18 Octobre 2011Le vrai BatmanUn site consacré à des "gars ordinaires" (des plombiers, des caissiers, des pompiers...) qui, le soir, se déguisent en super héros et "combattent le crime"... Il y en aurait plus de 600 à travers le monde, dit-on... Un peu étrange, non? D'un côté, je trouve ça noble, d'un autre, j'ai le goût de dire: GET A LIFE! Les monstres
Le texte percutant de Sarah-Maude Lefebvre sur la violence à l’école, dans lequel on apprenait que des centaines de professeurs se font menacer et insulter chaque année, a fait beaucoup parler, hier, et avec raison.
Il brossait un portrait hallucinant de notre système scolaire. Cela dit, entre vous et moi, êtes-vous vraiment surpris ? MAUDITS FONCTIONNAIRES L’école ne vit pas en vase clos, c’est un reflet de la société. Or, s’il y a une valeur qui a piqué du nez au cours des dernières années, c’est le respect de l’autorité. Ajoutez à ça le culte de l’enfant roi, qui nous amène à traiter chaque bambin comme s’il était le centre du monde ; la désaffection des parents qui pellettent leurs responsabilités dans la cour de l’État et la vulgarité de la culture populaire actuelle, qui multiplie les « Fuck you » et les « Fuck Off », et vous vous retrouvez avec une horde de p’tits baveux. Avant, quand on croisait un enseignant, on l’appelait « Monsieur » et on le saluait bien bas. Aujourd’hui, on dit que c’est un maudit fonctionnaire qui se plaint pour rien et qui se poigne le beigne deux mois par année. Comment voulez-vous que les enfants respectent leurs profs, avec un tel discours ? LE CLIENT A TOUJOURS RAISON À force de répéter que les fonctionnaires sont des serviteurs payés avec NOS taxes, on a fini par développer une mentalité de client. L’école n’est plus perçue comme une extension de la maison, mais comme un commerce qui procure des services. « Je paie pour envoyer mon enfant à l’école et je veux en avoir pour mon argent. » Pas : je veux que mon enfant ait une éducation de qualité, je veux qu’il connaisse plus de choses que moi, je veux qu’il soit allumé, curieux, cultivé. Mais : je veux qu’il ait un diplôme. Arrangez-vous comme vous le voulez, abaissez les standards s’il le faut, mais assurez-vous qu’à la fin de secondaire, MON enfant aura un diplôme qui lui permettra de se trouver un boulot. C’est tout ce qui compte, maintenant : le papier. LA « VRAIE » RICHESSE La bonne nouvelle est que le Québec ne se distingue pas : c’est partout pareil. En France, en décembre 2005, une jeune professeur d’arts plastiques s’est faite poignarder à sept reprises dans sa classe parce qu’elle demandé à l’un de ses étudiants de retirer son blouson. Onze jours avant de se faire agresser, elle s’était faite insulter par ses élèves. « En un seul vol, on fait plus que ton minable salaire mensuel », lui a-t-on lancé avec mépris. Bref, cette prof n’était pas respectable parce qu’elle ne gagnait pas beaucoup d’argent. À quoi s’attendre d’autre quand on vit dans une société qui ne cesse d’associer réussite et richesse ? On vit dans une société qui ne cesse de promettre « tout, tout de suite ». Et après, on se demande pourquoi les jeunes ont perdu la notion d’effort… LA VRAIE QUESTION Comme le disait Jaime Semprun, le fils du grand écrivain Jorge Semprun : la question la plus inquiétante n’est pas « Quel monde allons-nous laisser à nos enfants ? » mais « À quels enfants allons-nous laisser le monde ? »
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Richard Martineau est chroniqueur au Journal de Montréal.
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