6 Juin 2011

Permalink 21:16 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 72 mots  

Le combat interne au PQ

Deux points de vue s'affrontent au PQ...

Celui de la cheffe, qui dit: "L'important, c'est de prendre le pouvoir, no matter what... Après tout, on ne fait pas d"omelettes sans casser des oeufs..."

Et celui des trois ténors, qui disent: " L'important n'est pas de gagner mais d'avoir raison... On préfère perdre debout que remporter les élections à genoux..."

Bref, la realpolitik contre l'idéalisme...

Vous vous situez où?


Permalink 21:04 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 174 mots  

La fin des partis?

Voici ce qu'a dit Louise Beaudoin pour expliquer sa démission du caucus du PQ :

" Je fais de la politique depuis 40 ans et je n’ai jamais vu une population aussi négative envers la classe politique. Ce qui se dit sur les blogues, dans les médias sociaux, le reflet des sondages… La langue de bois, faire de la politique comme si on était à la guerre, ça ne passe plus. Il faut dénoncer cette vieille façon de faire. Il y a une crise de la démocratie. Les citoyens se sentent étrangers par rapport à leur député... "

Bref, selon l'ex-députée péquiste, qui siège maintenant comme " Indépendante indépendantiste " (sic), la ligne de parti, c'est fini.

Les citoyens veulent que leur député dise ce qu'il pense vraiment...

Qu'en pensez-vous?

Est-ce réaliste?

Pourquoi avoir un système de parti, alors, si chaque membre et chaque député aurait la permission de "suivre sa propre trajectoire idéologique", indépendamment de ce que son chef préconise ?


Permalink 15:40 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 143 mots  

Psychodrame au PQ (2)

Après le Bloc qui mange une claque dans la face, c'est le PQ qui se tire dans le pied...

Décidément, ça va bien chez les souverainistes...

Assistons-nous au début d'un putsch contre Marois?

Une chose est sûre: pas facile de diriger le Parti Québécois... Contrairement à ce qui se passe au PLQ, le chef péquiste n'est pas le seul maître à bord, il doit tenir compte des points de vue de son équipe, de ses députés et de ses membres...

C'est le prix à payer...

Mais il y a un Catch-22 dans tout ça: si tu es trop autoritaire, ton parti va éclater, mais si tu ne l'es pas assez, il va aller nulle part...

Il faut trouver le juste équilibre entre le leadership et la collaboration...

Et Pauline Marois, visiblement, ne l'a pas trouvé...





Permalink 15:14 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 183 mots  

Psychodrame au PQ

Il va s’écrire beaucoup de choses sur la démission de Pierre Curzi, de Louise Beaudoin et de Lisette Lapointe, au cours des prochains jours.

Une chose qu’on ne peut reprocher aux "trois ténors", c’est de ne pas être cohérents avec leurs principes. Ils ne sont pas d’accord avec leur chef ? Ils ont claqué la porte.

Depuis le temps qu’on reproche aux politiciens de suivre aveuglément la ligne de leur parti, difficile de leur lancer la pierre.

À savoir s’ils ont raison, c’est une autre histoire

Comme l'a dit Pauline Marois:

" On passe notre temps à se faire dire que 'Québec ne bouge plus'. Or, il y en a un projet à Québec, mené par un maire qui s'est fait élire là-dessus avec l'appui de 80 % des électeurs. (...) Ceci dit, une fois qu'on a pris une décision, il faut avoir le courage de foncer. Il faut arrêter de niaiser. Nous voulons un amphithéâtre, nous voulons des événements internationaux et culturels à Québec, nous voulons une équipe de la LNH : agissons! "



Permalink 08:48 am, Richard Martineau / Franc-parler, 583 mots  

Le printemps des femmes

Suite à l’affaire Strauss-Khan, beaucoup de commentateurs se demandent où se situe la frontière qui différencie une « drague lourde » et une agression.

Simple : quand une fille crie « Non » à plusieurs reprises, se débat et donne des coups de pieds pour qu’on la laisse tranquille, c’est une agression.

Pas très compliqué, il me semble…


LE RÉFLEXE DU VIEUX MONONCLE

De même, dévisager une agente de bord en se léchant les babines et en criant à l’intention de la galerie : « Non, mais quel cul ! » est un acte socialement répréhensible, que vous soyez directeur du FMI ou pas.

Là encore, pas besoin d’être Simone De Beauvoir pour comprendre ça…

On parle beaucoup du printemps arabe qui est en train de transformer radicalement le Moyen-Orient. Mais un autre vent de liberté souffle sur l’Europe depuis l’affaire DSK et le scandale du Rubygate qui a éclaboussé la réputation de Silvio Berlusconi : le printemps des femmes.

Car avouons-le : rayon relations hommes-femmes, la France et l’Italie ont des croûtes à manger.

C’est bien beau, le French Lover et la dolce vita, mais il y a une différence entre chanter la pomme à une femme et se comporter comme un vieux mononcle libidineux qui croit que toutes les filles sont des morceaux de viande accrochés à un étal…


D’UN EXTRÊME À L’AUTRE

Les Québécoises se plaignent souvent que les gars ne flirtent pas, qu’ils ne sont pas assez entreprenants…

Mais entre le Québécois timide, tétanisé à l’idée d’approcher une femme, et le macho européen, qui siffle les filles comme si c’était des chiens, il y a une marge.

En Amérique, lancer un clin-d’œil à une femme est perçu comme un crime. En Europe, sauter sur une domestique et pincer les fesses d’une subalterne est considéré comme un divertissement coquin et un droit de cuissage.

À chaque continent, ses extrêmes.

Autant, ici, il faut (ré)apprendre l’ABC de la séduction, autant là-bas, il faut enseigner qu’importuner, s’acharner et harceler n’est pas jouer.


LE VENT TOURNE

Heureusement, les choses commencent à changer chez nos cousins d’outre-mer.

Autant à gauche qu’à droite, les Françaises et les Italiennes commencent à dénoncer et à condamner le machisme.

Il ne s’agit pas de criminaliser le flirt et d’envoyer une mise en demeure chaque fois qu’un homme fait de l’œil à une compagne de travail, juste de rappeler aux porteurs de cravates que les femmes ne sont pas des ornements ou des trophées de chasse, mais des êtres humains qui méritent respect et dignité.


UNE RÉVOLUTION INACHEVÉE

Les Français sont drôles.

Ils ont coupé la tête à la monarchie et ont donné naissance aux droits de l’homme. Pourtant, ils continuent de traiter leurs élites comme des aristocrates méritant un traitement de faveur, et agissent comme si les femmes n’étaient pas encore égales aux hommes.

Qui sait ? Deux cent vingt-deux ans après avoir coupé l’histoire en deux, leur révolution n’est peut-être pas encore achevée…

Comme l’écrivait Sade du fond de sa cellule : « Allez, Français, encore un effort si vous voulez être républicains… »


MIROIR, MIROIR…

Et puis, les DSK de ce monde se regardent-ils dans le miroir, parfois ?

Savent-ils qu’ils ne sont pas aussi irrésistibles qu’ils le croient ?




Permalink 08:46 am, Richard Martineau / Franc-parler, 157 mots  

Le grand embouteillage

Un policier m’a écrit sur l’engorgement du système de justice qui a permis à 31 bandits inculpés de trafic de drogues de retrouver la liberté.

Il y a quelques jours, ce flic a donné une contravention à un automobiliste parce que celui-ci ne portait pas sa ceinture de sécurité. L’homme a décidé d’aller contester sa contravention en cour.

Le policier a été sommé à comparaitre pour donner sa version des faits.

Durée de la procédure : une heure. Le policier a passé 20 minutes dans le box, la juge a pris 10 minutes pour expliquer sa décision, l’automobiliste a témoigné pendant 30 minutes, etc.

Tout ça pour une simple histoire de ceinture. Vous imaginez le temps que ça prend pour un méga procès ?

« Comme le chantait Robert Plant : And it makes me wonder… », de dire le policier dans son courriel.

Vous n’êtes pas seul à vous poser des questions, monsieur.




Permalink 08:45 am, Richard Martineau / Franc-parler, 399 mots  

Ma ville fout le camp

Il fut un temps où je me vantais d’être Montréalais.

Quand j’allais à l’étranger et qu’on me demandait d’où je venais, je ne répondais pas « Québec », mais « Montréal », en bombant légèrement le torse.


AUCUNE DIRECTION

Aujourd’hui, je crois que même sous la torture, je refuserais de dire où j’habite.

Je répondrais « Bratislava », « Chibougamau » ou « Kuala Lumpur ».

Qu’est-il arrivé à cette ville, nom de Dieu ? On dirait que le trou où Montréal s’enfonce est sans fond.

On ne sent aucune direction, aucun plan de match. La ville se développe à la « va comme je te pousse ».

Un quartier des spectacles pris en sandwich entre la Place des arts, la Main et le Complexe Desjardins, tellement comprimé qu’il ressemble à une femme de 400 livres qui tenterait de porter du 12.

Un vizir (Richard Bergeron) et un calife (Luc Ferrandez), qui, comme les personnages de la comédie fantastique Les Visiteurs, croient que l’automobile est une invention des Sarrazins.

Un maire qui ne sait pas, qui ignore, qui n’est pas au courant.

L’échangeur Turcot qui s’effrite, le pont Champlain qui menace de s’effondrer, la rue Sherbrooke qui mène au pont Jacques-Cartier complètement bouchée, des cônes orange partout, des détours, des rues sales et transversales transformées en sens uniques, une communauté anglophone qui agit comme si la loi 101 n’avait jamais existé — bref, le foutu bordel.

Ce n’est pas une ville, c’est une tumeur en béton qui se développe de façon complètement anarchique.


LE CAS DU PLATEAU

Et puis il y a le Plateau. Un cas en soi.

Un jour, le Plateau rêve de devenir une République socialiste indépendante, capable d’imprimer sa propre monnaie (un écu en carton recyclable frappé du profil d’Amir Khadir).

Et le lendemain, le fief de Luc Ferrandez se prend pour le cousin cool de Ville Mont-Royal, une sorte de communauté clôturée réservée aux cyclistes qui font 150 000 $ par année.

Autant Montréal m’épatait naguère, autant cette ville m’exaspère et me décourage.

Et qui est la personne la plus à même de remplacer Gérald « je le sais pas, j’suis pas au courant, j’étais pas là » Tremblay ?

Louise Harel.

Au secours !!!!