1er Mars 2012La femme indigne (2)
Ma chronique sur la campagne d’intimidation dont est victime Djemila Benhabib a suscité plusieurs commentaires sur Facebook, hier.
Hamid Benidir (qui, sur sa page Facebook, publie une photo d’un homme voilé brandissant une carabine semi-automatique devant le drapeau algérien) écrit : « Les ancêtres des Québécois sont des bagnards qui ont violé des amérindiennes et abusé des chevreuils puis on leur a envoyé les "filles du roi" qui sont des prostituées dont on ne voulait plus à Paris. Dire qu’aujourd'hui, le résultat de cet accouplement nous parle de valeurs! LOL ! » Lia Sara D : « Les gens sont vraiment méchants, ils sont contre les immigrants ! » (N’importe quoi : Djemila prend JUSTEMENT la défense des immigrants contre les fondamentalistes qui instrumentalisent leur culture et leur religion !) Zeinab El : « Djemila Benhabib n’est qu'une propagandiste qui organise une campagne de salissage contre la communauté musulmane. » Quand la communauté musulmane modérée va-t-elle CRITIQUER les radicaux qui parlent en son nom, au lieu de TOUJOURS crier au racisme ? Allez, dégagez!
La vieillesse est un naufrage, disait De Gaulle.
Si c’est vrai, alors la vieillesse au Québec est une noyade. Plus on en apprend sur la façon dont on traite les personnes âgées dans notre belle province, moins on a le goût de vieillir et plus on se dit que le suicide assisté est peut-être une alternative intéressante, pour ne pas dire une bouée de sauvetage. HERE AND NOW Bain une fois par semaine, nourriture terne et peu appétissante, inspection des lieux déficiente (65 CHSLD inspectés par année sur un total de 468), manque de personnel, manque d’inspecteurs, manque de ressources, manque de respect… C’est comme ça qu’on traite les gens qui nous ont précédés ? Remarquez, ce n’est pas très surprenant. Quand on voit le manque d’intérêt dont nous faisons preuve envers tout ce qui représente l’histoire, le patrimoine et les traditions, on se dit que cet abandon est dans l’ordre naturel des choses. Le seul truc qui nous intéresse c’est le présent. Le passé, on s’en fout, et l’avenir est trop abstrait pour qu’on le prépare. Quoi, on est dans le rouge jusqu’au cou ? Nos enfants vont crouler sous la dette astronomique que nous pelletons dans leur cour et nos parents vont passer leurs dernières années dans des mouroirs ? Bof. Fuck nos ancêtres et fuck nos descendants. « I want it all, and I want it now. » Et en anglais, en plus, parce que ça va me permettre de faire plus d’argent. UN BOULET On a parfois l’impression qu’on fait tout pour que les vieux débarrassent le plancher plus rapidement. Allez, crevez, et place à la jeunesse ! Les enfants, c’est important, il faut les chouchouter, ce sont de futurs contribuables qui vont payer des taxes et des impôts pendant 60 ans, alors que les vieux nous coûtent plus que ce qu’ils rapportent, ils sont toujours malades, un bobo ici, une plaie là, ils n’achètent rien, ne dépensent pas, sauf de la colle à dentiers de temps en temps, quel boulet. « Je me souviens », a-t-on écrit sur nos plaques. Seule une société souffrant d’Alzheimer collectif ressent le besoin d’inscrire un tel slogan sur ses autos…
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Richard Martineau est chroniqueur au Journal de Montréal.
Pour lui écrire, cliquez ici! Pour lire sa biographie, cliquez ici! Pour lire ses chroniques, cliquez ici! 10 derniers articles10 derniers commentaires
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