12 Octobre 2011

Permalink 14:57 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 46 mots  

Petite plogue

Ce soir, aux Francs-Tireurs (T-Q, 21 hres), un de mes meilleurs reportages à vie : une visite des catacombes "interdites" de Paris.

Des partys illégaux organisés dans des grottes situées à 200 pieds sous terre.

Vous avez dit "underground"?

Paris comme vous ne l'avez (peut-être) jamais vue...





Permalink 14:49 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 610 mots  

Charest a raison

« On veut une commission d’enquête ! », « On est écoeuré du manque d’écoute de Charest ! », « Il faut en finir avec la corruption ! »

Ça fait des mois que j’entends les gens crier ces slogans à la radio et à la télé.

Or, samedi dernier, une manifestation a été organisée pour la tenue d’une commission d’enquête publique sur la construction.

Combien de gens étaient présents ?

Une centaine, tout au plus.


ASSIS SUR NOTRE STEAK

Hier, je vantais les vertus des milliers d’Américains qui, à New York, à Los Angeles et à Chicago, se sont levés de leur Lazy-Boy pour manifester contre les dérives du capitalisme spéculatif.

« Ces gens-là ne savent pas vraiment ce qu’il faut faire pour réformer le système, mais ils en ont ras le bol de se faire fourrer et ils veulent que ça change », écrivais-je.
Eh bien, il semble qu’au Québec, nous n’avons pas encore atteint ce degré d’écoeurement et d’indignation.

On chiale, on chiale, mais quand c’est le temps de bouger, on ne fait rien.

Fait trop beau, fait trop mauvais, on travaille la semaine, on se repose le week-end — on a toujours une bonne raison pour rester assis sur notre steak.

Comme le chantait Ferland :

« On pique des colères, on gueule à grands coups / Mais par en arrière, par en dessous, on est pissou / Maudit qu’on critique, maudit qu’on rouspète / La buée dans les barniques, la boue dans l’toupet / Mais par en arrière, on prend son trou… »


LE SENS DES PRIORITÉS

Finalement, Jean Charest a raison de ne pas mettre sur pied de commission d’enquête publique.

Les Québécois n’en veulent pas vraiment. Si on en voulait, si ça nous tenait vraiment à coeur, on serait des centaines de milliers dans la rue à la réclamer. On brandirait des balais, des pancartes…

Mais non. On préfère marcher pour le retour des Nordiques. Ça, c’est important !

Voulez-vous me dire pourquoi Jean Charest mettrait sa tête sur le billot pour sauver l’honneur d’un peuple qui adore se faire fourrer ?

Je comprends le premier ministre de rester tranquillement les bras croisés devant ces scandales qui s’accumulent. Non seulement je le comprends, mais je l’appuie.

Nous ne méritons pas une commission d’enquête. Nous méritons de macérer dans notre merde jusqu’à ce que l’odeur nous étouffe.


DANS L’Q

Les Québécois s’en remettent toujours à l’État pour régler leurs problèmes.

« Prenez soin de nos vieux, prenez soin de nos jeunes, prenez soin de notre santé, prenez soin de notre culture, prenez soin de notre langue ! »

Alors quand c’est l’État, le problème, on ne sait plus quoi faire, on est pris au dépourvu.

On se tourne vers le PQ, l’ADQ, la CCQ, n’importe quoi qui finit par Q !

« Manifestez pour nous, revendiquez à notre place, criez en notre nom… »

Nous ne comprenons pas que NOUS sommes responsables de NOTRE avenir.

Si nous ne bougeons pas, si nous ne faisons pas clairement comprendre au gouvernement que nous sommes en colère, rien ne va changer.

Jean Charest n’a pas peur des journalistes, des militants professionnels ou de l’opposition.

Il a peur du peuple.

Quand allons-nous sortir nos griffes ?


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À ceux qui me demandent si j'ai participé à la manif: non. Éthiquement parlant, les journalistes ne peuvent participer à ce genre d'événements... Mais je parle de ce sujet régulièrement. C'est MA façon de mettre l'épaule à la roue...