7 Décembre 2011

Permalink 06:24 am, Richard Martineau / Franc-parler, 569 mots  

Sortez-nous de nous!

L’autre jour, à Tout le monde en parle, on a demandé à Dany Laferrière ce qu’il faudrait faire pour sortir le Québec de la morosité où il semble s’enliser.

« Il faudrait sortir le Québec du Québec », a dit le romancier.


UN QUÉBEC « DÉPASSÉ » ?

Laferrière n’est pas seul à penser de la sorte. Jérôme Lussier, recherchiste à Radio-Canada, est devenu la coqueluche de la blogosphère en signant un texte qui va dans ce sens.

Intitulé Doléances pour un Québec dépassé, son pamphlet (qui fait un tabac auprès d’une certaine droite anti-nationale) brosse un tableau de ce qui ne va pas au Québec.

En voici des extraits :

« Ce n’est pas de l’àplatventrisme de refuser d’imposer sa langue à quelqu’un qui la rejette.

« Ce n’est pas être à genoux de respecter la liberté des autres comme on souhaiterait qu’ils respectent la nôtre.

« Ce n’est pas être vendu de douter de l’utilité d’une politique d’hostilité envers les serveuses anglophones comme mode de promotion de la langue officielle.

« Ce n’est pas de la gentillesse excessive de tolérer sans colère la présence de gens dont la langue, les idées et la culture diffèrent des nôtres.

« Ce n’est pas suicidaire de proposer que le Québec a plus à gagner à participer à la mouvance contemporaine qu’à tenter en vain de se protéger du reste du monde. »


À SENS UNIQUE

Bref, vous voyez le genre : défendre sa langue et sa culture est un combat d’arrière-garde complètement ringard.

Ce qu’il faut, c’est nous ouvrir au monde, oublier qui nous sommes et d’où nous venons, accepter que des gens défendent des valeurs contraire aux nôtres et embrasser toutes les cultures qui ELLES n’éprouvent aucune honte ni aucune gène à brandir haut et fort leur différence et leur unicité.

Bref, avoir une culture, une langue et des valeurs distinctes, c’est bon pour les autres mais pas pour nous.

Nous, nous devons être « ouverts », poreux, « accueillants ».

À croire Lussier, l’ouverture est une voie à sens unique.

Nous devons nous ouvrir aux autres, mais de grâce, nous ne devons jamais nous offusquer que « les autres » ne s’ouvrent pas à « nous ».


SORTONS LE JAPON DU JAPON !

C’est bizarre : on ne dirait jamais que le Japon devrait se sortir du Japon, que la Suède devrait se sortir de la Suède ou que la Chine devrait se sortir de la Chine.

Mais lorsqu’il est question du Québec, on ne se gène pas : « Extirpez-vous de votre culture au plus sacrant, c’est votre seule issue ! »

Il y a une expression pour ça : le mépris de soi.

Ce serait drôle si ce n’était pas aussi triste…


THE GOOD OLD TIMES

Parlant de gens qui veulent « sortir le Québec du Québec »…

Avant-hier, sur twitter, Don MacPherson de la Gazette m’a traité de xénophobe.

Ce qui arrive à cet homme est désolant…

La bave lui monte aux lèvres dès qu’il entend un francophone dire qu’il est écoeuré de se battre pour se faire servir dans sa langue à Montréal.

Un autre qui s’ennuie du bon vieux temps où les francophones savaient garder leur place et tenir leur langue…



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