21 Novembre 2011

Permalink 12:52 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 517 mots  

Apocalypse Now





Êtes-vous déprimés, ces temps-ci ?

Alors, n’allez pas voir le dernier film de Lars von Trier, Melancholia, vous aurez envie de vous tirer une balle dans la tête.


LA FIN DU MONDE

Cette œuvre crépusculaire qui se déroule sur une musique lancinante de Wagner met en scène une femme dépressive qui accueille avec sérénité l’annonce de la fin du monde.
Lars von Trier a dit qu’il a tourné ce film car il avait l’impression que l’humanité traverse une profonde dépression nerveuse et que, comme son héroïne, nous attendons tous la fin du monde.

Le cinéaste danois n’a pas tort.

Regardez les films qui sortent sur nos écrans : la moitié parlent de l’Apocalypse !

La planète explose, la Terre est envahie par des zombies, les changements climatiques menacent les êtres vivants, des virus provoquent des hécatombes, les villes tombent en ruines…


PAS SI PIRE

À entendre certaines personnes, le monde n’a jamais été aussi mal. Pourtant, lorsqu’on regarde froidement la réalité, on se rend compte que si le monde n’est pas parfait, nous avons plusieurs raisons de nous réjouir.

Des pays qui crevaient de faim sont devenus des puissances économiques, l’espérance de vie n’a jamais été aussi élevée, les avancées dans le domaine de la génétique promettent de véritables miracles, la technologie va bientôt nous permettre de nous libérer de notre dépendance aux énergies fossiles, les technos vertes prennent de l’essor, la violence urbaine décline dans la plupart des grandes capitales, les dictatures tombent les unes après les autres…

Ce n’est pas le paradis, bien sûr, il y a toujours trop de gens qui tirent le diable par la queue et trop de guerres qui déchirent le monde, mais quand on se compare au passé, on constate que ça va mieux que ça allait.

Pourtant, l’homme déprime, angoisse…


QUESTION DE SENS

Dans son dernier ouvrage, Le fanatisme de l’Apocalypse, le philosophe français Pascal Bruckner affirme que le conflit est générateur de sens.

« Si nous ne sommes jamais sûrs de l’affection de nos proches, nous pouvons nous reposer tranquilles dans la haine de nos ennemis », écrit-il.

Quand on a un ennemi, on sait pourquoi on vit : pour combattre le Mal qui nous menace, pour le détruire.

Que serait Batman sans le Joker ou Superman sans Lex Luthor ? De pauvres bouffons en collants qui s’emmerdent dans leur cave…


SUS AU PROGRÈS !

Or, le fascisme et le communisme sont morts et enterrés. Que nous reste-t-il pour bander nos ardeurs ?

Les écolos et les altermondialistes ont trouvé : le progrès ! C’est lui, notre nouvel ennemi ! C’est cette idée qu’il faut combattre !

Voilà peut-être pourquoi l’homme moderne déprime : parce que le monde progresse.

Et qu’on a réussi à lui faire croire que plus ça va bien, plus ça risque d’aller mal…