24 Novembre 2011

Permalink 06:18 am, Richard Martineau / Franc-parler, 452 mots  

Les montagnes russes

La semaine dernière, j’ai interviewé trois personnes bipolaires pour la télé.

Elles me disaient que dans leur phase maniaque, elles pouvaient travailler pendant des jours sans dormir, alors que dans leur phase dépressive, c’est juste si elles trouvaient l’énergie pour sortir du lit le matin.

Eh bien parfois, j’ai l’impression que le Québec souffre de cette maladie.


DE BAS EN HAUT

Prenez le dossier de la langue.

Pendant des mois, pour ne pas dire des années, on voit des entreprises bafouer ouvertement la loi 101 et on ne lève pas le petit doigt.

Puis un jour, on se réveille en sursaut et on défend la langue française de façon excessive, comme si on était sur un high de coke.

Nous sommes présentement dans une phase maniaque.

Bientôt, si ça continue, on va faire le tour des animaleries pour voir s’il y a des perroquets qui parlent anglais…

J’exagère ? À peine.

Regardez ce que la Commission scolaire de Montréal veut faire : elle veut interdire aux enfants de se parler dans une langue autre que le français dans les corridors, à la cafétéria et dans la cour d’école !


MAUVAISE CIBLE

Imaginez…

Une prof aperçoit deux élèves algériens fraichement débarqués au Québec échanger quelques mots en arabe devant leurs casiers ?

« Interdit ! Switchez tout de suite au français, Mohamed et Tarek, sinon je vous colle une retenue ! »

Comme si c’était ça, le principal problème de la langue française au Québec !

Pendant ce temps-là, la Caisse de dépôt embauche des unilingues anglophones sans broncher et des géants comme la Banque Nationale se foutent du français comme de leur premier client.

On récure une fourchette sale pendant deux heures alors qu’une montagne de poubelles trône au beau milieu du salon !


WHAT ?

Il y a quelques semaines, je suis allé manger dans un restaurant chic du centre-ville et le serveur ne comprenait même pas le mot « Oui ».

Pas de farce, il ne connaissait pas un maudit mot de français. Et c’est lui qui s’occupait du service.

C’est ça, qu’il faut combattre, le déclin du français dans les lieux de travail, pas le fait que deux p’tits Chinois se disent « Salut » en mandarin quand ils jouent au ballon chasseur !

Le plus drôle dans toute cette histoire est que la ministre Christine Saint-Pierre appuie l’idée de la Commission scolaire de Montréal, alors qu’elle représente un comté qui collectionne les infractions contre la loi 101 !

Hé, misère…