29 Février 2012

Permalink 13:46 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 3 mots  

Ça nous fait une belle jambe

Permalink 06:58 am, Richard Martineau / Franc-parler, 594 mots  

La femme indigne

Les détracteurs de Djemila Benhabib (l’auteure de Ma vie à contre Coran et Les soldats d’Allah à l’assaut de l’Occident) l’accusent d’exagérer la menace islamiste.

La dame aime la publicité et s’invente des ennemis pour mieux pouvoir les combattre, disent-ils.

Ah oui ?

Vous devriez lire les commentaires qu’elle reçoit sur son blogue du Journal de Montréal.


BRITNEY OU JENNIFER

En voici quelques-uns :

« Vous allez être attaquée en justice pour vos propos. Better be ready. »

« Cette Djamila est une ratée, elle veut être célèbre en s’attaquant à l’Islam, comme l’ont fait ses prédécesseurs, Salman Rushdie et autres. Mais elle n’ira pas loin, parce que les putes de son genre finissent par être jetées aux ordures. »

« Madame Benhabib, une Algérienne, une arabe, de père musulman, nous fait honte. Je vous suggère de changer votre prénom qui vous fait passer pour une musulmane arabe. Vous devriez vous appeler plutôt Marylin, Jennifer, Britney ou Samantha. Ces prénoms vous conviennent très (très) bien.

« Je pense que tu as un gros problème psychologique ou tu es complexée d’être une arabe. C’est grave ce que tu dis à propos de notre prophète, que le Grand Dieu de pardonne ! »


DES FEMMES DÉGOÛTANTES

Attachez votre tuque avec de la broche, en voici d’autres :

« À propos du hijab, la femme qui le porte est toujours respectée, contrairement à ce qu’on voit partout, les femmes à moitié nues, dégoûtantes. Moi, je n’ai jamais porté le voile dans mon pays, ça fait maintenant six ans que je le porte et c’est une fierté pour moi ! Je regrette de ne pas l’avoir mis plus tôt ! »

« Quand je portais des vêtements normaux, des hommes me regardaient en sortant la langue comme si j’étais un morceau de viande, c’était pitoyable… »

Et, enfin, celui-ci :

« Benhabib et Martineau aiment surfer sur cette vague d’islamophobie. Tant mieux si ça leur permet de remplir leurs chroniques quotidiennes. Mais la majeure partie de leurs lecteurs sont des aliénés mentaux ou des mongols. »


LE MOT MAGIQUE

Alors, elle exagère, Djemila ? Elle en met une couche pour se rendre intéressante ?

Moi, c’est l'accusation d’islamophobie qui me fait grimper aux rideaux. Celle insulte-là, les barbus la sortent dès que quelqu’un critique l’Islam.

Ça fait plus de 15 ans que je pourfends les extrémistes religieux de tout acabit, autant les grenouilles de bénitiers que les fous d’Allah.

Au cours de ces années, je n’ai jamais été traité de christianophobe, même si j’ai parfois été très dur envers certains cathos, monseigneur Ouellet en tête. Mais chaque fois que j’ose attaquer les fondamentalistes musulmans, bingo, on me traite d’islamophobe.

Comme s’il suffisait de sortir ce mot magique pour enterrer les critiques…


CAMPAGNE D’INTIMIDATION

Vous me direz que tous les « donneurs d’opinions » reçoivent des commentaires haineux. Vrai.

Mais dans le cas de Djemila, c’est différent. Depuis la parution de son blogue, elle est l’objet d’une campagne d’intimidation et de harcèlement particulièrement virulente, menée par un groupe de musulmans radicaux qui agissent en meute pour la faire taire.

Et après ça, on nous dira que le fondamentalisme islamiste n’existe pas au Québec, que tout ça est le fruit de notre paranoïa.

Bien tiens…



28 Février 2012

Permalink 20:56 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 75 mots  

Pour femmes seulement

En Angleterre, un organisme a installé une pub interactive dans un abribus afin de sensibiliser les gens au fait que des millions de jeunes filles n’ont pas accès à l’éducation dans le monde.

Le hic, est que grâce à un système de reconnaissance faciale, cette pub ne s’active que lorsque c’est une femme qui la regarde.

Une pub sexiste qui lutte contre le sexisme…

C’est pas un peu contre-productif ?



Permalink 07:30 am, Richard Martineau / Franc-parler, 571 mots  

Dis-moi qui je suis

Je suis peut-être naïf, mais j’ai toujours cru que les politiciens étaient comme des artistes : ils développent une vision du monde, puis la proposent aux gens par l’entremise d’une élection.

Si les gens sont d’accord avec la vision qu’un politicien leur propose, ils votent pour lui.

Sinon, ils lui tournent le dos et votent pour un autre.

Le gagnant de l’élection est le politicien dont la vision de l’avenir et du développement du pays, de la ville ou de la province plaît au plus grand nombre.


O, CITOYENS !

Suis-je dépassé ? Ma cinquantaine me joue-t-elle des tours ? Toujours est-il qu’il semble que les choses ne se passent plus comme ça.

Aujourd’hui, les politiciens ne défendent plus des idées. Ils demandent à leurs électeurs quelles idées ceux-ci voudraient les voir défendre. Ce qui n’est pas du tout la même chose.

Pour reprendre une célèbre expression américaine (« Wag the dog »), ce n’est plus le chien qui branle la queue, c’est la queue qui branle le chien.

Prenez Louise Beaudoin.

Hier, la députée indépendante de Rosemont a lancé une consultation « citoyenne » (mot à la mode s’il en est un) en deux volets.

Un, elle « invite ses électeurs à répondre en ligne à une douzaine de questions sur diverses propositions qui viendraient changer le rapport qu’entretiennent les électeurs et leur représentant ».

Deux, dans le cadre d’une assemblée « citoyenne » (décidément…), elle entendra les « commentaires des Rosemontois et des Rosemontoises sur ces enjeux ».


JE RENTRE OU JE PARS ?

Parmi les thèmes sur lesquels les « citoyens » sont invités à se prononcer, on retrouve les référendums d’initiative populaire, le financement des partis politiques, la tenue des élections à date fixe et le système électoral proportionnel.

« Cette consultation, explique Louise Beaudoin dans le communiqué qu’elle a envoyé hier aux médias, m’aidera à mieux porter les aspirations de mes électeurs à l’Assemblée Nationale ».

La députée demande même à ses électeurs si elle devrait réintégrer ou non les rangs du PQ !

Quoi, elle ne le sait pas ? Elle a besoin de consulter les résidents de son comté pour voir ce qu’elle va faire ?

Elle n’a pas de plan de match ?


LE PROGRAMME DONT VOUS ÊTES LE HÉROS

Tiens, je vais commencer ça, moi. Je vais vous demander sur quel sujet je devrais écrire demain, et quelle position je devrais défendre.

Vous déciderez de l’orientation de mes chroniques, je me contenterai de choisir les mots pour exprimer vos idées.

Tu parles d’une façon de gérer…

Un politicien est-il un meneur, un leader, un décideur, ou un simple porte-voix des « aspirations » et des « opinions » de ses électeurs ?

Si c’est ça, alors, votons pour un ordinateur ! Il posera des questions aux citoyens, colligera leurs réponses et défendra la position la plus populaire.

Ça va nous coûter moins cher de pension…


UNE STRATÉGIE ÉTRANGE

De deux choses l’une : ou madame Beaudoin ne sait pas où elle se situe sur ces enjeux importants.

Ou elle sait très bien ce qu’elle pense, et veut profiter de ces « échanges citoyens » pour mieux convaincre ses électeurs.

D’un bord comme de l’autre, c’est assez bizarre…




27 Février 2012

Permalink 17:16 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 199 mots  

Une charge contre le progrès?

Une critique brillante du film The Artist, par le Hollywood Reporter...





Si, au-delà de sa nouveauté et de son charme, The Artist a la moindre qualité ou profondeur, c’est en tant que métaphore de la peur du progrès technologique.

Le refus de Valentin de changer avec son temps peut aisément être compris comme le malaise de la vieille garde face aux nouvelles façons de faire du cinéma, qu’elle ne comprend pas ou ne veut pas comprendre.

Vu à travers ce prisme particulier, il aurait été plus osé d’attribuer l’oscar du meilleur film à Hugo Cabret, de Martin Scorsese, qui en a également empoché cinq. Ne serait-ce que parce que Scorsese, qui, qu’on le veuille ou non, fait bel et bien partie de la vieille garde désormais, a paradoxalement eu recours à toutes sortes de nouvelles (et coûteuses) technologies pour créer son exploration, infiniment plus ambitieuse et complexe, du monde du cinéma muet.






Bref, en couronnant The Artist, la vieille garde hollywoodienne prendrait parti CONTRE l'avènement du numérique, l'arrivée de nouvelles plate-formes et l'explosion des nouvelles technologies qui sont en train de révolutionner leur industrie...








Permalink 17:08 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 154 mots  

Mauvais modèle?

Lu dans Le Journal:





L’un des principaux leaders de la grève étudiante québécoise a fréquenté une école privée coûtant plusieurs milliers de dollars par année.

Gabriel Nadeau-Dubois, porte-parole de la Coalition large de l'Association pour unesolidarité syndicale étudiante (CLASSE), s’est assis sur les bancs du collège Regina Assumpta, une école privée du quartier Ahuntsic à Montréal, de 2002 à 2007.

Les droits de scolarité de cet établissement secondaire réputé à l’échelle de la province s’élèvent au minimum à 2850 $ par année, sans compter les frais connexes (programme d’études, matériel, etc.)





Vous me direz qu'il était jeune à l'époque, qu'on peut avoir grandi dans une famille riche et développer par la suite des convictions socialistes, comme Françoise David, par exemple.

Vrai.

Mais avouez qu'il aurait quand même pu dévoiler son passé et faire preuve de plus de transparence, non?







Permalink 17:00 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 119 mots  

Manger mou (et brun)

Je ne veux pas tomber dans les théories du complot, mais parfois, j'ai l'impression qu'on fait tout pour pousser les vieux plus rapidement vers la tombe.

Trop chers, trop lourds à porter, pas assez rentables...

Regardez ce dossier sur les mets qu'on leur sert dans les centres de longue durée...

Du manger mou, de la sauce brune, des purées de pommes de terre en flocons, des légumes trop bouillis...

Pas étonnant que leur moral pique du nez et qu'ils se laissent aller!

Manger devrait être une source de PLAISIR, pas d'ennui!

Ajoutez à ça des murs verts hôpital, un bain par semaine et aucune visite, et tu crèves en quelques mois...

C'est ça qu'on veut?




Permalink 07:24 am, Richard Martineau / Franc-parler, 571 mots  

Bonjour madame, merci monsieur

À Londres, un artiste a décidé d’encourager les actes de politesse.

Un peu partout dans le réseau du métro, il a installé des affiches racontant des histoires que lui ont confiées des usagers du transport en commun : tel étudiant qui a gentiment cédé sa place à une personne âgée, tel homme qui a porté les sacs d’épicerie d’une dame, etc.


LA CHIENNE À JACQUES

La rareté crée la valeur, dit l’adage. Si c’est vrai, les œuvres de cet artiste doivent valoir très cher, car les actes de politesse et de bienséance sont de plus en plus rares.

Vous avez les bras chargés, on ne vous ouvre pas la porte. Vous ramassez un objet qu’une personne a laissé tomber, elle ne vous dit pas « Merci ». Vous entrez dans une boutique de vêtements, la vendeuse de 19 ans vous tutoie.

Sans oublier les casquettes vissées sur la tête 24 heures sur 24, la gomme à mâcher dans les galas, les gadgets électroniques à la table, les cellulaires au cinéma et les sacs à dos encombrants dans les autobus bondés.

Les gens s’habillent de plus en plus comme la chienne à Jacques et se comportent à la va-comme-je-te-pousse.


TOUS ÉGAUX

Dans Bonjour madame, merci monsieur, un essai sur la politesse et le savoir-vivre, Cécile Ernst, enseignante dans un lycée de Versailles, trace un lien entre la « culture de l’incivilité » dans laquelle nous baignons et le culte de l’égalité à tout prix, né dans le sillon de la Révolution française (quand tout le monde s’appelait « citoyen » afin de gommer les différences sociales).

Aujourd’hui, dit-elle, la hiérarchie est perçue comme une forme d’inégalité et le respect des codes est considéré comme une soumission aveugle à l’autorité.

Faire preuve de politesse envers une personne, c’est comme se courber devant elle. Or, pourquoi plierait-on le dos devant qui que ce soit en 2012 ? Les femmes ne sont-elles pas les égales des hommes, les jeunes ne sont-ils pas aussi dignes de respect que les vieux, les figures d’autorité (politiciens, policiers, professeurs) ne sont-elles pas des personnes comme les autres, qui chient, qui pètent et qui rotent ?

Résultat : plus personne n’est poli envers personne.

Tout le monde est égal, donc tout le monde s’envoie promener et personne ne doit rien à quiconque.


SE SOUMETTRE À LA RÈGLE

Pour l’intellectuel français Renaud Camus, nous traversons une période de « décivilisation » générale : déculturation des élites, impolitesse croissante, irrespect, impertinence, insolence…

Comment lutter contre cette tendance ? Tout simplement en réhabilitant la notion d’autorité à l’école.

« L'école, dit-il, n'est pas le lieu du naturel. Elle est le site de la rencontre avec la forme. On n'y vient pas comme on est, on accepte de se soumettre à la règle. La politesse, la délicatesse et la gentillesse y sont chez elles, tandis que le relâchement du costume et la trivialité du langage n'y ont en pas leur place, ni la violence ou la familiarité.

« De plus, il faut rappeler que l’élève n’est pas l’égal du maître. Les maîtres devraient être aimés pour leur compétence, non pour leur complaisance… »


UNE RÉFORME À FAIRE

Rétrograde, cette vision de l’éducation ? Je dirais plutôt : nécessaire. Et urgente.



26 Février 2012

Permalink 17:18 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 616 mots  

En finir avec la Grande Noirceur

Dans ma chronique de jeudi portant sur le plus récent livre de Mathieu Bock-Côté, Fin de cycle, j’écrivais que le jeune sociologue nous invitait à renouer avec ce que nous sommes, en « célébrant notre passé rural, en reconnaissant l’importance de la culture catholique dans la construction de notre identité et en cessant de dire qu’il ne s’est rien passé au Québec avant la Révolution tranquille ».


DES HILLBILIES CONSANGUINS

Ce passage m’a valu un courriel fielleux d’un lecteur :

« Le portrait du peuple québécois d’avant la Révolution tranquille n'avait rien de bien glorieux. Pauvreté intellectuelle, corruption gouvernementale, crimes incestueux au sein des familles, domination de l'élite anglophone, mainmise de l'Église sur le peuple québécois qui a été volontairement gardé dans l'ignorance par les hommes en soutane… »

Bref, avant les années 60, le Québec était un trou noir gangréné par la bêtise, le racisme et l’ignorance crasse.

Tout juste si on ne jouait pas du banjo dans les arbres comme les personnages arriérés de Délivrance, le film-culte de John Boorman racontant les mésaventures de quatre intellectuels citadins pourchassés par des hillbilies édentés et consanguins...


AVANT NOUS, LE DÉLUGE

C’est le portrait que nous ont longtemps brossé les babyboomers.

« Heureusement que nous avons passé le balai et secoué la cage, sinon vous vivrions encore comme des animaux. Voyez-vous, avant nous, au Québec, c’était le déluge, l’obscurité, la Grande Noirceur… »

Quel mépris, quelle arrogance…

Comme s’il ne s’était rien passé avant l’arrivée miraculeuse des technocrates de l’État « moderne », des enfants de Woodstock et de mai 68 !

Et le Refus Global, les amis ? Félix Leclerc, Maurice Richard, le courage et la débrouillardise de nos ancêtres qui ont bravé les éléments, la tradition orale, les contes, l’entêtement de nos grands-parents à continuer de parler français, la générosité et la compassion des religieuses, les artistes de variétés qui ont fait le bonheur des noctambules du Montréal des années 50, Marie Victorin, Lionel Groulx, Félix-Antoine Savard, Germaine Guèvremont, Claude-Henri Grignon, les intellectuels de L’Action catholique tout ça, c’est de la merde ?

Ce sont des arriérés, les gens que l’on voit dans les documentaires de Perrault ?


LES HÉRITIERS

Longtemps, beaucoup trop longtemps, j’ai moi aussi jeté un regard hautain sur cette époque. Réflexe stupide d’un citadin pseudo-branché qui croyait que le monde s’arrêtait hors des limites du Plateau…

Or, avec l’âge, j’ai appris que la vie n’est pas rupture, mais continuité. Et qu’il n’y a jamais eu de « génération spontanée », seulement des héritiers.

Heureusement, certains intellectuels combattent d’arrache-pied pour détruire le mythe « glorieux » (et mensonger) de la Grande Noirceur. C’est le cas de Mathieu Bock-Coté, mais aussi d’Éric Bédard, mon confrère qui s'occupe de la chronique Histoire.

Dans Recours aux sources, le livre passionnant qu’il a fait paraître récemment chez Boréal, Éric Bédard nous montre que loin d’être obscur, notre passé est au contraire lumineux.

« La seule façon d’éviter de devenir étrangers à nous-mêmes est d’assumer plus sereinement notre passé », dit-il.


S’ENRACINER

Au lieu de se déraciner de notre passé, il faut au contraire s’enraciner, plaide Bédard.

Et célébrer « la ténacité, les sacrifices, les rêves et les ambitions de nos ancêtres sans lesquels nous serions rien ou si peu »…



Permalink 17:16 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 559 mots  

Il faut savoir (2)

Le 29 octobre, j’ai signé une chronique sur Pauline Marois intitulée Il faut savoir, inspirée de la chanson de Charles Aznavour : « Il faut savoir quitter la table lorsque l’amour est desservi… »

« Dans le cas de madame Marois, l’amour n’a pas seulement été desservi : on l’a lavé, essuyé et rangé dans l’armoire, écrivais-je.

« Pourquoi la chef du PQ persiste-t-elle à rester ? Ne voit-elle pas qu’il n’y a qu’une seule conclusion possible à cette farce — c’est-à-dire encore plus de contestations et d’humiliations ?

« Plus la chef du PQ retarde le moment de son départ, plus celui-ci se déroulera mal, et plus le parti s’enlisera… »


UN FRONT DE BOEUF

Or, que des passe-t-il ?

La CAQ, que l’on disait gagnante les doigts dans le nez, ne cesse de chuter dans les intentions de vote, alors que le PQ trône au sommet des sondages.

« Il faut savoir… », écrivais-je il y a quatre mois.

Eh bien, quand on se trompe, il faut savoir s’excuser.

Je le dis haut et fort : MEA CULPA. Comme plusieurs de mes collègues, j’ai sous-estimé madame Marois.

Certes, la chef du PQ profite du cafouillage qui règne dans le parti de François Legault. Mais il faut rendre à Cléopâtre ce qui lui appartient : la dame a un front de bœuf et des couilles en béton armé.

Pour survivre à une telle charge (qui, je le rappelle, a reçu l’appui de chroniqueurs comme moi), il faut être fait fort.

Respect, madame.

Devant une telle persévérance, il n’y a qu’une seule chose à faire : lever notre chapeau.

Ce que je fais bien humblement.


UNE SITUATION IRONIQUE

La question à 100 000 $, maintenant : que fera François Legault s’il ne gagne pas ses élections (ce qui est une probabilité probable, comme diraient certains) ?

Usera-t-il son pantalon pendant quatre ans sur un arrière-banc dans le fond du fond ?

Ça me surprendrait. L’homme (qui est multimillionnaire et qui a retardé sa retraite pour diriger le Québec) n’a pas fait le saut en politique pour lancer une ou deux répliques. Il veut le rôle principal, ou rien.

S’il s’en va, qui va prendre les rênes de la CAQ ?

Probablement Gérard Deltell.

Celui-là même qui a accepté de saborder son parti (et, par le fait même, d’abandonner tous les privilèges qui viennent avec le rôle de chef) pour se joindre au sauveur Legault !

Vous imaginez l’ironie ?

Deltell a fait des concessions pour se joindre à la CAQ, et il se retrouvera à la tête d’une formation qui ne lui ressemble pas !

On rirait à gorge déployée si ce n’était aussi triste…


LA QUEUE ENTRE LES JAMBES

J’ai hâte de voir ce que vont faire les « démissionnaires » du PQ. Vont-ils revenir la queue entre les jambes, cogner piteusement à la porte de leur ancienne demeure ?

Si oui, le verdict populaire sera sans appel. Ces déserteurs auront beau dire qu’ils reviennent à la maison parce que le PQ s’est recentré sur ses « valeurs fondamentales » (ie : la souveraineté, l’identité), la plupart des électeurs penseront qu’ils reviennent au bercail parce que les sondages favorisent madame Marois.

Et ils n’auront probablement pas tort…









24 Février 2012

Permalink 12:48 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 56 mots  

Comment bourrer le crâne des enfants

À Toronto, des profs syndiqués demandent à leurs élèves d'écrire des slogans et de composer des chants de protestation en appui aux "indignés"...

Les syndicats se servent des écoles pour faire de la propagande, maintenant?

Pourquoi ne pas organiser une journée anti-Harper, tant qu'à faire? Avec des exposés oraux et des bricolages...


Permalink 12:41 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 118 mots  

Les missiles de mars?

Selon le New York Times, la guerre contre l'Iran est presque inévitable.

Chouette...

Se battre contre un fou furieux qui possède (enfin — POURRAIT posséder) l'arme nucléaire...

Ça va faire passer le conflit en Irak pour une visite au zoo...




Ce mois-ci, un sondage du Pew Research Center a révélé que 58 % des personnes interrogées estimaient que les Etats-Unis devraient avoir recours, si besoin était, à la force militaire pour empêcher l'Iran de se doter d'armes nucléaires.

Trente pour cent seulement seraient contre.




L'économie de leur pays est sur le cul, et ils sont prêts à repartir en guerre et à dépenser des dizaines de gonzilliards de dollars!

Décidément...




Permalink 12:33 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 134 mots  

Vent de paranoïa





La blogosphère est en feu: selon certains commentateurs, le congédiement d'Alain Saulnier au poste de chef des nouvelles de Radio-Canada est l'oeuvre des méchants Conservateurs...

Pardon?

C'est quoi le lien entre le chef des nouvelles de Radio-Canada et Stephen Harper?

Alain Saulnier a été démis de ses fonctions parce que son patron, le v-p de Radio-Canada Louis Lalande , ne s'entend pas bien avec lui... Le genre d'affaires qui arrive dans les meilleures familles...

Monsieur Lalande a congédié Alain Saulnier pour le remplacer par Michel Cormier, avec qui il a plus d'affinités, j'imagine...

Les Conservateurs n'ont rien à voir avec ça...

C'est bien beau, diaboliser Stephen Harper, mais il y a une maudite limite.

Bientôt, on va dire que le sida a été créé en laboratoire par les Conservateurs!





23 Février 2012

Permalink 07:22 am, Richard Martineau / Franc-parler, 570 mots  

Awèye à maison!

S’il y a un mot tabou, à notre époque, c’est « identité ».

Enfin, pour les Québécois francophones de souche.

Car pour tous les autres groupes, le mot « identité » a le vent dans les voiles. Les gais brandissent haut et fort leur identité, les arabes, les chinois, les juifs, les noirs, les transsexuels, les hurons, les italiens…

Mais les Québécois francophones de souche, eux, n’y ont pas droit.

Trop exclusif. Trop fermé.


RETOUR AUX SOURCES

Le mot « identité » est tellement tabou, chez les Québécois francophones de souche, que même le PQ l’a laissé tomber.

On a préféré dire qu’on faisait la souveraineté « pour des raisons économiques » (bonjour la passion), pour défendre « les valeurs québécoise » (qui sont toujours à gauche, bien entendu) ou pour « s’ouvrir au monde ».

Pas étonnant que l’option souverainiste ait piqué du nez. On l’a complètement vidée de son sens ! On l’a tellement détournée de sa mission première qu’elle ne voulait plus rien dire…

Et si on effectuait un retour aux sources, afin de ressusciter cette idée agonisante ?

C’est ce que propose mon collègue Mathieu Bock-Côté dans Fin de cycle, un ouvrage brillant qui vient de paraître chez Boréal.


S’OUVRIR À NOUS

Pour ce jeune sociologue (qui est à la génération IPad ce que Hubert Aquin était à celle du cours classique, comme me l’a dit Jacques Godbout), « c’est en bonne partie par la question identitaire que la question nationale pourrait se reformuler ».

« Depuis la crise des accommodements raisonnables, laquelle représente un événement politique déterminant dans l’évolution récente de la société québécoise, la question identitaire constitue une préoccupation récurrente dans le débat public. »

Il suffit de se rappeler avec quelle force cette question a propulsé l’ADQ au seuil du pouvoir pour se rendre compte à quel point la majorité francophone du Québec veut entendre à nouveau parler d’identité.

Pourquoi tous les groupes qui forment le Québec moderne auraient le droit de revendiquer haut et fort leur identité, et pas nous ?

Pourquoi aurions-nous honte de parler de NOTRE langue, de NOTRE histoire, de NOTRE patrimoine, de NOTRE mémoire, de NOTRE passé ?

C’est bien beau, s’ouvrir aux « autres », mais les « autres » qui s’établissent ici, ils s’ouvrent à quoi, à qui ?


RÉPONSE À LAFERRIÈRE

« Il faut que le Québec sorte du Québec », a lancé (stupidement) Dany Laferrière à Tout le monde en parle. Pourquoi ?

Demande-t-on à Haïti « de sortir d’Haïti » ? En quoi Victor Lévy Beaulieu serait moins pertinent, moins moderne que l’auteur de L’Énigme du retour ?

Pour Bock-Coté, renouer avec ce que nous sommes veut dire célébrer notre passé rural, reconnaître l’importance de la culture catholique dans la construction de notre identité et cesser de dire qu’il ne s’est rien passé au Québec avant la Révolution tranquille.

Après des années passées à nous fuir et à « nous extirper de nous-mêmes », Mathieu Bock-Côté nous invite à « revenir à la maison ». Et à teindre d’un beau bleu azur le débat gauche-droite qui est apparu à l’horizon.

Son invitation est irrésistible, et le parcours idéologique qu’il trace pour nous aider à effectuer ce retour, lumineux.

Qu’attendons-nous ?




22 Février 2012

Permalink 20:15 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 30 mots  

On se calme!




Des Américains brûlent des exemplaires du Coran accidentellement.

Résultat: émeute monstre et six morts...

"La religion empoisonne tout ce qu'elle touche", comme disait le regretté Christopher Hitchens...


Permalink 20:07 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 63 mots  

Mariage non consommé

Rebello est CONTRE la hausse des frais de scolarité. Son parti est pour.

Rebello vise une auto par famille. Son parti trouve que c'est exagéré.

Rebello est souverainiste. Son parti trouve que cette question est dépassée.

Coudonc, qu'est-ce que François Rebello fait au sein de la CAQ, au juste?

A-t-il pris connaissance du programme avant de faire le saut?


Permalink 07:29 am, Richard Martineau / Franc-parler, 578 mots  

Intouchables





Comme vous avez pu le lire hier dans nos pages, le 31 mai prochain, le Festival TransAmériques et la Place des arts présenteront une pièce controversée de Romeo Castellucci, Sur le concept du visage du fils de Dieu, dans laquelle une dizaine d’enfants lancent des grenades sur une image géante du visage de Jésus.

Cette œuvre, qui a causé un énorme scandale en France, a été décrite comme « blasphématoire » par des groupes catholiques.


LA POLITIQUE DE LA TERREUR

Personnellement, je suis pour la liberté d’expression. Je crois que nous avons le droit (et dans certains cas, le devoir) de critiquer les religions, au risque de choquer leurs adeptes.

Mais je pose une question.

Le Festival TransAmériques et la Place des arts auraient-ils accepté de présenter une œuvre dans laquelle une dizaine d’enfants lancent des grenades sur une image géante du visage de Mahomet ?

La réponse est simple : non. Jamais de la vie.

Et ce, pour deux raisons.

Un : par crainte de représailles (ce qui démontre que dans notre société, plus un groupe menace les gens qui osent le critiquer, plus il se fait respecter).

Et deux : on aurait eu peur de passer pour de méchants islamophobes (ce qui démontre que plus un groupe joue la carte victimaire, plus on prend notre trou, moins on ose le confronter et plus ses membres ont la permission de dire et de faire n’importe quoi).


LE RESPECT À DEUX VITESSES

Ce qui m’amène à poser d’autres questions.

Y aurait-il des « blasphèmes » acceptables et d’autres condamnables ? Pourquoi pourrait-on se moquer du catholicisme, mais pas des autres religions ?

D’un côté, on choisit de ne pas publier les caricatures de Mahomet afin de ne pas offenser « inutilement » les musulmans. De l’autre, on n’hésite pas une seconde à présenter une pièce que certains catholiques jugent insultante.

Pourquoi ? Y aurait-il deux poids, deux mesures ?

Le respect serait-il une notion asymétrique ?


CÉDER À LA MENACE

Il y a quelques mois, quand des terroristes islamistes ont incendié les locaux du journal Charlie Hebdo, j’ai dit que la publication satirique avait fait preuve d’irresponsabilité en publiant un numéro spécial se moquant de l’Islam.

« Les journalistes de Charlie Hebdo savaient qu’ils risquaient d’exciter les barbus en sortant ce numéro, mais ils l’ont fait quand même », déplorai-je.

Suite à cette chronique, plusieurs lecteurs m’ont écrit pour me dire que j’étais dans le champ. « Les Français vivent dans un pays libre, et quand on vit dans un pays libre, on a le droit de rire de tout le monde sans crainte d’être agressé, disaient-ils. Le problème n’est pas Charlie Hebdo. Le problème est les islamistes. »

Vous avez parfaitement raison. Nous ne devons pas céder à la menace. Nous avons tout autant le droit de nous moquer de Mahomet que de Jésus.

Le hic est que lorsqu’on rit de Jésus, les grenouilles de bénitier passent des tracts et alertent les censeurs.

Alors que lorsqu’on se moque de Mahomet, les barbus aiguisent leur couteau.


LE ROUGE ET LE NOIR

Pas étonnant que les artistes ou les programmateurs de festival choisissent la religion sur laquelle ils vont cogner.

Ils préfèrent faire couler de l’encre plutôt que faire couler du sang…



21 Février 2012

Permalink 00:01 am, Richard Martineau / Franc-parler, 559 mots  

Le grand écart

Pas facile de quitter les estrades et de descendre dans l’arène.

Regardez la CAQ.

Depuis qu’elle est devenue un parti politique, la formation de François Legault ne cesse de glisser dans les sondages, arrivant maintenant derrière le PQ et le PLQ, qui ont pourtant connu leur lot de scandales et de chicanes.


VIANDE OU LÉGUMES ?

Qu’est-ce qui peut expliquer cette chute ?

Bien sûr, il y a ce qu’on pourrait appeler « le principe de réalité ».

Jusqu’à tout récemment, la CAQ était un concept couché sur papier. Elle est maintenant un parti politique comme un autre.

Normal qu’elle nous fasse moins rêver : on la voit maintenant en bigoudis, avec une jaquette et des chaussons.

Mais il y a plus : la CAQ demande aux électeurs d’effectuer des acrobaties mentales qu’ils ne sont pas capables de faire.

Gérard Deltell ET François Rebello dans le même parti ?

Juste y penser, ça donne mal à la tête.

L’un est très à droite, l’autre est très à gauche.

Je comprends que les deux « ont l’avenir du Québec à cœur », comme le dit Legault. Ils veulent tous les deux nous sortir de la vase et nous remettre sur la voie du succès.

Mais ces deux politiciens ont passé leur carrière à défendre des idées opposées ! Comment peuvent-ils maintenant chanter dans le même ton ?

C’est comme si on demandait à Julie Snyder (qui est végétarienne) et Martin Picard (qui mangerait des ours crus) d’ouvrir un restaurant ensemble !


TOUT CE QUI BOUGE

C’est bien beau, transcender les divisions idéologiques, mais passé une certaine limite, ça devient incohérent.

Richard Desjardins pourrait peut-être chanter UNE toune avec Marie Mai, pour appuyer une cause qui leur tient à cœur tous les deux.

Mais enregistrer un album au complet, former un duo et partir en tournée ?

Non. Pas dans vos rêves les plus fous.

« Simone est aux hommes, à tout le monde, à personne », chantait Ferland.

C’est peut-être ce que se disent les électeurs : « Legault est aux votes, à tout le monde, à personne. »


PAS DE CHICANE DANS MA CABANE

Autre énigme : la remontée spectaculaire du PQ.

Je sais que la grande famille québécoise n’aime pas la chicane, et que la fin des hostilités dans les rangs péquistes réjouit tout le monde et son frère.

Mais vous ne disiez pas que la cause souverainiste vous paraissait obsolète, dépassée ?

Or, depuis que Pauline Marois a abandonné la « gouvernance souverainiste » pour la souveraineté (en d’autres mots : depuis qu’elle a cessé de boire du jus à saveur de raisin pour boire du vrai jus de raisin), vous vous êtes mis à l’appuyer !

Coudon, voulez-vous qu’on parle de souveraineté, oui ou non ? Je ne vous suis plus, là.

En fait, pour tout vous dire, moi non plus, je ne me suis plus.

J’suis tout mêlé, et je ne sais plus pour qui voter.


LES TEMPS CHANGENT

Une chose est sûre : il faut proposer des solutions NOUVELLES.

Car comme disait le philosophe britannique Francis Bacon :

« Celui qui refuse à appliquer des remèdes nouveaux doit s’attendre à souffrir de nouveaux maux ; car le temps est le plus grand innovateur… »



20 Février 2012

Permalink 07:09 am, Richard Martineau / Franc-parler, 569 mots  

Deux anges sur son chemin

On s’interroge beaucoup, depuis quelque temps, sur l’attitude des policiers lorsqu’ils se retrouvent devant un forcené armé.

Ont-ils tendance à tirer trop vite ? Ne pourraient-ils pas utiliser une méthode moins drastique pour maîtriser ces individus qui, le plus souvent, n’ont pas toute leur tête ?


SOUFFRE-DOULEUR À L’ÉCOLE

Vendredi soir dernier, deux policières de Saint-Léonard ont arrêté un jeune homme aux prises avec de graves problèmes mentaux. Le gars de 28 ans, François, était en pleine crise, et représentait une menace autant pour les autres que pour lui.

La mère du jeune homme m’a contacté pour me raconter son histoire. Je vous transmets son témoignage, qui est à la fois touchant et éclairant.

« Mon fils souffre de personnalité limite, qui a été diagnostiquée alors qu’il n’avait que 16 ans. Il a été le souffre-douleur de l’école toute son enfance, les jeunes l’intimidaient, lui plongeaient la tête dans le bol de toilette, volaient ses souliers, son sac… De plus, il a été agressé par mon propre père.


DESCENTE AUX ENFERS

« À 16 ans, après avoir été accusé de voie de fait sur son travailleur social, mon fils a été placé dans un centre jeunesse. Tentatives de suicide, surdose, mutilations, bagarres, évasion — je vous épargne les détails.

« Après avoir fait de la prison pour agression armée sur un chauffeur de taxi, qui lui a valu une peine de deux ans moins un jour, il s’est retrouvé danseur dans un bar gai. Puis suite à une nouvelle crise, il a battu son voisin et s’est encore retrouvé devant le juge…

« Il revenait régulièrement vivre chez nous, car malgré ses colères causées par la maladie et tout ce qu’il a vécu, notre porte a toujours été ouverte pour lui, même si tout le monde nous disait de l’abandonner et de l’oublier.


ARRESTATION MUSCLÉE

« Bref, vendredi, il est entré dans sa bulle, a piqué une crise et a empoigné un couteau de boucherie. Je me suis immobilisée, puis après quelques instants, il a quitté la maison…

« J’ai signalé le 9-11, et deux jeunes policières sont parties à sa recherche. Après une arrestation musclée, pendant laquelle elles ont dû utiliser du poivre de Cayenne, elles ont réussi à la maîtriser et à lui faire lâcher son couteau…

« Mon garçon m’a souvent dit qu’en cas de crise, il ferait tout pour que les policiers lui tirent dessus et le tuent. Heureusement, le destin a mis deux anges sur son chemin, qui ont compris son désarroi et son mal de vivre.

« Un immense merci à vous, les filles… »


UNE VALLÉE DE LARMES

Vous imaginez ce que vivent les parents de ces jeunes ? Leur peur, leur peine, leur désarroi ?

Et la difficulté pour les policiers d’effectuer une arrestation quand ils se trouvent devant des forcenés qui n’ont rien à perdre et qui souhaitent qu’on leur tire dessus ?

« Il n’y a pas assez d’ivresse pour noyer toute la détresse du monde », dit un personnage dans un film d’André Forcier.

Quand on pense à toutes ces histoires qui, chaque jour, déchirent le cœur de tant de gens, on se demande comment on fait pour ne pas passer notre temps à pleurer…



19 Février 2012

Permalink 22:17 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 27 mots  

Couch surfing?

Je m'excuse, je ne devrais peut-être pas dire ça, mais quel tapon, quand même...

Le gars devrait être mis en nomination pour un Darwin Award...








18 Février 2012

Permalink 11:04 am, Richard Martineau / Franc-parler, 571 mots  

Un combat mal mené

Ainsi, la Cour Suprême a décidé à l’unanimité que le cours d’Éthique et de culture religieuse ne porte pas atteinte à la liberté de religion.

Les parents qui militaient pour pouvoir soustraire leurs enfants de ce cours obligatoire devront donc, s’ils veulent avoir gain de cause, poursuivre leur lutte auprès des instances politiques québécoises.


SAUVEZ LEUR ÂME !

Il faut dire que ce combat a été mené sur de très mauvaises bases et par les mauvaises personnes.

En effet, il y a beaucoup de choses que l’on peut reprocher à ce cours controversé : utiliser l’alibi « culturel » (beaucoup plus rassembleur) pour ramener la religion à l’école par la porte d’en arrière, décourager tout regard critique envers certaines pratiques religieuses questionnables ou instrumentaliser la religion dans le but d’enfoncer le credo multiculturaliste dans la gorge des enfants, par exemple.

Mais ce n’est pas ce que reprochaient les parents qui se sont rendus jusqu’en Cour Suprême.

Ce qu’ils voulaient, c’est empêcher leurs enfants élevés dans la religion catholique d’être exposés à un autre culte que le leur.

Comme si le fait d’entendre parler en bien de Bouddha ou d’Allah allait contaminer leur âme et les encourager à abandonner leur église et à se convertir !


LES SUPER HÉROS

Personnellement, je ne vois pas pourquoi on enseignerait la religion à l’école alors qu’il y a d’autres besoins beaucoup plus criants — un cours d’économie familiale, par exemple.

Vous voulez transmettre vos croyances à vos enfants ? Faites-le hors des heures de classe, à l’église, à la synagogue, au temple ou à la mosquée de votre choix.

Idem pour l’éthique : ce sont les parents qui devraient discuter de morale avec leurs enfants, pas les profs.

Malheureusement, ce n’est pas ce que revendiquaient les parents de Drummondville qui ont combattu le cours d’Éthique et de culture religieuse.

Leur problème n’est pas qu’on parlait du p’tit Jésus à l’école. Leur problème est qu’on ne parlait pas QUE de lui !

On racontait aussi les miracles effectués par les autres super héros célestes !

Or, quand on tripe sur Batman, on ne veut pas que l’on vante aussi les exploits de Spiderman, de Superman et de Thor…


UNE PATATE CHAUDE

Moi, si j’étais Pauline Marois ou François Legault, je profiterais de l’occasion pour dire haut et fort que si mon gouvernement était élu, ce cours prendrait le chemin des oubliettes, et Dieu sortirait des classes pour retourner à l’église.

Comprenez-moi bien : il ne s’agit pas de censurer L’Hymne à l’amour d’Édith Piaf ! Dieu ne deviendrait pas persona nom grata à l’école, on pourrait toujours jouer Jesus Christ Superstar ou Seigneur de Kevin Parent dans les cours de musique !

Mais on pellèterait la question de la religion dans la cour des parents.

Malheureusement, pour faire ça, ça prend du courage.

Or, quand les politiciens entendent le mot « religion », ils courent vers le lavabo, se lavent les mains comme Ponce Pilate et refilent cette patate chaude aux tribunaux.


UNE PRIÈRE

Qu’a dit la Cour Suprême ? Que la justice ne peut pas tout régler. Parfois, les politiciens doivent mettre leur culotte, se relever les manches et faire leur job.

C’est ce qu’on appelle avoir foi dans le système…



16 Février 2012

Permalink 18:19 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 39 mots  

Pour votre information

La députée Fatima Houda-Pépin aux Francs-Tireurs, sur les accommodements déraisonnables et la naïveté de l'Occident face à la montée de l'intégrisme musulman...

(Vous pouvez aussi aller sur le site de Point de bascule)...
Permalink 17:38 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 304 mots  

Réponse de Bernard Drainville

Réponse de Bernard Drainville, député péquiste de Marie-Victorin, à mon entrée précédente sur Pauline Marois et la mort du registre des armes à feu...


La tragédie de Polytechnique s'est déroulée le 6 décembre 1989. Le registre des armes à feu, quant à lui, a été créé par une loi en 1995. On ne peut donc dire « que dans ce cas-là, le registre était totalement INEFFICACE », puisque le registre n'existait pas.

Mais de toute façon, là n'est pas la question. Mme Marois a mentionné le nom des 14 jeunes victimes de Poly pour une raison très simple : après la mort tragique de ces 14 femmes, leurs parents, leurs amis et ensuite la société civile se sont mobilisés pour que soit mis sur pied un registre des armes à feu.

D'ailleurs, je t'invite à prendre connaissance du reportage de TVA qui cite la mère d'Anne-Marie Edward, Suzanne Laplante-Edward, qui parle du vote d'hier soir: « C'est le soir le plus triste depuis le 6 décembre 1989 quand nous avons perdu notre fille. »

C'est pour cette raison que nous avons mentionné leurs noms. Car il faut sauver le registre par nécessité, parce qu'il sauve des vies, mais aussi parce que nous avons un devoir de mémoire.

Bernard Drainville
Député de Marie-Victorin


_________


Ma réplique:


Je comprends la tristesse des parents des victimes de Poly. Mais il faut aussi prendre les faits en considération.

Non seulement Marc Lépine a-t-il commis ses meurtres avec une arme semi-automatique obtenue légalement, mais il avait obtenu un permis d’armes à feu émis par la Sûreté du Québec.

Étant donné que Lépine n'avait jamais eu de problèmes avec la justice, et qu'il n'était pas dans le "radar" des policiers, un registre n'aurait malheureusement rien changé à ce qui s'est passé...










Permalink 13:08 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 71 mots  

La démagogie de Pauline Marois

Afin de protester contre la mort du registre des armes à feu, Pauline Marois a lu à l'Assemblée nationale le nom des 14 victimes du massacre de Poly.

Or, l'arme utilisée pour commettre ces meurtres ÉTAIT ENREGISTRÉE!!!!

Preuve que dans ce cas-là, le registre était totalement INEFFICACE.

L'art de se mettre le doigt dans l'oeil...

Comme quoi quand c'est le temps de tirer sur les Conservateurs, tous les coups sont permis...











Permalink 12:42 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 82 mots  

Non, rien de rien, il ne regrette rien

Un prof de musique censure une chanson d'Édith Piaf car on y entend le mot "Dieu"...

Dieu que c'est ridicule...

La preuve que beaucoup de gens ne comprennent absolument pas le concept de laïcité...

Ce n'est pas interdire l'utilisation du mot DIEU en public, voyons! Sinon, il faudrait rebaptiser l'hôpital Hôtel-Dieu!

Le pire est que la Commission scolaire a appuyé le prof en question. Preuve que les gens qui y travaillent ne sont pas tous des génies...





Permalink 12:30 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 84 mots  

La paix à tout prix

Je suis sûr que si la CAQ baisse dans les sondages, c'est parce que François Legault a dit qu'il allait réouvrir les conventions collectives des profs et des médecins, et au Québec, on n'aime pas la chicane...

On veut la paix sociale, quel qu'en soit le prix...

Des manifs, des marches, des grèves?

Ça nous fait peur.

Alors on vote PQ ou PLQ, deux partis qui ne veulent pas faire de vagues et qui ne veulent rien changer...


Permalink 12:27 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 160 mots  

À n'y rien comprendre

Avez-vous vu le sondage Léger Marketing publié dans Le Journal de Montréal?

Hallucinant…

La CAQ que la population mettait en tête est rendue troisième, et le PQ que tout le monde disait mort est remonté...

L’électeur moyen québécois est le plus imprévisible au monde. Il agit comme une poule pas de tête et a la capacité de concentration d’un écureuil sur un double espresso…

Tous les experts, aujourd’hui, se grattent la tête en prenant des Advil...

Même Jean Charest, le PM le plus impopulaire de l’histoire du Québec, est en train de se faufiler !

On parle beaucoup des bouleversements climatiques. Ici, on vit des bouleversement politiques sans précédent, on passe de l’hiver à l’été en deux jours...

C’est comme si la population au complet était en PMS, on ne sait plus ce qu’on veut, on court dans toutes les directions...



Permalink 07:07 am, Richard Martineau / Franc-parler, 569 mots  

Comment se tirer dans le pied

L’autre jour, dans une chronique qui m’a valu une volée de bois vert de la part de certains lecteurs (et une quasi menace d’excommunication de la part de certains tenants de la droite, qui n’ont pas accepté que je déroge de la ligne officielle du « mouvement »), de disais que j’éprouve beaucoup de respect pour les éducateurs et les éducatrices qui travaillent dans les garderies.

« Ils ne font pas qu’occuper les enfants, écrivais-je, ils les consolent, les écoutent, les encouragent, les encadrent, les aident à grandir… »


ÉTIRER L’ÉLASTIQUE

Hier soir, on apprenait que les éducateurs affiliés à la CSN avaient décidé de suspendre les prochaines journées de grève prévues pour donner une dernière chance aux négociations. Tant mieux.

Mais si les éducateurs n’obtiennent pas ce qu’ils veulent, que vont-ils faire ? Vont-ils de nouveau sortir dans la rue et prendre la population en otage ?

Si oui, pensent-ils vraiment que ça va les aider dans leur cause ? Croient-ils que les parents vont les appuyer le sourire aux lèvres et leur faire des « Hi Five » quand ils vont les croiser dehors, avec leurs pancartes ?

Non : la population va juste mettre davantage de pression pour que le gouvernement (qui s’est traîné la patte dans ce dossier) sorte une loi spéciale de sa poche et oblige les éducateurs à retourner au travail.


UN SABOT DE DENVER

Dans Les fonctionnaires contre l’État, un essai percutant sorti en France l’année dernière, Agnès Verdier-Moliné, vice-présidente de l’Institut français pour la recherche sur les administrations publiques, affirme que les fonctionnaires forment un véritable contre-pouvoir, une sorte de « sabot de Denver » qui, à force de défendre aveuglément et obstinément le statu quo, paralyse le gouvernement et empêche toute réforme.

Elle parle bien sûr de la France, mais son analyse vaut pour la plupart des pays occidentaux.

« Ces hommes et ces femmes sont censés servir l’intérêt général, écrit-elle, mais leur lobby est devenu tellement puissant qu’il a fini par se retourner contre l’État.

« Les fonctionnaires qui défendent leur statut à vie et leurs taux de cotisation privilégiés n’ont pas conscience de faire financer leurs retraites par les autres… »


GRÈVES À RÉPÉTITION

Vous imaginez ce qui va se passer le jour où le gouvernement va finalement décider de s’attaquer aux droits acquis de professeurs, des médecins ou des cols bleus ?

L’enfer. Des dizaines de milliers de fonctionnaires vont descendre dans la rue. Sans oublier les associations étudiantes et les organismes communautaires qui prétendent parler « au nom de la population » (alors que tout ce que veut la population est de pouvoir continuer à travailler en paix sans se taper des grèves à répétition du secteur public).

Ça sera une lutte à finir : dans le coin droit, l’État, dans le coin gauche, la fonction publique.

De quel côté va pencher la population, selon vous ?

Du côté des fonctionnaires qui sont payés à même nos impôts et qui jouissent d’une protection dont ne peuvent même pas rêver les travailleurs du secteur privé ?

Ça me surprendrait…

Les temps ont changé, gens de la fonction publique.

« Time to wake up and smell the coffee… », comme disent les Anglos.



15 Février 2012

Permalink 20:23 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 0 mots  

Une sculpture kinétique à base de Hot Wheels...






Permalink 20:20 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 45 mots  

Voilez cette tête

Preuve que les Talibans sont en train de gagner en Afghanistan: le gouvernement a demandé aux présentatrices de télé de cacher leur chevelure et de porter moins de maquillage...

Dire que pendant ce temps, ici, des femmes prennent la défense du voile!!!!








Permalink 19:56 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 26 mots  

Speak white

Vu sur le site des dvd Criterion:


"Please note: we ship our Blu-rays and DVDs only within the United States and to English-speaking Canada."


De kossé?






Permalink 17:52 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 40 mots  

Miss Maggie à la rescousse!

Comment Margaret Tatcher a sauvé l'Angleterre en lui faisant boire un médicament amer, certes, mais EFFICACE...

Va-t-on devoir appliquer la même stratégie?

À lire, un dossier passionnant sur la dame de fer, publié dans la magazine Le Point...













Permalink 07:05 am, Richard Martineau / Franc-parler, 565 mots  

T'as des choses à cacher?

Ainsi, selon le ministre fédéral de la Sécurité publique Vic Toews, si vous n’appuyez pas le projet de loi conservateur sur la surveillance électronique (qui permettra aux policiers et aux services de renseignement d’avoir accès plus facilement à des informations confidentielles sur les internautes — vos codes, vos coordonnées, les sites que vous consultez), c’est que vous êtes du côté des pédophiles.

Ou vous êtes un citoyen au-dessus de tout soupçon qui n’avez rien à craindre ni à cacher.

Ou vous êtes complice des maniaques qui agressent les enfants.

Rien entre les deux.


LA TYRANNIE DE LA TRANSPARENCE

On vivait dans un monde où les citoyens étaient présumés innocents. On se dirige de plus en plus vers un monde où les citoyens seront présumés coupables.

« Tu ne veux pas passer un test de dépistage des drogues. Pourquoi, tu consommes ? »

« Tu n’acceptes pas de porter un cellulaire qui me permettra de te rejoindre en tout temps. Pourquoi, tu me trompes ? »

« Tu ne veux pas que la police puisses t’arrêter et fouiller ton auto quand ça lui chante. Pourquoi, tu transportes des armes à feu ? »

« Tu ne veux pas que j’installe une caméra dans la chambre de mon enfant quand tu viens le garder. Pourquoi, tu le bats ? »

C’est la tyrannie de la transparence. Si tu ne veux pas dévoiler ta vie privée, si tu n’acceptes pas qu’on épie tes moindres faits et gestes et qu’on surveille tes allées et venues, c’est que tu as des choses à cacher.

Le problème n’est pas celui qui veut toujours mettre son nez dans tes affaires, non.

Le problème, c’est toi.


LE MONDE À L’ENVERS

Les gens sont tellement prêts à tout dévoiler, maintenant (publier des photos d’eux tout nus, se filmer en train de brûler des feux rouges ou discuter ouvertement de leur vie sexuelle), que ce sont les personnes discrètes qui paraissent suspectes !

C’est le monde à l’envers.

Autre bizarrerie de notre époque : plus l’État exige de la transparence de ses citoyens, moins cet État est transparent.

Avez-vous remarqué ? C’est toujours le citoyen qui doit baisser ses culottes et prouver qu’il est blanc comme neige, jamais le gouvernement !

Le citoyen doit être prêt à répondre à TOUTES les questions que lui pose le gouvernement : combien tu gagnes, avec qui tu vies, quels sites tu consultes quand tu surfes sur Internet…

Mais quand le citoyen veut des réponses du gouvernement, c’est le silence total.

Idem pour l’économie : le citoyen doit se serrer la ceinture alors que l’État enfle à vue d’œil et s’endette comme jamais.


UNE VOIE À SENS UNIQUE

Le gouvernement Harper qui lutte pour plus de transparence, c’est comme Gaétan Barrette qui préside un comité contre l’obésité.

Hey, Chose, t’es-tu déjà regardé dans le miroir ?

Les journalistes ont de la difficulté à approcher le Premier ministre ! Et il voudrait qu’on soit limpide, translucide ?

Commence donc par donner l’exemple !

C’est la même chose au Québec : on veut que la population dénonce leur voisin à la police, mais on empêche les flics de parler aux médias !

Comme si la transparence ne fonctionnait que d’un bord.



14 Février 2012

Permalink 15:52 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 516 mots  

Les malades dehors!

Dans une entrevue accordée au journal Le Soleil, le sénateur Pierre-Hugues Boisvenu a dit que l'État québécois est coupable d'avoir sorti les malades mentaux dangereux des asiles et de les avoir jetés littéralement à la rue, sans aucune forme de suivi...

Tout à fait d'accord.

L'idée originale était: "Sautez, n'ayez pas peur, on va vous attraper!"

Les malades ont sauté... mais il n'y avait personne en bas qui les attendait avec une toile.

Résultat: ils se sont cassés la gueule et certains (comme Pascal Morin, à Saint-Romain) ont fini par péter les plombs et par tuer quelqu'un...

On a coupé dans les asiles, mais on n'a créé aucun programme pour aider les malades à se réinsérer dans la société.

Finalement, on s'en foutait, des malades. Tout ce qu'on voulait, c'était sauver de l'argent...

C'est ce que ça donne quand on coupe n'importe où, n'importe comment, sans penser aux conséquences...

Voici d'ailleurs un texte que j'ai écrit sur ce sujet en juin 2010:

___________


BEAU SUR PAPIER

Vous souvenez-vous de la désinstitutionnalisation du ministre Lazure ?

Sous prétexte de permettre aux gens souffrant de maladies mentales de mener une vie normale, on les a sortis des asiles pour les envoyer dans « le vrai monde ».

Sur papier, l’idée était géniale.

Malheureusement, en pratique, c’était une autre paire de manches.

Comme l’a dit le docteur Yves Lamontagne : « On les a sortis des hôpitaux, mais les ressources monétaires et de personnel ne suivaient pas dans la société… »

Résultat : ces malades, qu’on devait aider à réintégrer petit à petit la société, se sont retrouvés dans la rue, faute d’assistance.

En quarante ans, près de 17 000 lits ont été fermés en soins psychiatriques au Québec. À l'hôpital Louis-Hypolyte-Lafontaine, le nombre de personnes hospitalisées, qui était de 6 000 en 1960, est passé à 645.

Le système a fait de grosses économies. Mais pour les patients eux-mêmes, c’était la catastrophe.

On leur a demandé de sauter du dixième étage, mais personne n’était là pour les attraper.


LA MÊME ERREUR

Eh bien, c’est la même chose avec l’intégration des élèves en difficulté.

Sur papier, ce projet est formidable : on va prendre les élèves qui ont de gros problèmes d’apprentissage, et on va les intégrer dans des classes dites « normales ».

Comme ça, ils ne seront pas isolés dans leur petit ghetto, ils vont être stimulés, encouragés à se dépasser.

Le hic, c’est que, pour reprendre les mots du docteur Lamontagne, « les ressources monétaires et de personnel ne suivent pas ».

Non seulement les jeunes profs ne sont pas formés pour encadrer ces élèves spéciaux, mais les écoles manquent de professionnels.

Résultat : les jeunes se pètent la fiole et les profs se tapent des burn-out à répétition.

Quarante ans après l’échec du projet de désinstitutionnalisation, le Québec répète exactement la même erreur.



Permalink 15:26 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 569 mots  

Mal au coeur

Ça ne me surprendrait pas que le tueur de Saint-Romain plaide l’aliénation mentale, lui aussi.

Après tout, tuer deux fillettes de 11 et 8 ans n’est pas normal. Aucune personne en pleine possession de ses moyens et avec toutes les pièces à la bonne place ne commettrait un tel geste.

C’est bien la preuve qu’il est fou, non ?


TIRAGE AU SORT

Bientôt, si ça continue, seuls les gangsters iront en prison à perpétuité pour meurtre.

Les autres plaideront tous la folie.

D’ailleurs, c’est étonnant qu’on n’ait pas envoyé Vanessa Tremblay à l’asile plutôt qu’au pénitencier.

La fille poignarde un homme innocent, le découpe en morceaux avec une scie ronde et joue au hockey avec sa tête, et on l’envoie en prison.

Alors que Turcotte tue ses enfants pour vraisemblablement se venger de son ex, et on lui met la camisole de force, en disant qu’il a commis l’irréparable parce que quelque chose en lui avait besoin d’être réparé.

Comprenne qui pourra…

On a l’impression qu’on tire les verdicts et les sentences au sort, en faisant tourner une boule de bingo.

« N-15 ? Dix ans ! G-9 ? 20 ans ! »


LE DERNIER TABOU

Comment célébrer la Saint-Valentin dans un tel contexte ? Comment croire encore à l’amour dans un monde où les parents tuent leurs enfants et où les enfants maltraitent leurs parents ? Où des voisins qui ont paisiblement vécu côte à côte pendant des décennies se massacrent soudainement à coups de hache ?

Il est où, l’amour ?

Certainement pas dans les images olé-olé qu’on nous balance à longueur de journée.

Comme le chante Luc De Larochellière dans Cash City : « Chacun fait le même rêve porno : celui de se tenir la main… »

Dans un monde où le cul ne cesse de se montrer la face, l’intimité devient le dernier tabou à franchir et les soirées en tête à tête, la nouvelle position cochonne.

Les gang bangs et les trips à trois n’ont plus aucun secret pour nous, mais quand vient le temps de se murmurer des mots doux à l’oreille, on ne sait pas comment faire et les oreilles nous rougissent…


UNE PRIÈRE

Voilà pourquoi la chanson de Vincent Vallières nous fait autant de bien. Pendant trois minutes, elle nous fait oublier le cynisme ambiant…

D’ailleurs, écoutez-la bien, vous verrez, c’est moins un hymne qu’une supplication, un souhait, une prière…

Pas « On va s’aimer encore », mais « On va s’aimer encore…. ? », avec un point d’interrogation qui flotte doucement dans l’air…

Dis, tu vas encore être avec moi lorsque j’aurai les cheveux blancs ? Nous allons traverser le temps, survivre à l’époque, être encore capable d’écouter notre cœur dans le chaos ambiant ?


UNE FORCE RÉVOLUTIONNAIRE

« C’est une évidence qui crève les yeux, qui bouleverse en permanence nos vies privées et dont, pourtant, nous osons à peine parler : c’est l’amour qui met du sens dans nos vies. Tout le monde le sait, tout le monde le sent », écrit le philosophe Luc Ferry dans La révolution de l’amour.

L’amour comme force révolutionnaire ?

Pourquoi pas.

Après tout, c’est bien beau, les chiffres, mais si le cœur n’y est pas, à quoi ça sert ?



13 Février 2012

Permalink 17:52 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 71 mots  

Contre la pensée unique

J'ai reçu ce courriel d'un lecteur:

"Oh que tu as raison!

On critique Lisée, voilà que nous sommes de droite! On critique Duhaime, voilà que nous sommes de gauche!

Pas moyen de placer un mot dans ce schéma de pensée réducteur.

Ne lâche pas s'il te plaît.

Il faudra un jour que ce peuple devienne adulte!

"De la nuance avant toute chose" écrivait Verlaine..."


Permalink 13:44 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 296 mots  

L'esprit de meute

J'ai toujours dit que j'ai les dogmes en horreur.

Les gens qui voient la réalité d'un seul oeil m'ont toujours semblé suspects.

Tu mets des lunettes bleu et tu vois TOUT le monde en bleu? Non, très peu pour moi...

Oui, on peu avoir un penchant (par exemple, je penche en général plus vers la droite que vers la gauche — en tout cas, en ce qui concerne l'économie), mais j'ai toujours cru que les gens qui analysent la réalité à travers une seule grille passent à côté de la complexité de la vie...

Quoiqu'en pensent les adeptes de la pensée unique, la vie ne se limite pas à un combat droite-gauche...

Samedi, j'ai écrit une chronique pour lever mon chapeau aux hommes et aux femmes qui travaillent dans les CPE.

Je ne me suis pas prononcé sur le mode de financement des CPE, pour dire si ça devrait être privé ou public, non...

J'ai seulement dit que ces gens exercent un métier hyper difficile et qu'ils méritent tout notre respect.

Or, qu'est-il arrivé?

Tout la droite m'est tombée dessus comme une meute!!!!

Soudainement, je suis devenu un "traître à la cause"!

Calmez-vous, les amis!

Vous agissez comme les communistes que vous passez votre temps à dénoncer. On est COMPLÈTEMENT avec vous, ou COMPLÈTEMENT contre vous.

Ça va pas, la tête?

Parce que j'ai levé mon chapeau aux éducateurs de CPE, et parce que j'ai dit que pour moi, ce ne sont pas des fonctionnaires comme les autres, je fais maintenant partie de "la gang du Plateau"?

Coudonc, vous avez 12 ans d'âge mental, ou quoi?

Ce n'est pas avec cette mentalité du TOUT OU RIEN que vous allez augmenter vos rangs et convaincre les sceptiques...


Permalink 07:15 am, Richard Martineau / Franc-parler, 546 mots  

Combien ça vaut? (2)

Vous voulez faire réagir les gens ? Parlez des éducateurs en garderie : résultat garanti ou argent remis.

Ma chronique de samedi sur les CPE m’a valu des commentaires haut en couleurs.

Et je pèse mes mots.


C’EST VOTRE PROBLÈME !

Rayon Chacun pour soi : « Je n’ai pas d’enfant, alors je ne vois pas pourquoi je paierais pour que vous fassiez garder les vôtres. »

Ça, c’est un citoyen ! Et le pire est que plusieurs personnes m’ont envoyé un courriel allant dans ce sens.

Poussons cette logique jusqu’au bout :

« Je ne suis pas malade, pourquoi je paierais pour le système de santé », « Je ne suis pas vieux, pourquoi je paierais pour les vieux », « Je n’ai pas d’auto, pourquoi je paierais pour les routes », « Je suis aveugle, pourquoi je paierais pour financer des films », etc.

À ce compte-là, allons tous vivre dans le bois et construisons-nous chacun une cabane dans un arbre !


COUCHÉS DANS LE SOUS-SOL

Certains lecteurs m’ont dit qu’ils sont écoeurés de voir les fonctionnaires s’en mettre plein les poches. « Comme les commis de la SAQ qui sont payés 25 $ l’heure pour rangers des bouteilles sur des étagères… »

Si tout ce que vous faites avec vos enfants est de les secouer, de les montrer à vos amis pour les impressionner (« Dans 10 ans, ils vont être à point ») et de les coucher, effectivement, ça ressemble à la job d’un commis de la SAQ.

Mais ce n’est pas vraiment comme ça que ça fonctionne dans les CPE.

Et puis, je ne sais pas si vous avez remarqué, mais c’est rare qu’un Sauvignon blanc chie dans ses culottes en criant « Maman »…


À LA MAISON

Certains m’ont dit que si les enfants, c’est si important, les femmes n’ont qu’à rester à la maison pour les élever.

« Dans mon temps, c’est ma mère qui nous élevait, elle ne payait pas des gens pour faire sa job… Aujourd’hui, le problème, est que les gens veulent avoir un trop gros train de vie : deux voyages par année, deux autos, des télés plasma dans toutes les chambres, les restos... Alors ils doivent travailler tous les deux et placer leurs enfants dans des garderies.

« À quoi ça sert d’avoir des petits, si nous ne les voyez que deux heures par jour ? Revoyez vos priorités... »

La remarque est intéressante. Mais, dites-moi : pourquoi ça serait nécessairement à la mère de rester à la maison ?


PAS LES MOYENS

D’autres, enfin, comme mon ami Éric Duhaime (qui me répond dans les pages Opinions), disent que c’est le système au complet qui est à revoir. Le gouvernement, disent-ils, n’a tout simplement pas les moyens de se payer un réseau de CPE.

Je n’ai aucun problème avec ça.

Mon texte ne portait pas sur la question de privatiser ou non les garderies, mais sur l’importance de bien traiter les éducateurs et de reconnaître leur excellent travail.

Actuellement, qu’on le veuille ou non, les éducateurs travaillent pour le gouvernement.

Mais peut-on vraiment les traiter comme de simples pousseux de crayons ?

C’est la seule question que je posais...

Et je persiste et signe.



12 Février 2012

Permalink 17:43 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 562 mots  

Sortir le fouet

Vous avez fait une crise d’apoplexie quand le sénateur Pierre-Hugues Boisvenu s’est demandé à voix haute si on ne devrait pas ramener la peine de mort pour les tueurs en série ?

Si oui, accrochez votre capine avec de la broche.

En effet, aux États-Unis, un spécialiste du système de justice promulgue le retour… du fouet !


LE CHOIX

Ex-policier à Baltimore, diplômé de Harvard et professeur de droit et de sociologie à l’université, Peter Moskos a été salué par le prestigieux magazine The Atlantic comme l’un des penseurs les plus brillants et les plus audacieux de sa génération.

Dans son premier livre, Cop in the Hood, un récit à la première personne de ses années tumultueuses passées à patrouiller les quartiers les plus démunis et les plus criminalisés de Baltimore (pensez à la passionnante série The Wire, qui se déroulait justement dans ce secteur), Moskos prenait position pour la légalisation des drogues.

Cette sortie lui a valu les remontrances du gouvernement Obama.

Dans son deuxième livre, In Defense of flogging, Moskos propose — tout comme Pierre-Hugues Boisvenu — qu’on laisse le choix aux criminels.

Pas entre la corde et la prison, par contre, mais entre la prison et le fouet !


LA VRAIE BARBARIE

Le système pénitentiaire américain, dit Moskos, est archaïque, cruel et barbare. La violence règne dans les prisons et les détenus sont laissés à eux-mêmes et se marchent littéralement sur les pieds.

Condamner un individu à y passer 5, 10 ou 15 ans est proprement inhumain.

Pourquoi ne permettrait-on pas aux condamnés de choisir entre le fouet et un séjour en prison ? Le nombre de coups de fouet administrés par le bourreau serait proportionnel au crime commis…

« Je suis sûr que la grande majorité des détenus confrontés à ce choix opteraient sans hésiter pour le fouet, écrit Moskos.

« Ça nous permettrait de punir les coupables, de leur offrir une chance de refaire leur vie et d’offrir aux victimes la satisfaction que justice a été faite.

« Si vous voulons punir les criminels — et c’est ce que nous voulons —, il vaut mieux les fouetter que les torturer à petits feux en les envoyant passer 10 ans dans le goulag de l’incarcération. Pour la plupart des gens, l’interdiction du fouet a marqué la fin de la barbarie aux États-Unis. Or, le système pénitencier actuel est aussi barbare, sinon plus, que la peine du fouet !

« Pourquoi, au nom de la compassion, la société ne permettrait-elle pas aux condamnés le droit de choisir librement la peine qu’ils veulent recevoir ? »


LES VRAIES CHOSES

Grotesque, comme position ? Inacceptable, irresponsable ?

Pour Moskos, ça dépend où l’on se situe. Ce qui serait vraiment cruel, selon lui, est de ne pas laisser le choix aux condamnés.

Randy Cohen, un ancien journaliste du New York Times spécialisé en éthique, a salué la sortie du livre de Moskos en disant qu’il a le mérite de dire les vraies choses — à savoir que, contrairement à ce que la majorité des gens croient, le système pénitentiaire actuel N’EST PAS humain. Il est aussi cruel et sauvage que le fouet.

Alors, pourquoi ne pas laisser les condamnés choisir la barbarie qui fait le mieux leur affaire ?



11 Février 2012

Permalink 09:05 am, Richard Martineau / Franc-parler, 578 mots  

Combien ça vaut?

Vous allez peut-être dire que je suis trop mou et pas assez à droite à votre goût, mais chaque fois que j’entends des gens dire que les infirmières, les profs ou les éducateurs en garderie en demandent trop, j’éprouve une certaine gêne.

J’ai de la difficulté à leur jeter la pierre et à les traiter d’enfants gâtés.


IL Y A PIRE

Oui, c’est vrai, au bout du compte, c’est nous tous qui payons. Et comme l’a dit la ministre Yolande James, « il y a une limite à la capacité de payer des contribuables ».

Mais quand je lis que nous dépensons 49 millions de dollars par année pour garder un système monarchique d’une inutilité crasse (« On a autant de besoin d’un gouverneur général et de lieutenants gouverneurs que de grelots après nos pantoufles », comme l’a écrit mon impayable confrère Michel Beaudry), je me dis que rayon dépenses, il y a pire.

Si on arrêtait de flamber des gonzillions de dollars dans des niaiseries sans nom (rappelez-vous le milliard qu’a coûté le fameux sommet du G-20), on pourrait peut-être mieux traiter les gens qui s’occupent de nos enfants, de nos malades et de nos personnes âgées.


LA « PRIORITÉ NUMÉRO UN »

Oui, 11,25 % d’augmentation sur trois ans, 10 jours de congé « personnel », 13 jours de congé férié et six semaines de vacances, c’est énorme. Surtout que les éducateurs de CPE n’ont pas la même formation que les profs.

Mais passeriez-vous vos journées entourés de 10 bambins en bas âge, vous ? La plupart des parents ne pourraient même pas supporter de passer un après-midi complet avec leur p’tit monstre…

Vous me direz que c’est leur boulot, que personne ne les a forcés à choisir cette profession, que si les éducateurs n’aiment pas leurs conditions de travail, ils peuvent partir et faire autre chose, personne ne les retient.

Vous avez raison.

Mais pour moi, il n’y a pas de tâche plus importante dans la vie et dans la société que de prendre soin des enfants.

C’est la « priorité numéro un », pour reprendre le pléonasme populaire.

Dans la pyramide des boulots dignes de respect, celui-là se situe tout en haut.


DE L’AMOUR

Mon fils de quatre ans fréquente un CPE, et les éducateurs qui s’en occupent sont formidables. Ils ne font pas que jouer avec lui, ils le consolent, l’écoutent, l’encouragent, l’encadrent, l’aident à grandir…

Tiens, je vais sortir le gros mot : ils l’aiment, et mon fils les adore.

Ça vaut combien, ça ? Combien vous êtes prêts à payer pour obtenir ce « service » qui vous permet d’aller travailler la tête tranquille de 7 heures du matin à 18 heures ?

Il me semble que ça vaut tous les bonis et tous les parachutes dorés qu’on verse aux gestionnaires du service de santé…


DANS LE MÊME SAC

Je ne dis pas qu’il faut répondre automatiquement et aveuglément à toutes les demandes de la CSN, et plier le dos dès que leurs membres menacent de débrayer.

Mais il y a une différence entre être un pousseux de crayon dans un bureau du gouvernement, et s’occuper d’enfants dans une garderie.

On ne peut pas mettre tous ces fonctionnaires dans le même sac…



9 Février 2012

Permalink 23:52 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 83 mots  

Guerre de religion...

D'un bout à l'autre du monde musulman, des Chrétiens se font tuer à cause de leur religion.

Et personne — ou presque — n'en parle...





The scale and severity of Islamophobia pales in comparison with the bloody Christophobia currently coursing through Muslim-majority nations from one end of the globe to the other. The conspiracy of silence surrounding this violent expression of religious intolerance has to stop. Nothing less than the fate of Christianity—and ultimately of all religious minorities—in the Islamic world is at stake.











Permalink 23:13 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 138 mots  

Une couronne qui coûte cher

Chaque année, la Ligue monarchique du Canada publie un rapport sur les coûts engendrés par le système monarchique au Canada.

Selon ce groupe, en 2004, l'institution a coûté aux Canadiens la somme de 49 millions de dollars !!!!

C’est pas des pinottes, ça !

Le coût de la monarchie a plus que doublé en 10 ans au Canada, alors qu’il a diminué au Royaume-Uni, où la reine paie des impôts depuis 1992.

De son côté, la gouverneur générale, qui représente la reine au Canada, a coûté près de 19 M$ en 2008. À ça, il faut ajouter 12 M$ pour ses résidences (la Citadelle à Québec et Rideau Hall à Ottawa) et 4,6 M$ pour sa sécurité.

Quant au système de lieutenants gouverneurs, présents dans chaque province, il coûte 7,4 M$.



Permalink 14:30 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 49 mots  

L'hypocrisie du Canada

Le Canada ne torture pas, non, nous avons les mains propres, mais nous n'hésiterons plus à utiliser des informations obtenues par des tortionnaires d'autres pays...

Ça, c'est comme un gars qui ne vole pas, mais qui n'hésite pas une seconde à acheter des objets volés...

Maudit beau principe...


Permalink 07:23 am, Richard Martineau / Franc-parler, 578 mots  

Une arnaque royale

Ainsi, après cinq ans de loyaux services, les gouverneurs généraux passent par « Go » et collectent une pension annuelle équivalant à 100 % de leur salaire… et ce, jusqu’à la fin de leurs jours !

Sans payer un sou d’impôt, par-dessus le marché !

Dans un monde où le citoyen ordinaire est de plus en plus appelé à se serrer la ceinture, c’est ce qu’on appelle « faire la passe ».


LUTTER CONTRE LES INÉGALITÉS

Le 18 janvier 2008, lors d’une visite à un centre d’aide pour itinérants, « son Excellence et la très honorable » Michaëlle Jean a prononcé un discours sur la pauvreté.

« Il faut envisager d’autres façons de vivre ensemble, a-t-elle lancé (probablement avec des trémolos dans la voix). Des façons plus justes, des façons plus équitables. »

Je suis parfaitement d’accord avec notre ancienne gouverneure générale.

J’ai d’ailleurs une suggestion : et si on arrêtait tout de suite d’accorder des pensions grotesques à des gens qui ont occupé des postes honorifiques totalement inutiles ?

Il me semble que ça serait un bon début pour lutter contre les inégalités, non ?

Je lance l’idée, comme ça.

Qu’en pensez-vous, madame Jean ?


LA PÉRENNITÉ DE LA NATION

Le pire est que pendant ce temps-là, les Canadiens Anglais sont tout fiers d’accrocher une photo de la Reine dans leur salon.

Comme si ce n’était pas suffisant de voir sa binette chaque fois qu’on sort un 25 sous de nos poches…

D’un côté, on ne cesse de vanter les vertus de l’égalité et de la démocratie. De l’autre, on voue une admiration sans borne à une bande d’aristocrates qui règnent par la loi du sang.

Cherchez l’erreur…

Les adeptes de la couronne disent que la monarchie est importante car elle témoigne de la pérennité d’une nation à travers les siècles. Les gouvernements vont et viennent, mais l’essence profonde de la nation survit aux modes…

« La personne royale et sa lignée portent témoignage de la continuité de l'État, de dire l’historien Joseph Savès. Elles manifestent la survivance de la nation à travers les siècles. Elles contribuent aussi à la cohésion nationale, ce qui est d'une grande importance à l'heure du multiculturalisme. »

Bref, les monarchies servent en quelque sorte de guide, de référence.

Vous voulez savoir ce qu’est la nation anglaise, vous qui venez du Pakistan, de l’Inde ou du Vietnam ? Regardez la famille royale, vous allez tout comprendre.


CANADIAN IDOLS

Si je vivais à Londres, je serais peut-être sensible à cet argument.

Mais en quoi la famille royale britannique représente l’essence de la nation canadienne ?

On n’a pas les mêmes mœurs ni les mêmes valeurs…

Si les Canadiens nommaient Anne Murray et Peter Mansbridge Reine et Roi du pays, je comprendrais. Vous les regardez et vous avez un arrière-goût d’Alexander Keith dans la gorge…

Mais Elizabeth 2 et son fils qui a de grandes oreilles ?

C’est comme si je disais que Michel Drucker est l’incarnation parfaite de l’homo quebecus…


L’ESSENCE DU CANADA

Les célébrations du 60e anniversaire du règne d’Elizabeth II nous coûteront 7,5 millions de dollars.

Bof, pourquoi pas…

Après tout, dépenser à gauche et à droite quand on est dans le rouge fait partie de nos traditions, non ?



7 Février 2012

Permalink 17:21 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 166 mots  

VIH: déclaration obligatoire?

Des gens se demandent si les personnes séropositives devraient être obligées de déclarer leur état à leur partenaire avant d'avoir une relation sexuelle...

Il me semble que ça va de soi et que ces personnes devraient le dire, non?

Moi, quand j'ai le rhume, je refuse de serrer la main aux gens pour ne pas leur transmettre mon virus, alors, imaginez si j'avais le VIH...

Les intervenants disent que les personnes séropositives n'ont pas à déclarer leur état, que c'est confidentiel, et que nous avons seulement à nous protéger en tout temps...

Cela est bien beau sur papier...

Mais pour être franc, je ne suis pas sûr que je coucherais avec une fille qui a le VIH même si je suis protégé... Après tout, un condom, ça peut percer...

Donc, j'aimerais le savoir, afin de prendre une décision éclairée... Et si c'est NON, eh bien, désolé pour la fille, ce sera mon choix...

Vous, qu'en pensez-vous?





Permalink 15:32 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 247 mots  

Semaine de la mode: ma suggestion

Afin de lutter contre les troubles alimentaires, les acteurs du monde de la mode ont accepté de signer une charte dans laquelle ils s’engagent à ne pas embaucher de mannequins trop maigres...

Moi, j’ai une autre suggestion...

Je veux que ces gens signent une charte dans laquelle ils s’engagent à ne pas embaucher d’air bête…

C’est quoi, ces babounes-là ?

Tu regardes les défilés, il n’y en a pas une qui sourit !

Elles sont trop botoxées ? Elles sont écoeurés de manger de la salade ?

Aie, ma chouette, t’es grassement payée pour porter des beaux vêtements, te faire photographier et marcher sur une estrade, peux-tu sourire, bordel ????

Est-ce que ces femmes-là pensent qu’un air bête, c’est sexy ?

Faux, mesdames... Il n'y a rien de plus sensuel qu’un sourire. Une fille qui te lance un sourire, c’est tout le monde entier qui s’éclaire !

Autre chose : peut-on avoir des mannequins avec des fesses, des hanches et des seins ? Comme la secrétaire dans Mad Men ?

L’autre jour, je regardais un défilé à la télé, je pensais que c’était un documentaire sur les camps de concentration...

Aujourd’hui, Marylin Monroe serait considérée comme atteinte d’obésité morbide. Le seul rôle qu’elle pourrait décrocher c’est dans Laura Cadieux.

Les mannequins ressemblent toutes à des p’tits gars de 16 ans, pas de formes, pas de courbes, rien...



Permalink 07:04 am, Richard Martineau / Franc-parler, 554 mots  

La machine à payer (2)

La semaine dernière, je vous racontais l’histoire de Christian, un père de famille qui est en train de se faire laver par son ex.

Je vous disais de me contacter si vous viviez la même chose…

J’ai tellement reçu de messages que je songe à embaucher une secrétaire pour trier tout ça.


PENSION À VIE

Lise Bilodeau, la présidente de l’Association des nouvelles conjointes et nouveaux conjoints du Québec, a écrit sur sa page Facebook :

« Cela fait 15 ans que je claironne que les pensions alimentaires pour enfants devraient être déposées dans un compte en fidéicommis (in-Trust). Ainsi, les enfants en verraient la couleur.

« Autrement, la pension sert souvent à payer des motos, la nourriture du cheval, le toilettage du caniche, les voyages dans le Sud et les implants mammaires.

« Il en est de même pour les ex qui reçoivent un jugement avec la mention : Sans terme. Le gars s'évertue à faire vivre madame qui invente mille et une maladies, jusqu'à venir témoigner en cour en béquilles — alors que la veille, la dame en question avait passé sa soirée à danser.

« Je pourrais vous remplir un livre de mille pages avec les sottises des pensions alimentaires sans terme, bien que les décideurs eux-mêmes s'étonnent que cela puisse exister.

« Mon plus vieux membre a 87 ans, et il paie une pension depuis 44 ans ! Où est la justice ? »


ACHARNEMENT

Voici l’histoire de Benoît J. :

« Suite à mon divorce en 1999, j’ai eu la garde quasi complète de mes deux filles. Mon ex s’engageait à les prendre un mois durant l’été et une semaine durant le temps des fêtes, mais cet engagement n’a jamais eu de suite et mes filles n’ont jamais revu leur mère.

« Malgré cela, après le partage du patrimoine (qui inclut la maison, l’auto, les commerces, mes placements, mes REER et autres), j’ai l’immense honneur d’avoir à payer une pension alimentaire de $1000 par mois à vie !

« De plus, mon ex s’est carrément acharnée. En dix ans, elle a changé huit fois d’avocats. Nous nous sommes rendus jusqu’en Cour d’appel. Ayant épuisé toutes mes ressources financières depuis longtemps, j’ai dû me défendre seul — pour arriver au même résultat qu’au début.

« Je suis à la retraite et je dois de nouveau travailler. Madame, elle, n’a jamais levé le petit doigt. C’est moi qui la fais vivre… »


ANORMAL

Histoire de Jean-François H. :

« Je suis divorcé avec trois enfants dont je n'ai pas la garde. Je paie une grosse pension pour eux, pas de problème, c’est normal.

« Mais mon ex a un nouveau chum, ils sont pleins aux as, deux voyages par année, grosse maison avec piscine, deux autos, tout le kit — alors que moi, je demeure dans un 4 1/2 que j'ai de la misère à payer.

« Les enfants doivent coucher tous les trois dans la même chambre et je ne peux faire aucune activité avec eux car je n'en ai pas les moyens. Chaque année, je baisse de salaire car la pension est majorée tous les ans de façon plus élevée que ma hausse de salaire.

« Vous trouvez ça normal ? »



6 Février 2012

Permalink 17:22 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 0 mots  

Les patronymes

patro


Permalink 16:53 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 76 mots  

La Ribouldingue

Des chercheurs californiens croient qu’on devrait interdire la vente des bonbons aux moins de 18 ans.

Si Radio-Canada diffusait La Ribouldingue aujourd’hui, Paillasson ne mangerait pas des patates en chocolat mais des choux de Bruxelles, Friponneau ne ferait plus de mauvais coup, Monsieur Bedondaine n’aurait plus de bedaine et Bobino serait accusé de pédophilie et d’inceste parce qu’il passe trop de temps avec sa petite sœur…

Drôle d’époque.



Permalink 16:53 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 499 mots  

Un week-end à la campagne

On a fait tout un plat que des acteurs du monde politique et économique soient allés faire un p’tit tour sur le bateau de Tony Accurso.

Mais à côté de ce qu’a fait Michael Sabia, c’est de la petite bière.


UNE VISITE « SOCIALE »

Primo, parce que Sabia dirige la Caisse de dépôt, le plus gros instrument économique de la province.

Secundo, parce que le clan Desmarais (qui dirige Power Corporation) est la famille la plus puissante au pays.

Et tertio, parce qu’il ne s’agit pas d’un simple tour de yacht, mais d’un week-end passé dans l’une des demeures les plus ostentatoires de la planète, un domaine de 75 kilomètres carrés qui est au château de Versailles ce que Mini-Me est à Doctor Evil, le méchant d’Austin Powers…

Monsieur Sabia dit que ce n’était qu’une visite « sociale ».

Bien tiens.

Et j’imagine que lorsque Jean Charest se rend à Sagard, c’est pour jouer aux poches lui aussi…


APPARENCE DE CONFLIT

Monsieur Sabia aurait dû être d’autant plus prudent que ce n’est pas la première fois qu’un dirigeant de la Caisse fait les yeux doux aux Desmarais.

Henri-Paul Rousseau a dirigé la Caisse de 2002 à 2008. C’est lui qui était à la barre quand la Caisse a fait un naufrage de 40 milliards. Or, que fait-il maintenant ?

Il travaille chez Power.

Nous avons donc toutes les raisons du monde d’être nerveux quand un dirigeant de la Caisse va jouer une partie de Twister à Sagard.

Est-il en train de se négocier un canot de sauvetage avant que le navire ne coule ? Partage-t-il des informations sensibles avec l’un des principaux acteurs de l’économie québécoise ?

C’est peut-être vrai que Michael Sabia a passé son week-end à danser le Bunny Hop avec Jacqueline et Paul Desmarais.

Mais comme dit l’autre : non seulement devrait-on éviter les conflits d’intérêt, on devrait aussi éviter les apparences de conflit d’intérêt.


BIENVENUE DANS NOTRE HUMBLE DEMEURE

Cela dit, cette histoire a du bon : elles nous a permis de revoir à la télé des images de la colossale demeure des Desmarais.

Un domaine gigantesque qui a coûté entre 40 et 70 millions de dollars et qui comprend une quarantaine de bâtiments, deux immenses résidences, un terrain de golf de 18 trous, une forêt remplie de faisans qu’on a spécialement introduit pour la chasse et une trentaine de lacs…

Un p’tit shack, quoi.

En regardant ces images prises du ciel, je me disais que ça ferait un maudit bon reportage pour Enquête : les dessous de l’empire Desmarais.

L’homme qui couronne les premiers ministres du Québec, qui fréquente George Bush et qui a envoyé Nicolas Sarkozy à l’Élysée.

Mais, bon, je rêve. Le jour où Radio-Canada s’attaquera au grand patron de La Presse, les poules auront des dentiers.



Permalink 16:51 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 577 mots  

La fracture

Hier, j’ai été inondé de courriels de lecteurs appuyant le sénateur Boisvenu.

« Pierre-Hugues Boisvenu dit tout haut ce que tout le monde pense tout bas, il parle en notre nom, il est victime d’une cabale des médias », etc.


L’ÉLITE VERSUS LE PEUPLE

On parle beaucoup du fossé qui existe entre l’élite et le peuple. S’il y a un sujet où cette fracture est particulièrement visible, où la faille est particulièrement creuse, c’est bien la justice.

L’autre jour, à France-Culture (une radio publique formidable qui diffuse des tables rondes, des débats de fond et des face-à-face passionnants), un analyste politique faisait remarquer que les ouvriers et les travailleurs votent de plus en plus à droite, alors que les bourgeois, eux, votent de plus en plus à gauche.

Je suis sûr qu’on assiste au même phénomène au Québec.

Pour tout ce qui touche à l’économie, les classes populaires penchent probablement plus à gauche qu’à droite, mais en matière de justice et d’immigration, je suis sûr qu’elles sont plus conservatrices que la moyenne des ours.


LE PAIN QUOTIDIEN

Normal : qui est confronté aux problèmes de criminalité ? Qui côtoie les toxicomanes, qui trouve des aiguilles ou des condoms souillés dans le parc, qui court plus de risques de se faire voler ou de se faire agresser, qui est confronté aux problèmes d’intégration engendrés par l’immigration massive ?

La classe populaire.

Pour les riches, la criminalité est une abstraction. Pour les travailleurs qui n’ont pas les moyens de vivre dans des quartiers sécuritaires et confortables, c’est le pain quotidien.
Les gens aisés « réfléchissent » à la criminalité. Les gens modestes la subissent.

Alors quand vient le temps de se prononcer sur le sujet, ils ne mettent pas des gants blancs et ne se réfugient pas derrière des tableaux et des statistiques : ils laissent leur cœur parler.

Voilà pourquoi autant de gens « ordinaires » se sont reconnus dans les propos de Pierre-Hugues Boisvenu.

Le sénateur est comme eux : la criminalité l’a pris par le collet et l’a cloué au plancher.


UNE MOUE MÉPRISANTE

Voilà pourquoi les Conservateurs parlent autant du système de justice : ils savent que sur ce point-là, ils sont sur la même longueur d’ondes que les citoyens ordinaires qui travaillent fort, respectent les lois et sont écoeurés de voir les bandits s’en tirer à bon compte.

Les intellectuels appellent ça du « populisme ». Moi, j’appelle ça parler aux gens de choses qui les concernent directement.

Avez-vous remarqué, d’ailleurs ? Quand un politicien flatte l’élite dans le sens du poil et lui dit ce qu’elle veut entendre, il est courageux, respectable, responsable.

Mais quand un politicien parle au peuple, il est « populiste » et « démagogue » (deux mots que l’on dit généralement avec une moue méprisante, comme si on venait de mordre dans un citron).

Pour paraphraser René Lévesque, l’élite ne cesse de dire qu’elle aime le peuple, mais en fait, elle méprise tout ce que le peuple aime et pense.


LA VOIX DU PEUPLE

Québec Solidaire est censé être « la voix du peuple ». En ce qui a trait à l’économie, peut-être.

Mais pour tout ce qui touche le système de justice, le parti du peuple est le Parti conservateur.



Permalink 16:50 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 587 mots  

À la défense du sénateur

Au risque de me faire traiter de suppôt de l’extrême droite, je me porte à la défense de Pierre-Hugues Boisvenu.

Après tout, si des meurtriers ont le droit à une défense pleine et entière, je ne vois pas pourquoi on refuserait le même privilège à un sénateur qui n’a rien fait de mal, sauf exprimer un point de vue impopulaire auprès d’une certaine élite bien-pensante.

À moins que vous me disiez qu’aller à l’encontre de la rectitude politique ambiante est plus répréhensible qu’asséner 40 coups de couteau à ses propres enfants.


FAITES-VOUS UNE IDÉE !

Primo, mettons une chose au clair. Les Péquistes, les Néo-démocrates et les Libéraux qui demandent le renvoi ou la démission de monsieur Boisvenu ne défendent pas un point de vue moral : ils font de la petite politique.

Ils instrumentalisent la question du suicide pour mettre leur adversaire dans l’embarras. Pensez-vous vraiment que l’un d’eux verserait une larme si Robert Pickton se pendait dans sa cellule ? Voyons !

Deuxièmement, faudrait choisir : voulez-vous des politiciens qui disent ce qu’ils pensent, oui ou non ?

Quand les élus ou les sénateurs marchent sur des œufs et surveillent leurs moindres mots, vous les traitez de « cassette » ou de « langue de bois ». Mais quand ils osent parler avec leur cœur (quitte à ce que leurs mots dépassent parfois leur pensée), vous déchirez votre chemise et criez au meurtre.

Faites-vous une idée !

Vous voulez des machines, à ces postes, ou des êtres de chair et de sang — donc, susceptibles de se tromper ?


LE VRAI SCANDALE

La majorité des sénateurs ne se retrouveront jamais au cœur d’un scandale. Vous savez pourquoi ? Parce la majorité des sénateurs ne disent strictement rien.

Ils déposent leur chèque dans leur compte et ferment leur gueule jusqu’à ce que le concierge découvre qu’ils sont morts depuis trois mois.

C’est ça, le vrai scandale, pas les débordements de Pierre-Hugues Boisvenu.

Et lâchez-moi le devoir de réserve ! Si les députés et les sénateurs ont un devoir envers la population, c’est celui de non réserve !

Dites ce que vous pensez et cessez de toujours regarder les sondages quand vous ouvrez la bouche, on veut savoir ce que vous avez dans le ventre et où vous vous situez.

La neutralité est un mythe, personne n’est neutre, dans la vie. Même pas la Suisse.

Je préfère de loin quelqu’un qui est « trop émotif » qu’un bureaucrate qui s’en sacre et n’a aucune opinion…


LE NOUVEAU CLERGÉ

« Pierre-Hugues Boisvenu est pour la peine de mort », disent certains. Et alors, même s’il l’était, c’est quoi, le problème ?

La liberté d’expression n’existe que pour ceux qui pensent « dans le rang » ? Il faut recevoir la bénédiction d’un lologue avant d’ouvrir la bouche, maintenant ?

On parle beaucoup des différences entre la droite et la gauche, ces temps-ci.

Personnellement, je crois que la différence fondamentale est que les gens de droite ne se racontent pas d’histoire sur eux-mêmes.

Ils n’essaient pas de paraître plus angéliques qu’ils ne le sont.

Moi, si par malheur quelqu’un tuait un de mes enfants, je voudrais qu’il crève la bouche ouverte.

Je suis un être humain, pas un saint.



2 Février 2012

Permalink 07:14 am, Richard Martineau / Franc-parler, 87 mots  

Taux de suicide

Hier, j’ai rencontré Bruno Marchand, le dynamique directeur général de l’Association québécoise de prévention du suicide.

Il m’a dit que contrairement à ce qu’affirme Jean-François Lisée, les chiffres concernant le suicide au Québec sont alarmants. Nous sommes encore les champions au Canada.

Il a aussi ajouté qu’il trouve bien mal venue l’idée de minimiser la situation dans le seul but d’alimenter un débat idéologique.

Tout à fait d’accord avec lui…



Permalink 07:14 am, Richard Martineau / Franc-parler, 417 mots  

La machine à payer

Depuis le fameux procès « Lola contre Éric », on parle beaucoup des pensions.

Tout le monde est d’accord pour que les conjoints séparés ou divorcés versent des pensions à leurs enfants. C’est la moindre des choses.

Tu as mis des enfants au monde ? Tu en prends soin.

Mais verser une pension à son ex ? Pourquoi ?


MADAME FAIT DU SKI

Laissez-moi vous raconter l’histoire de Christian, un confrère de travail.

Christian, qui est divorcé depuis plusieurs années, a la garde partagée de ses deux enfants. Ils passent sept jours chez lui, sept jours chez leur mère.

Christian paie une pension à ses enfants (ce qu’il trouve tout à fait normal) et une pension à son ex.

Son ex pourrait fort bien travailler pour subvenir à ses besoins. Mais ça ne lui tente pas. Trop forçant, pas assez payant.

Elle préfère aller faire du ski à Tremblant avec son nouveau chum plein aux as, ou se payer des sessions de liposuccion pour garder sa ligne.

Chaque fois qu’elle doit rendre des comptes, la demoiselle fait semblant d’être déprimée et reçoit une jolie attestation médicale démontrant « hors de tout doute » (a-hum) qu’elle n’est pas apte au travail à cause de tel ou tel bobo…


LA BELLE VIE

Pendant ce temps-là, que fait Christian ?

Il travaille comme un fou pour payer la pension de ses enfants et celle de son ex.

Un chèque par ci, un chèque par là.

Comme il dit : « Je considère être redevable pour mes enfants, je veux les aider toute ma vie, mais pourquoi le père de mon ex ne serait pas redevable de son propre enfant au lieu que ce soit moi ? Après tout, je n'ai pas adopté cette femme ! »

Et puis l’argent qu’il verse aux enfants ne va jamais à ceux-ci. Ils ont toujours les mêmes vieux vêtements sur le dos, il est toujours pris pour leur acheter de nouveaux manteaux et de nouvelles bottes, parce que leur mère, qui mène la belle vie, dépense LEUR pension.


VOTRE HISTOIRE

Je ne dis pas que c’est toujours comme ça. Oui, il y a des femmes qui ont sacrifié leur carrière pour celle de leur mari.

Mais il y a aussi des profiteuses (et, parfois, des profiteurs).

Vous êtes comme Christian ? Vous voulez me raconter votre histoire ? Écrivez-moi à mon adresse courriel, je partagerai votre récit avec les lecteurs.



1er Février 2012

Permalink 15:22 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 85 mots  

Boisvenu et les hypocrites

Tout le monde s'énerve sur la déclaration du sénateur Pierre-Hugues Boisvenu.

Cessez d'être hypocrites!

Ne venez pas me dire que vous brailleriez si Guy Turcotte décidait d'en finir!

Le suicide d'un meurtrier condamné à vie et le suicide d'une ado de 15 ans victime de harcèlement, c'est pas DU TOUT la même chose...

Ce n'est pas être POUR la peine de mort de dire ça...

Soyez francs avec vous-mêmes, que diable, et cessez de jouer les vierges offensées...








Permalink 07:13 am, Richard Martineau / Franc-parler, 569 mots  

Sauter les étapes

Hier, j’écoutais une entrevue avec le réalisateur français Bertrand Tavernier sur France Culture.

Il discutait entre autres du film L’Appât, qu’il a réalisé en 1995, et qui racontait la descente aux enfers d’une bande de délinquants prêts à tout pour avoir de l’argent.


JE VEUX, JE PRENDS

« Les personnages de L’Appât son représentatifs des jeunes d’aujourd’hui, à savoir qu’ils veulent tout, tout de suite, disait-il. Du pouvoir, du pognon…

« Je veux voir un film ? Je ne prends pas le temps d’aller au cinéma ou de me rendre au vidéoclub, non, je le télécharge tout de suite sur Internet. Même si c’est une copie piratée, je m’en fous : je le veux, je le prends !

« Leur credo est : un maximum de jouissance avec le minimum d’effort. Ils sont les victimes d’une société où tout s’accélère, une société qui a perdu la notion de temps, de patience… »

C’est exactement ce qui se passe avec le débat sur le droit de vote à 16 ans.

La maturité politique s’acquiert. Ça prend du temps, de l’effort, s’informer, lire les journaux, travailler, payer des impôts…

Comme dit l’autre : « Tout vient à point à qui sait attendre. »

Or, les jeunes veulent avoir le droit de vote tout de suite, dès 16 ans, même si la plupart ne pourraient pas faire la différence entre le NPD et l’ADQ.


LA TABLE DES GRANDS

« Si la politique s’intéressait aux jeunes, les jeunes s’intéresseraient plus à la politique », avancent les défenseurs du droit de vote à 16 ans.

C’est ce qu’on appelle mettre la charrue devant les bœufs.

La politique n’a pas à se mettre « au niveau » des jeunes, ce sont les jeunes qui doivent se mettre « au niveau » de la politique.

Tu veux t’assoir à la tables des grands ? Prouve que tu le mérites !

Les jeunes issus de la génération des garderies sont tellement habitués d’être entourés de gens à quatre pattes qui répondent à leurs moindres désirs et s’extasient à leurs moindres gribouillis qu’ils finissent par penser que le monde entier tourne autour de leurs besoins.

La maturité, explique le dictionnaire, est « une période de la vie caractérisée par le plein développement physique, intellectuel et affectif ».

Vous croyez que les ados de 16 ans ont atteint leur plein développement intellectuel et affectif ?


ON OUVRE LES VANNES

Avant, pour être considéré comme un adulte, il fallait franchir certaines étapes.

Tu commences avec un vélo à quatre roues, puis tu enlèves tes roues de pratique et tu roules comme un grand. D’abord, dans les ruelles, ensuite, sur les trottoirs puis finalement dans la rue.

Aujourd’hui, c’est « Fuck les roues de pratiques, donne-moi un char ! »

Si on accorde le droit de vote à 16 ans, aussi bien ouvrir la porte des bars aux ados, non ? Après tout, si tu es assez vieux pour choisir le futur premier ministre, t’es assez vieux pour te saouler la gueule…


PAR MAGIE

« Tout le monde veut aller au ciel, mais personne ne veut mourir », chantait Petula Clark.

C’est la même chose avec les jeunes : ils veulent être considérés comme des adultes, sans avoir à vieillir…