31 Janvier 2012Lisée, La Presse et Le Journal de Montréal
J'ai critiqué Jean-François Lisée dans Le Journal de Montréal.
Lisée a envoyé une réponse, et Le Journal l'a publiée. Alain Dubuc a critiqué Jean-François Lisée dans La Presse. Lisée a envoyé une réponse et La Presse a refusé de la publier. On n'aime pas le débat, rue Saint-Jacques? Gros travail
N'oubliez pas, cette année, dans votre déclaration fiscale, d'inscrire le nom des membres du gouvernement et des parlementaires dans la rubrique "personnes à charges".
![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() Ma réponse à Jean-François Lisée
Réponse à la lettre de Jean-François Lisée publiée dans Le Journal de Montréal aujourd'hui...
Cher Jean-François, Tu oses vraiment dire que tu n’as jamais affirmé que la droite peignait volontairement un portrait pessimiste du Québec ? Eh bien, ça doit sûrement faire longtemps que tu n’as pas lu ton propre livre ! Tu exposes cette thèse dès la première page de ton essai !!!! En utilisant JUSTEMENT le taux de suicide ! Voici LA PREMIÈRE PHRASE de ton livre : « Saviez-vous que le taux de suicide, au Québec, n’est pas parmi les plus élevés au monde ? » La page suivante, tu écris : « Quel rapport avec la droite ? Le voici : à lire tout ce qui s’écrit et se dit, DANS LA DROITE QUÉBÉCOISE… » Et là, tu continues en affirmant que selon la droite, tout va mal au Québec : l’économie, la santé, l’éducation et même… le taux de suicide, qui n’est pas aussi élevé que les tenants de la droite ne l’affirment. Alors, s’il te plaît, ne m’accuse pas d’avoir déformé tes propos ! Pour ce qui est de ton affirmation voulant que le Québec occupe le 26e rang au monde en ce qui concerne le taux de suicide, trois choses : 1) Le 10 juin dernier, sur ton blogue, tu as avoué avoir trouvé ce chiffre sur Wikipédia, un site d’une très grande crédibilité qui a déjà affirmé dans l’entrée me concernant que j’étais mort dans un accident de la route… 2) Tu as omis (distraction ? mauvaise foi ?) de spécifier que l’OMS nous classe en 26e position sur une liste comprenant… 105 pays !!! Ce qui veut dire que 80 pays ont un taux de suicide plus bas que le nôtre ! Pourquoi ne pas avoir mis ce chiffre en contexte ? Et pourquoi avoir caché que le Canada occupe une position beaucoup plus enviable que nous, soit la 40e ? 3) Selon l’OCDE, en 2007, le Québec occupait, pour ce qui est du taux de suicide, la 9e position sur une liste comprenant 34 pays. Nous sommes donc bel et bien dans le premier quart ! Y a-t-il raison de pavoiser ? Quant à l’Institut de santé publique du Québec : l’organisme n’affirme pas, comme tu le dis faussement, que le Québec se classe CINQUIÈME au monde, mais que « le taux ajusté de décès par suicide enregistré chez les hommes en 2006 se situe parmi les pays ayant les plus haut taux de mortalité par suicide, comme la Finlande (27 décès par 100 000), le Japon (30 décès par 100 000) et la France (24 décès par 100 000)… » Heureusement que tu es de bonne foi, Jean-François, sinon, on désespérerait de ton intégrité de chercheur… _________ En passant, ce matin, à Franchement Martineau, à LCN de 10 h à 11 h, nous vous présentons un débat entre Éric Duhaime et Jean-François Lisée... Présomption d'innocence
Quand j’ai su que les Shafia avaient été condamnés à la prison à vie pour meurtres prémédités, je me suis dit que les membres de la communauté afghane du Québec et du Canada allaient être soulagés.
Après tout, aucune communauté n’aime être associée à de tels fous, non ? DES BÉMOLS Eh bien, il semble que je me sois trompé. Voici ce qu’a dit le président de l’Association culturelle des Afghans du Québec, Rashid Rahmani : « C'est très difficile pour la communauté afghane de savoir s'ils sont vraiment coupables. Selon l'écoute électronique et les témoignages, ils sont coupables, ils ont tué leurs enfants. Mais pour moi, je ne suis pas certain. Il y a des preuves, mais pas suffisamment. Personne ne les a vus pousser l'auto dans l'eau, personne n'a dit les avoir vus tuer les quatre victimes avant. » Au lieu de profiter de l’événement pour condamner haut et fort les crimes d’honneur et les monstres qui les commettent, le bonhomme met des bémols sur la culpabilité du clan Shafia !!! Suis-je seul à ressentir un malaise devant cette déclaration ? DES PREUVES ACCABLANTES Mohammed Shafia a déclaré à de nombreuses reprises qu’il souhaitait que ses filles crèvent ! Il les a traitées de putains, il a dit que le diable allait chier sur leurs tombes ! Les preuves circonstancielles et les témoignages déposés contre le clan Shafia sont accablants. Et tout ce que l’autre trouve à dire est : « Je ne suis pas certain » ? Bonjour la compassion. Si j’étais Afghan, je ne serais pas très content de la sortie de monsieur Rahmani. Je trouverais ça assez ordinaire, merci. À moins que tous les membres de la communauté afghane partagent son point de vue et se méfient de notre système de justice, ce dont je doute… SE SERRER LES COUDES Moi, si j’étais porte-parole de la communauté afghane, je dirais : « Je suis heureux de voir que la justice canadienne a sévi contre ces fondamentalistes qui salissent la réputation de mon peuple ! » Je ne dirais pas : « Ah, bien là, pas sûr qu’ils étaient coupables… » Tu parles d’une façon de mousser la réputation d’une communauté, toi ! Les Noirs vont-ils se mettre à douter du système de justice chaque fois qu’un Noir est arrêté et condamné pour meurtre ? Idem pour l’Association des albinos ou des petites personnes ? C’est « Ma petite communauté avant, la société ensuite », c’est ça ? C’est fou à quel point le multiculturalisme est en train de gangréner les mentalités… 30 Janvier 2012Catch-22
Hier, j’écrivais que le mouvement souverainiste est victime de son succès.
Plus les Québécois francophones se sentent « maîtres » chez eux, moins ils se perçoivent comme victimes et moins ils ressentent le besoin de quitter le Canada… AUCUNE ISSUE C’est d’ailleurs le Catch-22 du PQ et du Bloc. (Pour ceux qui l’ignorent, « Catch-22 » est une expression tirée d’un livre culte des années 60. Il s’agit d’une situation particulièrement corsée qui n’a aucune issue. Quoique vous fassiez, vous êtes perdant.) Si le PQ et le Bloc mettent l’accent sur ce qui ne fonctionne pas au Québec, les gens se disent : « Ah, ça va vraiment trop mal, ce n’est pas le temps de quitter le Canada… » Mais si le PQ et le Bloc affirment qu’ils ont réussi à rendre le Québec plus fort, les gens se disent : « Comme ça, tout va bien dans la fédération, nous n’avons n’a aucune raison de nous séparer. » Bref, quoique tu dises, t’es fourré. Si tu dépeins le Québec comme une victime de la méchante fédération, les gens se sentent trop vulnérables pour prendre la décision de partir. Mais si tu dépeins les Québécois comme un peuple fort, les gens ne voient pas la pertinence de quitter. Pile, tu perds. Face, tes adversaires gagnent. Le PQ est prisonnier de ce cul-de-sac idéologique depuis sa naissance, et tout péquiste lucide le sait. UN SPECTACLE DÉSOLANT Parlant du PQ… Vendredi dernier, de 7 h à 9 h du matin, plusieurs députés péquistes (dont Agnès Maltais, Maka Kotto, Nicolas Girard et Scott McKay) sont descendus dans le métro afin d’expliquer le programme de leur parti aux Montréalais. Avez-vous vu les images à la télé ? Ça faisait mal à voir. Les députés tendaient désespérément leurs programmes à des travailleurs pressés qui n’en avaient rien à foutre, et qui ne pensaient qu’à une chose : arriver à l’heure au bureau. Je ne sais pas qui a eu cette brillante idée, mais la personne responsable de cette opération mérite d’être reléguée à l’entretien de la machine à café. Cette initiative pathétique était censée prouver que le PQ faisait de la politique « autrement », que c’était un parti « proche du peuple, des citoyens », à la Québec Solidaire. Elle n’aura réussi qu’à montrer à quel point le fossé qui sépare le PQ des gens ordinaires s’est creusé. LE FOND DU BARIL Tu veux rapprocher ton parti des travailleurs ? Parfait : envoies tes militants dans le métro. Pas tes députés ! J’étais tellement embarrassé en regardant ces images que j’ai détourné le regard. Comme a dit Éric Duhaime à l’émission que j’anime à LCN : « On dirait des musiciens qui donnaient naguère des concerts dans des amphithéâtres pleins à craquer, mais qui sont maintenant obligés de jouer dans le métro pour gagner leur vie. « En tout cas, la bonne nouvelle est qu’ils ne pourront plus descendre plus bas que le métro. Ils ont atteint le fond du baril… » LA MORT PAR COMPASSION Alliance avec les troupes à Khadir, sollicitation dans le métro, Muguette Paillé comme invitée spéciale : le PQ ne sait plus quoi faire pour paraître à nouveau pertinent. Le temps est peut-être venu de tirer la plogue… 29 Janvier 2012Excellente question
Question d'une lectrice, Flore Joyal:
" Comment le Parti québécois peut-il vouloir le droit de vote à 16 ans quand il est contre le gouvernement fédéral qui veut rendre un jeune de 16 ans responsable de ses actes devant la justice ? " Victimes de leur succès
Les militants qui travaillent d’arrache-pied pour défendre des causes et lutter contre des inégalités sont tous confrontés, un jour ou l’autre, au même problème.
Plus leur lutte fait des progrès, moins le problème qu’ils combattent est aigu, moins les gens qu’ils défendent se sentent menacés, plus ceux-ci laissent tomber leur garde, et plus le problème a de chances de se repointer le bout du nez… UN CYCLE INCONTOURNABLE Prenez le sida. Au début, les militants anti-sida, qui demandaient aux gouvernements de mettre sur pied des campagnes destinées à sensibiliser les gens à l’importance de se protéger lorsqu’ils avaient des relations sexuelles, criaient dans le désert. Personne ne les écoutait. Puis ils ont fini par avoir gain de cause. Résultat 1 : les gens ont commencé à se protéger. Résultat 2 : le taux de sida a chuté. Résultat 3 : les gens se sont sentis en sécurité, et ont oublié les bonnes habitudes qu’ils avaient adoptées quand l’épidémie était à son max. Résultat 4 : le taux de sida a remonté. C’est ce qu’on appelle être victime de son succès. LE SYNDROME DE LA PÉTASSE Toutes les causes traversent ce cycle. Il est aussi incontournable — et aussi naturel — que celui des marées. Regardez le féminisme. Pourquoi de plus en plus de jeunes filles se comportent comme si elles étaient des objets sexuels écervelés ? Parce que grâce aux féministes des années 60-70 qui se sont battues pour que les femmes soient considérées comme des êtres humains à part entière, les jeunes filles ont l’impression qu’il n’y a plus de problème. La guerre contre le sexisme et la discrimination est définitivement gagnée. La femme, désormais, gagne bien sa vie, fréquente les universités, contrôle son corps et sa sexualité. Alors, les filles peuvent se traiter de « putes » et se comporter comme des nunuches sans rien craindre… Idem pour les Noirs, qui n’ont plus aucune honte ni aucun scrupule à s’appeler « nigger » entre eux — un mot contre lequel leurs pères et leurs grands-pères se sont battus. LA GÉNÉRATION LUSSIER Eh bien, c’est ce qui arrive avec le mouvement souverainiste. Les nationalistes se sont tellement bien battus pour défendre le peuple québécois et protéger sa langue et sa culture que les gens ne se sentent plus menacés. Les immigrants parlent de plus en plus français, nos artistes triomphent aux quatre coins de la planète, nous avons créé nos propres multinationales. C’est quoi, le problème ? Mettez-vous dans la peau d’un jeune de 15 ans. Il n’a pas connu les « Anglaises de chez Eaton », il voit Falardeau aux Oscars et Villeneuve aux Césars, ses amis haïtiens et vietnamiens se baladent avec un chandail du Canadien sur le dos, il franchit toutes les frontières du monde en bougeant le petit doigt… Comment pourrait-il se reconnaître dans le discours souverainiste ? Pourquoi ne penserait-il pas comme Jérôme Lussier ? MISSION ACCOMPLIE Voilà pourquoi le mouvement souverainiste est en train d’imploser et d’exploser en même temps. Il est victime de son succès. Les souverainistes voulaient redonner une fierté aux Québécois. Eh bien, c’est fait. Mission accomplie, merci. Le hic, c’est que lorsqu’on est fier, on ne se voit plus comme une victime. Pire : on a ça en horreur. 28 Janvier 2012La mauvaise foi de Jean-François Lisée
Dans Comment mettre la droite K.O. en 15 arguments, Jean-François Lisée affirme qu’au fil des ans, la droite a artificiellement gonflé les chiffres sur le taux de suicide au Québec.
Pour le conseiller de Pauline Marois, c’est la preuve que la droite est prête à fabriquer n’importe quel mensonge pour alarmer la population et brosser un portrait apocalyptique du Québec. Ah oui ? Voici ce qu’on a pu lire ces dernières années dans les journaux… MONTÉE INQUIÉTANTE Le Devoir, 5 mai 2004 : « Même si le taux de suicide a chuté dans la plupart des pays industrialisés, le Québec connaît une montée inquiétante des cas de suicide. Chez les hommes, ce taux a bondi de plus de 60 % en 25 ans, hissant le Québec sur le podium des trois nations industrialisées les plus suicidaires. « Ces données révèlent que le Québec n'a pas de quoi pavoiser en matière de prévention du suicide. De 1976 à 2001, le taux de suicide global au Québec est passé de 14,8 suicides par 100 000 habitants à 19,1, faisant des Québécois les Canadiens qui se suicident le plus. « Chez les hommes, ce taux a bondi de 19 à 30,7 suicides par 100 000 habitants, soit une hausse spectaculaire de 62 %, qui vaut aujourd'hui au Québec un taux de suicide masculin deux fois plus élevé que celui du reste du Canada. » Depuis quand Le Devoir est un journal de droite, monsieur Lisée ? UN DES PLUS HAUTS Journal Métro, 1er février 2010 : « Même si le taux de suicide a diminué au Québec, la province demeure celle où a été enregistré le plus de suicides au pays et figure toujours parmi les populations présentant les plus hauts taux de suicide au monde. « Le Québec figure en effet au 4e rang (sur 21) des populations de l’OCDE ayant le plus haut taux de suicide (13,8 décès pour 100 000 personnes)… » L’hebdomadaire Métro est un porte-voix de la droite au Québec ? C’est la première fois que j’entends ça… CHAMPIONS AU PAYS La Presse, 2 février 2010 : « Le taux de suicide au Québec n'a jamais été aussi bas en près de 30 ans. Mais malgré les progrès, le Québec trône toujours au sommet du palmarès canadien en la matière… » En 2010, l’Institut national de santé publique du Québec publiait un document sur le suicide au Québec de 1981 à 2008. Voici ce qu’on pouvait y lire : « Chez les hommes, la situation du Québec en 2005 demeure inchangée en comparaison aux années passées, alors que le Québec présente le plus haut taux de décès par suicide parmi les provinces canadiennes. » Ne sommes-nous pas en droit de nous demander pourquoi nous sommes toujours champions du suicide au pays ? C’est de droite de se poser ces questions, monsieur Lisée ? C’est être anti-québécois ? LA TÊTE DANS LE SABLE Jeudi dernier, Nathalie Elgrably-Lévy s’offusquait du fait que Jean-François Lisée traitait d’anti-Québécois tous ceux qui osaient s’inquiéter de la situation au Québec. Elle a parfaitement raison. Que Lisée veuille se fermer les yeux, libre à lui. Personnellement, je ne pense pas que c’est un service à rendre à la province… 26 Janvier 2012Oscars
Drive n'est pas en candidature aux Oscars, ni David Fincher pour Meilleur réalisateur ou Melancholia de Lars Von Trier pour Meilleur film étranger...
Cela dit, ces gens sont en bonne compagnie: Hitchcock et Kubrick n'ont jamais reçu d’Oscar, Blade Runner n'a pas été sacré Meilleur film, et Gandhi a remporté contre E.T.! Même Citizen Kane a été boudé... Ordinary People a gagné contre Raging Bull, et Kramer contre Kramer a gagné contre Apocalypse Now. APOCALYPSE NOW ! C’est comme si tu préférais siroter une tasse de thé avec Janine Sutto plutôt que que caler une bouteille de tequila avec Eva Mendes… Autre scandale: Les Boys 3 n'a jamais été en nomination pour le Meilleur film étranger, Pourtant, il avait tout pour lui… S’il y a un film qui a marqué le cinéma québécois, c’est bien celui-là — avec Y a plus de trou à Percé avec Céline Lomez et La pomme, la queue et les pépins avec Donald Lautrec et Roméo Pérusse... Meryl Streep est en nomination comme Meilleure actrice dans The Iron Lady. Pas étonnant: elle fait deux choses que les membres de l’Académie adorent , elle a un accent et elle se vieillit grâce à un savant maquillage... Si vous voulez remporter Oscar, j'ai trois conseils pour vous : avoir un accent, vieillir, et jouer un handicapé… Rappelez-vous : aux Oscars, l’important n’est pas de récompenser le meilleur film, c’est de donner l’illusion à la Terre entière que les multimillionnaires de Hollywood n’ont pas seulement un gros portefeuille et un gros égo, ils ont aussi un cœur. Ils donnent des trophées à des films sérieux qui ont un message à transmettre, et après, ils écœurent leurs agents pour jouer dans Transformers 3. "Je veux remercier Allah pour mon Oscar..."
L'acteur Liam Neeson veut se convertir à l'Islam.
Il trouve les cinq appels quotidiens à la prières quotidiens inspirants... Ben coudonc... C'est dans leur culture...
Avez-vous lu ça ?
Lors de sa plaidoirie, cette semaine, l’avocat de Mohammad Shafia a demandé aux jurés de prendre en considération le facteur culturel dans leur analyse des faits. Par exemple, si son client a dit qu’il voulait découper ses filles en morceaux, il ne faut pas prendre ça au pied de la lettre. Il faut mettre ces propos dans leur contexte culturel. Mohammad Shafia est afghan, et dans la culture afghane, un homme fâché peut dire des choses qu'il ne pense pas réellement. LE VIOL ET LES HAÏTIENS Ça me fait penser à la juge Dubreuil. Vous rappelez-vous ? En 1996, une femme noire de Québec a été violée par deux Haïtiens lors d’une visite à Montréal. Malgré l’absence totale de remords de la part des agresseurs, la juge Monique Dubreuil a condamné les deux hommes à une peine légère pour ce genre de crime : 18 mois de prison avec sursis (donc, pas de prison si les gars se tiennent tranquille), et 100 heures de travaux communautaires. Pourquoi une peine aussi clémente ? Parce que, selon la juge, « l’absence de regret des deux accusés semblait relever plus d’un contexte culturel particulier à l’égard des relations avec les femmes que d’une véritable problématique d’ordre sexuel »… En d’autres mots : les violeurs n’éprouvaient pas de remords parce que chez les Haïtiens, ce genre d’agression n’est pas considéré comme grave… UN FACTEUR ATTÉNUANT Les propos de la juge Dubreuil avaient provoqué un tollé, et avec raison : non seulement laissaient-ils à penser que la juge considérait l’origine culturelle des agresseurs comme un facteur atténuant, mais ils sentaient la discrimination à plein nez. Comme si les Haïtiens ne considéraient pas le viol comme un crime ! Un regroupement de douze organismes haïtiens avait d’ailleurs déposé une plainte au Conseil de la magistrature du Québec… Qu’a dit le ministre de la Justice Serge Ménard devant cette levée des boucliers ? A-t-il blâmé la juge Dubreuil ? Non, il l’a défendue. « Les juges doivent tenir compte des circonstances culturelles, a-t-il dit. Nous les incitons même à le faire. » « UNE VALEUR IMPORTANTE » Pourquoi ? Y aurait-il deux formes de justice : une pour les Québécois de souche, et une pour les immigrants ? Le cas de la juge Verreault, que j’ai rappelé dans ma chronique du 26 novembre, allait dans le même sens : 23 mois de prison pour un Algérien qui avait violé sa belle-fille de neuf ans, parce qu’il avait eu l’amabilité de la sodomiser au lieu de la pénétrer dans le vagin, préservant ainsi sa virginité — « une valeur qui semble très importante dans leur religion, d’expliquer la juge. On peut donc dire que d’une certaine façon, l’accusé a ménagé sa victime… » C’EST NORMAL ! Mohammad Shafia est-il Canadien ? Si oui, il a les mêmes droits et les mêmes responsabilités que tous les autres citoyens du pays, et son avocat n’a pas à demander aux jurés de tenir compte de son origine ou de sa culture. J’espère que les membres de la communauté afghane vont réagir à ces propos qui laissent sous-entendre qu’il est normal, dans « cette communauté », de proférer des menaces de mort contre ses propres enfants… 25 Janvier 2012Guerre idéologique
Décidément, ça bouge sur l’axe gauche-droite !
Après les publications des livres De Colère et d’espoir de Françoise David et Pour en finir avec le gouvernemaman de Joanne Marcotte, c’est au tour de deux autres grosses pointures de la gauche et de la droite de se tirer dessus à boulets rouges : Jean-François Lisée et Éric Duhaime. BONNE GAUCHE CONTRE MÉCHANTE DROITE Le blogueur péquiste publie Comment mettre la droite K.-O. en 15 arguments, alors que le cofondateur du Réseau Liberté Québec (et collaborateur régulier à Franchement Martineau, à LCN) propose L’État contre les jeunes : comment les babyboomers ont détourné le système. Deux pamphlets enflammés, deux façons opposées de concevoir l’avenir du Québec. Tout d’abord, qu’est-ce que la gauche et la droite ? Lisée répond à la question en citant les politologues Alain Noël et Jean-Pjilippe Thérien. La droite, affirme-t-il, serait « pessimiste sur la nature humaine » et considèrerait la vie « comme une compétition acharnée entre les individus ». Ah oui ? Je suggère au blogueur de L’Actualité de lire l’essai d’Éric Duhaime : il s’apercevra que les valeurs défendues par la droite québécoise n’ont rien à voir avec les clichés véhiculés par ses amis politologues. SOLIDAIRES AVEC LES JEUNES Que dit Duhaime ? Qu’au lieu d’endetter les générations futures en payant à crédit des programmes qu’il ne peut s’offrir, le Québec devrait plutôt gérer ses finances de façon responsable, « rétablir le pont entre les générations » et « faire preuve de solidarité envers la jeunesse ». C’est être « pessimiste envers la nature humaine », de dire ça ? C’est « voir la vie comme une compétition acharnée entre les individus » ? Absolument pas. C’est au contraire faire la promotion de la générosité et de l’entraide. Comme plusieurs de ses camarades, Lisée croit dur comme fer que la gauche a le monopole de la compassion et de la solidarité. Si vous pourfendez le corporatisme syndical et critiquez les groupes de pression qui défendent leurs intérêts avant ceux de l’ensemble de la population, c’est que vous êtes égoïste et individualiste. Quelle vision simpliste des choses… Dire que dans son livre, Lisée me traite de tenant de la « droite populiste ». Et la gauche populiste, monsieur le professeur ? UN « VIRUS » En fait, Lisée et Duhaime visent le même but : améliorer la situation du Québec. Seules les méthodes qu’ils préconisent divergent. Mais dire que la droite est un « virus idéologique qui propose une réduction des systèmes d’entraide publics », comme l’affirme Lisée dans son ouvrage, est un mensonge. La droite ne veut pas démanteler l’État. Elle veut un État plus efficace, qui aide MIEUX ceux qui en ont VRAIMENT besoin, et qui fait preuve d’ÉQUITÉ envers les générations. Quel est le problème, avec ce point de vue ? POINTS COMMUNS Lisée affirme qu’il faut diminuer les subventions aux entreprises. Nathalie Elgrably-Lévy dit exactement la même chose. Il croit que les riches devraient payer leurs services plus chers. Joanne Marcotte a déjà défendu la même position. Il affirme qu’il faut s’attaquer à la dette et donner un coup de pouce à la productivité — deux dadas d’Éric Duhaime. C’est ça, sa gauche efficace ? Ça ressemble étrangement à la droite compatissante. 24 Janvier 2012Le "contexte culturel"
Nouvelle de l'Agence QMI concernant le procès Shafia:
Quand un Québécois de souche dit qu'il va tuer son fils, il faut prendre ses propos en considération. Mais quand c'est un membre d'une communauté culturelle qui lance ce genre de menaces, il faut remettre ses propos dans "leur contexte culturel"... Avons-nous une poignée dans le dos, bordel? Question quiz
Lu dans Le Journal de Québec:
Question: pourquoi Duceppe ne s'est-il pas défendu et a-t-il jeté la serviette aussi rapidement, alors? Questions, questions
Je me pose plusieurs questions, aujourd’hui.
Des questions qui me turlupinent et auxquelles je n’ai pas de réponses… LIBRE COMME L’AIR Prenez l’affaire Davidson, la « taupe » du SPVM qui voulait vendre une liste de noms d’agents infiltrateurs à divers groupes criminels… Je ne veux pas tomber dans les théories du complot, j’ai ce genre de trucs en horreur, mais vous ne trouvez pas ça bizarre que la police ait appris que Ian Davidson s’était réfugié dans un Best Western de Laval seulement quand on a trouvé son corps ? Il n’était pas suivi ? Il me semble que si tu sais qu’un gars a tenté de vendre des infos aussi sensibles à la mafia, tu surveilles ses moindres faits et gestes, non ? Êtes-vous en train de me dire que des policiers ont arrêté Ian Davidson en octobre, qu’ils l’ont interrogé, puis qu’ils l’ont libéré dans la nature sans surveiller ses allées et venues ? Désolé, mais j’ai de la difficulté à croire ça… En fait, je ne le crois pas du tout. Le gars était en possession d’infos hyper confidentielles et on lui aurait dit : « Fais attention à toi, Ian, bonne chance et à la prochaine » ? Voyons ! UNE MORT QUI TOMBE BIEN Comme l’écrit Normand Lester sur son blogue hébergé par Yahoo : « Comment se fait-il qu'on était au courant depuis le mois d'avril de la trahison de Ian Davidson et qu'il était toujours en liberté ? Pourquoi ne l'a-t-on pas arrêté si on a saisi dans ses valises des documents compromettants ? « Pourquoi a-t-il été relâché puisqu'on savait depuis des mois qu'il possédait des informations qui pouvaient mettre la vie de centaines de personnes en danger ? » Maudites bonnes questions, qui mériteraient une enquête en bonne et due forme. Je ne sais pas si vous pensez comme moi, mais j’ai l’étrange impression que la mort de Ian Davidson arrange beaucoup de monde. Dont la police… GILLES « CHOKEUX » DUCEPPE Autre question qui me tarabiscote : voulez-vous me dire pourquoi Gilles Duceppe a jeté aussi rapidement la serviette ? Lui qui est aussi combattif… Oui, c’est vrai, on l’a accusé d’utiliser des fonds publics pour payer le salaire de son organisateur en chef. Mais, entre vous et moi, on a vu pires malversations dans le monde politique au cours des dernières années. L’ex chef du Bloc aurait pu se défendre tout en faisant son petit bonhomme de chemin au PQ. C’est un grand garçon, il peut marcher et mâcher de la gomme en même temps. Les gens lui auraient probablement pardonné. Mais non, il a tout de suite décidé de se retirer de la scène politique pour « laver sa réputation ». Vous croyez ça, vous ? Pas moi. J’ai l’impression que Gilles Duceppe attendait un prétexte pour accrocher ses patins. LA VICTOIRE DE PAULINE Il a peut-être compris qu’il n’avait aucun appui au sein du PQ, sauf celui du SPQ libre, un groupuscule gauchiste qui est une sorte de succursale non assumée de Québec Solidaire. Alors il a tiré la plogue, pour aller « laver sa réputation » à temps plein. Ce qui laisse Pauline Marois au volant du PQ. Et François Legault mort de rire… 23 Janvier 2012Penser à l'avenir
Un petit mot, encore, sur Margaret Thatcher, dont on raconte la vie dans le film The Iron Lady…
La dame n’a pas eu peur d’utiliser des moyens impopulaires pour sortir son pays du trou où il s’était enfoncé. Elle ne pensait pas à sa popularité, elle ne dirigeait en fonction des sondages, elle se foutait d’être réélue ou pas — tout ce qui lui importait était de faire ce qu’il fallait faire pour remettre son pays sur les rails. « Quand on veut être aimé, on fait toutes sortes de compromis et on ne réussit rien », disait-elle. Où est la Margaret Thatcher du Québec ? Les canots de sauvetage
Le monde est divisé en deux.
Ceux qui ont accès à des canots de sauvetage quand les bateaux coulent, et ceux qui boivent la tasse. Je ne parle pas du capitaine du Costa Concordia… UN BEAU CADEAU Je parle plutôt de Joël Gauthier, l’ex patron de l’Agence métropolitaine de transports. L’homme a démissionné la semaine dernière, après un règne controversé de huit ans. Non seulement les coûts du projet du train de l’Est (qui reliera Mascouche et Montréal) ont-ils doublé sous son autorité, passant de 300 millions à 715 millions, mais cette ligne qui devait être opérationnelle en 2012 ne sera prête qu’en avril 2014, minimum. Bref, ce projet a tellement été mal géré que Jean Charest a décidé de mettre le grappin dessus et de le retirer des mains de l’AMT. Même Michelle Courchesne, la présidente du Conseil du Trésor, a critiqué la façon de faire de Gauthier. Or, qu’a reçu l’ex patron de l’AMT, lorsqu’il a démissionné ? Une belle prime de départ de 115 000 $, pour le remercier du travail accompli. PARACHUTES DORÉS Joël Gauthier n’est pas le seul à avoir eu droit à un beau parachute doré quand l’avion qu’il pilotait a commencé à piquer du nez et à faire des vrilles. Rappelez-vous la débâcle de la Caisse de dépôts, en 2008 : 40 milliards de dollars qui se sont volatilisés suite à de mauvais placements. Même David Copperfield ne pourrait faire disparaître un tel magot. Or, quand six hauts dirigeants de la Caisse ont décidé de quitter le paquebot qu’ils avaient torpillé, on leur a remis des primes de départ totalisant 3,8 millions de dollars ! Oui, monsieur… À lui seul, le grand patron Richard Guay a empoché un million, et le vice-président aux marchés boursiers, François Grenier, 950 000 $. C’est pas beau, ça ? Ça me fait penser aux bonis qu’on a accordés aux cadres du réseau de la santé pour l’année 2009-2010 : 16,8 millions. C’est vrai que ça va tellement bien, non ? PASSER À LA CAISSE Des exemples comme ça, on peut en sortir des tonnes : gestionnaires moyens qui reçoivent de généreux bonis, politiciens démissionnaires qui empochent de belles « allocations de transition » avant de passer à la caisse au privé — mettez-en, c’est pas de l’onguent ! On fait comme si l’argent poussait dans les arbres. Dans le privé, quand tu démissionnes, tu n’as pas le droit à l’assurance-chômage, et quand tu travailles tout croche, tu n’as pas le droit à une bouteille de vin à Noël. Pourquoi ça serait différent dans le secteur public ? 22 Janvier 2012Devenir quelqu'un
Dans The Iron Lady, le film sur Margaret Thatcher, l’ex-dame de fer, incarnée par une Meryl Streep hallucinante de vérité, prononce une phrase brillante qui résume parfaitement notre époque :
« Avant, ce qui comptait, c’est ce que tu faisais. Maintenant, c’est qui tu es. » LE RÈGNE DES BOZOS Tout est là. Prenez la politique. Avant, on s’intéressait aux actions des élus. Maintenant, on s’intéresse à leur personnalité. Dans quelle maison ils habitent, avec qui ils couchent, les disques qu’ils écoutent, les films qu’ils regardent… C’est le « people » qui compte. Qu’a fait le bozo qui s’est filmé en brûlant un feu rouge sous la barbe des policiers, à Laval ? Rien. C’est un imbécile, une tête à claques. Mais il est connu de tout le Québec. Il est devenu « quelqu’un ». Idem pour l’autre bozo qui engueulait un portier en criant que son père était « riche en tabarnak ». Le gars est maintenant payé pour faire des apparitions dans des bars. Il n’a rien fait, mais il est connu de tout le monde et il peut monnayer ses 15 minutes de gloire. LES INVASIONS BARBARES C’est fou, mais c’est comme ça que ça se passe, maintenant. Les médias sociaux, qui devaient « éclairer et informer les gens » (quelle blague), permettent à de sombres crétins de devenir des vedettes instantanées. Thatcher (qui a sorti à bouts de bras son pays de la faillite, un exploit remarquable qui mérite toute notre admiration, quoiqu’en pensent les gauchistes de salon qui ne connaissent d’elle que la stupide chanson de Renaud) avait raison. Avant, pour devenir une célébrité, il fallait gagner une guerre, inventer l’automobile, faire le tour du monde en monoplace, découvrir un fleuve… Aujourd’hui, il suffit de faire le con sur Facebook, et le tour est joué. C’est ce que Denys Arcand appelle « les invasions barbares ». La victoire du crétinisme, l’ignorance et l’imbécillité qui se propagent plus vite que le virus de l’ebola… NOTE EN BAS DE PAGE Comme Christian Dufour et Mathieu Bock-Côté, j’ai été très choqué par le film The Iron Lady. J’ai trouvé que la réalisatrice prenait un malin plaisir à montrer Margaret Thatcher vieillissante, diminuée, malade, comme si elle se disait : « Tiens, ma vieille chipie, je vais régler ton compte et je vais déboulonner ta statue ! » Mais qui sait ? La réalisatrice voulait peut-être justement montrer cela : l’agonie de l’intelligence et du courage dans un monde de plus en plus vide, de plus en plus pleutre, de plus en plus con. Comme si elle disait : « Regardez, voici le monde d’aujourd’hui : les Kardashian sont des vedettes adulées et plus personne ne se souvient de Margaret Thatcher, elle est devenue une note en bas de page, une vieille dame qu’on croise à l’épicerie et qu’on ne reconnaît plus… » FIERS D’ÊTRE CONS Christian Rioux, du Devoir, avait déjà écrit une belle chronique sur ce qu’on pourrait appeler « la culture de l’inculture ». Il disait qu’avant, les gens incultes avaient honte de leur ignorance. Ils tentaient de la masquer, de la cacher. Maintenant, les caves sont tout fiers d’exhiber leur bêtise. Ils la montrent à la face du monde en se pétant les bretelles. 21 Janvier 2012Une histoire fascinante
J’ai toujours aimé les histoires de police, j’en mange depuis que je suis tout jeune.
Mais ce qui me passionne particulièrement, ce sont les agents doubles, ces flics hyper courageux qui infiltrent des réseaux criminels. DOUBLE VIE Vous imaginez leur vie ? Ils doivent se construire une fausse personnalité de A à Z, faux logement, faux passé, faux souvenirs… Et pour mériter la confiance des bandits qu’ils côtoient tous les jours, ils doivent commettre des crimes, assister à des réunions où l’on planifie des vols, des règlements de comptes, des meurtres… J’ai déjà discuté avec un agent double et il me disait que sa grande peur était de parler dans son sommeil quand ses activités l’amenaient à dormir à côté d’autres bandits. Ça le hantait. Quand l’agent d’infiltration Éric Nadeau était « en opération », seuls cinq policiers connaissaient sa véritable identité. Les autres croyaient qu’il était un criminel… Dans ce milieu-là, moins de gens connaissent la vérité, plus ta sécurité est assurée… ULTRA CONFIDENTIEL Les listes contenant les noms et les coordonnées des agents d’infiltration et des informateurs qui travaillent pour la police sont Top, Top, Top Secret. Seuls des policiers au-dessus de tout soupçon y ont accès. Ian Davidson faisait partie de ce petit groupe. S’il était en possession de ces noms, c’est qu’on avait une confiance totale en lui. Pourquoi a-t-il soudainement décidé de les vendre à la mafia sicilienne ? Que s’est-il passé ? Avait-il des problèmes d’argent ? De jeu ? Était-il désabusé, voulait-il se payer la traite avant de prendre sa retraite ? TOUT N’EST QUE VANITÉ Ce fait divers fascinant me fait penser à l’histoire de Robert Hanssen (qu’on a portée au cinéma sous le titre de Breach). Cet homme a été agent du FBI pendant 27 ans. Un gars calme, discret, solitaire, le bureaucrate parfait. Or, pendant 22 ans, cet individu inodore, incolore et au-dessus de tout soupçon a vendu des secrets militaires aux Russes ! Quand il a été arrêté, ses confrères ne le croyaient pas. Lui ? Hanssen ? Espion pour les Russes ? Voyons, ça ne se pouvait pas ! Il s’agissait certainement d’une erreur… Eh non. Pourquoi a-t-il agit ainsi ? Pour l’argent. Pour le jeu, l’excitation que ça lui procurait. Mais d’abord et surtout, par vanité. Ça lui donnait un p’tit kick de savoir que personne ne le soupçonnait. Il se sentait fort, puissant, malin, astucieux. Qui sait ? C’est peut-être ce qui a motivé Davidson. DE L’HOMMERIE Cette histoire qui aurait pu être tragique (vous imaginez ce qui aurait pu arriver aux informateurs et aux agents infiltrateurs dont les noms apparaissaient sur la liste, ce qui aurait pu arriver à leur famille ? ) nous rappelle que partout où il y a de l’homme, il y a de l’hommerie. Personne n’est à l’abri de la tentation. Parfois, même les plus durs finissent par craquer. Tout dépend du contexte. Vous pensez que les militaires américains qui ont été filmés en train d’uriner sur des cadavres de talibans pensaient un jour poser de tels gestes ? Je suis sûr qu’ils n’avaient jamais prévu ça. L’âme humaine est remplie de zones d’ombre. Si on savait ce qui se tapit en dedans de nous, on serait probablement terrorisé. 19 Janvier 2012Apocalypse Hitler
L’autre jour, je parlais de l’excellente série Apocalypse Hitler. Mais j’ai oublié de dire qu’elle était diffusée à Télé-Québec !!!!
Vous pouvez visionner le premier épisode sur le site Internet de T-Q, et regarder le deuxième épisode dimanche prochain à 20 h (ou mercredi à 13 h). Ne la ratez pas ! Le naufrage du PQ
Décidément, c’est la semaine des naufrages…
Après le capitaine du Costa Concordia qui a précipité le paquebot qu’il pilotait sur des rochers, histoire de faire « coucou » aux habitants d’une île, c’est au tour de Pauline Marois de mettre le parti qu’elle dirige en danger en s’approchant trop près des côtes de Québec Solidaire. LES COCOS Il suffit de surfer sur le site du parti d’Amir Khadir et de François David pour se rendre compte des risques d’effectuer pareille manœuvre. Primo : Québec Solidaire et le Parti communiste du Québec ont conclu une entente, en vertu de laquelle tous les membres du Parti communiste deviennent AUTOMATIQUEMENT membres de Québec Solidaire (« Révolutionnaires de tous les pays, unissez-vous ! »)… C’est tout ce qu’a trouvé le PQ pour redorer son image ? Coucher dans le même lit qu’une bande de coucous qui prient encore à l’autel du marteau et de la faucille ? Pourquoi ne pas teindre la fleur de lys en rouge, tant qu’à faire ? UN PROGRAMME « ALTERNATIF » Deuxio, voici ce que propose le programme de Québec Solidaire : — Mettre un frein à toute forme de privatisation dans le service de santé — Éliminer les frais de scolarité dans les cégeps et les universités — Encourager les pédagogies alternatives — Diminuer le plafond des REER à 10 000 $ par année (alors que pour les travailleurs autonomes, les REER constitue la seule façon de planifier leur retraite) — Développer des alternatives à l’incarcération — Orchestrer un rapprochement politique avec les gouvernements progressistes du monde (Hugo Chavez ? Fidel Castro ?) DES IDÉES FOLICHONNES Et ce n’est pas tout. Comme l’ont maintes fois souligné Éric Duhaime et Michel Hébert, voici certaines propositions adoptées par la Commission politique de Québec Solidaire en octobre 2010 : — Éliminer les centres commerciaux, interdire la publicité, transformer les entreprises privées en coopératives, viser la socialisation des activités économiques… — Remplacer l’indice PIB (produit intérieur brut) par l’indice BIB (bonheur intérieur brut), nationaliser les banques, nationaliser les entreprises de télécommunication, interdire tout nouveau développement hydro-électrique… — Construire un réseau de transport collectif électrique gratuit, limiter au maximum l’utilisation de la voiture, augmenter la taxe sur l’essence, interdire sur une période de 10 ans l’usage personnel de l’automobile dans le centre-ville… ET ÇA CONTINUE — Interdire sur une période de 10 ans le transports de marchandises par camion à moins qu’ils ne soient hybrides, interdire tout développement autoroutier… — Défendre l’intégrité de la Mère Terre, favoriser l’installation de friperies, obliger les entreprises à ouvrir leurs livres de comptes, réduire la semaine de travail à 32 heures sans perte de salaire, éliminer la publicité dans les événements culturels… Etc., etc. Les péquistes veulent VRAIMENT s’associer à un parti qui défend des idées aussi extrêmes ? C’est tout ce qu’ils ont trouvé pour se sortir de la vase ? Eh bien… Peut-être vaut-il mieux tirer la plogue une fois pour toutes et enterrer le parti de René Lévesque… 18 Janvier 2012Sujet pas important
Tim Horton a décidé de lancer un nouveau format de café de 24 onces, l’équivalent de trois tasses de café normales, qui est le maximum quotidien recommandé par Santé Canada.
Une shot le matin, et t’as ta dose de caféine pour la journée… En fait, c’est ce qu’on dit. Parce que ça ne sera pas ça, on le sait bien. Il va y avoir un p’tit café à 10 h, un p’tit café après le lunch, un p’tit café à 3 heures pour combattre la fatigue et un p’tit café après souper… Si ça continue, bientôt, on va tellement avoir de caféine dans le corps qu’il va falloir visser notre lit sur le plafond. On va grimper sur les murs et on ne pourra plus descendre. Tout ça me fait poser deux questions. 1) C’est quoi, le trip, avec les formats ? C’est-tu moi, ou — comme les sourcils de Jacques Languirand — les formats sont de plus en plus gros ? Tu vas au cinéma, tu demandes un p’tit coke, et on te donne un coke qui pourrait étancher la soif d’un escadron de la légion étrangère postée au Sahara à la mi-juillet. Un Coke extra large, c’est quoi ? Deux bonbonnes qu'on t’accroche dans le dos avec des sangles, avec un tuyau qui va directement dans ta bouche et que tu peux actionner avec un système de pédales ? Et le gros pop-corn, on te le sert dans une charrette avec une pelle ? 2) C’est quoi, le trip, avec le café ? Il y a des cafés à tous les 15 pieds, maintenant… À NY, sur les coins de rue, t’as 4 Starbucks qui se font face… Il y a des cafés dans les librairies, dans les cinémas, dans les salons de beauté, des machines à café dans le sous-sol des salons funéraires… La vie est en train de ressembler à un téléroman de Lise Payette : "Tu veux-tu un p’tit café ? " Avant, on prenait un café pour relaxer. "Viens, on va jaser en prenant un café..." Maintenant, les gens boivent leur café en faisant de la marche rapide, et tous les cafés sont maintenant équipés de système Internet sans fil. Comme ça, tu peux boire en surfant... Tu te shootes du café dans les veines et des infos dans le cerveau, t’es à la fois branché et stimulé, plus tu bois, plus tu surfes, plus tu surfes, plus tu bois, ton cœur palpite, ton cerveau frémis, on n’est plus sur le 110, on est sur le 220. Nous sommes comme Ron Fournier sur un trip de speed… Symptôme d'une société accroc à la performance... L'homme n'est pas une auto
J’aimerais revenir sur le cas de Guy Turcotte…
J’écrivais, il y a quelques jours, que personne ne peut vraiment savoir ce qu’un être humain mijote au plus profond de lui-même, ce qui le motive, pourquoi il agit comme il agit. On a beau être un psychiatre bardé de diplômes, l’âme humaine demeure une caverne insondable. C’est « un rébus enveloppé de mystère au sein d’une énigme », comme disait Chuchill à propos de la Russie. PAS UNE MACHINE Selon la psychiatre Dominique Bourget, qui appuie la libération sans condition de l’ex-cardiologue, les risques de récidive de Guy Turcotte sont évalués à 30 %. Pas 28 % ou 32 %, non : 30 %. Comment peut-on arriver à un tel chiffre ? L’âme humaine n’est pas une machine qu’on peut évaluer à l’aide d’une grille ! « Ressort de soupape ? Check ! Couvercle de culasse ? Check ! Bouchon de vidange d’huile ? Aucun problème ! Monsieur, le risque que votre auto tombe en panne est évalué à moins de 3 %... » Voyons ! Il y a quelques années, un magazine littéraire avait demandé à l’auteur John Irving (Le monde selon Garp) quel était son écrivain de fiction préféré. « Sigmund Freud », avait-il répondu. Il voulait dire par là que même si les théories de Freud pour expliquer l’inconscient sont séduisantes, elles sont aussi illusoires et irréelles que les légendes qu’on retrouve dans la Bible. Pensez-vous vraiment qu’il suffit d’étudier les rapports qu’un être humain entretenait avec sa mère quand il était enfant pour expliquer qui il est ? Pour avoir accès à tous ses secrets, toutes ses pensées ? L’homme n’est pas un roman policier qu’on résout au dernier chapitre, un véhicule muni d’un capot, un coffre-fort qu’on ouvre avec une clé ! FACTEUR À RISQUE Et puis, il y a une autre chose qui me fait tiquer dans l’affaire Turcotte : même si ce meurtrier ne représentait aucun risque pour quiconque (ce que PERSONNE n’est en mesure de prouver, ni madame Bourget ni le pape), pourquoi faudrait-il le relâcher ? La punition, ça n’existe plus ? Il n’y a que le risque de récidive qui doit être pris en compte, maintenant, quand on se demande si on devrait libérer un détenu ou pas ? Bon, vous me direz que Guy Turcotte a déjà subi son procès et qu’il a été jugé irresponsable. Vous avez parfaitement raison : le mal est fait, il n’est plus question de punir cet assassin d’enfants, juste de savoir s’il est « guéri » ou pas. Mais oublions Turcotte, pour l’instant, et parlons de tous les autres maniaques qui, comme lui, ont commis des crimes atroces — mais qui, contrairement à lui, n’ont pas eu la chance de tomber sur des jurés compatissants… Il faudrait juste les réhabiliter, pas les punir ? DES ACTES INACCEPTABLES Personnellement, j’ai de la difficulté avec ça. Il me semble que le système de justice n’est pas qu’une machine à « réinsérer » des détenus, il sert aussi à punir, à dire haut et fort que certains actes sont INACCEPTABLES dans notre société. Et que parmi ceux-ci, le pire, le plus répréhensible, le plus grave et le moins excusable est le meurtre d’enfants. 17 Janvier 2012Laissez Dieu tranquille!
En 2012, je fais un vœu : peut-on laisser Dieu tranquille ? Peut-on lui sacrer la paix, deux minutes, et le laisser faire ce qu’il aime le plus faire, c’est-à-dire : rien ?
Mitt Romney, le mormon qui se présente pour diriger le parti républicain aux USA, a dit l’autre jour qu’il va gagner les élections car Dieu est de son côté. Attendez une minute,... Dieu a laissé un tremblement de Terre dévaster Haïti, il a laissé 6 millions de Juifs se faire massacrer par les nazis, mais il va sortir de sa retraite pour aider Mitt Romney à gagner ses élections ? Pourquoi ? Non, mais faut-il se prendre pour le nombril du monde pour croire que Dieu a NOTRE bien à cœur ? Si Dieu existait, je suis sûr qu’il pense à autre autre chose que l’avenir de Mitt Romney. Il est occupé à faire des choses plus importantes, comme faire pleurer une statue dans le fin fond du Portugal ou imprimer sa face sur une toast au Mississippi. C’est comme les remises de prix. Dans chaque gala, il y a des artistes qui remercient Dieu. Je ne suis pas un gars très religieux, mais j’ai l’impression que Dieu se sacre pas mal de 50 Cent, de Ol Dirty Bastard, de Snoop Dog et de Little Mama… Je pense que c’est le cadet de ses soucis qu’une bimbo botoxée avec des boules en styrofoam gagne le Prix de la Meilleure actrice de soutien dans un soap mexicain… Je regarde le Soudan, la Syrie, Haïti, et je me dis que son agenda est pas mal chargé… C’est comme les parents musulmans qui ne veulent pas que leur fille entendent de la musique et qui lui ont acheté des écouteurs anti-bruit… Pensez-vous vraiment qu’Allah va pogner les nerfs, faire une crise et pisser aux quatre coins de son nuage si une petite fille de 5 ans entend les premières mesures de Ma p’tite poupoune de Chilvi ? Si oui, il est temps qu’on lui donne son 4 % et qu’on lui loue une chambre aux Résidences Soleil… Je sais qu’en 2012, tout le monde se pense important, tout le monde se pense intéressant, on change notre statut Facebook chaque fois qu’on fait un gaz, mais il faudrait arrêter de penser que Dieu s’Intéresse à tout ce qu’on fait et qu’il est abonné à notre compte Twitter… En passant, parlant de Mitt Romney, savez-vous que les Mormons croient que Dieu demeure sur la planète Kolob ? Pas de farce, c’est écrit dans le livre d’Abraham… Selon la croyance des Mormons, Eloim est le père de Jésus, et il est allé vivre avec ses nombreuses femmes sur la planète Kolob (qui, en passant, n’a jamais été détectée par les astronomes...) Là, il a enfanté des millions d’enfants dépourvus de corps physique... Rappelons que Mitt Romney est en avance dans les sondages pour diriger le parti républicain... Comme on dit: ça va mal. (Cela dit, la Bible n'est pas plus crédible que le livre des Mormons, entre vous et moi...) PLC: pot problème!
Ainsi, les Libéraux fédéraux, qui étaient en congrès ce week-end, ont voté à 77 % pour la légalisation de la marijuana.
Il faut dire que si j’étais à leur place, moi aussi, je voudrais fumer un gros batte. CAUSE PERDUE Non, c’est vrai : le parti est en pleine crise d’identité. Avant, le PLC servait à une seule chose : combattre les indépendantistes. Les Libéraux disaient au Canadiens-Anglais : « Votez pour nous, on les connaît, les séparatisses, on va les mettre à leur place, vous pourrez dormir sur vos deux oreilles… » C’est ce qu’on a dit sous Trudeau et sous Chrétien. Mais maintenant que le mouvement séparatiste s’effondre et que le PQ est officiellement devenu une espèce en voie de disparition (au même titre que le tétras des prairies, le chat-fou tacheté et le chabot à tête courte), le PLC a perdu sa raison d’être. Résultat : ses militants se cherchent désespérément une cause, une mission… LE PARTI COOL Sous la férule du magnétique Stéphane Dion, les militants libéraux se sont dit : « On va être le parti des verts ! » Ça n’a pas marché. Sous celle du charismatique Michael Ignatieff, ils se sont dit : « On va être le parti des intellos, une alternative au cow-boy Stephen Harper ! » Ça n’a pas marché. Maintenant, ils se disent : « On va être le parti cool, on va légaliser la mari ! Ça va nous ramener à la belle époque des années 70, quand Trudeau s’habillait comme un pimp et que Maragaret fumait du pot avec Mick Jagger au Studio 54… » On a beau penser ce qu’on veut du PLC, il y a quelque chose de pathétique à voir un parti qui a joué un rôle aussi important se mettre un piercing dans le nez pour attirer les jeunes. Neil Young avait peut-être raison : « It’s better to burn out than to fade away… » Vaut mieux exploser que de s’éteindre lentement, à petits feux… LENDEMAIN DE VEILLE Parlant de drogue : un qui doit bad tripper et se sentir comme Bradley Cooper dans Hangover, avec une dent en moins et un tatouage sur les fesses, c’est François Legault. Tout le monde disait que son parti allait gagner les doigts dans le nez, et voilà qu’il est en train de se faire rattraper par Jean Charest ! Il faut dire qu’à force d’accueillir des transfuges des autres formations, la CAQ commence à ressembler de moins en moins à un parti politique et de plus en plus à l’Accueil Bonneau. « Votre parti est en train de couler ? Cognez à notre porte, on va vous donner un café chaud et une couverture… » Difficile d’incarner le changement quand les seules faces que t’es capable de proposer aux électeurs sont celles qu’on voyait sur d’autres pancartes il y a quelques mois… D’AUTRES GROS NOMS ? Si des Péquistes et des Adéquistes se sentent comme dans leurs vieilles pantoufles à la CAQ, c’est parce que ce n’est pas si différent que ça, non ? J’espère que François Legault va sortir d’autres « gros noms » bientôt, parce que si c’est tout ce qu’il est capable de faire, c’est pas vargeux… 16 Janvier 2012Question quiz
Sur la rue où j'habite, il est inscrit: INTERDIT DE STATIONNEMENT DE 18 H À 7 H POUR DÉNEIGEMENT.... sur les deux côtés de la rue!!!!!!
Je la mets où, mon auto? Dans mon cul? Dans la tête de Guy TurcotteCertains psychiatres affirment que l’ex-cardiologue devrait être libéré car il ne constitue pas un danger pour personne. Qu’en savent-ils ? Sont-ils dans sa tête ? Chaque fois que j’entends des psys délibérer de la sorte sur la « dangerosité » d’un meurtrier, je pense au classique d’Alfred Hitchcock, Psycho. Vous souvenez-vous ? À la toute fin, un psy fait une présentation savante devant les policiers pour expliquer ce qui a amené Norman Bates (Anthony Perkins) à tuer Marion Crane (Janet Leigh). Il parle de Freud, du complexe d’Oedipe, blablabla… Puis, dans la scène suivante, Hitchcock nous montre le regard diabolique de Bates dans sa chambre capitonnée, et on oublie tout ce qui s’est dit auparavant. On est face au vide, à l’abîme, à l’irrationnel… UN MYSTÈRE INSONDABLE Les théories psychanalytiques nous donnent l’impression confortable que tout s’explique. Or, c’est faux. Le mal est inexplicable. Qui sait ce qui se passe dans la tête de Guy Turcotte ? Noir et blanc en couleursÊtes-vous passionnés par tout ce qui touche de près ou de loin la Deuxième guerre mondiale ? Avez-vous dévoré la série documentaire Apocalypse, qui a été diffusée sur les ondes de TV5 l’an dernier ? Si oui, ne ratez pas Apocalypse Hitler, diffusée sur les ondes de Télé-Québec. TROP POPULAIRE Cette série de deux heures, produite par l’équipe d’Apocalypse, retrace, comme son titre l’indique, la vie et la « carrière » d’Adolf Hitler. Le premier épisode a été diffusé hier à 20 h, mais si vous l’avez raté, pas de panique, vous pouvez regarder la reprise ce mercredi à 13 h. Je vous parle de cette série passionnante car il y a quelques semaines, sur France Culture, on a invité trois historiens pour en discuter. Leur verdict : c’était une merde épouvantable. Pas parce que la série manquait de rigueur ou qu’elle ne respectait pas les faits, non : parce qu’elle était trop « populaire ». « On a colorisé des images d’archives en noir et blanc, ce qui est inacceptable, de dire un des historiens invités. De plus, on a mis l’emphase sur les moments les plus sensationnalistes de la Deuxième guerre, les horreurs, les camps, etc. On a voulu aller chercher le plus de téléspectateurs possible. » Imaginez : une série documentaire qui cherche à intéresser les gens ordinaires à l’histoire ! Quel scandale !!! OÙ EST LE MAL ? Lors de sa diffusion initiale il y a quelques mois en France, cette série a un fait tabac, se hissant parmi les émissions les plus regardées de l’année et attirant des millions de téléspectateurs. Pour nos trois spécialistes, c’est la preuve qu’elle n’est pas digne d’intérêt. Ils auraient préféré une série hyper pointue qui ne parle qu’à leur caste et qui n’intéresse qu’une petite poignée d’experts. Eh oui, les producteurs ont colorisé numériquement des images d’archives et ont ajouté des effets sonores afin de les rendre plus réalistes. Et alors ? Si ça permet de rejoindre 30 fois plus de gens, où est le mal ? Au lieu de cracher dans la soupe en levant le nez, ces historiens auraient dû au contraire se réjouir qu’en 2011, une station de télé ait décidé de diffuser une série documentaire sur la Deuxième Guerre à une heure de grande écoute. 15 Janvier 2012Accepter l'inacceptable
Dans son best-seller Les soldats d’Allah à l’assaut de l’Occident, Djemila Benhabib pourfend les gauchistes naïfs qui, sous prétexte « d’ouverture aux autres » et de « respect de la diversité », jouent le jeu des fondamentalistes musulmans.
Elle les appelle « les idiots utiles ». VIVE LES PÉDOS ! Ces « idiots utiles » permettent aux barbus de répandre leur poison idéologique au sein des sociétés occidentales. Mais il y a 40 ans, il y avait d’autres « idiots utiles » en Europe. D’autres adeptes de la gauche gnan-gnan qui, sous le couvert de la tolérance, ouvraient la porte à des idéologies dangereuses. Ils ne jouaient pas le jeu des islamistes, à cette époque, mais celui des pédophiles. Dans le dernier numéro de la revue française Books (un numéro spécial portant sur la sexualité et intitulé Le pouvoir du sexe), on trouve un texte passionnant sur les expériences qui ont été menées dans certaines garderies allemandes à la fin des années 60 et au début des années 70. C’est ahurissant. JOUIR SANS ENTRAVE À l’époque (nous sommes au lendemain de mai 68), la révolution sexuelle battait son plein. Il fallait « jouir sans entrave », combattre les tabous, bousculer l’ordre bourgeois et la morale puritaine. Plus une personne baisait, plus elle multipliait les partenaires (et plus elle se gelait la bine), plus on la considérait libre et épanouie. Certains militants ont commencé à dire qu’il fallait libérer les individus de la morale bourgeoise le plus tôt possible — à dix ans, sept ans, cinq ans. On a donc commencé à implanter des programmes dans certaines garderies alternatives destinés à aider les enfants à « explorer leur sexualité ». « DÉCOINCER » LES ENFANTS Au début, on leur enseignait l’ABC de la physiologie : c’est quoi un pénis, c’est quoi un vagin, etc. Mais peu à peu, on s’est mis à déraper. On organisait des jeux « amoureux » pendant lesquels les enfants se déshabillaient, on leur lisait des magazines pornographiques, on mimait des accouplements, on leur racontait des blagues cochonnes pour les « décoincer ». « Pour un enfant, les câlins avec les adultes sont précieux, y compris ceux qui incluent un rapport sexuel », affirmait un « guide de l’endoctrinement positif de l’enfant » publié en Allemagne en 1971. QUESTION NIAISEUSE À l’époque, la gauche trouvait ces expériences « trippantes », « libératrices ». Dans certaines communes, on encourageait les mères à montrer leur sexe à leurs enfants… Aujourd’hui, il est difficile de croire que ces balivernes aient été prises au sérieux. C’était pourtant le cas. On croyait vraiment qu’avoir des relations sexuelles avec des adultes était bénéfique pour les enfants. Chaque époque a ses lubies. Celle de notre époque est le culte de la diversité culturelle, qui nous pousse à accepter l’inacceptable. Par exemple : sur la couverture du dernier Maclean’s, on voit une femme entièrement voilée, avec, comme titre : « Who are we to judge ? » (Qui sommes-nous pour juger ?). Des fascistes religieux obligent les femmes à se voiler de la tête au pied, et on est là, à se dire qu’on ne devrait peut-être pas les juger. Dans 20 ou 30 ans, nos enfants ne croiront pas qu’on a déjà été aussi niaiseux… 14 Janvier 2012Fausse représentation
Je vous le jure, j’essaie d’échapper au cynisme, je me fais violence pour ne pas y succomber, mais c’est peine perdue.
Chaque jour, l’actualité me prouve qu’on a toutes les raisons du monde d’être désabusé de la politique. Comme l’a déjà dit l’humoriste français Philippe Bouvard : « Le cynisme finit par être le comble de la franchise dans une société d’hypocrites. » SAUTE-MOUTONS Regardez les députés qui sautent d’un parti à l’autre. Il me semble que si les électeurs de ton comté ont voté pour toi alors que tu portais les couleurs du parti Machin, c’est la moindre des choses que tu demandes leur permission avant de changer de parti, non ? Moi, si je vote pour le candidat du parti Machin, c’est parce que je me reconnais dans le programme dudit parti. Je ne veux pas qu’une fois élu, mon député qui a profité de la popularité du parti Machin pour obtenir mon vote et faire de la figuration au Parlement change soudainement de chandail et se mette à appuyer le programme du parti Bidule. Si je voulais appuyer le parti Bidule, j’aurais voté pour le candidat Bidule ! Me semble que c’est clair… Quand tu te maries avec une belle blonde et que ta femme, après un an, décide de changer de sexe et de devenir un homme, t’as une maudite bonne raison d’annuler ton mariage, non ? Eh bien, ça devrait être comme ça en politique. AUCUN COURAGE Malheureusement, ce n’est pas le cas. Les députés ont le droit de changer d’équipe comme ils veulent sans demander la permission à personne. Et toi, le cave, t’es pogné avec un député qui ne représente plus tes valeurs… C’est comme si tu commandais une pizza dans un restaurant, et que le serveur arrivait en disant : « Finalement, on a décidé que tu mangerais de la lasagne. » Et le pire est que ça nous parle de courage… Courage mon oeil. Si vous aviez un tant soit peu de courage et de probité, vous démissionnerez et vous vous représenteriez à une élection partielle avec votre nouveau chandail sur le dos. Déjà qu’on se fait fourrer quels que soient les résultats des élections, peut-on au moins choisir la couleur du dildo ? Les grands enfants (suite)
L’autre jour, je disais que j’étais découragé de voir des adultes lire des romans jeunesse.
Un auteur de roman jeunesse m’a écrit pour me dire que c’était honteux que je dénigre les artistes qui, comme lui, ont décidé de s’adresser aux jeunes. Je ne dénigre pas ce que vous faites, monsieur. J’ai énormément de respect pour les artistes jeunesse. Par exemple, je trouve que Shilvi (Sylvie Dumontier) est l’une des grandes artistes du Québec, toutes catégories confondues. Pas de farce, je suis sincère. Ses tounes sont brillantes, la façon dont elle jongle avec les mots m’impressionne, ses albums (que j’écoute en boucle avec mon p’tit de trois ans « zédemi ») constituent de vrais petits bijoux. Mais écouter les CD de Shilvi tout seul dans mon char quand je roule sur la 20 ? Euh, non, merci. Ça ne m’est jamais passé par la tête. Il y a un âge pour chaque chose, et une chose pour chaque âge… 13 Janvier 2012Les sans-abri sont chanceux!
Il est beaucoup question de maladie mentale chez les itinérants, ces temps-ci, surtout depuis la mort de ce sans-abri qui s’est fait tirer dessus par un policier, la semaine dernière…
On dit que les sans-abris sont malheureux et que plusieurs souffrent de troubles psychologiques graves — schizophrénie, dépression… Moi, je dis que tout ça, c’est pas vrai. Ce sont des mensonges ! Allez au Centre Guy-Favreau, un après-midi, vous allez voir : ils ne s’ennuient pas, les sans-abri : ils passent leurs journée assis sur un banc à se parler tout seul ! L’autre jour, il y en a un qui riait aux éclats. Il était assis dans un coin, à terre, à côté d’une poubelle, pis y avait l’air à avoir du fun ! Je me disais : il est chanceux, lui, il ne court pas comme nous, il n’a pas à se lever de bonne heure pour aller travailler, personne l’achale, pas d’enfant qui l’appelle papa, pas d’ami qui lui demande d’aller prendre une bière, pas de blonde qui lui dit « Minou, je t’aime, quand est-ce qu’on va se marier? », pas d’impôt à payer, la paix, la liberté… Si j’avais eu le temps, je me serais arrêté pour lui jaser un peu, mais je ne pouvais pas, j’avais rendez-vous avec mon comptable… On dit que le système a laissés tomber les sans-abri. Faux !!!! La preuve qu’on a leur bonheur à cœur : on les a sortis des asiles ! On leur a ouvert la porte, pis on leur a dit : « Au lieu de vous péter la tête contre un mur capitonné, aller quêter dans une bouche de métro ou un guichet automatique ! Vous allez voir, vous allez vivre toutes sortes d’aventures extraordinaires ! Vous allez vous faire des amis : des bums, des toxicomanes, des policiers… Avec un peu de chance, vous aller vous faire battre, et vous allez vous retrouver dans un beau corridor, à l’hôpital, entouré de vieux qui chient dans leur culotte, qui ne se souviennent pas de leur nom et qui se plaignent toute la nuit. » C’est pas excitant, ça ? Bon, oui, c’est vrai, on aurait pu les encadrer un peu plus… Mais ça prend des ressources, ça ! Ça prend de l’argent ! Les cadres du système de santé nous bouffent déjà un milliard de dollars par année, on n’a pas une cenne DE PLUS à verser à une gang de tout-nus ! Et puis, ça fait tellement du bien de donner une piasse à un sans-abri. L’autre jour, en sortant de la SAQ, j’ai déposé les deux bouteilles de champagne que j’avais achetée pis j’ai fouillé dans mes poches pour donner deux piasses à un sans-abri. Ah qu’il était content ! On aurait dit un p’tit chien qui vient de recevoir un biscuit. Un peu plus, puis il se faisait aller la queue ! Ah, j’étais fier de moé… Le soir, j’ai raconté ça à mon courtier pis à sa femme, qu’on recevait à souper, chez nous, à Outremont. Écoute, on était ému aux larmes, juste t’en parler, j’ai le poil qui me redresse sur les bras… Non, c’est vrai, si y avait pas de misère, comment on pourrait être généreux, hein ? Comment on pourrait se laver la conscience ? En fait, moi, je dis qu’il n’y a pas assez de quêteux, dehors… On devrait prendre les enfants de la DPJ et les sacrer dans la rue, eux autres aussi… Imaginez : aider un enfant ! Ça serait-y assez beau ? Et une fois par année, on pourrait faire un téléthon juste pour eux autres, avec des vedettes has been qui ont besoin de se montrer la fraise… (Avis aux gens qui n'ont pas le sens de l'humour: ce texte doit être pris au second degré...) 12 Janvier 2012Kaka fait là?
Lu dans Le Journal de Québec:
Qu'est-ce que Rebello va faire là, alors? La religion des pirates
Tiens, une nouvelle bande de bozos à qui on devra accorder des accommodements...
Laissez passer les tanks
En Grèce, les citoyens se serrent la ceinture et placent leurs enfants en adoption car ils n'ont plus d'argent pour les nourrir...
...mais l'armée se porte à merveille!
À qui profite l'aide?
Vous vous demandez où est passé l'argent qu'on a envoyé à Haïti pour aider le pays à se relever du tremblement de terre il y a deux ans?
Lisez ceci... Vous allez hurler.
Cherchez l'erreur
Voici ce qu’on peut lire aujourd’hui, dans le Journal de Montréal, en page 12 :
« Pendant que les urgences débordent dans la région de Montréal, des dizaines de chambres entièrement rénovées sont présentement inoccupées à l’hôpital Ste-Anne-de-Bellevue… On a même fermé 33 chambres, un étage au complet, faute de patients… » Et voici ce qu’on pouvait lire il y a trois jours : « La rémunération des cadres du réseau de la santé québécois atteint des sommets inégalées. Les salaires et les primes des cadres ont franchi le cap du milliard de dollars, et depuis 10 ans, le nombre de cadres a augmenté de 51 %... » Ça, c'est le système de santé québécois dans toute sa beauté, dans toute sa splendeur... Le nombre de cadres augmente en flèche, on verse des bonis de 17 millions de dollars aux cadres pour les remercier d’avoir bien gérer le système (sic)... Et pendant ce temps-là, les urgences débordent, les malades passent des journées dans les corridors et on ferme des chambres sous prétexte qu’elles sont inoccupées… L’argent va dans les structures, au lieu d’aller sur le terrain. C’est la même chose dans le système d’éducation : les écoles ont plus de champignons qu’une pizza végétarienne extra large, les étudiants ont des dictionnaires qui datent de Matuzalem et qui parlent de pays qui n’existent même plus (l’Allemagne de l’Est, l’URSS, le Congo...), mais il y a tellement de cadres, de commissaires et de lologues qu’on ne sait plus où les mettre… Si un gars dirigeait une entreprise privée de cette façon, ce n'est pas un bonus qu’il recevrait, mais un coup de pied dans le cul. C'est bien simple, il y a plus de cadres au Québec que dans toutes les galeries du Louvre... Chronique resto
Aujourd’hui, pour ensoleiller votre hiver, je vais lâcher mes thèmes habituels et vous parler d’un nouveau resto que vous devez absolument essayer : la CAQ.
PRENEZ UN NUMÉRO Ce resto vient à peine d’ouvrir que déjà, c’est la folie furieuse. La dernière fois que je suis passé devant, il y avait tellement de monde que ça faisait la queue jusqu’au PQ. Ce restaurant est tellement populaire que des employés de restos concurrents ont quitté leur ancien boulot pour venir y travailler. C’est le cas de François Rebello, qui coupait les carottes au PQ et qui, maintenant, va s’occuper du menu du mardi midi à la CAQ. Idem pour Gérard Deltell, l’ancien gérant de l’ADQ, qui a décidé de fermer son boui-boui pour devenir chef de brigade au nouveau resto. La folie, je vous dis ! Il faut dire que le propriétaire, François Legault, est un gars avenant. Vous n’avez même pas besoin de partager sa vision de la cuisine pour travailler chez lui : vous envoyez votre CV, et il vous embauche ! De toute façon, il n’a pas le choix : quand tu ouvres un commerce qui se targue de pouvoir servir TOUS les Québécois, quel que soit leur goût, tu ne peux pas faire la fine bouche quand c’est le temps d’embaucher du personnel. Tu prends tous ceux qui se pointent, et au diable la cohérence ! CUISINE FUSION Comment définir la cuisine de la CAQ ? Hmmmm, difficile à dire : c’est un croisement entre la cuisine fusion et la gibelotte. Certaines personnes m’ont dit que ça goûtait le PQ, d’autres, l’ADQ. Il y a même des gens qui ont cru y décerner certaines saveurs libérales, vous savez, le p’tit arrière-goût de feuille d’érable ? La spécialité de la maison est le réchauffé. On prend des mets concoctés par les autres partis (la langue dans le vinaigre du PQ, le pouding anti-chômeur du PLQ, la Commission scolaire renversée de l’ADQ — bref, des classiques de la cuisine québécoise), on les réchauffe au micro-ondes et on les sert dans de belles assiettes design. Le résultat est spectaculaire : on a l’impression de goûter ces plats pour la première fois. UN SUCCÈS FULGURANT Le succès de la CAQ est d’autant plus surprenant que François Legault n’a jamais été une grosse star. Il a été sous-chef au PQ, c’est lui qui brassait la sauce brune que Bernard Landry mettait sur sa poutine… Quand le chef Landry a décidé d’accrocher ses couteaux, monsieur Legault a quitté le monde de la cuisine, et c’est le jeune barman André Boisclair qui a pris le contrôle du restaurant, avec le résultat que l’on sait : le PQ a perdu deux étoiles dans le guide Michelin et l’ADQ (aussi connu sous le nom de Mario Patates, un petit casse-croûte sympathique ouvert par un ancien laveur de vaisselle du PLQ) est devenu le nouveau resto chouchou des amateurs de cuisine du terroir. LA LOI DE LA SAUCISSE La CAQ durera-t-elle ou n’est-elle que la saveur du mois ? C’est la question que tout le monde se pose. Pour l’instant, c’est la recette Hygrade : tout le monde y mange parce que le restaurant est hot, et le restaurant est hot parce que tout le monde y mange. 11 Janvier 2012Les guidounes
On parle beaucoup de la CAQ, ces temps-ci, de tous ces politiciens qui abandonnent leur chaloupe trouée pour sauter sur le paquebot rutilant de François Legault.
COMMENT RETOURNER SA VESTE La seule question à se poser est celle-ci : ces péquistes et ces adéquistes « déçus » se joindraient-ils au parti de Legault si celui-ci traînait de la patte dans les sondages ? La réponse est simple : non. C’est ça qui est important. Tout le reste n’est que bavardage futile. Ces politiciens ambitieux sont attirés par la CAQ car la CAQ leur promet le pouvoir. That’s it, that’s all. Puisque Legault a le vent dans les voiles, des souverainistes acharnés sont prêts à ranger leur option dans un coffre en cèdre, et des militants de la droite économique se mettent soudainement à chanter les vertus d’un État fort et interventionniste. Bref, c’est bien beau, les principes, mais jusqu’à un certain point… Quand ça devient un boulet qui t’empêche de prendre le pouvoir, tu scies tes vieilles allégeances qui te retiennent captif et tu retournes ta veste du bon côté. C’est ce que je disais, hier, quand j’écrivais que la politique ressemble de plus en plus à Occupation double… L’important n’est pas d’être soi-même. C’est de frencher les bonnes personnes dans le jacuzzi. UNE ODEUR IRRÉSISTIBLE Et après ça, les politiciens prononcent de beaux discours sur l’importance de se tenir debout et de défendre ses idées… Ben voyons. Comment un souverainiste convaincu peut-il se reconnaître dans un parti qui affirme haut et fort que la question nationale est obsolète ? Et comment un défenseur de la droite peut-il porter avec fierté et conviction le flambeau de la « gauche efficace » ? Si ce n’est pas du guidounage, ça, c’est quoi ? Jean Charest a parfaitement raison lorsqu’il dit que les « nouveaux convertis de la CAQ » se marient d’abord et avant tout avec un sondage. Ce ne sont pas les idées de Legault qui intéressent ces gens-là : c’est l’odeur de la victoire. Ça leur chatouille les narines et ils ne peuvent pas résister. Et comment le pourraient-ils ? Après tout, le but de la politique est d’abord et avant tout de prendre le pouvoir. Ensuite, comme dirait l’autre : « On verra… » MARIAGES CONTRE-NATURE Prenez une personne dans la rue, n’importe laquelle, et demandez-lui si le PQ est un parti souverainiste ou fédéraliste, elle va vous répondre : « Souverainiste ». Et demandez-lui si l’ADQ est un parti de droite ou de gauche, elle va vous répondre : « De droite ». Elle n’hésitera pas une seconde. Mais demandez-lui où la CAQ se situe sur ces deux axes, et elle ne saura pas quoi vous répondre. N’est-ce pas le signe qu’il y a quelque chose qui cloche dans ces soudains changements d’équipe ? C’est comme si, du jour au lendemain, des tigres se mettaient à copuler avec des bisons… LES MAINS SUR LA COUPE Les politiciens agissent comme les sportifs professionnels : ils se considèrent d’abord et avant tout comme des pigistes. Un jour, on joue pour les Canadiens, le lendemain, pour les Flames. L’important n’est pas la couleur du chandail ou l’appartenance idéologique, mais la possibilité de pouvoir inscrire son nom sur la coupe Stanley. 10 Janvier 2012Comment les barbus se financent à même nos taxes et impôts...
Le Centre islamique de l’Outaouais fait partie des organisations affiliées aux Frères Musulmans qui ont été subventionnées par le fédéral et qui ont transféré des fonds vers IRFAN, le collecteur du Hamas au Canada.
Cinq des huit organisations des Frères Musulmans subventionnées par le gouvernement du Canada pour la sécurité de leurs installations ont transféré des centaines milliers de dollars vers IRFAN, le principal collecteur de fonds du Hamas au pays. Le Centre islamique de l’Outaouais fait partie de la liste. IRFAN a perdu son statut d’œuvre de bienfaisance en 2011 pour avoir financé le terrorisme (14,6 millions $ au Hamas uniquement pour la période 2005-2009) À lire sur le site Point de Bascule... Changer le mal de place
Il y a quelques jours, le quotidien USA Today dévoilait que depuis les dernières élections présidentielles, en 2008, 2,5 millions d’électeurs américains inscrits avaient abandonné le Parti démocrate et le Parti républicain pour appuyer des tiers partis ou des candidats indépendants.
Bref, les Américains sont comme les Québécois : de plus en plus d’électeurs délaissent les partis traditionnels et demandent du « changement ». Mais quel changement ? Ça, c’est loin d’être clair… Il y a quelques années, aux USA, le changement, c’était Ross Perot (un illuminé de droite) et Ralph Nader (un illuminé de gauche). Ici, c’est François Legault et Gilles Duceppe. C’est pas mal moins exotique, mais beaucoup plus sécuritaire… Les mains salesQuel est votre film préféré de 2011 ? Moi, c’est The Ides of March (Les marches du pouvoir), réalisé par George Clooney. Ce thriller politique (qui s’inspire des grands films sociaux des années 70, comme The Candidate, de Michael Ritchie) n’a pas connu un grand succès public. Normal : il n’était pas en 3D, ne mettait pas en vedette un super héros et ses personnages ne racontaient pas des blagues pipi-caca-pet pour faire triper les ados boutonneux. Mais ce qu’il disait sur le monde de la politique était brillant. UN CANDIDE MODERNE L’histoire est simple : Ryan Gosling (un acteur canadien phénoménal qui est devenu la coqueluche de Hollywood) joue le rôle d’un conseiller politique naïf et idéaliste qui tente de faire élire un gouverneur charismatique interprété par Clooney. Ce jeune conseiller croit qu’il suffit d’être honnête et d’avoir de bonnes idées pour faire son chemin dans le milieu de la politique. Mais quand il se fait duper (pour ne pas dire « fourrer ») par les deux personnes qu’il admire le plus, ce Candide moderne apprend à son corps défendant que pour gagner, il ne faut pas être intègre, sincère et gentil, au contraire. Il faut être hypocrite, manipuler le plus de gens possibles et multiplier les coups en bas de la ceinture. Plus tu es cynique et moins tu as de scrupules, plus tu cours la chance de tirer ton épingle du jeu et de faire mordre la poussière à tes adversaires. Bref, dans le merveilleux monde de la politique (comme dans la vie en général, diraient certains), « nice guys finish last ». Les bons gars arrivent en dernier. COMME OCCUPATION DOUBLE Pour Clooney, le monde de la politique ressemble à Occupation Double. Pour gravir les échelons et remporter le grand prix, il ne suffit pas d’avoir une jolie coupe de cheveux et de belles dents blanches : il faut comploter, être prêt à trahir ses plus proches alliés et monnayer ses allégeances. Comme le dit un personnage du film : si tu veux gagner, tu dois descendre des grands chevaux sur lesquels tu t’étais hissé et te rouler dans la boue. Sinon, tu es condamné à rester dans les estrades… Le long métrage de Clooney est disponible sur DVD. En cette année d’élection, je vous conseille fortement de le regarder. C’est un film de fiction, mais je suis sûr qu’il est plus « vrai » et plus réaliste que tout ce qu’on peut lire sur le monde de la politique. La culture du silence
J’aimerais revenir sur cette histoire d’ex-évêque qui collectionnait les photos pornos.
(L’homme en possédait 155 000 sur son ordi — dont une centaine mettant en vedette de jeunes garçons. C’est à se demander comment il trouvait le temps de prier…) UN CRIME ANCESTRAL En 2005, Thomas P. Doyle, un prêtre dominicain qui a travaillé au Vatican, Richard Sipe, un moine bénédictin qui a oeuvré auprès de prêtes dépressifs, et Patrick J. Wall, un ancien prêtre spécialisé en droit canonique, ont publié les résultats d’une étude exhaustive sur les agressions sexuelles commises par des représentants de l’Église catholique. Leur ouvrage, intitulé Sex, Priests and Secret Codes : The Catholic Church’s 2000-Year Paper Trail of Sexual Abuse, fit l’effet d’une bombe. Pas étonnant : les auteurs affirment que les nombreux cas d’agressions qui ont ponctué l’histoire de l’Église ne sont pas seulement causés par des individus désaxés, mais aussi — et surtout — par la culture tordue qui règne au sein de l’institution. « Notre livre est un livre triste, écrivent Doyle, Sipe et Wall dans leur préface. Il démontre sans l’ombre d’un doute que les agressions sexuelles commises par des prêtes ne constituent pas un phénomène récent. « Au contraire : ce crime, qui est une véritable plaie béante sur le corps du Christ, existe depuis les tout débuts de l’Église. Les tout premiers cas documentés remontent à l’an 309. » L’ARGENT PARLE Samedi, je disais (en réponse au prêtre Raymond Gravel, qui s’indignait dans Le Devoir que des juges aient obligé l’Église à compenser financièrement les victimes d’agressions) que la meilleure façon de faire bouger le Vatican est de menacer son portefeuille. Les auteurs de Sex, Priests and Secret Codes me donnent entièrement raison. Voici ce qu’ils affirment dans les premières pages de leur essai : « C’est seulement lorsque les diocèses sont confrontés à des pertes financières de l’ordre de plusieurs millions de dollars qu’ils finissent par agir. C’est une chose de ne pas protéger les fidèles des prédateurs sexuels ; c’en est une autre de ne pas protéger les avoirs de l’Église d’éventuelles poursuites. L’argent parle haut et fort. » LES YEUX GRAND FERMÉS Les auteurs de cet ouvrage sont formels : l’Église n’a jamais pris au sérieux le problème des prêtres pédophiles. Quand elle ne fermait pas les yeux sur les crimes qu’ils commettaient, elle les protégeait en les déplaçant dans un autre diocèse, où ils recommençaient leur manège sans être embêtés. « Non seulement les victimes n’ont pas reçu la compassion auxquelles elles avaient droit, mais les leaders de l’Église ont utilisé leur influence pour protéger l’identité des prêtes agresseurs », disent-ils. Quant à ceux qui, comme Raymond Gravel, affirment que l’Église n’était pas différente de la société en général (« les pères et les mères fermaient aussi les yeux sur les crimes sexuels commis par des membres de leur propre famille, c’était comme ça que ça se passait à l’époque, on était moins conscientisés qu’aujourd’hui »), Doyle, Sipe et Wall affirment que s’il y a une institution qui se doit d’être irréprochable envers les plus faibles de la société, c’est bien l’Église catholique ! DES EXEMPLES « Les prêtres devraient être des modèles », écrivent-ils. Donc, être encore plus vigilants que le reste du monde. 7 Janvier 2012Le printemps des illusions
S’il y a un événement qui a marqué 2011, c’est bien le printemps arabe.
Non seulement a-t-il pris tout le monde par surprise, mais il nous a prouvé qu’il ne faut jamais vendre la peau du chameau avant de l’avoir décapité. LE DOIGT DANS L’OEIL Voici ce que les spécialistes du monde arabe écrivaient au début des manifestations en Égypte : « Les Islamistes égyptiens n’ont plus le pouvoir qu’ils avaient » (The Guardian) « Il n’y aura pas de révolution islamiste en Égypte » (Tunisie Presse) « Nous assistons à une révolution post-islamiste » (Le Monde) « Les cache-ta-joie de la révolution égyptienne qui craignent une montée de l’islamisme ne connaissent rien à ce pays » (Libération) « Ceci n’est pas une révolution islamique, islamiste ou islamisante. C’est même le contraire » (Le Devoir) Or, tous ces pseudo experts se sont carrément fourvoyés. Le printemps fleuri s’est rapidement transformé en automne glacial, et le premier tour des élections législatives égyptiennes s’est soldé par l’écrasement des partis laïcs et la victoire éclatante des barbus. Comme quoi Jean Gabin avait raison lorsqu’il disait : « Tout de que je sais, c’est que je ne sais rien. » À QUI APPARTIENT LE PRINTEMPS ? Pendant que les Occidentaux tendent la main aux barbus qui ont pris le pouvoir en Égypte et en Tunisie en se disant que l’Islam qu’ils défendent est « ouvert » et « modéré » (bonjour la contradiction), certains intellectuels orientaux, eux, refusent d’être aussi naïfs et optimistes. C’est le cas de l’écrivain d’origine afghane Atiq Rahimi, qui a signé un texte corrosif dans l’hebdo culturel français Les Inrocks. « Le monde arabo-musulman n'a pas bougé depuis le XVIIIe siècle, écrit-il. Il est resté comme en vacances. Il y a 300 ans, le monde musulman dominait le monde, avec des teintes spirituelles : ils en sont restés là, sur leurs chameaux. Pendant ce temps, le monde occidental inventait la locomotive, ou plutôt le train de l'histoire. Bref, vivait à une autre vitesse. « En Égypte, au Maroc, en Tunisie, et en Algérie bientôt, ce sont les mouvements islamistes qui sont en train de s’implanter, grâce à l’intervention de l’Arabie saoudite, qui a distribué de l’argent à tout-va. « Nous allons assister à une “saoudisation” des pays qui se sont révoltés au printemps. Le nombre de lapidations qui ont lieu en Arabie saoudite est incroyable et personne n’en parle, parce qu’ils détiennent le pétrole. Et puis La Mecque s’y trouve, donc c’est le centre de l’Islam. » LE MYTHE DES MÉDIAS SOCIAUX Il n’y a pas que les spécialistes du Moyen-Orient qui se sont plantés : les adeptes des médias sociaux aussi. À les croire, il suffit maintenant d’avoir un téléphone intelligent et un compte Twitter pour implanter la démocratie dans un pays. Or, comme l’a écrit le journaliste Alain Franchon dans Le Monde, tout ça est de la foutaise. « Le pouvoir ne revient pas aux gentils utilisateurs de Twitter, Facebook et autres réseaux sociaux, écrit-il : il se prend à l'ancienne, avec des partis de militants bien organisés comme ceux des islamistes. « Les élections ne se décident pas dans les cafés Internet. » Après les illusions de 2011, la réalité de 2012 ? La vague grise (2)
Ma chronique du 29 décembre sur l’impact économique du vieillissement de la population m’a valu plusieurs courriels fielleux de la part de futurs retraités.
Une mise au point s’impose. LA RÉALITÉ EN FACE Primo, il ne s’agissait pas d’une attaque contre les « babyboomers qui ont profité du système ». Juste une description objective d’une réalité : à savoir que le vieillissement de la population, couplé à une pyramide d’âge inversée et une augmentation fulgurante de l’espérance de vie, fait peser un énorme poids sur le système. Ne venez pas me dire que c’est la première fois que vous entendez ça ! Ça fait dix ans que tous les économistes le répètent. PROMESSES NON TENUES Deuxio, ce n’est pas moi qui ai dit : « Les babyboomers se sont promis plein de belles choses pour leur retraite quand ils étaient jeunes, et maintenant qu’ils sont rendus à l’âge où ils songent à la prendre, ils se rendent compte qu’ils ne peuvent plus tenir les promesses qu’ils se sont faites il y a trente ans. » C’est Ted C. Fishman, un journaliste qui a enquêté sur l’impact du vieillissement de la population pendant plusieurs années et qui a écrit un livre référence sur la question. Ne tirez pas sur le messager ! DE GROS DÉFICITS Enfin, plusieurs lecteurs m’ont écrit pour me dire qu’ils méritent amplement la pension qu’ils vont recevoir car ce sont EUX qui l’ont payée. Là-dessus, je vais citer le fiscaliste Denis Julien, qui a souvent traité de ce sujet dans les médias. « Concernant les fonds de pension, il y a deux montants dont il faut parler : l'argent déjà en place et les déficits actuariels. « Pour l'argent déjà en place, ce montant a été provisionné moitié-moitié par l’employeur et l’employé (pour le municipal, la part de l’employeur va jusqu'à 70 % !). « En cas de déficit actuariel, c'est l'employeur qui est responsable du déficit. Or, actuellement, ces déficits sont de l'ordre de 30 à 40 % (surtout pour les fonds de pension des secteurs public et parapublic). « Dans le secteur public, les déficits seront acquittés par le gouvernement, qui devra taxer davantage l'ensemble des citoyens, surtout les citoyens actifs. Il devra aussi faire cotiser de manière plus importante les jeunes cotisants aux fonds de pension parce que les niveaux de cotisation devront être relevés également pour eux. » DES PRESTATIONS TROP ÉLEVÉES « Aucun boomer ne peut dire qu'il a contribué justement à la part qu'il recevra, continue Denis Julien. « Les arrangements actuariels n'ont pas tenu compte de l’augmentation de l’espérance de vie et n'ont jamais soupçonné que les taux d'intérêt à long terme atteindraient le plancher actuel. Résultat : les prestations promises sont beaucoup trop élevées par rapport aux cotisations et aux rendements réels. « Quant à la Régie des rentes, les taux de cotisation sont restés à un taux de 3 % du revenu admissible pendant trop longtemps. Le taux actuel, qui avoisine 10 %, n’a été ajusté que dans les toutes dernières années. « Comme l’a écrit Pierre Fortin il y a déjà cinq ans, il aurait fallu faire cotiser les boomers beaucoup plus tôt avant leur retraite. « Maintenant, c’est trop tard. » Un beau nid de coucous
Quand on se regarde, on se désole, mais quand on compare, on se console, dit le proverbe.
Cette expression populaire prend toute sa vérité lorsqu’on observe ce qui ce passe sur la scène politique américaine. LE CONTRÔLE DE L’ASILE Avez-vous le nombre de bozos qui, au cours des derniers mois, ont proposé leur candidature pour diriger le Parti républicain ? On dirait un spectacle de vaudeville (ou un mauvais épisode d’America’s Got Talent) avec des jongleurs amputés, des lanceurs de couteaux aveugles et des imitateurs d’Elvis. Difficile, en regardant cet interminable défilé de freaks et de crackpots, de croire que le GOP a déjà été un grand parti, la famille idéologique d’Abraham Lincoln qui a mis fin à l’esclavage alors que le Parti démocrate (qu’on associe toujours à la gauche, donc aux valeurs « humanistes ») défendait farouchement le droit de posséder des êtres humains. C’est comme si le Parti républicain avait été pris d’assaut par des illuminés. Comme l’a écrit le commentateur politique Paul Begala dans Newsweek : « L’élite du Parti républicain a créé un monstre. Ils étaient contents d’avoir dans leurs rangs des extrémistes qui voulaient envoyer Clinton en prison ou qui comparaient Obama à Hitler, en autant que ces populistes les aidaient à gagner les élections. « Mais maintenant, on a l’impression que les fous ont pris le contrôle de l’asile. » UNE DROITE GAUCHE Sarah Palin, Herman Cain, Michelle Bachmann, Newt Gingrich, Rick Santorum, Ron Paul, Rick Perry, Mitt Romney — on n’avait pas vu un tel rassemblement de « deux de pique » depuis Jersey Shore. Quand les prétendants au trône républicain ne citent pas la Bible (ou le livre des Mormons), ils veulent ériger une clôture électrique entre les États-Unis et le Mexique, interdire l’avortement et le mariage gai, annuler toutes les règlementations fédérales, etc. Disons que si j’étais Américain, j’aurais mal à ma droite et ne saurais à quel parti me vouer. En ouvrant la porte aux extrémistes religieux et idéologiques qui grenouillaient dans les marges de son parti, Bush fils (un « born again christian » qui dit avoir échappé aux affres de l’alcoolisme grâce à une intervention divine) a, comme le personnage principal du Masque de la mort rouge d’Edgar Allan Poe, permis au diable d’entrer dans la maison. Résultat : le parti s’est radicalisé, passant de défenseur de la droite économique (une prise de position susceptible de séduire les centristes et les Démocrates déçus) à champion de la droite morale. UN CADEAU AU PRÉSIDENT Ce faisant, les extrémistes du Parti Républicain ont peut-être offert un cadeau inestimable à Barack Obama. En effet, le Président n’est pas dans une situation très reluisante. L’économie du pays se porte mal, le chômage fait des ravages et les victimes de la crise éprouvent encore de la difficulté à avaler l’idée que les banques ont été sauvées à coups de milliards. Bref, l’étoile du Président pâlit. Mais à côté des coucous qui font la queue pour diriger le Parti Républicain, Obama (malgré sa méconnaissance des rouages économiques, comme l’a dévoilé le livre de Ron Suskind, Confidence Men) a l’air d’un génie. PAS FORT Nous saurons à la fin août qui dirigera le GOP. Mais, comme on dit, ça regarde mal… Allez en paix
Mercredi, l’ex-évêque catholique Raymond Lahey, condamné à 15 mois d’emprisonnement pour possession de pornographie juvénile, est sorti de prison aussitôt sa peine prononcée.
L’homme de 71 ans avait déjà passé huit mois derrière les barreaux. Étant donné que le juge a accepter de compter chaque mois en double, le bonhomme s’est donc retrouvé libre comme l’air. PÉCHÉ MIGNON « L’exploitation sexuelle des enfants est un crime qui commande des représailles sévères, a déclaré le juge Kent Kirkland. De l'autre côté, les circonstances personnelles de l'accusé, qui a assumé la responsabilité de ses actes répréhensibles, réduit l'urgence d'une incarcération. » Bref, la justice s’est inspirée des enseignements catholiques. Vous reconnaissez avoir commis un péché ? Pas de problème, faites un acte de contrition et allez en paix. Dieu (ou, dans ce cas-ci : la justice canadienne) vous pardonne… C’est ce qu’on appelle un maudit bon deal. Qu’on se le dise : au Canada, posséder des vidéos de jeunes garçons ligotés se faisant violer et torturer (c’est le genre de matériel qu’on a retrouvé sur l’ordinateur du saint homme) est un crime mineur. Huit mois en dedans, et vous avez payé votre dette à la société. « PAS UN PÉDOPHILE » Rappelons que pendant le procès de l’ancien évêque, un psychiatre tout ce qu’il y a de plus sérieux est venu dire au juge que Raymond Lahey n’était pas un pédophile. Bon, oui, le soldat de Dieu possédait des photos et des vidéos de garçons baisant entre eux (avec des crucifix et des chapelets dans le cou), mais ce n’était pas à proprement parler de la pédophilie. Euh, c’était quoi, d’abord ? Un intérêt particulier pour les signes religieux ostentatoires ? « Les collectionneurs de ces horreurs participent activement à la menace diabolique qu'elles représentent, et sont responsables, tout autant que les producteurs, de leur augmentation », a dit le procureur de la Couronne. Si c’est vrai que les consommateurs sont aussi dangereux que les agresseurs, votre honneur, pourquoi avoir libéré Lahey après huit mois seulement ? C’est ça, votre idée d’une peine sévère ? Eh bien… Si j’étais pédophile, je tremblerais dans ma soutane… LA TÊTE DANS LE BÉNITIER J’imagine que pour la Xe fois, le clergé de l’Église va traiter cette histoire comme un acte isolé, un simple « dérapage » qui arrive « dans toutes les bonnes familles »… Que ceux qui n’ont jamais baisé un enfant de 11 ans jettent la première pierre, genre… L’autre jour, dans Le Devoir, le prêtre Raymond Gravel disait qu’il trouvait scandaleux que la justice ait obligé l’Église catholique à verser des compensations aux victimes d’agressions sexuelles commises par des prêtres. Ces règlements menacent de mettre l’Église en faillite, disait-il. Eh bien, tant mieux, monsieur Gravel. Si c’est ça que ça prend pour faire bouger l’Église, parfait ! Ce n’est pas de notre faute si le clergé est sourd aux cris des victimes et s’il ne réagit que lorsqu’on touche son portefeuille… RENTRER DANS LE RANG Il fut un temps où Raymond Gravel critiquait l’Église catholique. Il est maintenant l’un de ses plus ardents défenseurs. On dirait qu’on lui a dit : « Tu te ranges, ou tu t’en vas. » Il s’est rangé et a pris son trou. Amen.
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Richard Martineau est chroniqueur au Journal de Montréal.
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