25 Août 2011

Permalink 06:34 am, Richard Martineau / Franc-parler, 583 mots  

La coalition impossible

Le végétarisme est à la mode, depuis quelque temps.

Mais ce mot passe-partout est utilisé à toutes les sauces pour désigner différents groupes qui ne partagent pas la même vision des choses.

Il y a ceux qui ne mangent pas de viande mais qui bouffent du poisson, les végétaliens qui ne touchent pas aux œufs ni aux produits laitiers, les puristes qui ne mangent que des légumes crûs, les macrobiotiques qui évitent les pommes de terre et les fruits exotiques, etc.


CHACUN SON KIT

Idem pour les souverainistes.

Il y a les purs et durs qui veulent une élection référendaire, les étapistes qui veulent y aller petit à petit, les tenant de la gouvernance souverainiste qui veulent arracher le maximum de pouvoirs à Ottawa, les indépendantistes de droite, les indépendantistes de gauche, etc.

Bref, il y a autant de souverainistes que de sortes de jeans chez Gap.

Terminée, l’ère du « One size fits all ». Désormais, chaque tranche de la population a son petit kit idéologique.

La souveraineté est comme un buffet : vous prenez une assiette et vous la remplissez comme vous voulez.

Un zeste de Parizeau, une once de Marois, un grand bol de Facal, une lampée de Lévesque, et ça y est, vous avez un repas équilibré.

Alors que votre voisin qui porte un t-shirt à l’effigie de Che Guevara, lui, pigera plutôt dans la casserole du SPQ libre.

Chacun ses goûts, chacun son mets.


ALLIÉS DE CIRCONSTANCE

Le Nouveau Mouvement pour le Québec tente un exercice intéressant, ces temps-ci : réunir TOUS les tenants de la souveraineté autour de la même table.

Un peu comme dans Le Parrain, quand Don Vito réunit les Tattaglia, les Barzini, les Cueno, les Stracci et les Corleone dans le même resto italien.

« Mettons nos différents de côtés et luttons ensemble pour un même objectif… »

(Bon, ce n’est peut-être pas de très bon goût d’utiliser Le Parrain pour parler du mouvement souverainiste, mais vous savez ce que je veux dire…)

L’idée est noble. Après tout, ces gens visent tous le même but.

Mais je vous gage un dix que ça ne marchera pas. Ce beau paquebot va couler à la première vague…


LA CHICANE

Vous imaginez Joseph Facal mangeant avec Pierre Dubuc, vous ? Ou Jacques Parizeau complotant avec Pauline Marois ?

Voyons ! On va voir ça quand Patrick Huard va se marier…

(Oups, ‘scusez : on va voir ça quand Anne-Marie Losique va rentrer chez les Sœurs, d’abord.)

Les souverainistes sont comme les gauchistes : ils se méfient tous les uns des autres.

Les maoïstes détestent les communistes qui détestent les socialistes qui détestent les marxistes-léninistes qui détestent les trotskistes qui détestent les anarchistes qui détestent les membres de la Ligue ouvrière qui détestent…

C’est la chicane perpétuelle.


CAP À GAUCHE

Le PQ devait être le parti de la Grande Coalition. Or, celle-ci n’a jamais vraiment tenue.

Dès le début, le PQ a viré à gauche. Les tenants de la droite se sont retrouvés étrangers sur leur propre bateau.

Enfermés dans la soute à charbon pendant que les amis des grandes centrales syndicales déambulaient sur le pont.

Et vous me dites que ces gens-là vont enterrer leurs haches de guerre ?

Vous rêvez, les amis.