16 Novembre 2011

Permalink 15:01 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 100 mots  

Parlez-en en bien ou parlez-en en mal, mais parlez-en...

Obama



La nouvelle pub de Benetton fait jaser...

Cela dit, malgré les grands discours des concepteurs et du photographe derrière cette campagne, il ne faut pas perdre de vue que tout ça ne vise qu'une seule et unique chose: faire vendre des chandails...

Et aujourd'hui, pour tirer son épingle du jeu et faire en sorte que les gens (qui sont sollicités par des milliards d'images chaque jour) nous regardent, il faut provoquer, brasser la cage, susciter la polémique...

Sinon, on se perd dans la purée ambiante...

Regardez ce qu'a fait le Grand Théâtre de Québec...



Permalink 14:55 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 491 mots  

Les amitiés particulières

« Le sage change d’avis et le sot s’entête », dit un proverbe espagnol.

« Seul les fous ne changent pas d’avis », clame un proverbe français.

Les auteurs de ces maximes ont probablement raison.

Mais ça ne m’a pas empêché de sursauter quand j’ai appris que Lucien Bouchard avait fait le trajet Montréal-Paris il y a quelques jours pour assister à la remise de la Légion d’honneur à Jacqueline Desmarais, la femme de Paul Desmarais, le fondateur de Power Corporation.


LES ENNEMIS DE LA LIBERTÉ

Je savais que le ténor du Oui en 1995 ne croyait plus à la souveraineté. Je savais qu’il avait perdu ses illusions, un peu comme François Legault.

Mais de là à devenir copain copain avec un homme qui a passé sa vie à combattre bec et ongles les souverainistes et à les dépeindre comme des ennemis de la démocratie, il y a quand même un pas.

En juin 2008, le grand patron de Power Corporation (qui publie La Presse, Le Soleil et Le Droit par l’entremise de sa filiale Gesca) a accordé une longue entrevue au magazine français Le Point.

« Notre position est connue, a-t-il expliqué : nous sommes fédéralistes. Le point de vue des séparatistes peut apparaître dans La Presse, mais la ligne éditoriale est fédéraliste. Il n’y a pas d’ambiguïtés. Le directeur de publication est fédéraliste. Si le Québec se sépare, ce sera sa fin. Moi, je suis attaché à la liberté et à la démocratie. »

Comme si la liberté et la démocratie étaient en danger advenant la séparation du Québec !


RETOUR D’ASCENSEUR

« Si je suis aujourd'hui président, je le dois en partie aux conseils, à l'amitié et à la fidélité de Paul Desmarais », a déjà avoué Nicolas Sarkozy.

D’ailleurs, qu’a fait le nouveau Président lorsqu’il est entré à l’Élysée pour remercier son grand ami canadien ?

Il a mis fin à une longue tradition de non-intervention de la part de la France dans le débat national québécois, et s’est prononcé clairement en faveur du fédéralisme.

Et qui a-t-on vu, il y a quelques jours, en compagnie de Paul Desmarais et de son pote Sarko ?

L’une des figures les plus importantes de l’histoire du mouvement souverainiste !

Ben coudon.

Je comprends qu’on puisse changer d’idées, tout le monde le fait. Mais de là à jeter nos convictions à la poubelle et à fréquenter ceux-là mêmes qui ont comploté dans l’ombre pour nous faire tomber ?

C’est assez spécial.

J’aimerais être un petit oiseau et écouter ce que se disent Lucien Bouchard et Paul Desmarais quand ils abordent le passé souverainiste de l’ex premier ministre.

J’espère que monsieur Bouchard ne s’excuse pas en disant que c’était une erreur de jeunesse…