29 Décembre 2011La vague grise
On parle beaucoup du vieillissement de la population, ces temps-ci.
Je ne sais pas pour vous, mais moi, ce phénomène m’a toujours paru un peu abstrait, un peu théorique. Jusqu’à ce que je tombe sur une nouvelle économique écrite par Jean-François Cloutier du Canal Argent. L’AVENIR EST DANS LA COUCHE « Confronté au déclin de l’usage du papier, le géant Domtar explore la possibilité de recentrer une partie de ses activités autour de la couche pour adultes, un marché en pleine expansion. « Le président de l’entreprise, John Williams, a souligné que le marché du papier produit par Domtar déclinait de 3 à 4 % par année. Pendant ce temps, le marché de la couche pour adultes, qui vise à résoudre des problèmes d’incontinence, progresse de 6 %. Selon certaines estimations, ce marché totalise aujourd’hui 8,8 G$. « Quand on considère le vieillissement de la population, le marché a la capacité de devenir un atout significatif aux activités de Domtar, croit Williams, précisant que dans certaines régions le nombre de personnes âgées supplante aujourd’hui le nombre d’enfants. « Nous gagnons un nouveau client potentiel toutes les 30 secondes, a-t-il affirmé. » LE CHOC DU FUTUR Voilà, les amis. Vous voulez faire de l’argent et vous protéger de la crise ? Investissez dans le manger mou, les couches pour adultes, la colle à dentier, les marchettes, les cliniques de soin de longue durée, les prothèses auditives, les douches avec des p’tits bancs pour se laver assis et les pompes funèbres. C’est ça, l’avenir. Charmant, non ? Blague à part, le journaliste américain Ted C. Fishman a consacré un essai il y a quelques mois à l’impact qu’aura le vieillissement de la population sur les démocraties occidentales. Le titre (Shock of Gray : The Aging of the World's Population and How It Pits Young against Old, Child against Parent, Worker against Boss, Company against Rival, and Nation against Nation) est déjà tout un programme en soi. Pour Fishman, le plus gros impact se fera sentir sur les finances publiques. LES BELLES PROMESSES « La génération des babyboomers se sont promis plein de belles choses pour leur retraite quand ils étaient jeunes, et maintenant qu’ils sont rendus à l’âge où ils songent justement à prendre leur retraite, ils se rendent compte qu’ils ne peuvent plus tenir les promesses qu’ils se sont faites il y a trente ans, a-t-il dit en entrevue au webzine Salon en octobre 2010. « D’une certaine façon, on pourrait dire qu’ils combattent leur passé ! » C’est exactement ce qui arrive actuellement. Les babyboomers, qui ont pour la plupart grandi dans des familles nombreuses, n’ont pas eu beaucoup d’enfants afin de profiter au maximum de la vie. Résultat : la pyramide d’âge s’est complètement inversée. Maintenant qu’ils sont rendus à 60-65 ans, ils se rendent compte qu’il n’y a pas suffisamment de jeunes travailleurs pour payer leur retraite. Ils doivent soit repousser l’âge de leur retraite, soit revoir leurs prestations à la baisse. Et ils ne sont pas contents. LE PRIX DU PASSÉ Finalement, les choix qu’ils ont faits dans le passé sont en train de les rattraper. Vous avez bien rêvé ? Eh bien, voici la réalité, maintenant. C’est ce qu’on appelle un cadeau de grec. 28 Décembre 2011Les autres fous de DieuHitch![]() Chaque fois qu’une grande gueule passe l’arme à gauche, il y a toujours un chroniqueur pour écrire, des trémolos dans la plume, que la personne disparue était le dernier libre-penseur et qu’avec elle, s’éteignent les ultimes lumières de la lucidité. Soyez sans crainte : je ne vous servirai pas ces clichés assommants pour parler de Christopher Hitchens. Je me contenterai de dire qu’un grand homme nous a quittés. UN OGRE Pour ceux qui ne connaissent pas ce polémiste brillant disparu le 15 décembre, commençons par dire qu’il était une force de la nature. Un monstre taillé dans le même matériau que Winston Churchill et Orson Welles. Il buvait trop, mangeait trop, fumait trop, travaillait trop — bref, un véritable ogre, qui brûlait la chandelle par les trois bouts. Comme le disait son meilleur ami, l’écrivain Martin Amis : « Chaque fois qu’on passait une soirée avec lui, on rentrait à quatre pattes et vomissait toute la nuit. Hitchens, lui, retournait à son bureau après avoir calé deux bouteilles de scotch et écrivait un livre sur Shakespeare. » PENSER SEUL Non seulement l’homme avait un appétit d’enfer, mais sa curiosité ne connaissait aucune limite. Il a écrit sur tous les sujets : la politique, l’humour, la torture, Dieu, le Pakistan, Bill Clinton (« un menteur pathologique »), George Orwell (« un modèle »), mère Teresa (« une fraudeuse »), Henry Kissinger (« un criminel de guerre »), des poètes obscurs du XVIIIe siècle, et chaque fois, sa plume somptueuse faisait des étincelles. Rarement un esprit aussi boulimique fut-il aussi fin. Mais ce qui, moi, m’impressionnait est son courage intellectuel. Christopher Hitchens pensait seul. Comme il le disait dans une entrevue accordée en 2003 : « Le seul radicalisme de notre temps proviendra de gens qui insistent à penser pour eux-mêmes et qui rejettent les lignes de parti. » Et aussi : « Le vrai test pour un radical ou un révolutionnaire n’est pas la volonté de confronter l’orthodoxie et l’arrogance des souverains, mais la détermination de contester les illusions et les faussetés qui circulent parmi ses propres amis et alliés. » PERSONA NON GRATA S’il y a une phrase qui résume Hitchens, c’est celle-là. Toute sa vie, cet homme d’opinions n’a eu de cesse de multiplier les combats et de collectionner les ennemis. Pour Hitch, le métier de polémiste ne supporte pas l’esprit de bande. Comme le disait Groucho Marx (cité par Woody Allen dans Annie Hall) : « Je ne ferais jamais partie d’un club qui m’accepterait comme membre. » Longtemps associé à la gauche, Hitchens n’a pas hésité à critiquer sa famille idéologique lorsque celle-ci a commencé à être trop complaisante envers l’islamofascisme. Résultat : du jour au lendemain, il est devenu persona non grata chez ses anciens compagnons de route. On l’a roulé dans la boue, insulté, traité de tous les noms. Qu’importe : Hitchens n’a pas regardé en arrière et a continué sa route seul. UN HOMME LIBRE Hitch n’était ni de droite, ni de gauche, il refusait tous les dogmes et toutes les étiquettes. Il écrivait ce qu’il pensait, quelque fut le prix à payer. C’était un homme libre. Pas le premier ni le dernier. Mais probablement le plus brillant, le plus drôle et le plus incisif. 27 Décembre 2011Mon indignée préférée
Comme l’ont souligné plusieurs chroniqueurs, l’année 2011 était celle des indignés — ces citoyens qui en avaient ras le cul de se faire tasser par le système et qui ont décidé de sortir dans la rue pour crier leur colère et reprendre leur place.
Pour moi, l’indignée québécoise de l’année fut Joanne Marcotte. VISER DANS LE MILLE Bon, je sais, l’auteure de Pour en finir avec le gouvernemaman n’a pas de piercing, n’est pas une fan de Stéphane Hessel (le gourou nonagénaire des anti-capitalistes) et n’a pas fait du camping devant la Caisse de dépôt entre deux itinérants et trois toxicomanes. Qu’importe : je la considère quand même comme une véritable indignée. C’est une citoyenne « ordinaire » qui, au lieu de rester tranquillement assise sur son steak, a décidé de se relever les manches, de se jeter dans l’arène et de régler son compte au système. La seule différence est qu’au lieu de vouloir un État obèse qui tire partout mais rate toutes ses cibles, Joanne Marcotte veut un État aminci et musclé qui revoit ses objectifs à la baisse mais les atteint tous. FIN DE NON RECEVOIR Le hic, avec le discours de Joanne Marcotte, est qu’il ne plaît pas à notre élite. Si Joanne avait écrit un livre affirmant que l’État devrait prendre encore plus de place, on l’aurait vu et entendue du matin jusqu’au soir. Nos diffuseurs publics l’auraient invitée à toutes leurs émissions et La Presse et Le Devoir lui auraient consacré des tartines interminables. Malheureusement, ce n’est pas le cas. Résultat : son pamphlet rafraîchissant n’a pas eu l’impact médiatique qu’il méritait. Les journalistes dits « sérieux » ont préféré donner le micro à des hipsters confus qui scandaient des slogans éculés tout droits sortis de mai 68 plutôt qu’à une travailleuse de la classe moyenne qui tenait un discours cohérent et réaliste. LA GROSSE FEMME D’À CÔTÉ Qu’importe : malgré le silence radio d’une certaine élite médiatique, Pour en finir avec le gouvernemaman a quand même réussi à trouver son public. Tant mieux : les thèses avancées par Joanne Marcotte méritent d’être entendues et débattues. Il ne s’agit pas ici de passer la scie mécanique dans l’État ou de le faire sauter à la dynamite, comme le prétendent les bien-pensants qui ne l’ont (bien sûr) pas lu : juste de remettre le gouvernement à sa juste place et de replacer le citoyen au centre du système. N’est-ce pas ce que clamaient les indignés du camping Victoria : encourager l’implication citoyenne ? Pour Joanne Marcotte, ça veut dire : cesser de considérer l’État comme « la grosse femme d’à côté » de Michel Tremblay et arrêter de nous réfugier constamment dans sa graisse et ses plis. C’est bien beau, un État obèse qui nous donne la tétée, mais un moment donné, on étouffe ! LA GRANDE CONFUSION On vit quand même dans une drôle d’époque, non ? Des campeurs tatoués qui crient à la mort du capitalisme passent pour des critiques éclairés du système, alors que Joanne Marcotte (qui propose des solutions terre à terre et hyper pragmatiques) est dépeinte comme une radicale… On met les extrémistes au centre de notre discours politique, et les centristes aux extrémités ! Comprenne qui pourra… 25 Décembre 2011La vie passionnante des Nord-Coréens sous Kim-Jong IlDebout
Après avoir lu ma chronique de mercredi, ma blonde m’a dit : « Après avoir pourfendu ceux qui se mettent à plat ventre, pourquoi ne pas célébrer ceux qui se tiennent debout ? »
D’accord, voici ma liste. IDIOTS UTILES En première position : Djemila Benhabib, qui se tient debout depuis des années contre les fondamentalistes religieux et leurs idiots utiles. C’est quoi un idiot utile ? C’est comme Hélène Beaulieu, une lectrice qui m’a envoyé un courriel suite à ma chronique sur la jeune fille aux écouteurs : « Monsieur Martineau, je vous souhaite de profiter des vacances des fêtes pour retrouver un esprit plus rationnel. « Vous ainsi que de nombreux chroniqueurs apportez une contribution pas très édifiante au climat de paranoïa qui étouffe le Québec en ce moment. « Vos chasses aux sorcières sur la peur de l'islam, ça devient pitoyable ! (…) On se calme le pompon. » Des fous d’Allah empêchent une fillette de cinq ans d’écouter de la musique, et ce sont ceux qui les dénoncent qui sont hystériques ! Heureusement qu’il y a des Djemila Benhabib — qui ont connu les affres de l’intégrisme — pour contrebalancer ces adeptes du limbo idéologique, sinon, on aurait des marques sur le ventre à force de ramper… LES VRAIES VICTIMES Deuxièmement : Jasmin Roy, qui encourage les jeunes à se tenir debout contre les intimidateurs. Oui, je sais, les gros taupins qui harcèlent et terrorisent les plus faibles souffrent terriblement dans leur âme, snif snif, mais que voulez-vous, moi, ce sont les vraies victimes qui m’émeuvent, pas les pôvres agresseurs. BONJOUR, HI ! Troisièmement : Mario Beaulieu de la Société Saint-Jean-Baptiste. Qu’importe si pour certains, défendre le français est ringard, comme danser le rigodon ou chiquer de la babiche — j’aime qu’en Italie, on parle italien, qu’au Japon, on parle japonais, et que dans la deuxième ville francophone du monde, on ne m’aborde pas en disant « Bonjour, Hi », mais simplement « Bonjour ». Dit-on « Hi, bonjour » à Toronto ? Quant aux « citoyens du monde » qui croient être sortis de la cuisse de Jupiter : pourquoi détestez-vous tomber sur un Macdo quand vous visitez l’Inde ou le Viet Nam, mais frissonnez de plaisir quand on vous aborde en anglais chez vous ? Les identités culturelles fortes, c’est bon pour les autres mais pas pour nous, c’est ça ? Vous voulez voir l’Allemagne quand vous visitez l’Allemagne, la Grèce quand vous visitez la Grèce mais le monde quand vous faites le tour du Québec ? LES TIENNES OÙ SONT-ELLES ? Et finalement, la ministre Lise Thériault qui, du haut de ses cinq pieds et quelque, s’est tenue debout contre les gros colons du syndicalisme préhistorique. Il fallait la voir, devant Michel Arsenault de la FTQ : on n’avait pas vu pareil duel depuis le combat Julie Snyder-Philippe Couillard. La ministre a tellement de couilles qu’elle nous a fait oublier pour un temps qu’elle fait partie d’un gouvernement qui n’en a pas, c’est dire… MON SOUHAIT DE NOËL Pour Noël, Mathieu Bock-Côté souhaite que le Québec retrouve son compas moral. J’ajouterais : qu’il retrouve aussi sa fierté perdue. Se tenir debout ne veut pas dire écraser l’autre, quoiqu’en pensent les Hélène Beaulieu de ce monde… Snif snif
Les pleurs les plus "phony" du siècle...
22 Décembre 2011Serrer la main du diable
Ceux qui me lisent depuis quelque temps savent l’admiration que j’ai pour Christopher Hitchens, un essayiste brillant qui est décédé la semaine dernière.
Un jour, j’écrirai peut-être une chronique sur le bonhomme. Pour l’instant, les mots me manquent. Hitchens était une montagne, et tenter de faire le tour d’une montagne en 540 mots me semble une tâche ingrate, frustrante, pour ne pas dire impossible. PAR LA GRANDE PORTE La disparition de Hitchens, bien sûr, me désole. Mais ce qui me désole le plus est que si cet infatigable pourfendeur de la bêtise (que j’ai rencontré en 2008) avait vécu quelques jours de plus, il aurait pu lire qu’au Québec, la ministre de l’Éducation (de l’Éducation !!!!) avait permis à une idéologie obscurantiste d’entrer dans une école préscolaire par la grande porte et de contaminer en toute liberté (et avec l’aval du système) l’esprit encore vierge d’une enfant de cinq ans. Qu’on se le dise : au Québec, l’école ne protège pas les jeunes enfants des idées empoisonnées que leurs parents intégristes leur enfoncent de force dans la tête, au contraire, elle les livre corps et âme à leurs tortionnaires ! Je me demande ce que Hitchens aurait pensé de tout ça. Il aurait sûrement explosé. Line Beauchamp est chanceuse. Quelques heures de plus, et elle aurait probablement goûté à la plume la plus acérée de notre temps. PASSONS AUX CHOSES « SÉRIEUSES » Désolé de revenir là-dessus, mais pour moi, cette histoire d’écouteurs anti-bruit est majeure. Le symbole parfait du marasme intellectuel et moral dans lequel le Québec patauge. L’école, qui est censée être un lieu encourageant la curiosité et l’épanouissement, joue maintenant le jeu des fous. Auparavant rampart contre l’obscurité, elle négocie maintenant avec les forces de l’ombre et leur tend amicalement la main pour éviter les problèmes « inutiles » et passer tout de suite aux choses « sérieuses » et « importantes », c’est-à-dire l’économie. Par la bouche de sa ministre de l’Éducation, le gouvernement du Québec a littéralement sacrifié une jeune fille de cinq ans sur l’autel de la raison d’État. L’ÉTAT N’EST PLUS NEUTRE Que dit la ministre Beauchamp, en fait ? Que la liberté est pour NOS enfants. Ceux des autres n’en ont pas vraiment besoin. C’est un luxe dont ils peuvent se passer. Si les parents de cette petite fille avaient dit à la prof que leur enfant ne pouvait pas regarder certaines images, l’enseignante aurait-elle permis qu’elle porte un bandeau sur les yeux ? Ne voyez-vous pas la pente sur laquelle nous glissons, madame la ministre ? Le trou dans lequel nous nous enfonçons ? C’est même rendu que l’État — qui est censé être neutre en matière de religion — va fournir des hidjabs aux gardiennes de prisons musulmanes pour leur permettre d’effectuer leur travail sans encourir les foudres misogynes d’Allah ! ÉTEINDRE LES LUMIÈRES Honte à vous, madame Beauchamp. Honte à vous, monsieur Charest. Honte à vous, madame Catheline Bien-Aimé, directrice de l’école fréquentée par cette jeune fille. Au lieu de dire haut et fort que les idéologies liberticides n’ont pas leur place au Québec, vous leur tirez une chaise et leur permettez de s’asseoir à notre table. Vous éteignez les lumières au lieu de les allumer. 21 Décembre 2011Expliquez-moi...
Les gardiennes de prison ont le droit de porter un hidjab, mais un pompier de Granby n'a pas le droit d'avoir une boucle d'oreille et un tatouage!
Allo, c'est-tu moi qui est fou???? À plat ventreVous êtes surpris de voir que Geoff Molson a nommé un entraîneur unilingue anglophone pour le Canadien ? Pas moi. Si j’étais dans ses patins, je ferais exactement la même chose. BOF Regardez comment nous nous comportons… Cadres unilingues à la Caisse de Dépôt et à la Banque nationale, affiches commerciales qui ne respectent pas la loi 101, lettres dans les journaux affirmant que c’est normal, qu’il n’y a rien là, qu’au Québec, il faut être bilingue, que Montréal est une ville nord-américaine, et qu’en Amérique du Nord, c’est en anglais que ça se passe… La métropole s’anglicise à vue d’œil, et nous haussons les épaules. Quand ce n’est pas Don MacPherson qui nous traite de xénophobe lorsqu’on s’indigne de ne pas pouvoir être servis dans notre langue, c’est Jérôme Lussier qui affirme qu’il ne faut pas « imposer notre langue aux personnes qui la rejettent »… On accorde même un passe-droit à Bombardier pour qu’elle puisse échapper à la loi 101 ! PAS UN COMPROMIS Et vous voudriez que Geoff Molson donne l’exemple en nommant un entraîneur qui parle français ? Pourquoi le ferait-il ? Nous nous foutons de notre propre langue ! C’est comme les barbus. Pourquoi cesseraient-ils d’exiger toutes sortes d’accommodements débiles quand la ministre de l’Éduction elle-même affirme que c’est une excellente idée d’empêcher une jeune fille de cinq ans d’écouter ses amis chanter ? Vous avez entendu Line Beauchamp, hier ? Plus carpette tu meurs. « Cet accommodement n’est pas un compromis au programme québécois des études », a-t-elle dit. Ah non ? Ce n’est pas un compromis d’accepter qu’une jeune fille porte des écouteurs anti-bruit pour ne pas entendre la musique ? C’est quoi, alors ? UN GOUVERNEMENT DE PLEUTRES La ministre Beauchamp devrait sortir de sa tour d’ivoire et aller faire un tour dans les maternelles du Québec. Elle se rendrait compte que la musique et les chants y tiennent une place prépondérante. Les petits bouts de chou apprennent en chantant ! C’est comme ça que ça se passe au Québec. Ici, la musique n’est pas considérée comme une invention du diable, nous vivons en 2011, pas en 1432, comme le veut le calendrier islamique. Après les écouteurs anti-bruit et le voile, ça sera quoi, madame Beauchamp ? Les filles en arrière, les gars en avant ? Pourquoi pas, après tout, ça ne mettrait pas en cause le programme éducatif, les fillettes auraient juste à tendre l’oreille un peu plus pour comprendre… Quel gouvernement de pleutres. Incapable de défendre notre langue et nos valeurs. Tiens, moi aussi, je vais m’acheter des écouteurs anti-bruit. Et je vais me les visser sur la tête chaque fois que Line Beauchamp va ouvrir la bouche… SPEAK WHITE Nous méritons tout ce qui nous arrive : la loi 101 qui s’effrite, les fous d’Allah qui prennent de plus en plus de place… Quand un peuple ne se respecte pas, c’est ce qui arrive. Tout le monde s’essuie les pieds sur lui. Moi, j’appuie Geoff Molson. Je l’applaudis, je l’encourage. Bravo, monsieur !!! Vous avez bien fait ! Et de grâce, dites-le à tous vos amis : ici, au Québec, on est sweet. Comme l’écrivait Michèle Lalonde : « We’re doing all right, we’re doing fine… » 20 Décembre 2011Les yeux grands fermés
Comme moi, vous avez probablement pété une coche en lisant le texte écrit par mon confrère Jean-Marc Gilbert hier.
« La direction d'une école du quartier Saint- Michel permet à une jeune musulmane fréquentant la maternelle de placer des écouteurs anti-bruit sur ses oreilles parce que sa religion lui interdit d'écouter de la musique. » ACROBATIES MENTALES Le plus hallucinant, dans toute cette histoire, est l’explication surréaliste donnée par Catherine Bien-Aimé, la directrice mal nommée de l’école : « Cette mesure a été mise en place pour favoriser l’intégration de la jeune fille. » Vous imaginez les acrobaties mentales qu’un cerveau normalement constitué doit effectuer pour arriver à la conclusion que la meilleure façon d’intégrer une jeune fille de cinq ans à la société québécoise est de lui permettre de porter des écouteurs anti-bruit destinés à l’empêcher d’entendre de la musique ? Juste y penser, ça me donne mal à la tête. Il y a deux victimes dans cette histoire surréaliste : la jeune fille qui se bouche les oreilles pour respecter les lubies de ses parents et le Québec qui se ferme les yeux pour ne pas voir l’évidence. À savoir que la religion est un poison social qui nous force à accepter l’inacceptable. DIEU PERMET TOUT Si des parents athées forçaient leurs enfants à porter des écouteurs anti-bruit pour ne pas entendre de la musique, la DPJ débarquerait en disant que c’est cruel et inhumain. Mais quand des musulmans extrémistes imposent ce mauvais traitement à leur fillette pour faire plaisir à leur ami imaginaire qui règne sur un nuage entouré de 72 vierges, pas de problème, ça passe. Non seulement on regarde ailleurs, mais on s’empresse d’aider les parents à couper leur enfant du reste du monde !!! « Si un homme couche avec un autre homme comme on couche avec une femme, ils se rendent tous les deux coupables d'une action monstrueuse et doivent être mis à mort », peut-on lire dans la Bible (Lévitique 20 :13) Essayez de publier ce genre de propos dans un livre, un magazine ou un journal, on vous accusera — avec raison — de propagande haineuse et d’incitation à la violence. Mais quand c’est un texte sacré qui lance ce genre d’admonestations, pas de problème ! Non seulement on ne censurera pas ce livre, mais on va même en distribuer un exemplaire gratuit dans chaque chambre d’hôtel du pays, afin que tout le monde puisse lire ce passage et le partager ! LE MONDE EN DANGER Comme l’écrivait ce bon vieux Christopher Hitchens, qui est mort jeudi dernier et qui est en train de se faire manger par des vers : « La religion empoisonne tout. La religion se mêle de sexe, contrôle ce que nous mangeons et exacerbe notre propension à la culpabilité en multipliant les interdits les plus arbitraires. « La religion diabolise la science, se fait complice de l'ignorance et de l'obscurantisme. Source de haine, de tyrannie et de guerres, la religion met notre monde en danger. » Malheureusement, nous n’osons l’admettre. Nous préférons nous boucher les oreilles et nous fermer les yeux pour ne pas affronter cette vérité. ÇA PRESSE À quand une véritable charte de la laïcité protégeant l’école des lubies des croyants ? Les yeux grands fermés
Comme moi, vous avez probablement pété une coche en lisant le texte écrit par mon confrère Jean-Marc Gilbert hier.
« La direction d'une école du quartier Saint- Michel permet à une jeune musulmane fréquentant la maternelle de placer des écouteurs anti-bruit sur ses oreilles parce que sa religion lui interdit d'écouter de la musique. » ACROBATIES MENTALES Le plus hallucinant, dans toute cette histoire, est l’explication surréaliste donnée par Catherine Bien-Aimé, la directrice mal nommée de l’école : « Cette mesure a été mise en place pour favoriser l’intégration de la jeune fille. » Vous imaginez les acrobaties mentales qu’un cerveau normalement constitué doit effectuer pour arriver à la conclusion que la meilleure façon d’intégrer une jeune fille de cinq ans à la société québécoise est de lui permettre de porter des écouteurs anti-bruit destinés à l’empêcher d’entendre de la musique ? Juste y penser, ça me donne mal à la tête. Il y a deux victimes dans cette histoire surréaliste : la jeune fille qui se bouche les oreilles pour respecter les lubies de ses parents et le Québec qui se ferme les yeux pour ne pas voir l’évidence. À savoir que la religion est un poison social qui nous force à accepter l’inacceptable. DIEU PERMET TOUT Si des parents athées forçaient leurs enfants à porter des écouteurs anti-bruit pour ne pas entendre de la musique, la DPJ débarquerait en disant que c’est cruel et inhumain. Mais quand des musulmans extrémistes imposent ce mauvais traitement à leur fillette pour faire plaisir à leur ami imaginaire qui règne sur un nuage entouré de 72 vierges, pas de problème, ça passe. Non seulement on regarde ailleurs, mais on s’empresse d’aider les parents à couper leur enfant du reste du monde !!! « Si un homme couche avec un autre homme comme on couche avec une femme, ils se rendent tous les deux coupables d'une action monstrueuse et doivent être mis à mort », peut-on lire dans la Bible (Lévitique 20 :13) Essayez de publier ce genre de propos dans un livre, un magazine ou un journal, on vous accusera — avec raison — de propagande haineuse et d’incitation à la violence. Mais quand c’est un texte sacré qui lance ce genre d’admonestations, pas de problème ! Non seulement on ne censurera pas ce livre, mais on va même en distribuer un exemplaire gratuit dans chaque chambre d’hôtel du pays, afin que tout le monde puisse lire ce passage et le partager ! LE MONDE EN DANGER Comme l’écrivait ce bon vieux Christopher Hitchens, qui est mort jeudi dernier et qui est en train de se faire manger par des vers : « La religion empoisonne tout. La religion se mêle de sexe, contrôle ce que nous mangeons et exacerbe notre propension à la culpabilité en multipliant les interdits les plus arbitraires. « La religion diabolise la science, se fait complice de l'ignorance et de l'obscurantisme. Source de haine, de tyrannie et de guerres, la religion met notre monde en danger. » Malheureusement, nous n’osons l’admettre. Nous préférons nous boucher les oreilles et nous fermer les yeux pour ne pas affronter cette vérité. ÇA PRESSE À quand une véritable charte de la laïcité protégeant l’école des lubies des croyants ? 19 Décembre 2011La doctrine Dylan
Lorsque le Bloc a mangé la poussière, le 2 mai dernier, les tenants de la droite ont dit que cette dégelée sonnait la fin d’une époque.
L’axe gauche-droite allait désormais remplacer l’axe souverainisme-fédéralisme. DES ÉTIQUETTES INUTILES J’avoue que j’ai cru à cette analyse. Moi aussi, je me suis mis à observer l’actualité québécoise en utilisant la loupe gauche-droite, dans mes chroniques. Mais plus je regarde les choses aller, moins je souscris à cette théorie. En fait, je crois que les Québécois se foutent pas mal des concepts de « droite » et de « gauche ». La plupart ne savent même pas ce que ces mots veulent dire. Faites-le test de la cafétéria. Demandez à vos collègues de travail quel politicien est de gauche ou de droite, ces temps-ci. La majorité d’entre eux vont hausser les épaules. Ces étiquettes idéologiques sont peut-être très importantes en France et aux États-Unis, mais ici, elles ne veulent pratiquement rien dire. DE L’ACTION ! « There’s no left or right, there’s only up and down », a déjà dit Bob Dylan. C’est exactement comme ça que les Québécois pensent. L’Important n’est pas de pencher à gauche ou à droite, l’important est de bouger, d’agir, d’apporter des solutions concrètes susceptibles de donner un élan au Québec et de lui permettre de prendre — enfin — son envol. Regardez ce qui arrive avec la CAQ. S’il y avait des élections aujourd’hui, le parti de François Legault remporterait la mise les doigts dans le nez. Mais lorsqu’on demande aux Québécois si la CAQ est de gauche ou de droite, la plupart répondent : « Je ne sais pas. » À la limite, ce n’est pas important. Cette question fait peut-être triper les chroniqueurs professionnels et les analystes politiques, mais elle laissent l’électeur moyen complètement froid. Monsieur et madame Tout-le-monde n’en ont rien à foutre des questions abstraites, théoriques. Ils veulent de l’action ! UN DÉBAT THÉOLOGIQUE Tous les chroniqueurs du Québec (dont votre humble serviteur) se demandent si la droite de l’ADQ va réussir à survivre lorsqu’elle sera officiellement absorbée par la CAQ. Vous savez quoi ? Les gens s’en foutent éperdument ! Pour eux, c’est de l’enculage de mouches. Se demander si François Legault est de droite ou de gauche, c’est comme se demander combien d’anges peuvent tenir sur la tête d’une épingle. C’est un débat théologique stérile, qui excite peut-être les exégètes, mais qui emmerde tout le monde. Voilà pourquoi les Québécois peuvent, dans le même souffle, dire qu’ils aiment à la fois Amir Khadir et François Legault. Parce que pour eux, ce sont deux politiciens qui combattent l’immobilisme. Qu’importe si l’un pousse à gauche et l’autre tire à droite : ils bougent, c’est le principal ! Ils proposent une autre façon de faire les choses. UNE INCOHÉRENCE COHÉRENTE Immature, comme réflexe ? Peut-être. Mais c’est comme ça que le Québécois moyen pense, qu’on le veuille ou pas. Pour les politologues, voter NPD au fédéral et Legault au provincial est une aberration, une incohérence. Pas pour l’électeur moyen. C’est dans les deux cas voter pour « le changement ». L’axe souverainisme-fédéralisme n’a pas été remplacé par l’axe gauche-droite, mais par l’axe immobilisme-changement. Qu’importe où tu vas. L’important est que tu ailles quelque part. 18 Décembre 2011Vivre côte à côte
Le week-end dernier, ma blonde et moi avons invité des amis à notre maison de campagne.
Il y avait cinq adultes et cinq enfants. CHACUN DANS SA CHALOUPE Au cours de la soirée, trois quarts d’heure après le dessert, je suis allé dans la chambre de mon fils située à côté de la salle à manger pour voir ce que faisaient les petits. Ils pitonnaient tous sur un gizmo, chacun dans son coin. IPad, IPod, IPhone, DS : ils avaient tous un gadget électronique dans les mains, et étaient tous enfermés dans leur bulle. Réunis dans le même lieu, mais côte à côte. En les regardant, ça m’a frappé comme un bâton de base-ball : voici l’image de la société occidentale moderne, la métaphore parfaite de notre époque. La co-existence a remplacé le vivre-ensemble. Au lieu d’être rassemblés sur le même paquebot, nous voguons chacun dans notre chaloupe. « La société est une association d’êtres indépendant les uns des autres et réunis par un libre consentement », affirmaient les philosophe des Lumières. Trois cent ans plus tard, c’est plus vrai que jamais. Les liens qui nous unissent n’ont jamais été aussi fragiles, aussi ténus. L’AUBERGE ESPAGNOLE Tenez, j’ai un ami qui a un bureau sur le Plateau. Sa secrétaire est russe. Chaque fois que je vais lui rendre visite, la dame écoute des animateurs russes commenter en russe ce qui se passe en Russie. Nous sommes ici, elle est là-bas. Idem pour certains chauffeurs de taxi haïtiens, qui sont branchés à longueur de journée sur la radio haïtienne et qui écoutent des animateurs d’origine haïtienne commenter l’actualité d’Haïti en créole. Récemment, dans la revue française Causeur, le philosophe Alain Finkielkraut (qui signe un essai magistral sur le vivre-ensemble) dit qu’il y a un an, il est allé visiter l’école où il a appris à lire. « Ce pèlerinage a été très instructif, écrit-il. Sur une grande mappemonde, chaque élève avait écrit le nom de son pays d’origine. Je suis fier de venir de… « J’ai été très frappé. Mes parents sont nés en Pologne, nous avons bénéficié d’une naturalisation lorsque j’avais un an. Jamais l’école ne m’a fait honte de mes origines. Jamais non plus elle ne m’a invité à m’en prévaloir. L’origine était hors-sujet. « Mais c’était une autre époque. Maintenant, la société doit être a-culturelle et la nation a-nationale pour permettre aux diverses identités qui la composent de s’épanouir sans entrave. « Aujourd’hui, toutes les identités sont bienvenues en France, sauf l’identité française… » Bref, nous n’habitons plus une patrie, mais une auberge espagnole. CHACUN SA NICHE De toutes les crises qui frappent l’Occident, dit Finkielkraut dans son texte, la plus inquiétante et la plus difficile à dénouer est celle du vivre-ensemble. Nous ne vivons plus ensemble, nous vivons côte à côte. La société ressemble au nouveau paysage audiovisuel : la télé généraliste a cédé la place à une kyrielle de canaux spécialisés. On ne se regroupe plus dans le salon, on se divise, on se sépare, chacun dans sa chambre devant sa télé. On ne met plus l’épaule à la roue, mais à SA roue. Comment intéresser les gens à participer à des projets collectifs quand le concept même de collectivité n’existe plus ? 17 Décembre 2011Le plus grand polémiste de sa génération
Pour revoir Hitchens en action lors de nombreux débats auxquels il a participé au fil des ans...
Brillant, percutant, intelligent, d'une immense culture... Quelle perte... La maison des fous
Il y a quelques jours, Johanne Roy, du Journal de Québec, a raconté une histoire horrible.
Le calvaire de Rollande Fiset, une femme âgée qui s’est faite trimbaler dans les dédales de notre merveilleux système de santé. UNE HONTE La dame, âgée de 90 ans, a fait un léger AVC en juillet dernier. Elle a passé les sept premiers jours de son hospitalisation dans un corridor de l’hôpital Enfant-Jésus, puis on l’a ensuite déménagée de chambre à NEUF REPRISES. On l’a même placée dans une chambre avec, comme voisin de lit, un malade psychiatrique qui passait son temps à crier ! Fatiguée, au bout du rouleau, madame Fiset a fini par rendre l’âme le 12 novembre. C’est la maladie qui l’a emportée, me direz-vous. Peut-être. Mais subir un tel traitement à 90 ans n’a certainement pas aidé. PAS UNE QUESTION D’ARGENT L’an prochain, le budget du système de santé franchira la barre des 30 milliards de dollars. Trente milliards !!!! Et on n’est toujours pas capables de traiter nos malades et nos personnes âgées avec dignité ? Coudonc, ça prendrait combien d’argent pour arrêter de parquer nos patients dans des corridors ? Un billion ? Cent gonzillions ? Mille milliards de mille sabords ? On nous presse comme des citrons, l’État ne sait plus quelle taxe inventer pour vider nos poches, nos fonctionnaires visionnent des films pornos sur leurs heures de travail pour trouver des façons inédites de nous fourrer, et on n’a pas les moyens de réparer les failles de notre système de santé ? C’est quoi, le maudit problème ? LA LAINE SUR LE DOS Si au moins on en avait pour notre argent… Mais non : on paie, on paie, et on a des services de cul. Madame Fiset a payé toute sa vie, et quand elle a eu besoin du système qu’elle a engraissé pendant des années à même ses revenus, on l’a attachée sur une civière dans un corridor puis on l’a trimbalée d’une chambre à l’autre pendant quatre mois. « Tiens, la cruche, merci pour l’argent que tu nous a envoyés toutes ces années, et maintenant, ferme ta gueule et crève en silence… » Et qu’est-ce qu’on fait, pendant ce temps-là ? Rien. On hausse les épaules, on bêle un ti-peu et on se tourne de côté pour que le gouvernement nous tonde plus facilement. DES DEUX POCHES Non seulement on paie un système d’éducation, mais celui-ci est tellement tout croche qu’il faut payer des écoles privées à nos enfants. Idem pour le système de santé. Tu paies de ta poche gauche, puis tu paies de ta poche droite. Allez, le cave, donne-moi la moitié de ton salaire annuel, et avec l’autre, achète une assurance privée, parce que quand tu vas tomber malade (ce qui va arriver un jour, ne te raconte pas d’histoire), tu vas prier le bon Dieu pour ne pas te retrouver dans le corridor d’un hôpital public… UNE VIE BIPOLAIRE Étonnant qu’il n’y ait pas plus de gens qui pètent une coche. C’est probablement grâce aux antidépresseurs, qu’on croque comme des Smarties… 16 Décembre 2011C'est fini
Christopher Hitchens, l'essayiste le plus brillant de sa génération, l'auteur que j'aime le plus au monde, a finalement succombé à son cancer...
Triste journée, les amis... 15 Décembre 2011La consommation a bien meilleur goût
Selon les statistiques, les gens consomment de plus en plus d'alcool...
La question à se poser est: pourquoi? Ma théorie: parce que la vie est de plus en plus stressante. Il faut être le meilleur travailleur, le meilleur parent, le meilleur amant, prendre soin de sa santé, suivre l'actualité, répondre à ses courriels, twitter, facebooker, faire de l'exercice, cuisiner comme un dieu, être toujours disponible, ouvert, compréhensif, performant, etc... Pas étonnant qu'on se saoûle la gueule quand arrive le week-end! Si on ne le faisait pas, on fendra en deux comme un arbre! 14 Décembre 2011Jour de deuil
Donc, l’ADQ et la CAQ ont fusionné.
Enfin, c’est ce qu’on dit. En fait, il s’agit plus d’une dissolution qu’un mariage. On a pris le carré de sucre de l’ADQ, et on l’a jeté dans le café de la CAQ. Il ne restera plus rien du parti fondé par Mario Dumont. Une vague saveur, c’est tout. Comme lorsqu’on goûte un plat, et qu’on se demande : « Il y a comme un p’tit goût. C’est quoi ? Du gingembre ? De la cannelle ? » LE BOUILLI Avez-vous déjà mangé du tofu ? C’est une matière qui ne goûte rien. Mélangez du tofu avec du maïs, ça va goûter le maïs. Mélangez du tofu avec du sirop d’érable, ça va goûter le sirop d’érable. C’est le caméléon de la bouffe. Le parti de François Legault est comme ça. Pour quelques jours, il va goûter un peu l’ADQ. Mais au fur et à mesure que d’autres noms vont s’ajouter au parti, le goût va peu à peu se transformer. Il va y avoir des saveurs libérales, des accents péquistes, un p’tit goût conservateur… Bref, un gros boulli. Tu coupes des légumes, tu fous ça dans la mijoteuse et tu laisses macérer le temps que les ingrédients se mélangent… OPPORTUNISTES ? NOOOOON… Les adéquistes qui s’apprêtent à quitter leur pirogue trouée pour sauter sur le yacht rutilant de François Legault disent qu’ils ont changé d’équipe pour mieux faire avancer leurs idées. Ils vont pouvoir, disent-ils, influencer François Legault et ramener son parti plus à droite. Leur idéalisme fait chaud au cœur. Un peu plus et j’écraserais une larme, tiens… La réalité est que dans les derniers sondages, la CAQ faisait du surf en haut de la vague et l’ADQ buvait la tasse dans le fond de la piscine. Dans ce temps-là, tu n’as aucun pouvoir de négociation. Les adéquistes ont autant de chance de peser dans la balance caquiste que les indignés, de transformer le système économique mondial en faisant du camping. Mais, bon, donnons la chance aux coureurs. On ne sait jamais, en politique (surtout en politique québécoise), tout peut arriver… On peut jeter Gilles Duceppe à la rue un jour, puis l’accueillir comme un héros le lendemain. LES ORPHELINS Reste que pour les tenants de la droite (la vraie droite, celle qui veut amincir l’État, non la « droite inefficace » de Jean Charest, qui gave la bête avec un entonnoir), hier était un jour de deuil. Comme l’écrivait J. Jacques Samson, il n’y a plus de formation politique pour porter le ballon de la droite. On aura le choix entre la gauche, l’extrême gauche, la gauche social-démocrate et la gauche souverainiste. Bref, entre plus d’État, pas mal plus d’État, beaucoup plus d’État et mauditement plus d’État. Le plus drôle est que lorsqu’on demande aux gens s’ils veulent qu’on amincisse l’État, ils répondent Oui en majorité. Mais quand vient le temps de voter, ils boudent le seul parti qui promet de brocher l’estomac du gouvernement. Cherchez l’erreur… LENDEMAIN DE VEILLE « L’amour est aveugle et le mariage lui rend la vue », dit le proverbe. Je ne veux pas briser la lune de miel, mais c’est ce qui risque d’arriver aux adéquistes qui ont promis fidélité à Legault… 13 Décembre 2011Ajustez vos montresSelon le calendrier islamique, nous sommes présentement en décembre 1432...
L'apostasie!!!!!!! L'école au Québec
Un lecteur, Marcel Bérubé, m’a envoyée ces sages paroles qui ont été prononcées par un conférencier lors d’un colloque de profs :
« L’école, au Québec, c’est des enseignants qui ont peur de leurs directeurs, des directeurs qui ont peur des parents, des parents qui ont peur de leurs enfants et des enfants qui, eux, n’ont peur de personne… » Il était temps!
Ainsi, le voile intégral sera banni des cérémonies de citoyenneté.
Vous savez ce que je me suis dit quand j’ai lu cette nouvelle, hier ? « Quoi ? Ce n’était pas déjà le cas ? » BIENVENUE DANS LA FAMILLE Voici comment on décrit la cérémonie de citoyenneté sur le site officiel d’Immigration Canada : « Pendant la cérémonie de citoyenneté, vous êtes accueilli au sein de la famille canadienne. Vous devez accepter les droits et les responsabilités du citoyen canadien. « Habituellement, un juge de la citoyenneté préside la cérémonie et fait prononcer le serment de citoyenneté aux candidats. Plusieurs personnes prononceront le serment en même temps que vous. « Si vous désirez prêter serment sur votre livre saint, apportez-le à la cérémonie.» Voici le serment que la personne doit prononcer : « Je jure fidélité et sincère allégeance à Sa Majesté la Reine Elizabeth Deux, Reine du Canada, à ses héritiers et successeurs et je jure d’observer fidèlement les lois du Canada et de remplir loyalement mes obligations de citoyen canadien. » ABRI TEMPO Bon, passons sur le serment d’allégeance à la Reine. Que voulez-vous, qu’on le veuille ou pas, on fait partie du Canada, et le Canada est un fier membre du Commonwealth, au même titre que les îles Salomon et la Papouasie-Nouvelle-Guinée. Non, moi, ce qui m’intéresse, c’est le passage concernant les droits et les responsabilités des citoyens canadiens. Comment pouvait-on dire à une femme qui porte un costume d’apiculteur : « Vous êtes maintenant citoyenne canadienne à part entière, sortez votre main de votre abri Tempo et prenez le document » ? Pour devenir citoyen d’un pays, il faut prouver que nous avons le sort de notre nouvelle patrie à cœur, que nous voulons participer de plein gré à son développement et que nous acceptons les valeurs qui y règnent. Or, en se voilant ainsi de la tête aux pieds, et en refusant de recevoir son certificat de citoyenneté de la main d’un homme, une femme ne dit-elle pas haut et fort qu’elle ne veut rien savoir de notre mode de vie ? Pourquoi lui ouvrirait-on les bras et l’accueillerait-on dans « notre grande famille », alors ? Pensez-vous que l’Arabie Saoudite accorderait la citoyenneté à une femme qui se pointe à la cérémonie officielle en bikini, vous ? UNE MESURE SYMBOLIQUE Bref, il était temps que le Canada agisse ! Cela dit, ne nous énervons pas le poil des jambes. La mesure adoptée par le ministre Kenney n’a qu’une portée symbolique. Les femmes portant un voile intégral n’auront qu’à se montrer le visage quelques secondes loin des regards « indiscrets » dans un coin retiré de la salle pour recevoir leur certificat de citoyenneté. Après, elles pourront retourner dans leur prison de tissu pour le reste de leurs jours... 12 Décembre 2011Les pauvres agresseurs (2)
Hier, j’ai publié la lettre d’un homme qui, malgré le fait qu’il s’est fait battre toute son enfance, n’a jamais été violent envers quiconque.
Son histoire me fait penser à celle de Geneviève Everell, que ma blonde Sophie Durocher a racontée dans les pages du magazine 7 Jours, la semaine dernière. L’ENFER Geneviève (une fille lumineuse qui a présenté la météo à V et qui anime une émission de radio au FM 103,3 de Longueuil) a vécu une enfance misérable. Sa mère, alcoolique et toxicomane, faisait le trottoir et passait d’un homme violent à un autre. Résultat : la petite Geneviève a dû déménager une centaine de fois, a passé sa quatrième année dans quatre écoles différentes, a grandi dans des taudis et des refuges pour femmes, devait se débrouiller toute seule, fréquentait les sous-sols d’église pour se procurer de la bouffe, ramassait les bouteilles vides pour se payer des billets d’autobus, s’est retrouvée dans une famille qui la traitait comme une domestique — bref, l’enfer. Geneviève a toutes les raisons du monde de jouer à la victime. Mais elle ne l’a jamais fait. Elle s’est relevée les manches, s’est sortie de la misère et est maintenant une fille épanouie. « LA FAUTE À MON MILIEU » Idem pour Georges Thurston (Boule noire). Orphelin, Georges passait d’une famille d’accueil à l’autre, il a été battu, on l’a traité comme un chien, certains de ses parents adoptifs lui donnaient du baloney alors que leurs enfants mangeaient du steak, etc. Résultat ? Il a écrit Aimes-tu la vie comme moi, et a fait danser tout le Québec. À entendre certains intervenants, le milieu dans lequel on grandit détermine à jamais notre personnalité et notre destin. « Oui, votre honneur, mon client a commis un hold-up et battu ses enfants, mais regardez le milieu dans lequel il a grandi… » Comme si l’être humain était un objet incapable d’échapper à ses conditionnements ! LA PEUR DES PAUVRES Pourtant, chaque jour, des milliers de personnes qui ont été battues enfants prennent la décision de ne pas perpétuer ce cycle de la violence. Comme l’a écrit le journaliste Éric Conan dans Le peuple contre la gauche, un essai que j’ai cité il y a quelques jours, « l’immense majorité des gens élevés ou vivant dans des milieux criminogènes ne commettent ni crime ni délit ». C’est extrêmement méprisant pour le peuple de dire que parce que tu as grandi dans un milieu ouvrier, tu ne pourras pas faire autre chose que devenir un criminel. Quelle condescendance, quel dédain! C’est comme si on disait : « Un pauvre, c’est automatiquement un délinquant ! » UN DISCOURS INSULTANT Dans Éloge de la sécurité, le juge français Didier Peyrat écrit : « À force d’entendre que la violence serait la résultante de la pauvreté, des millions de pauvres qui n’ont de leçon d’honnêteté à recevoir de personne ont fini par recevoir ce discours comme une insulte. » En passant, Peyrat est aussi politicien. En 2008, il s’est présenté sous la bannière socialiste ! Comme quoi on peut être de gauche et rejeter ce discours déresponsabilisant qui transforme tout délinquant en victime de la société… À quand un tel virage dans les rangs de notre gauche ? 11 Décembre 2011Dans le sens du poil
J’ai reçu des tonnes de courriels concernant mes chroniques sur l’intimidation et le mal-être des « pôvres » agresseurs…
Des courriels émouvants, touchants, pertinents. DEHORS ! En voilà un, d’Emmanuel. « Je suis immigrant, j’ai enseigné pendant plus de 30 ans dans mon pays d'origine et je n'ai jamais été témoin de cas d'intimidation aussi révoltants que ceux que je vois maintenant. « Le problème est que le système d'éducation québécois est laxiste. Les élèves savent qu'ils ne subiront aucune mesure disciplinaire significative. Au contraire, on va les cajoler, leur parler et les renvoyer en salle de classe, parce que les éducateurs et les enseignants ont peur des parents aussi bien que des élèves. « Kant disait que l'enfant à éduquer doit trouver en face de lui une volonté supérieure à la sienne. Il doit très tôt apprendre à faire la distinction entre ce qui est permis et ce qui est défendu. On ne peut éduquer un enfant en le caressant dans le sens du poil. « On devrait mettre au point un code de conduite établissant clairement les limites à ne pas franchir sous peine d’encourir des mesures disciplinaires les plus sévères. « L'école où j’ai travaillé dans mon pays interdisait aux élèves de se battre sur la cour de récréation sous peine de renvoi définitif. Résultat : en 27 ans, il n'y a eu que deux cas d'affrontement ouvert entre élèves. Dans chacun de ces cas, les élèves ont été renvoyés. » IGLOU IGLOU Mais c’est dans votre pays, ça, monsieur ! Ici, on considèrerait que votre façon de faire est de la barbarie. Vous avez vu, l’automobiliste de 23 ans qui a causé la mort d’un jeune de 19 ans, à Saint-Fortunat ? Non seulement était-il probablement ivre quand il conduisait (on ne le saura jamais car les flics ne lui ont pas demandé de souffler dans la baloune), mais il a avoué sur sa page Facebook qu’il n’éprouvait aucun regret. Eh bien, le juge a adouci ses conditions de remise en liberté en lui permettant de boire pendant la période des Fêtes !!!! On ne voulait pas que le « pôvre » gars ne puisse pas se péter la fiole à Noël !!! C’est ça, le Québec, monsieur. Et, de grâce, ne dites rien, car une travailleuse sociale va vous traiter de tous les noms du haut de son bac. SE PRENDRE EN MAIN Un autre courriel signé Ed Boutin : « J'ai été abandonné par mes parents à trois jours et j'été adopté à six ans par une famille où j'ai été battu et maltraité pendant dix ans. Je suis ce qu’on pourrait appeler une victime, pourtant, je n’ai jamais battu ni persécuté personne... » Je vous lève mon chapeau, monsieur ! Par chance, vous n’êtes pas seul, il y a beaucoup de gens comme vous qui ont été battus, humiliés, agressés, qui ont grandi dans un milieu de merde, mais qui n’ont jamais fait de mal à personne. Malheureusement, on ne parle jamais de vous. Vous savez pourquoi ? Vous prouvez qu’on peut ÉCHAPPER à son milieu, et ça ne fait pas le bonheur des lologues qui préfèrent blâmer la méchante société et minimiser le libre arbitre des êtres humains… 10 Décembre 2011Battre son enfant "par amour"
Il y a quelques jours (le 26 novembre, pour être plus précis), je me demandais si notre relativisme culturel ne nous avait pas empêché de prévenir la mort des trois filles Shafia et de leur ex-belle-mère.
Se pourrait-il que les différents intervenants qui ont écouté les sœurs Shafia se sont dit : « Oui, le père et le frère de ces jeunes filles semblent très contrôlants, mais c’est comme ça, chez ces gens-là ? », ai-je écrit. PAS LA MÊME SITUATION ? Mercredi dernier, Marie-Claude Malboeuf de La Presse a justement publié un reportage sur la question. Comment réagissent les intervenants lorsqu’ils sont confrontés à des cas de violence familiale impliquant des membres de communautés culturelles ? Sont-ils plus conciliants ? Mettent-ils de l’eau dans leur vin ? Ont-ils tendance à voir les choses « autrement », à moduler leur jugement, à être moins critiques ? L’un des intervenants rencontrés dans le cadre de ce reportage tient des propos hallucinants, qui m’ont fait bondir. Il s’agit de Noureddine Belhocine, le directeur de la Maison internationale de la Rive-Sud : « Quand une maman frappe son enfant de bonne foi, avec tout l'amour qu'elle a pour lui, comme elle l'a toujours fait dans sa vie antérieure, on ne peut pas appliquer la loi de façon bête et méchante, dit l’intervenant. « Elle n'est pas dans la même situation que le Québécois qui connaît la Loi sur la protection de la jeunesse depuis l'enfance. » CITOYENNETÉ ASYMÉTRIQUE Pardon ? Êtes-vous en train de me dire qu’une immigrante qui bat son enfant est moins coupable qu’une Québécoise de souche qui commet le même crime ? Pourquoi ? Parce qu’elle vient d’arriver au Québec et qu’elle ne connaît pas nos lois ? Le code criminel est très clair : « Nul n’est censé ignorer la loi ». Ça ne s’applique pas aux nouveaux venus, ça ? Seulement aux gens qui sont nés ici ? Et c’est quoi, cette expression stupide : « Frapper son enfant de bonne foi, avec tout l’amour qu’on a pour lui » ? Dirait-on la même chose d’une Québécoise de souche : « La pauvre dame a frappé son enfant par amour » ? Non : on dirait qu’elle l’a battu, point. Pourquoi met-on des gants blancs jusqu’aux coudes lorsqu’il est question des immigrants, alors ? C’est quoi, ce double discours ? DES PROPOS INACCEPTABLES Faudrait choisir : ou les nouveaux Québécois sont des citoyens À PART ENTIÈRE qui ont les mêmes droits et les mêmes DEVOIRS que tout le monde, ou ce sont des citoyens « différents » qui forment une catégorie à part. On ne peut pas être l’égal de tout le monde un jour, puis être différent le lendemain, selon que ça nous arrange ou pas. « On ne peut pas appliquer la loi de façon bête et méchante lorsqu’il est question d’une immigrante qui bat son enfant », croit monsieur Belhocine. Quelle idiotie. Faudrait juger le père Shafia de façon différente de n’importe quel autre citoyen canadien, donc ? LA BELLE EXCUSE C’est exactement ça que je disais à propos de l’affaire Shafia : poussé à bout, le relativisme culturel est une tare qui justifie tout, même le meurtre. 9 Décembre 2011L'Angleterre rongée par le cancer du multiculturalisme...8 Décembre 2011La loi anti-minounes du gouvernement fait des mécontents...S'inventer des ennemis
J’aimerais revenir sur le texte de Jérôme Lussier dont je vous parlais hier, Doléances pour un Québec dépassé.
Car même si je suis en désaccord avec les affirmations de l’auteur, je trouve qu’il mérite qu’on s’y attarde. UNE PERVERSION ? Primo, un mea culpa. Hier, j’ai complètement oublié de vous dire que ce texte (qui circule beaucoup sur le Net) a été publié sur le site Internet du journal Voir. Une omission d’autant plus stupide que j’ai travaillé pendant 20 ans à cette publication, et que j’y ai vécu l’une des plus belles expériences de ma vie. Je suis d’ailleurs heureux de voir que cet hebdo continue de brasser la cage grâce, entre autres, aux chroniques de Josée Legault, de David Desjardins et de Jérôme Lussier. J’ai l’impression, en lisant ce texte polémique, que son auteur s’est inventé des ennemis pour mieux les combattre. Par exemple, il écrit : « Ce n’est pas une perversion de préférer Adele à Céline et les Beastie Boys à Loco Locass. » Qui a déjà dit que c’était un crime de préférer une chanteuse américaine à une chanteuse québécoise ? Si ça se trouve, c’est l’inverse qui a lieu au Québec : la musique d’ici passe après les autres. C’est quand, la dernière fois où vous avez entendu du Loco Locass à la radio ? DE L’HOSTILITÉ ? Lussier continue : « Ce n’est pas être vendu de douter de l’utilité d’une politique d’hostilité envers les serveuses anglophones… » Quelle hostilité ? La seule hostilité qui règne, en matière de langue, est celle des Don MacPherson de ce monde qui nous traitent de racistes dès que nous avons le culot de demander notre dû — c’est-à-dire d’être servis dans notre langue. Et ces serveurs qui s’entêtent à nous parler en anglais, ce n’est pas de l’hostilité, ça ? « Ce n’est pas de l’àplatventrisme de refuser d’imposer sa langue à quelqu’un qui la rejette… » Un, la loi 101 n’a cessé de perdre du mordant au cours des dernières années. Deux, les rues sont remplies de commerces qui ne la respectent plus. Trois, quand une personne « rejette » la langue officielle d’un État, c’est ELLE le problème! Si cette personne respectait la langue de la majorité, on n’aurait pas besoin d’adopter une loi !!! La plupart des pays du monde ont des lois linguistiques, il est où, le scandale ? À GENOUX ? « Ce n’est pas être à genoux de respecter la liberté des autres comme on souhaiterait qu’ils respectent la nôtre », dit Lussier. Personne n’a dit le contraire, monsieur le chroniqueur. Au Québec, nous respectons la liberté « des autres », comme vous dites… EN AUTANT qu’ils respectent « la nôtre » ! Si j’étais éditeur, je ferais un livre avec le texte de Lussier. J’ouvrirais avec son pamphlet, puis je demanderais à des personnalités de tous les horizons de le commenter, en bien ou en mal. Moi, je me contenterais de citer l’écrivain français Denis Tillinac (que j'ai déjà citée dans une entrée précédente): « Il est nécessaire d’être ancré dans sa mémoire. Chaque peuple doit se recentrer sur ses fondamentaux. C’est la meilleure façon d’être fraternel et universel. Une fois que l’on est bien dans sa peau, on est plus accueillant avec autrui… » DSK: que disent ces images?
La fameuse vidéo du Sofitel...
Entre vous et moi, ça ne confirme ni n'infirme rien... Le fait que DSK était calme ne veut pas dire qu'il n'avait rien à se reprocher... Quoique la fameuse "danse de la victoire" entre les deux gardiens de sécurité est bizarre... Mais qui sait ce qu'il célébrait? C'est le problème avec les images: elles peuvent dire une chose et son contraire, dépendant du contexte... J'imagine qu'on en saura plus au cours des prochains jours... Et rappelons-nous: selon l'examen de l'hôpital, la femme de chambre aurait été effectivement victime d'une agression... 7 Décembre 2011Bonne question
Texte du sénateur Pierre-Hugues Boisvenu:
"Aujourd'hui, le Québec a déposé un projet de loi qui punira sévèrement les éleveurs d'animaux qui maltraitent leurs bêtes. Bravo. Tous les médias et chroniqueurs applaudissent cette initiative du Québec. Pourquoi, dans cette même province, quand vient le temps de punir plus sévèrement ceux qui agressent les enfants, les mêmes médias, mêmes chroniqueurs, mêmes avocats montent ax barricades pour dénoncer le gouvernement conservateur???" Sortez-nous de nous!
L’autre jour, à Tout le monde en parle, on a demandé à Dany Laferrière ce qu’il faudrait faire pour sortir le Québec de la morosité où il semble s’enliser.
« Il faudrait sortir le Québec du Québec », a dit le romancier. UN QUÉBEC « DÉPASSÉ » ? Laferrière n’est pas seul à penser de la sorte. Jérôme Lussier, recherchiste à Radio-Canada, est devenu la coqueluche de la blogosphère en signant un texte qui va dans ce sens. Intitulé Doléances pour un Québec dépassé, son pamphlet (qui fait un tabac auprès d’une certaine droite anti-nationale) brosse un tableau de ce qui ne va pas au Québec. En voici des extraits : « Ce n’est pas de l’àplatventrisme de refuser d’imposer sa langue à quelqu’un qui la rejette. « Ce n’est pas être à genoux de respecter la liberté des autres comme on souhaiterait qu’ils respectent la nôtre. « Ce n’est pas être vendu de douter de l’utilité d’une politique d’hostilité envers les serveuses anglophones comme mode de promotion de la langue officielle. « Ce n’est pas de la gentillesse excessive de tolérer sans colère la présence de gens dont la langue, les idées et la culture diffèrent des nôtres. « Ce n’est pas suicidaire de proposer que le Québec a plus à gagner à participer à la mouvance contemporaine qu’à tenter en vain de se protéger du reste du monde. » À SENS UNIQUE Bref, vous voyez le genre : défendre sa langue et sa culture est un combat d’arrière-garde complètement ringard. Ce qu’il faut, c’est nous ouvrir au monde, oublier qui nous sommes et d’où nous venons, accepter que des gens défendent des valeurs contraire aux nôtres et embrasser toutes les cultures qui ELLES n’éprouvent aucune honte ni aucune gène à brandir haut et fort leur différence et leur unicité. Bref, avoir une culture, une langue et des valeurs distinctes, c’est bon pour les autres mais pas pour nous. Nous, nous devons être « ouverts », poreux, « accueillants ». À croire Lussier, l’ouverture est une voie à sens unique. Nous devons nous ouvrir aux autres, mais de grâce, nous ne devons jamais nous offusquer que « les autres » ne s’ouvrent pas à « nous ». SORTONS LE JAPON DU JAPON ! C’est bizarre : on ne dirait jamais que le Japon devrait se sortir du Japon, que la Suède devrait se sortir de la Suède ou que la Chine devrait se sortir de la Chine. Mais lorsqu’il est question du Québec, on ne se gène pas : « Extirpez-vous de votre culture au plus sacrant, c’est votre seule issue ! » Il y a une expression pour ça : le mépris de soi. Ce serait drôle si ce n’était pas aussi triste… THE GOOD OLD TIMES Parlant de gens qui veulent « sortir le Québec du Québec »… Avant-hier, sur twitter, Don MacPherson de la Gazette m’a traité de xénophobe. Ce qui arrive à cet homme est désolant… La bave lui monte aux lèvres dès qu’il entend un francophone dire qu’il est écoeuré de se battre pour se faire servir dans sa langue à Montréal. Un autre qui s’ennuie du bon vieux temps où les francophones savaient garder leur place et tenir leur langue… 6 Décembre 2011Le parti aurait présenté un cochon avec une boucle rouge, et les gens auraient voté pour lui
«Je trouve ça inquiétant que des gens, avec le bilan de ce gouvernement et de ce parti, votent quand même par simple habitude pour eux..."
— Le député péquiste Yves-François Blanchet, commentant la victoire du PLQ dans Bonaventure... 100 % d'accord avec lui... Beau cadeau de Noël
Lisez cette nouvelle, et après ça, dites-moi que le système de justice n'est pas tombé sur la tête...
Quand je dis que le système pense à l'agresseur avant la victime... La citation du jour
« Il est nécessaire d’être très ancré dans sa mémoire. Chaque peuple doit se recentrer sur ses fondamentaux. C’est la meilleure façon d’être fraternel et universel. Après, une fois que l’on est bien dans sa peau, on est plus accueillant avec autrui… »
— Denis Tillinac Pardonnez nos offenses
Québec, décembre 2011 : afin de ne pas heurter les sensibilités des musulmans qui voulaient eux aussi exposer leurs symboles religieux, le maire de Ville Mont-Royal décide d’enlever la crèche qui trônait depuis 15 ans devant l’hôtel de ville de sa municipalité.
Autriche, novembre 2010 : un retraité de 63 ans est condamné par la cour à verser une amende de 800 euros pour avoir chanté des airs tyroliens alors qu’il était en train de tondre le gazon un vendredi après-midi, à l’heure où les musulmans de la mosquée voisine écoutaient l’appel à la prière. PAS DE P’TIT COCHON Pays-Bas, février 2008 : suite à une série de plaintes déposées par des clients musulmans, la banque Fortis annonce qu’elle cesse de donner une tirelire en forme de cochon à chaque mineur qui a décidé d’ouvrir un compte chez elle. Belgique, mai 2011 : la chaîne de magasins Carrefour retire une marque de papier de toilette de ses rayons. Raison : ce papier était garni des douze signes du zodiaque, et deux d’entre eux (la Vierge et le Capricorne) ressemblent vaguement à l’écriture arabe des noms d’Allah et de Mahomet. Suède, avril 2011 : parce que sa créatrice utilisait une prière du Coran comme fond musical dans l’un de ses tableaux, un spectacle de danse féministe organisé afin de souligner le rôle des femmes dans la culture de la danse urbaine est annulé pour ne pas choquer les musulmans. HARO SUR LE JAMBON Espagne, mars 2011 : des parents musulmans portent plainte contre un professeur de géographie qui a osé parler de jambon en classe. Dans le cadre d’un cours portant sur les différents climats de la planète, le prof a dit que la ville de Trevélez était reconnue pour son climat froid et sec, « parfait pour la conservation du jambon ». Allemagne, octobre 2006 : Idomeneo, un opéra de Mozart montrant le roi de Crète rapporter les têtes tranchées de Poséidon, de Jésus, de Bouddha et de Mahomet, est annulé afin de ne pas provoquer la colère des islamistes. Belgique mai 2010 : une association musulmane porte plainte contre des enseignants pour avoir organisé « une conférence-débat sur la question du port du foulard à l'école ». ALLAITEMENT INTERDIT Angleterre, juillet 2011 : une Anglaise se voit interdire de donner le sein à son enfant dans une marie car elle est « dans un bâtiment multiculturel » et que « cela peut offenser les musulmans ». Belgique, décembre 2007 : pour ne pas heurter les musulmans, le Palais de Justice de Bruxelles décide d’enlever les décorations de Noël qui garnissaient le hall d’entrée de l’établissement. Espagne, mars 2011 : deux organisations musulmanes demandent au conseil municipal de la ville de Lérida l’interdiction des chiens dans les autobus et dans certains bâtiments municipaux, car leur présence offense leurs croyances. PAS DE CONCERT Vancouver, décembre 2009 : une importante organisation musulmane critique la décision prise par les corps policiers d’utiliser des chiens renifleurs pour détecter les explosifs lors des prochains Jeux Olympiques d’hiver. Ottawa, décembre 2011 : une école publique située en banlieue de la capitale nationale annule le concert de Noël qu’elle devait présenter afin de ne pas choquer les étudiants qui ne célèbrent pas cette fête. 5 Décembre 2011Méchante boule de cristal
Les Islamistes ont remporté une victoire spectaculaire lors du premier tour des élections en Égypte...
Voilà ce qu'écrivaient les experts en actualité internationale il y a quelques mois: « Les Islamistes égyptiens n’ont plus le pouvoir qu’ils avaient » — The Guardian « Il n’y aura pas de révolution islamiste en Égypte » — Tunisie Presse « Nous assistons à une révolution post-islamiste » — Le Monde « Les cache-ta-joie de la révolution égyptienne qui craignent une montée de l’islamisme ne connaissent rien à ce pays » — Libération « Répétons-le : ceci n’est pas une révolution islamique, islamiste ou islamisante. Pas du tout, c’est même le contraire » — Le Devoir Wow... Bonnes prédictions, les amis... Jusqu'où pousser la notion de recyclage?
Une petite ville d'Angleterre va produire de l'électricité en installant des turbines dans le crématorium municipal...
Les gaz produits par la crémation des cadavres vont produire suffisamment d'électricité pour alimenter 1 500 télés... "Ce programme en couleurs est une présentation de pépé!" Aussi bizarre que cela puisse paraître, ce n'est pas une première. Une bourgade anglaise réchauffe déjà sa piscine municipale grâce au crématorium... Pensée vulgaire
27 fonctionnaires fédéraux ont été surpris en train de visionner de la porno sur Internet sur les heures de travail...
Moi, je dis qu'on ne devrait pas les punir. C'était de la Recherche et du Développement... Ils essayaient de trouver une nouvelle façon de nous fourrer... Citation du jour
« Nier les racines catholiques de la France est une aberration. L’architecture de notre spiritualité, de notre métaphysique, de notre esthétique, notre rapport à la féminité, à l’enfance, à la démocratie… tout a été complètement structuré par le catholicisme romain. C’est un fait historique. Pourquoi devrait-on le nier ? »
— Denis Tlllinac Renier qui nous sommes
Le maire de ville Mont-Royal a décidé d'enlever la crèche qui trônait chaque année depuis 15 ans devant l'hôtel de ville de sa municipalité.
Raison: c'était devenu trop difficile à gérer. Les Juifs voulaient leurs décorations, les Musulmans itou... Le maire a fini par dire: "On enlève tout ça, c'est trop de trouble!" Sage décision (après tout, les villes n'ont pas de religion officielle, la laïcité s'applique à toutes les religions, même à celle de la majorité...) ou négation stupide de ce que nous sommes, de notre passé, de notre Histoire? Va-t-on scier la croix sur le mont Royal, tant qu'à faire? La chasse est ouverte
Selon Don Macpherson du journal The Gazette, les Québécois francophones ont remplacé le hockey par un nouveau sport national : la « chasse » aux unilingues anglophones.
Pour le chroniqueur, cette fâcheuse tendance à pointer les anglos unilingues du doigt frôle la paranoïa. En effet, pense-t-il, seule une petite poignée d’anglophones persisterait à ne pas parler français. Les autres seraient parfaitement bilingues. LA TALLE Vrai ? Faux ? Franchement, je ne le sais pas, je ne connais pas tous les anglos du Québec. Mais comme le faisait remarquer fort justement Jean-François Lisée sur son blogue de L’Actualité vendredi, la tendance existe bel et bien. Il faut être sourd — ou alors de très mauvaise foi — pour le nier. Tenez, il y a deux semaines, j’ai accompagné ma blonde dans un voyage de presse à Toronto. Parmi les invités se trouvait une journaliste anglophone de Montréal. Pendant les trois jours qu’a duré le voyage, elle ne nous a pas adressé la parole une seule fois dans notre langue. Elle était incapable de parler français. Des expériences comme celles-là, j’en ai vécu plusieurs au cours des dernières années. Qui sait ? Je suis peut-être malchanceux, je tombe peut-être toujours sur la même petite talle d’anglos unilingues. Mais honnêtement, ça me surprendrait. COMME LE FOULARD Selon moi, ce phénomène est une forme de bravade. Vous m’obligez à parler français ? Alors je me ferai un plaisir de ne pas le parler. Juste par entêtement, pour me sentir libre. C’est comme le foulard pour certaines musulmanes. « Plus vous dites qu’il ne faut pas le porter, plus on a le goût de le faire. On prendra ce morceau de tissu que vous honnissez tant et on le brandira partout où vous voulez l’interdire. On en fera un drapeau, un symbole identitaire, un cri de ralliement. Il représentera notre différence. » SPEAK WHITE Pour Macpherson (qui, rappelons-le, m’a déjà traité de xénophobe juste parce que je revendiquais haut et fort le droit d’être servi dans ma langue dans les commerces de Montréal — quelle drôle d’idée !), le fait que la Banque Nationale ait embauché un cadre unilingue anglophone est un détail sans importance. Pas de quoi fouetter un kitten. Qu’importe si le bonhomme demandait aux francophones qui l’entouraient de lui parler dans la langue de Mordecai : he was the best man for the job. Devant la compétence, la culture n’a qu’une seule chose à faire : courber le dos et prendre son trou. Speak white, boy. Les mutants
La semaine dernière, je vous parlais d’une adolescente dépressive qui s’est suicidée.
Jennifer, une belle fille de 15 ans qui aimait la danse. Une amie de la famille m’a écrit suite à cette chronique. Sa lettre est un peu longue, mais je la publie presqu’intégralement car elle pose de sacrées bonnes questions. UN CANCER « Nous sommes allés aux funérailles de cette belle jeune fille dimanche dernier, écrit cette dame qui tient à garder l’anonymat. Ce qui m'a le plus choquée, c'est de me retrouver avec tant de beaux jeunes qui, à mon avis, éprouvent de graves problèmes de communication. « Comment les jeunes peuvent-ils apprendre à développer une force de caractère, une forte personnalité quand ils passent la majeure partie de leur journée à pitonner sur un clavier ? Ils ne peuvent voir le regard de l'autre, percevoir la véritable humeur ainsi que le non verbal de leur interlocuteur. « Ce cancer de la communication, comme je l’appelle, est devenu un phénomène parasitaire dans notre société, et malheureusement, je ne crois pas que l'ensemble des parents en soient conscients. « Quand j’étais jeune, je jouais au Monopoly avec ma mère. C’est comme ça, avec de vraies personnes assises devant moi, que j'ai appris à perdre, à gagner et à gérer mes frustrations. « Dire que dans quelques années, quand je vivrai dans un CHSLD, ce sont des gens de cette génération qui prendront soin de moi ! Comment ferais-je pour faire comprendre mes besoins auprès d'eux, alors qu’ils ne sont pas habitués à négocier avec des personnes réelles ? » ÉLOGE DE LA FUITE La dame soulève d’excellentes questions. Se pourrait-il qu’en vivant presque toujours cachés derrière un écran, les jeunes finissent par être incapables de faire face à la réalité ? Un écran, ça protège. C’est comme un masque, un costume, un paravent. Quand je suis mal à l’aise face à une situation, je zappe et passe à autre chose. Pas besoin de négocier, de discuter, de défendre mon point de vue ou d’entendre celui de l’autre. Une pression de l’index, et je change instantanément d’univers et de conversation. Je fais disparaître la personne devant moi et la remplace par une autre, plus conviviale, plus agréable. Dans la vraie vie, il faut faire face à l’adversité, aux gens qui ne pensent pas comme nous, aux obstacles, aux difficultés, aux écueils, à l’imprévu. Dans le monde virtuel, tout ça peut être évité. Se pourrait-il que cela ait un impact sur les jeunes ? Que ça les rende plus vulnérables, plus fragiles ? UNE VRAIE PRÉSENCE Et puis, il y a autre chose : quand on est déprimé, rien de mieux que des vrais amis, une vraie conversation, de vrais contacts pour reprendre goût à la vie. Se toucher, se donner un câlin. Et, surtout, se regarder de longues minutes sans rien dire. Où sont les silences lourds de sens dans les textos ? « Les jeunes d’aujourd’hui ne font pas partie d’une nouvelle génération, répète souvent mon ami Lucien Francoeur. Ils font partie d’une nouvelle civilisation. Ce sont des mutants. » Le hic, c’est que ce ne sont pas des mutants indestructibles comme le Terminator. Mais des mutants hyper fragiles, qui fondent dès qu’ils quittent leur royaume virtuel. 3 Décembre 2011Les pauvres agresseurs
Jeudi, je disais que j’en avais ras le bol de notre complaisance envers les agresseurs et les intimidateurs.
Que c’est bien beau, jaser, parler, discuter avec les p’tits baveux qui font régner la terreur à l’école, mais qu’un moment donné, il faut sévir. Ma chronique m’a valu une réponse très symptomatique et très révélatrice d’une intervenante. LE MAL-ÊTRE DES BOURREAUX « Je vous inviterais à vous informer avant d'écrire sur des problématiques sociales, écrit Emmanuelle Locas, étudiante en travail social à l’Université du Québec en Outaouais. « Ces ''p'tit criss'' comme vous les appelez, sont souvent des jeunes qui souffrent eux-mêmes à leur façon. Je n'excuse pas leurs gestes ou leurs paroles d'intimidation, comprenez-moi bien. Par contre, je vous invite à tenter de comprendre POURQUOI ils agissent ainsi. C'est en comprenant quelque chose, en cernant les causes, qu'on peut intervenir efficacement. « Il faut leur montrer d'autres manières d'exprimer leur mal-être à eux. C'est pour cela qu'on nous forme, nous, les intervenants, à qui vous vous adressez du haut de votre condescendance. » DEUX VICTIMES Tout est là. En quelques lignes, cette future travailleuse sociale (qui va, j’en suis sûr, va parfaitement s’intégrer dans son milieu de travail et connaître une carrière longue et fructueuse ponctuée de colloques et de congrès) a réussi à résumer parfaitement la pensée angélique des intervenants. La violence est le résultat d’un mal être, les agresseurs sont de pauvres victimes qui ne savent pas comment s’exprimer, etc. Bref, dans les cas d’intimidation, il y a deux victimes : le jeune qui se fait écoeurer, agresser, humilier, insulter, tabasser et violenter, et le pauvre agresseur, qui, après avoir poussé un élève dans une case et lui avoir foutu une baffe en pleine cafétéria, va secrètement pleurer dans les toilettes, rongé par le remords et les regrets. Si je suis condescendant, madame Locas, vous, vous êtes insultante envers les VRAIES victimes d’intimidation. SUR LE MÊME NIVEAU Dans le courriel que vous m’avez envoyé, madame l’étudiante, vous n’avez pas daigné écrire un mot, UN SEUL, sur Marjorie Raymond. Rien. Mais sur les agresseurs, par contre, vous ne tarissez pas. Un détail ? J’en doute. Vous et vos confrères êtes tellement entraînés à penser au mal-être des agresseurs que vous oubliez celui des victimes. Des victimes si souffrantes, si brisées qu’elles ne voient d’autre issue que la mort. En connaissez-vous, madame Locas, des agresseurs qui se sont pendus dans le garage de leurs parents car ils souffraient dans leur corps et dans leur âme d’être des monstres ? Comment pouvez-vous mettre la souffrance de la victime et celle de l’agresseur sur le même niveau ? LA CHAÎNE Remarquez, je ne blâme pas cette étudiante. Elle crache mécaniquement ce qu’on lui a appris. À savoir que tout le monde est une victime. Il n’y a plus de bien et de mal, d’agresseurs et d’agressés, juste une interminable chaîne de martyrs et de souffre-douleurs qui font la queue devant le comptoir des plaintes de la vie. Vous verrez, bientôt, on va nous dire que celui qui frappe souffre plus que celui qui est frappé. Au moins, une blessure physique, ça se soigne. Alors que le pauvre agresseur, lui, est la victime d’une machination sociale qu’il ne peut détruire. 2 Décembre 2011Arbres de Noël interdits
Ainsi, les bureaux de Service Canada ont reçu la consigne de ne pas installer de décorations de Noël pour ne pas heurter les sensibilités religieuses...
Noël n'est même plus une fête religieuse!!!! C'est la fête des bébelles, des enfants, de l'amour, du magasinage, du capitalisme, de la famille... de tout sauf du Ti-Jésus!!!! Le pire est que même les immigrants n'en demandent pas tant... Je ne compte plus le nombre de fois où des immigrants m'ont abordé dans la rue pour me dire qu'ils trouvaient les Québécois trop mous, pas suffisamment fiers de leur culture et de leurs traditions! Quand les gens viennent au Québec, ils veulent se sentir au Québec, bordel, pas dans un hall de gare sans couleur ni identité... Dieu que nous sommes pitoyables... Cela dit, il s'agit des bureaux FÉDÉRAUX. Et le Canada est le Royaume du multiculturalisme, alors ce n'est pas très surprenant... 1er Décembre 2011Un peu plus bas...
Une émission de télé réalité canadienne mettra en vedette quatre vierges ultra cathos de Colombie Britannique à la recherche d'un beau puceau pour consacrer une union "bénie"...
Que dire de plus? Ho Ho Ho!Le Père Noël est vraiment une ordureLa "faute à la société"
Avez-vous entendu le président de la Commission scolaire des Chic-Chocs réagir au suicide de Marjorie Raymond, la jeune fille de Sainte-Anne-des-Monts qui s’est enlevée la vie après avoir été victime d’intimidation pendant des années ?
Il avait l’air complètement dépassé par les événements. « C’est un problème de société, a-t-il dit à Jean-François Guérin, de LCN. On a besoin de plus d’argent pour combattre l’intimidation… » PERSONNE N’EST RESPONSABLE Comment ça, plus d’argent ? Tu prends le p’tit criss qui fait régner la terreur dans la cour d’école, tu le fais venir dans ton bureau et tu lui dis : « Si tu recommences, il va y avoir des conséquences graves ! » Ça ne prend pas plus d’argent, ça. Ça prend du courage et de l’autorité, deux traits de caractère qui ne coûtent pas une maudite cenne. Dieu, que ça fait Ti-Québec, ça. « On a besoin d’une plus grosse enveloppe, c’est la faute du gouvernement, c’est un problème de société… » À force de rendre tout le monde responsable de tout, plus personne n’est responsable de rien. C’est toujours « la faute de la société » ou du gouvernemaman, pour employer l’expression de Joanne Marcotte. Les parents, les directeurs d’école, les commissaires scolaires, les profs, les fonctionnaires du ministère de l’Éducation — tout se monde-là se lance la balle, et pendant ce temps-là, les tyrans sévissent en toute liberté, sans craindre la moindre sanction. PARLE PARLE, JASE JASE Parce qu’au Québec, la punition, c’est mal vu ! Ici, on préfère jaser. Rencontrer les parents, discuter avec le jeune, voir s’il n’y aurait pas des pistes de solutions à explorer, blablabla… Et, surtout, ne dites pas qu’il faut être plus sévères avec les jeunes délinquants, car on va vous crucifier sur la place publique en vous traitant de nazi ! Tenez hier, j’ai reçu un courriel d’un père de famille. Son beau-fils de 16 ans est sorti avec une fille qui venait de laisser « temporairement » son chum. L’ex en question (un colosse de 6 pieds, 200 livres) a pété une coche et a décidé de se venger. Il est entré dans la maison du jeune, un jour où il était seul, a démoli l’escalier qui menait à l’étage et l’a battu avec une barre de métal. La police est intervenue. SENTENCE BONBON Savez-vous quelle sentence ce gros cave a reçue ? Des travaux dans la communauté et l’obligation de « garder la paix » pendant deux ans. Il a pu retourner à l’école et finir son secondaire tranquille. Alors que le jeune qu’il a battu (et qui avait d’excellentes notes) a tellement été traumatisé par cette agression sauvage qu’il a commencé à avoir toutes sortes de problèmes. Il a cessé de jouer au hockey (alors qu’il était un joueur d’élite), ne dormait plus, éprouvait de la difficulté à se concentrer. Et il a terminé son secondaire 5 à 19 ans… « Il n’a plus jamais été le même », de dire son beau-père. CHANGEMENT D’ATTITUDE Voilà pourquoi les gens aiment le sénateur Pierre-Hugues Boisvenu : parce qu’il dit haut et fort qu’il faut remettre la victime au centre de nos préoccupations. Qu’est-ce qu’il y a de si scandaleux là-dedans, chers intervenants ?
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Richard Martineau est chroniqueur au Journal de Montréal.
Pour lui écrire, cliquez ici! Pour lire sa biographie, cliquez ici! Pour lire ses chroniques, cliquez ici! 10 derniers articles10 derniers commentaires
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