29 Septembre 2011

Permalink 06:19 am, Richard Martineau / Franc-parler, 563 mots  

Le bon vieux temps

Après la série-culte Mad Men, c’est maintenant au tour de Pan Am (ABC) et de The Playboy Club (NBC) de nous chanter les louanges des « belles années 60 ».

Pas les années 60 des hippies, des buvards et de la musique psychédélique, non !

Celles, plus guindées, des dry martini, de Frank Sinatra et des soutiens-gorge Wonderbra.


DES BONS NOIRS

Ah, que c’était la belle époque, les amis !

Les Noirs, dans ce temps-là, n’avaient pas la prétention de devenir président : ils connaissaient leurs limites, et se contentaient de danser la claquette ou de travailler comme portiers ou garçons d’ascenseurs !

Et s’ils étaient polis, s’ils nous disaient « Oui, missieu », « Non, missieu » comme on leur avait appris, on mettait leur grosse face souriante sur une boîte de riz (Uncle Ben) ou une bouteille de sirop (Aunt Jemima).

De même, les homosexuels ne se trémoussaient pas le derrière sur des chars allégoriques en plein jour : ils faisaient leurs besoins en cachette, loin des regards indiscrets, dans des ruelles glauques et des sous-sols humides.

À cette époque bénie, on pouvait encore dire « Je suis gai ! » sans créer un malaise autour de soi et passer pour un inverti…


BOBONNE

Et pour ce qui est des femmes, mon pote, c’était le paradis !

On pouvait pogner le cul des secrétaires sans problème, et faire rire la galerie en leur lançant des commentaires gratinés sur leurs seins.

« Eh, Ginette, tu veux des grosses boules ? Frotte-toi la poitrine avec du papier de toilette, après tout, ça a fonctionné avec ton cul ! »

Ah ah ah, que de bons souvenirs !

Dans les années 60, t’avais pas peur de te faire prendre la main dans la culotte d’une vendeuse de gants : bobonne était trop occupée à torcher tes quatre marmots, à passer l’aspirateur et à faire des tartes.

T’arrivais à la maison, et le repas était prêt, tes enfants avaient déjà pris leur bain et ta femme t’attendait toute souriante, une bonne bière froide à la main.


VIVE LA CORRUPTION !

Et quand le bas-ventre te démangeait, tu n’avais pas besoin de sortir ta boussole et de tâtonner dans la nuit pour trouver le bouton d’amour de ta femme : tu grimpais dessus et tu te servais, point.

Et après, tu dormais du sommeil du juste, pendant que ta douce feuilletait le dernier livre de Betty Crocker pour savoir quelle douceur elle allait te préparer demain soir.

C’était le pied, mon ami !

À cette époque, on lançait des satellites dans l’espace (au lieu de les ramasser dans la mer), l’homme blanc hétérosexuel était le maître du monde et personne ne s’offusquait de l’existence de la corruption dans le milieu de la construction.

Tu devais donner une enveloppe remplie d’argent pour décrocher un contrat ? Et après ? Il est où, le scandale ?

Tu devais donner un diamant à ta femme pour qu’elle arrête d’avoir mal à la tête !


RETOUR EN ARRIÈRE

Crois-moi, fiston, c’était la plus belle période de l’histoire de l’humanité.

Pas étonnant que la télé américaine ne cesse de la faire revivre.

C’était l’époque où les USA ressemblaient à l’Arabie Saoudite…



28 Septembre 2011

Permalink 16:00 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 51 mots  

Rendons à Ben Laden ce qui appartient à Ben Laden!

Attention aux amateurs de théories du complot!

Les terroristes d'Al-quaida sont en furie que des gens refusent de croire que ce sont EUX qui ont fait exploser les tours!!!!

"C'est pas les Américains, bande d'idiots! C'est nous!"

Ils sont tout fiers d'avoir pu réaliser ce tour de force...!







Permalink 15:53 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 43 mots  

Une religion de paix et d'amour

Tiré du Courrier international:

En Somalie, une radio islamiste a organisé un concours de récitation du Coran pour enfants...

Premier prix : une kalachnikov AK-47 et l’équivalent de 520 euros.

Deuxième prix : une AK-47 et 370 euros.

Troisième prix : deux grenades à main.




Permalink 15:49 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 30 mots  

On n'arrête pas le progrès




Des portables qui vous embrassent et vous permettent de sentir sur votre peau le souffle de votre douce moitié...

À quand un portable qui repasse les chemises et lave la vaisselle?




27 Septembre 2011

Permalink 22:00 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 43 mots  

Trop c'est comme pas assez

On retrouvera de nouveaux avertissements sur les paquets de cigarettes — dont la photo d'une femme qui se meurt d'un cancer du poumon...

Pourquoi ne pas donner un poumon carbonisé avec chaque paquet, tant qu'à faire?

Et un kilo de graisse avec chaque hamburger?


Permalink 06:25 am, Richard Martineau / Franc-parler, 571 mots  

Une journée au Québec

Vous montez dans votre auto et vous vous rendez dans une station service.

Le prix de l’essence a augmenté. Le plein vous coûte 70 $.

Une partie de cet argent ira directement dans les poches d’un sultan multimilliardaire qui finance secrètement les fous d’Allah que l’armée de votre pays combat à coups de gonzillions de dollars, via vos taxes et vos impôts.


PARE-CHOC À PARE-CHOC

Vous vous dirigez vers le pont.

À cause des travaux, ça vous prend une heure pour traverser le fleuve.

Rendu l’autre bord, la rue que vous empruntez pour vous rendre au travail est fermée pour permettre à des militants de protester contre les méchants automobilistes.

Trois rues plus loin, un policier vous fait signe d’effectuer un détour, car des cols bleus sont obligés de remplacer pour la troisième fois des pavés qu’ils avaient installés il y a un mois.

Pour relaxer, vous ouvrez la radio.

Le lecteur de nouvelles vous annonce que le système informatique que le ministère de la Santé était censé implanter ne coûtera pas 500 millions comme prévu, mais un 1,5 milliard.


VIVE LA TECHNOLOGIE

Vous passez à côté du site du CHUM, qui devait ouvrir l’an dernier mais qui sera fonctionnel dans huit ans, puis à côté de l’Îlot Voyageur, un projet avorté dans lequel une université populaire a engouffré 500 millions de dollars, et vous vous retrouvez sur le Plateau.

Afin d’emmerder les automobilistes qui ont la mauvaise idée de dépenser leur argent dans son arrondissement, un maire a décidé de changer le sens de la rue que vous empruntez habituellement.

Vous devez faire un détour qui vous prend une demi-heure.

Une fois arrivé au boulot, vous vous faites engueuler par votre patron.

Votre chef de service vous remet un téléphone intelligent qui vous permettra de retourner vos courriels le week-end, de participer à des appels conférence à deux heures du matin et d’être disponible 24 heures sur 24.


WANT JUICE ?

Justement, votre téléphone sonne.

Votre femme, qui est à la maison car vous n’avez pas trouvé de place à la garderie pour vos jumeaux de trois ans, vous apprend que le préposé qui a causé la mort de votre grand-père en le frappant au visage a été réintégré dans ses fonctions.

Non seulement ça, mais en allant visiter son mari qui agonisait sur une civière dans un corridor bondé, votre grand-mère a attrapé un virus.

À l’heure du lunch, vous allez au dépanneur acheter un jus, mais la vendeuse, une Coréenne arrivée ici il y a 15 ans, ne parle pas un mot de français.

Vous lisez un texto que votre fils analphabète de 15 ans vous a envoyé, vous regardez les cotes de la Bourse chuter sur Internet puis vous retournez au travail jusqu’à 18 h 30.


BONNE NUIT

Sur le chemin du retour, un cycliste qui n’a pas fait son stop vous crie de manger de la marde, vous croisez trois cols bleus accotés sur une pelle et vous contournez un viaduc qui vient de s’effondrer.

Puis vous ouvrez la télé et vous voyez le ministre du Transport traiter une adversaire de « grosse crisse ».

« Alors, chéri, vous demande votre femme pendant que les p’tits hurlent à pleins poumons, t’as passé une belle journée ? »



26 Septembre 2011

Permalink 06:24 am, Richard Martineau / Franc-parler, 592 mots  

Pour Djemila

Les lecteurs de cette chronique savent tout le respect que j’ai pour Djemila Benhabib.

Le courage dont cette femme fait preuve dans sa lutte contre l’intégrisme musulman mérite, selon moi, toute notre admiration.


LES IDIOTS UTILES

Après Ma vie à contre-Coran, l’essai qui l’a fait connaître il y a deux ans, cette ressortissante algérienne persiste et signe avec Les soldats d’Allah à l’assaut de l’Occident, un ouvrage touffu dans lequel elle critique la naïveté d’une certaine gauche progressiste qui, sous prétexte de célébrer la « diversité culturelle » et le « respect des différences », soutient en fait l’intégrisme islamique.

Cette critique lucide de l’Islam politique et de ses « idiots utiles » (les intellectuels gnan-gnan qui font la promotion de ce nouveau fascisme au lieu de le combattre bec et ongles) vise en plein dans le mille et devrait être une lecture obligatoire.

Or, quelle ne fut pas ma surprise de voir qu’un chroniqueur que je connais bien (Patrick Lagacé avec qui je coanime Les Francs-Tireurs à Télé-Québec) l’a traînée dans la boue dans La Presse…


UNE HYSTÉRIQUE ?

Selon lui, Djemila Benhabib n’est pas crédible car elle voit des intégristes partout.

« Pour Djemila Benhabib, le voile, c’est mal, tout le temps, a-t-il écrit la semaine dernière. Et ceux qui ne le dénoncent pas avec assez de zèle sont tancés avec un zèle qui rappelle Joseph McCarthy.

« D'ailleurs, par bouts, son livre se lit comme l'oeuvre d'un hystérique du péril rouge des années 50 recyclé dans le péril barbu... »

Zélée et hystérique, vraiment ?

Si on dit ça à propos de Djemila, il faut être conséquent et le dire aussi à propos d’Azar Majedi, de Taslima Nasreen, d’Irshad Manji, de Chahdortt Djavann, d’Ayaan Hirsi Ali, de Samia Shariff et de toutes ces femmes courageuses qui ont osé élever la voix contre les fous d’Allah.

À moins qu’on les considère comme des « idiotes utiles » de l’extrême droite ?


L’ÉTAT DOIT ÊTRE NEUTRE

Partout sur la planète, des femmes qui connaissent la culture musulmane de l’intérieur et qui ont été forcées de porter le voile islamique risquent leur vie pour nous sensibiliser aux dangers de l’extrémisme religieux.

Le moindre que l’on puisse faire est de les écouter, non ? Qui sommes-nous pour les traiter de zélées ?

Quoiqu’en pensent certains commentateurs, Djemila Benhabib n’a pas déclaré la guerre au hidjab, elle ne veut pas interdire le voile dans la rue. Elle veut l’interdire dans la fonction publique.

Qu’y a-t-il de mal dans le fait de vouloir séparer l’espace privé et l’espace public en réaffirmant la neutralité de l’État ? En quoi est-ce hystérique ?


LES MOTS POUR LE DIRE

« Je suis devenue féministe et laïque à force de voir autour de moi des femmes souffrir en silence derrière des portes closes pour cacher leur sexe et leur douleur, pour étouffer leurs désirs et taire leurs rêves », a dit Djemila Benhabib devant le Sénat français en novembre 2009.

C’est extrémiste, ça ? C’est alarmiste ?

Les islamistes ont un agenda. Ils ont imposé le voile simple, puis le voile intégral, et essaient de nous faire accepter la charia et la polygamie.

Et il faudrait courber le dos et mesurer nos paroles ?

Non.



Permalink 06:22 am, Richard Martineau / Franc-parler, 571 mots  

La formation de la tortue

Il faut rendre à César ce qui lui appartient : pour ce qui est du jeu défensif, le PLQ est un véritable modèle du genre.

Alors que le projet de loi 204 a littéralement fait exploser le PQ, la maison libérale ne montre pas le moindre signe de fissure, malgré tous les scandales qui ne cessent de se multiplier.


DES FLEURS AU BOUT DU FUSIL

Vous vous rappelez la formation qu’adoptent les Romains dans Astérix, quand ils se battent ? Les boucliers collés les uns contre les autres, jusqu’à ce qu’ils forment une petite boîte en métal ?

Eh bien, c’est ce que font les membres du PLQ. Ils adoptent la « position de la tortue ».

Le dos courbé, la tête rentrée dans les épaules.

« Tirez, on s’en fout, on ne bougera pas… »

Pendant ce temps-là, que disent les Curzi, Beaudouin et compagnie ?

Qu’il faut faire de la politique autrement, en finir avec la ligne de parti, redonner aux députés leur liberté de parole, et autres grandes idées du genre qui sentent la rose et le miel…

C’est joli, certes, et rempli de bonnes intentions, mais face au bulldozer libéral, c’est extraordinairement naïf…

Quand on se bat contre un ennemi implacable qui est prêt à tout pour gagner, on ne se présente pas avec des fleurs au bout de son fusil…


PAS LE CHOIX

Vous me direz que cette « solidarité » libérale n’est pas saine, surtout lorsque la grande majorité des citoyens vous demandent de sortir de votre trou et de les écouter.

Vous avez raison.

Mais le but du jeu politique n’est pas d’être gentil, c’est de gagner. Coûte que coûte.

Actuellement, Louise Beaudouin et Pierre Curzi me font penser à ce Chinois anonyme qui, lors des événements de la place Tiananmen, s’est tenu courageusement debout devant des dizaines de chars d’assaut.

C’était beau à voir. Mais qui a gagné ?

Les tanks.

Devant la solidarité libérale, les Péquistes n’ont pas le choix : ils doivent eux aussi resserrer les rangs et foncer tête baissée.

Quand on est en guerre, ce n’est pas le temps de se chicaner, comme dit l’autre…


SORTIR DU RANG

Tous les chroniqueurs politiques se demandent quel sera le premier Libéral à sortir du rang, à fissurer cette belle unanimité de façade et à critiquer publiquement la position de son chef.

Paradis ? Ouellet ?

Faites votre choix.

« J’en appelle au sens de l’honneur des députés libéraux, a lancé dramatiquement Gérard Deltell. Allez frapper à la porte de votre chef et dites lui : monsieur Charest, assez, c’est assez. »

On peut bien rêver, pourquoi pas ? Après tout, les députés et ministres libéraux ne sont ni sourds ni aveugles, et paient des taxes et des impôts, comme nous tous.

Ils voient ce qui se passe, et entendent ce que les gens disent.


QUESTION QUIZ

Allons-nous assister à un deuxième rapport Allaire ? Ou les Libéraux vont-ils plutôt boire leur vin jusqu’à la lie, quitte à couler à pic aux côtés de leur chef ?

C’est la question à mille piastres.

Bien malin celui qui saura prédire ce qui va se passer…

Le lièvre péquiste gambade, et la tortue libérale joue à l’huître.



23 Septembre 2011

Permalink 12:25 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 26 mots  

Si la tendance se maintient...

Un satellite va s'écraser sur Terre ce soir, mais on ne sait pas où...

Vous gagez cinq piastres que ça va être sur Haïti?


Permalink 12:18 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 256 mots  

Partis en fumée

fumeurs


De plus en plus de propriétaires ne veulent plus de locataires fumeurs...

Une famille de 15 qui font des méchouis sur un poèle Hibachi dans la salle de bain, pas de problème, mais pas de fumeurs!

Ça pue, ça salit les murs...

Donc, les fumeurs sont interdits dans les bars, dans les restos, dans les parcs, près des édifices à bureaux, bientôt même chez eux...

Pourquoi ne pas aller plus loin?

Je suis sûr qu’on peut écoeurer encore plus les fumeurs.

Je propose sept nouvelles mesures...

1) Les obliger à porter une cloche autour du cou, comme les lépreux au Moyen-Âge

2) Créer un ghetto pour fumeurs dans le parc industriel de Huntington

3) Pour fumer, tu devras avoir un permis spécial de la Ville, qui coûtera 2500 $ par année et qu’on distribuera en quantité limitée, un peu comme permis de taxis. Pour en avoir un, il faudra attendre que quelqu’un meurt.

4) Si tu fumes, tu dois payer toi-même tes frais de santé

5) Stériliser les fumeurs pour ne pas qu’ils se reproduisent

6) Demander aux gens qui emballent les CD de créer un emballage spécial pour les paquets de cigarettes

7) Créer seulement deux espaces fumeurs en Ville : un à côté du crématorium au cimetière Côte-des-Neiges et un dans le tunnel qui relie les stations de métro Lionel-Groulx et Georges-Vanier...

Sans oublier l'instauration d'une journée où l'on permettra la chasse aux fumeurs...

Ça irait, comme ça?



22 Septembre 2011

Permalink 06:26 am, Richard Martineau / Franc-parler, 580 mots  

Et nous?

Tout le monde, ces temps-ci, condamne la corruption. La chasse aux fraudeurs n’a jamais été aussi populaire.

C’est à qui criera le plus fort, s’indignera avec le plus d’éclat.

Mais si la corruption s’est installée aussi confortablement dans nos vies, avec autant d’aisance et une telle désinvolture, ne serait-ce pas parce qu’elle se sentait bienvenue ?


TOUJOURS LES AUTRES

Pour que la corruption gangrène une société, il faut trois choses.

Des mains qui tendent des enveloppes. Des mains qui reçoivent des enveloppes.

Et un climat de dégénérescence morale qui favorise l’échange d’enveloppes.

Facile de toujours pointer le gouvernement du doigt en disant qu’il donne le mauvais exemple aux citoyens.

Mais qu’en est-il de l’exemple que nous nous donnons nous-mêmes chaque jour ?

Qui n’a pas eu recours à un travailleur au noir pour garder ses enfants, faire le ménage ou rénover son balcon ?

Qui n’a pas accepté de donner de l’argent « en dessous de la table » pour ne pas avoir à payer les taxes ?

Qui n’a pas bidouillé son rapport d’impôt pour contourner le fisc ?

Qui n’a pas avantagé un ami ? Qui n’a pas fait passé un souper d’amoureux dans un chic resto du centre-ville pour un repas d’affaires ?


SORTIR LES VIDANGES

On ne cesse de dire que le gouvernement est noir de bout en bout. Mais nous sommes purs, nous ?

Nous sommes impeccables, nous n’avons rien à nous reprocher ?

Nous respectons toujours les règles, nous n’empruntons jamais des chemins de traverse, nous ne tournons jamais les coins ronds, nous ne fermons jamais les yeux ?

Il faut une commission d’enquête publique au plus sacrant, répète-t-on sur toutes les tribunes. C’est probablement vrai.

Mais il faut aussi une bonne séance d’autocritique collective, se regarder franchement dans le miroir et se poser les vraies questions.

Après tout, si la vermine a envahi la cuisine, c’est peut-être parce qu’on n’a pas sorti les vidanges, qu’on a laissé la nourriture pourrir sur le comptoir.

Et qu’on s’est habitué à vivre dans la crasse.


LE CLUB DE LA CORRUPTION

Hier, un regroupement de citoyens qui désirent combattre la corruption et « rétablir l’honnêteté et l’intégrité dans l’administration publique » (vaste programme) a vu le jour : la Ligue d’action civique.

Dans son texte fondateur, cet organisme affirme qu’il existe au Québec un club de la corruption.

« Ce club est représenté dans la plupart des partis, joue au golf, invite dans des loges, vend des élections clés en main, commandite les politiciens, débauche des fonctionnaires, bafoue le sens de l’État, collecte des ristournes sur les contrats… »

Je comprends et partage amplement la frustration de ces citoyens. Mais il ne faudrait pas non plus tomber dans l’excès inverse, et voir des malversations chaque fois qu’un élu mange ou joue au golf avec un entrepreneur !

On peut se rencontrer tout en gardant son indépendance !

Entre « nourrir de bonnes relations » avec d’éventuels clients et échanger des enveloppes brunes, il y a une marge.


MADAME BLANCHEVILLE

Le mieux est l’ennemi du bien, dit le dicton.

C’est bien beau, « faire le ménage », mais il ne faudrait pas non plus devenir maniaque et voir de la poussière partout…



21 Septembre 2011

Permalink 06:31 am, Richard Martineau / Franc-parler, 21 mots  

Stessant, la crise...



Deux milliardaires invités par la télé russe à parler de la crise ont fini par se taper sur la gueule...


Permalink 06:24 am, Richard Martineau / Franc-parler, 566 mots  

Gentils toutous!

Yes


On a beaucoup critiqué la passivité des médias envers George W. Bush.

On a dit que les journalistes mangeaient littéralement dans sa main et qu’ils ne critiquaient jamais ses décisions de peur de paraître anti-patriotiques.

Mais qu’en est-il de la complaisance crasse des médias envers Barack Obama ?


LAISSÉ SANS SURVEILLANCE

Quand Obama faisait campagne, il suffisait qu’il ouvre la bouche pour que tous les journalistes tombent en pamoison, tels des fillettes devant Justin Beaber.

« Oh, quelle intelligence ! Quelle éloquence ! Quel style ! »

Comme l’a écrit Robert J. Samuelson, chroniqueur au Washington Post, en mai 2009 :

« Notre système politique est à son meilleur quand le Président fait face à une certaine critique, lorsque les médias surveillent la façon dont il utilise le pouvoir.

« Or, Obama n’est presque pas surveillé. Face à lui, les médias ont complètement abdiqué leur rôle de chiens de garde et d’observateurs sceptiques. »


UNE ROCK STAR

Selon une étude effectuée par le Centre de recherche Pew sur l’excellence en journalisme, la majorité des textes publiés sur Obama lors de ses premiers mois passés à la Maison-Blanche portait surtout sur ses « qualités humaines », alors que la majorité des textes publiés sur Bill Clinton et George W. Bush pendant le début de leur mandat portait surtout sur leurs programmes et leurs idées.

Bref, les médias traitaient Obama comme une rock star. Plutôt de vérifier si le nouveau Président respectait ou non ses promesses, les journalistes s’extasiaient sur sa façon de parler et de se présenter !

Au lieu de se demander : « Cet inconnu qui n’a jamais occupé de poste important est-il équipé pour faire face aux problèmes qui se posent à notre pays ? », les chroniqueurs politiques s’amusaient à multiplier les références à JFK !

« Obama, le JFK noir », « Obama, un intellectuel charismatique », etc.

Bonjour le sens critique !


UN MOUSSAILLON

Les médias ont fait la belle devant George W. Bush par crainte de paraître trop mous envers les terroristes.

Mais ils ont léché la main de Barack Obama par infatuation, parce qu’ils étaient littéralement en amour avec le candidat démocrate.

Or, que se passe-t-il, maintenant que la nuit de noce est terminée ? On se rend compte qu’en ce qui concerne l’économie, Obama est un Pee-Wee, un Junior qui n’a pas les qualités requises pour sortir le pays du trou.

Ce n’est pas moi qui le dis. C’est le journaliste Ron Suskind, un reporter hyper respecté qui a toujours eu un faible pour les Démocrates. Dans Confidence Men, son dernier essai, ce récipiendaire du prestigieux prix Pulitzer montre que sous ses airs de premier de classe, Barack Obama est un nerd économique.

Un mousse qui se retrouve aux commandes d’un paquebot beaucoup trop gros pour lui.


UN CHOIX ÉCLAIRÉ

C’est le problème avec les médias, parfois. Ils sont tellement contents d’avoir un nouveau visage à se mettre sous la dent qu’ils perdent tout sens critique.

Espérons que nous n’agirons pas de la sorte avec François Legault et que nous garderons la tête froide.

Après tout, les médias ne sont pas là pour encenser des sauveurs, mais pour permettre aux gens de faire un choix éclairé…



20 Septembre 2011

Permalink 15:39 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 44 mots  

Une autre preuve que le Grand Jour s'en vient!

Aujourd'hui, un nouveau regroupement pour la souveraineté a vu le jour:

L'ACTION FÉMINISTE POUR L'INDÉPENDANCE.

Wow.

J'en suis bouche bée.

Que Charest se le tienne pour dit, les amis.

À quand la Fédération des petites personnes pour la séparation?





Permalink 15:35 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 24 mots  

Tout va bien!

singes

Selon Pierre Duhaime, grand patron de SNC-Lavalin, il n'y a AUCUNE raison de mettre sur pied une commission d'enquete sur la construction.

Ben coudonc...





Permalink 15:32 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 37 mots  

Heureusement, la milice est là!




Une milice armée pour protéger le Québec...

Contre qui, grands dieux?

Une invasion de chanteuses à voix?

Une épidémie de poutine?

Une attaque sauvage et vicieuse des hippies du Vermont?

Qui nous menace, exactement?


Permalink 06:25 am, Richard Martineau / Franc-parler, 507 mots  

À chacun son parti!

Après François Legault, qui va peut-être un jour arrêter de jouer à l’agace et faire le saut, c’est au tour du très charismatique Jean-Martin Aussant de lancer son parti politique : Option Nationale.

Aux prochaines élections, on aura donc le choix entre l’ADQ, la Coalition pour l’avenir du Québec, Option Nationale, Québec Solidaire, le PQ et le PLQ.

Sans parler du Parti de la loi naturelle, qui prône la révolution par la lévitation.


CHACUN SON TROU

L’axe politique du Québec est rendu aussi saturé que la bande FM. On est passé du règne étouffant du bipartisme au bing bang généralisé.

Le paysage politique québécois est tellement surchargé, les partis sont tellement proches les uns des autres que lorsque vous synthonisez Legault, vous entendez des échos d’anciens discours de Deltell.

Qui sait ? C’est peut-être ça, la révolution citoyenne : un parti pour chaque tranche de la population.

Exactement comme ce qui se passe à la télé : un canal pour les amateurs de golf, un canal pour les amateurs de bouffe, un canal pour les amateurs de cul…

Chacun sa niche, et au diable l’intérêt général.


OUI, MAIS NON

« Qu’est-ce que propose le parti d’Aussant ? », demandez-vous.

De rapatrier tous les pouvoirs en matière d’impôts, de lois criminelles et de traités internationaux…

« N’est-ce pas ce que proposent déjà l’étapisme de l’ADQ et la gouvernance souverainiste du PQ ? »

Euh, oui, enfin, non, pas vraiment. C’est proche, ça se ressemble, mais c’est pas tout à fait pareil. Il y a des nuances.

« Lesquelles ? »

Bien, pour commencer, Option Québec ferait un référendum sur un projet de constitution québécoise.

« Comme le Nouveau Mouvement pour le Québec l’a proposé ? »

Oui, mais pas vraiment. Le Nouveau Mouvement pour le Québec veut soumettre un projet de constitution directement à l’Assemblée nationale, sans passer par un référendum.


NON, MAIS OUI

« Mais Jacques Parizeau n’a pas lui aussi proposé un projet de constitution québécoise en 1995 ? »

Oui, mais ce n’était pas vraiment pareil. Parizeau avait rendu publique une déclaration de souveraineté, qui avait été incluse dans le préambule d’une nouvelle constitution québécoise.

« Option Nationale propose donc une sorte d’élection référendaire sur un projet de constitution qui nous mènerait à une souveraineté étapiste, c’est ça ? »

Oui, en fait, non, c’est…. Ah pis FUCK, je comprends rien, chu tout fourré !!!

Comment voulez-vous qu’on retrouve notre chemin avec toutes ces flèches qui pointent dans toutes les directions, simonac ???


PERDU LE NORD

Trop, c’est comme pas assez.

J’ai l’impression qu’on est passé en deux jours de la LNH originale à la LNH avec des équipes en Floride et à Tampa Bay !

Peut-on avoir un moratoire sur la formation de nouveaux partis, le temps de souffler un peu ?



19 Septembre 2011

Permalink 15:44 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 87 mots  

Question quiz




Débranche-t-on les gens trop vite?




Madeleine Poitras a toutes les raisons de goûter à la vie. Après avoir été à un cheveu d'être débranchée, à la suite d'une rupture d'anévrisme au cerveau, la femme de 54 ans a, contre toutes attentes, recouvré ses facultés.

Cette résidente du secteur Saint-Jean-Chrysostome, à Lévis, est la preuve vivante que la science n'a pas toujours réponse à tout.

Alors qu'on la vouait à un état végétatif, Mme Poitras savoure maintenant chaque jour sa "résurrection"...







Permalink 15:39 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 136 mots  

Racisme animal




Oui, les 500 chiens rescapés de l'usine à chiot font pitié...

Mais qu'en est-il des usines à poulets?

On prend les poulets alors qu'ils sont encore dépendants de leur mère, on leur coupe le bec, on leur coupe les ailes, on les entasse les uns sur les autres, ils sont tellement tassés qu'ils perdent leur masse musculaire dans leurs jambes et n'arrivent plus à se tenir debout, ils ne voient plus la lueur du jour, etc.

C'est aussi dégueulasse que ce qui se passe dans les usines à chiots, sinon plus...

Mais on s'en fout, car ce sont des poulets...

Faisons-nous preuve de racisme animal?

On peut maltraiter certains animaux mais pas d'autres... Pourquoi? Au nom de quoi?

Qui nous dit que les poules ne souffrent pas autant que les chiens?

La question se pose, non?


Permalink 06:44 am, Richard Martineau / Franc-parler, 189 mots  

Le Tiers-Monde

Une amie s’est rendue à Savannah, Georgie, en auto, cet été. Ce qui l’a frappée, dans son voyage qui l’a amené à traverser plusieurs États américains ?

La pauvreté.

« Je me suis rendue compte que les États-Unis sont un pays pauvre, m’a-t-elle dit. Dans certaines régions, c’est bien simple, on se croirait dans un pays du Tiers-Monde… »

Selon les derniers chiffres, un Américain sur six vit sous le seuil de la pauvreté. Le « pays le plus puissant et le plus riche de la planète » compte 46,2 millions de pauvres !


LE VAMPIRE

L’ironie est que si le pays est si pauvre, c’est à cause de la crise des subprimes, bien sûr, mais aussi en bonne partie à cause des guerres en Irak et en Afghanistan qui ont coûté des gonzilliards de dollars.

Or, que font les pauvres pour échapper à leur sort ? Ils s’inscrivent dans l’Armée !

Bref, en appauvrissant le pays et en saignant à blanc le Trésor américain, les Forces Armées prennent de la vigueur et grossissent leurs rangs !

C’est le comte Dracula qui serait content…



Permalink 06:44 am, Richard Martineau / Franc-parler, 375 mots  

Le p'tit Gibus




Dans La Guerre des boutons, le chef-d’oeuvre d’Yves Robert (qui a fait l’objet d’un remake par, ô misère, Christophe Barratier, le dégoulinant réalisateur des Choristes), le personnage du p’tit Gibus lance une réplique devenue culte :

« Si j’aurais su, j’aurais pas v’nu… »


CHAPE DE PLOMB

Je suis sûr que plusieurs ministres du gouvernement Charest se disent la même chose, ces temps-ci.

Car de quoi parle-t-on, depuis des mois ?

Des 304 millions de dollars de redevances que le ministre des Finances Raymond Bachand est allé chercher dans les poches des minières (un petit pas, mais un pas quand même) ? De l’annonce de la ministre du Travail Lise Thériault d’en finir avec le placement syndical sur les chantiers ?

Non : on ne parle que de l’entêtement mystérieux de Jean Charest à ne pas mettre sur pied une commission d’enquête sur le merveilleux monde de la construction.

Cette histoire occulte toutes les autres, et font oublier tous les bons coups (car il y en a quelques-uns, quand même) du gouvernement.

C’est une chape de plomb qui écrase et qui obscurcit tout.


MERCI POUR LE CADEAU

Si j’étais ministre libéral, disons que je trouverais le temps long en maudit…

« C’est pour ça que j’ai fait le saut en politique ? Pour me retrouver au beau milieu d’un scandale qui salit ma réputation ? Merci pour le cadeau, monsieur le Premier ministre, c’est vraiment généreux de votre part.

« Si j’avais su qu’une telle bombe allait me péter en pleine face, j’aurais continué de faire des sous dans le secteur privé et je ne serais pas venu… »

Tenez, il y aurait d’autres démissions surprises au cours des prochaines semaines que ça ne me surprendrait pas.

« J’ai décidé d’aller relever d’autres défis », « Je veux me rapprocher de ma famille », « C’est avec la satisfaction du travail accompli que je quitte le monde politique » — autant de belles formulations qui, dans le fond, veulent dire :

« Coule tout seul, Johnny Boy, il est hors de question que tu m’entraînes dans le fond avec toi… »


17 Septembre 2011

Permalink 08:54 am, Richard Martineau / Franc-parler, 586 mots  

Palerme, P.Q.

Connaissez-vous le juge Giovanni Falcone ?

Ce magistrat courageux, qui a consacré sa vie à la lutte contre la mafia, a été assassiné par ses ennemis le 23 mai 1992 à Palerme, en Sicile.


UN COMBAT POLITIQUE

Deux ans avant de perdre la vie dans une gigantesque explosion qui a aussi emporté sa femme et ses trois gardes du corps, Falcone a accordé une série de 20 entretiens à la journaliste italienne Marcelle Padovani (oui, oui, le même nom que l’héroïne du film prémonitoire de Denys Arcand !)…

Ces interviews, publiés dans un livre intitulé Cosa Nostra : le juge et les hommes d’honneur, sont passionnants.

Falcone y livre le résultat des 11 longues années passées dans un bunker aménagé dans le sous-sol du Palais de Justice de Palerme.

Sa première leçon ?

Il faut plus qu’une escouade policière pour lutter contre la mafia et la corruption. Il faut une VOLONTÉ POLITIQUE.


DES MOYENS INADÉQUATS

« Les hommes politiques sous-évaluent le problème de la mafia, disait Falcone. Ils prétendent affronter un phénomène criminel d’une gravité sans précédent avec des remèdes ordinaires, sans la mobilisation générale, durable et constante de tout l’appareil répressif.

« Persuadés qu’ils avaient tout à perdre et peu à gagner à s’engager sur le terrain de la guerre, les politiciens se sont empressés de déléguer à une structure séparée, dotée de moyens le plus souvent inadéquats, et incapable de coordonner toute l’activité anti-crime, les responsabilités qu’ils devraient exercer EUX-MÊMES… »

Ça ne vous rappelle pas quelqu’un ?


LE FLUX DES DÉPENSES

Attendez, vous n’avez rien lu.

« Les lois ne servent à rien si elles ne sont pas accompagnées d’une solide volonté politique, continuait Falcone. Et celle-ci ne se formera que lorsque le pays TOUT ENTIER sera conscient de la nécessité de combattre le crime organisé.

« Pour fonctionner, la mafia a besoin d’administrations qui ne fassent pas obstacle à son expansion en refusant des permis de construire ou en contrôlant de près les licences d’exploitation et les sous-traitances. »

Et que fait la mafia si jamais un politicien décide de lui mettre les bâtons dans les roues et de bloquer son expansion ? demande Falcone.

Simple : elle fait jouer son pouvoir politique. Elle retire son financement et elle fait pression auprès du parti au pouvoir pour « orienter à son avantage le flux de la dépense publique »…

Assez clair, non ?

Et après ça, on se surprend de ne pas avoir de commission d’enquête…


UNE PHRASE ÉCLAIRANTE

Hier, lors de la conférence de presse de Jean Charest, une phrase m’a particulièrement frappé.

Quand le ministre Dutil a fait un lien direct entre Carcajou et Marteau.

Carcajou luttait contre les bandes de motards criminalisés. Le mandat de Marteau est de lutter contre un système de corruption impliquant d’innombrables acteurs du monde de la construction.

Ce n’est pas la même affaire.

La première est une affaire criminelle, qui relève presque du fait divers.

La deuxième est une affaire POLITIQUE.

Voilà à mon humble avis l’erreur numéro Un du gouvernement Charest.

Traiter la corruption qui gangrène actuellement la province comme une simple affaire policière.

Dire qu’il suffit de mener des enquêtes ici et là pour guérir le mal.

Alors que c’est beaucoup plus profond…



16 Septembre 2011

Permalink 12:15 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 103 mots  

Il n'y a AUCUN problème

Ainsi, selon Jean Charest, non seulement n'y a-t-il pas lieu de mettre sur pied une commission d'enquête, mais "aucun gouvernement n'a autant fait pour lutter contre la corruption au Québec..."

Qu'en pensez-vous?

Êtes-vous surpris de sa réaction?

Visiblement, l'homme sait qu'il va perdre les prochaines élections quoi qu'il fasse...

Alors, pourquoi les perdre après avoir été éclaboussé par une Commission?

Aussi bien les perdre "proprement", en répétant qu'on n'a rien à se reprocher et que toutes ces allégations ne sont que de vagues rumeurs sans fondement...

Coulons la tête haute, plutôt que dans la honte...


15 Septembre 2011

Permalink 06:21 am, Richard Martineau / Franc-parler, 35 mots  

En dessous, on est tous pareils

nus


Boum Desjardins, Jean-Nicolas Verreault, les gars de Simple PLan et Patrice L'Écuyer tout nus pour Centraide...

C'est sûr que ça fait jaser...

Mais ça va vous encourager à donner de l'argent aux pauvres, ça?


Permalink 06:19 am, Richard Martineau / Franc-parler, 130 mots  

Si tu ne supportes pas la chaleur, ne vas pas au sauna

Une petite note concernant l’Affaire Nelly Arcan.

Aller à Tout le monde en parle et s’indigner du fait qu’on s’y est fait brasser, c’est comme entrer dans un club échangiste et se scandaliser de voir des gens à poil…

Moi, j'ai fait l'émission de Guy A. deux fois, dont une fois pendant le conflit de travail au Journal de MTL.

Est-ce qu'on m'a brassé? Oui.

Mais c'est "the name of the game", je savais parfaitement dans quoi je m'embarquais.

J'y suis allé car j'aime les débats virils et les échanges d'idées... Et je me fous qu'on m'aime ou pas...

Si tu n'es pas fait assez fort pour soutenir la critique, ou être mis face à tes contradictions, évite les émissions comme TLMEP ou Les Francs-Tireurs...






Permalink 06:16 am, Richard Martineau / Franc-parler, 542 mots  

La société du spectacle

On a veau dire tout ce qu’on veut sur le gouvernement Charest, je trouve qu’il ne niaise pas avec la rondelle.

Regardez comment il agit dans le dossier des infrastructures.


SHOWS DE BOUCANE

L’échangeur Turcot est en train de tomber en morceaux ?

Notre Premier Ministre ne perd pas de temps, il convoque tout de suite une méga conférence de presse pour convaincre les automobilistes que tout va bien et que son gouvernement a les deux mains sur le volant.

Des chapiteaux érigés sur les lieux mêmes du crime, des images en 3D, des sandwichs pas de croûte, des agents de sécurité maintenant les opposants loin des caméras, un budget frôlant les 100 000 $ — mettez-en, c’est pas de l’onguent.

Même chose pour le Plan Nord.

Qu’importe si les analystes doutent sérieusement de la rentabilité économique d’un tel projet (voir la chronique de David Descôteaux hier), on sort l’écran géant et on organise un méga show de boucane capable de faire passer le dernier spectacle de U2 pour une présentation Power Point.


LE SECRET DE JEAN CHAREST

Bon, vous me direz que toutes ces dépenses sont plutôt indécentes en cette ère d’austérité (surtout quand le gouvernement avait promis il y a un peu plus d’un an qu’il allait réduire ses dépenses en communication et en publicité de 25 %), mais il faut ce qu’il faut pour rétablir le climat de confiance dans l’État.

Ne savez-vous pas que tout commence dans la tête ? Qu’il faut d’abord imaginer l’abondance avant de la créer ?

Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais moi, je suis sûr que Jean Charest a lu Le Secret, de Rhonda Byrne.

Toute sa façon de gérer l’État est basée sur la loi d’attraction.


PARTICULES DE PROSPÉRITÉ

Vous ne connaissez pas cette technique ? Allez sur le site du Club de la Loi d’attraction, vous y trouverez des trucs qui ressemblent étrangement aux stratégies adoptées par le Premier Ministre.

« Prenez une longue et profonde inspiration d'abondance.
 Gonflez vos poumons, remplissez-les totalement d’abondance.

« Imaginez que vous inspirez ces particules de prospérité et qu’elles remplissent chaque fibre de votre être.
 Ressentez ce sentiment d’être inondé d’abondance.


"Retenez votre respiration en comptant jusqu’à neuf et ressentez chaque atome, chaque cellule de votre corps tout entier, gonflée de prospérité, emplie d’abondance, vibrante de richesse.

« 
Puis lentement, en comptant jusqu’à six, expirez cette abondance pour qu’elle circule à travers l’Univers tout entier.

« Lorsque vous ouvrirez lentement les yeux, vous vous sentirez prospère, fortuné, riche, riche, riche ! »


OR ET LUMIÈRE

C’est la technique de Jean Charest.

À défaut de créer réellement de la richesse, on va IMAGINER qu’on en crée.

Regardez ces images en 3D !

Voyez-vous le Nord couvert d’or et de lumière ? Voyez-vous l’échangeur Turcot transformé en « corridor de circulation totalement intégré dans la trame urbaine » ?

Eh bien, si vous pouvez le voir, c’est qu’il existe !

Fallait y penser, non ?

14 Septembre 2011

Permalink 13:45 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 51 mots  

Question quiz

Je comprends que certains adéquistes veulent faire du millage en s'accrochant au pare-choc arrière de la CAQ de François Legault.

Mais qu'est-ce que Legault aurait à gagner à s'allier avec un parti qui traine la patte dans les sondages et qui ne connait meme plus les valeurs qu'il défend?




Permalink 13:41 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 77 mots  

Legault se préparant à faire le saut...

François Legault va-t-il finir par former un parti politique, oui ou non?

Saute dans la piscine, bordel, qu'on en finnisse!

Cesse de prendre la température de l'eau, de calculer la direction du vent, d'analyser le PH, de mesurer la circonférence de la piscine... et saute!!!!!!

Kessé que t'attends?

Pour diriger une province telle que le Québec, ça prend une personne capable de prendre des décisions rapidement.

Pas un spécialiste en tataouinage...





Permalink 13:32 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 32 mots  

Thème musical de la journée

Mon clin d'oeil à l'interminable séance de flirting que se font l'ADQ et la CAQ...

"C'est pas encore fait, non, non, non, non, non, c'est pas encore fait... mais ça va veniiiiiiiiiiiiiiir!"





Permalink 13:30 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 62 mots  

Ton nom est Gérard Deltell et tu es le chef de l'ADQ

Gérard Deltell a demandé à un ex-péquiste de définir les valeurs de l'ADQ...

Euh...

C'est pas Deltell, le chef de l'ADQ?

Il ne connaît pas les valeurs que défend SON PROPRE parti?

Il doit demander à un Péquiste de lui rappeler les positions défendues par sa propre formation?

Coudonc, suis-je tout seul à trouver ça complètement étrange?





Permalink 12:14 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 557 mots  

Qui a vu le vent?

L’auteure britannique Christina Rossetti a écrit un joli poème il y a plus de 200 ans :

« Qui a vu le vent / Ni toi ni moi / Mais quand les arbres se plient, c’est que le vent souffle… »

On devrait envoyer cette œuvre aux principaux représentants de nos institutions : ça pourrait leur servir…


COMME AVANT

Car on a l’impression, ces temps-ci, que seul le peuple sent le vent du changement souffler sur le Québec.

Les autres n’entendent ni ne sentent rien, et continuent de faire comme si rien n’avait changé.

Regardez le policier qui a projeté une jeune femme sur une borne de stationnement, avant-hier.

Ne savez-vous pas, monsieur l’agent, que nous ne vivons plus dans les années 70, où les gens en position d’autorité pouvaient déraper dans le plus grand secret, à l’abri des regards indiscrets ?

Aujourd’hui, tout le monde possède une caméra et un compte Facebook, et il suffit de quelques minutes pour que nos gaffes fassent le tour du monde et nous rebondissent en pleine face.

N’entendez-vous pas le vent souffler, ne voyez-vous pas les arbres courber la tête ?


LES VIEILLES CERTITUDES

Même chose pour les chefs syndicaux qui persistent à brandir le drapeau de L’Internationale Socialiste chaque fois qu’un politicien cherche à encadrer un peu plus leurs pratiques.

Nous ne sommes plus dans les années 60, chers camarades, où il s’agissait de brandir le poing gauche et d’agiter un drapeau rouge pour faire taire les critiques.

Le travailleur moderne n’est plus un dévot aveugle à la Cause, il fait preuve d’esprit critique, s’informe et échange des informations avec ses pairs.

Ça fait longtemps que les syndicats ne sont plus considérés comme des églises qui flottent au-dessus des lois.

Êtes-vous sourds ? N’entendez-vous pas la brise qui, depuis quelque temps, soulève la poussière des vieilles certitudes et fait claquer les portes ?


LE BLIZZARD

Et vous, fonctionnaires de l’impôt qui n’avez pas hésité une seconde à piger dans le plat de bonbons et à défendre votre bien personnel plutôt que le bien public…

Dites, vous n’avez pas non plus senti le vent tourner ?

Vous avez vraiment cru que votre 5 à 7 au Newtown et vos voyages à Vegas et aux Bahamas allaient rester secrets ?

Vous vivez où ? Sur Mars ?

Vous n’avez jamais entendu parler de la grande tornade d’indignation qui a traversé le Québec, de l’immense vague d’écoeurement qui a inondé nos maisons, forçant même les contribuables les plus cyniques à briser leur indifférence et à crier leur colère ?


LES TEMPS CHANGENT

Le vent tourne, les amis. Les choses changent, et à la vitesse grand V, en plus.

Il est temps que vous sortiez de votre trou et que vous humiez l’odeur du café.

Nous ne sommes plus « dans le bon vieux temps » où l’on pouvait mentir, se graisser la patte et multiplier les coups de matraques sans craindre d’être exposés.

Nous vivons à l’ère de la transparence, pour le meilleur et pour le pire.

Le vent de l’imputabilité écorne les bœufs et renverse tout sur son passage.

Si vous ne l’entendez pas, regardez les arbres, vous verrez : leur cime touche le sol tellement il souffle fort.



13 Septembre 2011

Permalink 06:34 am, Richard Martineau / Franc-parler, 58 mots  

C'est légal ou illégal?

Maître Julius Grey (monsieur accommodements raisonnables) va défendre les revendeurs de billets...

C'est pas illégal, ça, bloquer des lignes téléphoniques pour acheter des billets dans le but de les retirer du marché et les revendre plus chers?

À quand un regroupement de pushers pour revendiquer leurs droits auprès du gouvernement, tant qu'à faire?





Permalink 06:30 am, Richard Martineau / Franc-parler, 34 mots  

À vous de juger




Je comprends que les policiers doivent parfois utiliser la force, ce ne sont pas des travailleurs sociaux, mais...

Était-ce nécessaire de projeter la fille sur un poteau?

Ça me semble assez sauvage, merci...








Permalink 06:25 am, Richard Martineau / Franc-parler, 572 mots  

Vol au-dessus d'un nid de coucous

Puis-je encore prendre de l’espace dans ma chronique pour vous parler du 11 septembre ?

Après, j’enterre le sujet, juré craché.

C’est juste que j’ai reçu un témoignage que je veux à tout prix partager avec vous…


DANS L’AILE 6

Comme vous le savez, j’ai demandé aux gens de me dire où ils étaient quand ils ont appris la nouvelle. J’ai reçu un courriel que je n’ai pas pu publier, car on me l’a envoyé trop tard.

Mais il me hante depuis trois jours…

Il provient d’un homme qui signe « Bolt Lawrence ».

« Mon 11 septembre était une journée mémorable.

« Quand j’ai appris ce qui se passait, j’étais dans un hôpital psychiatrique pour cause de dépression. Je logeais dans l’aile 6, pour les malades mentaux qu’on juge récupérables : les dépressifs, les bipolaires — bref, les cas récurrents qui réussissent à fonctionner en société.

« Il y avait des mères de famille, un prof, un banquier, même un vieux marin de 78 ans qui a craqué après avoir perdu toutes ses économies aux mains d’un fraudeur... »


UNE MATINÉE SURRÉALISTE

« Comme tous les matins, on a pris notre petit déjeuner en groupe dans la salle à manger. Habituellement, la télévision est interdite durant les repas mais je ne sais pas pourquoi, elle était ouverte ce matin-là, mais sans volume.

« Je voyais la télé d’où j'étais assis mais je ne la regardais pas vraiment. À un moment donné, j’ai vu une des tours jumelles faire de la boucane. Je me suis retourné vers le vieux et j’ai crié que le WTC était en feu. Quelques secondes plus tard, j’ai vu le deuxième avion.

« C'était surréaliste, les gens étaient tout mêlés, ils croyaient qu’on avait mal calibré leur médicament, une patiente criait, les infirmières couraient, bref, c’était le bordel.

« C'était tellement rendu n'importe quoi qu'ils ont débranché tous les téléviseurs et nous ont envoyé nous coucher même s'il était 11 h le matin ! »


QUI EST FOU ?

Vous imaginez ?

Vous êtes dans un hôpital psychiatrique, et vous êtes témoin d’un des actes les plus fous et les plus déments de l’Histoire moderne !

Vous entendez le Président des États-Unis dire aux citoyens d’aller magasiner pendant que les tours fument, et voyez des familles entières applaudir et verser des larmes de joie dans les rues de certaines villes du Moyen-Orient !

Y a de quoi se demander qui est fou, non ?

Être à la place du bonhomme, je me serais dit : « Des parents sont prêts à se faire sauter pour une histoire de religion, et c’est MOI qui suis à l’asile ? Des gens se trucident parce qu’ils n’ont pas le même ami imaginaire, et c’est MOI qu’on a enfermé ?

« L’homme le plus puissant de la planète lit des contes pour enfants pendant que son pays est attaqué, et c’est MOI qu’on isole ?

« Décidément, il y a quelque chose qui ne tourne pas rond… »


LE ZOO

Quand on va au zoo, on se demande qui est dans une cage : les animaux ou nous ?

Idem pour les gens.

Qui sont les plus inquiétants ? Les « fous » ou les gens « normaux » ?



12 Septembre 2011

Permalink 06:24 am, Richard Martineau / Franc-parler, 571 mots  

Un drôle d'exercice

Ainsi, une prof d’éthique et de culture religieuse de Jonquière a décidé de faire porter le voile à ses étudiantes afin qu’elles expérimentent ce que ça fait d’être regardées par les autres quand on porte un hijab.

Cette approche particulière a fait grimper plusieurs personnes dans les rideaux.

Ça va peut-être vous surprendre, mais personnellement, je suis pour ce genre d’exercice.

Mais à deux conditions.


L’OUVERTURE POUR TOUS

Première condition : par souci d’équité, les étudiantes voilées devraient aussi se prêter à ce genre d’exercice et enlever leur voile pendant quelques minutes afin de savoir « comment on se sent » quand on ne porte pas de hijab.

(Après tout, l’ouverture aux autres est une voie à double sens. Ce n’est pas seulement aux non musulmans de s’ouvrir à l’Islam, c’est aussi aux musulmans de s’ouvrir aux autres cultures, non ? Pourquoi la prof ne demanderait pas aux étudiants musulmans de porter une kippa, par exemple ?)

Et deuxième condition : afin d’encourager les étudiantes à pousser leur réflexion plus loin, cet exercice devrait être accompagné d’une lecture de textes choisis.

Je propose les écrits suivants.


UN SYMBOLE D’ASSERVISSEMENT

Taslima Nasreen, écrivaine bangladaise : « Le hidjab islamiste est un uniforme intégriste, comme le furent par le passé la chemise brune ou noire… »

Azar Majedi, présidente pour l’Organisation pour la libération des femmes en Iran : « Je suis contre le voile, qui est l’outil et le symbole de l’oppression et de l’asservissement de la femme. Le voile est devenu la bannière du mouvement islamique.

« Je me bats contre le voile et dénonce sa nature. De plus, je suis pour l’interdiction du port du voile par les mineurs. Je pense qu’aucune fillette ne doit être obligée de porter le voile. Le voile limite le développement physique et intellectuel d’un enfant et doit être interdit. »

Irshad Manji, journaliste canadienne musulmane : « Je ne crois pas que les femmes portent le voile par choix. Une semaine avant l'entrée en vigueur de la loi sur la laïcité en France, un grand sondage demandait aux femmes musulmanes de France si elles appuyaient l'interdiction de porter le hijab à l'école. Et à la surprise générale, la majorité des femmes ont dit oui.

« Pourquoi ? Pas parce qu'elles s'opposent à l'islam ou au Coran. Mais parce qu'elles s'opposent à la violence, à l'intimidation et au harcèlement des hommes de leur communauté si elles ne le portent pas… »


UN MORCEAU DE TISSU

Mario Bernier, le directeur de l’école où l’enseignante de Jonquière travaille, affirme qu’il ne comprend pas pourquoi cet exercice a choqué certaines personnes puisque que « le voile n’est qu’un petit morceau de tissu ».

Monsieur Bernier devrait lire les propos de Michèle Vaniès, présidente du groupe Regards de femmes :

« Le voile a été inventé par les tenants de l’Islam politique pour montrer leur capacité d’occuper les espaces et les esprits.

« Ce n’est pas un bout de tissu quelconque. Des femmes qui refusent de le porter sont fouettées, égorgées, lapidées. Dès que les intégristes prennent le pouvoir dans un pays, leur première mesure est de voiler les femmes... »

N’est-ce pas le rôle de l’école de développer le sens CRITIQUE, monsieur Bernier ?



11 Septembre 2011

Permalink 21:52 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 789 mots  

Votre 11 septembre (suite et fin)

Tel que promis, d’autres courriels sur ce jour qui a changé notre vision du monde et bouleversé l’échiquier international…


VICTIMES COLLATÉRALES

Assia Abibsi : « Le 11 septembre, je vivais en Algérie avec mon père. Je lavais la vaisselle dans la cuisine lorsque tout à coup, mon père a monté le son de la télé dans le salon. Je suis allée voir ce qu’il regardait et je l’ai vu, sidéré devant l’écran. Je ne l'avais jamais vu dans un tel état de choc.

« Je me suis tournée vers la télé et je n’en croyais pas mais yeux : les tours jumelles s'écroulaient. Mon père m'a alors regardée et m’a dit: « Ils ne vont jamais nous accepter comme immigrants après ce que ces idiots ont fait… »

« Il avait raison : le processus de sélection des immigrants au Canada en provenance des pays arabes est soudainement devenu plus exigeant et ça nous a pris quatre ans d'incertitude avant de savoir qu'on était enfin accepté… »


AU-DESSUS DES DÉCOMBRES

Carine Bourdua : « J'étais au travail dans le centre-ville de Montréal. Je n'avais pas accès à Internet, ni à la télévision, ni à la radio. C'est une ancienne amie de collège, en plein délire paranoïaque, qui m'a appris la triste nouvelle. Il faut dire qu’elle travaillait à l'époque au World Trade Center de Montréal…

« Nous avions elle et moi prévu depuis des mois de partir à Cuba. Elle disait: " Cuba va s'allier avec Al-Qaïda et il y aura bientôt une autre guerre mondiale. Si on y va, on va se faire enlever… "

« En route vers Cuba, l'avion est passé au-dessus de Manhattan. Il y avait quelques nuages, mais on voyait très bien une épaisse fumée qui sortait encore des décombres. D'être aussi proche de cet endroit, de voir, même d'aussi haut, ce lieu de désolation m’a bouleversée.

« J'ai commencé à pleurer en silence. Mon amie s'est jetée sur mon hublot afin de photographier la scène du crime. Elle m'a écœurée.

« J'ai continué à pleurer le reste du trajet, le nez dans le hublot pour ne pas qu'on me pose de question… »


« UNE JOIE FÉROCE »

Et finalement, il y a ce courriel de Hugo Fréchette, un témoignage extrêmement franc, honnête et — j’ose le dire, au risque d’en choquer quelques-uns — courageux, qui montre à quel point cette journée était chaotique, bordélique.

« Bonjour monsieur Martineau. Je crains de ne pas aller dans le même sens que la plupart de vos lecteurs...

« Le 11 septembre 2001, j’avais 24 ans, je sortais à peine de l'université et j'étais encore pénétré de ce romantisme révolutionnaire mal informé qui nous transporte d'enthousiasme sans que nous ressentions le besoin d'y penser à deux fois.

« Ce matin-là, entre 9 h et 10 h, j’ai fait un appel et on m’a mis en attente. Dans le combiné, au lieu d'entendre la musique d'une radio quelconque, j'entendais la voix d'un animateur effrayé qui racontait ce qui se passait.

« Vous voulez savoir ce que je me suis dit ? Je me suis dit : " Ça y est, c'est commencé, l'heure de la revanche à sonné! Tant pis pour leur gueule, il l'ont bien cherché et bien mérité! "

« La description plutôt affolée de l'animateur me remplissait d’une joie féroce. Pour la première fois, le peuple américain allait connaître les affres de la destruction et de la souffrance. Eux qui économiquement et militairement faisaient la pluie et le beau temps un peu partout sur la planète avaient maintenant peur. Bref, j’ai passé une excellente journée.

« Puis arriva le soir. Voir ces tours imploser avec tous ces pompiers et ces travailleurs pris comme des rats, ces malheureux qui se jetaient par les fenêtres pour éviter de griller vif, toutes ces images m’ont horrifié, révulsé. Ça m'a appris que la fin ne justifie jamais les moyens.

« Je me suis rendu compte que je contemplais le produit de la haine de terroristes rendus fous par l'extrémisme religieux, et non la colère légitime d'opprimés.

« J’ai donc passé une soirée horrible. D'autant plus horrible que j'avais passé une excellente journée...

« Dix ans plus tard, je ne suis plus ce jeune fat, prompt à conclure péremptoirement, et du "haut" de mes 34 ans, je me sens encore bien jeune et bien ignorant… »


LA CICATRICE

Merci beaucoup pour vos témoignages émouvants.

Dix ans plus tard, quelle leçon avons-nous tirée de cet événement ? Sommes-nous plus sages ?

J’ai bien peur que non…



Permalink 21:50 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 634 mots  

Votre 11 septembre

Beaucoup de lecteurs m’ont écrit pour me dire où ils étaient le 11 septembre 2001. Aujourd’hui et demain, je publierai les courriels qui me semblent les plus intéressants, les plus touchants ou les plus représentatifs du climat qui régnait en ce jour fatidique.


QUATRE JOURS AU SOL

Louise Thériault : « Je travaillais comme agent de bord. Basée à New York depuis 1997, j'étais partie la veille pour trois jours de travail.

« Dans ma chambre du Holiday Inn de Denver, j'ai été réveillée par le téléphone. Mon conjoint, un capitaine de Airbus, m'annonça que notre vie ne serait plus jamais la même. Je ne comprenais pas ce qu'il racontait.

« J’ai allumé la télé et j'ai compris. Je me suis précipitée au lobby de l'hôtel. Là, se trouvait 18 membres d'équipage de ma compagnie, tous en pleurs, les yeux rivés sur le téléviseur.

« En leur compagnie, j'ai passé les quatre jours suivants à pleurer, à boire et à prier, recevant au compte goutte les noms de nos collègues morts dans cette tragédie.

« La vie n'a plus jamais été la même par la suite. J'ai quitté l'aviation et mon pilote, et suis revenue au Québec. Ce jour est à jamais gravé dans ma mémoire. En écrivant ces mots, même 10 ans plus tard, je suis émue aux larmes... »


SPORT ET MUSIQUE

Denis Truchon : « Je travaillais comme gérant dans une Cage aux Sports. Quand c’est arrivé, je dormais, et c’est ma femme qui m’a réveillé en état de panique, en disant que la guerre venait d’être déclarée.

« Ce jour-là, le resto était plein. Pour la première fois, on ne regardait pas un match sportif sur les écrans géants, mais les infos, et en silence, en plus.

« Je n’oublierais jamais cette journée. Mon fils de cinq mois a dormi avec nous toute la semaine. C’est comme si les Japonais avaient attaqué Pearl Harbour en direct. »

Éric Farran : « Je suis musicien et mon groupe devait jouer le soir même au Bistro à Jojo. On ne savait pas si on devait présenter notre spectacle ou l’annuler. Finalement, on s’est pointé.

« Il y avait une ambiance très sombre dans le bar. Je me sentais inconfortable de chanter du rock'n'roll, J'ai commencé en lisant un mot qu’un ami malade avait écrit alors qu’il était sur son lit de mort, à l’effet qu’il fallait continuer, même si la vie nous mettait parfois les bâtons dans les roues. Puis on a commencé à jouer sous des applaudissements polis. C'était comme si on se sentait tous coupables d’avoir du plaisir…

« Depuis ce temps, mes yeux sont rivés sur l'Égypte, la Libye, la Syrie, je suis tout ce qui se passe dans ces pays… »


« COUPE-TOI LE DOIGT ! »

Nicolas Montmorency : « À l'époque, je demeurais chez mon père. La veille, j’avais pris un verre et m'étais couché tard.

« La femme de mon père est habituellement calme. Mais ce matin-là, elle était hystérique. Elle m’a réveillé en criant qu’on venait de lancer des missiles sur New York, et qu’il fallait que je me coupe un doigt sinon on allait m’envoyer à la guerre…

« Encore sous l’effet de l'alcool, je croyais à une blague. J’ai ouvert la télé, et je suis resté collé devant pendant 10 heures, sans boire, ni manger, ni aller aux toilettes, complètement estomaqué.

« Je sais que certains trouveront que c'est déplacé, mais ma première réaction fut de me dire que les Américains l'avait bien cherché.

Ce jour-là, j’ai fait comme l’Amérique : j’ai perdu mon innocence… »




8 Septembre 2011

Permalink 12:24 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 575 mots  

Un lapin dans le ciel

S’il y a un réflexe qui est humain, c’est le besoin d’insuffler un sens au chaos.

Notre cerveau fonctionne comme ça. C’est une formidable machine qui ne sert qu’à une seule et unique chose : créer du sens.

Par le langage ou par les chiffres.


COMPRENDRE L’IMMENSITÉ

Prenez un enfant, couchez-le sur le dos dans un champ et dites-lui de fixer un nuage dans le ciel. Tout de suite il verra un lapin, un visage, un bonhomme.

C’est ce qu’on a fait avec les étoiles : on les a reliées par des lignes imaginaires, et les a regroupées dans des constellations — la casserole, le scorpion, le centaure…

Ça nous permet de « comprendre » l’immensité, d’appréhender l’infini, de calmer nos angoisses et d’insérer notre pauvre petit destin dans un casse-tête immense qui nous dépasse et nous englobe.

Voici pourquoi les théories du complot sont si populaires : parce que l’homme est un être logique, et que la logique ne veut rien savoir du hasard, du chaos, des coïncidences.

Il faut toujours qu’elle trouve un sens, coûte que coûte, fût-il complètement tiré par les cheveux.


PILULE ROUGE OU BLEUE

Voilà pourquoi The Matrix a tellement touché les gens.

Qui n’a pas eu la sensation, une fois dans sa vie, que tout ce qu’on appelle la réalité est en fait un rêve que nous nous projetons dans notre tête ?

Tous les êtres humains qui ont foulé la Terre ont pensé à ça.

Pourquoi on a inventé Dieu ? Parce que l’idée d’un univers illogique sans direction ni sens ni contour moral nous est insoutenable.

Idem pour les romans policiers : quoi de plus réconfortant qu’un monde où les coupables finissent toujours par être punis, et où les mystères sont toujours résolus ?

« Monsieur X a été retrouvé mort dans une chambre vide barrée de l’intérieur ? Pas de problème : il a été tué par le colonel Moutarde avec un chandelier.

« Ne craignez rien, il y a toujours une explication. »


UNE ILLUMINATION

Après l’effondrement des tours du World Trade Center, il y a dix ans, il était tout à fait naturel que les théories du complot envahissent le Net.

C’est la nature humaine. « Ce qu’on voit est une illusion, la vérité est ailleurs… »

« The truth is out there », comme disait la série The X-Files.

Derrière le brouillard qu’on appelle la réalité, mais qui n’est qu’en sorte qu’un tissu de mensonges, de faux-semblants.

« Pour les adeptes de la théorie complotiste, le sens de la politique mondiale est un sens caché, auquel seul peuvent accéder les esprits éclairés, écrit l’historien Pierre-André Taguieff dans La foire aux illuminés, un essai lumineux paru en 2005.

« Ce précieux savoir ne peut être transmis que par une forme d’initiation, aboutissant à une illumination : on croit alors comprendre tout, d’un coup.

« Pour connaître la réalité occulte, il faut donc commencer par décrypter les apparences… »


VÉRITÉS ET MENSONGES

Et puis, vous savez pourquoi les théories du complot sur le 11 septembre sont si populaires ?

Parce que le pouvoir, parfois, nous ment.

S’il nous a menti sur tel et tel sujet par le passé, pourquoi ne mentirait-il pas là-dessus ?



7 Septembre 2011

Permalink 06:31 am, Richard Martineau / Franc-parler, 587 mots  

Dieu n'aime pas la critique

C’est ce soir que se tiendra, au Palais des congrès de Montréal, la « Conférence mondiale sur les religions après le 11 septembre », une sorte de gros pow-wow international destiné à prouver au monde entier que la religion, loin d’être une source de conflits et de guerre, est — comme le Moyen-Orient ne cesse de nous le prouver jour après jour avec ses missiles, ses roquettes et ses attentats sanglants — un extraordinaire moteur de paix, de sérénité et de prospérité.


L’INTÉGRISTE VOILÉ

Au programme de ce jamboree mystique : une « présentation magistrale de sa sainteté le dalaï lama » (c’est l’expression grandiloquente utilisée dans le programme officiel de l’événement) et une conférence de Tariq Ramadan, un islamiste radical qui se fait passer pour un musulman modéré.

(Pour ceux qui ne connaissent pas l’idéologie rétrograde et dangereuse de Ramadan, l’homme s’est prononcé contre les piscines mixtes et a déjà dit que les intégristes musulmans devraient se réunir pour se demander s’ils devaient oui ou non continuer de lapider les femmes adultères… Comme si la question se posait !)

Les participants vont aussi discuter des différentes propositions contenues dans la « Déclaration universelle des droits de la personne par les religions du monde ».


CRITIQUE INTERDITE

Ce dernier point est extrêmement intéressant…

Car que dit l’article 12 de cette fameuse Déclaration universelle ?

« Chacun a le droit que sa religion ne soit pas dénigrée dans les médias ou dans les maisons d’enseignement. »

C’est EXACTEMENT le projet de résolution que l’Organisation de la conférence islamique, un organisme extrémiste, a fait adopter par l’ONU en novembre 2008.

Selon cette proposition, il serait interdit de reprocher quoi que ce soit aux religions. Pas de caricatures, pas de parodies humoristiques, pas de blagues, pas de regard critique, rien.

Le moindre petit bémol serait considéré comme un blasphème grave, un appel à la haine et une atteinte à la liberté de culte.

Les Musulmans intégristes obligent des jeunes filles de six ans à porter le voile ?

Bof, c’est leur culture, on ne peut rien dire…

Des extrémistes catholiques harcèlent les homosexuels ?

Bof, ce sont leurs croyances, on ne peut pas les juger…

Bref, les religions deviendraient carrément intouchables.


BIENTÔT, UNE LOI ?

Vous me direz que je panique pour rien, que ce ne sont que des mots sur papier, une déclaration abstraite qui ne veut rien dire et qui n’aura aucun poids.

Détrompez-vous…

Cette résolution visant à interdire TOUTE critique de la religion est le nouvel outil qu’ont trouvé les extrémistes musulmans pour faire taire leurs détracteurs.

Ils la brandissent à toutes les conférences internationales.

Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU l’a même adoptée le 12 avril dernier, il y a cinq mois !

Pire : en juillet dernier, à Istanbul, la Secrétaire d’État Hilary Clinton a rencontré l’Organisation de coopération islamique afin que cette résolution contre la diffamation des religions ait des bases légales et devienne une loi effective dans les pays signataires de la Déclaration des droits de l’Homme !!!!


SILENCE COMPLET

On est en train de s’en faire passer une p’tite vite, les amis…

Bientôt, on ne pourra plus RIEN dire contre les religions.

J’en connais qui vont rire dans leur barbe…



6 Septembre 2011

Permalink 15:45 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 16 mots  

Question quiz

L'Iran a pendu trois homosexuels...

Amir Khadir va-t-il aller manifester devant l'ambassade de son pays d'origine?





Permalink 15:37 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 189 mots  

Normandeau et la machine à rumeurs

Nathalie Normandeau, numéro deux du PLQ et femme de confiance de Jean Charest, démissionne.

Raisons qu'elle va évoquer lors de sa conférence de presse prévue pour 16 h 30: être plus près de sa famille.

C'est le grand classique...

Sent-elle le vent tourner? Préfère-t-elle quitter le navire libéral avant qu'il ne sombre, emporté par la tornade Legault?

Ça pèse probablement dans la balance...

Quand on a été ministre, difficile de redevenir simple députée d'opposition...

Rappelons que l'ami de coeur de madame Normandeau est Yvan Delorme, ex-chef du SPVM (qui entretenait des liens étroits avec le patron de l'agence de sécurité BCIA)...

BCIA qui avait fourni une carte de crédit au ministre Tomassi, BCIA qui a obtenu des contrats avec la police de Montréal grâce aux relations que le patron de la firme entretenait avec l'ex-chef du SPVM, l'ex-chef du SPVM qui sort avec Nathalie Normandeau, l'ex-chef de police qui démissionne, Nathalie Normandeau qui démissionne à son tour...

Tout ça donne mal à la tête, non?

La machine à rumeurs va se faire aller, c'est sûr...












Permalink 06:26 am, Richard Martineau / Franc-parler, 592 mots  

Comment pelleter des nuages

Vous croyez que le PQ sodomise les coléoptères lorsqu’il est question de souveraineté ?

Vous devriez lire ce que le Nouveau Mouvement pour le Québec préconise.

Ça fait passer le parti de madame Marois pour un exemple de clarté…


UNE NOUVELLE CONSTITUTION

Selon Jocelyn Dupuis, le fondateur du NMQ, la meilleure façon de réaliser l’indépendance du Québec est de mettre sur pied une « assemblée constituante » formée de divers citoyens représentant la population civile.

Ces citoyens triés sur le volet auraient le mandat de rédiger une constitution québécoise, qui serait soumise à l’Assemblée Nationale.

L’Assemblée adopterait cette constitution, et « à un moment donné, comme l’a candidement expliqué monsieur Dupuis, on déciderait que la constitution québécoise prime sur la constitution canadienne » et le Québec deviendrait automatiquement un pays…

Simple comme bonjour, non ?

Bon, je ne sais pas qui est « on ». Et j’ignore si la nouvelle constitution sera soumise au peuple dans le cadre d’un référendum démocratique en bonne et due forme, mais, bof, rendu à ce niveau de pelletage de nuages, pourquoi s’enfarger dans les fleurs du tapis et chipoter sur un ou deux détails, hein ?

Tripons, les amis.

Fumons et planons.


ASTÉRIX ET CLÉOPÂTRE

Il y a eu l’indépendance, la souveraineté-association, le beau risque, la cage aux homards, le référendum, l’élection référendaire, le bon gouvernement, la gouvernance souverainiste… Et il y a maintenant la rédaction d’une constitution par une assemblée constituante.

Toutes des façons différentes de vendre le même projet.

Ça me fait penser à Astérix et Cléopâtre. Vous vous rappelez ?

Panoramix le druide décide de donner de la potion magique à TOUS les habitants du village gaulois.

Tout heureux de pouvoir enfin goûter l’élixir du druide, Obélix se pointe à la marmite, mais on refuse de le servir parce qu’il est tombé dans la potion quand il était petit.

Alors Obélix grogne, sort de la file en maugréant… pour se repointer quelques minutes plus tard avec une coiffure égyptienne sur la tête.

Comme si Panoramix n’allait pas le reconnaître !


LES PATATES

Eh bien, c’est la même chose avec la souveraineté.

« Voulez-vous que le Québec devienne un pays ?

— Non.

— Voulez-vous que le Québec devienne un pays et s’associe au reste du Canada ?

— Non.

— Voulez-vous que le Québec rapatrie des pouvoirs jusqu’à ce qu’il devienne un pays ?

— Non. »

Ça va prendre combien de refus pour qu’on se rende compte que ce n’est pas la façon dont on pose la question qui fait problème, mais la question elle-même ?

Si tu n’aimes pas les patates, tu vas dire « Non merci » chaque fois qu’on va te proposer de manger des patates, que celles-ci soient pilées, rôties, frites, bouillies ou en robe de chambre…


DES VOEUX PIEUX

Et puis entre vous et moi, « mettre sur pied une assemblée constituante »…

Vous pensez vraiment que ça va faire frémir Monsieur et Madame Tout-le-monde ?

Et qu’est-ce qu’on va mettre dans cette constitution ? Un ramassis de vœux pieux et de promesses creuses — un médecin pour tous, une éducation solide pour tout le monde, blablabla ?

Peut-on s’attaquer aux VRAIS problèmes avant de se demander quel outil on devrait choisir pour pelleter des nuages ?



5 Septembre 2011

Permalink 13:51 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 231 mots  

Attention, le NMQ s'en vient!

Le Nouveau Mouvement pour le Québec a dévoilé sa stratégie...



Le NMQ envisage l’indépendance du Québec par le biais d’une constitution québécoise. Le mouvement propose la création d’une assemblée constituante formée de représentants des citoyens. Ceux-ci collaboreraient à la rédaction d’une constitution qui, par la suite, serait adoptée par l’Assemblée nationale.

À un moment, on déciderait que la constitution québécoise prime sur la constitution canadienne.




Bien tiens, ça tombe sous le sens...

Non, mais faut-il qu'ils soient complètement déconnectés...

"Une assemblée constituante formée de représentants de citoyens..."

Qui va se retrouver là, selon vous?

Des porte-parole de groupes obscurs qui prétendent parler au nom de tous les citoyens du Québec alors qu'ils ne représentent que 22 personnes...

Croyez-vous que les citoyens ordinaires ont le temps de se lancer dans de telles opérations d'entubage de mouches?

Quand le peuple va vouloir que le Québec se sépare du Canada, ne craignez rien, ça va se savoir...

On n'aura pas besoin "d'assemblées constituantes qui vont rédiger une constitution qui sera adoptée par l'Assemblée"...

Et en passant... cette constitution sera-t-elle soumise au peuple via un référendum, ou sera-t-elle appliquée automatiquement par le gouvernement?

Une question, comme ça...



Permalink 06:42 am, Richard Martineau / Franc-parler, 580 mots  

À quand un printemps des syndicats?

Il n’y a pas que les partis politiques qui en prennent plein la gueule, ces temps-ci. Les syndicats aussi.

Selon le sondage de l’association Infotravail que nous publions aujourd’hui, 85 % des travailleurs non syndiqués ne sont pas intéressés à le devenir, 54,4 % de ceux qui sont syndiqués affirment qu’ils préféreraient ne pas l’être s’ils en avaient le choix.

Et 72 % des gens estiment que les travailleurs devraient avoir le droit de franchir une ligne de piquetage pour manifester leur désaccord envers leur syndicat.

C’est ce qu’on appelle un message clair…


DE GROSSES MACHINES SANS ÂME

Avant, les syndicats étaient perçus comme des organismes qui défendaient l’ensemble des citoyens.

Aujourd’hui, les centrales syndicales (qui font beaucoup d’argent et logent dans de grosses tours) sont perçues comme des machines sans âme, des institutions opaques prêtes à tout pour défendre LEURS intérêts.

Prenez le chauffeur d’autobus de l’Outaouais qui a mis la sécurité de ses passagers en danger en rédigeant un rapport pendant qu’il conduisait. Quand la Société de transport de l’Outaouais lui a imposé une mesure disciplinaire pour le punir et s’assurer qu’il ne recommence plus, son syndicat l’a défendu !

Pire : le syndicat a demandé à la STO de modifier son règlement concernant l’utilisation des téléphones cellulaires dans les autobus afin de s’assurer qu’à l’avenir, aucun passager ne puisse filmer les chauffeurs fautifs qui font des mots croisés en conduisant !

C’est-y assez fort ?


LE MONDE A CHANGÉ

Les centrales syndicales se comportent comme si on était encore dans les années 70. Or, le monde a changé.

Terminée, l’époque où les syndicats — comme les partis politiques, les organismes publics et les gouvernements — agissaient comme s’ils n’avaient de compte à rendre à personne.

Aujourd’hui, les citoyens veulent de la transparence.

Les syndicats n’ont rien à se reprocher ?

Alors qu’ils divulguent régulièrement leur situation financière, qu’ils cessent d’investir les cotisations de leurs membres dans toutes sortes de causes et d’organismes sans leur en demander la permission, et, surtout, qu’ils permettent le scrutin SECRET lors des votes portant sur la création ou la dissolution d’un syndicat.

S’ils refusent d’adopter ces mesures simples qui tombent sous le sens, c’est qu’ils ont des choses à cacher, c’est tout.


À LEUR SERVICE

Savez-vous pourquoi les gens sont cyniques envers la politique ?

Parce qu’ils ont l’impression que les partis font les choses à l’envers : ils demandent aux citoyens d’être à leur service au lieu d’être au service des citoyens.

Eh bien, même chose pour le syndicalisme.

Les travailleurs ont de plus en plus envie de dire aux grandes centrales syndicales : « Contrairement à ce que vous croyez, ce n’est pas vous qui nous menez, c’est nous qui vous menons ! Alors écoutez-nous ! Nous en avons ras le bol de cette culture du silence et du secret, on veut avoir notre mot à dire sur la façon dont vous faites les choses, sinon on va sacrer notre camp… »


LIBERTÉ PERDUE

Le citoyen du XXIe siècle est écoeuré de crouler sous les structures, les machines et les institutions. Il veut retrouver son autonomie et sa liberté perdues.

De deux choses l’une : ou les syndicats prendront le virage nécessaire. Ou ils s’écrouleront…



4 Septembre 2011

Permalink 08:11 am, Richard Martineau / Franc-parler, 564 mots  

Drôle de gauche

Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais je ne me lasse pas de lire des textes sur l’affaire DSK.

Cette histoire est digne des meilleurs téléromans. On ne pourrait pas inventer une intrigue avec plus d’angles.

Imaginez… Un homme, une femme. Un blanc, une noire. Un millionnaire, une femme de chambre. Un homme de pouvoir et de culture, une immigrante illettrée.

Il y a tellement de poignées, dans cette affaire-là, qu’on ne sait pas par quel bout la prendre.


LA PUISSANCE DE L’ARGENT

Mais ce qui m’ébranle le plus est de voir un candidat à la chefferie du Parti Socialiste (donc, un homme qui a supposément le sort des démunis à cœur) dépenser des gonzillions de dollars, utiliser tous ses contacts haut placés et envoyer une armée d’avocats et de détectives dans un petit pays d’Afrique pour détruire la crédibilité d’une femme de chambre sans moyen.

C’est ça, la vision de DSK d’une « justice humaine et égalitaire » ? Drôle de gauche !

Comme l’écrivait fort justement le philosophe Luc Ferry dans Le Figaro le 26 mai dernier, il était particulièrement surprenant (pour ne pas dire : dégoûtant) de voir les bonzes de la gauche (toujours prêts à sauver la veuve et l’orphelin) défendre passionnément la présomption d’innocence d’un des hommes les plus puissants de la planète, et traiter sa présumée victime de menteuse !

Cette pauvre immigrante sans le sou n’avait-elle pas droit elle aussi à la présomption d’innocence ? N’avait-elle pas le droit à un peu de compassion de la part des ténors du Parti Socialiste ?


LIBERTÉ, ÉGALITÉ, FRATERNITÉ ?

« L’image de ces hommes, puissants parmi les puissants, se liguant contre une petite femme de service est-elle bien convenable ? demandait Ferry. Est-ce vraiment là une stratégie digne d’un homme qui se veut de gauche ? »

C’est grâce à la fortune de son épouse que DSK a pu sortir de prison. Il a dû payer une caution de six millions de dollars, louer un appartement luxueux à New York, s’entourer de gardes du corps et regrouper une armée d’avocats payés 200 000 euros par mois.

Et pendant ce temps, que fait la gauche, en France ?

Elle condamne le « règne du fric et du bling-bling » de la droite et pourfend la société à deux vitesses qui ne profite qu’aux riches !

Gardez-vous une petite gêne, les amis…

Comme le chante Philippe Katerine : « Liberté mon cul, égalité mon cul, fraternité mon cul ! »


UN ACTE ANTISÉMITE ?

Parlant de DSK : toujours dans Le Figaro, mardi, on a pu lire que Sarcelles, une banlieue parisienne qui a déjà élu DSK comme maire, s’apprêtait à organiser un gros pow-wow pour célébrer le retour de son fils prodigue.

« Nous sommes très émus par ce qui est arrivé à DSK, a raconté le responsable du Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme à la journaliste. Sur 100 familles de la communauté juive, 99 au moins ont allumé des bougies pour Dominique… »

Comme si DSK (qui est juif) avait été victime d’un acte antisémite commis par une femme de chambre musulmane !!!

Si ce n’est pas de l’aveuglement communautariste, je ne sais pas ce que c’est…



1er Septembre 2011

Permalink 13:57 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 79 mots  

Dix ans déjà

Bientôt, le monde entier soulignera le dixième « anniversaire » des événements du 11 septembre.

J’aimerais savoir où vous étiez lorsque vous avez appris la nouvelle.

Moi, après une journée à regarder les images des tours à la télé dans les bureaux du journal Voir, je suis rentré chez moi, j’ai pris mes filles dans mes bras et j’ai fondu en larmes…

Écrivez-moi, je publierai vos histoires dans Le Journal au cours des prochains jours…



Permalink 13:56 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 503 mots  

La troisième voie

Vous avez le la dernière sur la Chine ?

Afin de protéger le peuple chinois des mauvaises influences de certains artistes qui, selon les vieux séniles du Parti communiste, « portent préjudice à la sécurité culturelle de l’État », le gouvernement a interdit près de 300 chansons pop.


À BAS LADY GAGA !

C’est ainsi que Lady Gaga, Katy Perry, Beyoncé, les Montréalais Simple Plan et même les très inoffensifs Backstreet Boys (!) sont passés sous le couperet de la censure.

Non seulement les chansons visées (qui ne véhiculent aucun message politique) ne pourront plus passer à la radio, mais elles seront aussi retirées des sites en ligne chinois.

Bref, la Chine a beau construire des gratte-ciel hallucinants capables de rivaliser avec ceux de Dubaï et de Manhattan, et avoir l’une des économies les plus performantes au monde, elle n’a pas encore pris le virage de la modernité.

Comme on dit, on a peut-être sorti le pays du communisme, mais on n’a pas sorti le communisme du pays.


LIBERTÉ ET RICHESSE

Ce qui se passe actuellement en Chine pose une question intéressante.

Pendant des années, les économistes et les politologues ont dit que la liberté, la démocratie et la croissance économique allaient de pair.

Plus un pays accordait de la liberté à ses citoyens, plus son économie performait.

« Vous voulez avoir une économie forte ? clamaient les adeptes de cette doctrine. Ouvrez vos frontières, permettez la libre circulation des idées et suivez la route lumineuse de la démocratie : votre pays deviendra riche. C’est aussi simple que ça. »

Or, la Chine est en train de démolir ce crédo.

Les communistes chinois ont prouvé qu’on pouvait à la fois avoir une économie dynamique (l’une des plus dynamiques au monde sinon LA plus dynamique), et garder ses citoyens en laisse.

C’est ce qu’on appelle la fameuse « troisième voie » chinoise. Ni le capitalisme américain ouvert à tous les vents, ni le communisme nord-coréen refermé sur lui-même.

Juste un « savant » mélange des deux.

Un peu de Mao, un peu de Warren Buffet, et chazam !


LE DÉCLIN DE L’EMPIRE

C’est une sacrée leçon d’humilité pour les démocraties occidentales, qui ont toujours cru être en possession de la formule magique pour créer automatiquement de la richesse.

J’imagine que certains entrepreneurs américains sont verts de jalousie et aimeraient bien que leur gouvernement adopte les méthodes chinoises, où l’État et le secteur privé se grattent réciproquement le dos, et où les citoyens sont formés dès le plus jeune âge pour être de bons travailleurs, dociles et obéissants.

Les spécialistes de politique internationale affirment que nous assistons présentement au déclin de l’empire américain et aux derniers soubresauts du capitalisme à l’occidentale.

C’est peut-être vrai.

Cachez vos vieux de CD des Backstreet Boys, on ne sait jamais…



Permalink 13:47 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 66 mots  

La petite Reine

Tiens donc, l'amie des pauvre et des déshérités se la coulait douce avec l'argent du gouvernement.

Comme je suis surpris!

Méfiez-vous des gens qui ne cessent de clamer haut et fort leur compassion pour les démunis.

Souvent, leurs paroles servent d'écran pour masquer une réalité moins honorable...

Comme s'ils essayaient de se convaincre eux-même de leur grande humanité...





Permalink 01:30 am, Richard Martineau / Franc-parler, 11 mots  

Bientôt sur vos écrans?

Un lecteur, Guy Perkins, m'a envoyé ce montage qu'il a produit...


DSK


Permalink 01:06 am, Richard Martineau / Franc-parler, 3 mots  

Montréal tombe en morceaux, 35e partie