30 Novembre 2011Le devoir de punir
Avant-hier, dans sa chronique, Isabelle Maréchal disait qu’elle ne comprenait pas pourquoi autant de commentateurs tiraient à boulets rouges sur le sénateur Pierre-Hugues Boisvenu.
« On assiste à une campagne de salissage que je ne m'explique pas, écrivait-elle. Si on avait de la mémoire et qu'on dénigrait un peu moins systématiquement ce que fait Ottawa, on trouverait au contraire que Pierre-Hugues Boisvenu est le meilleur porte-parole que la justice puisse avoir. » UN THÈME DE DROITE ? Si vous partagez l’avis d’Isabelle Maréchal, je vous conseille fortement de lire l’ouvrage lumineux d’Hervé Algalarrondo, Sécurité : la gauche contre le peuple, qui est paru en 2002 chez Robert Laffont. Journaliste au Nouvel Observateur, un hebdomadaire d’information de centre-gauche, Algalarrondo affirme que rayon justice, la gauche est complètement déconnectée du peuple. Elle mise sur la réhabilitation alors que le peuple, lui, demande des peines plus sévères. « Privilégier les causes sociales dans l'explication de la délinquance est une chose, écrit-il. Négliger de la combattre en est une autre. Depuis trente ans, dans la foulée de Mai 68, est apparue une nouvelle culture, l'angélisme, qui a fait du délinquant la première victime de la société. Délégitimant l'idée même de répression. « Dans l'intelligentsia de gauche, le thème de la sécurité est considéré comme foncièrement de droite, pour ne pas dire d'extrême droite. « Étrangement, la gauche ne fait pas de la lutte contre l'insécurité une priorité. Alors que ce sont les quartiers les plus défavorisés qui sont les plus touchés. » PAUVRES AGRESSEURS Dans La gauche sans le peuple, un pamphlet au titre analogue paru chez Fayard en 2004, Éric Conan, journaliste à l’Express (un autre hebdo de centre-gauche), pose la même question : pourquoi la sécurité est un thème que l’élite associe à la droite alors que les premières victimes de la criminalité sont surtout des prolétaires ? Et, surtout : pourquoi on pleure toujours sur le sort de l’agresseur, jamais sur celui de la victime ? « Quand un délinquant renverse une auto ou met le feu à un commerce, on demande de tenir compte du contexte social dans lequel il a posé son geste. Mais quand un petit commerçant qui en a ras le bol de se faire cambrioler et de vivre dans la terreur s’arme, il n’a droit, lui, à aucune excuse. « La délinquance de défense n’a pas la légitimité de la délinquance d’agression. » DES ACTES INACCEPTABLES Je ne suis pas un grand fan de Harper. Je ne comprends pas sa fixation sur la Reine, par exemple, et n’aime pas son penchant militariste. Mais de là à le dépeindre comme le diable, il y a une marge. Les lologues disent qu’il n’y a aucun lien entre la sévérité des peines infligés aux condamnés et le taux de criminalité. Peut-être. Mais on ne donne pas des peines sévères pour « réhabiliter » les criminels et les remettre dans « le droit chemin ». On donne des peines sévères pour envoyer un message clair : à savoir que dans une société de droit, les crimes graves sont inacceptables. Tu violes et tu tues ? Tu vas être sévèrement puni. Comme disait le philosophe allemand Hegel : « La punition est un devoir pour la société. » Les vierges offensées
Dieu que le Québec est dur à comprendre, parfois !
On est là, avec nos baguettes en l’air, en disant que c’est écœurant que la Banque Nationale et la Caisse de dépôt aient embauché des cadres unilingues anglophones. On crie au boycott, à la trahison. MANQUE DE COHÉRENCE Or, qu’avons-nous fait aux dernières élections fédérales ? Nous avons voté pour des candidats qui ne parlent même pas un mot de français ! Nous avons choisi des unilingues anglophones pour défendre nos intérêts à Ottawa ! Comment pouvons-nous nous retourner, après ça, et faire la leçon aux autres ? Nous nous foutons nous-mêmes de notre propre langue ! Six Québécois sur dix choisissent de répondre en anglais quand on les aborde dans la langue de Shakespeare ! Avant de pointer les autres du doigt et de jouer les vierges offensées, pouvons-nous prendre deux minutes de notre temps et nous regarder dans le miroir ? LA LOI DE LA SAUCISSE Dimanche, Paul Piché a signé une lettre enflammée accusant les souverainistes de ne pas suffisamment vanter leur option. Moins on parle de souveraineté, dit le chanteur, moins l’option elle est populaire, et moins elle est populaire, moins on en parle… Bref, c’est la loi Hygrade à l’envers. Plusieurs personnes m’ont écrit pour me dire qu’elles ne souscrivaient absolument pas aux propos du chanteur. « Contrairement à ce que dit Paul Piché, le peuple n’est ni sourd ni stupide, m’a écrit Jean Comeau. On connaît tous les arguments en faveur de l’indépendance, on n’a pas besoin qu’on nous les répète et qu’on nous les explique une fois de plus. « Si on n’appuie pas l’option, ce n’est pas parce qu’on ne la comprend pas. C’est parce qu’elle ne nous intéresse pas ! En tout cas, pas maintenant… « Les députés péquistes auraient beau faire de la pédagogie au parlement, comme le souhaite monsieur Piché, ça ne changerait strictement rien. Ce n’est pas le messager, le problème, ni la façon dont on présente le message, c’est le message lui-même ! « Quand les souverainistes vont-ils comprendre que Non veut dire Non ? » LE TRAUMATISME PARIZEAU Se pourrait-il que le problème n’est pas que les souverainistes ne parlent pas suffisamment de leur option, mais qu’ils en parlent mal ? Regardez la campagne qui a permis à l’ADQ de se rendre au seuil du pouvoir, en mars 2007. Qui parlait d’identité, de protection du patrimoine et de respect des valeurs québécoises, des thèmes qui étaient jusque-là les fers de lance du PQ ? Mario Dumont. Le PQ, lui, était ailleurs. Échaudé par le fameux discours de Jacques Parizeau sur l’argent et le vote ethnique, les péquistes fuyaient ces sujets comme la peste et préféraient parler d’environnement. Plus consensuel, moins controversé. Résultat : l’ADQ, qui n’a pas hésité une seconde à surfer sur la crise des accommodements (dé)raisonnables, est devenue l’opposition officielle. À CHEVAL ! Là-dessus, je suis parfaitement d’accord avec le diagnostic que pose mon ami Mathieu Bock-Côté : le temps est venu aux souverainistes d’oublier le jour malheureux où Jacques Parizeau, dans un élan trop brusque, a fait tomber le PQ de sa monture, pour se relever et enfourcher à nouveau le cheval identitaire. Sinon, ils vont continuer à manger la poussière… 28 Novembre 2011La pensée magique
Avez-vous déjà joué à la cachette avec un jeune enfant ?
C’est super rigolo : les enfants de deux, trois ans croient que vous disparaissez quand ils ferment les yeux. Ils ne comprennent pas encore que les personnes et les objets ont une vie indépendante de la leur. Pour eux, s’ils ne vous voient pas, c’est que vous n’existez plus. TA-DAM ! François Legault agit de la même façon avec la question constitutionnelle. « Un problème vous chicote ? N’en parlez plus et ne lui accordez plus d’attention, vous verrez, il disparaîtra ! » Le chef de la CAQ croit qu’il suffit de ne plus parler d’un problème pour que celui-ci s’évapore. C’est ce qu’on appelle la pensée magique. « La pensée magique s'attribue la puissance de provoquer l'accomplissement de désirs, l'empêchement d'événements ou la résolution de problèmes sans intervention matérielle, peut-on lire dans Wikipédia. « Ce type de pensée se manifeste principalement au cours de l'enfance. À l'âge adulte, elle est perçue par la médecine comme un symptôme d'immaturité ou de déséquilibre psychologique. « La pensée magique est l’une des caractéristiques du syndrome de Peter Pan, l’éternel enfant qui fuit ses responsabilités et qui feint d’ignorer qu’il est un adulte afin de ne pas confronter la réalité… » SILENCE POLI Pourtant, on a beau se fermer les yeux ou s’enfouir la tête dans le sable, ça n’enlèvera pas le fait que nous n’avons pas signé la Constitution ! Le trou est toujours là. On fait quoi, face à ça ? On agit comme si rien ne s’était jamais passé ? Comme si Meech et Charlottetown n’étaient jamais arrivés ? Maudite belle stratégie… Le Québec et le Canada sont comme deux vieux amants qui savent qu’ils ne peuvent plus vivre ensemble mais qui sont trop fatigués pour essayer une nouvelle fois de régler leurs différends et trop peureux pour se quitter… Ils sont là, dans le salon, à faire semblant que tout va bien, évitant soigneusement de croiser leurs regards, s’échangeant des platitudes quand ils n’ont pas le choix, se vouvoyant… Inconfortables et indifférents. LA BOÎTE À MUSIQUE Un jour, pourtant, la réalité va rattraper François Legault. Il va tenter d’ouvrir un dossier comme celui des commissions scolaires ou celui de la langue, et le problème constitutionnel va lui sauter en pleine face, comme un Joker qui surgit brusquement d’une boîte à musique. Ce n’est pas parce qu’il aura passé deux ans à ne pas parler du tigre que celui-ci ne le mordra pas ! Il fera quoi, alors ? Il se fermera les yeux et se bouchera les oreilles en chantant très fort ? MÉCHANT CHANGEMENT Si la tendance se maintient, on risque d’assister à la fin de l’ADQ dans les prochaines semaines. Dommage, je commençais à trouver Gérard Deltell, Sylvie Roy et François Bonnardel sacrément efficaces. Contrairement à d’autres politiciens, ils ne louvoient pas, ne tentent pas de ménager la chèvre et le chou, savent ce qu’ils veulent, sont combattifs et ont une colonne vertébrale… Malheureusement, malgré l’honorable performance de ce trio de choc, l’ADQ se retrouve dans la cave des intentions de vote. Rayon changement, les électeurs québécois préfèrent Legault et Duceppe — deux politiciens de carrière qui cumulent 32 ans d’expérience à eux deux. Ben coudon. 27 Novembre 2011La mort dans l'âme![]() Le 27 octobre, j’ai publié un courriel que j’avais reçu d’une lectrice de Saint-Hubert. Cette dame se demandait pourquoi aucun docteur ne lui avait dit que sa fille de 15 ans prenait du Prozac pour traiter une dépression majeure. Il a fallu que sa fille fasse une tentative de suicide pour qu’elle l’apprenne. LA CONFIDENTIALITÉ « La loi dit qu’un jeune peut avoir accès à des services de santé confidentiels à partir de 14 ans, à moins qu’il n’y ait un danger immédiat pour sa vie, m’a-t-elle écrit. Je comprends. « Mais comment une jeune de 15 ans peut se sortir d’une dépression sans que ses parents ne soient au courant du mal dont elle souffre ? Après tout, il ne s’agit pas d’une MTS ni d’une prescription de pilule anticonceptionnelle ! « Je trouve aberrant que l’on ait attendu que ma fille fasse une tentative de suicide pour m’en parler. Sans cela, je n’aurait rien su et n’aurait pas pu demander l’aide nécessaire… » À L’OEIL Étant père d’une ado du même âge, la lettre de cette dame m’a beaucoup touché. Je lui ai donc écrit pour lui demander comment sa fille se portait. « Pas très bien, m’a-t-elle répondu. J’ai quitté momentanément mon emploi pour être à ses côtés 24 heures sur 24. » Faites attention, lui ai-je répondu. Des amis ont vécu la même chose, ils ont pris congé pour surveiller leur fils qui venait de faire une tentative, mais le jour même où ils sont retournés au boulot, leur fils a recommencé et cette fois-là, il ne s’est pas raté. Ils l’ont trouvé pendu en revenant à la maison. Je ne veux pas vous faire peur, juste vous avertir… LE VIDE Je viens de recevoir un courriel de cette dame. Sa fille s’est suicidée. « Mon bel amour s’est enlevé la vie dans la nuit de jeudi à vendredi. Elle s’est pendue et mon conjoint la découverte pendant que j’étais sous la douche, mais il était déjà trop tard… « J’aimerais bien que tes amis qui ont vécu la même chose puissent me dire comment on survit à ça, car je n’en ai aucune idée tellement je suis vide en dedans. « Je suis dans le déni total et j’attends toujours qu’elle revienne. Elle m’a envoyé des anges pour m’aider à préparer la cérémonie de dimanche (aujourd’hui), car je n’en aurais jamais eu la force. » Cette fille s’appelait Jennifer Finnerty. Une beauté. Quinze ans, dans la force de l’âge, toute la vie devant elle. LA LUMIÈRE Je ne sais pas quoi vous dire, madame. Je ne comprends pas cette envie de mourir, ça me dépasse. Qu’est-ce qu’il faut faire quand notre enfant va mal ? Comment l’aider ? Comment lui redonner envie de vivre ? Comment convaincre une personne envahie par les ténèbres qu’un jour, une lumière finira par tout illuminer ? En passant, le fils de mon ami qui s’est enlevé la vie le 14 décembre 2009 aurait eu 18 ans aujourd’hui. « J'ai mal comme tu ne peux pas l'imaginer, m’a écrit mon ami hier. Le deuil d'un enfant dure toute la vie. Il nous faut apprendre à vivre avec cette absence. « Je souhaite à la dame qui t’a écrit de trouver des bras pour s'y blottir. Et pleurer. Pleurer. Pleurer. » 26 Novembre 2011Une tragédie évitable?
Hier, Benoit Aubin se demandait si notre filet social avait trahi les soeurs Shafia.
Moi, je me pose une autre question concernant cette affaire. Une question qui me trotte dans la tête depuis le début de ce procès. Avons-nous fait preuve de relativisme culturel, dans toute cette histoire ? CES GENS-LÀ… Le relativisme culturel, pour ceux qui l’ignorent, c’est l’art du deux poids, deux mesures. « Un Québécois de souche interdit à sa femme de sortir le soir avec ses amies ? C’est inacceptable. » « Un Québécois d’origine afghane interdit à sa femme de sortir le soir avec ses amies ? Bof, que voulez-vous, c’est comme ça que ça se passe dans leur culture, on ne peut pas les juger, après tout, nos codes sont différents des leurs… » Bref, on module notre jugement selon l’appartenance ethnique, religieuse et culturelle des personnes. LE « BON » VIOLEUR Je pense par exemple à l’affaire Verreault. En 1994, un homme d’origine algérienne a été accusé d’avoir agressé sexuellement sa belle-fille de neuf ans sur une période de deux ans et demie. L’accusé a nié les faits, mais un examen médical a corroboré la version de la victime. Dans son jugement rendu le 13 janvier 1994, la juge Raymonde Verreault, de la Cour du Québec, a déclaré l’accusé coupable de quatre chefs d’accusation : attouchements sexuels sur une mineure, incitation d’une mineure aux rapports sexuels, sodomie et agression sexuelle. La peine maximale infligée dans ce type de crime est de dix ans, mais à la surprise générale, la juge a décidé d’infliger une peine d’emprisonnement de 23 mois, assortie d’un an de probation. Pourquoi ? Parce que la juge trouvait qu’en sodomisant sa jeune victime, au lieu de la pénétrer dans le vagin, l’homme avait fait en sorte que celle-ci puisse préserver sa virginité, « ce qui semble être une valeur très importante dans leur religion respective. On peut donc dire que d’une certaine façon, l’accusé a ménagé sa victime… » UNE RÉACTION PLUS RAPIDE ? Les propos bizarres de la juge Verreault avaient mis en colère autant les féministes que les musulmans. Et avec raison : c’est quoi, ce double standard ? La sodomie n’est pas une circonstance atténuante, et un viol est un viol, quelle que soit la religion de la victime ou de l’agresseur ! Si je vous raconte cette histoire, c’est que je me demande si l’origine ethnique des sœurs Shafia n’a pas pesé dans la balance quand est venu le temps d’intervenir auprès de leurs parents. Aurions-nous été plus sensibles aux nombreux appels à l’aide que ces jeunes femmes ont lancés dans les mois précédant leur mort si elles avaient été des Québécoises de souche ? Aurions-nous été plus vite sur le piton ? Aurions-nous agi plus rapidement ? TERRIBLE QUESTION Se pourrait-il que les différents intervenants qui ont écouté les sœurs Shafia se sont dit : « Oui, le père et le frère de ces jeunes filles semblent effectivement très contrôlants, mais c’est comme ça, chez ces gens-là ? » Je suis peut-être parano, mais je ne peux m’empêcher de poser cette terrible question. Se pourrait-il que notre stupide relativisme culturel nous ait empêché de prévenir la mort tragique de quatre personnes ? 24 Novembre 2011Les montagnes russes
La semaine dernière, j’ai interviewé trois personnes bipolaires pour la télé.
Elles me disaient que dans leur phase maniaque, elles pouvaient travailler pendant des jours sans dormir, alors que dans leur phase dépressive, c’est juste si elles trouvaient l’énergie pour sortir du lit le matin. Eh bien parfois, j’ai l’impression que le Québec souffre de cette maladie. DE BAS EN HAUT Prenez le dossier de la langue. Pendant des mois, pour ne pas dire des années, on voit des entreprises bafouer ouvertement la loi 101 et on ne lève pas le petit doigt. Puis un jour, on se réveille en sursaut et on défend la langue française de façon excessive, comme si on était sur un high de coke. Nous sommes présentement dans une phase maniaque. Bientôt, si ça continue, on va faire le tour des animaleries pour voir s’il y a des perroquets qui parlent anglais… J’exagère ? À peine. Regardez ce que la Commission scolaire de Montréal veut faire : elle veut interdire aux enfants de se parler dans une langue autre que le français dans les corridors, à la cafétéria et dans la cour d’école ! MAUVAISE CIBLE Imaginez… Une prof aperçoit deux élèves algériens fraichement débarqués au Québec échanger quelques mots en arabe devant leurs casiers ? « Interdit ! Switchez tout de suite au français, Mohamed et Tarek, sinon je vous colle une retenue ! » Comme si c’était ça, le principal problème de la langue française au Québec ! Pendant ce temps-là, la Caisse de dépôt embauche des unilingues anglophones sans broncher et des géants comme la Banque Nationale se foutent du français comme de leur premier client. On récure une fourchette sale pendant deux heures alors qu’une montagne de poubelles trône au beau milieu du salon ! WHAT ? Il y a quelques semaines, je suis allé manger dans un restaurant chic du centre-ville et le serveur ne comprenait même pas le mot « Oui ». Pas de farce, il ne connaissait pas un maudit mot de français. Et c’est lui qui s’occupait du service. C’est ça, qu’il faut combattre, le déclin du français dans les lieux de travail, pas le fait que deux p’tits Chinois se disent « Salut » en mandarin quand ils jouent au ballon chasseur ! Le plus drôle dans toute cette histoire est que la ministre Christine Saint-Pierre appuie l’idée de la Commission scolaire de Montréal, alors qu’elle représente un comté qui collectionne les infractions contre la loi 101 ! Hé, misère… 23 Novembre 2011Lard interdit
Vous mettez du p'tit change dans votre cochon?
Arrêtez ça, c'est discriminatoire pour les musulmans... Bientôt, on va demander à Lise Bacon et à Martin Cauchon de changer de nom... Une présence discrète
Dans sa nouvelle campagne de pub, le Parti québécois ne mise pas beaucoup sur l'image de Pauline Marois.
Le parti préfère mettre son équipe — et les points principaux de son programme — à l'avant-plan. Le Parti Libéral fédéral avait fait la même chose avec Michael Ignatieff: sa photo n'apparaissait même pas sur l'autobus de campagne! Quand ta propre gang évite de se faire trop voir à tes côtés, ça regarde mal... Goûter son propre médicament
Ainsi, le ministre de la Justice Jean-Marc Fournier s'est rendu à Ottawa pour demander à Stephen Harper de revoir son projet de loi sur la criminalité et les jeunes contrevenants (C-10).
Il est revenu bredouille. "Le gouvernement fédéral m'a dit que je pouvais venir discuter, mais ce n'était que pour gagner du temps", a-t-il dit aux journalistes. Le ministre s'est dit déçu et frustré de n'avoir pas été entendu par le gouvernement Harper, de s'être cogné le nez sur une porte fermée et d'avoir été accueilli par une fin de non recevoir... C'est plate, hein, monsieur Fournier de ne pas être entendu par des politiciens? Eh bien, "join the club", comme disent les Anglais, car c'est EXACTEMENT comme ça que les Québécois se sont sentis lorsqu'ils ont demandé PENDANT DEUX ANS au Premier ministre Charest de mettre sur pied une commission d'enquête publique sur la construction. On ne nous a pas écoutés... Et on nous a opposé une fin de non recevoir, sous prétexte qu'on était dans le champ et que le gouvernement avait raison... Vous venez de boire le sirop que vous nous avez servi au cours des deux dernières années. Savourez. Liberté d'expression: jusqu'où?A-t-on le droit de tenir publiquement des propos qui vont à l’encontre de l’opinion de la majorité ? Peut-on dire, par exemple, qu’on est contre l’homoparentalité, contre l’avortement ou contre le sexe avant le mariage ? UN CONGÉDIEMENT CONTESTABLE Comprenez-moi bien : ce ne sont pas des positions que je défends. Personnellement, je suis pour le fait que les gais adoptent des enfants, pour le libre choix en matière d’avortement (du moins, en début de grossesse) et pour le sexe avant le mariage, en autant que ça ne retarde pas trop la cérémonie… Mais les gens qui ne partagent pas mes opinions ont-ils le droit de le dire ? Je vous pose la question à cause de l’affaire Goddard. Damian Goddard était commentateur sportif sur la chaîne canadienne Sportsnet (propriété de Rogers). En mai dernier, ce journaliste qui se définit comme un catholique fervent a écrit sur Twitter qu’il était contre le mariage gai. Résultat : ses patrons, qui craignent la controverse comme la peste, l’ont congédié. LA LIBERTÉ SELON VOLTAIRE Goddard n’a pas dit qu’il fallait tuer les homosexuels. Il ne les a pas comparés à des malades mentaux ou à des cannibales, comme les deux barbus qui se sont pointés à Montréal récemment. Il n’a pas déclaré la guerre aux gais. Il a juste dit qu’il croyait que le mariage était une institution qui devait être réservée aux hétéros. Méritait-il de perdre son emploi pour cela ? La liberté d’expression ne s’applique pas qu’aux gens qui pensent comme nous. Elle s’applique aussi — pour ne pas dire d’abord — aux personnes qui ne pensent PAS comme nous. Comme l’écrivait Voltaire : « Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu'à la mort pour que vous ayez le droit de le dire. » PLAINTE OFFICIELLE Vous me direz que je suis mal placé pour parler de liberté d’expression, étant donné que je critique souvent les islamistes. Attention : il y a une marge entre dire qu’on est CONTRE le mariage gai, et clamer haut et fort qu’il faut BATTRE et TUER les homosexuels ! Ce n’est pas du tout la même chose ! La première affirmation est une opinion, alors que l’autre est un appel au meurtre et un discours haineux. Damian Goddard (qui est maintenant porte-parole d’un organisme qui lutte activement contre le mariage gai) a logé une plainte auprès de la Commission des droits de la personne. Je suis curieux de voir comment cette institution, qui penche généralement à gauche, va traiter sa demande. Va-t-elle aller dans le sens de la rectitude politique ambiante ou va-t-elle défendre son droit d’appuyer des idées impopulaires, pour ne pas dire archaïques ? Devrait-on avoir le droit, en 2011, de dire, par exemple, qu’on est contre les mariages mixtes, même si c’est une idée totalement imbécile ? Question délicate… AVEC MOI, LE DÉLUGE Si Goddard parlait de religion en ondes, on pourrait comprendre la décision de son employeur. Mais ça ne semble pas être le cas… La semaine dernière, aux Francs-Tireurs, le maire de Montréal a dit qu’il croyait dur comme fer à l’Arche de Noé. C’est bizarre. Mais tant qu’il n’essaie pas de transformer le stade olympique en musée créationniste, je m’en fous… 22 Novembre 2011L'hypocrisie de la FTQ
Avez-vous vu cette nouvelle de l’Agence QMI hier ?
La FTQ, qui ne cesse de pourfendre la décision du gouvernement Charest d’interdire le placement syndical sur les chantiers de construction, va investir, via son Fonds des travailleurs, dans l’industrie de la construction en Alberta, l’une des plus déréglementées au pays !!! C’est-y assez fort ? Pourquoi le Fonds de la FTQ a choisi d’investir des millions de dollars dans la construction en Alberta ? Parce que ça rapporte ! Et pourquoi ça rapporte ? Parce que la construction, là-bas, est plus efficace depuis que le gouvernement l’a déréglementée ! La leçon est claire : si vous voulez brasser de grosses affaires, ne faites pas ce que les syndicats vous disent de faire ! Le placement, c’est bon pour les syndiqués. Mais le syndicat, lui, préfère la déréglementation, car ça lui permet de faire plus de fric… Et après ça, Michel Arsenault veut qu’on le prenne au sérieux… La cigale et la fourmi
Ainsi, les squatteurs du Square Victoria à Montréal, qui se sont vus squattés à leur tour par des itinérants, des toxicomanes et des malades mentaux, ont décidé de ne nourrir dorénavant que ceux qui participent activement au fonctionnement du camp.
Tu ne mets pas la main à la pâte ou l’épaule à la roue ? On ne te nourrira pas. UN MODÈLE POUR LA SOCIÉTÉ ? En entendant cette nouvelle, je n’ai pu m’empêcher de sourire. N’est-ce pas JUSTEMENT ce que les indignés reprochent à notre système : ne s’intéresser qu’à ceux qui travaillent et abandonner les laissés pour compte à leur sort ? On dirait La Cigale et la fourmi, de Lafontaine : « T’as bu et tu t’es drogué tout l’été pendant que nous travaillions activement à construire un monde meilleur ? Eh bien, danse, maintenant ! » Si je me fie aux courriels que j’ai reçus, je ne suis pas le seul à avoir trouvé cette situation ironique. « La décision des indignés est intéressante, m’a écrit Michel Joseph. La société devrait peut-être s’en inspirer et restreindre ses services à ceux qui contribuent à leur financement. « Puisqu’on peut supposer sans grand risque de se tromper qu’une majorité de ces indignés doivent se retrouver parmi les 40 % de la population qui ne paie pas d’impôts (qui d’autres pourrait camper en permanence au centre ville ?), ils risqueraient fort de souffrir de leur propre remède… et peut-être réviseraient-ils leur position idéologique ! » FINIE, LA RÉCRÉ ! Pierre Degarie, un lecteur, va dans le même sens : « Si je comprend bien le message des indignés, seuls ceux qui participent à leur événement devraient avoir droit à une ration de bouffe. Si je traduis cette action à l'échelle de notre société, ça voudrait dire que les gens qui ne paient pas d'impôts ne devraient plus être supportés financièrement par ceux qui travaillent ! « Selon moi, c’est la preuve que le temps est venu de mettre un terme à la récréation et d’obliger ces pseudo indignés à retourner jouer à Donjon et Dragon dans le sous-sol de leurs parents… » Vraiment, personne chez les indignés de Montréal n’a vu l’ironie de leur position ? 21 Novembre 2011Apocalypse NowÊtes-vous déprimés, ces temps-ci ? Alors, n’allez pas voir le dernier film de Lars von Trier, Melancholia, vous aurez envie de vous tirer une balle dans la tête. LA FIN DU MONDE Cette œuvre crépusculaire qui se déroule sur une musique lancinante de Wagner met en scène une femme dépressive qui accueille avec sérénité l’annonce de la fin du monde. Lars von Trier a dit qu’il a tourné ce film car il avait l’impression que l’humanité traverse une profonde dépression nerveuse et que, comme son héroïne, nous attendons tous la fin du monde. Le cinéaste danois n’a pas tort. Regardez les films qui sortent sur nos écrans : la moitié parlent de l’Apocalypse ! La planète explose, la Terre est envahie par des zombies, les changements climatiques menacent les êtres vivants, des virus provoquent des hécatombes, les villes tombent en ruines… PAS SI PIRE À entendre certaines personnes, le monde n’a jamais été aussi mal. Pourtant, lorsqu’on regarde froidement la réalité, on se rend compte que si le monde n’est pas parfait, nous avons plusieurs raisons de nous réjouir. Des pays qui crevaient de faim sont devenus des puissances économiques, l’espérance de vie n’a jamais été aussi élevée, les avancées dans le domaine de la génétique promettent de véritables miracles, la technologie va bientôt nous permettre de nous libérer de notre dépendance aux énergies fossiles, les technos vertes prennent de l’essor, la violence urbaine décline dans la plupart des grandes capitales, les dictatures tombent les unes après les autres… Ce n’est pas le paradis, bien sûr, il y a toujours trop de gens qui tirent le diable par la queue et trop de guerres qui déchirent le monde, mais quand on se compare au passé, on constate que ça va mieux que ça allait. Pourtant, l’homme déprime, angoisse… QUESTION DE SENS Dans son dernier ouvrage, Le fanatisme de l’Apocalypse, le philosophe français Pascal Bruckner affirme que le conflit est générateur de sens. « Si nous ne sommes jamais sûrs de l’affection de nos proches, nous pouvons nous reposer tranquilles dans la haine de nos ennemis », écrit-il. Quand on a un ennemi, on sait pourquoi on vit : pour combattre le Mal qui nous menace, pour le détruire. Que serait Batman sans le Joker ou Superman sans Lex Luthor ? De pauvres bouffons en collants qui s’emmerdent dans leur cave… SUS AU PROGRÈS ! Or, le fascisme et le communisme sont morts et enterrés. Que nous reste-t-il pour bander nos ardeurs ? Les écolos et les altermondialistes ont trouvé : le progrès ! C’est lui, notre nouvel ennemi ! C’est cette idée qu’il faut combattre ! Voilà peut-être pourquoi l’homme moderne déprime : parce que le monde progresse. Et qu’on a réussi à lui faire croire que plus ça va bien, plus ça risque d’aller mal… 20 Novembre 2011The Stephen Harper Show
Afin de saluer le retour des 2 000 soldats qui ont participé à la mission canadienne en Libye, Stephen Harper prépare un gros show, jeudi.
Au programme : inspection de la garde d’honneur, salut royal, salve de 21 coups de canon et défilé aérien avec trois vagues d’avions militaires qui vont survoler bruyamment le Parlement… Bref, l’Armée canadienne va se péter les bretelles et célébrer en grandes pompes sa victoire éclatante sur le méchant Khadafi (qui, il n’y a pas si longtemps, était un grand ami de l’Occident). AVEC TAMBOURS ET TROMPETTES J’avoue que je suis partagé devant ce spectacle son et lumière. D’un côté, j’approuve le fait que l’État salue les militaires canadiens qui ont — c’est vrai — joué un rôle important en Libye. De l’autre, ce patriotisme bling bling emprunté à la France (un pays qui ne peut pas célébrer sa fête nationale sans entonner son ode à la guillotine et sortir ses jets et ses blindés) me laisse froid. Il me semble que — mis à part ce qui est arrivé en octobre 70, quand l’Armée canadienne a pris nos rues d’assaut pour « nous libérer de la menace terroriste » —, ça ne cadre pas avec la vision qu’on a toujours eue du Canada. C’est ça, qu’on veut, comme pays (car jusqu’à preuve du contraire, nous habitons toujours au Canada) ? De gros drapeaux, des défilés militaires et la photo de la Reine partout, afin de nous rappeler que nous faisons partie d’un Empire ? AVE CESAR Moi, si j’étais soldat, je serais indigné que mon premier ministre utilise ce que j’ai fait à des fins politiques. Car c’est ça, dans le fond : si des avions tonitruants vont survoler le Parlement, jeudi, c’est moins pour saluer le courage des soldats canadiens qui ont combattu en Libye que pour applaudir la fermeté et la force morale de Stephen Harper. Le Premier ministre utilise les fonds de l’État pour se faire une belle campagne de pub sur le dos de l’Armée. C’est pour ça qu’on envoie nos militaires à l’autre bout du monde ? Pour qu’à leur retour, un politicien puisse se présenter comme « le grand défenseur de la liberté » et ainsi, se faire réélire ? Si c’est ça, elle est belle, la démocratie ! C’est à se demander pourquoi on tient tant à l’exporter au bout du fusil… HEE HAW ! Pas étonnant qu’une sénatrice conservatrice veuille remplacer le castor par un ours polaire. L’animal imposant — et menaçant — cadre beaucoup plus avec l’idéologie de Stephen Harper qu’un petit rongeur besogneux à la queue plate qui construit des barrages dans des lacs… Le Canada sous Harper me fait penser à un p’tit nerd à lunettes sympathique que son père veut transformer en « jock ». Il fait des push-ups et lève des poids pour faire plaisir à son papa, mais ça ne « fitte » pas avec ce qu’il est vraiment, on le sent mal à l’aise, pas à sa place… On a l’impression que Harper tente d’imposer la mentalité des cow-boys de l’Alberta à tout le pays. JOHN ET JERRY Cela dit, les Canadiens ont voté pour lui librement. Mais avaient-ils le choix ? C’était John Wayne Harper ou Jerry Lewis Ignatieff… 17 Novembre 2011Tirer la plogue
Ainsi, une équipe d’experts mandatés par la Société royale du Canada (un organisme qui a été mis sur pied pour promouvoir le savoir et la recherche) recommande au gouvernement fédéral de décriminaliser l’euthanasie volontaire et le suicide assisté.
Tout cela est bien beau, mais peut-on discuter des façons dont on encadrerait cette pratique avant d’aller plus loin ? DOCTEUR DEATH Car contrairement à ce qu’affirment certains tenants de la liberté individuelle (« C’est mon corps, j’ai le droit d’en faire ce que j’en veux »), des dérapages, il y en a eu, et plusieurs. Je pense bien sûr à Jack Kevorkian, le fameux docteur Death, qui offrait un service de « mort assistée » à domicile. Vous étiez déprimé et vous vouliez en finir ? Vous n’aviez qu’à appeler le bon docteur, qui se pointait dans votre chambre à coucher avec son kit mortel. Pas de diagnostic, aucun test psychologique, rien : pour ce brave commerçant mort en juin dernier, le client avait toujours raison, et si un jeune homme d’apparence tout à fait correcte jugeait qu’il voulait passer l’arme à gauche, libre à lui, c’était sa décision. Payez-moi, appuyez sur le bouton, et faites de beaux rêves pendant que je cours à l’autre bout de la ville aider une mémé oubliée de tous à partir sur le bout des pieds, sans déranger personne. LES MALADES MENTAUX AUSSI Mais je pense aussi à Dignitas, cet organisme « humanitaire » suisse qui permet à ses clients de partir en douceur en buvant un cocktail maison. « Le but de mon organisme, a dit son fondateur, Ludwig Minelli, est de permettre aux gens souffrant de douleurs physiques ou de douleurs mentales atroces et impossibles à guérir de mettre fin à leurs jours. » C’est ainsi qu’il y a quelques années, Dignitas a permis à un frère et une sœur schizophrènes d’une trentaine d’années de se suicider en toute « dignité » dans ses locaux. « Les malades mentaux peuvent être totalement sains par moments, d’expliquer Minelli. Si dans ces moments, ils décident après avoir tout tenté pendant des années qu'ils ne veulent plus de cette existence, s'ils viennent avec les documents médicaux qui montrent que toutes les thérapies ont échoué, alors ils ont aussi le droit d'en finir. » À quand le suicide assisté pour les trisomiques ou les bipolaires ? EN DERNIER RECOURS Et puis, c’est bien beau, le « droit » et la « liberté », mais les gens qui veulent en finir avec la vie ne prennent pas cette décision dans l’abstrait. Ils vivent dans un contexte particulier. S’ils veulent mourir, c’est peut-être parce que rien ne les retient à la vie, qu’ils sont seuls, qu’ils n’ont pas accès à de bons traitements. Avant d’ouvrir la porte au suicide assisté, pourrait-on, s’il vous plaît, améliorer les soins apportés aux personnes gravement malades ? Je sais, ça coûte plus cher qu’un verre de Kool-Aid pimenté au penthiobarbital de sodium, mais ça peut avoir des résultats autrement plus intéressants. MON INQUIÉTUDE C’est ce qui m’inquiète, dans tout ce débat. La possibilité bien réelle et pas du tout farfelue qu’on commence à soutenir le suicide assisté pour des motifs humanitaires, mais qu’on finisse par le faire pour des motifs économiques. 16 Novembre 2011Parlez-en en bien ou parlez-en en mal, mais parlez-en...![]() La nouvelle pub de Benetton fait jaser... Cela dit, malgré les grands discours des concepteurs et du photographe derrière cette campagne, il ne faut pas perdre de vue que tout ça ne vise qu'une seule et unique chose: faire vendre des chandails... Et aujourd'hui, pour tirer son épingle du jeu et faire en sorte que les gens (qui sont sollicités par des milliards d'images chaque jour) nous regardent, il faut provoquer, brasser la cage, susciter la polémique... Sinon, on se perd dans la purée ambiante... Regardez ce qu'a fait le Grand Théâtre de Québec... Les amitiés particulières
« Le sage change d’avis et le sot s’entête », dit un proverbe espagnol.
« Seul les fous ne changent pas d’avis », clame un proverbe français. Les auteurs de ces maximes ont probablement raison. Mais ça ne m’a pas empêché de sursauter quand j’ai appris que Lucien Bouchard avait fait le trajet Montréal-Paris il y a quelques jours pour assister à la remise de la Légion d’honneur à Jacqueline Desmarais, la femme de Paul Desmarais, le fondateur de Power Corporation. LES ENNEMIS DE LA LIBERTÉ Je savais que le ténor du Oui en 1995 ne croyait plus à la souveraineté. Je savais qu’il avait perdu ses illusions, un peu comme François Legault. Mais de là à devenir copain copain avec un homme qui a passé sa vie à combattre bec et ongles les souverainistes et à les dépeindre comme des ennemis de la démocratie, il y a quand même un pas. En juin 2008, le grand patron de Power Corporation (qui publie La Presse, Le Soleil et Le Droit par l’entremise de sa filiale Gesca) a accordé une longue entrevue au magazine français Le Point. « Notre position est connue, a-t-il expliqué : nous sommes fédéralistes. Le point de vue des séparatistes peut apparaître dans La Presse, mais la ligne éditoriale est fédéraliste. Il n’y a pas d’ambiguïtés. Le directeur de publication est fédéraliste. Si le Québec se sépare, ce sera sa fin. Moi, je suis attaché à la liberté et à la démocratie. » Comme si la liberté et la démocratie étaient en danger advenant la séparation du Québec ! RETOUR D’ASCENSEUR « Si je suis aujourd'hui président, je le dois en partie aux conseils, à l'amitié et à la fidélité de Paul Desmarais », a déjà avoué Nicolas Sarkozy. D’ailleurs, qu’a fait le nouveau Président lorsqu’il est entré à l’Élysée pour remercier son grand ami canadien ? Il a mis fin à une longue tradition de non-intervention de la part de la France dans le débat national québécois, et s’est prononcé clairement en faveur du fédéralisme. Et qui a-t-on vu, il y a quelques jours, en compagnie de Paul Desmarais et de son pote Sarko ? L’une des figures les plus importantes de l’histoire du mouvement souverainiste ! Ben coudon. Je comprends qu’on puisse changer d’idées, tout le monde le fait. Mais de là à jeter nos convictions à la poubelle et à fréquenter ceux-là mêmes qui ont comploté dans l’ombre pour nous faire tomber ? C’est assez spécial. J’aimerais être un petit oiseau et écouter ce que se disent Lucien Bouchard et Paul Desmarais quand ils abordent le passé souverainiste de l’ex premier ministre. J’espère que monsieur Bouchard ne s’excuse pas en disant que c’était une erreur de jeunesse… 15 Novembre 2011CAQ: on verra
Charles Sirois a été clair, hier, lorsqu’il a prononcé (péniblement) son allocution : la Coalition Avenir Québec ne veut rien savoir des étiquettes.
Pas besoin de demander à François Legault si son nouveau parti est de droite ou de gauche, ou s’il est souverainiste ou fédéraliste, il ne vous répondra pas. TOUTES PORTES OUVERTES D’ailleurs, les mots que monsieur Legault a prononcés le plus souvent dans la période de questions qui a suivi sa conférence de presse, hier, sont : « On verra. » Quelles demandes allez-vous faire à Ottawa ? « On verra. » Allez-vous ouvrir la porte au privé dans le système de santé ? « On verra. » Allez-vous donner de l’argent aux parents pour qu’ils puissent décider eux-mêmes dans quelle garderie ils vont envoyer leurs enfants ? « On verra. » Bref, aucune porte n’est fermée et toutes les options sont envisageables. Les pessimistes diront que la CAQ continue d’alimenter le flou idéologique afin de flirter tout le monde et son frère, alors que les optimistes applaudiront à tout rompre cette volonté de ne pas se peinturer dans le coin et d’accueillir toute bonne idée, indépendamment de son « origine » idéologique. Dépendamment de votre propension à voir le verre à moitié plein ou à moitié vide, la CAQ est habile ou opportuniste. UNE PATENTE À GOSSES ? François Legault venait tout juste de dévoiler le nouveau logo de sa formation que déjà, la blogosphère au grand complet faisait la danse du bacon et avait l’écume aux lèvres. Il faut dire que la chose ressemble étrangement à une patente à gosses. On dirait un logo dessiné avec les restes des logos des autres formations politiques : une planche de l’ADQ, un clou du PQ, une visse du PLQ… Je n’ai aucune formation en marketing, mais je sais qu’habituellement, un logo doit être clair, aisément identifiable et facile à reproduire. Or, le logo de la CAQ est confus, compliqué et enchevêtré. Ce n’est pas un logo, c’est un signe cabalistique ! C’est bien beau, dire qu’on est ouvert à toutes les idées et à toutes les influences, mais il faut savoir qui on est et où on loge. Or, le logo de la CAQ (qui semble avoir été dessiné à l’aide d’un Spirographe) ressemble à une boussole qui pointe dans toutes les directions. Il y a plus de couleurs là-dedans que dans un Riopelle ! FACTURE SALÉE Hier, François Legault a dit qu’on devait accélérer la tenue des procès. « S’Il faut injecter plus de ressources dans le système de justice, on le fera ! » Ajoutez à cela une hausse du salaire des profs, une hausse du salaire des médecins, une aide substantielle aux entreprises d’ici pour qu’on développe une « économie de propriétaire » et un fond des ressources naturelles de cinq milliards de dollars, et vous vous retrouvez avec une facture assez salée, merci. Où va-t-on couper pour permettre toutes ces dépenses ? Pour l’instant, la réponse est « On verra ». Tout est sur la table et aucune option n’est rejetée. BIENVENUE Hier, le Sauveur est descendu sur Terre et Dieu s’est fait homme. Bienvenue parmi nous, monsieur Legault. En espérant que votre avion ne devra pas atterrir d’urgence à mi-parcours, faute de carburant… 14 Novembre 2011Les pédos sortent du placardGabriel Matzneff : Les moins de 16 ans par FrenchCarcan Il y a deux semaines, la journaliste Kathleen Frénette a publié un texte terrifiant sur La Maison de Sabrina, un forum de discussions pour pédophiles. Sans éprouver la moindre gêne, les abonnés de ce site professent librement leur amour des jeunes enfants. « À quoi ça sert d'avoir des enfants si on peut rien faire dedans ? », « On est plus près du coeur si la poitrine est plate », « Je suis pédophile et fier de l'être, un corps de fillette, c'est la perfection ! », etc. LES MOINS DE 16 ANS Ces tordus ne sont pas seuls à crier leur « fierté » d’être pédophiles. Des intellectuels et des artistes respectés revendiquent eux aussi le droit de coucher avec des enfants. Vous souvenez-vous de l’écrivain français Gabriel Matzneff, que Denise Bombardier avait confronté sur le plateau d’Apostrophes, en mars 1990 ? Le bonhomme, un vieux vicieux qui se vantait de baiser de très jeunes filles dans ses mémoires, n’en revenait pas d’être traité aussi cavalièrement par une « puritaine » du Québec. Lui, un si grand artiste !!!! « J’étais blessée que Denise Bombardier me salisse, qu’elle m’agresse », a-t-il dit 11 ans plus tard sur le plateau d’une autre émission littéraire. En 1974, Gabriel Matzneff a publié un essai sulfureux intitulé Les moins de 16 ans, dans lequel il avouait son goût pour « l’extrême jeunesse, qui s’étend de la dixième à la seizième année ». Le livre a fait scandale. Eh bien, imaginez-vous qu’on l’a réédité il y a deux ans ! LA « COMPÉNÉTRATION » L’homme qui a décidé de ressortir ce manifeste pédéraste s’appelle René Shérer. Universitaire et philosophe français réputé, ce bonhomme (qui a frayé avec les plus grands intellectuels des années 60-70) affirmait dans ses écrits que « l'enfant et l'adulte s'enrichiraient mutuellement dans une compénétration, où l'enfant serait autant formateur de l'adulte que l'adulte est formateur de l'enfant… » Au début des années 80, en compagnie de son pote Matzneff (plus on est de fous, plus on jouit), Shérer est allé témoigner dans un procès en faveur d’un entraineur sportif accusé d’avoir forcé des enfants à se prostituer ! LIBÉRATION ET LES PÉDOS Ce pédophile récidiviste s’appelait Jacques Dugué. Fasciné par ce « personnage hors norme » qui critiquait la morale sexuelle « hypocrite » de la France, le journal de gauche Libération lui a ouvert pendant DEUX JOURS les pages de sa tribune libre ! Dugué a pu ainsi en toute liberté et en toute impunité vanter les vertus de la pédophilie. « Le jeune garçon aime ressentir dans son corps le membre viril de celui qu’il aime, a-t-il écrit. Cela lui donne une grande satisfaction. Il a aussi la satisfaction d’être agréable à celui qui le sodomise, qui jouit en lui. Cela lui procure une grande joie, car aimer c’est aussi bien donner que recevoir. » Tout ça dans les pages d’un quotidien national !!! C’EST FANTASTIQUE ! Il y a aussi Daniel Cohn Bendit, le héros de mai 68, qui, en avril 1982 à Apostrophes, a lancé : « Quand une petite fille de 5 ans commence à vous déshabiller, c’est fantastique ! » Comme si la révolution sexuelle permettait toutes les dérives… 13 Novembre 2011Le coeur sur la main
Choisissez un cliché, répétez-le plusieurs fois et il va finir par prendre les apparences de la vérité, dit le dicton.
Rien de plus vrai. UNE CARICATURE Prenez tout ce qu’on répète sur la gauche et la droite, par exemple. La gauche, c’est la compassion, la générosité, l’empathie. La droite, c’est l’individualisme, l’égoïsme, l’indifférence, la recherche effrénée du profit. On s’est fait répéter ces clichés tellement souvent qu’on a fini par les croire vrais. Or, ils n’ont rien à voir avec la réalité. Je connais plusieurs têtes d’affiche de la « droite » québécoise : Éric Duhaime, Mathieu Bock-Côté, Joanne Marcotte, Christian Dufour, des membres de l’Institut économique de Montréal, des gars et des filles qui écrivent dans les blogues Les analystes et Le Québécois libre. Et il m’arrive à l’occasion de discuter avec Joseph Facal, Pierre Duhamel et Nathalie Elgrably-Lévy quand nos chemins se croisent. Savez-vous quel est leur sujet numéro un de conversation ? Pas comment on peut augmenter le profit des multinationales ou comment on peut creuser davantage de mines et raser encore plus de forêts, mais comment on peut améliorer l’État québécois pour qu’il puisse aider plus efficacement ceux qui en ont besoin. INDIGNÉS DE DROITE Je suis allé au lancement du livre de Joanne Marcotte, mercredi dernier (Pour en finir avec le gouvernemaman). Une bonne partie de la « méchante droite » québécoise était là. Savez-vous de quoi on a parlé jusqu’aux petites heures du matin ? De l’inéquité entre les générations. Les jeunes qui sont pris à la gorge, et qui vont devoir s’endetter pendant des années pour payer les folies de leurs parents. Duhaime condamnait la hausse des frais de scolarité (eh oui !), Joanne Marcotte se demandait pourquoi les riches paient leur garderie 7 $, son chum Denis Julien critiquait les subventions éhontées accordées à certaines entreprises, Bock-Côté me faisait part de sa sympathie pour les indignés (même s’ils n’approuvent pas nécessairement leurs méthodes)… Indifférence ? Égoïsme ? Individualisme ? Désolé, mais ça ne cadre absolument pas avec ce que je vois et entends lorsque je discute avec ces gens allumés et passionnés… LE MÊME BUT À croire certains militants, la gauche a le monopole de la compassion. Rien de plus faux. Oh, bien sûr, il existe une droite « au plus fort la poche » comme il existe une gauche « le système est plus important que l’individu ». Le dogmatisme aveugle fait des ravages des deux côtés de la clôture, et pour chaque cowboy, il y a un guérillero. Mais en général, la droite et la gauche visent le même but. Seules les routes qu’elles veulent emprunter pour se rendre à destination diffèrent. Si certaines personnes veulent faire le ménage dans les finances de l’État, ce n’est pas pour jeter les pauvres à la rue et leur marcher dessus, mais pour alléger le fardeau qui pèse sur les épaules des jeunes et leur permettre de jouir RESPONSABLEMENT des bienfaits de la social-démocratie lorsqu’ils seront plus vieux. Si ce n’est pas de la compassion… CULTIVÉS ET BIEN ÉLEVÉS Personnellement, je me sens privilégié de compter ces gars et ces filles parmi mes amis. Ils sont curieux, sensibles et cultivés. Car, eh oui, la droite s’intéresse aussi à la culture… 12 Novembre 2011Crimes d'honneur, vraiment?
Il y a quelques jours, pour l’émission Les Francs-Tireurs, j’ai interviewé la députée bloquiste Maria Mourani sur le sujet des crimes d’honneur.
Madame Mourani m’a dit que la notion de crime d’honneur existe dans plusieurs communautés et sous différentes formes. Au Québec, par exemple, lorsqu’un homme jaloux et violent tue sa femme, c’est une forme de crime d’honneur, m’a expliqué Maria Mourani. Sauf qu’ici, nous préférons utiliser le terme « drame conjugal ». DEVOIR DE TUER Ah oui, vraiment ? Ce n’est pourtant pas ce que disent les spécialistes. La fondation suisse SURGIR, qui combat la violence contre les femmes, a récemment publié une brochure sur les crimes d’honneur. Voici la définition qu’elle en donne : « Le crime d’honneur se réfère à un droit de vie ou de mort exercé par les hommes sur les femmes. Plus qu’un permis de tuer, c’est un devoir de tuer quand une femme de la famille a transgressé les codes de conduite dictés par la communauté. « Ce devoir de venger l’honneur de la tribu est soumis à la pression du groupe d’appartenance. Il s’agit de sauver l’honneur de la famille en faisant couler le sang de la présumée coupable au su et au vu de tous, afin de prouver que l’on est conforme aux codes de sa communauté, que l’on respecte ses règles et que l’on sanctionne les écarts de conduite. « Le déshonneur est une menace d’exclusion sociale pour toute la famille élargie. » NEUF CRITÈRES On est loin du drame conjugal typique. On parle ici de tribu, de communauté, de règles de conduite dictées par un groupe. Selon le groupe SURGIR, voici les neuf critères permettant d’identifier le crime d’honneur : 1) Le crime est planifié. 2) Il est utilisé comme menace afin de contrôler les femmes. 3) La planification et l’exécution du crime impliquent plusieurs membres de la famille et peuvent inclure la mère, les sœurs, les frères, les cousins, les oncles, les grands-pères. 4) La famille élargie fait pression sur la famille directe. 5) La communauté est complice. Elle dénonce les comportements déclarés répréhensibles et aide parfois la famille à retrouver la femme en cas de fuite. 6) Le mobile du crime est que la femme a déshonoré la famille. 7) Plus de la moitié des crimes répertoriés font état de pratiques très violentes et barbares : décapitation, éventration, gorge tranchée, brûlure à l’acide, lapidation, étouffement avec tortures, immolation par le feu, coup de hache. 8) La famille et la communauté valorisent le crime d’honneur. Les auteurs du crime ne sont pas des criminels mais des héros aux yeux de leurs proches. 9) Les meurtriers ne montrent que rarement du remord. Ils se considèrent d’avantage comme victimes du comportement de la femme. Il y a un sentiment de devoir accompli en restaurant l’honneur de la famille. RELATIVISME CULTUREL Cela cadre tout à fait avec l’affaire Shafia. Mais ça n’a rien à voir avec toutes ces femmes qui, chaque année au Québec, sont malheureusement tuées par leur mari ou leur ex conjoint. Qu’on me comprenne : je ne dis pas que ces « drames conjugaux » sont moins graves, moins scandaleux. Mais il ne faut pas tout mélanger et tomber dans le relativisme culturel… 11 Novembre 2011Les beaux citrons
Ainsi, l’informatisation du réseau de la santé qui devait coûter 547 millions de dollars coûtera finalement 1,6 milliard.
Bof… Êtes-vous vraiment surpris ? Au Québec, le dépassement de coût est une habitude, pour ne pas dire la norme. Ça fait tellement partie de nos mœurs que plus personne ne s’en offusque. LA VALSE DES MILLIONS Sur son site Internet, la Ligue des contribuables du Québec recense les plus importants dépassements de coûts des dernières années. Un vrai musée des horreurs. Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM), Centre universitaire de santé McGill (CUSM) et Centre hospitalier universitaire de Sainte-Justine (CHUSJ) : dépassements de 2,858 milliards. Réfection de l’échangeur Turcot : dépassements de 1,5 milliard. Autoroute 175 : dépassements de 389 millions. Modernisation du système informatique d’Hydro-Québec pour le service à la clientèle : dépassements de 204 millions. Construction des centres d'entretien pour trains de banlieue de l'Agence métropolitaine de transport (Montréal) : dépassements de 187 millions. Et ça continue comme ça sur des lignes et des lignes : 162 millions, 151 millions, 100 millions, 65 millions, 52 millions, 45 millions, 44 millions, 43,3 millions, 38 millions, 30 millions… Selon la Ligue des contribuables du Québec, les dépassements de coûts dévoilés dans les médias depuis le 1er janvier 2009 totalisent 6,177 MILLIARDS (6 milliards 177 millions) de dollars… en EXCLUANT le réaménagement de la rue Notre-Dame, l’informatisation du réseau de la santé et la réfection de Gentilly-2 !!!! TOUJOURS PLUS GROS ! En voulez-vous d’autres exemples de mauvaise gestion ? En v’là ! * Entre mai et juin 2011, les dépassements de coûts dans les projets du ministère des Transports ont atteint 83 millions de dollars. * Au cours des dix dernières années, les dépassements de coûts dans la location d’hélicoptères par Hydro-Québec étaient de 13 millions de dollars. * Depuis l’an 2000, les contrats accordés par Hydro-Québec à des firmes informatiques ont connu des dépassements de coûts de 400 millions de dollars. *Le coût de l’allongement du métro à Laval est passé de 179 millions à 804 millions. Etc., etc. Je pourrais écrire 20 articles sur cette question, juste en alignant des chiffres représentant des millions et des milliards… « C’EST COMME ÇA ! » Et qu’est-ce qu’on fait, nous, devant ce gaspillage éhonté ? Rien. On se lève, on prend notre douche et on va travailler. Six mois pour l’État, six mois pour nous. La moitié de notre salaire sert à alimenter le monstre. C’est à se demander si quelqu’un sait compter, dans le gouvernement. Vous vous imaginez, vous, annoncer de tels dépassements de budgets à votre patron ? Il vous sortirait de son bureau — et de son entreprise — à coups de pied dans le cul. Mais dans le système public, pas de problème, personne n’est imputable, personne ne perd son boulot, les ministres haussent les épaules et disent : « Hé oui, c’est comme ça, on a mal calculé… » Ils n’ont même pas la décence de s’excuser. PAYEZ PLUS Et pendant ce temps-là, on dit aux étudiants qu’ils devront payer davantage pour aller à l’université car l’État n’a plus d’argent… Voulez-vous rire de nous ? Cela dit, je ne blâme pas le gouvernement : une poule qui ne se défend pas ne mérite qu’une chose. Se faire plumer. 9 Novembre 2011Une femme texte PENDANT son mariage!!!Regardez la face du mari... Indignés: d'un bout à l'autre de la 20On parle beaucoup de la rivalité Québec-Montréal, ces temps-ci. Plus particulièrement, du fossé idéologique qui sépare Régis « C’est moi qui commande » Labeaume et Gérald « Je l’sais pas, j’étais pas là » Tremblay. NAPOLÉON CONTRE BADEN POWELL Le symbole le plus représentatif des différences qui existent entre ces deux maires est l’affaire des indignés. Du côté de Québec, pas de tataouinage. Le maire Labeaume fait tout ce qu’il peut pour déloger les campeurs, dusse-t-il passer pour un « dictateur amical ». À Montréal, c’est le contraire. Gérald Tremblay (qui est le genre à s’excuser quand on lui marche sur les pieds) joue la carte de la « tolérance » et est prêt à aider les « indignés » à construire des cabanes pour les aider à passer l’hiver. (Ce qui a été refusé par le Conseil municipal) Bref, c’est le vieux conflit entre la « droite » de Québec (« Sacrez-moi ça dehors, ces maudits crottés ») et la « gauche » de Montréal (« Amir Khadir et Luc Ferrandez sont de grands démocrates à l’écoute du peuple »). PARLE, PARLE, JASE, JASE Personnellement, je n’ai rien contre les « indignés ». Une société qui ne s’interroge pas sur son avenir et ses façons de faire est une société morte. Idem pour la jeunesse. Le photographe français William Klein a tourné un documentaire sur mai 68 intitulé Grands soirs et petits matins. Je me le suis fait parvenir par Amazon, il y a quelques mois. Qu’est-ce qu’on y voit ? Principalement, des gens parler. Des vieux, des jeunes, des étudiants, des ouvriers, des patrons et des mères de famille s’arrêter au beau milieu de la rue à trois heures de l’après-midi et discuter — de politique, d’amour, d’argent, de sexe, d’économie. C’était ça, mai 68 : un gros brassage d’idées. Les gens avaient besoin d’arrêter la roue qui tourne pour discuter entre eux du genre de société qu’ils voulaient avoir. CONTRE LE SYSTÈME, TOUT CONTRE Eh bien, c’est ce qui se passe, aujourd’hui : une certaine frange de la population ressent le besoin de mettre un pied sur le frein et de réfléchir à voix haute. Qu’y a-t-il de mal à ça ? C’est d’autant plus sain que le capitalisme est justement un système qui évolue grâce aux contestations qu’il génère. Plus on le conteste, plus il s’adapte et plus il croît. Aucun système économique n’est capable d’intégrer et de digérer ses critiques comme celui-ci. La preuve : à New York, des entrepreneurs impriment des t-shirts à l’effigie des « indignés » ! Et des vedettes gonzillionnaires profitent du mouvement pour se faire de la pub et vendre leur produit — c’est-à-dire : eux ! LE ZOO Mais faut-il transformer des parcs en camps de réfugiés pour avoir cette conversation ? Il n’y a pas un moyen, disons, plus « civil » de le faire ? Richard Desjardins fait-il du camping pour dénoncer les minières ? Non, il réalise des films. Dominic Champagne occupe-t-il un parc pour combattre les gazières ? Non : il écrit dans des journaux et participe à des réunions. Actuellement, j’ai l’impression que les « indignés » parlent aux « indignés ». Ça ne vous tenterait pas d’élargir votre public et de sortir de votre enclos ? 8 Novembre 2011Bêêêê....
140 brebis ont été égorgées par des musulmans lors d'un rituel religieux, dimanche...
Les célébrants ont respecté les lois d'Allah (les animaux doivent être couchés sur le flanc gauche et regarder en direction de la Mecque pendant qu'ils se font égorger...), mais se sont foutus des lois du Québec (qui affirment que tout ça doit se dérouler dans des abattoirs reconnus et inspectés)... Bof... C'est Dieu qui est important, non? Pourquoi respecter les lois de son pays quand on a Allah de son bord? Pourquoi respecter le Québec quand notre seule contrée est l'islamisme? Un exercice inutile
Pourquoi faire des enquêtes du coroner si la moitié des recommandations "tombent dans la craque"?
C'est bien beau, rédiger des rapports, mais à quoi ça sert si on les tablette et les enterre? Ça ne sert qu'à gagner du temps, c'est tout...
Ça tombe sous le sens
Vous souvenez-vous du temps où l'on parlait de la Commission d'enquête publique sur la construction?
C'était avant les frasques des gros bras de la FTQ, le projet de loi interdisant le placement syndical et les indignés qui bâtissent des cabanes pour passer l'hiver... Deux anciens ministres de la Justice trouvent qu'il est absolument aberrant que la présidente de la Commission ait à se tourner vers le Premier Ministre pour avoir des pouvoirs supplémentaires... Selon eux, c'est la preuve par A + B que la politique influence le juridique!
Qu'est-ce que vous faites ici?
Comme vous le savez, le 23 octobre dernier, les Islamistes ont remporté les élections en Tunisie.
Mais ce qui me laisse pantois est que la moitié des Tunisiens vivant à l’étranger (dont ceux qui vivent ici même, chez nous) ont appuyé les barbus ! Comme s’est demandé un Internaute : « Pourquoi ces gens-là votent pour un parti islamiste qui se dit ouvertement anti-laïque, alors qu'ils préfèrent vivre dans des pays libres et laïques ? » UNE RÉALITÉ INQUIÉTANTE Dans le dernier numéro du Nouvel Observateur, l’éditorialiste Jean Daniel consacre quelques lignes bien senties sur ce sujet. « Comment expliquer que des hommes et des femmes qui ont choisi de vivre dans un autre pays que le leur, souvent de s’y intégrer, parfois de s’y enraciner, puissent élire dans leur pays d’origine les leaders les plus contraires à l’esprit de leur pays d’adoption ? « Comment des femmes qui, en exil, bénéficient de la protection des lois sur tous les plans, peuvent-elles souhaiter que les mêmes lois ne soient pas appliquées dans leur pays natal ? » Vaste et inquiétante question. LE MÉPRIS DE CE QUE NOUS SOMMES De deux choses l’une : ou les Tunisiens en exil qui ont appuyé les Islamistes trouvent que la démocratie est une « idée occidentale » qui ne s’applique pas à leur pays d’origine (genre : « Ces gens-là sont trop attardés et ne sont pas prêts à vivre comme moi je vis », ce qui serait une attitude assez méprisante, merci). Ou alors ils croient vraiment que l’islamisme est le meilleur système qui soit. D’une façon comme de l’autre, ce n’est pas une bonne nouvelle. C’est comme si vous invitiez 50 personnes chez vous, et que vous découvriez à la fin de la soirée que 25 d’entre elles détestent vos valeurs et la façon dont vous vivez. Si ces gens ne croient pas à la démocratie, à la séparation de l’Église et de l’État et à l’égalité des sexes, voulez-vous bien me dire ce qu’elles font ici ? Et pourquoi laisserait-on entrer des gens qui méprisent nos valeurs ? PENDANT CE TEMPS… Vous vous rappelez cette conférence islamiste mettant en vedette des barbus affirmant que les femmes infidèles méritaient d’être lapidées ? Eh bien, croyez-le ou non, mais 500 personnes y ont assisté. Oui, mesdames. Pendant que vous sirotiez un cocktail dans un bar avec vos amies de filles, 500 islamistes se sont donnés rendez-vous dans une obscure mosquée du nord de Montréal pour entendre des fous d’Allah cracher leur venin sur les femmes « mécréantes ». Il y a, en notre sein, des gens qui se foutent de nos libertés comme de leur première tunique. Je ne sais pas vous, mais moi, ça me fout la trouille… UNE VICTOIRE DÉROBÉE « La Tunisie était un exemple à suivre pour tous les nouveaux combattants arabes de la démocratie. Elle est devenue un modèle pour les mouvements religieux. Dieu vient de dérober au peuple sa victoire », a écrit Jean Daniel dans un autre texte. Et 50 % des Tunisiens vivant à l’étranger — et profitant pleinement de nos chartes garantissant leurs droits et leurs libertés — ont applaudi chaleureusement et ouvert la porte aux barbus. Je ne comprends pas… 7 Novembre 2011Dieu est grand et la religion est bizarre...
Après la lapidation de Satan par les Islamistes, le rituel de l'Homme nu chez les pèlerins japonais...
Décidément, les voies de Dieu sont impénétrables... ![]() La révolution dans nos têtes
Décidément, les Québécois d’aujourd’hui ne ressemblent pas aux Canadiens français d’hier…
Alors que nos ancêtres étaient des coureurs des bois qui aimaient le risque, la liberté et l’aventure, nous demandons au gouvernement de régler tous nos problèmes et passons notre temps accrochés aux mamelles de l’État. Qu’est-il arrivé pour que nous passions ainsi de lions à brebis ? L’ÉTAT-PARENT Si vous vous posez la question, vous devez acheter Pour en finir avec le gouvernemaman, de Joanne Marcotte, un livre coup-de-poing qui sort en librairie ces jours-ci. Cinq ans après avoir réalisé L’illusion tranquille, un documentaire choc qui tirait à boulets rouges sur le modèle québécois et démontrait que les programmes universels profitaient davantage à la classe moyenne qu’aux démunis, la cofondatrice du Réseau Liberté Québec (une « indignée » de droite) s’en prend maintenant à l’indolence de ses concitoyens, qui ont abdiqué leurs responsabilités et remplacé l’Église par l’État. « Sournoisement, insidieusement, cet État-parent, incubateur de citoyens-enfants, s’est inséré petit à petit dans l’espace privé des individus, écrit-elle. « De la naissance jusqu’à notre dernier souffle, l’État est là, tel un parent inconditionnellement dévoué. L’État s’ingère partout et est devenu l’instance du premier recours en toute circonstance… » LE DÉCLIN TRANQUILLE Jusqu’aux entreprises qui ne peuvent rien faire sans l’implication directe de l’État. « Le Québec est le champion canadien de l’aide aux entreprises avec 134 programmes, déplore l’auteure. Avec sa moyenne de 3,6 milliards de dollars par année pour soutenir les entreprises québécoises, il s’agit du double de la somme versée par le gouvernement de l’Ontario. » Pour Joanne Marcotte, le Québec changera seulement lorsque les Québécois mettront fin à cette culture morbide et stérile de la dépendance. La prochaine révolution devra se passer dans nos têtes. Tant que nous continuerons de demander à l’État de régler tous nos problèmes et de nous prendre en charge du berceau au tombeau, la société québécoise n’ira nulle part. Pire : elle sera condamnée à un déclin tranquille. LE SYSTÈME EST ROI Prenez le dossier de la langue : au lieu de nous tenir debout devant les commerçants unilingues anglophones et d’exiger d’être servis dans notre langue, nous demandons au gouvernement de régler ce problème pour nous ! Pourquoi ? Idem pour la santé et l’éducation, les deux chantiers les plus importants de l’heure. Pourquoi toujours s’en remettre « aux grands architectes constructivistes » et autres « savants bureaucrates » qui « pilotent tout d’en haut », au lieu de faire confiance aux « gens de la base » et aux « artisans », qui, eux, savent ce qui marche ou pas ? Pourquoi toujours privilégier le système au détriment des individus ? AGIR « Le citoyen doit retrouver sa liberté, croit Joanne Marcotte : de choisir, d’entreprendre, de reprendre en main sa destinée. Il devra se réapproprier ses responsabilités. » Ce qui est admirable, chez Joanne Marcotte, est que cette citoyenne militante ne se contente pas de parler : elle agit. Elle n’a pas attendu de recevoir une subvention pour produire et réaliser L’illusion tranquille : elle l’a fait avec son propre argent. Même chose pour son manifeste : elle l’a édité elle-même. Plus il y aura de Joanne Marcotte, au Québec, mieux notre société se portera… 6 Novembre 2011Décidément, ils aiment ça, lapider...L'odeur perdue du bonheurL’autre jour, à TFO, j’ai pu revoir l’extraordinaire film de Marco Ferreri, La Grande bouffe, l’histoire de quatre bourgeois blasés qui s’enferment dans une maison avec des tonnes de victuailles et qui mangent jusqu’à ce qu’ils crèvent. Cette fable grinçante sur la société de consommation (qui a fait scandale au Festival de Cannes) est sortie en salles en 1973, mais elle est encore plus actuelle aujourd’hui qu’à l’époque. En effet, rarement l’homme occidental n’a été autant obsédé par la nourriture que ces temps-ci. ÉLOGE DE LA CUISINE Avez-vous vu le nombre de livres de recettes qui sortent chaque mois ? Hallucinant. Le plus ironique, dans toute cette histoire, est que la majorité des études affirment que les gens ne prennent plus le temps de cuisiner ! On achète des mets préparés, congelés… À quoi servent tous ces livres, alors ? Probablement à rêver. On contemple avec envie ce qu’on pourrait manger si on passait moins de temps à courir, à travailler ou à regarder la télé… Dans La vie de qui ?, son autobiographie, le chorégraphe français Maurice Béjart rend hommage aux cuisines : « La cuisine est un lieu où l'on parle, où l'on se dit des vérités, des mensonges, des histoires drôles, des choses désagréables et des choses sensées ou insensées, écrit-il. « Il y a vingt ans, j’ai loué une grande maison isolée, pleine de chambres, où j'avais invité des amis. Malgré la piscine, la mer, le jardin, on se retrouvait tous ensemble dans la cuisine, à midi, et on discutait pendant des heures, alors qu'il faisait soleil dehors et que la cuisine était plutôt sombre, mais cette cuisine nous attirait, nous hypnotisait, et finalement nous rapprochait. » UN MOMENT DE SILENCE Voilà pourquoi on prend autant de plaisir à feuilleter des livres de cuisine, selon moi : ce n’est pas la bouffe en soi qui nous intéresse, mais tout ce qui l’entoure, c’est-à-dire la famille, les amis, les discussions, les fous rires, les enfants qui courent en grignotant des bouts de pain, l’odeur de la soupe… Bref, tout ce qui fout le camp, tout ce qui nous manque, tout ce qui est menacé à cette époque hystérique qui ne jure que par l’individu, la performance, la vitesse, la fuite en avant. Dans Pieds nus dans l’aube, Félix Leclerc écrit : « Lorsque nous étions réunis à table et que la soupière fumait, maman disait parfois : “Cessez un instant de boire et de parler. Regardez-vous.” Nous nous regardions, sans comprendre, amusés. “C'est pour vous faire penser au bonheur”, ajoutait-elle. » Aujourd’hui, nous sommes isolés chacun dans notre coin, le nez plongé dans un livre de cuisine pour essayer de revivre ces moments perdus. Triste. Le monstre
Ainsi, l’ex-cardiologue Guy Turcotte a demandé de quitter l’institut Pinel, alléguant qu’il se portait beaucoup mieux, qu’il était prêt à pratiquer la médecine à nouveau, et qu’il songeait à se marier… et à fonder une nouvelle famille !
PAS SI FOU QUE ÇA ? Selon son psychiatre traitant, le docteur Pierre Rochette, Guy Turcotte n’affiche aucun symptôme d’une quelconque maladie mentale. Non seulement il ne prend plus d’antidépresseurs, mais il ne suit aucune thérapie. Se pourrait-il que les jurés qui ont décidé à la surprise générale que Turcotte ne pouvait pas être tenu criminellement responsable du meurtre sordide de ses deux enfants aient été bernés ? Que le monstre de Piedmont savait parfaitement ce qu’il faisait ? Qu’il a trompé tout le monde ? Qu’il nous a « joués » comme si on était un piano à queue ? Que son acte était froidement prémédité ? On est en droit de se poser la question… DES ROCK STARS Non seulement Turcotte est prêt à se marier et à avoir d’autres enfants, ce qu’il pourra peut-être faire dans un an, quand il retournera « dans la communauté », mais il reçoit des lettres d’admiratrices en prison ! Vous imaginez ? Des folles lui écrivent pour lui déclarer leur amour ! J’imagine qu’elles trouvent qu’il fait pitié et qu’il est une pauvre victime de son ex… C’est un classique : TOUS les tueurs en série qui poireautent en taule reçoivent des demandes en mariage. Tous. Scott Peterson, un Américain qui a été trouvé coupable d’avoir assassiné son épouse alors qu’elle était enceinte, en 2004, a reçu sa première demande en mariage de la part d’une admiratrice… une heure après être entré en prison ! Une trentaine d’appels téléphoniques ont dû être repoussés par les surveillants le jour de son arrivée dans la prison de San Quentin : des femmes les suppliaient pour obtenir l’adresse postale de Peterson et une jeune femme de 18 ans voulait l’épouser immédiatement. « JE L’AIIIIIIME ! » En 2005, le San Francisco Chronicle affirmait que 99 % des lettres reçues par les condamnés à mort de la prison de San Quentin provenaient de femmes. Pendant ce temps-là, des gars honnêtes et sympathiques éprouvent de la difficulté à se trouver une compagne car les femmes les trouvent trop doux et trop gentils… En 1991, la journaliste et spécialiste de la violence conjugale Sheila Isenberg a publié un livre intitulé Women Who Love Men Who Kill. Pour l’occasion, elle a interviewé 30 femmes qui ont épousé des détenus condamnés à mort. Sa conclusion : la plupart de ces femmes ont été abusées dans leur jeunesse. Pour elles, un coup de poing, c’est comme un bec, une façon qu’ont certains hommes de montrer à leur femme qu’ils les aiment et qu’ils tiennent à elle… ÉTERNELLES VICTIMES Regardez Jean-Guy Tremblay, qui a été condamné à répétition pour violence envers les femmes : une fille de la région de Québec veut le marier ! Et devinez quoi ? Elle a déjà été victime de violence ! « Chaque torchon trouve sa guenille », disait ma mère. Il faudrait peut-être montrer à ces guenilles qu’elles sont en fait de magnifiques tissus qui méritent mieux que de se faire traîner dans la boue… 4 Novembre 2011Une leçon de politique
Est-ce moi, ou la baloune de François Legault est en train de se dégonfler petit à petit?
On a l'impression que les gens commencent à débander... On s'attendait à un sauveur, on a un gars qui marche constamment sur des oeufs, et qui tente de faire plaisir à tout le monde... Un autre politicien professionnel qui fait attention à ne pas trop brasser la cage, de peur de perdre des appuis... En parlant de politique: allez voir le dernier film réalisé par George Clooney, THE IDES OF MARCH, c'est génial! Une terrible leçon de politique... L'histoire d'un conseiller idéaliste qui apprend à son corps défendant que pour gagner, dans cette jungle où les gros mangent les petits, il faut descendre dans l'arène, se rouler dans la boue et être un chien sale... Good Guys Finish Last... Camping sauvage
Les indignés projettent de faire du camping jusqu'à quand, au juste?
Ils sont en train de se construire des communes, avec des cabanes, des tentes, des bibliothèques, des cantines... À quand des toilettes? Un des porte-parole des indignés de Québec me parlait de poules, ce midi! Vont-ils avoir des vaches, des cochons???? Un moment donné, ça fait! Trouvez une autre façon de faire passer votre message... Et puis, entre vous et moi, les indignés croient-ils vraiment que le systèmes économique mondial va changer juste parce qu'ils font du camping???? Elle est où, la classe moyenne? Ils sont où, Monsieur et Madame Tout-le-monde? Les indignés n'ont pas réussi à aller les chercher... Ça reste un groupe marginal, composé des habituels manifestants alter-mondialistes qu'on voit à tous les G-20... Le gouvernement bouge quand LA CLASSE MOYENNE sort dans la rue, comme elle l'a fait dans les années 60 pour manifester contre la guerre du Vietnam... Or, quel travailleur ordinaire a le goût de se joindre aux campeurs à gogo? Ça ressemble plus à un gros party qu'à un véritable mouvement de masse. (Je parle de ce qui se passe au Québec. Aux USA, où la crise a frappé fort, jetant des milliers de personnes à la rue, c'est différent.) À chaque génération, son mai 68, j'imagine... 3 Novembre 2011Comme en Grèce?
Selon une étude du think tank indépendant Macdonald-Laurier, l'accroissement du nombre de personnes âgées au Canada risque de débalancer le budget national et de nous pousser au bord de la faillite...
Un portrait objectif et réaliste ou un document catastrophique destiné à faire peur au monde et à nous faire accepter des coupures dans les finances publiques? Le juge est une ordure
Un juge du Texas, traitant notamment des affaires de violences contre les enfants, se retrouve lui-même visé par une enquête pour maltraitance après la diffusion sur internet d’une vidéo dans laquelle on le voit frapper sa fille à coups de ceinture...
Et même la mère s'y met! Maudite belle famille... Et ça fait la leçon, et ça juge les batteurs d'enfants... Dégueulasse... 2 Novembre 2011Un exercice irresponsable?
Aujourd’hui, afin de dénoncer la poussée islamiste en Tunisie (pays qui s’est débarrassé d’une dictature pour embrasser le fondamentaliste religieux — donc, qui s’est jeté tête première dans un lac pour échapper à la pluie), l’hebdomadaire satirique français Charlie Hebdo va sortir un numéro spécial se moquant de l’islamisme.
Intitulé Charia Hebdo, ce magazine (qui promet « 1000 coups de fouets si vous n’êtes pas mort de rire ») contiendra un supplément féminin (Charia madame), des bédés cinglantes, des textes humoristiques se moquant des barbus et un dessin de Mahomet affublé d’un gros nez rouge. EXCITER LES EXCITÉS Au risque de surprendre les lecteurs qui connaissent mes positions tranchées sur la question, cet exercice hautement périlleux me laisse perplexe. Pas sûr que ce soit une bonne idée. Ne risque-t-on pas de jeter inutilement de l’huile sur le feu et d’exciter encore plus les excités ? Dénoncer les islamistes — oui, bien sûr. Les combattre, les critiquer, les pointer du doigt — certes. Le plus souvent possible. Non seulement est-ce notre droit, mais c’est notre devoir. Mais provoquer ces extrémistes en publiant des images et des textes destinés à les faire grimper dans les rideaux ? Ça me semble un peu irresponsable. Car il ne faut pas se mettre la tête dans le sable : la publication de cet hebdomadaire satirique sera accueilli par des cris de guerre de la part des barbus. Il y aura des menaces, peut-être même des blessés et des morts. La vie de Français vivant dans des pays musulmans pourra même être menacée. Le jeu en vaut-il la chandelle ? PROTÉGER LES INNOCENTS Si vous savez que votre voisin est un crackpot fini qui se met à tirer partout et à battre ses enfants chaque fois qu’il entend du Beethoven, par exemple, allez-vous sortir votre système de son sur votre balcon et faire jouer la Neuvième à tue-tête ? Probablement pas. Vous allez vous garder une petite gêne. Pas par respect pour votre voisin malade mental. Juste pour ne pas mettre la vie d’innocentes personnes en danger. Eh bien, c’est la même chose ici. Il ne s’agit pas de respecter les délires psychotiques des barbus. Juste de ne pas jeter inutilement de l’huile sur le feu de leur psychose. OPÉRATION NEZ ROUGE Et puis, la meilleure façon de bloquer la route aux islamistes n’est peut-être pas de les faire grimper dans les rideaux et de leur donner une occasion de plus de se faire sauter dans un endroit public, mais de démonter leur discours et celui de leurs « idiots utiles », comme le fait Djemila Benhabib de façon magistrale. Ça, c’est utile ! Mais montrer Mahomet avec un nez de clown ? Pas sûr que ça fasse avancer le débat… Enfin, c’est ce que je crois. Qu’en pensez-vous ? ___________ DERNIÈRE HEURE: comme quoi j'avais raison... LES LOCAUX DE CHARLIE HEBDO ONT ÉTÉ INCENDIÉS... 1er Novembre 2011Common Decency...
" L'homme ordinaire n'a pas besoin de se tourner vers certaines autorités pour agir moralement. Il possède en lui-même une faculté sensible d'évaluation morale qui précède toute norme conventionnelle. »
— Bruce Bégout, auteur du livre De la décence ordinaire, un court essai portant sur George Orwell et la "décence commune"... Beau chalet
Des images de Sagard, le domaine du clan Desmarais.
Ça, c'est un empire, les amis... À quand un reportage de Radio-Canada là-dessus? ![]() ![]() ![]() ________ Extrait d'une entrevue publiée dans le magazine français Le Point Votre château ressemble à Versailles . Pas vraiment. Son architecture s’inspire de la Malcontenta de Palladio, une villa des environs de Venise. Quels animaux trouve-t-on à Sagard ? Toutes sortes de poissons dans les lacs. Des faisans que nous introduisons pour la chasse. Mais il y a aussi des orignaux. L’orignal n’est pas un animal facile à chasser. Il faut se lever tôt et avoir un bon guide. On trouve aussi des chevreuils et des ours qui viennent détériorer notre terrain de golf. Combien d’employés avez-vous à Sagard ? L’hiver une trentaine, l’été peut-être autour de cent. Il y a du travail pour l’entretien des routes, des jardins... Bill Clinton, Bush père, des Premiers ministres québécois et canadiens, cheikh Yamani, le roi d’Espagne, etc. Qui n’est pas venu à Sagard ? Tout le monde n’est pas invité. Mais on a eu beaucoup de monde. Pour des fêtes de famille, on fait venir des musiciens d’orchestre, des membres du Cirque du Soleil, des chanteurs. Charlebois est un habitué. C’est un numéro ! Nous vieillissons ensemble. Bientôt je vais faire une grande fête pour l’anniversaire de Jacqueline. Ma femme attire beaucoup de monde chaque année avec le tournoi de golf qu’elle organise à Sagard au profit de ses oeuvres de bienfaisance. Maurice Druon est un habitué de Sagard... J’ai eu l’occasion de le rencontrer à une réception de l’Académie française. Nous avons parlé du Canada et d’autres choses. Et puis des « Rois maudits ». Je lui ai dit que son livre m’avait tenu en haleine. Je ne suis pas allé au bureau pendant deux jours. C’est un livre extraordinaire. Dassault, Peugeot, Arnault, Bettencourt, Seillière... Vos invités français à Sagard sont plutôt des familles capitalistes... En effet. Quelques-unes de ces familles sont dans un fonds Sagard. Pour le plaisir ou pour l’argent ? Ce sont mes fils avec leurs collègues qui s’occupent du fonds qui est basé à Paris. L’objectif, c’est de faire de l’argent. C’est une priorité. Mais il y a aussi du plaisir à être ensemble. Parmi les invités célèbres à Sagard, vous avez eu Nicolas Sarkozy. Votre président est venu à Sagard, mais aussi ici, à La Malbaie. Sa dernière visite remonte à l’hiver 2005. J’ai rencontré Nicolas Sarkozy grâce à Albert Frère. C’était après l’élection de Chirac à la présidence, celle de 1995. Albert, qui chaque année au printemps donne une fête à Bruxelles, savait que j’étais venu avec mon avion à Paris. Il m’a demandé si je pouvais emmener un de ses invités. J’étais tout seul, j’ai dit oui, bien sûr. C’est comme cela qu’un soir j’ai rencontré au Bourget Nicolas Sarkozy. Je ne le connaissais pas du tout. Nous avons discuté dans l’avion. Je l’ai même ramené ensuite à Paris. Une question de bon sens
Gabriel Cantin, le vieux dégueulasse qui a agressé une fillette de trois ans, a reçu une sentence de cinq ans et demi de prison, alors que Vincent Lacroix, qui a fraudé pour 130 millions de dollars, a été condamné à 13 ans.
Les spécialistes en justice ont beau me sortir toutes sortes d’arguments pour expliquer cette disparité, je ne comprends pas. Ça ne me rentre pas dans la tête. L’ARGENT A PLUS DE VALEUR Il y a quelques années, un père de famille de 29 ans a été arrêté par l’escouade de cybersurveillance de la SQ. Cet homme avait accumulé 190 983 photos et 6 287 vidéos de porno juvénile sur son ordi — « la plus impressionnante collection » du genre jamais découverte chez un internaute québécois, selon les enquêteurs. Or, qu’est-ce que le juge a fait ? Il a condamné le bonhomme à 23 mois de détention et lui a permis de continuer à utiliser un ordinateur sous prétexte qu’il travaillait dans une entreprise d'informatique ! Pendant ce temps, on donne des sentences exemplaires aux bandits économiques… Comme si c’était plus répréhensible de voler notre portefeuille que de violer nos enfants ! LA DÉCENCE COMMUNE L’écrivain britannique George Orwell (1984, La ferme des animaux) disait que la base d’une société est la common decency, qu’on pourrait traduire par la « décence commune » ou « le gros bon sens ». Le peuple, disait-il, sait d’instinct ce qui est bien et ce qui est mal. Pas besoin d’avoir un post-doctorat en histoire pour savoir que les comportements d’Hitler et de Staline étaient immoraux, par exemple. Ça tombe sous le sens. Même dans les années 50 et 60, quand la plupart des intellectuels appuyaient les régimes totalitaires de la Chine et de l’URSS, les gens ordinaires savaient que ces divagations théoriques destinées à « humaniser » et à justifier la barbarie n’avaient aucun sens. Idem pour les questions d’argent. Certains écarts dans la distribution des richesses sont tellement criants, tellement indécents qu’on n’a pas besoin d’être un expert en économie pour s’en indigner. DES RÈGLES INSENSÉES La société, disait Orwell, commence à foutre le camp et à se déglinguer quand le système ne prend plus en considération la common decency. Quand les décisions, les lois et les règlements régissant la vie en société ne tiennent plus compte du sens commun. Eh bien, c’est exactement ce qui est en train d’arriver avec notre système de justice. Punir plus sévèrement un bandit à cravate qu’un agresseur d’enfants, c’est contrevenir au bons sens le plus élémentaire. Tout le monde sait que s’attaquer à un enfant est plus grave que voler de l’argent. Pourquoi notre système de justice ne reflète pas cet état de fait, alors ? Pourquoi donner 13 ans à Lacroix et cinq ans à Cantin, alors que nous savons tous que ça n’a aucun sens ? DANS LES NUAGES Les intellectuels regardent en général les défenseurs du « gros bon sens » de haut. Ils disent que ce sont des démagogues. Or, pour George Orwell (qui n’était quand même pas un deux de pique), ce sont eux qui sont dans le champ. À force d’avoir la tête dans les nuages, ils ont fini par quitter la terre.
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Richard Martineau est chroniqueur au Journal de Montréal.
Pour lui écrire, cliquez ici! Pour lire sa biographie, cliquez ici! Pour lire ses chroniques, cliquez ici! 10 derniers articles10 derniers commentaires
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