19 Mai 2011

Permalink 09:59 am, Richard Martineau / Franc-parler, 85 mots  

Plus agresseur qu'homme à femmes

Un texte qui en dit long sur les rapports assez tordus merci que DSK entretient avec les femmes...

Drague "appuyée" frôlant le harcèlement, approches "lourdes", etc.

On est loin du Playboy et de l'homme à femmes, et plus près de l'agresseur en série...

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Pour vous dilater la rate: un survol des "tweets" les plus truculents sur l'affaire...

Pas du meilleur goût, j'en conviens, vu la gravité de l'affaire, mais, bon, ça vous montre ce qui circule dans la blogosphère...




Permalink 07:20 am, Richard Martineau / Franc-parler, 574 mots  

La révolution n'est pas pour demain

Je suis en train de lire un bouquin passionnant : L’anticonformiste, l’autobiographie de Luc Ferry.

Ferry est un philosophe superstar comme seule la France sait en fabriquer. Mais contrairement à plusieurs de ses pairs, il ne fait pas qu’accoucher de concepts abstraits : il met aussi la main à la pâte.

C’est ainsi qu’en 2002, il s’est retrouvé ministre de l’Éducation nationale, poste qu’il a occupé pendant deux ans.


UN EXPLOIT

Dans son livre, Ferry pose un regard critique sur le monde politique. Particulièrement sur l’Impact que peuvent avoir les médias sur les élus.

« Un ministre surexposé, photographié en permanence et obligé de rendre des comptes à chaque seconde n’a pas les mains libres, écrit-il.

« J’ai calculé avoir fait en moyenne, pendant toute la durée de mon ministère, six interventions publiques par jour : discours, remises de médailles, émissions de radio ou de télé, points de presse, etc.

« À ce rythme, parvenir à ne pas lâcher une bêtise, serait-ce qu’une seule fois dans la semaine, relève de l’exploit.

Aussi n’y a-t-il rien d’étonnant, dans ces conditions, à ce que certains ministères fonctionnent comme des agences de publicité et que la vie politique tend à basculer dans la communication… »


PAS DE VAGUE

« Tout le monde perd à ce jeu, continue Ferry. La plupart des hommes politiques s’entourent d’une horde de conseillers de presse et préfèrent parler la langue de bois plutôt que d’être sincères ou de s’exprimer sans notes comme je le faisais, au risque de faire des bourdes qui enthousiasment la presse et vous plongent dans la tourmente. »

Pour Ferry, le rôle des élus est de servir les citoyens. Mais parce qu’ils sont constamment surveillés par une presse qui guette chacun de leur faux pas (quand elle ne les provoque pas), les politiciens ont développé une obsession de l’image.

Résultat : l’État gère de plus en plus par sondages. Les discours sont formatés au max, et tout ce qui risque de dépasser et de faire des vagues est gommé.

Les politiciens ont appris à marcher sur des œufs, à faire preuve de prudence et à donner aux électeurs ce qu’ils veulent, au lieu de les bousculer dans leurs habitudes, de les sortir de leur zone de confort et de les amener à voir les choses « autrement ».


LEGAULT A RAISON ?

Hier, je déplorais le fait que François Legault est trop prudent, pas assez audacieux. J’aurais aimé qu’il propose une révolution, alors qu’il ne présente que des réformes, qui « réparent » le modèle québécois plutôt que de le transformer de fond en comble.

Mais c’est peut-être lui qui a raison.

Le passé le démontre amplement : pour être élu, au Québec, il ne faut pas trop faire de vagues. Ils ont beau péter de la broue et répéter aux sondeurs qu’ils sont prêts à « prendre un gros virage », les Québécois n’aiment pas beaucoup les changements.

Ils veulent troquer leurs vieilles pantoufles, oui, mais pour d’autres vieilles pantoufles, toutes aussi confortables.


MÉCHANT CHANGEMENT

Pour les idéologues, un changement, c’est passer de gauche à droite, ou de droite à gauche.

Pour la majorité des électeurs, c’est arrêter d’aller à Old Orchard pour aller à Ogunquit.