la circonférence de la piscine, etc. Finalement, quand c’est le temps de sauter à l’eau, il est tellement tard que tout le monde est parti et le parc est fermé. « DANS LA DEUXIÈME PARTIE DE SON SPECTACLE » « Pour vaincre, il nous faut de l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace », disait le révolutionnaire français Georges Danton. Voilà une citation que ne connaît probablement pas l’ex-ministre péquiste. L’homme marche constamment sur des œufs alors qu’il n’est même pas officiellement dans la course. Imaginez ce qu’il va faire quand il va être en campagne électorale et qu’il va tenter de briguer nos votes ! Il va mettre des pantoufles sur ses pantoufles… Et puis, c’est quoi, cette idée saugrenue de présenter sa future plate-forme morceau par morceau ? Pour reprendre l’excellente formule qu’a utilisée Éric Duhaime hier (« François Legault continue son strip-tease idéologique »), on n’a pas vu pareil effeuillage depuis Lily St-Cyr. Vous sautez dans le lit avec nous, oui ou non, monsieur Legault ? Si non, dites-le nous tout de suite et arrêtez de faire l’agace ! Comme je l’écrivais il y a trois mois, des rapports, on en a eu un char et une barge, ces dernières années. Le temps n’est plus aux préliminaires ou aux soupers à la chandelle. Le temps est à l’action. Comme le chantait Brigitte Bardot : « Tu veux ou tu veux pas ? / Si tu veux, c’est bien / Si tu veux pas, tant pis / J’en ferai pas une maladie… » LE MARIAGE ANNULÉ ? Une chose est sûre : ceux qui rêvaient d’un mariage entre l’ADQ et la Coalition pour l’avenir du Québec en ont pris pour leur rhume, hier. Sur la question de la santé, la Coalition et l’ADQ défendent des positions irréconciliables. Legault est CONTRE le fait d’accorder une plus grande place au privé alors que l’ADQ est POUR. Je ne vois pas comment on pourrait accorder ces deux visions. Quoique… En politique, tout est possible. On a déjà eu un Parti progressiste-conservateur, après tout ! Et l’opinion publique sur la question risque de changer. D’ici l’automne, François Legault aura le temps de commander d’autres sondages et de prendre — à nouveau — la température de l’eau… 17 Mai 2011Le parc Jurassique![]() Ces temps-ci, chaque fois qu’il est question de politique, c’est toujours le même mot qui revient : changement. « On veut du changement, un vent frais, du sang neuf. On est tanné des vieux visages et des vieilles cassettes… » LES CATACOMBES S’il y a un milieu qui aurait aussi besoin d’ouvrir les fenêtres et de passer le Swiffer (pour ne pas dire la gratte), c’est le monde syndical. Ça sent tellement le renfermé, là-dedans, qu’on se croirait dans une crypte. Regardez Claudette Carbonneau. Ce week-end, la tyrannosaure de la CSN a dit que l’ADQ était « l’antichambre qui menait à un État totalitaire ». Pourquoi ? Parce que les militants adéquistes ont — scandale ! — demandé que les syndicats fassent preuve de transparence, divulguent leurs états financiers, cessent d’utiliser les cotisations de leurs membres pour faire de l’activisme politique et instaurent le scrutin secret pour l’accréditation syndicale, afin de permettre aux travailleurs de voter plus librement. Je dormais peut-être quand on a abordé le sujet dans mes cours d’histoire, mais… depuis quand la transparence est une notion totalitaire ??? J’ai toujours pensé que c’était l’OPACITÉ et le SECRET qui étaient les mamelles des dictatures… DES CHOSES À CACHER Je ne sais pas sur quelle planète vit madame Carbonneau, mais elle devrait sortir de sa tour d’ivoire et discuter avec des vrais travailleurs, de temps en temps : elle se rendrait compte que les mesures « révolutionnaires » proposées par l’ADQ ne choquent absolument personne. En fait, elles font consensus. On a bien le droit de savoir ce que les syndicats font avec l’argent de nos cotisations, non ? Et on a bien le droit de voter en secret pour ne pas subir de pression ? Et si la présidente de la CSN veut appuyer l’Association de défense des gais albinos d’Afrique du Sud, elle n’a qu’à leur envoyer un chèque personnel, elle n’a pas besoin de piger dans les cotisations de ses membres ! La liberté de choix, ça ne vous dit rien, madame Carbonneau ? L’imputabilité, la transparence, vous n’avez jamais entendu parler de ça ? Pourquoi avez-vous si peur d’ouvrir vos livres, de rendre des comptes et de laisser les gens voter comme ils l’entendent ? Avez-vous des choses à cacher ? ON FAIT PEUR AU MONDE ! À côté du monde syndical, le monde politique est tellement « frais », « jeune » et « fringant » qu’il ressemble à une pub de Red Bull. Tiens, j’ai une idée pour les bonzes de la compagnie IMAX : ils devraient produire un documentaire en 3D sur l’oligarchie syndicale québécoise. Vous aimez ça, l’archéologie, les reliques, les organisations secrètes, les recoins poussiéreux et les squelettes d’animaux mythiques ? Vous allez être servis ! J’imagine déjà leurs enfants crier en regardant les mâchoires de Gérald Larose s’ouvrir ou écarquiller les yeux d’émerveillement devant la statue de Jean Lapierre qui se dresse mystérieusement devant le mausolée du Syndicat des cols bleus de Montréal, tel le Sphinx devant la Grande Pyramide… DES RELIQUES D’UNE ÉPOQUE RÉVOLUE Chaque fois que je vois l’un de ces dinosaures rugir à la télé, je me pose toujours la même question : Y a-t-il un citoyen québécois, un seul, qui les prend encore au sérieux ? 16 Mai 2011BHL défend DSK!
Bernard-Henri Lévy DÉFEND DSK comme il avait défendu Polanski!
Les femmes de chambre travaillent en équipe de deux???? Il a vu ça où, lui? N'importe quoi... Bientôt,. on va nous dire que c'est la faute de l'Amérique puritaine qui ne laisse plus les diplomates violer tranquillement des bonnes... DSK: le mangaDSK: la faute à la femme de chambre!
Et maintenant, on fait le procès de sa (présumée) victime !!!!
Ah, les Français... À quand une pétition pour "sauver" DSK, comme on l'a fait pour Polanski, qui avait drogué et sodomisé une fillette de 13 ans? DSK: c'est un complot!!!! (Air connu)
DSK: le bal des théories du complot bat son plein...
Selon le journal Le Post, Sarko serait derrière cette sombre machination... À quand un documentaire de Michael Moore? Et si la vérité était plus banale? Dominique, Valéry, Jacques et les autres...DSK: l'étau se resserre (2)...
Voici des extrais de rapports accablants...
DSK: l'étau se resserre...
Ouch, ça ne s'arrange pas pour DSK...
Ce qui va chagriner les amateurs de théories du complot, qui voient là-dedans un coup monté...
Le moment de télé du jour (pour ne pas dire de l'année)
DSK devant la justice américaine...
Le blues du businessman
La Fondation de l’entrepreneurship a publié un document extrêmement intéressant il y a quelques jours.
On y apprend entre autres que, de tous les Canadiens, ce sont les Québécois qui sont le moins nombreux à se lancer en affaires ou à posséder une entreprise. HEUREUX LES PAUVRES Pourquoi ? Tout simplement parce qu’ici, au Québec, nous ne tenons pas le milieu des affaires en haute estime. C’est probablement à cause de notre héritage catholique : « Il est plus facile pour un chameau de passer par le chas d’une aiguille que pour un riche d’entrer au royaume des cieux. » Chez les protestants, la richesse est respectée et encouragée (le Dieu protestant veut que ses ouailles réussissent, vivent confortablement et utilisent une partie de leur argent pour aider les moins bien nantis de leur communauté), alors que chez les cathos, elle est perçue comme un signe indéniable de la corruption de l’âme. Comme l’a déjà dit Jean-Luc Mongrain il y a quelques années : « Quand un anglophone a assez d’argent pour s’acheter une Cadillac, il la stationne devant chez lui pour montrer à ses voisins que ses affaires vont bien. Quand un francophone a assez d’argent pour s’acheter une Cadillac, il va la cacher dans son garage en arrière de la maison, car si les gens voient son auto, il va passer pour un voleur… » UN « VENDU » « La réussite, l’ambition et l’argent sont peu valorisés au Québec », a déclaré Marie-Ève Proulx, directrice de la recherche à la Fondation de l’entrepreneurship, au journal Les Affaires. « Il faudrait que le Québec apprenne à valoriser ceux qui sont ambitieux, prospères et qui réussissent. C’est la responsabilité de toute la société de stimuler la culture entrepreneuriale. » Il y a quelques semaines, lors d’un spectacle de danse présenté à l’Usine C, un lieu de création extraordinaire (qui, en passant, mérite amplement d’être subventionné, car la culture est aussi importante que l’économie), j’ai croisé un artiste qui gagne très, très bien sa vie, après avoir tiré le diable par la queue pendant de nombreuses années. Il m’a dit que depuis que ses affaires vont bien, et qu’il est indépendant de fortune, le regard que ses pairs portent sur lui a changé. Comme s’il était devenu un « vendu », un artiste « commercial » de moindre importance… Or, c’est le même gars. Avec les mêmes idées, la même énergie. Mais — ô scandale et damnation ! — il fait maintenant de l’argent. Il est passé du côté sombre de la Force. Comme Anakin Skywalker qui s’est transformé en Darth Vader. DEUX FAÇONS DE S’ENRICHIR Pourtant, certains entrepreneurs sont de véritables artistes. Ils créent des méga entreprises à partir de rien, sur une idée, un concept. Ils regroupent des gens autour de leur projet, les stimulent, fouettent leur imaginaire… C’est quoi, cette idée de toujours mettre la culture et les affaires en opposition ? Les gens d’affaires sont des artistes à leur façon tout comme les artistes participent de plein pied à enrichir la société… Au lieu de toujours les monter les uns contre les autres, il faudrait au contraire tout faire pour qu’ils allient leurs forces et leur imaginaire… Une société doit être riche matériellement ET culturellement. 15 Mai 2011La transmutation des valeurs
Il y a quelques semaines, je suis allé prendre une bière avec le sénateur Pierre-Hugues Boisvenu.
J’ai énormément de respect pour cet homme, et ça faisait longtemps que je voulais le rencontrer pour discuter avec lui. UN HOMME EN PAIX Monsieur Boisvenu est une énigme pour moi. Comment peut-on être aussi passionné par la vie quand on a perdu deux filles — une aux mains d’un prédateur sexuel et l’autre dans un accident d’automobile ? Personnellement, ça me dépasse. Il me semble que je serais brisé, détruit, rongé par la colère. Or, dans les deux heures qu’a duré notre rencontre, je n’ai jamais senti le moindre soupçon de rage dans la voix du sénateur, au contraire : il était calme, serein. Pourtant, cet homme a toutes les raisons du monde de maudire la vie. Sa fille de 27 ans a été violée et assassinée par un récidiviste qui venait de purger TROIS MOIS de prison pour avoir séquestré, battu et agressé sexuellement une femme pendant 12 heures. On l’avait condamné pour 18 mois, mais après trois, on lui a gentiment montré la porte sous prétexte qu’il s’était bien conduit. DEUX BUTS CONJOINTS « Certaines personnes croient que mon combat pour le droit des victimes et un resserrement du système de justice est motivé par la vengeance, m’a dit Pierre-Hugues Boivenu. Or, il n’en est rien. Je n’ai jamais ressenti le besoin de venger la mort de ma fille, je ne ressens aucune colère personnelle contre l’homme qui l’a tuée… » « Mais je crois que le système de justice doit viser deux buts conjoints, c’est-à-dire la réhabilitation, mais aussi la pénalisation, la punition. On ne peut pas privilégier seulement un axe… » Malheureusement, au Québec, tous ceux qui réclament des peines plus sévères pour les criminels et des conditions de détention moins confortables pour les prisonniers passent pour des émules de Dirty Harry. Comme si la rigueur, la sévérité, la fermeté, la responsabilité individuelle et la protection des citoyens étaient des valeurs de droite ! DEUX VICTIMES Je l’écrivais hier dans ma chronique sur le docteur Turcotte : on assiste, depuis quelques années, à une transmutation des valeurs dans la société occidentale. Avant, un crime impliquait un coupable et une victime. Maintenant, un crime implique deux victimes : la personne qui a été volée ou agressée, et la personne qui a été poussée sur la voie du crime et de la délinquance par la société. La deuxième victime est même plus victime que la première, car elle a été « agressée » et « violée » par la société toute entière, plutôt que par un seul individu ! Et ce crime a été concerté, planifié, voulu par le méchant système capitaliste ! Se faire voler prend dix minutes. On a peur, mais on s’en remet. Alors que devenir un criminel est le résultat de plusieurs années de misère. Il faut donc s’intéresser davantage à la deuxième victime qu’à la première. Comme raisonnement tordu, on a rarement vu pire… UN COMBAT IMPORTANT Voilà où l’on en est. Et voilà pourquoi le combat du sénateur Boisvenu m’apparaît si important. Car il cherche à revenir à la définition première d’un crime, c’est-à-dire un acte qui implique une victime et un CRIMINEL. 14 Mai 2011Pauvre monstre
Plus capable de ces chroniques dépeignant le docteur Turcotte comme un être profondément normal, qui a juste pété une coche, « comme ça pourrait nous arriver tous ».
Plus capable de ces textes qui banalisent la violence conjugale, en disant que c’est ce qui arrive quand on aime « trop intensément ». LE MONDE À L’ENVERS Je connais plusieurs amis qui se sont séparés, et aucun d’entre eux n’a tué ses enfants. Et je connais plusieurs couples qui se sont aimés (ou qui s’aiment encore) intensément, et aucun d’entre eux ne se tape sur la gueule. On est en train de faire passer des comportements extrêmes pour des gestes normaux, que « tout le monde » pourrait poser ! Au lieu de mettre les meurtriers au ban, on pointe les personnes saines du doigt et on leur dit qu’elles cachent toutes un monstre au fond d’elles-mêmes ! C’est le monde à l’envers… Tout juste si on ne dit pas que les gens malades sont normaux, et les gens normaux, malades ! On est tombé sur la tête, ou quoi ? VOUS ET MOI ? Je veux bien, la compassion, mais il y a une limite… Le docteur Turcotte n’est pas « vous et moi ». Je ne me reconnais absolument pas dans le portrait que les témoins ont tracé de cet homme… Lâchez-moi, avec vos longues tartines sur la passion, la souffrance et les peines d’amour ! L’amour, ce n’est pas tuer ses enfants ou taper sur sa blonde. Sommes-nous si confus que nous ne savons plus ce qui est bien et ce qui est mal ? Ce qui est acceptable et ce qui est condamnable ? Devrions-nous monter une pièce sur la pôvre calvaire enduré par le docteur Turcotte ? Avec Cantat à la guitare ? UNE TENDANCE INQUIÉTANTE Vous me direz que je juge. Oui, je juge, et j’en suis bien heureux ! Au lieu de pleurer sur le sort des bourreaux, on devrait pleurer un peu plus sur celui des victimes. Et au lieu de vanter la « fougue enflammée » des batteurs de femmes, on devrait saluer tous ces hommes qui aiment leur compagne dans le plus grand respect, préférant les caresses aux coups de poing ! Cette tentative de « banalisation » des actes monstrueux commis par le docteur Turcotte ne fait pas que me scandaliser, elle m’inquiète et me terrifie. C’est ça qu’on veut ? Une société tellement déboussolée qu’elle ne sait plus faire la différence entre le bien et le mal ? Des citoyens tellement blasés qu’ils trouvent l’anormalité normale, et la normalité, anormale ? L’ENFER « Things are going to slide in all directions / Won't be nothing you can measure anymore / The blizzard of the world has crossed the threshold and it has overturned the order of the soul », chantait Leonard Cohen dans The Future. ( Les choses vont glisser dans toutes les directions, tu ne pourras plus mesurer rien, le chaos du monde va traverser le seuil de ta porte et mettre ton âme sens dessus dessous… ») Avec cette chanson, Cohen brossait un portrait de l’enfer. Eh bien, l’enfer est là, ici, maintenant. Les anges meurent dans l’indifférence et le diable récolte pitié et miséricorde. 12 Mai 2011Venez voir le clown So-So-Solidarité!
Allez lire ça, c'est assez spécial...
C'est quoi la différence entre ça et MacDo qui utilise le clown Ronald McDonald pour attirer les enfants et leur vendre des frites et des burgers ? 11 Mai 2011L'école fourre-tout
Le coroner Yvon Garneau, qui a enquêté sur un terrible accident automobile qui a coûté la mort à quatre jeunes hommes, a présenté hier une série de mesures destinées à diminuer le nombre de morts sur les routes.
DRIVING MISS DAISIE Passons sur le couvre-feu obligatoire pour les jeunes de 16 à 24 ans. Personnellement, je ne vois pas pourquoi on punirait LES jeunes parce que DES jeunes conduisent de façon irresponsable. À ce que je sache, les récidivistes qui font la première page des journaux ont tous les cheveux gris et un brandy nose qui ferait l’envie de Rudolph, le p’tit renne au nez rouge. Commencera-t-on à imposer un couvre-feu à tous les mononcles qui se promènent en camisole dans leur pick-up ? Et que dire de ces vieux automobilistes qui mesurent deux pieds et demie, portent des lunettes dessinées par la NASA et doivent lever les deux bras en l’air pour empoigner le volant ? « Oui, mais les statistiques prouvent que les jeunes causent plus d’accidents », me direz-vous. Et que disent les statistiques sur les femmes ? Les hommes ? Les Chinois ? COURS EN SIXIÈME ANNÉE Non, moi, ce qui me décourage, c’est sa suggestion d’obliger les écoles à offrir des cours de sensibilisation à la sécurité routière dès la sixième année. Je comprends qu’il faut éduquer les jeunes à conduire de façon responsable. Mais est-ce le rôle de l’école ? Nos jeunes ont déjà de la difficulté à lire et à écrire, faut-il en plus leur enseigner à bien se nourrir, à recycler leurs bouteilles de lait, à utiliser intelligemment leurs cartes de crédit, à ranger leurs armes à feu, à respecter les aînés, à être polis, à ne pas fumer, à faire jouir leurs partenaires, à laver leurs bobettes à délicat et à respecter les limites de vitesse ? Pourquoi ne pas leur offrir des cours leur apprenant à s’informer avant de voter, afin de s’assurer qu’ils n’éliront pas des candidats insignifiants quand ils auront l’âge de mettre un X dans une case, tant qu’à faire ? L’ÉTAT VA S’EN CHARGER Dans le temps, il y avait des gens qui s’occupaient d’apprendre tout ça aux enfants. Ça s’appelait des parents. Maintenant, être parent consiste à trois choses : conduire tes enfants à la garderie, aller les chercher et leur payer un branchement Internet. Mais avant, quand j’étais petit, ça impliquait d’autres tâches connexes. Comme les ÉLEVER et leur apprendre à devenir des adultes responsables. Aujourd’hui, dès qu’un jeune fait le con quelque part, on balaie ça dans la cour de l’école. « On va créer un nouveau cours pour leur apprendre à ne pas cracher sur les gens… » Remarquez, ce n’est pas surprenant. Que font leurs parents dès qu’il y a un problème dans leur vie personnelle ? Ils blâment l’État. « Oui, mais on ne m’a pas averti que c’était dangereux de mettre mon chien dans le four micro-ondes… » CHACUN SA JOB « Il faut respecter les limites de vitesse et ne pas conduire quand on a bu. » Me semble qu’on est capable de dire ça à nos enfants, non ? Le carré de l’hypoténuse, par contre, je laisse ça aux profs. C’est leur job, pas la mienne… 10 Mai 2011Mesure anti-jeunes?
Le coroner Yvon Garneau propose d'instaurer un couvre-feu pour les automobilistes de 16 à 24 ans...
Qu'en pensez-vous? Est-ce une mesure discriminatoire envers les jeunes, selon vous?
La Baie James, 40 ans plus tard
Au XIXe siècle, quand un Américain rêvait de faire fortune, on lui disait : « Go West, Young Man ! »
Au Québec, la boussole du développement économique pointe un autre eldorado : le Nord. C’est notre éden, notre paradis. LE FANTÔME DE ROBERT BOURASSA Hier, dans un show que n’aurait pas renié le Cirque du Soleil, Jean Charest a présenté son fameux Plan Nord. Investissement de 80 milliards, revenus de 14 milliards, création de 500 000 emplois sur 25 ans — en veux-tu, des promesses, en v’là. Tout juste si on ne nous a pas dit que des lingots d’or pousseront dans les arbres… « Voilà ce qui arrive quand vous me permettez d’avoir les deux mains sur le volant, semblait dire le Premier Ministre. Pourquoi perdre nos énergies à discuter de vagues histoires de corruption quand on pourrait investir nos forces vives dans un si beau projet ? » « Vous ne cessez de dire que vous vous ennuyez de l’époque des méga projets rassembleurs. Eh bien, en voici un ! Mouchez-vous et relevez vos manches ! » LE COMBAT DES INTÉGRISTES On peut déjà prévoir la réaction des différents commentateurs et porte-paroles. D’un côté, les tenants du développement économique à tout crin vont applaudir en criant « Drill, Baby, Drill ! » De l’autre, les environnementalistes vont cracher dans la soupe en pleurant sur le sort des arbres, des rivières et des poissons. Comme toujours, le débat va être polarisé entre les billets verts et le bac vert — ou ce qu’on pourrait appeler les intégristes de l’économie et les intégristes de l’écologie. Or, la vérité se situe entre ces deux extrêmes. Oui, c’est important, l’environnement, mais on ne peut pas refuser d’exploiter nos ressources naturelles, surtout pas avec une dette de 235 milliards ! Comme l’a dit Bourassa en 1971 : « Il n’est pas dit que nous vivrons pauvrement sur une terre aussi riche. » Et oui, c’est important, le développement économique, mais on ne peut pas creuser des trous partout en se foutant totalement de l’impact écologique. On n’est plus en 1950 ! LES DEUX EXTRÊMES Chaque fois qu’un tel débat se pointe le bout du nez, on laisse les intégristes de droite ou de gauche prendre le plancher. J’espère que cette fois-ci, la sagesse prévaudra et qu’on pourra discuter librement et calmement des avantages et des désavantages du Plan Nord, sans verser dans l’alarmisme. C’est bien beau, permettre aux grosses multinationales de venir pomper nos ressources, mais encore faut-il que le jeu en vaille la chandelle. Si c’est pour ramasser des pinottes, non merci. Et c’est bien beau, la protection de l’environnement, mais dites-moi une chose : vous ne voulez pas que l’État coupe dans ses services et vous ne voulez pas payer plus de taxes ni d’impôts. On va payer tout ça comment, alors ? En vendant de la tisane sur le coin des rues ? RETOUR VERS LE PASSÉ Moi, ce qui m’agace, dans tout ça, c’est qu’on construit l’avenir en utilisant des recettes du passé. Car entre vous et moi, les mines, ça fait un peu XIXe siècle, non ? Pourquoi ne pas investir dans des technologies plus avant-gardistes et des secteurs de pointe ? ___________ Ce qui m'amène à la question quiz du jour: selon vous, le Plan Nord va-t-il permettre à Jean Charest de sauver son gouvernement? 9 Mai 2011Le moment de télé du jour
Un jeune anglophone crache son fiel sur les Québécois...
Il doit se réjouir du fait que le Québec n'a jamais été aussi isolé et que le Canada peut maintenant faire ce qu'il lui plaît sans rien nous demander... _______ Un lecteur, François Gauvin, m'a envoyé ce vidéo qui répond au délire du jeune anglo... Heureux de voir que c'est un ANGLOPHONE qui lui a répondu... Les deux mains sur le volant
Avez-vous lu la chronique que Lorne Gunter a publiée dans le National Post, jeudi ?
Vous devriez. Le chroniqueur brosse un portrait assez déprimant de ce qui risque d’arriver au Québec au cours des prochaines années… LE QUÉBEC ISOLÉ Pour Gunter, le résultat des élections du 2 mai est une excellente nouvelle pour les Canadiens. Enfin, écrit-il, nous n’aurons pas à nous demander ce que les Québécois pensent, ce que les Québécois souhaitent ou ce que les Québécois désirent avant de prendre la moindre décision, car leur opinion ne sera plus importante. « Stephen Harper est le premier non Québécois à diriger un gouvernement majoritaire depuis 53 ans, exulte le chroniqueur. Son parti a remporté 48 % du vote populaire à l’extérieur du Québec. Et c’est la première fois en un siècle que le parti au pouvoir remporte aussi peu de circonscriptions au Québec… » Bref, le Québec a rarement été aussi isolé. « Monsieur Harper et son parti n’ont remporté que sept sièges au Québec, écrit Gunter. Il faut remonter en 1917 pour trouver un gouvernement majoritaire avec une représentation aussi faible au Québec… » LA POLITIQUE DU PIRE Pour le chroniqueur du Post, pas de doute : cela marque la fin de l’hégémonie du Québec sur la politique canadienne. Enfin, les Canadiens vont pouvoir diriger leur pays sans prendre les désirs des Québécois en considération ! Le pire, c’est que beaucoup de souverainistes se réjouissent de cette situation. « Enfin, on va voir le vrai visage du Canada, disent-ils. Et avec un peu de chance, qui sait, l’isolement du Québec va donner un coup de fouet à l’option indépendantiste… » Toujours la politique du pire. Au lieu de prendre la décision de partir, on va s’arranger pour que les relations Québec-Ottawa se dégradent tellement qu’on n’aura plus le choix… LES MÉCHANTS CANADIENS Les souverainistes qui percevaient le Bloc comme un frein à l’indépendance doivent danser dans leur salon. En effet, « de mémoire d’homme, les Canadiens n’ont jamais connu une époque où le Québec a été aussi isolé et où son opinion importait aussi peu, écrit Gunter. « La prochaine fois que les nationalistes frapperont à la porte d’Ottawa, les Conservateurs auront enfin le luxe de se montrer plus sévères, au lieu de tenter de les apaiser, comme on l’a fait trop souvent auparavant… » C’est Pauline qui va être contente. Elle va pouvoir dire : « Regardez comment les Canadiens sont méchants, snif, snif, ils se foutent de nous ! » DANSE DU BACON « Les Conservateurs ont la chance de ramener l’influence des Québécois sur la politique canadienne à un niveau réaliste, conclut Gunter. Pour une fois, l’importance du Québec sera proportionnelle à son poids démographique. Espérons que Harper profitera de cette opportunité… » Le Québec voulait s’affranchir du Canada. Or, c’est le Canada qui s’est affranchi du Québec. Et ne comptez pas sur le NPD pour « défendre les intérêts » du Québec. Harper est MAJORITAIRE. Layton aura beau faire la danse du bacon pour défendre les comtés remportés par ses poteaux, le Premier Ministre va lui jeter un regard dédaigneux, hausser les épaules et lui tourner le dos. Comme chantait Renée Claude : c’est le début d’un temps nouveau… Un peu de sérieux!
Ces derniers jours, j’ai commis un péché mortel.
J’ai dit que je ne comprenais pas pourquoi les Québécois avaient décidé d’envoyer des députés aussi inexpérimentés — et, pour certains d’entre eux, aussi ineptes — à Ottawa. Ça ma valu une volée de bois vert. J’SUIS SNOB On m’a traité de snob. Je serais, paraît-il, un élitiste déconnecté du « vrai monde ». En lisant ces courriels, je me suis dit que j’avais commis une bourde. Qui suis-je pour critiquer ces jeunes ? Après tout, le Québec a besoin de sang neuf, non ? De changement, de fraîcheur ? Alors j’ai décidé de fermer ma gueule et de ne plus revenir sur le sujet. Ma décision a duré dix heures. TÉLÉ-RÉALITÉ Désolé, mais c’est au-dessus de mes forces. Je ne suis pas capable de pousser des cris d’émerveillement devant cette collection de poteaux. Miss Vegas ne parle pas un mot de français ! Elle est barmaid à Ottawa et n’a jamais mis les pieds dans son comté ! Et je devrais m’extasier devant le fait que les électeurs de Berthier-Maskinongé ont eu « le courage » et « l’audace » de voter pour elle ? Si j’habitais dans ce comté, je serais rouge de honte. Non, mais qu’est-ce qui leur a pris ? Ce n’est pas une émission de télé-réalité, les amis ! C’est une élection !!! Vous ne votez pas pour la fille que vous aimeriez frencher dans un jacuzzi, mais pour la personne qui va vous représenter à Ottawa ! Qui va défendre les intérêts du Québec devant un gouvernement conservateur MAJORITAIRE !!!! DE KOSSÉ ? C’est vrai, on ne peut mettre TOUS les nouveaux députés du NPD dans le même panier. Quelques-uns semblent prometteurs. Mais la députée de Rivière-des-Mille-îles qui ne sait pas où se trouve l’autoroute 30 ? La députée de Verchères-Les Patriotes qui n’a pas fait campagne et n’a JAMAIS mis les pieds dans son comté ? La députée d’Argenteuil-Papineau-Mirabel qui croit que les vols internationaux vont revenir à l’aéroport de Mirabel ? Vous allez me dire qu’elles méritaient d’être élues, alors qu’elles ne connaissent pas leurs dossiers et qu’elles ne pourraient pas répondre à des questions élémentaires concernant leur comté ou leur parti ? Voyons… LE JEUNISME Contrairement à certains commentateurs qui s’empressent à faire des salamalecs devant ces recrues de peur de passer pour des croûtons, je refuse de tomber dans le « jeunisme ». La jeunesse n’est pas, n’a jamais été et ne sera jamais une valeur en soi. Il n’y a qu’une valeur importante en politique : la compétence. Et ça, c’est le contraire de l’ignorance. Oui, Mario Dumont était jeune quand il a commencé à faire de la politique. Mais il était passionné, allumé, il avait la politique dans le sang. Il ne s’est pas présenté juste pour avoir une job ! Vous ne pouvez pas faire la différence entre Mario et la députée de Mirabel qui a visité son comté une seule fois, quand elle est allée au souper de Pâques de ses parents ? Vous me découragez… Certains disent que le NPD a manqué de respect envers les Québécois en présentant de tels candidats. Non. C’est nous qui avons manqué de respect envers nous-mêmes en votant pour eux… Nouvelle devise
Le poète Lucien Francoeur m’a écrit cette semaine. Il a vu un écriteau sur le derrière d’un camion qui lui a donné une idée.
« La devise du Québec ne devrait pas être Je me souviens, propose-t-il, mais Attention, je recule fréquemment… » Pas mal, non ? Homicides volontaires?
Deux assassinats ont marqué l’actualité, cette semaine.
Celui, symbolique, du Bloc (qui a été dynamité dans son sommeil), et celui, réel, de Ben Laden (qui a été abattu alors qu’il était — peut-être — désarmé). Dans les deux cas, les corps ont disparu. Le cadavre de Ben Laden a été jeté en mer, alors que celui du Bloc a été pulvérisé. Il ne reste plus rien. Juste une ombre sur un mur, attestant qu’il y a déjà eu un parti souverainiste à Ottawa. UN COUP TROP FORT ? Ces deux assassinats posent la même question : s’agissait-il d’un homicide volontaire ou involontaire ? Voulait-on vraiment tuer le Bloc, ou a-t-on asséné une claque trop forte ? Tout le monde savait que le Bloc allait recevoir un sérieux avertissement le 2 mai. « Allez refaire vos devoirs, et on se reverra dans quatre ans… » Mais un tel massacre ? Personne n’avait venir le coup. J’ai l’impression qu’on a mal calculé notre affaire. On voulait affaiblir le Bloc, et on l’a tué, rasé. Rayé de la surface de la Terre. Si dans quatre ans, on veut le ressortir du placard, on ne pourra plus. En une journée, on a exterminé un parti qui a pris vingt ans à se bâtir. C’est ça qu’on voulait ? Vraiment ? Si oui, on est ingrat pas à peu près. Je t’aime, je t’aime, je t’aime, je t’aime, puis un beau jour, tasse-toi, tu pues. Ayoye. LE CIRQUE Pour Ben Laden, les choses sont plus claires : le gars a été froidement exécuté. Serait-il sorti de son trou flambant nu en agitant un gros drapeau blanc qu’on lui aurait logé une balle entre les deux yeux. Tout le monde crie au scandale. Mais mettez-vous à la place du Président des États-Unis, une minute. Voudriez-vous vraiment rapatrier un tel bozo en sol américain et lui intenter un procès en bonne et due forme, avec tous les risques qu’un tel exercice comporterait ? Imaginez le cirque... Les menaces terroristes, les avocats, les manifestants, les discours anti-américains enflammés, la sécurité, les marchands de t-shirts, le culte de la personnalité, les wackos d’extrême droite qui se promènent en uniforme kaki devant le palais de justice, etc. Le monde a-t-il vraiment besoin d’un tel bordel ? REALPOLITIK Vous me direz que Ben Laden avait des droits comme n’Importe quel autre individu, et que le pays qui se targue d’être la police du monde doit respecter à la règle les lois internationales… Sur papier, peut-être. Mais en pratique, c’est une autre affaire. Ne soyez pas naïfs. Vous le savez, je le sais, tout le monde le sait : un tel procès n’aurait bénéficié qu’aux islamistes, qui auraient transformé l’événement en procès des États-Unis. Et puis, ne pleurez pas sur le sort de ce zélé. Il est probablement en train de s’envoyer en l’air avec 70 jeunes vierges. Ou peut-être pas. Dans un sens comme dans l’autre : « Who cares ? » 6 Mai 2011Jack rêve en couleurs
Lors de son discours du 2 mai (qui ressemblait bizarrement à un discours de victoire, comme s'il avait été élu chef du gouvernement), Jack Layton a dit qu'il allait s'assoir avec Stephen Harper pour discuter avec lui de différents dossiers...
Euh... Pourquoi Harper l'écouterait? IL EST MAJORITAIRE!!!!! Hello, Jack !?! La fin de l'axe Québec-Ottawa?
À mon humble avis, les gens qui saluent la fin de l'axe Québec-Ottawa (et la venue d'un nouvel axe droite-gauche) sont beaucoup trop optimistes et prennent leur rêve pour la réalité...
Cela ne sera qu'une parenthèse... Harper étant majoritaire, et le Bloc n'étant plus là pour faire tampon, la tension Québec-Ottawa va aller en s'accentuant, avec pour résultat un réveil de l'option sinon séparatiste, du moins "nationaliste dure"... Profitez-en, les amis, tout ça ne durera que le temps d'un lys! Le naturel québécois (c'est-à-dire: jouer Québec contre Ottawa) reviendra au galop... 5 Mai 2011Le vent du changementHallucinant...
Où est Ruth Ellen Brosseau?
Elle a été kidnappée par le NPD qui lui donne des cours intensifs de français pour la préparer à affronter les médias! Pas de farce... La boucherie des dieux
Tiré du blogue de Pierre Lacerte:
Un texte, des images et des vidéos extrêmement dérangeants... La religion peut-elle TOUT excuser? Le moment de télé du jour
Il aurait dû se présenter dans Berthier-Maskinongé, il aurait sûrement gagné!
Le "vrai monde"
Hier, sur la page Facebook de Franchement Martineau, l’émission que j’anime à LCN, j’ai demandé aux Internautes si ça les dérangeait de voir autant de députés sans aucune expérience à Ottawa.
Voici quelques-unes des réponses que j’ai reçues. DU SANG NEUF « Je préfère un citoyen dit ordinaire qu’à des monstres de la politique politicailleuse qui n’ont à peu près jamais travaillé. » « On veut voir du vrai monde nous gouverner, des gens qui ont le même but que la population, c’est-à-dire mettre du pain sur la table. » « On semble oublier que des députés devraient tout d’abord être des représentants du peuple. » « Enfin, on envoie des jeunes à Ottawa ! » « Du sang neuf ne peut pas faire de tort. » « Les jeunes ont des rêves que les vieux ont parfois perdu. » « Ils sont sans doute plus honnêtes que la plupart des politiciens en place. » « Tout métier s’apprend quelque part. » UNE TENDANCE LOURDE « Les électeurs ont voulu envoyer paître les politiciens professionnels, écrivait le sociologue Mathieu Bock-Côté dans le journal 24 Heures, hier. Ils ont voulu réhabiliter la figure du citoyen ordinaire. » S’il y a une tendance lourde, en ce début de siècle, c’est celle-là : la méfiance de la population envers les élites et les spécialistes. Prenez le journalisme. Avant, seuls les « commentateurs professionnels » comme votre humble serviteur avaient le droit de s’exprimer sur les grands enjeux de la société. Cette tour d’ivoire est en train de s’effriter à la vitesse grand V. Aujourd’hui, il suffit d’avoir un ordi et un branchement Internet pour devenir un « joueur » sur la scène médiatique. Mieux : plus vous êtes « amateur », et moins vous faites partie de « la gang », plus on vous fait confiance ! Car les journalistes « officiels », on le sait, sont tous des spécialistes de la désinformation à la solde d’empires commerciaux qui profitent de leur force économique pour laver le cerveaux des citoyens et passer leurs messages insidieux… UN LIEN BRISÉ Prenez Muguette Paillé. Chaque jour, des dizaines de journalistes aguerris qui connaissent leurs dossiers sur le bout des doigts posent des questions aux politiciens, mais une seule de ces questions a frappé l’imaginaire des gens pendant cette campagne : celle posée par madame Paillé. Car madame Paillé, contrairement aux journalistes « qui vivent dans une bulle de verre » et fréquentent les gens "de la haute" qu’ils sont censés critiquer, fait partie du « vrai monde ». Comprenez-moi : je n’écris pas ça de façon condescendante, je n’essaie pas de défendre ma tribu. Je fais juste constater un phénomène de plus en plus répandu. Les citoyens « ordinaires » ne font plus confiance aux spécialistes. Regardez ce qui se passe dans le domaine médical : l’autodiagnostic est à la mode, les gens magasinent leurs médicaments sur Internet, les malades préfèrent consulter des vendeurs d’herbes plutôt que de « vrais » médecins, etc. DU CHANGEMENT C’est ce qui est arrivé lundi. On a envoyé paître des ministres expérimentés et on a élu Miss Vegas et un expert en Donjons et Dragons. On voulait du changement ? On va en avoir. Pour le meilleur et pour le pire. 4 Mai 2011Un autre moment de télé
Tariq Ramadan (islamiste extrémiste qui se fait passer pour un modéré) sur la mort de Ben Laden.
Le moment de télé du jour
Je sais que la plupart d'entre vous l'avez vu, mais qui sait? certains lecteurs n'ont peut-être encore eu le plaisir de visionner ce montage savoureux...
Pour se rafraîchir la mémoireBain de foule
Avez-vous déjà été pogné à faire la vague dans un amphithéâtre ?
C’est une expérience assez spéciale. Au début, vous voyez les gens se lever en face de vous, de l’autre côté de la patinoire, et vous vous dites : « Ah, non, pas la vague, maudit que c’est niaiseux, je vais rester assis. » Mais plus la vague se rapproche, plus vous vous sentez happé par la foule. Et à la fin, quand l’onde humaine atteint votre section et que votre voisin se lève, vous succombez à la fièvre et vous vous levez vous aussi, les bras en l’air comme un zouf. UNE DÉCISION SOUS INFLUENCE Eh bien, c’est ce qui est arrivé avant-hier. On s’est tous levé en même temps, et on a tous crié « Jaaaaaaaaaack ! » Et le lendemain matin, quand on a vu ce qu’on a fait la veille, on s’est tous regardé l’air ahuri, un gros point d’interrogation dans la face. Ce qui m’amène à poser une question quiz : se pourrait-il que les firmes de sondage aient joué un rôle prépondérant dans la fameuse « vague orange » qui a balayé le Québec ? Quand tu votes sans savoir comment les autres vont voter, tu ne subis aucune influence. Tu suis ton instinct, c’est tout. Mais quand des spécialistes en sondage ne cessent de te rappeler comment les autres autour de toi s’apprêtent à voter, veux, veux pas, ça déteint sur ta décision. Tu doutes soudainement de ton choix, tu te demandes si tu n’es pas en train de passer à côté de quelque chose d’important. « Si tant de monde vote orange, ça doit être parce que c’est bien, non ?… » FAIRE LA PLANCHE Pas facile d’être seul face à soi-même. C’est angoissant, paniquant. Alors que se fondre dans une foule est tellement apaisant. Tu n’as pas besoin de nager à contre-courant en te demandant si tu vas dans la bonne direction, tu fais juste te laisser porter, les yeux fermés et la conscience tranquille. Comme l’écrivait le philosophe allemand Nietzsche : « Veux-tu avoir la vie facile ? Reste toujours près du troupeau et oublie-toi en lui… » Je suis fermement convaincu que si on avait interdit les sondages pendant cette campagne, le résultat aurait été complètement différent. Il y aurait eu des comtés bleus, des comtés rouges, des comtés oranges… La diversité, quoi. Pas une seule couleur mur à mur ! Vous trouvez ça normal, vous, qu’on vote tous du même bord tout le temps ? Qu’on passe toujours d’un extrême à l’autre ? Pas moi. À la limite, je trouve ces mouvements de masse inquiétants. COUPE À BLANC Il y a quelques années, on disait : « Les Libéraux pourraient présenter un cochon avec une boucle rouge et on voterait pour lui. » Avant-hier, le NPD a présenté des poteaux avec des boucles oranges et on a voté pour eux. On a remplacé des politiciens qui ont des années d’expérience par des étudiants en sciences politiques. C’est comme si on avait rasé une forêt entière pour y planter des jeunes pousses. Dans quelques années, ça va peut-être faire de beaux arbres touffus et solides, mais d’ici là, maudit que ça va être lette ! 3 Mai 2011Méchante vague
Madame Vegas, qui ne parle pas un maudit mot de français et qui n'a pas fait campagne dans son comté, a été élue hier...
Voici l'image que je retiendrai de cette élection... Les gens veulent du changement, a-t-on répété pendant toute la campagne... Eh bien, on va être servi... Pour du changement, on va avoir du changement... Hier, le parti que les Québécois ont massivement appuyé (le NPD) célébrait sa quasi-victoire en anglais, à Toronto, devant des drapeaux canadiens et avec une bande de rookies sans aucune expérience politique... En passant, avez-vous remarqué? Dans son discours de remerciement, Stephen Harper a parlé plus longtemps en français que Jack Layton... Je vous dis ça comme ça... Un cadeau de grec
Hier, Le Devoir nous apprenait que le Congrès hellénique du Québec a demandé à ses membres de ne pas voter libéral dans Laval-Les Îles parce que la candidate est d’origine haïtienne plutôt que grecque.
« Il y a 30 000 électeurs d’origine grecque qui votent dans ce comté, a expliqué le président du Congrès Peter Georgakakos. Et on nous prend pour acquis… » VOTEZ BLANC ! En 2004, le candidat bloquiste Maka Kotto a été élu dans le comté de Saint-Lambert. Savez-vous combien il y a de citoyens d’origine camerounaise dans cette circonscription ? Autant qu’il y a de banane dans une salade grecque. Or, est-ce que les résidents de Saint-Lambert, qui sont en très grosse majorité blancs, se sont dit : « On ne va pas voter pour le Noir car il ne pourra pas bien nous représenter ? » Lorsque la journaliste Hélène Buzetti a demandé à monsieur Georgakakos s’il était normal de baser une recommandation de vote sur l’ethnicité, il lui a poliment répondu : « Ne me lancez pas cette merde, le mouvement syndical fait ça continuellement, recommander de voter pour certains candidats…. » Ah oui ? La FIQ dit à ses membres : « Ne votez pas pour la néo-démocrate Paulina Alaya dans Honoré-Mercier car elle est née au Chili ? » WHAT DO THE GREEKS WANT ? Comme ça, il faut être grec pour comprendre les grecs et bien servir les grecs ? Et ils veulent quoi, les électeurs grecs ? Un programme grec avec une économie grecque et un système d’éducation grec ? Les électeurs grecs de Laval-Les Îles ont des besoins différents que les électeurs non grecs, c’est ça, monsieur Georgakakos ? Ils veulent une brochette de lois ? Ils voudraient qu’on puisse apporter notre vin partout et qu’on serve du tzatziki dans les cabanes à sucre ? Ils désirent remplacer la feuille d’érable par une feuille de vigne, et tous les « i » par des « y » ? CHACUN SON GHETTO Allez sur Google et consultez le Répertoire des organismes ethnoculturels du Québec. Il y a en a un char et une barge. L’Association des travailleurs haïtiens du Canada, la Corporation des juifs espagnols et portugais, la Fondation juive pour soins aux aînés, l’Association des jeunes professionnels marocains du Canada, l’Association des mères tunisiennes, l’Association des médecins congolais, la Société coréenne pour la promotion des affaires, l’Association des gens d’affaires de race noire… À quoi servent tous ces organismes, exactement ? D’un côté, les membres de communautés culturelles veulent qu’on les considère comme des Québécois à part entière, de l’autre, ils s’enferment dans des petits ghettos… Voulez-vous bien me dire ce qui distingue un médecin italien d’un médecin congolais, vous ? Il chante Figaro quand il opère ses clients ? LE VRAI MOT À ce que je sache, l’ouverture à la diversité n’est pas une injonction qui ne s’adresse qu’aux blancs. Elle s’adresse à tout le monde. Il y a un mot, un seul, pour qualifier l’attitude de Peter Georgakakos : racisme. En passant, le président du Congrès hellénique du Québec affirme que les 30 000 électeurs d’origine grecque de Laval-Les Îles « votent régulièrement Libéral ». C’est ce que Parizeau appelait un vote ethnique… 2 Mai 2011Le moment de télé du jour
1990: premier député bloquiste à Ottawa.
Gilles Duceppe vient de se faire élire. C'était le beau temps... Mais où est Ben Laden?
Ça y est, les théories du complot commencent à déferler sur Internet...
Ils se sont débarrassés du corps de Ben Laden car ce n'était pas lui, il est encore vivant, ils se sont trompés de gars, ils l'avaient massacré et ne voulaient pas qu'on voit son cadavre, etc... Il n'y a qu'une seule théorie que je crois et soutiens: Obama a dit à ses troupes qu'il voulait Ben Laden mort ou vif... Or, les Américains n'avaient AUCUN intérêt à prendre Ben Laden vivant, à le rapatrier en territoire américain et à lui intenter un procès. Ça aurait été un cirque, sans parler des problèmes de sécurité... Et il aurait fallu lui donner la parole... Imaginez le bordel! Selon moi, les troupes américaines l'auraient tué "no matter what", même s'il avait agité un drapeau blanc gros comme le Capitole... Je suis sûr qu'Obama a dit à sa bande: "Dès que vous voyez Ben Laden dans votre viseur, même s'il dort avec une de ses chèvres, tirez. Foutez-lui une balle entre les deux yeux et ne le ratez pas..." Le reste des théories me semblent farfelues au max... Scènes de la vie conjugale
Aujourd’hui, c’est jour d’élection, je ne suis pas censé parler de la campagne.
Je vais donc écrire sur un autre sujet — tiens, les relations de couple, par exemple. Ça va changer de la politique… UN MARIAGE DE RAISON Savez-vous la pire chose qui peut arriver à un couple ? Que l’un des deux prenne l’autre pour acquis. C’est ce qui est arrivé à Thérèse Québec et Gilles Bloc. Vingt ans qu’ils sont ensemble, pour le meilleur et pour le pire. Quand ils se sont connus, ils fréquentaient l’Université d’Ottawa, ils se sont mariés pour les prêts et bourses et devaient divorcer une fois leurs études terminées, mais cette alliance stratégique qui devait être temporaire s’est transformée peu à peu en mariage d’amour et ils se sont retrouvés avec deux enfants et une hypothèque. LES BRAISES Vous savez comment ça se passe, au début d’une relation amoureuse, c’est la passion, l’incendie, mais avec les années, souvent, les flammes s’éteignent et ne restent plus que des braises. Eh bien, c’est ce qui s’est passé avec nos deux tourtereaux. Gilles a commencé à prendre Thérèse pour acquis. À son anniversaire, au lieu de l’inviter au restaurant et de refaire le monde avec elle jusqu’aux petites heures du matin, il se contentait de lui donner une carte dans laquelle il avait gribouillé « À ma Québec adorée » d’une main distraite. Comme s’il suffisait d’écrire le mot « Québec » pour la faire vibrer ! FRU Pire : je ne sais pas pourquoi — peut-être parce qu’il était frustré de ne pas voir ses rêves se réaliser et d’être pogné à Ottawa alors qu’il avait toujours souhaité revenir chez lui, au Québec —, toujours est-il que Gilles est devenu hargneux, agressif. Soupe au lait, incapable de gérer son stress, passant son temps à chialer contre tout le monde avec son chum Larose. Bref, arriva ce qui devait arriver : Thérèse a commencé à se sentir disponible et à regarder ailleurs… UN BEL INCONNU À la pharmacie, elle a fait la rencontre d’un gentil monsieur. Oh, il parlait anglais et marchait avec une canne, mais au moins, il souriait et ses yeux pétillaient lorsqu’il la regardait. Visiblement, cet homme désirait profondément Thérèse et était prêt à n’importe quoi pour la conquérir. Il la couvrait de promesses, toutes plus folles les unes que les autres. Ses plans ne tenaient pas debout, Thérèse le savait bien, mais quel bonheur de se remettre enfin à rêver, au lieu de ronger son frein et de traiter tout le monde de crosseurs ! DE NOUVEAU AMOUREUSE Aux dernières nouvelles, ça n’allait pas bien entre Gilles et Thérèse. « Si la tendance se maintient, elle va le plaquer et partir avec son anglais », m’a dit un ami. « Mais quel avenir aura-t-elle avec lui ? lui ai-je répondu. Je n’ai rien contre ce gars-là, il a l’air d’un bon Jack, mais, enfin, t’as vu comment il la baratine ? On dirait un commis-voyageur ! » « Peut-être, mais on n’y peut rien, m’a répondu mon ami. Je crois qu’elle est en amour avec l’idée d’être amoureuse, tu comprends ? » J’ai peur de voir ce qui va arriver à Gilles. Il risque de prendre une méchante débarque… 1er Mai 2011Hitchens toujours athée malgré l'approche de la mort
Mon idole, le journaliste Christopher Hitchens, qui combat un cancer de l'oesophage, a perdu l'usage de la voix...
Et son grand ami, l'écrivain Martin Amis, a publié dans un quotidien britannique un long texte sur son ami qui ressemble à un éloge funèbre... La fin approche... Champagne!!!!!!
Communiqué de la Maison Blanche (tenez-vous bien)...
Ben Laden est mort!!!!! Il ne saura même pas si Harper aura sa majorité ou pas... Snif... Un témoignage éprouvant
Ce soir, à l'émission 60 minutes, Lara Logan, la correspondante de CBS qui s'est faite agresser par une meute de 200 hommes enragés alors qu'elle couvrait la révolution égyptienne, a raconté son histoire pour la première (et dernière) fois...
Elle a été agressée pendant 25 minutes, par des hommes qui ont aussi tenté de la scalper... Une révolution pacifique, ont dit les commentateurs. Bien tiens. Une loi anti-burqa en Israël?
Des burqas pour femmes... juives.
Un voile qui cache entièrement le visage et 10 couches de vêtements sur le corps!
Erratum
Plusieurs lecteurs m’ont écrit pour me souligner le fait que contrairement à ce que j’ai écrit dans ma chronique aujourd'hui, Tyrone Benskin, le candidat NPD dans Jeanne-Le-Ber, n’est pas unilingue anglophone.
Effectivement, je m’en excuse. Mais sa connaissance limitée du français ne lui permet pas de participer à un débat, ce qui devrait être un pré-requis, il me semble, surtout lorsqu’on veut représenter un comté MAJORITAIREMENT francophone. S'il ne peut expliquer CLAIREMENT et défendre EFFICACEMENT ses idées dans la langue de la MAJORITÉ au Québec, que fait-il là? I Love Qwébec
La candidate NPD dans Mégantic-L’Érable est une unilingue anglophone qui ne parle pas un mot de français.
La candidate NPD dans Berthier-Maskinongé est une unilingue anglophone qui ne parle pas un mot de français. Le candidat NPD dans Jeanne-Le-Ber est un unilingue anglophone qui ne parle pas un mot de français. Et pour quel parti on s’apprête à voter, demain ? Le NPD. Ben coudonc. MANQUE DE RESPECT Je comprends que vous vouliez prendre congé du Bloc. Vingt ans de mariage avec le même parti, c’est un bail. Surtout quand ce parti était censé être là « temporairement ». Mais vous voulez vraiment récompenser un parti qui présente des unilingues anglophones dans des comtés majoritairement francophones ? Ça ne vous dérange pas ? Vous ne trouvez pas que c’est un manque de respect ? Pensez-vous que les Ontariens voteraient pour un parti qui présenterait des candidats qui ne parlent pas un maudit mot d’anglais ? UN RIGODON « Les Québécois n’ont pas d’opinions, ils n’ont que des sentiments », disait Wilfrid Laurier. Quand on regarde ce qui se passe, difficile de ne pas lui donner raison. Je disais l’autre jour que les Québécois se dandinaient comme des poules pas de tête, prêts à voter à droite au provincial, puis à gauche au fédéral. On pourrait aussi dire que l’électorat québécois bouge comme un banc de poissons. Pendant des années, on vote aveuglément pour le Bloc. Et un jour, hop ! on vire de bord et on vote aveuglément pour le NPD. Ça vient probablement de notre amour du rigodon : « Changez d’côté, vous vous êtes trompés ! » Le politologue Christian Dufour appelle ça un électorat « volatile ». Moi, je dis « suiveux ». Il suffit que deux, trois personnes se lèvent pour applaudir à la fin d’un spectacle pour que toute la salle suive et fasse la même chose. On a le « standing ovation » facile… LES MISÉRABLES Je sais que ce n’est pas très gracieux à dire, mais je suis sûr que la maladie de Jack Layton (et le fait qu’il marche avec une canne) explique en partie sa popularité au Québec. On aime les gens qui font pitié, les opprimés. Regardez René Lévesque : il était petit, chauve, pas joli, il haussait toujours les épaules quand il parlait, comme s’il s’excusait d’avoir une opinion. On adorait ça. Le côté « Ti-Poil », proche du « vrai monde ». On dit qu’on est tanné du discours victimisateur du Bloc, « C’est la faute à Ottawa si on est dans le pétrin ». Mais que dit le NPD ? « C’est la faute aux grosses compagnies si on est dans le pétrin. » C’est le même réflexe David contre Goliath, on a juste changé de cible… LANGUE ET FOULARD L’autre jour, je m’étonnais du fait que Layton et Ignatieff se soient mis un foulard sikh sur la tête pour séduire les électeurs de cette communauté. Or, Harper a fait la même chose le 16 avril ! Décidément, les sikhs savent se faire respecter. « Tu veux mon vote ? Portes mon foulard ! » Ici, c’est le contraire. « Tu ne parles pas ma langue ? Super, je vais voter pour toi ! »
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Richard Martineau est chroniqueur au Journal de Montréal.
Pour lui écrire, cliquez ici! Pour lire sa biographie, cliquez ici! Pour lire ses chroniques, cliquez ici! 10 derniers articles10 derniers commentaires
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