6 Février 2012

Permalink 17:22 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 0 mots  

Les patronymes

patro


Permalink 16:53 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 76 mots  

La Ribouldingue

Des chercheurs californiens croient qu’on devrait interdire la vente des bonbons aux moins de 18 ans.

Si Radio-Canada diffusait La Ribouldingue aujourd’hui, Paillasson ne mangerait pas des patates en chocolat mais des choux de Bruxelles, Friponneau ne ferait plus de mauvais coup, Monsieur Bedondaine n’aurait plus de bedaine et Bobino serait accusé de pédophilie et d’inceste parce qu’il passe trop de temps avec sa petite sœur…

Drôle d’époque.



Permalink 16:53 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 499 mots  

Un week-end à la campagne

On a fait tout un plat que des acteurs du monde politique et économique soient allés faire un p’tit tour sur le bateau de Tony Accurso.

Mais à côté de ce qu’a fait Michael Sabia, c’est de la petite bière.


UNE VISITE « SOCIALE »

Primo, parce que Sabia dirige la Caisse de dépôt, le plus gros instrument économique de la province.

Secundo, parce que le clan Desmarais (qui dirige Power Corporation) est la famille la plus puissante au pays.

Et tertio, parce qu’il ne s’agit pas d’un simple tour de yacht, mais d’un week-end passé dans l’une des demeures les plus ostentatoires de la planète, un domaine de 75 kilomètres carrés qui est au château de Versailles ce que Mini-Me est à Doctor Evil, le méchant d’Austin Powers…

Monsieur Sabia dit que ce n’était qu’une visite « sociale ».

Bien tiens.

Et j’imagine que lorsque Jean Charest se rend à Sagard, c’est pour jouer aux poches lui aussi…


APPARENCE DE CONFLIT

Monsieur Sabia aurait dû être d’autant plus prudent que ce n’est pas la première fois qu’un dirigeant de la Caisse fait les yeux doux aux Desmarais.

Henri-Paul Rousseau a dirigé la Caisse de 2002 à 2008. C’est lui qui était à la barre quand la Caisse a fait un naufrage de 40 milliards. Or, que fait-il maintenant ?

Il travaille chez Power.

Nous avons donc toutes les raisons du monde d’être nerveux quand un dirigeant de la Caisse va jouer une partie de Twister à Sagard.

Est-il en train de se négocier un canot de sauvetage avant que le navire ne coule ? Partage-t-il des informations sensibles avec l’un des principaux acteurs de l’économie québécoise ?

C’est peut-être vrai que Michael Sabia a passé son week-end à danser le Bunny Hop avec Jacqueline et Paul Desmarais.

Mais comme dit l’autre : non seulement devrait-on éviter les conflits d’intérêt, on devrait aussi éviter les apparences de conflit d’intérêt.


BIENVENUE DANS NOTRE HUMBLE DEMEURE

Cela dit, cette histoire a du bon : elles nous a permis de revoir à la télé des images de la colossale demeure des Desmarais.

Un domaine gigantesque qui a coûté entre 40 et 70 millions de dollars et qui comprend une quarantaine de bâtiments, deux immenses résidences, un terrain de golf de 18 trous, une forêt remplie de faisans qu’on a spécialement introduit pour la chasse et une trentaine de lacs…

Un p’tit shack, quoi.

En regardant ces images prises du ciel, je me disais que ça ferait un maudit bon reportage pour Enquête : les dessous de l’empire Desmarais.

L’homme qui couronne les premiers ministres du Québec, qui fréquente George Bush et qui a envoyé Nicolas Sarkozy à l’Élysée.

Mais, bon, je rêve. Le jour où Radio-Canada s’attaquera au grand patron de La Presse, les poules auront des dentiers.



Permalink 16:51 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 577 mots  

La fracture

Hier, j’ai été inondé de courriels de lecteurs appuyant le sénateur Boisvenu.

« Pierre-Hugues Boisvenu dit tout haut ce que tout le monde pense tout bas, il parle en notre nom, il est victime d’une cabale des médias », etc.


L’ÉLITE VERSUS LE PEUPLE

On parle beaucoup du fossé qui existe entre l’élite et le peuple. S’il y a un sujet où cette fracture est particulièrement visible, où la faille est particulièrement creuse, c’est bien la justice.

L’autre jour, à France-Culture (une radio publique formidable qui diffuse des tables rondes, des débats de fond et des face-à-face passionnants), un analyste politique faisait remarquer que les ouvriers et les travailleurs votent de plus en plus à droite, alors que les bourgeois, eux, votent de plus en plus à gauche.

Je suis sûr qu’on assiste au même phénomène au Québec.

Pour tout ce qui touche à l’économie, les classes populaires penchent probablement plus à gauche qu’à droite, mais en matière de justice et d’immigration, je suis sûr qu’elles sont plus conservatrices que la moyenne des ours.


LE PAIN QUOTIDIEN

Normal : qui est confronté aux problèmes de criminalité ? Qui côtoie les toxicomanes, qui trouve des aiguilles ou des condoms souillés dans le parc, qui court plus de risques de se faire voler ou de se faire agresser, qui est confronté aux problèmes d’intégration engendrés par l’immigration massive ?

La classe populaire.

Pour les riches, la criminalité est une abstraction. Pour les travailleurs qui n’ont pas les moyens de vivre dans des quartiers sécuritaires et confortables, c’est le pain quotidien.
Les gens aisés « réfléchissent » à la criminalité. Les gens modestes la subissent.

Alors quand vient le temps de se prononcer sur le sujet, ils ne mettent pas des gants blancs et ne se réfugient pas derrière des tableaux et des statistiques : ils laissent leur cœur parler.

Voilà pourquoi autant de gens « ordinaires » se sont reconnus dans les propos de Pierre-Hugues Boisvenu.

Le sénateur est comme eux : la criminalité l’a pris par le collet et l’a cloué au plancher.


UNE MOUE MÉPRISANTE

Voilà pourquoi les Conservateurs parlent autant du système de justice : ils savent que sur ce point-là, ils sont sur la même longueur d’ondes que les citoyens ordinaires qui travaillent fort, respectent les lois et sont écoeurés de voir les bandits s’en tirer à bon compte.

Les intellectuels appellent ça du « populisme ». Moi, j’appelle ça parler aux gens de choses qui les concernent directement.

Avez-vous remarqué, d’ailleurs ? Quand un politicien flatte l’élite dans le sens du poil et lui dit ce qu’elle veut entendre, il est courageux, respectable, responsable.

Mais quand un politicien parle au peuple, il est « populiste » et « démagogue » (deux mots que l’on dit généralement avec une moue méprisante, comme si on venait de mordre dans un citron).

Pour paraphraser René Lévesque, l’élite ne cesse de dire qu’elle aime le peuple, mais en fait, elle méprise tout ce que le peuple aime et pense.


LA VOIX DU PEUPLE

Québec Solidaire est censé être « la voix du peuple ». En ce qui a trait à l’économie, peut-être.

Mais pour tout ce qui touche le système de justice, le parti du peuple est le Parti conservateur.



Permalink 16:50 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 587 mots  

À la défense du sénateur

Au risque de me faire traiter de suppôt de l’extrême droite, je me porte à la défense de Pierre-Hugues Boisvenu.

Après tout, si des meurtriers ont le droit à une défense pleine et entière, je ne vois pas pourquoi on refuserait le même privilège à un sénateur qui n’a rien fait de mal, sauf exprimer un point de vue impopulaire auprès d’une certaine élite bien-pensante.

À moins que vous me disiez qu’aller à l’encontre de la rectitude politique ambiante est plus répréhensible qu’asséner 40 coups de couteau à ses propres enfants.


FAITES-VOUS UNE IDÉE !

Primo, mettons une chose au clair. Les Péquistes, les Néo-démocrates et les Libéraux qui demandent le renvoi ou la démission de monsieur Boisvenu ne défendent pas un point de vue moral : ils font de la petite politique.

Ils instrumentalisent la question du suicide pour mettre leur adversaire dans l’embarras. Pensez-vous vraiment que l’un d’eux verserait une larme si Robert Pickton se pendait dans sa cellule ? Voyons !

Deuxièmement, faudrait choisir : voulez-vous des politiciens qui disent ce qu’ils pensent, oui ou non ?

Quand les élus ou les sénateurs marchent sur des œufs et surveillent leurs moindres mots, vous les traitez de « cassette » ou de « langue de bois ». Mais quand ils osent parler avec leur cœur (quitte à ce que leurs mots dépassent parfois leur pensée), vous déchirez votre chemise et criez au meurtre.

Faites-vous une idée !

Vous voulez des machines, à ces postes, ou des êtres de chair et de sang — donc, susceptibles de se tromper ?


LE VRAI SCANDALE

La majorité des sénateurs ne se retrouveront jamais au cœur d’un scandale. Vous savez pourquoi ? Parce la majorité des sénateurs ne disent strictement rien.

Ils déposent leur chèque dans leur compte et ferment leur gueule jusqu’à ce que le concierge découvre qu’ils sont morts depuis trois mois.

C’est ça, le vrai scandale, pas les débordements de Pierre-Hugues Boisvenu.

Et lâchez-moi le devoir de réserve ! Si les députés et les sénateurs ont un devoir envers la population, c’est celui de non réserve !

Dites ce que vous pensez et cessez de toujours regarder les sondages quand vous ouvrez la bouche, on veut savoir ce que vous avez dans le ventre et où vous vous situez.

La neutralité est un mythe, personne n’est neutre, dans la vie. Même pas la Suisse.

Je préfère de loin quelqu’un qui est « trop émotif » qu’un bureaucrate qui s’en sacre et n’a aucune opinion…


LE NOUVEAU CLERGÉ

« Pierre-Hugues Boisvenu est pour la peine de mort », disent certains. Et alors, même s’il l’était, c’est quoi, le problème ?

La liberté d’expression n’existe que pour ceux qui pensent « dans le rang » ? Il faut recevoir la bénédiction d’un lologue avant d’ouvrir la bouche, maintenant ?

On parle beaucoup des différences entre la droite et la gauche, ces temps-ci.

Personnellement, je crois que la différence fondamentale est que les gens de droite ne se racontent pas d’histoire sur eux-mêmes.

Ils n’essaient pas de paraître plus angéliques qu’ils ne le sont.

Moi, si par malheur quelqu’un tuait un de mes enfants, je voudrais qu’il crève la bouche ouverte.

Je suis un être humain, pas un saint.