30 Juin 2011Un prix pour le pipi!
Vous êtes nombreux à avoir réagi à mes dernières chroniques sur l’éducation, et je vous en remercie.
Vos courriels m’ont à la fois encouragé et découragé. Encouragé, car l’éducation est un sujet qui vous tient à cœur. Découragé, car les histoires que vous partagez avec moi sont plus hallucinantes que celles que je raconte dans mes chroniques ! MOI, MOI ET MOI Hier, je me demandais pourquoi des écoles primaires organisent des remises de prix interminables pour des jeunes qui finissent leur sixième année. Or, plusieurs parents m’ont écrit pour me dire qu’ils ont été invités à assister à un « party de finissants » dans… un CPE ! Une cérémonie de remise de diplômes pour des enfants de 4-5 ans ! Voulez-vous rire de moi ? Et quand ils font leur premier pipi dans le pot, le maire se déplace en personne et leur sert la main ? Un éducateur m’a dit que le CPE où il travaille fait tout un pow-wow à la fin de l’année, avec chapeaux, photos, petit mot remis à chaque enfant, discours de la directrice, discours du propriétaire, buffet, diplômes, cadeaux et même soirée de quilles ! Après ça, on se demande pourquoi Facebook et Twitter sont si populaires auprès des jeunes. Quand ton entourage s’extasie devant la moindre de tes niaiseries, tu finis par te prendre pour le centre du monde et par penser que tout ce qui t’arrive est d’importance nationale. « Tiens, j’ai roté et pété en même temps. Je vais le dire à mes amis Facebook… » GÉNÉRATION NINTENDO Bernard DeGuire, qui a deux jeunes enfants, pose une excellente question : « Est-ce la génération Nintendo qui requière cette gratification incessante, où chaque action nécessite une réaction gratifiante instantanée ? Une chose est sûre, ça s'annonce mal dans 20 ans lorsque ces jeunes vont arriver sur le marché du travail... » Ils vont avoir besoin que leur patron leur donne un bonus juste parce qu’ils se sont arrivés à l’heure au bureau ! Ce besoin constant d’attention est tel que lorsqu’on célèbre l’anniversaire de notre enfant, il ne faut pas seulement offrir un cadeau au jubilaire, non, il faut aussi donner un cadeau à TOUS les enfants qui se sont pointés à sa fête, sinon ils vont sortir de là déçus et vont faire la baboune ! Hey, ça va faire, les morveux ! La vie n’est pas une téléréalité dont vous êtes la vedette ! SEULEMENT AU QUÉBEC Un parent m’a écrit pour me dire qu’à son école, les prix Méritas ne sont pas remis aux meilleurs étudiants, mais à ceux qui ont fait le plus d’effort… « Ma fille a eu les meilleures notes en maths, en sciences, en histoire, en géographie, en musique et en éthique religieuse… Or, elle n’a rien reçu, pas même une mention ! « L’école a préféré donner le prix Méritas à une élève en difficulté qui a des problèmes de comportement et qui s’est classée dans la moyenne après avoir coulé ses deux premières étapes… » Que croyez-vous, monsieur ? Qu’on allait féliciter l’élève performant, qui a passé son année à bosser, à étudier et à travailler ? Avez-vous oublié que nous sommes au Québec ? 29 Juin 2011C'est toi, le champion!
La semaine dernière, je suis allé à la soirée des finissants de ma fille cadette, qui terminait sa sixième année.
Durée de l’événement : deux heures trente. Discours de la directrice, discours des profs, discours des parents, discours des élèves, montage photos, chansons, remise des diplômes, remise des prix, autre série de discours… Coudonc, on va faire quoi quand ces jeunes-là vont terminer leur maîtrise ? On va fermer la ville pendant deux jours ? Il va y avoir des feux d’artifices ? U2 va venir chanter ? LE COURS NORMAL DES CHOSES Il fut un temps où la société s’attendait à ce qu’un enfant termine sa sixième année. Il n’y avait rien de spécial là-dedans, c’était le cours normal des choses. T’avais 12 ans, tu terminais ton primaire, tout le monde en vacances, merci, bonsoir. Aujourd’hui, c’est vu comme un accomplissement. La ville au complet est en liesse, les parents pleurent, les jeunes se font photographier, les directeurs félicitent les gradués et leur souhaitent bonne chance dans la vie — on dirait une soutenance de thèse à Harvard. On agit comme si c’était EXTRAORDINAIRE qu’un jeune se rende jusqu’en sixième année sans décrocher ! Depuis quand les choses qui nous semblaient normales hier sont-elles devenues exceptionnelles ? UNE EXPÉRIENCE HORRIBLE Hier, je parlais des directeurs d’école en shorts et en gougounes. L’autorité n’est plus ce qu’elle était, déplorais-je. Idem pour la réussite. On a tellement baissé la barre que terminer sa sixième année est maintenant perçu comme un véritable couronnement. Le moindre barbouillage d’enfant est accueilli comme si c’était un chef-d’œuvre de Picasso… Tenez, pendant que j’y suis… Il y a quelques semaines, la même école avait organisé un mini-concert des étudiants en musique. Atroce. Je n’ai jamais autant regretté de ne pas être sourd. Vous prendriez un xylophone, un chat et une brique, vous sacreriez tout ça dans une sécheuse, et le son qui sortirait de votre machine serait plus harmonieux que ce qu’on a dû endurer pendant 90 minutes. Pas de farce, j’ai parlé à d’autres parents qui étaient aussi catastrophés que moi… BON POUR L’EGO Une mère a même demandé à la directrice de l’établissement pourquoi l’école avait décidé d’organiser un concert public devant les parents alors que visiblement, les jeunes n’avaient strictement rien appris pendant l’année et étaient aussi à l’aise avec un saxophone que Stevie Wonder avec un pinceau… « Vous êtes fiers de nous faire entendre ça ? a demandé la mère. Vous êtes contents ? Vous trouvez que ça redore l’image de votre école ? » Mais la mère en question n’avait rien compris. Le but de ce concert n’était pas de montrer ce que les élèves avaient appris dans leur cours de musique. C’était de flatter leur ego. C’est à ça que sert l’école, maintenant : pas permettre à des individus d’acquérir des connaissances, mais permettre à des individus de développer une bonne estime de soi. L’important n’est plus de savoir lire une partition ou de jouer un instrument, non. C’est de pouvoir monter sur une scène et d’affronter un public. Que tu joues comme un pied ou un maestro n’a AUCUNE importance. QUESTION QUIZ « L’éducation est notre priorité », clament les politiciens. Mais QUELLE éducation ? 28 Juin 2011De bon goût
Un de mes amis a pris cette photo en Beauce et me l'a envoyée...
![]() "Kessé qui fait, Charest????"Les gougounes
Hier, en lisant le texte hallucinant de Sarah-Maude Lefebvre sur les armes que les jeunes du primaire et du secondaire apportent avec eux à l’école (carabines, haches, explosifs, poings américains), je pensais à ce que Jasmin Roy m’a dit il y a quelques jours, quand nous sommes allés faire de la promo pour TVA et LCN dans la région d’Orford.
UN DÉTAIL RÉVÉLATEUR « J’ai prononcé des conférences dans plusieurs écoles de la province, m’a-t-il dit, et chaque fois que j’entre dans un établissement, on me présente le directeur ou la directrice. Or, à plusieurs reprises, la personne qui dirigeait l’école me recevait dans son bureau en short et en gougounes… » Vous me direz qu’il n’y a pas vraiment de lien entre le fait qu’un directeur d’école porte des gougounes et le fait que des jeunes apportent des haches et des carabines à leur école. Vous avez raison. Quoique… C’est le genre de petit détail qui en dit long sur notre conception de l’autorité. MON AMI LE DIRECTEUR De dire Jasmin Roy : « Quand j’étais jeune, et qu’on nous envoyait dans le bureau du directeur, on était dans nos petits souliers. Le directeur était une figure d’autorité, et il nous recevait en veston-cravate. On le respectait… « Veut, veut, pas, quand tu occupes un poste d’autorité, l’habit fait le moine. Quand ton supérieur te reçoit en short et en gougounes, tu n’as pas la même relation avec lui… Il n’a pas vraiment d’ascendance sur toi, c’est comme s’il descendait de deux, trois crans et qu’il se mettait à ton niveau…» Imaginez une scène de la vie quotidienne d’une école. Un p’tit gars se fait pincer avec un poing américain dans son casier, et son prof l’envoie dans le bureau du directeur. Le bonhomme le reçoit en chemise hawaïenne et en flip-flops. Imaginez la même scène, maintenant, mais dans un beau clair-obscur, avec un directeur peu jasant qui porte un habit sombre et une cravate. Pas la même chose, non ? C’est la différence entre être reçu par Jerry Lewis et par Don Corleone. F**K L’AUTORITÉ ! « Les parents doivent assumer leurs responsabilités, a lancé la présidente de la Fédération des commissions scolaires du Québec, Josée Bouchard. Ce n’est pas normal que des enfants du primaire aient accès à des armes… » Eh non, ce n’est pas normal. Tout comme ce n’est pas normal que des enfants du primaire pensent qu’ils peuvent apporter des armes à l’école sans être punis. Quand on discute des problèmes qui accablent l’école, on parle souvent des bulletins, de la réforme, de la bureaucratie, des commissions scolaires… Mais c’est toute notre relation avec l’autorité qui est à revoir. C’est le problème « numero uno » de notre société. Personne n’a peur. On n’a plus peur des policiers, on n’a plus peur du prof, on n’a plus peur du directeur, on n’a plus peur des parents, on n’a plus peur du premier ministre… LE CLUB MED La seule chose qui nous fait peur, c’est la hiérarchie. Ça, ça nous fout la trouille. Il faut que tout le monde soit sur le même pied d’égalité. On aimerait vivre dans un gros club Med, avec des Gentils Membres et des Gentils Organisateurs en gougounes… 27 Juin 2011Pendant ce temps, à Londonistan
Comment couper la main d'un voleur, comment tuer un homosexuel...
Voici ce qu'on enseigne dans les écoles coraniques anglaises... L'Angleterre est rongée par le cancer islamiste, grâce au multiculturalisme... Un appui de tailleChanger le mal de place
Il y a quelques mois, quand les premiers sondages ont annoncé que François Legault (qui venait tout juste de former son groupe de réflexion) aurait remporté les prochaines élections provinciales s’il avait décidé à faire le saut en politique, nous sommes plusieurs à avoir écrit que ces résultats annonçaient une nouvelle époque au Québec.
Après des années à pencher à gauche, la province avait décidé de virer à droite. VIVE LA NOUVEAUTÉ Puis est arrivé la victoire éclatante du NPD au Québec, qui a complètement démoli cette théorie. Finalement, nous nous sommes tous trompés. Le Québec ne vire ni à droite ni à gauche. Le Québec tourne le dos au passé. On n’a pas voté NPD parce que c’est un parti à gauche. Tout comme on ne s’apprête pas à voter pour le parti de François Legault parce que c’est une formation de droite. (De toute façon, qui sait ce qui distingue la droite et la gauche ?) On appuie ces partis parce qu’on ne les a jamais essayés. Ils sont différents, c’est tout. Ils nous permettent de changer le mal de place. « On va élire ces nouveaux visages, ils ne peuvent être pire que les autres… » UN VENT « FRAIS » Dans le fond, les idées défendues par François Legault ne pèsent pas très lourd dans la balance. Que l’ex-ministre soit de droite, de gauche, en haut ou en bas, qu’il soit contre le privé dans le système de santé ou pour l’abolition des commissions scolaires, au bout du compte, ça importe peu. L’essentiel est qu’on ne l’associe pas (à tort ou à raison) aux « vieux « partis — le PQ, le PLQ ou le Bloc. Même l’ADQ, qui incarnait il y a quelques années la nouveauté, est maintenant considérée comme une formation qui fait partie des meubles. Legault apporte « un vent frais ». C’est tout ce qui compte. Que le vent souffle du nord ou du sud, on s’en fout. Qui lit les programmes, maintenant ? GRACIAN FORMULA Voilà probablement pourquoi certains « vieux » politiciens se distancient de leur ancienne formation. Ils sentent le vent tourner, et veulent se positionner comme « nouveaux ». Voilà ce qu’ils disent quand ils répètent qu’il faut « faire de la politique autrement » : « Vous croyez que je suis un vieux politicien, mais dans le fond, je suis comme vous, je veux du changement, je ne fais pas partie du passé, mais de l’avenir. » Ils sentent leur gros paquebot couler, alors ils se cherchent une embarcation qui a le vent dans les voiles, et sur laquelle ils pourront voguer encore quelques années. Regardez la façon dont Pierre Curzi flirte Amir Khadir… On dirait un mononcle qui se met du Gracian Formula pour pouvoir intéresser les plus jeunes… TROP DE MAL Tous les analystes se coupent les cheveux en quatre pour essayer de comprendre ce qui se passe actuellement au Québec. Mais dans le fond, c’est assez simple : on veut des nouvelles faces. Si j’étais François Legault, je ne me donnerais pas autant de mal pour essayer d’expliquer mes positions à la population. Je me mettrais une belle cravate, et je dirais qu’il faut que ça change. Le reste viendra tout seul… Question à Don Macpherson
Il y a quelques jours, ma femme est entrée dans un commerce du centre-ville de Montréal et n’a pas pu se faire servir en français.
« I’m sorry, I juste come from Toronto », lui a dit la vendeuse. Croyez-vous que si je déménageais à Toronto et que je ne parlais pas anglais, je pourrais travailler comme vendeur dans une boutique ? Indignation sélective
J’aimerais qu’on m’explique deux ou trois choses concernant la crise qui secoue actuellement le PQ.
Prenez l’intérêt que suscitent les prises de position de Jean-Martin Aussant, par exemple… JEAN-MARTIN QUI ? Honnêtement, entre vous et moi, qui connaissait Jean-Martin Aussant avant qu’il ne claque la porte du PQ ? Qui savait qu’il était député de Nicolet-Yamaska ? Qui s’intéressait à ce qu’il pensait ? Qui se disait : « Je me demande ce que Jean-Martin Aussant pense de tel ou tel dossier » ? Ou : « Je ne suis pas d’accord avec la direction du PQ, mais j’attends de voir ce que Jean-Martin Aussant en pense avant de me prononcer » ? Réponse : personne. Pas un chat. On ne savait même pas que ce gars-là existait. Pourquoi sort-on un micro chaque fois que ce petit député d’arrière-ban ouvre la bouche, alors ? HERTEL-DES-CANTONS Autre chose. Certains péquistes critiquent le manque de transparence de Pauline Marois, et dénoncent le fait que leur cheffe n’a pas consulté ses troupes avant d’appuyer le fameux projet de l’amphithéâtre de Québec… Vous souvenez-vous de l’affaire de Hertel-des-Cantons ? À la fin des années 90, après la fameuse tempête du verglas, Hydro-Québec et Lucien Bouchard ont décidé de construire une ligne de haute-tension en Montérégie afin de « sécuriser l’alimentation électrique de la région ». Ils ont fait passer cette ligne sur des terres agricoles, défigurant l’un des plus beaux coins du Québec. Le BAPE a contesté la construction de cette ligne en disant qu’elle n’était pas nécessaire. Des citoyens de la région ont contesté la décision de Hydro-Québec devant les tribunaux. La Cour supérieure leur a donné raison et a déclaré illégaux les décrets du gouvernement autorisant ces travaux. UNE STRATÉGIE DOUTEUSE Qu’a fait le gouvernement péquiste ? Il a voté une loi RÉTROACTIVE rendant légaux les travaux illégaux d’Hydro ! Cette loi était tellement bizarre et anti-démocratique que même le Barreau du Québec l’avait dénoncée dans une lettre. « Le projet de loi 42 constitue une loi rétroactive qui annule les effets d'une décision judiciaire, affecte les droits des citoyens et accorde à une société d'État d'importantes exemptions en matière environnementale dont la justification reste à démontrer, écrivait le bâtonnier Denis Jacques. Le Barreau du Québec s'inquiète de cette façon de légiférer. » Or, qu’ont fait les péquistes ? Ont-ils critiqué « le manque de transparence » et « l’Intransigeance » de leur chef, Lucien Bouchard ? Non. Ils se sont rangés derrière lui. Même Louise Beaudoin n’a pas claqué la porte. Or, pourquoi la députée de Rosemont dénonce maintenant les méthodes « anti-démocratiques » de Pauline Marois sur le dossier de l’amphithéâtre, alors que la loi 42 adoptée par le gouvernement Bouchard (qui donnait des pouvoirs extraordinaires à Hydro) était beaucoup plus scandaleuse ? Serait-ce que parce que le PQ était alors au pouvoir, alors qu'il traîne maintenant de la patte derrière la formation de François Legault? St-Jean et son mouton
L'autre jour, en regardant le défilé de la Saint-Jean, avez-vous eu une pensée émue pour le petit Jean-Baptiste frisé qu’on paradait dans nos rues, naguère ?
Probablement pas. Pourtant, ce personnage, même s’il nous paraît maintenant risible et pathétique, fait partie intégrante de notre histoire… LES RACINES DE NOTRE PENSÉE Si vous avez un peu de temps libre, cet été, je vous conseille de lire le Dictionnaire amoureux du catholicisme, de Denis Tillinac. Lisez cet ouvrage, même si vous êtes athée —SURTOUT si vous êtes athée. Car les réflexions de Tillinac (un auteur brillant que certains spécialistes ont rangé un peu trop rapidement dans le rayon folklorique et poussiéreux des « écrivains du terroir ») sont passionnantes. « Nier les racines catholiques de la France est une aberration, a-t-il déjà lancé lors d’une entrevue. L’architecture de notre spiritualité, de notre métaphysique, de notre esthétique, notre rapport à la féminité, à l’enfance, à la démocratie… tout a été complètement structuré par le catholicisme romain. C’est un fait historique. Pourquoi devrait-on le nier ? » UNE SOCIÉTÉ CATHOLIQUE Une phrase de Tillinac m’a particulièrement frappé : « Toutes les confessions sont égales devant la loi, mais pas devant la mémoire. » Tout est là. Légalement, le bouddhisme, l’Islam, le catholicisme, le judaïsme et l’hindouisme s’équivalent. Ils doivent respecter les règlements et se tenir à égale distance du pouvoir politique. La loi ne fait pas et ne devrait pas faire de différence entre un signe ostentatoire catholique et un signe ostentatoire juif ou musulman. Mais ça ne veut pas dire que ces religions occupent le même espace dans notre mémoire collective. Le Québec est ouvert à toutes les religions (contrairement à la plupart des États islamistes), mais il s’agit d’abord et avant tout d’une société CATHOLIQUE. ANCRÉ DANS SA MÉMOIRE Récemment, j’ai écrit dans une chronique que j’étais un catholique non croyant. Je ne crois pas que Jésus a été le fils de Dieu, mais ça ne m’empêche pas de ressentir un petit quelque chose quand je visite une église. La culture catholique me parle, elle fait partie intégrante de mon être et de ma psyché. Cette chronique m’a valu de nombreux courriels. Si je me fie à ce que vous m’avez écrit, vous êtes nombreux à penser comme moi. Eh bien, vous risquez de prendre beaucoup de plaisir à lire l’ouvrage de Denis Tillinac. « Il est nécessaire d’être très ancré dans sa mémoire, de dire Tillinac. C’est pour ça que je suis assez réticent sur l’œcuménisme. Chaque peuple doit se recentrer sur ses fondamentaux. C’est la meilleure façon d’être fraternel et universel. Après, une fois que l’on est bien dans sa peau, on est plus accueillant avec autrui… » FIERS DE NOTRE PAYS « Il faut que les jeunes réaffirment qu’ils sont fiers de notre pays, fiers de notre culture, fiers de notre civilisation occidentale et qu’ils en sont les héritiers, même s’ils ne savent pas trop comment exprimer cela dans le monde nouveau, de continuer Tillinac. Il ne faut en aucun cas y renoncer, il faut repartir de ce que nous sommes, de nos valeurs, de notre histoire… » Bref, c’est bien beau, la laïcité. Mais il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain… 24 Juin 2011La tête haute malgré tout
Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais avec ce qui se passe ces temps-ci, je n’avais pas beaucoup envie de fêter la Saint-Jean.
Pas que je sois un fervent péquiste, au contraire, je trouve ce parti beaucoup trop à gauche à mon goût, mais disons que je n’éprouve aucun plaisir à voir le mouvement souverainiste s’auto-mutiler et les chroniqueurs la Gazette et du National Post tournoyer comme des vautours au-dessus de sa frêle charpente. Ça me fout le cafard. DÉLIRES FRANCOPHOBES Mais par chance, je suis tombé sur une chronique particulièrement méprisante de Don Macpherson, et ça m’a donné envie de brandir fièrement un drapeau du Québec. Rien de mieux que les délires d’un chroniqueur francophobe pour vous remettre du sirop d’érable dans le crayon. Comme vous le savez, le chroniqueur de la Gazette (un journal de bon goût qui a déjà publié une caricature montrant Louise Beaudoin costumée en louve des SS) adore me traiter de raciste. Ça l’excite. Pour ce tenant du multiculturalisme, un francophone qui se plaint de ne pas pouvoir être servi dans sa langue à Montréal est un nationaliste sectaire et intolérant qui déteste les étrangers. Or, mardi dernier, Macpherson a poussé le bouchon encore plus loin. Dans un texte vicieux et mesquin (qui a certainement été applaudi par son copain Martin Patriquin du Maclean’s), il s’est raclé la gorge, a élargi la portée de son crachat et a insulté Quebecor tout entier ! Tant qu’à vomir, aussi bien viser le maximum de gens, non ? LES YEUX OUVERTS « Si Pierre-Karl Péladeau réussit à amener une équipe de hockey à Québec, a écrit Macpherson, celle-ci ne devrait pas s’appeler Les Nordiques mais Les Xénophobes. » Pas mal, comme insulte, non ? Au moins, Macpherson ne marche pas sur des œufs et ne cache pas son mépris derrière un rideau d’euphémismes. Il délire à fond, toutes voiles dehors. Et pourquoi notre cher columnist trouve que Quebecor est une entreprise xénophobe ? Tout simplement parce que contrairement aux journaux d’un autre groupe de presse, Le Journal de Montréal et Le Journal de Québec ne ferment pas les yeux devant l’anglicisation rampante de Montréal. Nous ne croyons pas que le hidjab est « un inoffensif bout de tissu ». Nous ne trouvons pas normal que de plus en plus de commerces situés sur le territoire québécois adoptent des noms anglais. Nous croyons fermement que le multiculturalisme est un cul-de-sac suicidaire. Nous pensons que le Québec (comme toutes les autres nations du monde) a une identité unique et distincte qu’il faut célébrer et protéger. Et nous ne trouvons pas que le nationalisme est une maladie mentale. FRENCH KISS Voilà pourquoi Macpherson trouve que les journaux de Quebecor (et vous, qui êtes de plus en plus nombreux à nous lire) sont xénophobes. Je disais plus haut que Don Macpherson est francophobe. Faux : il adore les francophones. Mais quand ils courbent le dos, quand ils ne défendent pas trop fermement leur langue et leur culture, quand ils se font servir en anglais en souriant, quand ils disent « Yes Sir » et « No Sir » comme dans le bon vieux temps. Et quand ils tirent à bras raccourcis sur les souverainistes. Dans ce temps-là, le chroniqueur de la Gazette nous prendrait dans ses bras et nous donnerait un gros french kiss. UNE INVITATION Bref, tout ça pour vous dire que grâce à Don Macpherson, j’ai le coeur à la fête. J’ai le goût de me tenir la tête haute et de dire que je suis fier de qui nous sommes, du chemin que nous avons parcouru et de celui que nous parcourrons. Et j’ai le goût de le dire en français, avec mes amis arabes, chiliens, vietnamiens, haïtiens, italiens… Et si Macpherson veut se joindre à NOUS, eh bien tant mieux. On est même prêt à publier sa photo dans nos pages, en train de danser un rigodon avec Biz, Lynda Thalie, Rachid Badouri et Boucar Diouf… 23 Juin 2011Victoire pour la liberté d'expression
Les tribunaux néerlandais viennent de statufier que critiquer l'Islam et les Islamistes n'est pas un acte raciste...
Que les barbus mettent cette décision dans leur pipe à eau et qu'ils la fument... Nous avons le droit de critiquer les religions, TOUTES les religions! C'est ça, une démocratie, messieurs... L'argent n'a pas d'odeur — Bienvenue aux barbus!
Mardi dernier, Montréal a reçu de la grande visite.
Des hommes d’affaires influents des Émirats arabes unis ont été invités à rencontrer des entrepreneurs québécois lors d’un petit déjeuner organisé par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. La construction est en hausse, là bas, et la Chambre a organisé cette rencontre afin que nos entrepreneurs profitent eux aussi de la manne en vendant leurs services, leur expertise et leurs produits. BONJOUR LA LIBERTÉ Vous vous demandez quels genres de pays sont les Émirats arabes unis ? Voici ce qu’on peut lire sur le site Internet du Ministère fédéral des affaires étrangères et du commerce international : « Les manifestations dans ces pays sont rares. Elles doivent être autorisées par le gouvernement. » « Les suspects impliqués dans des incidents peuvent être détenus pendant de longues périodes sans pouvoir communiquer avec un avocat. » « L'état d'ébriété en public est une infraction criminelle. Il n'existe pas de taux d'alcoolémie légal acceptable." « Les sanctions pénales pour possession, usage et trafic de stupéfiants illégaux ou de graines de pavot sont sévères et incluent la peine de mort. » LA MORT POUR LES GAIS « Les lois et les règlements du pays sont rigoureusement conformes aux croyances de l'Islam. Les femmes ne doivent pas porter de vêtements moulants ou qui laissent voir des parties du corps, ni des jupes courtes. Les contrevenants s’exposent à une peine de prison ou à d’autres sanctions. » « Des femmes ont été victimes de harcèlement physique et verbal. Il est recommandé de se déplacer en groupe et de ne pas se déplacer seules durant la nuit. » « En public, les contacts physiques (par exemple : se tenir la main) devraient être évités. » « Les unions de fait, les relations homosexuelles, l'adultère et la prostitution sont illégales et sont passibles de peines sévères, y compris la peine de mort. » « Les décisions relatives à la garde des enfants sont basées sur la loi islamique. Il est extrêmement difficile pour une femme canadienne, même si elle est musulmane, de se voir accorder la garde de ses enfants par une décision des tribunaux. » SE PINCER LE NEZ Chouette, non ? En plein le genre de pays où l’on voudrait vivre. Avancés, progressistes… Question quiz : si vous saviez que votre voisin maltraitait sa femme et battait son fils homosexuel, feriez-vous affaire avec lui ? Probablement pas. Pourquoi notre morale prend-elle le bord quand il s’agit de relations commerciales entre pays, alors ? Faire affaire avec des pays qui condamnent les gais, les couples « accotés » et les femmes qui trompent leur mari à la peine de mort, n’est-ce pas encourager l’intolérance ? J’espère que les organisateurs de cet événement n’ont pas poussé la « politesse » jusqu’à demander aux Québécoises présentes lors de ce petit déjeuner de se vêtir pudiquement et de ne pas montrer leurs bras ou leurs jambes pour ne pas offenser leurs invités… Il y a quand même une limite à se mettre à genoux… 22 Juin 2011Pas assez parlé de souveraineté?
Suite à ma chronique d’hier, où je disais que tenir un troisième référendum équivalait à se tirer dans le pied et à enterrer l’option sous 50 pieds de béton, des lecteurs m’ont écrit pour me dire que si les sondages montrent que le OUI perd du terrain, c’est parce que le PQ n’a pas assez expliqué les impacts positifs de la souveraineté à la population…
Voulez-vous rire de moi ? On n’a pas ASSEZ parlé de souveraineté ? Vous étiez où, lors des 35 dernières années ? Sur Mars ? Ça ne vous a pas traversé la tête que les citoyens n’en veulent tout simplement pas ? En tout cas, pas maintenant, dans les conditions actuelles ? Vous me faites penser au macho qui cruise une fille pendant trois heures, et qui, lorsque la fille lui dit qu’elle ne veut rien savoir, lance : « C’est quoi, son problème ? Comment peut-elle résister à mon charme ? Bof, elle doit être lesbienne… » CHANGEONS DE PEUPLE ! Personnellement, je préfèrerais que le Québec se sépare. Pas par acrimonie envers le Canada, non. Juste pour officialiser un état de fait. Le Québec n’est pas le Canada, point. Comme un homme n’est pas une femme, et comme le Canada n’est pas les États-Unis. Un moment donné, il faut nommer les choses par leur nom, et arrêter de tataouiner. Mais, bon, si le peuple ne veut pas embarquer dans cette aventure, c’est son droit, non ? On n’est toujours bien pas pour changer de peuple, comme l’écrivait ironiquement Bertolt Brecht ! LE COMBAT D’UNE VIE Quarante ans, c’est court dans l’histoire d’un peuple. Mettons l’option de côté, et concentrons-nous sur d’autres dossiers que les gens jugent plus important : la dette, la réingénierie de l’État, la corruption, etc. Si l’option est pertinente, elle ressurgira, ne craignez rien… Le hic, c’est qu’il y a des gens qui veulent voir le Québec devenir indépendant DE LEUR VIVANT. Ils ne veulent pas attendre, ils se sont battus pour ça toute leur existence et ils veulent voir le rêve se réaliser avant de mourir, afin de s’assurer que leur vie n’aura pas été vaine… Ce n’est pas tant le peuple qu’ils veulent sauver qu’eux-mêmes. D’où leur impatience… 21 Juin 2011Viande à chien...
Concernant cette histoire d'un chien errant qui a été condamné à la lapidation par des juifs ultra orthodoxes...
Cette nouvelle était fausse... Ce n'est pas parce qu'un truc circule sur le Net qu'il est véridique... Le Catch-22 du PQ
Si la tendance se maintient, aux prochaines élections provinciales, François Legault va rafler la mise et le PQ va crouler sous le poids d’une importante crise existentielle et imploser comme une étoile au firmament du paysage politique québécois.
Advenant ce scénario, la formation de René Lévesque aura duré un peu plus de 50 ans — une performance somme toute honorable pour un parti qui n’aura jamais réussi à réaliser l’objectif pour lequel il avait été créé. SE DIRE TROIS FOIS NON Les purs et durs vont s’empresser de blâmer Pauline Marois pour cet échec en disant qu’elle n’aura pas assez mis la souveraineté de l’avant. Qu’est-ce que vous vouliez qu’elle fasse ? Qu’elle tienne un référendum « no matter what » en sachant fort bien qu’un troisième échec allait enterrer l’option sous 50 pieds de béton ? Qu’elle fasse « comme si » ? Qu’elle brandisse la promesse (certains diront : la menace) d’un troisième référendum sans jamais passer à l’acte ? Tous les sondages le répètent : si le Québec tenait un autre référendum sur la souveraineté au cours des prochains mois, le Oui se planterait d’aplomb. C’est ça que vous voulez que votre cheffe fasse ? Qu’elle conduise le Québec à une troisième défaite humiliante ? Que le Québec se dire encore Non à la face du monde ? Vous imaginez la honte ? Le traumatisme ? LES BŒUFS AVANT LA CHARRUE Le PQ est dans une situation impossible ; un Catch-22, comme disent les anglos. S’il ne tient pas de référendum prochainement, son aile radicale va le saborder. S’il en tient un, il va mettre le Québec à genoux et l’acculer au pied du mur. Bref, d’un côté comme de l’autre, il se plante. Face, il perd. Pile, ses adversaires l’emportent. Qu’est-ce que vous voulez faire dans cette situation ? La seule issue est celle mise de l’avant par la cheffe actuelle : l’option du « bon gouvernement ». L’important n’est pas de brandir une option dont la majorité se balance. L’important est de promettre une meilleure gestion des affaires courantes. On montre qu’on peut faire mieux que le gouvernement actuel, et après, on verra. Les bœufs avant, la charrue après. Ce n’est pas nouveau ? Non, mais c’est efficace. Et puis, vous n’avez pas le choix, chers péquistes. Ou vous avancez courbés, votre option en veilleuse, ou vous mourez debout, poing en l’air et fleurdelisé au vent. LA BANDE DES QUATRE Il y a quelques jours, j’ai discuté avec une indépendantiste convaincue. Pour elle, les députés récalcitrants qui ont claqué la porte du PQ ont bien fait. « Mais ces chicanes publiques font un mal fou au parti, lui ai-je répondu. Je croule sous les courriels d’ex-péquistes qui en ont ras le bol de tous ces enfantillages et qui s’apprêtent à voter Legault ! » « Eh bien soit », me dépond la dame. En d’autres mots : je préfère voir le PQ se saborder plutôt que de ne pas organiser un troisième référendum perdant. Drôle de façon de voir les choses. C’est comme si je disais : « Si Machin n’est pas assez courageux pour monter dans son bolide et foncer contre un mur à 250 km/h, mieux vaut qu’il se suicide… » Pauvres artistes!
Vous voulez devenir animateur ? Vous souhaitez avoir votre propre talk show à la télé ou sur le Web ?
Si oui, un conseil : ne confrontez JAMAIS un artiste, sinon, toute la communauté médiatique va vous tomber dessus en disant que vous êtes démagogue, populiste et impoli. DES BIBELOTS EN PORCELAINE Regardez ce qui est arrivé à Krista Erickson de Sun News : parce qu’elle a osé poser des questions un peu « rock’n’roll » à la danseuse Margie Gillis, cette journaliste s’est fait traiter de tous les noms. Comme si les artistes étaient de petites choses délicates qu’il fallait prendre avec des pincettes et ne jamais secouer car elles se briseraient en mille morceaux ! Non, mais quelle condescendance… Ça fait 13 ans que je co-anime Les Francs-Tireurs sur les ondes de Télé-Québec, et trois ans que je suis aux commandes de Franchement Martineau sur les ondes de LCN. Des entrevues, j’en ai fait. Avec toutes sortes de gens : des politiciens, des entrepreneurs, des syndicalistes, des artistes… Et savez-vous ce que j’ai appris au cours de toutes ces années ? Les artistes ne sont pas de petits bibelots en porcelaine qu’il faut mettre sous verre et admirer de loin, mais des gens d’opinion, qui ont des choses à dire et qui n’ont pas peur de se faire brasser de temps en temps. Ils sont capables de prendre des coups et d’en donner, ils n’ont pas besoin de personne pour les protéger… À GENOUX, LA BOUCHE OUVERTE Je me souviens d’une conversation particulièrement corsée sur la critique avec Sylvie Moreau. On aurait dit un combat de boxe. La comédienne ne s’en laissait pas imposer, elle répliquait à tous les coups, et à la fin, j’étais étendu sur le matelas avec un œil au beurre noir. Et Sylvie Moreau (que je voyais en contre-plongée) avait une étincelle dans les yeux. Pensez-vous vraiment que les artistes tripent à se faire toujours poser les mêmes maudites questions par les mêmes maudits journalistes qui adoptent toujours la même maudite position condescendante envers eux — c’est-à-dire à genoux, les yeux fermés et la bouche béate d’émerveillement ? Non. Si les artistes étaient fragiles, ils ne monteraient pas sur une scène et n’affronteraient pas les critiques. Ce sont des lutteurs ! UNE ATTITUDE MÉPRISANTE Respecter un artiste, c’est le prendre pour un être majeur et vacciné capable de se défendre et de s’expliquer. Adopter une attitude bienveillante envers lui, ne jamais confronter ses choix, crier au génie chaque fois qu’il monte sur scène, c’est le mépriser. C’est lui dire : « Je te considères comme un enfant incapable de faire face à l’adversité… » Regardez Lorraine Pintal. La directrice du TNM, qui est aussi auteure et comédienne, s’est fait beaucoup critiquer lors de l’affaire Bertrand Cantat. S’est-elle cachée dans un coin ? Non : elle a fait face à la musique courageusement. Je ne suis peut-être pas d’accord avec les positions qu’elle a défendues, mais j’éprouve beaucoup de respect pour cette dame, qui n’a jamais esquivé les questions. COUP POUR COUP Margie Gillis s’est fait poser des questions directes sur les subventions qu’elle recevait. Et alors ? Elle a bien répondu et s’est bien défendue. C’est quoi, le problème ? 20 Juin 2011Vive les Hells!
Les retombées économiques bénéfiques des... Hell's Angels!
Un excellent texte de David Descôteaux...
Interdits aux touristes
Amsterdam, le paradis du sexe et de la drogue, fait marche arrière et durcit ses lois concernant le hash...
Désormais, les coffee shops seront interdits aux touristes... Les habitants des Pays-Bas en avaient ras le bol de voir leurs rues envahies par des hordes de touristes venus se péter la fiole et se geler la bine... Tannés de voir leur pays se transformer chaque été en bordel et en fumerie à ciel ouvert... Pas si simple, la décriminalisation... Speak White
J’ai reçu plusieurs messages concernant les accusations de xénéphobie que m’ont lancées Don Macpherson de la Gazette et Martin Patriquin du MacLean’s.
Parmi ceux-ci, ce courriel de Nicole Baril, de Saint-Prospère-de-Champlain : « Je propose à ces messieurs de lire les textes qui ont été publiés sur la Montréalaise qui participe au concours de Miss Univers Canada. Ils y apprendront que Ranan Khaled, qui se dit déterminée à faire briller Montréal, est arrivée de Syrie il y a quatre ans et qu’elle s'est trouvée un emploi de directrice des ventes même si, après tout ce temps, elle NE MAÎTRISE PAS ENCORE LE FRANÇAIS !!! » Attendez, ce n’est pas tout, madame. Non seulement on peut se trouver un emploi dans la vente à Montréal même si on ne parle pas français, mais (comme me l’a encore répété un chômeur d’origine algérienne l’autre jour), les immigrants FRANCOPHONES qui débarquent chez nous doivent apprendre l’anglais pour travailler !!!!! Mais, chut, il ne faut pas dire ces choses-là trop fort, madame Baril, sinon la Gazette et le MacLean’s vont vous traiter de raciste. Car les Anglais sont très, très maltraités, au Québec, vous savez... DICTATEUR PARIZEAU Parlant de chroniqueurs qui délirent… Vous avez lu Kelly McPharland du National Post, jeudi ? Il affirme que lorsqu’il était premier ministre, Jacques Parizeau était très autoritaire et « se pavanait comme Ceausescu ». Faire un lien entre Parizeau et l’un des pires dictateurs de la planète… Fort, très fort. Vous n’avez rien à dire là-dessus, messieurs Patriquin et Macpherson ? Félicitations aux barbus!
Le 12 juin, les Islamistes ont remporté une victoire éclatante lors des élections législatives en Turquie.
Pendant longtemps, le gouvernement turc a réussi à garder les barbus hors d’état de nuire. Mais depuis quelques années, on assiste à une islamisation du pays : on a limité la vente d’alcool, les droits des femmes reculent, bref, le cancer islamiste est en train de transformer la Turquie en paradis d’Allah. Pour célébrer cette nouvelle victoire des barbus, je vous propose un extrait d’un texte que l’écrivain palestinien Abdallah Abou Sharkh a publié le 8 juin sur un site dirigé par des arabes laïcs. On peut trouver une traduction française de ce texte sur le site Poste de veille (postedeveille.ca). DES AGENTS DE SOUS-DÉVELOPPEMENT « Félicitations aux Islamistes ! Grâce à vous, nos terres sont devenues arides, sans âme, sans vie. « Vous en avez hérité et vous en avez fait un désert inculte, sans arts ni sculpture, sans musique ni chant, sans théâtre ni poésie ou divertissement, sans industrie ni agriculture. « Vous avez fait de tous nos peuples des mendiants aux portes du FMI qui quémandent la générosité des grands pays et ajoutent des dettes aux dettes anciennes. « Nos cordiales félicitations aux islamistes qui ont rusé pour faire de la religion une science enseignée dans les écoles et les universités alors que la plus banale condition de la science est qu’elle est sujette au doute, au changement et à l’évolution. « Le monde développé concentre son action sur une station spatiale internationale alors que nous, nous sommes préoccupés par la manière d’entrer dans les toilettes, par le droit relatif à la période menstruelle, à la façon d’allaiter un adulte et à la question de savoir si chevaucher le corps de son épouse morte est licite ou illicite ! « Vous avez répandu le sous-développement, l’obscurantisme et le terrorisme. Félicitations ! » 17 Juin 2011Une grande journée pour les Saoudiennes
C'est aujourd'hui que les Saoudiennes vont défier les autorités en commettant un crime grave: conduire une auto!!!!
La photo de la semaine
Un couple s'embrassant pendant l'émeute de Vancouver...
Comme dirait Bruce Cockburn: "Lovers in a dangerous time..." ![]() PS: la femme étendue par terre venait de se faire frapper par un policier, elle était hystérique et son ami s'est penché pour la consoler et la calmer... Pas si romantique, finalement... 16 Juin 2011Le sport adoucit les moeursLa zizanie
Dieu que le PQ est pathétique, parfois.
Le spectacle que ce parti nous offre depuis quelques jours est désolant, honteux, indigne. On aura beau nous dire que ces chicanes à répétition sont un signe de santé, la preuve que la démocratie et la liberté de parole se portent bien dans le parti, reste qu’il y a une limite à se tirer dans le pied. LES ENFANTS Comment un parti qui ne sait pas où il s’en va peut-il prétendre diriger la province ? Pauline Marois a reçu un vote de confiance de 93 %. C’est elle, la cheffe. Peut-on la laisser diriger son parti ? Le PQ n’est pas un groupe de réflexion où l’on discute pendant des heures du nombre d’anges qui peuvent tenir sur la tête d’une épingle, ou de la couleur des pistes cyclables que l’on va construire une fois le référendum gagné, c’est une formation politique, avec un programme, une ligne de parti et un leader. Vous ne voulez pas suivre votre chef ? Troquez votre pantalon pour des culottes courtes, allez jouer dans le bac de sable avec vos ti-n’amis et laissez les adultes faire leur job. Y en a marre, à la fin, de ces enfantillages. Allez, ouste, dans votre chambre, et pas de dessert ! LES GRANDS-PARENTS Quant aux pépés qui ne cessent de rouspéter dans leur chaise berçante en disant que s’ils étaient au batte, « c’est pas comme ça que ça se passerait », serait-ce trop vous demander d’avoir la décence de laisser la cheffe actuelle (qui a obtenu un vote de confiance HISTORIQUE) diriger son parti comme elle l’entend ? Vous avez eu votre chance au marbre, maintenant, laissez les autres frapper la balle. Vous n’avez pas d’autres choses à faire pour meubler votre retraite, je ne sais pas, moi, des médailles à frotter, des photos à classer ? 15 Juin 2011Des principes élastiques
La meilleure histoire de la semaine...
Les conditions perdantes
Je ne veux pas être défaitiste ou pessimiste…
Mais j’aimerais que les indépendantistes m’expliquent comment ils peuvent croire que le Oui a de réelles chances de l’emporter en 2015, alors qu’il s’est planté en 1980 et en 1995… C’EST QUI, CLAUDE LÉVEILLÉE ? Les jeunes se foutent de plus en plus de la qualité du français, ils écoutent de moins en moins de musique québécoise, ils croient que René Lévesque est un boulevard et Jacques Cartier un pont, moins de 5 % des cégépiens ont suivi un cours d’histoire du Québec en 2008-2009, l'offre des cours d'histoire du Québec occupe seulement 8 % de l’ensemble des cours d’histoire depuis 1995, les jeunes ne connaissent ni la crise d’octobre ni la révolution tranquille… Et soudainement, le Oui l’emporterait ? Pourquoi ? Qu’est-ce qui vous permet de tirer une telle conclusion ? Regardez-vous ce qui se passe au Québec, depuis quelque temps ? LA TÊTE DANS LE SABLE Avez-vous lu les propos de Lucien Francoeur sur l’éducation, l’autre jour ? Vous pensez vraiment que les conditions intellectuelles et idéologiques sont réunies pour assurer une victoire éclatante de l’option souverainiste ? Si oui, donnez-moi l’adresse de votre pusher, son stock est bon… Je sais, je sais, les jeunes vont me rouler dans la boue et me dire que je suis un vieux schnock pour parler de cette façon. Je devrais faire comme leurs profs et transformer leurs échecs en réussites pour flatter leur amour-propre dans le sens du poil. Désolé, j’en suis incapable. Comme dit l’autre : j’ai des yeux pour voir et des oreilles pour entendre, et ce que je vois et j’entends depuis quelques années n’augure rien de bon pour l’option souverainiste, bien au contraire. RIRE OU PLEURER ? Dépolitisation, acculturation, disparition des cours d’histoire, indifférence devant l’anglicisation rampante, aplaventrisme devant la culture américaine, rabaissement de la culture au rang de produit, multiculturalisme gnan-gnan, ouverture sur le monde naïve et innocente, détestation de soi, idéalisation des autres — c’est comme si nous avions fait l’impossible pour réunir les conditions perdantes. Sans oublier les indépendantistes qui prennent un malin plaisir à se donner régulièrement des crocs-en-jambe et à cracher sur leurs chefs. Et vous me dites que vous croyez encore que le Oui va gagner ? Je ne sais pas si je dois rire ou pleurer devant votre candeur. On dirait des communistes qui croient encore à l’édification d’un monde égalitaire… UN CHAPELET D’ÂNERIES Vous avez lu le texte que les « jeunes » souverainistes ont écrit à l’intention de Jacques Parizeau ? « Parler de l’avenir et non du passé… Faire de la politique autrement… Le développement durable et le transport collectifs sont notre priorité… Génération ouverte sur le monde… » J’y reconnais toutes les âneries que je répétais il y a vingt ans. Des lieux communs politiquement corrects qui semblent tout droit sortis d’un film de Walt Disney. Tout juste si on ne dit pas qu’un Québec indépendant sera non-fumeur ou ne sera pas… Si on ne fait pas la souveraineté pour arrimer l’avenir au passé, on la fait pour quoi, alors ? Pauvre, pauvre Québec… Quand comprendra-t-on qu’il faut plus que de beaux yeux et un joli sourire pour gagner notre place à la table de l’Histoire ? 14 Juin 2011Ne craignez rien, monsieur Macpherson
Le 5 juin dernier, j’ai écrit que la ville de Montréal me décourageait.
Parce que les cônes oranges, les détours, les sens uniques, le pont Champlain, l’échangeur Turcot, Luc Ferrandez, le manque d’idées, de direction… Et « une communauté anglophone qui agit comme si la loi 101 n’avait jamais existé », ajoutais-je… Il n’en fallait pas plus pour que le chroniqueur du journal The Gazette Don Macpherson saute sur son ordi et me traite d’anglophobe sur Twitter... DES COMMERCES FRANCOPHOBES ? Désolé, monsieur Macpherson, mais si vous marchiez dans les rues de Montréal au lieu de passer votre temps sur Twitter à vous réjouir de la disparition du Bloc et des chicanes internes qui déchirent le PQ, vous vous rendriez compte que de plus en plus de commerces se foutent totalement de la loi 101. D’ailleurs, l’an dernier, le nombre de plaintes reçues par l’Office québécois de la langue française concernant l’affichage commercial a augmenté de 39 %. J’imagine que selon vous, tous ces gens sont des indépendantistes enragés qui détestent les anglos et se torchent avec l’Union Jack… Monsieur Macpherson, j’ai une idée : pourquoi ne viendrez-vous pas patrouiller les rues de Montréal à mes côtés ? On irait chez Lucille Oyster Dive, Aqualüd Spa Essentials, Valmont Beauty Lounge, Carman Luggage, Mother’s Choice Bakery, New Moon Hair Salon, Nipa Beauty Salon and Aesthetics, Espace Haircraft, et plein d’autres commerces qui ont le français très à cœur… et que vous n’oseriez JAMAIS traiter de francophobes dans votre chronique. PAS SURPRENANT Remarquez, la réaction de Don Macpherson ne me surprend guère. Une de ses éminentes collègues a déjà traité ma femme de « french terrorist » juste parce qu’elle avait déploré le fait qu’elle n’a pas pu être servi dans sa langue dans un commerce du boulevard Saint-Laurent…(1) Il semblerait qu’à The Gazette, vous êtes raciste dès que vous osez remarquer que le français recule à Montréal… Et pendant ce temps, que font Louise Beaudoin et Pierre Curzi, deux grands défenseurs du fait français ? Ils mettent le seul parti dénonçant l’anglicisation de Montréal à genoux, en claquant violemment la porte de leur formation et en allant siéger comme députés indépendants… Bravo. Avec des amis comme ça, pas besoin d’ennemis… Dormez tranquille, monsieur Macpherson. Vous et vos amis n’avez rien à craindre du PQ. Ce parti ne constitue une menace que pour lui-même… ____________ (1) En fait, il y a une erreur dans ma chronique. Ce n'est pas une journaliste de The Gazette qui a traité ma femme de "french terrorist", mais la propriétaire d'un commerce où ma blonde avait vainement demandé d'être servie en français. La journaliste de The Gazette, elle, avait écrit sur Twitter que ma femme faisait du "anglo bashing". «It's the only thing I hate about living in this province. It's racist and it drives me crazy", a-t-elle écrit. Eh oui, c'est raciste, maintenant, de vouloir être servi en français à Montréal! 13 Juin 2011Donnez-moi une place, bou hou hou...
Pourquoi Parizeau devrait-il se tasser pour "laisser la place aux jeunes"?
Comme l'a écrit fort justement Mathieu Bock-Côté: une place, ça se prend, ça ne se demande pas... Vous voulez qu'on vous entende? Parlez! Pas besoin de dire aux autres de se taire... Cherchez l'erreur
Les jeunes libéraux du Québec ont dévoilé un document sur l'identité québécoise.
Mais on n'y parle jamais d'immigration ou d'accommodement — trop chauds, comme dossiers... C'est comme publier un document de travail sur l'obésité, sans jamais parler de sucre ou de fast food....! À quoi ça sert de parler d'identité si c'est pour passer ces deux sujets sous silence???? La guerre des générations
Je dis souvent que si 50 % des mariages finissent par un divorce, c’est parce que cette institution a été inventée à l’époque où les gens mouraient du scorbut à 22 ans.
C’était facile pour les amoureux de se promettre fidélité jusqu’à la mort : ils mouraient jeunes ! Mais les avancées de la médecine et l’allongement de la durée de vie ont changé la donne et rendu cette promesse plus difficile à respecter. LES VIEUX VIVENT PLUS VIEUX Idem pour la retraite. Le concept de retraite a été inventé à l’époque où les gens mouraient de vieillesse à… 65 ans. Facile de payer une pension aux retraités lorsqu’ils meurent à cet âge. Mais quand ils se rendent jusqu’à 85 ans, c’est une autre affaire. Surtout quand il y a de plus en plus de retraités à faire vivre, et de moins en moins de jeunes à contribuer au fonds de pension… Si cette question vous passionne, je vous conseille un excellent livre sur le sujet : Une vie en plus : la longévité, pour quoi faire ? de Joël de Rosnay, Jean-Louis Servan-Schreiber, François de Closets et Dominique Simonnet. Cet ouvrage publié en 2005 pose d’excellentes questions sur les relations entre les générations. LES DROITS ACQUIS De dire le journaliste François de Closets : « La médecine a ajouté 15 ans à notre espérance de vie. C’est un superbe cadeau, mais ça vient avec une nouvelle responsabilité. « Imaginez le jour où nous allons tous vivre jusqu’à 100 ans ! Peut-on imaginer des gens qui sont rentiers pendant 35 ans ? C’est économiquement invivable ! Un tel système ne pourrait pas fonctionner… « Malheureusement, les gens s’accrochent à leurs droits acquis. "On a gagné le droit de prendre notre retraite à telle âge, et on va la prendre ! Arrangez-vous ! " « Imaginez que, dans une ferme, le père de famille déclare soudain, à 60 ans : "Ça y est, j’ai l’âge, maintenant je ne travaille plus, c’est vous qui allez m’entretenir, chers enfants !" Et cela, même s’il est en parfaite santé. « Une telle attitude nous semblerait absurde, non ? C’est pourtant celle que nous avons adoptée à l’échelle de la société… » SUR LE DOS DES JEUNES Pour de Closets, le scandale est qu’on oublie que ce sont les jeunes qui paient la retraite des plus vieux. Les rentiers ne ponctionnent pas leurs contemporains, mais leurs enfants ! « Non seulement c’est sur le dos des jeunes que nous nous octroyons de généreux droits de retraite, mais ils n’ont pas leur mot à dire ! Quand on discute de ces dossiers, les générations futures ne sont jamais représentées, ni entendues. « Pour reprendre la métaphore de la ferme : aujourd’hui, le couple qui fait fonctionner la ferme a deux enfants. Et en plus de subvenir aux besoins de sa progéniture, il doit aussi faire vivre ses parents et ses grands-parents… « L’équation devient insoluble. Si nous ne trouvons pas de solutions, nous nous acheminons vers une guerre des générations. » DES MESURES TIMIDES Récemment, le gouvernement a pris des mesures pour inciter les gens à repousser l’âge de leur retraite. Mais c’est trop peu, trop tard… À quand une vraie révolution ? 12 Juin 2011凋敝
On parle beaucoup de la place que le Québec devrait accorder à l’anglais, ces temps-ci : devrait-on enseigner l’anglais dès la maternelle, devrait-on assujettir les cégeps à la loi 101, etc.
Or, ces débats appartiennent à un autre âge. Car si la tendance se maintient, ce n’est pas l’anglais que nous devrons maîtriser, mais le mandarin ! LE LOTUS BLEU Je viens de terminer la lecture d’un essai percutant sur la Chine (La Chine dans vingt ans et le reste du monde, de Pierre Picquart, aux éditions Favre), et j’en suis encore tout secoué. Pendant qu’au Québec, nous trébuchons dans les fleurs du tapis et perdons un temps fou à discuter du sexe des anges, le monde évolue à la puissance mille. Quel pays produit le plus d’automobiles au monde ? La Chine. Quel pays occupe la première place dans le commerce mondial ? La Chine. Quel pays compte le plus grand nombre de chercheurs et de scientifiques ? La Chine. Dans 10 ans, l’économie chinoise dépassera celle des États-Unis. Dans 20 ans, la Chine sera un pays riche et ultra moderne qui comptera 1,5 milliard d’habitants. On est loin de Tintin et le lotus bleu… Selon le Prix Nobel d’économie Robert Fogel, en 2040, le PIB de la Chine représentera 123 000 milliards de dollars — trois fois le PIB de toute la planète en 2000 ! Le Chinois moyen disposera d’un revenu deux fois supérieur à l’Européen. Non seulement les Chinois seront-ils les citoyens les plus riches du monde, mais ils seront aussi les plus éduqués. LE DÉCLIN DE L’EMPIRE AMÉRICAIN Et attendez, ce n’est pas tout : pendant que nous pompons du pétrole en haute mer pour nourrir nos grosses bagnoles, la Chine (qui est le leader mondial dans le domaine des nanotechnologies) est en train de prouver que l’on peut être à la fois riche ET écolo. Non seulement la Chine sera bientôt le pays le plus puissant de la planète, mais il sera aussi le plus vert. « La disparition des États-Unis en tant que superpuissance mondiale risque d’arriver beaucoup plus rapidement que prévu, probablement au cours de la présente décennie », affirme Pierre Picquart, qui est docteur en géopolitique et grand spécialiste de la Chine. En clair, ça veut dire que ce ne sera plus les États-Unis qui vont « caller les shots », comme on dit, mais la Chine. Le dollar US va même perdre son statut de monnaie privilégiée sur laquelle tout le monde s’aligne ! UN TSUNAMI ÉCONOMIQUE Les répercussions de cette révolution économique, sociale et politique vont être monumentales. Actuellement, tout le monde écoute les États-Unis car ce sont les Américains qui possèdent le plus gros bâton. Mais qu’arrivera-t-il le jour où ce seront les Chinois qui parleront le plus fort ? Quand la Chine sera le plus gros créditeur de la planète ? Quand tout le monde lui devra de l’argent ? Quand des millions et des millions de banquiers auront peur qu’elle ne prenne froid ? Quand une partie substantielle de nos entreprises appartiendront à des intérêts chinois ? En passant, l’idéogramme que j’ai mis en titre signifie : « être en déclin », « être dans le marasme »... Parfait pour commencer une leçon de chinois. 11 Juin 2011Une technique "pédagogique"
Il y a quelques jours, j’ai écrit à quel point ça me décourageait de voir les simagrées que les profs doivent faire pour « intéresser » les jeunes. Se déguiser, transformer la classe en gym, faire des toasts…
Cela m’a valu plusieurs courriels, dont celui-ci provenant d’une étudiante de 20 ans : « Quand l'enseignant utilise des techniques pédagogiques comme se déguiser en livreur de pizzas, il réussit à mettre le cerveau de l'élève en mode "apprentissage"» Et quand il se met à quatre pattes pour faire le chien, il met leur cerveau en quel mode, mademoiselle ? Un asile à ciel ouvert
Je ne porterai pas de jugement sur l’action des policiers dans la tragédie qui a coûté la vie à Patrick Limoges et Mario Hamel.
Était-ce une erreur ou une bavure ? Je ne sais pas, je n’étais pas là et le travail des policiers est beaucoup trop complexe pour qu’on se mette à jouer aux gérants d’estrade sans avoir toutes les pièces du dossier en main. UN ÉCHEC MONUMENTAL Mais il y a une chose sur laquelle je peux me prononcer : l’échec monumental de la désinstitutionalisation. Comme je l’ai écrit dans ces pages il y a un an, en quarante ans, près de 17 000 lits ont été fermés en soins psychiatriques au Québec. À l'hôpital Louis-Hypolyte-Lafontaine, le nombre de personnes hospitalisées, qui était de 6 000 en 1960, est passé à 645. Le système a fait de grosses économies. Mais pour les patients, c’était la catastrophe. On les a envoyés dans la rue, sans filet, sans aide, rien. Résultat : dans certains quartiers de Montréal, les rues sont remplies de Mario Hamel, qui parlent à voix haute et s’engueulent avec des créatures invisibles. LA HONTE Un après-midi, allez faire un tour dans le Complexe Guy-Favreau, par curiosité. On dirait un asile. C’est rempli de malades qui déambulent en marmonnant, un café à la main, comme de véritables zombies, seuls face à leur délire, leur souffrance. C’est pathétique. Ça arrache littéralement le cœur. On fait semblant de ne pas les voir, car leur présence nous fait trop honte. Comment a-t-on pu agir de la sorte ? Nous nous montrons plus compatissants envers les chiens et les chats errants ! On les laisse dans leur merde, leur crasse, leur folie… UN EXEMPLE À NE PAS SUIVRE Et puis, il faut le dire, certains sont carrément inquiétants. Ouvrir la porte d’une succursale bancaire à 23 h pour retirer de l’argent au guichet automatique et tomber sur un sans abri aviné qui dort au pied de la machine n’est jamais très sécurisant. A-t-il toute sa tête ? Va-t-il me sauter dessus ? Qui sait ce que Mario Hamel voyait lorsqu’il éventrait des sacs de poubelles avec son couteau ? On nous a présenté la désinstitutionalisation comme étant une opération humanitaire : sortir les malades des asiles, leur permettre de réintégrer la société… Or, ce n’était qu’une façon bête et grossière de sauver de l’argent. À l’heure où l’on parle de plus en plus de couper dans les services et d’alléger le système, espérons que les erreurs catastrophiques de la désinstitutionalisation nous serviront d’avertissement. Voici comment ON NE DOIT PAS faire les choses… 9 Juin 2011Le retour du Moment de télé du jour
Un ami Facebook, Sébastien Juvénal, m'a envoyé cette entrevue qui a été diffusée à Denis Lévesque...
Une histoire tragique, mais... quels personnages! Le mépris des Montréalais
Moi, si j’habitais à Québec, je serais tellement en furie que la boucane me sortirait par les oreilles.
Car que disent plusieurs Montréalais, ces temps-ci ? Les subventions, c’est correct pour la grosse métropole, pas pour le p’tit village de Québec. VIVE LA MÉTROPOLE Qu’importe si votre Colisée est vétuste et complètement obsolète. Le gouvernement du Québec n’a pas à investir un sou là-dedans. Le Musée Juste pour Rire, qui n’a jamais décollé, oui. Le stade olympique, qui sert à abriter des pingouins et à présenter des courses de moto-cross, oui. Le « centre de divertissement révolutionnaire » Métaforia, qui s’est royalement planté après que la SGF y ait englouti 12 millions de dollars, oui. Le Grand Prix de Montréal, qu’on a ressuscité à coups de millions, oui. Le Quartier des spectacles, oui. La nouvelle salle de l’OSM (qui coûtera 259 millions aux contribuables), oui. Mais votre amphithéâtre, fourrez-vous le dans le cul. UN ARÉNA DE VILLAGE Que l’on critique la façon dont le projet a été ficelé et vendu à la population est une chose. Mais qu’on me dise (et je l’ai souvent entendu) que le gouvernement du Québec ne devrait pas mettre un sou là-dedans, qu’il y ait une loi spéciale ou non, en est une autre. Voyons ! Avez-vous déjà mis les pieds dans Le Colisée ? On dirait l’aréna de Saint-Gougounes-les-sandales ! C’est tellement décrépit et délabré que même les fantômes des Nordiques ont sacré le camp. Ils préfèrent hanter les toilettes du Ashton des Promenades Beauport… UN FOND DE GUERRE Hier, mon confrère Jean-Marc Léger écrivait que la saga de l’amphithéâtre se déroulait sur un fond de guerre Montréal-Québec. Il a entièrement raison. C’est la couleur qui teinte toute l’affaire. Les gens de Québec se demandent pourquoi certaines personnes veulent absolument leur mettre des bâtons dans les roues alors qu’ils appuient majoritairement ce projet. Comme m’a écrit un lecteur, Yvon Guy : « Les démissionnaires du PQ veulent-ils nous dire que les gens de Québec sont de pauvres imbéciles qu’il faut protéger contre eux-mêmes, des égarés qu’il faut remettre dans le droit chemin ? « Le maire Labaume a été élu sur ce projet d’amphithéâtre avec 80 % des votes, les derniers sondages maintiennent sa popularité au même niveau et témoignent aussi de l’appui de la population de Québec au projet Labaume-PKP... C’est quoi, le problème ? » LA GRENOUILLE ET LE BOEUF D’écrire Phil Bélanger, un résidant de Québec qui gère le blogue Le Brouilleur d’ondes : « Cela fait 20 ans que j'attends un amphithéatre à Québec. Cela fait 20 ans que je vois mes gouvernements supposément "cassés" distribuer de généreux cadeaux à tout et rien, surtout à Montréal. Annuellement 700 millions en culture, plus de 10 milliards en 20 ans. Trois toits sur le stade, le prochain coûtera 300 millions... Et on n’a pas le choix... » Je ne dis pas que tous les Montréalais se foutent complètement de Québec. Mais souvent, lorsque je discute avec des habitants de l’île, je sens sinon une pointe de mépris, du moins une montagne d’indifférence. Comme si Québec était un petit têtard qui s’était enflé la tête avec son 400e et qu’il faudrait remettre à sa place afin de l’empêcher d’exploser… 8 Juin 2011L'effet KhadirAvez-vous déjà vu le film Bulworth, de Warren Beatty ? Beatty incarne un sénateur grisonnant qui est écoeuré de dire toujours les mêmes phrases creuses. Il s’ennuie, il s’emmerde, et il a besoin d’un « kick » pour revitaliser sa carrière… PAPI YO Or, un jour, alors que notre vieux sénateur est particulièrement déprimé, une idée folle lui traverse l’esprit : et si je me mettais à dire tout ce qui me passe par la tête et à faire de la politique en rappant ? Ça va me permettre d’atteindre un public plus jeune, plus « edgy » ! Alors le bonhomme troque son complet trois-pièces pour un survêtement de jogging extra large et se met à faire le Yo à la télé… Eh bien, c’est exactement le feeling que j’ai en regardant les démissionnaires du PQ aller. J’ai l’impression que Beaudoin, Curzi et compagnie s’emmerdaient royalement dans le band de Pauline Marois, qu’ils étaient tannés d’être dans l’ombre de la diva et d’acquiescer silencieusement à toutes ses demandes… Ils rêvaient de quitter le groupe et d’amorcer une carrière solo. Mais comment ? C’est bien beau, partir seul de son bord, mais pour faire quoi ? Quel son adopter, quel look choisir ? ÉLECTRONS LIBRES C’est alors qu’Amir Khadir, le « slammeur » funky des altermondialistes, qui ne cesse d’accumuler les tubes et de monter dans les « charts », est passé dans leur champ de vision. Tout de suite, ça a fait « clic » dans la tête des choristes récalcitrants du PQ. « C’est ça, qu’il faut faire, c’est comme ça qu’on va relancer notre carrière déclinante et toucher les jeunes : en envoyant promener le système, en disant tout ce qu’on pense, en détruisant notre vieille image de professionnel de la politique pour adopter un look rebelle, en devenant des électrons libres, imprévisibles, dangereux ! » HEY, LES JEUNES ! Alors Louise, Pierre et Lise ont jeté leur ceinture fléchée dans la poubelle et ont convoqué les journalistes afin de présenter leur nouveau look. Terminée, la période folk. Voici maintenant… les Indépendantistes Libres ! « Oui, les jeunes, avec nous, ça va groover ! Avec Lise et Louise, ça défrise ! Avec Pierre, ça te jette par terre ! Et Aussant, y en a dedans ! « Tu es tanné de la vieille politique ? Tu trouves ses tics antiques, préhistoriques, soporifiques ? Suis notre clique, c’est critique, c’est caustique ! » LES « VRAIES » AFFAIRES Du PQ au Bloc en passant par le Parti libéral du Canada, les formations politiques qui ont longtemps eu le vent dans les voiles se questionnent, se cherchent… Ils ne savent plus quoi faire pour se réinventer. Les Libéraux croient que les beaux yeux de Justin vont les rajeunir, les Bloquistes sont en réflexion et magasinent les options… Nos Indépendantistes Libres, eux, ont choisi d’emprunter la voie populiste de Khadir… Genre : « Nous, on est sincère, on dit les vraies affaires… » UN ACTE COURAGEUX Pour certains, ces péquistes démissionnaires ont posé un acte audacieux… Mais vous savez ce qui serait vraiment courageux ? Non seulement démissionner du parti, mais démissionner aussi de leur poste de députés. Après tout, ils ont été élus sous la bannière péquiste, non ? 7 Juin 2011Blâmer la victime?
En mars dernier, en Colombie-Britannique, une jeune femme de 20 ans a été enlevée par trois hommes alors qu’elle marchait tranquillement sur la rue, puis violée à de nombreuses reprises dans un camion avant d’être relâchée.
CONSEILS DE SÉCURITÉ Suite à cette agression, un policier de Saanich (une municipalité située sur l’île de Vancouver) a émis un communiqué conseillant aux femmes de « voyager en groupe, de ne pas s’aventurer dans des lieux sombres et mal éclairés, de ne pas accepter un verre de n’importe qui lorsqu’elles sortent dans un bar et de ne jamais quitter leur drink des yeux, afin de s’assurer que personne n’y verse de la drogue… » Ce communiqué lui a valu de virulentes critiques. Plusieurs femmes ont logé une plainte formelle contre le policier, affirmant que ses propos étaient sexistes car ils sous-entendaient que si la jeune femme avait été violée, c’est parce qu’elle avait été imprudente. Réponse du policier, qui a été passablement secoué par toute cette controverse : « Nous avons la responsabilité d’avertir notre communauté lorsque nous croyons que c’est approprié. Ne pas le faire serait inapproprié… » « DES TRAÎNÉES… » Je comprends les femmes d’être sensibles à ce genre de propos. Après tout, combien de fois des machos finis ont-ils dit que si les femmes ne voulaient pas être violées, elles n’avaient qu’à se vêtir décemment ? C’est ce qu’avait lancé un policier de Toronto en janvier : « Si les femmes ne veulent pas être agressées, elles ont juste à ne pas s’habiller comme des traînées… » Mais entre les propos stupides du flic de Toronto et les conseils de sécurité du policier de Saanich, il y a un monde. L’Autorité des marchés financiers blâme-t-elle les victimes de fraudes lorsqu’elle lance une campagne destinée à avertir les citoyens de s’informer avant de choisir un conseiller ? Dit-elle que si les victimes d’Earl Jones, de Carole Morinville et de Vincent Lacroix ont perdu toutes leurs économies, c’est parce qu’elles avaient été imprudentes ? Bien sûr que non. Elle veut juste sensibiliser les petits épargnants. Eh bien, idem pour le policier de Colombie-Britannique. LA TRISTE RÉALITÉ Suis-je sexiste quand je dis à ma fille de ne pas marcher seule dans les parcs, le soir ? Non, je fais juste constater un fait : il est plus dangereux pour une femme que pour un homme de se retrouver dans un parc mal éclairé après la tombée du jour. C’est plate, mais c’est la réalité. Ce n’est pas parce qu’on dit aux filles de surveiller leur verre quand elles sortent dans les bars qu’on innocente les hommes qui versent du GHB dans les drinks ! Il ne faut pas voir du sexisme partout… 6 Juin 2011Le combat interne au PQ
Deux points de vue s'affrontent au PQ...
Celui de la cheffe, qui dit: "L'important, c'est de prendre le pouvoir, no matter what... Après tout, on ne fait pas d"omelettes sans casser des oeufs..." Et celui des trois ténors, qui disent: " L'important n'est pas de gagner mais d'avoir raison... On préfère perdre debout que remporter les élections à genoux..." Bref, la realpolitik contre l'idéalisme... Vous vous situez où? La fin des partis?
Voici ce qu'a dit Louise Beaudoin pour expliquer sa démission du caucus du PQ :
" Je fais de la politique depuis 40 ans et je n’ai jamais vu une population aussi négative envers la classe politique. Ce qui se dit sur les blogues, dans les médias sociaux, le reflet des sondages… La langue de bois, faire de la politique comme si on était à la guerre, ça ne passe plus. Il faut dénoncer cette vieille façon de faire. Il y a une crise de la démocratie. Les citoyens se sentent étrangers par rapport à leur député... " Bref, selon l'ex-députée péquiste, qui siège maintenant comme " Indépendante indépendantiste " (sic), la ligne de parti, c'est fini. Les citoyens veulent que leur député dise ce qu'il pense vraiment... Qu'en pensez-vous? Est-ce réaliste? Pourquoi avoir un système de parti, alors, si chaque membre et chaque député aurait la permission de "suivre sa propre trajectoire idéologique", indépendamment de ce que son chef préconise ? Psychodrame au PQ (2)
Après le Bloc qui mange une claque dans la face, c'est le PQ qui se tire dans le pied...
Décidément, ça va bien chez les souverainistes... Assistons-nous au début d'un putsch contre Marois? Une chose est sûre: pas facile de diriger le Parti Québécois... Contrairement à ce qui se passe au PLQ, le chef péquiste n'est pas le seul maître à bord, il doit tenir compte des points de vue de son équipe, de ses députés et de ses membres... C'est le prix à payer... Mais il y a un Catch-22 dans tout ça: si tu es trop autoritaire, ton parti va éclater, mais si tu ne l'es pas assez, il va aller nulle part... Il faut trouver le juste équilibre entre le leadership et la collaboration... Et Pauline Marois, visiblement, ne l'a pas trouvé... Psychodrame au PQ
Il va s’écrire beaucoup de choses sur la démission de Pierre Curzi, de Louise Beaudoin et de Lisette Lapointe, au cours des prochains jours.
Une chose qu’on ne peut reprocher aux "trois ténors", c’est de ne pas être cohérents avec leurs principes. Ils ne sont pas d’accord avec leur chef ? Ils ont claqué la porte. Depuis le temps qu’on reproche aux politiciens de suivre aveuglément la ligne de leur parti, difficile de leur lancer la pierre. À savoir s’ils ont raison, c’est une autre histoire… Comme l'a dit Pauline Marois: " On passe notre temps à se faire dire que 'Québec ne bouge plus'. Or, il y en a un projet à Québec, mené par un maire qui s'est fait élire là-dessus avec l'appui de 80 % des électeurs. (...) Ceci dit, une fois qu'on a pris une décision, il faut avoir le courage de foncer. Il faut arrêter de niaiser. Nous voulons un amphithéâtre, nous voulons des événements internationaux et culturels à Québec, nous voulons une équipe de la LNH : agissons! " Le printemps des femmes
Suite à l’affaire Strauss-Khan, beaucoup de commentateurs se demandent où se situe la frontière qui différencie une « drague lourde » et une agression.
Simple : quand une fille crie « Non » à plusieurs reprises, se débat et donne des coups de pieds pour qu’on la laisse tranquille, c’est une agression. Pas très compliqué, il me semble… LE RÉFLEXE DU VIEUX MONONCLE De même, dévisager une agente de bord en se léchant les babines et en criant à l’intention de la galerie : « Non, mais quel cul ! » est un acte socialement répréhensible, que vous soyez directeur du FMI ou pas. Là encore, pas besoin d’être Simone De Beauvoir pour comprendre ça… On parle beaucoup du printemps arabe qui est en train de transformer radicalement le Moyen-Orient. Mais un autre vent de liberté souffle sur l’Europe depuis l’affaire DSK et le scandale du Rubygate qui a éclaboussé la réputation de Silvio Berlusconi : le printemps des femmes. Car avouons-le : rayon relations hommes-femmes, la France et l’Italie ont des croûtes à manger. C’est bien beau, le French Lover et la dolce vita, mais il y a une différence entre chanter la pomme à une femme et se comporter comme un vieux mononcle libidineux qui croit que toutes les filles sont des morceaux de viande accrochés à un étal… D’UN EXTRÊME À L’AUTRE Les Québécoises se plaignent souvent que les gars ne flirtent pas, qu’ils ne sont pas assez entreprenants… Mais entre le Québécois timide, tétanisé à l’idée d’approcher une femme, et le macho européen, qui siffle les filles comme si c’était des chiens, il y a une marge. En Amérique, lancer un clin-d’œil à une femme est perçu comme un crime. En Europe, sauter sur une domestique et pincer les fesses d’une subalterne est considéré comme un divertissement coquin et un droit de cuissage. À chaque continent, ses extrêmes. Autant, ici, il faut (ré)apprendre l’ABC de la séduction, autant là-bas, il faut enseigner qu’importuner, s’acharner et harceler n’est pas jouer. LE VENT TOURNE Heureusement, les choses commencent à changer chez nos cousins d’outre-mer. Autant à gauche qu’à droite, les Françaises et les Italiennes commencent à dénoncer et à condamner le machisme. Il ne s’agit pas de criminaliser le flirt et d’envoyer une mise en demeure chaque fois qu’un homme fait de l’œil à une compagne de travail, juste de rappeler aux porteurs de cravates que les femmes ne sont pas des ornements ou des trophées de chasse, mais des êtres humains qui méritent respect et dignité. UNE RÉVOLUTION INACHEVÉE Les Français sont drôles. Ils ont coupé la tête à la monarchie et ont donné naissance aux droits de l’homme. Pourtant, ils continuent de traiter leurs élites comme des aristocrates méritant un traitement de faveur, et agissent comme si les femmes n’étaient pas encore égales aux hommes. Qui sait ? Deux cent vingt-deux ans après avoir coupé l’histoire en deux, leur révolution n’est peut-être pas encore achevée… Comme l’écrivait Sade du fond de sa cellule : « Allez, Français, encore un effort si vous voulez être républicains… » MIROIR, MIROIR… Et puis, les DSK de ce monde se regardent-ils dans le miroir, parfois ? Savent-ils qu’ils ne sont pas aussi irrésistibles qu’ils le croient ? Le grand embouteillage
Un policier m’a écrit sur l’engorgement du système de justice qui a permis à 31 bandits inculpés de trafic de drogues de retrouver la liberté.
Il y a quelques jours, ce flic a donné une contravention à un automobiliste parce que celui-ci ne portait pas sa ceinture de sécurité. L’homme a décidé d’aller contester sa contravention en cour. Le policier a été sommé à comparaitre pour donner sa version des faits. Durée de la procédure : une heure. Le policier a passé 20 minutes dans le box, la juge a pris 10 minutes pour expliquer sa décision, l’automobiliste a témoigné pendant 30 minutes, etc. Tout ça pour une simple histoire de ceinture. Vous imaginez le temps que ça prend pour un méga procès ? « Comme le chantait Robert Plant : And it makes me wonder… », de dire le policier dans son courriel. Vous n’êtes pas seul à vous poser des questions, monsieur. Ma ville fout le camp
Il fut un temps où je me vantais d’être Montréalais.
Quand j’allais à l’étranger et qu’on me demandait d’où je venais, je ne répondais pas « Québec », mais « Montréal », en bombant légèrement le torse. AUCUNE DIRECTION Aujourd’hui, je crois que même sous la torture, je refuserais de dire où j’habite. Je répondrais « Bratislava », « Chibougamau » ou « Kuala Lumpur ». Qu’est-il arrivé à cette ville, nom de Dieu ? On dirait que le trou où Montréal s’enfonce est sans fond. On ne sent aucune direction, aucun plan de match. La ville se développe à la « va comme je te pousse ». Un quartier des spectacles pris en sandwich entre la Place des arts, la Main et le Complexe Desjardins, tellement comprimé qu’il ressemble à une femme de 400 livres qui tenterait de porter du 12. Un vizir (Richard Bergeron) et un calife (Luc Ferrandez), qui, comme les personnages de la comédie fantastique Les Visiteurs, croient que l’automobile est une invention des Sarrazins. Un maire qui ne sait pas, qui ignore, qui n’est pas au courant. L’échangeur Turcot qui s’effrite, le pont Champlain qui menace de s’effondrer, la rue Sherbrooke qui mène au pont Jacques-Cartier complètement bouchée, des cônes orange partout, des détours, des rues sales et transversales transformées en sens uniques, une communauté anglophone qui agit comme si la loi 101 n’avait jamais existé — bref, le foutu bordel. Ce n’est pas une ville, c’est une tumeur en béton qui se développe de façon complètement anarchique. LE CAS DU PLATEAU Et puis il y a le Plateau. Un cas en soi. Un jour, le Plateau rêve de devenir une République socialiste indépendante, capable d’imprimer sa propre monnaie (un écu en carton recyclable frappé du profil d’Amir Khadir). Et le lendemain, le fief de Luc Ferrandez se prend pour le cousin cool de Ville Mont-Royal, une sorte de communauté clôturée réservée aux cyclistes qui font 150 000 $ par année. Autant Montréal m’épatait naguère, autant cette ville m’exaspère et me décourage. Et qui est la personne la plus à même de remplacer Gérald « je le sais pas, j’suis pas au courant, j’étais pas là » Tremblay ? Louise Harel. Au secours !!!! 4 Juin 2011Super show
Extraordinaire show de Roch Voisine, hier, au Centre Bell.
Oui, oui, je suis allé voir Roch Voisine! Et je suis tombé sur le cul. Du folk rock à son meilleur, un band hallucinant, un habillage visuel éblouissant. Et un répertoire en béton: Dylan, Neil Young, Patsy Cline, Simon and Garfunkel, The Eagles, Mille après mille de Gerry Joly... Top. Oubliez vos préjugés sur le gars, et allez le voir, il revient le 25 novembre... Le point sur l'amphithéâtre
Vous suivez l’affaire de l’amphithéâtre de Québec de près ? Cette histoire vous passionne ?
Si oui, voici quelques informations susceptibles de vous aider à y voir un peu plus clair. BELL SONNE LA CLOCHE Comme vous le savez, l’unique compétiteur de Quebecor pour le contrat de gestion de l’amphithéâtre est Bell. Aucune autre entreprise qui s’est montrée intéressée n’est capable d’accoter l’offre faite par Quebecor. Or, non seulement Bell est propriétaire minoritaire des Canadiens, mais quand la Sainte Flanelle était à vendre, il y a quelques années, ce géant des télécommunications a tout fait pour que les Canadiens ne tombent pas dans les mains de son principal concurrent, Quebecor, usant de son influence et frappant à toutes les portes afin que Molson ramasse les sous nécessaires… QUESTIONS QUIZ Supposons que la Ville de Québec ait procédé par un appel d’offres en bonne et due forme, et que Bell (qui a les poches très profondes) ait remporté le contrat de gestion de l’amphithéatre. Croyez-vous que cette entreprise ferait tout ce qu’il faut pour faciliter la venue des Nordiques à Québec ? Croyez-vous que c’est dans l’intérêt de Bell 1) d’avoir un club qui jouerait contre les Canadiens ou 2) de permettre à Quebecor d’acheter une équipe de la LNH qui attirerait des centaines de milliers de téléspectateurs à son nouveau réseau des sports ? Poser la question, c’est y répondre. PAS ASSEZ ALLÉCHANT De toute façon, advenant cette situation, Quebecor ne serait probablement plus intéressée à faire venir une équipe de hockey à Québec. Car pour espérer faire des sous dans cette aventure, il faut gérer l’ENSEMBLE des activités pouvant se dérouler dans l’amphithéâtre, c’est-à-dire le hockey ET les spectacles. Le hockey seul n’est pas assez rentable… C’est peut-être pour ça que le maire Labeaume a agi comme il a agi. Pour s’assurer que les Nordiques reviennent bel et bien dans sa ville. Je ne dis pas qu’il ne faut pas questionner ses agissements. Juste qu’il faut prendre tous ces faits en considération avant de porter un jugement et d’applaudir à tout rompre Amir Khadir… 2 Juin 2011En queue de poisson
Je n’aimerais pas être l’un des 1200 policiers qui ont travaillé à l’opération SharQc, ce matin.
Je me demanderais vraiment à quoi je sers… BLANCS COMME NEIGE Imaginez : vous épiez des bandits pendant des mois. Vous surveillez leurs moindres faits et gestes. Vous montez un dossier béton. Vous amassez des milliers de preuves — des fichiers audio, des images, des vidéos. Vous enquêtez en France, en République Dominicaine, au Nouveau-Brunswick. Vous travaillez comme un fou pour neutraliser l’un des plus gros réseaux de trafiquants de drogues au Québec et effectuer la plus importante rafle anti-motards de toute l’histoire du pays. Et un jour, vous voyez 31 motards que vous avez menottés et livrés à la justice sortir de prison, blancs comme neige et un sourire large comme ça dans la face, juste parce que le système n’est pas capable de passer à travers tous les documents que vous avez amassés dans un temps jugé « acceptable ». Je ne sais pas pour vous, mais moi, je me sentirais inutile en diable. Je demanderais une mutation et j’irais finir ma carrière pépère, dans une trappe à tickets… LA MAUDITE MACHINE À quoi ça sert d’effectuer une telle rafle et de mettre sur pied une telle escouade si la machine ne suit pas ? D’un côté, on vous dit que vous devez amasser le maximum de preuves pour aider la couronne à envoyer les criminels en taule. De l’autre, on vous dit que le système de justice n’a pas les moyens d’analyser des dossiers trop touffus. Coudonc, décidez-vous ! D’un côté comme de l’autre, les flics sont perdants. Moi, si j’étais membre d’une organisation criminelle, je saurais quoi faire la prochaine fois que je me fais pincer. Je demanderais à mes avocats de multiplier les demandes et les objections, histoire de gagner du temps, d’obstruer la machine et de pousser le juge à mettre fin au procès. LAW AND ORDER Avant, dans les années 70, les émissions de police (comme Auto-patrouille, par exemple, ou Mannix) se contentaient de montrer le déroulement d’une enquête. Chaque épisode se terminait toujours sur l’arrestation du suspect. Tout juste si on n’écrivait pas : « Et le coupable fut envoyé en prison où il vécut malheureux jusqu’à la fin de ses jours… » Mais en 1990, Law and Order, la série révolutionnaire de Dick Wolf, changea tout cela. Pour la première fois, on ne se contentait plus de montrer le travail des policiers. On montrait AUSSI celui des procureurs de la couronne. L’arrestation du suspect arrivait à mi-parcours. Restait ensuite l’instruction judiciaire, les négociations avec les avocats de la défense et le procès. Du coup, les téléspectateurs passèrent de l’enfance à l’âge adulte. Pour la première fois, le petit écran montrait que tout n’était pas rose dans le merveilleux monde de la justice. Il arrivait que le système sabote totalement le travail des flics… Et que le suspect soit renvoyé chez lui, où il vécut heureux, libre et riche… À L’EAU C’est ce qui est arrivé avec l’opération SharQc. Les représentants de l’ordre ont fait leur boulot. Mais le système de justice a déraillé. Résultat : 31 bandits sont retournés dans la rue. À quoi ça sert de pêcher, si le cuisinier est débordé ? 1er Juin 2011Amir Khadir l'Intouchable
Le député de Québec Solidaire serait-il intouchable ? C’est la question que je me pose ces temps-ci.
Parce que j'ai osé le critiquer dans une chronique, j'ai été abreuvé d'injures par ses fans. « Con », « merde insignifiante », « cave », « criss de crétin » — si j'en juge par les courriels haineux que j'ai reçus ces derniers jours, les adeptes d'Amir Khadir ont beaucoup de savoir-vivre et de vocabulaire... Sur son site Internet, Québec Solidaire rappelle qu’Amir Khadir a souvent critiqué les pays musulmans et qu’il a même manifesté devant les consulats de l’Algérie et du Maroc. Parfait. Mais le député de Mercier a-t-il déjà manifesté devant des commerces qui vendent des produits fabriqués en Iran ou en Arabie Saoudite ? S’est-il excusé auprès d’Yves Archambault, le propriétaire de la boutique Le Marcheur (commerce devant lequel des militants de Québec Solidaire, crinqués à bloc par Amir Khadir lui-même, sont encore allés manifester les 15 et 23 mai dernier) ? Si oui, faites-le moi savoir. Parfois, les fans d’Amir Khadir me font penser à George W. Bush : on est avec eux ou contre eux… ______ PS: d'ailleurs, voici un excellent papier de Denise Bombardier sur le bonhomme... Une autre affaire de moeurs secoue la France
Question quiz:
Si le philosophe français et ex-ministre de l'Éducation nationale Luc Ferry a des preuves qu'un ministre (devinez qui?) a participé à une orgie impliquant des jeunes garçons au Maroc, pourquoi n'en a-t-il pas averti les autorités au lieu de lancer ça lors d'une émission de télé? Pourquoi n'a-t-il rien fait? En gardant le silence sur ce crime, ne s'est-il pas en quelque sorte rendu complice? Pourquoi les élites se protègent-elles entre elles? La phrase du jour
« Si la ville de Québec avait son aréna en ce moment, qui sait ce qui serait arrivé? Nous ne serions peut-être pas là... »
— Le maire de Winnipeg lorsqu'il a appris que sa ville aura finalement une équipe de la LNH Avant que ça se règle, trois ou quatre autres villes auront le temps de passer avant Québec!
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Richard Martineau est chroniqueur au Journal de Montréal.
Pour lui écrire, cliquez ici! Pour lire sa biographie, cliquez ici! Pour lire ses chroniques, cliquez ici! 10 derniers articles10 derniers commentaires
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